Bonjour tout le monde ! Voici le nouveau chapitre de ma fic, tout frais, on continue les aventures avec nos deux chouchous ! J'espère que vous avez passé un bon été et je souhaite beaucoup de courage pour la rentrée à ceux qui en ont une ! Moi je reprends le boulot demain après 2 semaines de vacances qui m'ont fait du bien :)
Merci à tous pour vos commentaires etc, n'hésitez pas à m'en laisser de nouveau pour ce chapitre qui j'espère vous plaira !
Enjoy :)
Chapitre 38
Hermione s'agrippait aux pans de la robe de Bill de toutes ses forces. Elle avait passé les bras autour de sa taille, comme il le lui avait permis, et ne cessait depuis de fixer droit devant elle. Elle avait hésité à fermer les yeux mais la sensation n'en était que pire. Mieux valait se contenter de ne pas regarder vers le sol. Elle n'avait aucune idée de l'altitude à laquelle se trouvaient à présent les deux balais et n'avait pas grande envie de s'en faire une. Les traits crispés, elle prenait son mal en patience, espérant fort que le trajet serait de courte durée. Elle ne pouvait s'empêcher de se souvenir de son dernier voyage en balai, lorsqu'ils avaient tenté d'exfiltrer Harry du 4, Privet Drive. Hermione n'était déjà pas très à l'aise avec ce moyen de transport et ce périple angoissant durant lequel ils avaient perdu leur plus valeureux ami n'avait fait que transformer ses craintes en une véritable aversion.
Par moments, elle envoyait des coups d'œil à la dérobée sur sa droite, où évoluait le Comète de Remus et Drago. Ce dernier ne semblait pas plus ravi qu'elle mais c'était sans nul doute davantage dû à son compagnon de route qu'au moyen de transport utilisé.
Après un interminable vol, camouflés parmi des nuages glaçant d'humidité, l'équipée finit par arrivée en vue d'une maison familière, celle des Tonks. Un sourire se dessina sur le visage de la Gryffondor, tandis que Bill et Remus amorçaient leur descente vers le sol. L'atterrissage se fit en douceur et la jeune fille ne se fit pas prier pour quitter l'inconfort de son balai. Au loin, le soleil était enfin debout, coiffant les collines de sa lumière éclatante.
- Rentrez vite ! ordonna une voix qu'Hermione reconnut aussitôt.
Andromeda se tenait à l'entrée de chez elle, ses cheveux bruns ramenés en une longue tresse. Les quatre intéressés s'empressèrent d'obéir et de lui emboîter le pas à l'intérieur.
- Où sont Harry Potter et Ronald Weasley ? s'étonna la sorcière en les jaugeant l'un après l'autre du regard au fur et à mesure qu'ils franchissaient la porte.
Remus et Bill se tournèrent alors instinctivement vers Hermione. Andromeda n'était pas la seule à se poser des questions. Ils avaient en effet convenu de quitter la grotte au plus vite et d'obtenir les explications désirées plus tard, par mesure de prudence. Ils avaient laissé les vivres à l'intérieur, près du tas sombre formé par les restes du feu. La jeune fille aurait sans nul doute préféré leur avoir laissé le foyer éclairé mais il était moins risqué de laisser la caverne dans le noir, au risque que quelqu'un puisse s'aventurer à l'entrée et découvrir que la cachette était utilisée.
- Et bien, Hermione, insista Lupin en fronçant les sourcils, peux-tu à présent nous dire pour quelle raison vous étiez seuls à nous attendre ?
- Ron et moi… amorça-t-elle. Nous nous sommes disputés.
Elle ne souhaitait pas tourner autour du pot plus longtemps. Il était évident qu'elle n'avait nulle envie de leur révéler la véritable raison de leur déchirement. Mais elle n'avait tout de même pas l'intention de leur mentir. De toute manière, Remus les connaissait suffisamment tous les trois pour savoir que seule une raison grave aurait pu les avoir poussés à se séparer volontairement de la sorte.
- Disputé ? questionna Bill, le front soucieux. A ce point ?
Hermione hocha la tête. Elle sentait une boule maintenant familière se former dans sa gorge.
- C'est un peu compliqué à expliquer, se reprit-elle. Mais c'est la vérité. Et vous connaissez Ron. Il peut être extrêmement buté.
Elle jeta malgré elle un coup d'œil au frère de ce dernier, craignant de l'offenser. Il lui fit au contraire un triste sourire entendu.
- Quand tu avais disparue, dit-il, il n'arrêtait pas de répéter que tout était sa faute. Qu'il n'aurait jamais dû vous laisser comme il l'avait fait.
- Ça n'aurait sans doute pas empêché ma capture. Il était déjà revenu lorsque c'est arrivé.
- Non, concéda-t-il, mais il avait tout de même cette impression. Quoiqu'il en soit, je sais qu'il s'en voulait atrocement d'avoir failli briser votre amitié à tous les trois. Et il savait que quelque chose n'allait plus entre vous deux.
La jeune fille se sentit rougir. Elle n'était pas habituée à ce que sa vie privée fasse l'objet d'une telle discussion. Et elle sentait Drago se tendre à vue d'œil.
- Je vous prie de m'excuser pour tout, finit-elle par lâcher en regardant tour à tour son ancien professeur, Bill et Andromeda. Je ne voulais pas que les choses se passent de cette manière. Je ne voulais pas les abandonner.
- Nous le savons très bien, Hermione, la rassura Remus. Qu'ont-ils l'intention de faire à présent ?
Elle haussa les épaules avec découragement.
- Ils reviendront à la grotte. Et ils…
Elle hésita quelques secondes. Personne n'était au courant pour les horcruxes.
- Ils vont continuer à chercher un moyen de le vaincre.
La brune remarqua aussitôt les coups d'œil échangés suite à sa réponse. Mais personne n'osa lui en demander davantage.
- La chambre d'amis est toujours disponible pour vous, les informa alors la tante de Drago. Vous avez besoin de repos, j'imagine.
- Mais les autres ? questionna Hermione, n'y tenant plus. Nous n'avons pas parlé de ce qui est arrivé. Nous avons été attaqués au quartier général et…
- Nous le savons, lui répondit Bill, ses épaules presqu'aussi affaissées que celle du loup-garou.
- Est-ce que d'autres repères ont été découverts ? s'enquit-elle avec une franche inquiétude. La chaumière…
- Ne t'inquiète pas, Hermione, lui répondit-il avec un sourire. Tout le monde va bien.
- Et le Professeur McGonagall ? C'était elle le Gardien du Secret. Ils n'auraient pas pu entrer, à moins que…
- Minerva va très bien aussi, lui assura aussitôt Remus.
Hermione n'en croyait pas ses oreilles.
- Je me refusais à y penser mais… balbutia-t-elle de soulagement. Je ne voyais pas d'autres raisons pour lesquelles…
- Je t'avouerai que nous n'avons aucune idée de la façon dont ils ont pu vous retrouver, confessa-t-il, le visage soudain sombre. C'est normalement impossible.
La brune nota qu'il semblait éviter Drago du regard à tout prix.
- Est-ce que quelqu'un pourrait envoyer un Patronus à Harry et Ron pour les rassurer au sujet de tout le monde ? demanda-t-elle alors pour détourner le sujet. Ils sont morts d'inquiétude comme je l'étais moi-même.
- Bien sûr, acquiesça-t-il. Nous avons déjà prévenu sa famille que vous allez bien tous les trois. Molly et Arthur n'ont plus fermé l'œil depuis vingt-quatre heures.
- Allez vous reposer à présent, recommanda de nouveau Andromeda. Nous reparlerons de tout cela plus tard.
Les deux autres adultes approuvèrent d'un hochement de tête. Hermione et Drago commencèrent donc à se diriger vers la porte qui se situait au fond du salon.
- Hermione ?
La Gryffondor se retourna. Lupin s'avançait vers elle, la main tendue :
- Peux-tu me donner ta baguette, s'il-te-plait ?
Elle le dévisagea avec surprise :
- Ma baguette ? Pourquoi ?
Ce qu'il semblait se réfréner à faire depuis un long moment finit apparemment par trop le démanger puisqu'il jeta un coup d'œil prudent vers le blond qui s'était arrêté également pour attendre la jeune fille.
- Simple mesure de précaution, répondit-il.
Hermione se sentit tout d'abord profondément outrée. Elle ne parvenait pas à croire que Remus lui demande de se séparer de sa baguette. Il avait sans doute peur que Drago essaye de s'en servir. Elle avait désormais parfaitement compris que ce dernier était soupçonné d'être la source de l'incident au quartier général et cette pensée la révulsait malgré elle. Ils n'avaient aucune preuve. Simplement des préjugés. D'un geste lent, elle retira sa baguette de sa poche et crispa les doigts autour. Elle faillit refuser mais sa conscience lui dictait plutôt d'obéir. Il était inutile de se mettre tout le monde à dos. Ce n'était pas comme ça qu'elle pourrait innocenter le Serpentard. Au fond, de la même manière que pour Harry et Ron, elle ne pouvait pas leur reprocher leurs inquiétudes. Mais ses sentiments lui donnaient une envie irrépressible de le protéger au-delà du raisonnable.
Avec un sourire désolé, Remus prit la baguette que la jeune fille lui tendit de mauvaise grâce. Leurs regards se croisèrent avec gêne, puis elle tourna le dos et suivit le blond jusqu'à la chambre d'amis où ils s'enfermèrent.
La pièce était exactement telle qu'Hermione l'avait vue pour la dernière fois, quelques semaines auparavant, avec son armoire massive et son grand lit en bois brun. Elle ôta sa robe épaisse et de guerre lasse, alla s'y assoir du côté de la fenêtre, où elle avait déjà dormi durant son court séjour. Quelque chose lui disait que celui-ci se révèlerait probablement beaucoup plus long.
- Tu sais que je n'ai rien à voir là-dedans, n'est-ce pas ?
Hermione leva aussitôt les yeux vers Drago qui l'observait. Sous son ton tranquille et assuré, elle décela l'inquiétude réelle que masquait son air flegmatique.
- Bien sûr que je le sais, s'empressa-t-elle de répondre. Je me fais juste du souci car eux ne le savent pas.
- Mais tu les comprends.
Elle baissa les yeux d'un air coupable.
- Tu es… commença-t-elle d'une voix étouffée.
- Je suis un Mangemort, acheva-t-il à sa place.
- Une période comme celle que nous vivons est un véritable terreau pour les mensonges et la traitrise. La plupart des membres de l'Ordre tels que Remus ont déjà vécu ça auparavant.
Elle joignit les mains sur ses genoux serrés.
- Comment faire confiance à un ennemi, murmura-t-elle, lorsque l'on a déjà été trompé par un ami ?
Drago s'approcha lentement de la fenêtre et regarda au dehors. Il entreprit alors également d'enlever sa robe de sorcier.
- Il y a eu aussi Rogue, continua Hermione, les yeux à présent fixés sur la nuque blonde du jeune homme.
- C'est vrai, vous êtes beaucoup trop naïfs, commenta le Serpentard sans se retourner, laissant tomber le vêtement par terre.
Elle tressaillit :
- C'est ce que tu penses ?
Il détacha finalement ses yeux gris de l'extérieur lumineux et fit quelques pas dans la direction d'Hermione.
- Tu as raison pour moi, marmonna-t-il, mais le fait est vous aviez tort pour Rogue. Et si vous aviez un peu de bon sens, vous me tueriez sans doute.
Le cœur de la Gryffondor sembla se glacer dans sa poitrine :
- Comment peux-tu dire une chose pareille ?
- Je suis juste réaliste, Hermione. Je n'ai pas les moyens de prouver que je ne suis pour rien dans ce qui s'est passé. Tu me demandes comment je peux dire ça mais vous, comment pouvez-vous prendre un tel risque ?
Hermione serra les poings de colère.
- Alors tu crois que tu ne vaux pas plus que ça ? murmura-t-elle.
- Je veux simplement dire que…
- Tu crois, s'étrangla-t-elle soudain, que tu n'es pas plus important pour moi qu'un élément gênant dans une équation qu'il suffirait d'effacer pour que tout rentre dans l'ordre ?
Elle avait l'impression que son corps tremblait de rage et de frustration.
- Hermione…
- Ne me touche pas !
Elle se leva brusquement du lit et alla se placer à l'opposé de manière à ce qu'il les sépare.
- Tu n'as toujours rien compris ! s'emporta-t-elle en le toisant du regard. Je viens de perdre mes deux meilleurs amis pour toi ! Je suis allée plus loin que je n'aurais jamais imaginé le faire pour te défendre ! Ne sous-entends pas que je perdais mon temps ! Ne me dis pas que ça ne sert à rien de se battre pour les gens en qui on croit !
- Je n'ai pas dit que…
- Je n'ai pas pris le chemin le plus facile lorsque j'ai choisi d'aider Harry ! Tu crois qu'il suffit de faire le compte de ce qui est risqué et ce qui ne l'est pas pour s'en sortir et faire ce qui est juste ? Tu crois que c'est aussi simple que ça ? Tu n'as donc pas changé ?
Sa gorge la brulait mais elle refoula loin la vague d'émotion qui tentait de la submerger. D'un pas décidé, elle se dirigea vers la porte. Il fallait qu'elle se calme. Qu'elle oublie tout ce qu'il venait de lui dire. Mais alors qu'elle allait gagner la sortie de la chambre, la silhouette de Drago s'interposa. Elle faillit se cogner contre lui tant elle avait marché tête baissée pour se donner du courage.
- Laisse-moi passer, lui intima-t-elle en levant vers lui des yeux autoritaires.
Il la dépassait de dix bons centimètres et elle essayait tant bien que mal de ne pas se laisser intimider. Mais elle avait beau être habituée aux affrontements avec Ron qui était encore bien plus grand, le Serpentard était capable de dégager une assurance et une froideur qui la déstabilisait totalement.
- Tu ne partiras pas avant que je me sois expliqué, finit-il par lui répondre d'un ton sans appel.
L'indignation qu'elle ressentait lui offrit un regain de fierté et elle tenta de contourner le jeune homme par la droite. Il lui barra alors la route de son bras levé et l'empêcha franchement d'avancer.
- Je ne jouerai pas à ça avec toi, le prévint la brune.
Déterminée, elle se pencha en avant pour passer sous son bras. Le Serpentard sembla alors se raidir et finit par la plaquer fermement contre le mur.
- Drago ! s'énerva-t-elle.
- Regarde-moi, ordonna-t-il.
Rouge de colère mais consciente qu'elle ne pouvait lutter contre la force du blond, elle se résigna à accéder à sa requête. Ses yeux gris la transpercèrent comme deux lames aiguisées.
- Je n'ai jamais voulu dire que je regrette ce que tu as fait, articula-t-il posément.
Lui aussi tâchait de maîtriser sa colère. Il s'en voulait de l'avoir blessée et ne supportait pas l'idée de la laisser partir ainsi.
- C'est vrai, poursuivit-il, son nez à quelques millimètres de celui de la jeune fille, j'ai désespérément besoin que quelqu'un croit en moi. Mais je refuse que tu te détruises pour ça.
- J'en ai assez que tout le monde juge mes choix comme si j'étais stupide et inconsciente, rétorqua-t-elle. Ce ne sont pas des caprices. Ce sont des convictions.
- Tu ne devrais pas être avec moi à l'heure qu'il est. Tu devrais être avec eux et tu le sais très bien.
- C'est ce que tu voudrais ? le questionna-t-elle d'un ton cassant.
- Non, c'est ce que tu devrais vouloir.
- Désolée de te décevoir. Je ne comprends pas pourquoi tu me retiens, puisque selon toi, je n'ai rien à faire dans cette pièce. C'est à se demander ce qui t'est passé par la tête de vouloir officialiser quoique ce soit entre nous.
La moutarde commençait à sérieusement monter au nez du Serpentard. Mais il ne pouvait pas la contredire. Elle avait parfaitement raison. Son esprit se montrait versatile, influençable. Oui, il désirait qu'elle reste auprès de lui mais le regard que lui avait lancé Remus lorsqu'il lui avait confisqué sa baguette lui avait soudain rappelé ce qu'il avait ressenti lorsqu'elle s'était violemment disputée avec Ron. Il ne lui attirait que des ennuis. Il la faisait pencher vers un terrain glissant, une zone d'ombre où elle ne savait plus se situer. Où elle risquait bientôt ne plus trouver sa place. Inconsciemment, il pressa un peu plus son corps contre celui d'Hermione qu'il sentit frémir.
- Toi non plus, tu ne comprends rien, lâcha-t-il.
Leurs lèvres étaient si proches qu'ils pouvaient tous deux en ressentir l'effleurement à peine perceptible.
- Ma mère a voulu me protéger et elle est morte, reprit-il le visage éteint. Pansy a voulu me protéger. Elle est morte.
- Drago…
- Même Dumbledore.
Hermione sentait son cœur pulser contre sa poitrine et songeait que le blond devait le sentir également mais elle n'osait pas faire le moindre mouvement.
- Toutes les personnes qui ont bien voulu croire que je méritais une autre vie en ont subi les conséquences.
- Ne dis pas ça.
- C'est comme si j'étais maudit, acheva-t-il. On ne quitte pas les Mangemorts impunément.
Sa voix n'était presque plus qu'un chuchotement. Son souffle s'écrasait sur la bouche haletante de la Gryffondor.
- Si c'est vraiment ce que tu penses, déglutit-elle avec difficulté, alors que je sois maudite avec toi.
Il ne fallut pas plus d'une demi-seconde au Serpentard pour effacer l'infime distance qui demeurait entre eux. Hermione répondit à son baiser avec une rage qu'elle ne se soupçonnait pas de posséder. Enhardi, il attrapa ses poignets et les plaqua de part et d'autre de sa tête de sorte qu'elle était définitivement prisonnière de ses assauts fiévreux. Lorsqu'il libéra sa bouche, ce ne fut que pour s'aventurer dans son cou, le long de sa clavicule et cette caresse eut le don de loger ses effets directement dans le bas-ventre d'Hermione qui se surprit à pousser un gémissement de satisfaction. Elle sentait le corps de Drago s'écraser contre sa poitrine et ses hanches et ne put s'empêcher de rougir sauvagement en constatant qu'elle n'était pas la seule à réagir de la sorte à cette étreinte.
- Drago, murmura-t-elle dans son oreille.
A sa plus grande surprise, le jeune homme cessa instantanément pour la regarder dans les yeux. Elle s'était attendue à ce qu'il poursuive sans tenir compte de sa supplique mais il semblait patiemment attendre de savoir ce qu'elle désirait lui dire.
- Pas comme ça, tenta-t-elle de lui faire comprendre d'un air contrit. Je ne veux pas…
Elle avala difficilement sa salive.
- Je ne veux pas que ce soit le résultat d'une dispute.
Elle avait conscience qu'elle commençait à perdre le compte des fois où ils s'étaient retrouvés dans cette situation. Proche de l'irréparable. Elle réalisait également que ce n'était pas l'envie qui lui en manquait et qu'elle ne se cachait plus de le faire comprendre au Serpentard. Et elle se sentait mortifiée à l'idée de le frustrer de nouveau.
- Je n'avais pas l'intention d'aller plus loin, l'informa-t-il brusquement.
Hermione sentit ses joues virer au cramoisi.
- Désolée, je… bégaya-t-elle. Je croyais que…
Drago effleura de nouveau ses lèvres pour la calmer.
- Tu sais à quel point j'en ai envie, dit-il, ses mains se détachant lentement des poignets de la brune. Mais je ne veux pas te faire découvrir ça de cette façon. Je veux faire les choses correctement, Hermione.
Il ponctua sa déclaration en l'embrassant tendrement sur la joue. Un sourire naquit sur les lèvres de la brune qui laissa retomber les bras le long de son corps à présent libéré.
- On ferait peut-être mieux d'essayer de dormir un peu, suggéra-t-elle, tâchant maladroitement de cacher sa gêne.
Drago lui rendit son sourire et se dirigea vers le lit. Il enleva le t-shirt noir qu'il avait bien malgré lui emprunté à Harry. Ne s'habituant toujours pas à le voir ainsi à moitié dévêtu sans rougir, Hermione baissa aussitôt le regard. Mais la vision furtive du torse du Serpentard lui fit soudain un choc :
- J'ai complètement oublié de leur demander de t'examiner ! s'exclama-t-elle avec effroi.
- De m'examiner ? répéta Drago avec surprise.
- Suite à ton… Altercation avec Ron, précisa-t-elle à mi-voix.
- Suite à sa déloyale attaque alors que j'étais désarmé, se rengorgea-t-il.
- Oh, je t'en prie, soupira-t-elle en fronçant les sourcils. C'est vraiment l'hôpital qui se moque de la charité.
Le blond la dévisagea d'un air ahuri.
- C'est une expression moldue ! s'emporta-t-elle en se dirigeant vers lui. Ça veut dire que c'est très malvenu de ta part de faire ce genre de reproche quand on connaît ton passif !
- Je suis censé le prendre comment ?
Mais la jeune fille ne se souciait plus de piquer ou non sa susceptibilité. Elle agrippa son bras et l'entraîna avec elle vers la porte.
- Tu ne crois pas que si j'avais quelque chose de grave, on s'en serait déjà rendu compte ?
- Non, se contenta-t-elle de répondre en ouvrant le battant avec frénésie.
- Tu n'es pas obligé de te mettre dans un état pareil, ricana-t-il.
- Je m'en veux de ne pas y avoir pensé tout de suite, expliqua-t-elle en le traînant dans le salon.
La pièce était déserte. Mais des bruits de métal provenaient de la cuisine.
- Assieds-toi dans le canapé, intima-t-elle au Serpentard.
- Je ne crois pas t'avoir donné l'habitude de suivre tes ordres, rétorqua-t-il en croisant les bras.
- Encore une fois, tu es très mal placé pour parler. Tu as vraiment un aplomb extraordinaire.
- Tu n'as pas idée, sourit-il en demeurant planté bien droit au beau milieu du salon.
Hermione leva les yeux au ciel avant de se diriger vers la cuisine. Andromeda s'y trouvait, apparemment occupée à faire du rangement.
- Excusez-moi, osa la Gryffondor.
La sorcière se tourna avec surprise et sourit avec chaleur dès qu'elle aperçut la jeune fille :
- Hermione ! Vous avez besoin de quelque chose ?
L'interpellée prit alors le temps de contempler quelques secondes cette femme qui par deux fois l'accueillait sous son toit. La ressemblance avec Bellatrix s'estompait de plus en plus à ses yeux, surtout lorsqu'elle arborait un tel visage avenant. Hermione nota cependant à quel point elle paraissait maigre sous sa robe de sorcière résolument noire. Elle se demanda s'il en avait toujours été ainsi ou bien si le décès de son mari et les récents évènements en étaient la cause directe.
- En fait, finit-elle par se reprendre, lorsque Drago et Ron ont eu leur différent…
Elle songea au coup d'œil narquois que lui aurait sans doute lancé le blond face à cet euphémisme.
- Drago a été en quelque sorte blessé.
Une lueur d'inquiétude traversa le regard sombre d'Andromeda :
- Blessé ?
- Enfin, disons qu'il a heurté le mur et qu'il est demeuré inconscient quelques instants. Est-ce que vous pensez que vous pourriez l'examiner pour être sûrs qu'il n'a rien ?
- Bien sûr, Hermione, lui répondit-elle aussitôt en empoignant sa baguette. Je viens tout de suite.
- Merci.
Soulagée, Hermione ouvrit la porte et laissa passer la tante de Drago. Il n'avait pas bougé d'un pouce et accueillit cette dernière avec cette même expression impénétrable qu'il lui réservait depuis qu'il la connaissait.
- Je vous laisse, marmonna la Gryffondor en regagnant la chambre.
Elle en profita pour se déshabiller et se concentra sur les boutons de la chemise de Ron qu'elle portait. Pendant un instant, elle crut sentir son odeur émaner du tissu. Ou bien était-ce son imagination qui lui jouait des tours. Elle se dépêcha de l'enlever pour la déposer sur la robe que Drago avait laissé traîner. Elle ôta également ses chaussures et ses chaussettes et se retrouva de nouveau vêtue uniquement de son débardeur et son boxer. Elle avait hâte de prendre une bonne douche et de se changer mais il était vrai qu'elle avait avant tout besoin de sommeil. L'adrénaline retombée, les courbatures se faisaient plus insistantes, les muscles plus pesants. Une douleur particulièrement désagréable lancinait sa nuque et commençait à lui donner la migraine. Elle ouvrit la fenêtre, prit une grande goulée d'air frais, croisa les volets et ce ne fut que lorsqu'elle se glissa entre les draps en coton qu'elle réalisa pleinement à quel point elle était épuisée. Mais elle s'accorda qu'il ne pouvait en être autrement lorsqu'elle se repassa le film des dernières quarante-huit heures. L'attaque des Mangemorts, la marche en montagne, la nuit glacée dans la grotte, Pré-au-Lard, les Détraqueurs, son évanouissement, les disputes incessantes, l'inconscience de Drago, les inquiétudes et pour finir, Ron. Sans compter leur voyage en balai qui l'avait fait puiser dans ses dernières ressources. A bien y réfléchir, il lui paraissait improbable qu'il se soit passé autant de choses en si peu de temps. Mais elle n'eut pas le loisir d'y songer bien longtemps car l'oreiller moelleux accueillant sa tête endolorie eut bien vite raison de ses dernières forces.
Un bruit à ses côtés la réveilla à moitié. Elle cligna des paupières et constata que Drago venait de s'allonger auprès d'elle. Elle distinguait ses cheveux blonds et sa nuque pâle dans la faible lumière qui s'introduisait par l'interstice des volets.
- Drago ?
Le Serpentard se retourna laborieusement pour lui faire face.
- Ne force pas, le gronda-t-elle en se redressant sur un coude. Qu'a dit ta tante ?
- A priori, il n'y a aucune raison de s'inquiéter, la rassura-t-il d'un air réprobateur.
- Ce n'est pas la peine de me lancer ce regard. Mieux vaut prévenir que guérir.
- Encore un dicton moldu ?
Hermione allait répliquer froidement mais la mine fatiguée du blond et son visage à moitié enfoui dans le drap la dissuadèrent.
- Essaye de dormir maintenant, lui conseilla-t-elle en reposant sa tête contre son propre coussin.
- Je pense que je ne devrais pas avoir trop de mal.
Elle ferma elle-même les yeux suite à cette réponse et se cala confortablement. Sa main gauche reposait devant elle sur le matelas. Elle sentit des doigts enlacer les siens et des frissons familiers lui parcoururent l'échine.
- Je suis désolé, entendit-elle.
Elle rouvrit les yeux et constata que Drago la dévisageait.
- A propos de quoi ? murmura-t-elle.
- De tout ce que tu vis à cause de moi. Et d'être incapable de t'en remercier convenablement.
La jeune fille soupira. Elle pressa légèrement la main de Drago qui s'était glissée dans la sienne.
- Tu comprends enfin que je ne le fais pas à contre-cœur ? s'enquit-elle.
- C'était le cas au début.
- Au début, tu n'aurais jamais fait ça non plus, rétorqua-t-elle en faisant un mouvement du menton vers leurs deux mains liées.
Il suivit un moment son regard puis il la tira soudain doucement vers lui. D'abord surprise, Hermione finit par se laisser faire et posa la tête dans le creux de l'épaule du Serpentard. Elle ne s'habituait toujours pas à ce genre de geste venant de sa part. Elle avait l'impression, sans doute à juste titre, qu'il se laissait plus facilement aller à ce genre de chose dans les instants où il était le plus fatigué, le plus vulnérable. Cette pensée la toucha et elle caressa doucement le bras du Serpentard. Leurs jambes s'étaient naturellement entremêlées.
- Dors bien, souffla-t-elle.
Pour toute réponse, il agrippa de nouveau sa main et la maintint fermement dans la sienne. En dépit de toutes les pensées inquiètes qu'elle était susceptible d'avoir, la brune tacha de se concentrer sur l'instant présent et de se laisser aller à un sommeil bienvenu.
