Hello tout le monde ! Désolée pour le temps de publication mais je commence à arriver à court de chapitres, je dois donc écrire la suite et du coup ça me prend un peu plus de temps donc j'espace un peu :)

Cependant, ce chapitre est assez court et un peu transitif donc je vous publierai le prochain directement demain ! Attention, ça tourne au vinaigre... :p

Merci à tous mes lecteurs :D

Enjoy !


Chapitre 35

Hermione remua légèrement les jambes et ses yeux papillonnèrent à plusieurs reprises, comme s'il lui était douloureux de les ouvrir totalement.

- Hermione ? murmura Harry en posant une main sur l'épaule de la jeune fille.

Cette dernière le fixait à présent, une expression d'hébétude sur le visage.

- Harry, articula-t-elle d'une voix tremblante. Qu'est-ce qui s'est passé ?

- Tu t'es évanouie, répondit-il, tandis que Ron avançait à son tour vers elle.

La brune cligna de nouveau des yeux, l'esprit totalement embrumé.

- Mais je… balbutia-t-elle.

Brusquement, tout lui revint :

- Les Détraqueurs ! s'exclama-t-elle en tentant de se redresser sur ses coudes.

- Calme-toi, reste allongée ! lui suggéra Harry en pressant son épaule pour la forcer à rester au sol. Tout va bien, tu es à l'abri dans la caverne.

- Vraiment ? Mais…

- Ron t'a sauvé la vie, ajouta-t-il avec un sourire.

La jeune fille reporta alors son attention sur le rouquin qui se dressait loin au-dessus d'elle et l'observait, les traits marqués par l'inquiétude.

- Tu te sens bien ? lui demanda-t-il.

- Oui, je crois. Merci Ron. Je suis désolée d'avoir trébuché. Tout est ma faute.

Il s'agenouilla auprès d'elle et lui prit fermement la main.

- Non, c'est la mienne, marmonna-t-il, le regard sombre.

- C'est plutôt celle des Détraqueurs après tout, conclut-elle en fronçant les sourcils. Nous savions que c'était un risque, mais je ne m'attendais pas à ce qu'il y en ait autant.

Les deux amis échangèrent un regard gêné car tous deux avaient parfaitement conscience qu'ils s'étaient fait encercler par surprise alors qu'ils étaient occupés à se disputer copieusement et imprudemment au sujet de Drago. Songeant à cela, Hermione chercha le Serpentard des yeux. Elle ne fut pas surprise de le trouver dans un coin reculé de la grotte, les traits marqués par la colère. Non seulement était-elle partie sans le prévenir, avec Ron de surcroit, mais en plus avait-elle bien failli ne pas revenir. Comment allait-elle pouvoir se faire pardonner, ou même s'expliquer, avec la présence de Ron qui lui tenait toujours la main et lui en caressait à présent la paume avec douceur ?

- Je vais quand même essayer de me lever, murmura-t-elle afin de faire diversion. Ça me fera du bien de prendre un peu l'air dehors.

Mais au lieu de la lâcher comme elle l'avait espéré, Ron s'empressa de l'aider à se remettre debout et passa un bras derrière son dos pour la maintenir.

- Vraiment, je vais bien, insista-t-elle en lui souriant pour le rassurer.

- Je t'accompagne quand même.

- Elle t'a dit qu'elle allait bien, Weasley, gronda soudain une voix derrière eux.

Hermione se sentit soudain très faible. Elle avait envie de se rallonger et de fermer de nouveau les yeux pour ne pas avoir à assister à ce qui allait immanquablement s'ensuivre.

- Personne ne t'a demandé ton avis, Malefoy, répliqua Ron d'un air mauvais. Ça ne t'a pas suffi tout à l'heure ?

Surprise, la Gryffondor les observa tour à tour :

- De quoi tu parles, Ron ? demanda-t-elle avec appréhension. Que s'est-il passé tout à l'heure ?

Voyant que les deux ennemis se terraient à présent dans un silence lourd de sens, elle se tourna vers Harry et lui jeta un regard insistant. Ce dernier poussa un soupir :

- Disons qu'ils ont eu une altercation.

- Disons que Weasley m'en a collé une dans la figure, le reprit Drago qui s'était avancé.

- Ron ! s'écria Hermione. Qu'est-ce qui t'a pris ?

- Ce qu'il m'a pris ? s'emporta le rouquin. Tu ne vas pas t'y mettre encore, Hermione ! Il nous a insulté, voilà ce qui m'a pris ! Depuis quand tu prends sa défense ? Depuis quand tu es aveuglément de son côté ? C'est plutôt à toi qu'il faudrait demander ce qui te prend ! Tu as changé depuis que tu es revenue de là-bas. Je ne sais pas ce qu'il t'a fait mais j'en viendrais presque à me demander s'il n'y a pas de la potion ou du sortilège là-dessous !

- Il ne m'a rien fait, Ron. Tu es vraiment paranoïaque !

- Je suis paranoïaque ? répéta-t-il en faisant de grands gestes avec les bras. C'était ton ennemi juré et tu reviens avec lui comme si tu avais tout oublié et qu'il était devenu le plus charmant du monde !

- Je n'ai rien oublié, crois-moi ! J'essaye seulement de pardonner car c'est aussi comme ça que nous sommes ! Nous ne sommes pas l'ennemi, nous ne sommes pas nés pour haïr les autres et les priver de secondes chances.

- Et bien parfois je me dis que nous devrions ! Et que si nous étions un peu plus dur avec l'ennemi, il ne se permettrait pas de nous traiter comme il le fait ! La gentillesse, c'est parfois de la lâcheté !

Hermione ouvrit de grands yeux ronds. Pour la deuxième fois de sa vie, Ron révélait le fond de sa véritable pensée et pour la deuxième fois, Hermione détestait ce qu'elle y voyait.

- Je comprends ton point de vue, martela-t-elle après un court instant de silence. Mais je ne le partage pas. Je ne le partagerai jamais. Ce n'est pas ce que Dumbledore nous a enseigné. Souviens-toi de Kreattur.

- Dumbledore n'était pas parfait, rétorqua Ron d'un ton cependant plus calme. Il nous l'a prouvé tous les jours depuis qu'on s'est lancé là-dedans. Il a laissé Harry se débrouiller avec des indices flous et des réponses qui amènent encore plus de questions qu'elles n'en résolvent.

- Il t'a offert le Déluminateur, lui rappela-t-elle d'une voix étranglée. Il a vu plus clair en toi que tu n'as jamais vu en lui. Il était brillant.

- Sans doute, répondit-il d'un air un peu penaud au souvenir de l'utilisation inattendue qu'il avait pu faire de l'objet. Mais n'empêche qu'il n'est plus là. Et qu'on doit se battre avec nos propres armes. Je ne sais pas si tu réalises à quel point ce que tu nous demandes est difficile, Hermione. Mets-toi à notre place. Si les rôles étaient inversés, tu ne comprendrais sûrement pas non plus. Et ce n'est pas parce qu'Harry est trop gentil pour te l'avouer que je ne vais pas le faire pour nous deux.

- Qu'est-ce que tu veux dire ? murmura-t-elle, les larmes aux yeux.

Durant toute cette scène, Drago avait de nouveau battu en retraite dans l'ombre de la grotte. Il fixait le feu de ses yeux gris acier, essayant d'oublier ce qu'il entendait. Il ne comprenait de toute façon pas la moitié des échanges entre Hermione et Ron. Il comprenait simplement qu'elle essayait de le défendre du mieux qu'elle pouvait et ne souhaitait pas lui rendre la tâche plus ardue qu'elle ne l'était déjà. Pendant un court instant, il avait eu l'impression de voir sa mère se dresser pour le protéger. Puis Pansy. Il réalisait en fait que les femmes qui s'étaient interposées entre lui et la mort l'avaient payé de leur vie. Cette pensée le secoua profondément.

- Je veux dire que Malefoy n'est pas notre allié, Hermione, s'expliqua finalement Ron après un long moment d'hésitation. Tu as l'air de penser que nous allons l'accepter comme un des nôtres mais ce n'est pas le cas.

- Je n'ai jamais dit que… Il est sous notre protection. Tu es sous notre protection, Drago ! s'exclama-t-elle à l'attention du blond.

Elle ne pouvait supporter de parler de lui comme s'il n'était pas présent. Comme s'il était un animal incapable de comprendre qu'il est l'objet de la discussion.

- Il est peut-être sous notre protection mais il reste une sorte de prisonnier, renchérit le Gryffondor avec hargne. Il n'est pas notre ami et nous ne lui faisons pas confiance.

La brune recula de quelques pas. La déchirure qui avait commencé à s'ouvrir en elle depuis quelques temps déjà se faisait de plus en plus béante. Elle avait même la sensation qu'elle commençait à atteindre des proportions trop grandes pour qu'elle puisse un jour espérer en renouer les contours. Elle avait juré de suivre Harry et de l'aider jusqu'au bout de sa quête. Jamais, au grand jamais, elle n'aurait pu songer à l'abandonner alors qu'il avait tant besoin d'elle. Sa loyauté envers lui était indéfectible. Mais elle comprenait à présent à quel point ce qu'elle attendait de lui pouvait comporter de complications et d'entraves pour le jeune homme.

La jeune fille serra les poings et sentait sa blessure se meurtrir un peu plus à mesure des secondes. Elle réalisait que la situation dans laquelle elle se trouvait ne pouvait se résoudre que par sa souffrance et celle d'une ou plusieurs autres personnes. Il n'y avait pas d'échappatoire possible à présent qu'elle n'avait plus de contrôle sur ce qu'elle ressentait.

- Je ne suis le prisonnier de personne, déclara soudain le Serpentard.

Surprise, elle se retourna vers lui. Il s'était de nouveau avancé vers le centre de la caverne. La lueur du feu jetait des reflets sur son visage qui paraissait fermé. Il se planta devant eux sans bouger et les défia du regard :

- Vous ne m'avez pas capturé. Je suis venu à vous car je ne fais plus partie du camp adverse. Vous avez raison, je ne suis pas votre allié. Je suis neutre et tout ce que je désirais, c'était refaire ma vie à des milliers de kilomètres d'ici.

- Pourquoi tu ne l'as pas fait, dans ce cas ? lança Ron d'un air suspicieux.

- Parce qu'elle se serait retrouvée seule et désarmée, répliqua le blond en désignant Hermione du regard. Tu m'accuses de ne l'avoir sauvée que parce que je voulais votre protection, Weasley ? Tu parles d'une protection ! Depuis le début, je sais très bien que je risque davantage en me joignant à vous. Vous êtes dans leur ligne de mire et rester ici est finalement le meilleur moyen de finir par me faire tuer !

- Tu ne m'enlèveras pas de l'idée que tu y es pour quelque chose. Arrête ton petit jeu de victime, Malefoy ! Ça ne prendra pas avec moi.

- Ron, s'interposa Hermione, j'ai entendu Bellatrix le menacer de le tuer.

- Parce que ça fait partie de leur plan, tout bêtement, décréta le rouquin en jetant un nouveau regard noir à Drago. Les Mangemorts sont très doués pour jouer la comédie. Pour ruser, mentir, tromper. Ce sont leurs spécialités et tu le sais aussi bien que moi, Hermione. Pense à Rogue !

- Tu oublies que j'étais au Manoir. Je sais très bien comment tout s'est déroulé. Et Pansy ? Elle est morte pour nous sauver !

Ron secoua la tête avec un air de dépit :

- Qui te dit qu'elle est vraiment morte ? Elle est aussi mauvaise que lui, elle a très bien pu se jouer de toi aussi.

- Je ne peux pas croire que…

- Nous parlons des Mangemorts, Hermione ! Tu as aussi oublié ce que ça signifie ? Ce sont les serviteurs du Seigneur des Ténèbres. Ils ne sont rien d'autres que des meurtriers cruels. Tu te souviens de notre partie d'échecs géants ? Et bien nous en jouons encore une aujourd'hui. Et leur Roi n'hésitera pas à sacrifier tous ses pions pour nous mettre échec et mat ! Peut-être qu'ils l'ont vraiment tuée car c'était nécessaire à leur mascarade ! Ils en sont bien capables ! Ils ont bien tué sa mère !

Hermione n'eut pas le temps de protester. Drago s'était jeté dans la direction de Ron et l'avait renversé dans une chute incontrôlée. Les deux sorciers se roulaient à présent sur le sol et se martelaient mutuellement de coups de poing lancés à l'aveuglette. La jeune fille sentit ses jambes trembler dangereusement. La scène qui se déroulait sous ses yeux lui était tout bonnement insupportable :

- Arrêtez, murmura-t-elle.

Mais sa voix faible était couverte par les bruits de lutte et aucun des deux sorciers n'y prêtait attention.

- Où est ma baguette ? s'exclama-t-elle brusquement en regardant tout autour d'elle.

Alors qu'elle vit Harry s'apprêter à intervenir, elle entendit des vociférations. Elle n'eut que le temps de se retourner pour voir Drago se redresser péniblement, un objet entre les mains, et Ron brandir sa baguette avec rage :

- Expelliarmus !

Le sort fut si puissant qu'il projeta le blond en arrière et le fit violemment percuter la paroi rocheuse. Il tomba brutalement sur le sol et demeura immobile, les yeux fermés. A ses côtés gisait le Déluminateur qui était tombé de la poche de Ron durant leur affrontement et que le Serpentard avait ramassé par réflexe. Hermione se précipita vers lui en poussant un cri :

- Drago !

Elle s'agenouilla devant le corps inanimé. Ses mains à présent tremblaient encore davantage que ses jambes. Elle fut soulagée de voir que le torse du jeune homme se soulevait au rythme de sa respiration. Elle tenta alors de l'inspecter, sans pour autant oser le remuer de peur de causer des dégâts. Elle n'entendait aucun bruit derrière elle et n'osait pas se retourner pour affronter le regard de ses deux amis. Surtout celui de Ron. Elle n'osait imaginer ce qu'il devait penser d'elle à cet instant précis. Harry sembla lire dans ses pensées car il interpella soudain son meilleur ami et lui ordonna de sortir se calmer. Elle entendit leurs pas diffus s'évanouir par le creux de la grotte qui conduisait à l'extérieur. Elle ressentit un immense soulagement se répandre en elle, ce qui la meurtrit cruellement. Depuis quand le départ de Ron et Harry pouvait-il provoquer ce sentiment en elle ? Elle se ressaisit et se gifla intérieurement. Cela n'avait rien à voir avec eux. Il était simplement plus facile pour elle de s'occuper de Drago ainsi, sans se sentir érénée, elle se concentra sur le Serpentard. Au-delà de son inquiétude quant à son inconscience, elle craignait également que son heurt avec la roche ne l'ait blessé. Elle ne pouvait cependant pas s'en assurer facilement car il était retombé sur le dos et il lui était ardu d'y accéder sans faire basculer son corps.

- Drago ? appela-t-elle en tentant de poser délicatement une main sur son bras. Drago !

Elle finit par abandonner et se releva pour aller de nouveau chercher dans le sac à dos. Elle finit enfin par y retrouver sa baguette, puis en extirpa l'une des deux robes d'hiver qu'elle avait prises chez Gaichiffon, ainsi qu'une grande paire de chaussettes.

- Mobilicorpus, prononça-t-elle à demi-mots.

Drago se retrouva soulevé dans les airs, flottant doucement à environ un mètre du sol. Hermione se dépêcha d'étaler la robe juste en dessous, tout en jetant un coup d'œil à l'arrière du crâne du Serpentard ainsi qu'à son dos. Mais aucune trace de blessure ne semblait s'y trouver. Elle le fit alors descendre et l'allongea sur le tissu moelleux et chaud. Puis elle entreprit de protéger ses pieds nus avec les chaussettes qu'elle avait ramenées. Ces dernières étaient à rayures bleues et rouges et elle ne put s'empêcher de sourire à l'idée de sa réaction lorsqu'il s'éveillerait avec ces horreurs aux pieds. Mais cette distraction fut de courte durée à l'idée de se demander combien de temps il resterait ainsi. Elle n'avait certes pas vu de sang mais les lésions pouvaient être internes. Elle ne s'y connaissait pas énormément en la matière et regretta de tout son cœur de ne pas être Médicomage.

- Hermione ?

Elle sursauta et se retourna. Harry se tenait juste derrière. Elle ne l'avait pas entendu approcher.