Bonsoir les gens ! J'espère que vous avez passé un bon week-end ! Voilà la suite !
Maxine3482 : Ouiii ils sont enfin un peu en sûreté, une fois n'est pas coutume haha ! Merci beaucoup pour ta review ! :)
Ella-Zabini : J'avoue, je ne suis pas tendre avec nos deux héros mais là je les laisse prendre un repos bien mérité ;)
Marine : C'est gentil ! Merci :D
louiselds : Merci pour ta review ! Oui un peu de douceur dans ce monde de brute crénom ! ;)
Alice1420 : Haha oui désolée ça fait longtemps que je vous fais patienter pour ça mais ça va venir ! ;)
GoldenLionClub : Merci beaucoup ! Ça me motive énormément de lire vos messages et je suis ravie que tu ais aimé ce chapitre plus calme :)
lol123 : Merci ! Bonne lecture :)
Cindy : Bienvenue ! J'avais un immense sourire aux lèvres en lisant ta review, tu n'imagines pas ! Merci infiniment ! Faire un Dramione original et réaliste (le plus possible en tout cas), c'est vraiment le défi que je m'étais fixé, alors des compliments comme les tiens me touchent énormément ! J'espère sincèrement que tu apprécieras la suite :)
Merci à tous et enjoy !
Chapitre 39
- Drago, murmura Hermione.
- Quoi ?
- Rien. J'avais juste envie de prononcer ton prénom. J'ai toujours du mal à m'y habituer.
Les deux adolescents s'étaient réveillés quelques minutes auparavant. Ils n'avaient pas beaucoup bougé durant leur sommeil et la Gryffondor se trouvait toujours au creux des bras du blond qui tripotait machinalement ses cheveux bouclés.
- J'espère que tu réalises la chance que tu as de pouvoir le faire.
Hermione lui aurait volontiers asséner un coup pour cette remarque mais elle se sentait bien trop confortablement installée pour en avoir le courage.
- C'est un honneur, votre altesse, se contenta-t-elle de répliquer d'un ton ironique.
- C'est vrai que je suis un prince, commenta le blond sans se démonter, après avoir étouffé un bâillement.
- Et dire que je pensais que Lockhart était la personne la plus arrogante qu'il m'ait été donné de rencontrer.
- J'ose espérer que tu n'es pas en train de nous comparer.
Hermione releva le menton pour défier Drago du regard.
- Tu as raison, observa-t-elle. Il était bien plus charmant.
Le long silence qui suivit sa provocation finit par l'intriguer. Mais alors qu'elle était à deux doigts de lui demander ce qu'il mijotait, elle sentit les bras puissants de Drago la retourner sur le dos. Il s'était positionné à cheval sur elle et la maintenait immobile entre ses jambes serrées.
- Tu peux répéter ? exigea-t-il en se penchant sur elle.
Leurs nez se frôlaient une fois de plus sérieusement.
- Tu ne m'impressionnes plus, Drago, lâcha Hermione avec toute la verve dont elle se sentait capable. Je te rappelle que j'ai affronté bien pire que toi.
La Gryffondor aurait eu honte de l'admettre mais elle mentait de manière insolente. Affronter l'intimité qui se créait entre elle et le blond lui paraissait plus insurmontable qu'une armée de troll des montagnes. Il l'intimidait toujours d'une manière qu'elle n'imaginait pas.
- Tu es sûre de toi ?
Le Serpentard avait haussé les sourcils, inconscient des pensées dans lesquelles s'était plongé Hermione malgré elle. Un sourire confiant étira les lèvres de cette dernière :
- Tu t'estimes peut-être plus effrayant qu'une douzaine de Détraqueurs ?
Elle comprit son erreur de stratégie lorsqu'elle vit le visage de Drago s'assombrir :
- Tu veux dire les mêmes qui auraient aspiré ton âme si tête de carotte n'avait pas été là ?
- Désolée, murmura-t-elle en baissant le regard. C'était une mauvaise plaisanterie.
Elle n'osa pas relever l'insulte adressée à Ron. Elle l'avait bien cherché.
- En effet, confirma le Serpentard en la lâchant brusquement.
Hermione réalisa sa déception. Drago se rallongea à sa place, le visage à présent hermétique.
- Drago…
- Je regrette de m'être foutu de Potter en troisième année, dit-il soudain, les yeux tournés vers le mur.
Hermione mit quelques secondes à comprendre de quoi il parlait :
- Quand il s'évanouissait ?
- Je sais ce que ça fait maintenant. Ce qu'on ressent, je veux dire.
- Vraiment ? s'enquit-elle en se tournant vers lui. Tu en as affronté ?
- Rencontré serait un mot plus juste. Je te rappelle qu'ils sont plus ou moins du côté de Tu-Sais-Qui.
- C'est vrai, acquiesça-t-elle en ramenant ses genoux contre elle au souvenir des créatures horrifiques.
- Mais même s'ils ne nous étaient pas franchement hostiles, ils dégageaient quand même leur aura ignoble. Je ne le supportais pas.
- C'est parce que tu as vécu des choses difficiles entre temps, Drago, lui expliqua-t-elle avec douceur. Plus tu as connu la peur, plus tu as de mauvais souvenirs et plus ils t'atteignent. C'est pour cette raison que Harry était déjà si affecté à l'époque.
Drago finit par se tourner de l'autre côté pour faire face à la Gryffondor.
- Tu sais utiliser le sort du Patronus ? s'enquit-il.
Hermione voyait qu'il faisait des efforts pour paraître désintéressé mais son regard trahissait une certaine avidité.
- Harry nous a appris.
Elle se surprit à sourire en voyant l'air absorbé que prenait soudain Drago.
- Tu veux apprendre aussi ? lui demanda-t-elle en se relevant sur un coude.
- Pourquoi pas, éluda-t-il en croisant les mains derrière la nuque avec nonchalance.
- Voyez-vous ça ! ironisa-t-elle. Le grand prince a besoin de l'aide de la pauvre fille du peuple.
Il ne fallut pas plus d'une seconde au Serpentard pour se retrouver de nouveau en position de force sur la brune.
- Et elle fera comme bon me semble, ricana-t-il en l'emprisonnant de nouveau entre ses jambes musclées.
Hermione savait pertinemment qu'il n'était pas dans les habitudes des mages noirs de maîtriser le sort du Patronus. Il était donc logique que Drago ne se le soit jamais vu enseigner. Narcissa devait être une exception à la règle et n'avait sans doute pas eu le droit ou l'opportunité de transmettre cette chance à son fils. La perspective de remédier à cela et de donner des leçons de magie au Serpentard excitait la jeune fille. C'était la première fois depuis longtemps qu'une activité prévue lui paraissait banale et heureuse. Et surtout, elle avait plus que jamais besoin de s'occuper l'esprit. Elle essaya de ne pas penser au fait que pour l'instant, ni l'un ni l'autre n'était en possession de sa baguette, ce qui rendait le projet quelque peu vague.
- Ce ne sera pas facile, le prévint-elle en riant. Mais je pense pouvoir arriver à quelque chose avec toi.
- Ai-je jamais été un mauvais élève à Poudlard ? répliqua-t-il.
- Tu te défendais, accorda-t-elle avec une moue conciliante.
Expression que Drago fit disparaître instantanément en embrassant la brune.
- Je suis doué dans tous les domaines, affirma-t-il dans le creux de son oreille.
Hermione sentit les battements de son cœur prendre un rythme plus effréné.
Soudain, des bruits provenant du salon les interrompirent. Drago se redressa et libéra la Gryffondor qui en profita pour se lever.
- Je devrais sans doute aller voir… commença-t-elle en pointant la porte du doigt.
- Ce n'est que partie remise, la menaça-t-il avec un sourire.
Hermione détourna aussitôt le regard et se dépêcha de renfiler la chemise de Ron et de sortir, espérant de tout cœur que son visage ne trahissait pas son état. Elle tomba sur Lupin qui l'accueillit avec le sourire.
- Bien dormi, Hermione ? lui demanda-t-il avec un regard bienveillant.
Elle fut soulagée de le voir lui adresser cette expression.
- Oui, confirma-t-elle en jetant un coup d'œil à la pendule qui indiquait presque vingt heures.
Remus suivit son regard et hocha la tête :
- Nous allons bientôt dîner, si vous vous sentez de vous joindre à nous. Vous avez dormi toute la journée. Tout s'est bien passé ?
Son regard était plus appuyé et Hermione ne pouvait s'empêcher de réaliser à quel point il était étrange de parler de cela avec lui. En d'autres circonstances, la savoir dans la même chambre que Drago Malefoy aurait dû soulever bien davantage de questions et de protestations. Avaient-ils tous compris à quel point ils étaient devenus proches ? Il était évident qu'elle avait bien du mal à masquer ses sentiments. Elle avait été incapable de s'en garder auprès de Harry et Ron. Qu'en était-il d'un groupe de sorciers adultes et expérimentés ? Peut-être que tout cela devait sauter aux yeux. Hermione sentit ses joues frémir de gêne.
- Je me suis bien reposée, dit-elle. Est-ce que je pourrais emprunter la douche ?
- Bien sûr. Je crois qu'Andromeda vous a prévu des vêtements propres. Tu les trouveras sûrement dans la salle-de-bain.
- Merci.
La brune ne s'attarda pas et grimpa les escaliers quatre à quatre. Sur le palier du haut, elle croisa la maîtresse des lieux qui la dévisagea avec inquiétude :
- Comment allez-vous, Hermione ?
- Vous pouvez me tutoyer, l'enjoignit-elle. Mieux maintenant que j'ai bien dormi.
- Tant mieux.
- Et comment va Tonks ? Je n'ai pas eu le temps de vous le demander ce matin.
- Elle est très fatiguée mais tout se passe bien malgré tout, l'informa Andromeda, les yeux brillants. Ça ne devrait plus tarder.
Hermione se sentit heureuse à cette perspective et se promit d'aller trouver son amie dès que possible.
- Remus m'a parlé des vêtements, reprit-elle.
- Ils sont sur la commode de la salle-de-bain. J'espère qu'ils vous… Qu'ils t'iront.
- Merci beaucoup !
- Hermione ?
La jeune fille se retourna avec curiosité.
- Hier, lorsque vous êtes revenus, commença Andromeda, une pointe de gêne évidente dans la voix, vous avez parlez d'une dispute entre vous et Ronald.
- Oui, confirma-t-elle, se demandant où elle voulait en venir.
- Mais lorsque vous m'avez demandé d'examiner Drago, vous avez parlé d'une confrontation entre eux.
Hermione réalisa brusquement son erreur. Dans sa précipitation, elle avait en effet oublié qu'elle n'avait jamais mentionné de problème entre le Serpentard et ses amis devant les membres de l'Ordre. Elle n'avait évoqué que son différend avec Ron.
- C'est vrai, balbutia-t-elle, rouge de honte. Je ne voulais pas vraiment vous le cacher mais Drago et Ron se sont…
- Je ne voulais pas te mettre mal à l'aise, Hermione, s'empressa de la rassurer la sorcière. Je me faisais simplement du souci. Je ne voudrais pas que Drago soit la cause de votre séparation et que tu sois ici à cause de lui. Si c'est le cas…
- Non ! s'exclama Hermione, les mains levées en signe de protestation. Enfin… Il est évident que la situation était tendue, admit-elle, mais c'est bel et bien à la suite d'une dispute entre moi et Ron que les choses ont… Pris cette tournure.
Andromeda la dévisagea un moment puis lui fit un sourire compatissant :
- Très bien. Je ne te retiens pas plus.
Hermione lui sourit à son tour avec conviction et tourna la poignée de la porte en bois pour pénétrer dans la salle-de-bain. Elle y trouva un pantalon bordeaux et un t-shirt gris convenablement pliés sur le meuble. A leurs côtés, une chemise et un jean à l'attention de Drago.
La douche fit un bien inimaginable à la jeune fille qui n'en avait jamais autant apprécié une de toute sa vie et dut se faire violence pour en sortir. Elle enfila les vêtements frais et ramena ses cheveux humides en une queue haute.
Tout en s'apprêtant, Hermione ne pouvait s'empêcher de repenser aux horcruxes. Elle avait promis à Harry de faire ce qu'elle pourrait de son côté pour l'aider et ce besoin la démangeait à vrai dire déjà. Si ses deux meilleurs amis suivaient le plan prévu et parvenaient à se rendre à Poudlard, ils partaient donc dans le but de trouver un nouveau moyen de les détruire, à l'aide du Basilic. Mais d'après les recherches de Regulus, l'un des horcruxes avaient de grandes chances de se trouver également là-bas. Le diadème de Serdaigle. Dumbledore avait apparemment vu juste lorsqu'il avait songé que Voldemort chercherait à collecter des objets précieux appartenant aux fondateurs de Poudlard.
La Gryffondor tâcha de récapituler intérieurement tous les éléments en leur possession. Elle n'avait aucun problème à se souvenir des détails du carnet du frère de Sirius, qu'elle avait lu de si nombreuses fois et dont elle avait pris le temps de recopier chaque détail sur les parchemins qu'elle avait laissé à ses amis.
Le journal de Tom Jedusor avait été détruit par Harry en seconde année. La bague des Gaunt avait été anéantie par Dumbledore lui-même. Le médaillon de Serpentard n'était plus grâce à Ron et à l'épée. Ils étaient à présent sur la piste du diadème et avait le carnet en leur possession. Restait la coupe de Poufsouffle, qui, toujours d'après Regulus, avait de grandes chances d'avoir été confiée à la famille Lestrange.
Hermione songeait à quel point elle ôterait un lourd fardeau de leurs épaules si elle était capable de récupérer ce horcruxe de son côté. Et quel temps précieux cela leur ferait gagner dans la recherche du septième et dernier morceau d'âme, dont même l'aîné des Black n'avait a priori pas eu le temps de connaître l'existence, de même que son propre carnet qui avait servi les desseins du Seigneur des Ténèbres après sa mort.
Elle en était là de ses réflexions lorsque trois petits coups se firent entendre à la porte.
- Oui ? s'enquit-elle.
- C'est moi.
Drago ouvrit et pénétra dans la pièce.
- On ne va pas tarder à dîner, l'informa-t-elle.
Il hocha la tête et commença à ôter ses habits dans le but évident de prendre à son tour une douche bienfaitrice.
- Je te laisse, murmura aussitôt la jeune fille.
- Je ne sais toujours pas ce qui m'a pris de croire une seule seconde que tu avais déjà connu ça, ricana-t-il en laissant tomber nonchalamment son t-shirt.
Une fois de plus, il fallut quelques secondes à Hermione pour comprendre de quoi il parlait :
- Au nom du ciel, cesse de…
Mais elle n'eut pas le temps de protester davantage. Le blond s'était emparé de ses hanches et l'avait attiré contre lui. Il l'embrassait dans le cou, une zone qu'il avait compris particulièrement sensible.
- Je compte bien sur toi pour m'apprendre, s'entendit-elle alors dire d'une voix chaude qu'elle ne se connaissait pas.
Même Drago sembla surpris car il s'écarta d'elle et attendait visiblement qu'elle le regarde dans les yeux, ce qu'elle n'osait plus faire. Il raffermit alors sa prise sur les hanches souples de la brune et fondit à nouveau sur sa peau comme un oiseau de proie.
- J'essaie de ne plus te sauter dessus, marmonna-t-il entre ses dents, mais tu ne fais rien pour me faciliter la tâche.
- Pardon, s'excusa-t-elle avec un petit rire.
Elle s'échappa de ses bras et quitta la pièce sans demander son reste, non sans lui avoir jeté un dernier sourire provocateur.
Hermione descendit ensuite lentement les escaliers, perdue dans ses pensées. Elle trouva Remus occupé à mettre table pour le dîner annoncé. Il semblait soucieux, le front plissé par de fines rides et les yeux soulignés par de profondes cernes. Elle ne put s'empêcher d'avoir de la compassion pour lui. Il paraissait bien plus âgé qu'en réalité, comme marqué par toutes les épreuves qu'il avait dû affronter dans sa vie. Et à présent qu'il aurait pu être heureux, marié et bientôt père, la terreur régnait au dehors. Aussitôt, Hermione n'eut plus la moindre once de ressentiment à son égard quant à la confiscation de sa baguette et sa méfiance évidente envers Drago. Les deux personnes les plus chères à son cœur étaient sous ce toit. Elle aurait certainement agi de la même manière à sa place.
- Besoin d'aide ? proposa-t-elle en dévalant rapidement les dernières marches.
Il leva les yeux vers elle et se fendit d'un petit sourire :
- Merci, Hermione, mais j'ai terminé.
La table était effectivement prête pour quatre couverts. Au centre trônait un plat de viande en sauce et de pommes de terre qui mit l'eau à la bouche de la Gryffondor. A présent qu'elle avait rattrapé son sommeil, la faim commençait à la tarauder. Elle pensa à Harry et Ron, et aux victuailles qu'ils leur avaient laissées à l'intérieur de la grotte. Peut-être étaient-ils également en train de soulager leur appétit.
Hermione ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter à l'idée de l'ambiance qui devait régner entre les deux amis. Même si Ron n'avait rien su du mensonge de Harry, elle doutait fortement qu'il parvienne à retrouver sa bonne humeur après ce qu'il venait de se produire. De nouveau, elle se sentit terriblement coupable envers le brun. Non seulement avait-elle été contrainte de l'abandonner, elle l'avait en plus laissé avec un Ron contrarié et blessé. Elle n'avait fait que lui compliquer la tâche, comme si cette dernière n'était pas déjà suffisamment ardue. Cela ne fit que renforcer son désir, de plus en plus ardent à mesure des secondes, de rechercher elle-même le sixième horcruxe.
Le dîner se déroula dans un grand silence, tout juste troublé par le bruit des fourchettes et des couteaux raclant les assiettes. Drago fixait obstinément son plat, levant à peine les yeux pour se servir à boire. Hermione avait tenté de détendre l'atmosphère en félicitant Andromeda pour sa cuisine, mais cette dernière s'était contentée de la remercier poliment.
Soudain, ils entendirent quelqu'un toquer à la porte. Remus échangea un regard avec sa belle-mère avant de se lever précipitamment.
- Qui est là ? questionna-t-il à travers l'entrée.
- Minerva, répondit la voix assurée de McGonagall.
Hermione sentit son cœur s'emballer. Le loup-garou défit le loquet à l'aide de sa baguette et ouvrit le battant. La silhouette fine de Minerva se découpa dans la lueur de la pièce. Derrière elle, il faisait déjà nuit noire. Elle s'avança d'un pas décidé et s'épousseta légèrement.
- Je suis venue aussi vite que possible, dit-elle.
Son chapeau pointu penchait légèrement sur la droite. Son regard se posa sur Hermione et Drago et ses traits se détendirent :
- Miss Granger, Monsieur Malefoy, je suis soulagée de vous voir.
La Gryffondor n'aurait su exprimer son sentiment. Le bonheur de constater de ses propres yeux que McGonagall allait bien sembla temporairement ôter un poids de son estomac. Et puis, il y avait cette sensation de sécurité indescriptible dès qu'elle apparaissait. En cela, McGonagall était sans conteste la digne successeuse de Dumbledore.
- Je ne voulais pas vous déranger en plein dîner, se reprit-elle en réajustant son couvre-chef.
- Nous avions terminé, lui assura Remus, après avoir refermé la porte à quintuple tour.
- Oui, renchérit Andromeda qui s'empressa de faire voler les assiettes vides vers la cuisine.
Les yeux de l'animagus se posèrent alors avec insistance sur Drago, ce qui inquiéta momentanément Hermione. Mais contre toute attente, ce fut à elle que s'adressa tout d'abord Minerva :
- Miss Granger, je vous prie de m'excuser mais je vais devoir vous demander de bien vouloir vous retirer.
Surprise, la jeune fille la dévisagea sans comprendre.
- Je dois m'entretenir avec Monsieur Malefoy, s'expliqua-t-elle avec douceur.
Hermione se leva lentement de table, non sans avoir jeté un regard à Drago qui lui fit un signe de tête encourageant.
- Est-ce que… murmura-t-elle. Est-ce que Nymphadora dort déjà ?
Andromeda lui adressa un sourire :
- Non, pas encore. Tu peux en profiter pour aller la voir. Je t'accompagne, lui dit-elle en se dirigeant vers les escaliers.
Hermione lui emboîta le pas et monta mollement les marches en faisant glisser sa main le long de la rambarde en bois. Elle devait se faire violence pour ne pas se retourner une fois de plus vers Drago.
Ils allaient sans nul doute l'interroger sur l'attaque des Mangemorts. La jeune fille faisait confiance à McGonagall et Lupin pour leur impartialité. Mais l'angoisse lui étreignit le cœur malgré tout. Que se passerait-il si les deux sorciers ne jugeaient pas les dénégations de Drago suffisamment satisfaisantes ?
- Professeur, se retourna-t-elle brusquement.
McGonagall leva des yeux surpris, à travers ses fines lunettes.
- Si vous avez l'intention de parler de ce qu'il s'est passé au quartier général, ânonna la Gryffondor, je souhaiterais rester. J'ai été témoin de ce qu'il s'est passé. J'ai été la première à voir les Mangemorts et…
- Ne vous inquiétez pas, Miss Granger, la coupa Minerva. Je vous promets de faire appel à vous si nécessaire.
Hermione allait protester de nouveau mais un regard appuyé de Drago suffit à l'en dissuader. Il ne paraissait pas vouloir de son intervention. Elle se souvint alors de ce qu'il lui avait dit le matin même, durant leur dispute. Il avait besoin qu'on croie en lui. Peut-être avait-il aussi besoin de gagner cette confiance par lui-même. Sans doute accordait-il plus d'importance à l'opinion des membres de l'Ordre qu'il ne voulait bien le laisser paraître. Cela la fit sourire intérieurement. Peut-être avait-elle réussi à le convaincre du bien-fondé de sa présence parmi eux. Et même si ce n'était que de peu, cette victoire l'aida à avaler les dernières marches et à chasser provisoirement son appréhension.
