Bonsoir tout le monde !
Et non, je vous rassure, ce n'est pas un poisson d'avril, c'est bien le chapitre 40 que je viens vous poster aujourd'hui :D
Je suis désolée pour ce laps de temps depuis la dernière fois, je me suis offert un nouveau pc aux alentours de Noël mais j'étais un peu occupée ensuite et mine de rien, le temps passe très vite :/
Et lorsque j'écris, j'ai même l'impression qu'il me file entre les doigts donc dur dur de trouver des vrais moments de calme pour s'y mettre mais bon j'ai réussi, ouf ! (c'est là que je réalise à quel point il me serait difficile d'écrire mon propre roman même si j'aimerais énormément, l'écriture est une vraie discipline xD)
Un petit chapitre un peu transitoire pour se remettre sur les rails :)
Je vous remercie infiniment pour votre patience et vos messages plein de gentillesse et de compliments ! Je vous lâche pas !
Bonne semaine et surtout bonne lecture :D
Chapitre 40
Quelque part en Angleterre, Voldemort se tenait au centre d'un cloitre abandonné et de ses arches emprisonnées de lierre, sa silhouette grêle se découpant sous la lueur de la pleine lune. Bellatrix avançait vers lui d'un pas légèrement tremblant.
- De combien d'échecs comptez-vous encore m'infliger la déception ?
La voix du Seigneur des Ténèbres avait fendu l'air comme un couperet glacé. La Mangemort se jeta instantanément au sol et colla son front contre la terre humide.
- Maître, implora-t-elle, je m'en remets à votre jugement.
- Une fois de plus, une bande d'adolescents ridicules vous met en déroute. Tu n'as pas fait mieux que ton pathétique beau-frère il y a deux ans, au Ministère. Vous êtes bien tous les mêmes. Et tu sais combien cela me coûte, ma fidèle Bellatrix, d'en arriver à cette triste conclusion.
L'interpellée osa se redresser légèrement et affronter le regard aiguisé et quasi-inhumain de Voldemort :
- Vous savez que je suis prête à vous offrir ma vie si cela peut apaiser votre colère. Mais Maître, je vous jure de ne jamais plus vous donner une occasion d'avoir honte de moi.
Un sifflement aigu transperça le calme du cloitre et la Mangemort aperçut du coin de l'œil les énormes anneaux de Nagini, enroulés autour d'une colonne de pierre, sa tête probablement perdue dans les hauteurs de l'édifice. Voldemort ne bougea pas mais tendit une main osseuse vers son adepte :
- Lève-toi. Contrairement à Lucius, tu as enduré Azkaban pour moi.
Bellatrix sembla réprimer un sanglot de gratitude. Elle se redressa lentement :
- Il me reste du sang de ma sœur... commença-t-elle en tirant des pans de sa robe noire une petite fiole remplie à moitié d'un liquide épais et cramoisi.
Mais Voldemort leva de nouveau sa main pour la faire taire :
- Sais-tu le temps que j'ai perdu pour retrouver le livre qui contenait la recette de cette potion ?
Un petit sourire fendit ses fines lèvres en deux :
- Il existe bien trop de légendes dans notre monde, auxquelles les esprits impurs ont la faiblesse de ne pas croire. Je savais que ce grimoire existait. Cela faisait longtemps que je le cherchais car je savais qu'il nous serait utile un jour. Mais il m'a fallu tordre quelques volontés tenaces pour finir par mettre la main dessus.
Bellatrix aurait volontiers souri également pour manifester son approbation mais elle n'osa le faire. La culpabilité et un sentiment de déshonneur la rongeait de l'intérieur comme un acide.
- Malheureusement, le sang ne pouvait servir qu'une seule fois, poursuivit le Seigneur des Ténèbres, aggravant ainsi le résultat de ses erreurs.
Il sembla alors la sonder du regard, un curieux rictus déformant davantage ses traits :
- Il est temps que je te révèle une chose, Bellatrix.
Cette dernière leva les yeux vers lui, le teint pâli par l'appréhension.
- A l'origine, cette potion ancestrale a été faite pour qu'une mère puisse retrouver sa chair, peu importe par quelle protection cette dernière peut lui être dissimulée. Même les plus puissantes comme le sortilège du Fidelitas. Mais l'ingénieuse sorcière qui a mis au point cette potion a pensé à tout. Si le sang de la mère est utilisé par une autre personne qu'elle-même, si ce n'est pas elle qui boit la potion, l'enfant devient alors intouchable par cette personne à l'instant même où ses lèvres touchent le liquide. De cette façon, il est protégé de toute mauvaise intention.
Bellatrix sentit une rage bouillonner en elle lorsqu'elle comprit ce qu'impliquaient ces paroles :
- Vous voulez dire que…
- C'est pour cela que je t'avais demandé de me les ramener vivants, y compris ton neveu. Tu n'as plus aucun pouvoir sur lui, ma chère Bellatrix. Tu ne pourras jamais le tuer.
- Mais Maître, je m'étais jurée de…
- Oui, l'arrêta-t-il, je sais que tu désirais par-dessous tout laver ta famille de ce traître à son sang. Mais ne t'inquiète pas, lorsque l'heure sera venue, je me chargerai personnellement de réduire à néant cet insecte qui ne m'a causé que trop de déception et de tracas jusqu'à présent. Ce n'est plus qu'une question de temps avant que la famille Malefoy ne disparaisse.
- Et Lucius ? s'enquit Bellatrix, le regard avide.
- J'ai accordé bien trop de patience à Lucius, acquiesça Voldemort en caressant sa baguette. Il peut encore m'être utile pour mettre la main sur son fils mais lorsque tout sera terminé, il sera vain de m'en encombrer davantage.
Un long sifflement émana des colonnes, suivi du bruit des écailles glissant sur la pierre froide.
Hermione pénétra dans la chambre précautionneusement, ne sachant trop ce qu'elle allait y trouver. Lorsqu'on lui avait permis de revenir auprès de Drago, Remus et Minerva lui avait simplement annoncé qu'ils l'estimaient bien innocent, sans entrer davantage dans les détails. Elle n'avait aucune idée de ce qu'il s'était passé durant leur entretien, qui avait duré plus d'une heure du reste. Apparemment, il était parvenu à les convaincre de sa bonne foi. Le soulagement de la Gryffondor se passait de description. Mais elle ignorait encore si le jeune homme avait accueilli cette nouvelle avec la même joie qu'elle. Même si elle avait désormais compris qu'il était prêt à se montrer plus coopératif, cela ne signifiait pas pour autant qu'il souhaitait se ranger à leurs côtés. Il détestait cordialement toutes les personnes qui composaient l'Ordre et sa fierté parfois un peu trop mal placée en prenait probablement un coup.
La jeune fille repoussa doucement la porte derrière elle et s'approcha du lit. Drago était allongé et lui tournait le dos. Sa respiration paraissait si lente et calme qu'elle crut un instant qu'il dormait. Mais dès qu'il entendit ses pas, il se retourna aussitôt vers elle. Elle lui adressa un timide sourire et resta plantée là, ne sachant quoi lui dire exactement.
- Pourquoi tu fais cette tête ? Tu doutais de moi ? lui demanda-t-il avec un rictus en coin dont il avait le secret.
Hermione croisa les bras et leva le menton :
- De ta sincérité ? Non, assura-t-elle. Mais j'avais peur que ton arrogance ne te trahisse.
- Voyez-vous ça ? feint-il de s'étonner en haussant les sourcils.
Il balança ses jambes et se remit debout :
- Tu veux savoir à quel point je suis génial ? A quel point mon charisme les a éblouis ?
La brune fronça les sourcils, mi-amusée, mi-curieuse. Il n'attendit pas plus longtemps pour brandir sous ses yeux une baguette, qui n'était autre que la sienne, celle qu'Andromeda lui avait confisqué la première fois qu'ils s'étaient réfugiés ici. Hermione ouvrit des yeux ronds :
- Ils… Ils te l'ont rendue ?
Drago s'approcha d'elle, visiblement très fier de son effet de surprise :
- Tu penses que je ne le mérite pas ?
- Et bien, je… balbutia-t-elle sous l'effet du choc. Bien sûr que si mais… Je dois reconnaître que je ne m'y attendais pas.
Hermione avait beau savoir que Lupin et McGonagall étaient tous deux pourvus de justesse et de magnanimité, elle n'en demeurait pas moins étourdie par ce soudain revirement de leur part. Entre le fait de croire Drago innocent et celui de remettre son arme entre ses mains, il y avait tout un monde. L'intéressé sembla lire dans ses pensées car il afficha soudain un air plus sérieux et entreprit de se justifier :
- McGonagall pense que c'est mieux comme ça. Puisqu'elle ne me croit pas coupable, elle trouve qu'il est préférable que je sois capable de me défendre, au cas où une nouvelle attaque se produirait.
Hermione poussa un soupir de découragement :
- Apparemment, ils n'ont aucune idée du moyen par lequel les Mangemorts ont réussi ce tour de force. Ça veut dire qu'on ne peut effectivement pas être sûrs que cela ne se reproduira pas.
Drago hocha la tête avec une gravité inhabituelle. La jeune fille ne put s'empêcher de froncer les sourcils à nouveau :
- Tu es sûr que tu ne me caches rien ? lui demanda-t-elle en s'approchant délibérément du visage du blond.
- Qu'est-ce que tu voudrais que je te cache ? lui répondit-il sans ciller d'un millimètre.
Il soutenait son regard avec flegme.
- J'ai du mal à croire que…
Elle détourna les yeux et croisa les bras.
- Qu'on puisse me faire confiance ? sembla-t-il s'offusquer.
- Tu sais très bien que non ! se récria-t-elle. Je suis la première à le faire. Mais c'est juste que…
Elle laissa de nouveau planer un léger silence avant de poursuivre :
- Nymphadora est ici. Enceinte. Et Remus est quelqu'un d'extrêmement méfiant. Et prudent.
- Tu as du mal à croire qu'il rende sa baguette à un Mangemort sous le même toit que sa femme et son futur enfant, résuma le blond d'une voix neutre.
Hermione hocha silencieusement la tête. Elle ne voulait pas blesser Drago mais il aurait été hypocrite de sa part de prétendre qu'elle s'attendait à voir Minerva et surtout Remus lui offrir ainsi le bon dieu sans confession. Elle sentit brusquement les bras du Serpentard enlacer ses épaules.
- Fais-moi confiance, lui murmura-t-il à l'oreille. Je sais me débrouiller, c'est tout.
La Gryffondor comprit alors qu'elle avait vu juste. Mais il lui faisait également comprendre qu'elle ne devait pas poser davantage de questions sur le sujet. Elle ravala difficilement sa curiosité et décida de l'écouter pour l'heure, de peur de gâcher ces bonnes nouvelles. Mais elle se promit intérieurement de revenir à la charge aussitôt que l'occasion se présenterait. Elle ignorait pourquoi mais cela l'inquiétait malgré elle.
- On va pouvoir se mettre au travail ! lança-t-elle alors brusquement d'un ton joyeux.
Elle se retourna vers le blond qui la lâcha d'un air surpris. Elle sortit alors sa propre baguette de sa poche :
- Remus me l'a rendue aussi, expliqua-t-elle en la faisant tournoyer avec délectation entre ses doigts. On va pouvoir s'attaquer au sortilège du Patronus !
La jeune fille n'aurait jamais pensé qu'ils puissent en arriver si vite à honorer cette promesse qu'ils s'étaient faites le matin-même. La perspective de retravailler sa magie, et d'enseigner au passage un sort si important au Serpentard, la faisait trépigner intérieurement d'excitation.
- On commence demain ? proposa-t-elle, un grand sourire éclairant ses traits d'une façon inaccoutumée ces derniers temps.
Cela sembla amuser Drago qui l'observa avec un sourire condescendant et croisa les bras avec nonchalance :
- Prépare-toi à avoir le meilleur élève dans ta classe.
- Ça ne sera pas très difficile en étant le seul, contra la Gryffondor en pointant un doigt moqueur sur la poitrine du jeune homme.
Ce dernier l'agrippa alors sans prévenir et la bascula à la renverse sur le lit. Il resta debout devant elle et la domina de toute sa hauteur.
- Prépare-toi à avoir le meilleur professeur, renchérit-elle sans se laisser intimider.
Il se pencha alors sur elle et la brune n'eut que le temps de voir son visage disparaître avant de sentir ses lèvres douces effleurer le creux de son cou. Une sensation de chaleur indescriptible dévala son corps comme de la lave en fusion.
- N'oublie pas que j'ai aussi des choses à t'apprendre, chuchota-t-il à son oreille. On verra qui de nous deux sera le meilleur prof.
Hermione déglutit avec peine et se demanda ce qu'elle pouvait bien répliquer, avant de réaliser qu'elle avait désormais un moyen infaillible de masquer sa déconvenue. Elle attrapa le visage du Serpentard entre ses mains et l'attira à elle dans un baiser frivole. Drago se laissa faire et approfondit même leur échange, s'appuyant sur ses coudes pour s'allonger franchement sur la jeune fille. Ils restèrent un long moment ainsi, avant que le blond ne décide de rompre l'instant :
- Tu as intérêt à être une aussi bonne élève que tu l'étais à Poudlard, Miss Je Sais Tout.
De nouveau, Hermione se sentit rougir jusqu'à la racine des cheveux. Mais alors qu'elle s'attendait à ce que Drago revienne à la charge, il s'écarta d'elle en basculant sur le côté.
- Il est tard, dit-il en passant une main dans ses cheveux décoiffés, on se couche ?
- Mais on s'est levés tard, fit remarquer la brune en jetant un regard peu emballé vers le haut du lit et les coussins moelleux qui les attendaient.
- En fait, j'aimerais qu'on parle avant. J'ai deux ou trois choses qui me trottent dans la tête et pour lesquelles j'aimerais des réponses.
- Entendu, répondit-elle non sans se sentir intriguée. Laisse-moi me changer d'abord.
Ils se levèrent en même temps et se mirent chacun à l'aise d'un côté du lit, Hermione ôtant ses vêtements pour enfiler son pyjama tandis que Drago se contentait de se dévêtir jusqu'à finir en boxer. Ils se glissèrent entre les draps frais et se firent face. La brune remonta la couverture jusqu'à son menton et se blottit en ramenant ses jambes contre elle.
- Alors, s'enquit-elle, tu voulais parler de quoi ?
Drago remonta un bras sous sa tête pour prendre appui :
- J'ai eu beau y réfléchir en tout sens, je ne vois pas d'autre explication, commença-t-il en prenant un air sérieux. Je ne suis pas si stupide.
- Ça m'aiderait peut-être que tu en viennes au fait.
- Quand Weasley a parlé de cet épisode en deuxième année, des mots durs que j'avais eu te concernant…
Il laissa délibérément planer un silence et Hermione claqua sa langue d'impatience.
- Je lui ai demandé comment il pouvait être au courant. J'ai d'abord cru qu'il avait dû m'entendre au détour d'un couloir. Mais je sais pertinemment que je ne parlais pas de ce genre de choses en dehors de notre salle commune. La Chambre, l'héritier… Je ne voulais pas prendre le risque d'être surpris par un professeur.
Hermione commença à comprendre où il voulait en venir et sentit ses doigts se crisper sur le tissu.
- Et tout d'un coup, continua le blond, ça m'a frappé. Je me suis toujours souvenu d'un jour où Crabbe et Goyle avait agi de manière vraiment très étrange. Ils avaient l'air de ne plus savoir des choses dont je leur avais déjà parlé. Même leurs réponses ne leur ressemblaient pas. Ça n'a pas duré très longtemps et ils sont brusquement partis en courant sans la moindre explication.
La Gryffondor déglutit avec difficulté, tâchant de se composer un visage poliment intéressé. Elle n'était cependant pas sûre de sa crédibilité, d'autant que Drago semblait prendre un malin plaisir à déchiffrer ses réactions avec minutie.
- Quand je les ai retrouvés plus tard, poursuivit-il, ils m'ont assuré n'avoir aucun souvenir de notre conversation. Ils m'ont dit que la seule chose dont ils se rappelaient, c'était d'avoir mangé un gâteau et de s'être réveillés dans un placard à balais.
- C'est étrange, commenta Hermione un peu trop rapidement.
- Comme tu dis, confirma innocemment le Serpentard. Rappelle-moi en quelle année tu as dit avoir préparé du Polynectar à l'école ?
Hermione aurait volontiers nié mais elle commençait à ne plus en voir l'intérêt. Elle s'engouffra sous les draps et lâcha malgré elle un rire étouffé.
- C'est bien ce que je pensais ! s'exclama Drago en agrippant les tissus pour essayer de déloger la brune de sa cachette.
- Je suis désolée ! Il y a prescription !
- Potter et Weasley ! ragea-t-il en tirant de plus belle.
Hermione finit par lâcher prise et se retrouva exposée aux yeux du blond qui secouait la tête d'un air exaspéré. Elle tâcha de reprendre son sérieux pour ne pas froisser davantage sa susceptibilité mais devait bien admettre au fond d'elle que le fait d'avoir été démasquée lui procurait un grand sentiment de satisfaction et de fierté.
- On pensait que tu étais peut-être l'héritier, se justifia-t-elle.
- Ça tombe sous le sens, râla-t-il pour la forme.
- Il fallait qu'on sache, alors j'ai mis au point ce plan.
- Tu es folle à lier, déclara-t-il en enlaçant ses doigts aux siens. J'espère que je ne suis pas la première personne à te le dire.
- En tout cas, ça a fonctionné, répliqua-t-elle en se laissant faire. On savait au moins que ce n'était pas toi.
- C'était Tu-Sais-Qui lui-même.
Hermione tiqua :
- En quelque sorte.
A présent que leur situation avait évoluée et que l'innocence du Serpentard était officiellement reconnue, la jeune fille se demandait de plus en plus si elle pouvait lui révéler certaines choses concernant Voldemort. Mais il ne lui appartenait pas de trahir les secrets de Harry et ce dernier mettait un point d'honneur à tenir tout le monde exclu de l'existence des horcruxes, hormis ses deux meilleurs amis.
- A cause de mon père, soupira soudain le blond en renfonçant sa tête dans son oreiller.
- Je crois qu'il ne savait même pas vraiment ce qu'il faisait, tempéra Hermione avec indulgence.
- Tu as failli mourir, sembla-t-il soudain réaliser.
Son visage s'était durci et la prise qu'il exerçait sur la main d'Hermione s'était sensiblement raffermie.
- J'étais trop maligne pour ça, rétorqua-t-elle avec un sourire.
- Tu as surtout eu beaucoup de chance, comme les autres.
- J'ai simplement ouvert un livre ! s'exclama-t-elle en se redressant à son tour sur un coude. J'ai compris ce qui se cachait dans la Chambre. Je me promenais avec un miroir pour être sûre de ne pas croiser directement son regard. Je m'en servais à chaque recoin.
Drago parut faire un effort considérable pour ne pas avoir l'air trop impressionnée, comme si elle venait de lui expliquer la recette d'une tarte à la citrouille. Cela fit sourire encore davantage la jeune fille.
- Il y a d'autres choses que tu voulais savoir ? lui demanda-t-elle avec douceur.
- Pourquoi tu n'étais pas avec eux ?
- Que veux-tu dire ?
- Tu ne t'es pas transformée comme Potter et Weasley ? Tu m'as pourtant dit que le goût de la potion était horrible.
Hermione leva les yeux au ciel face à la perspicacité entêtée du Serpentard :
- Tu réfléchis trop pour ton bien, marmonna-t-elle en se rallongeant.
- Je crois que de toutes les personnes au monde, tu es la moins bien placée pour me faire cette remarque.
- Je me suis trompée, bredouilla-t-elle dans sa barbe.
- Je n'ai pas bien entendu, ricana Drago.
- Je me suis trompée, répéta-t-elle plus distinctement. J'ai confondu un cheveu avec un poil de chat.
Cette fois-ci, le blond lâcha un rire franc et impitoyable :
- Voyez-vous ça !
- Peu importe, se rengorgea la brune, l'essentiel était qu'on arrive à te berner et nous y avons parfaitement réussi.
- Parce que je n'aurais jamais imaginé que vous puissiez être assez stupides pour faire une chose pareille. Je n'ai jamais entendu parler d'un plan où autant de choses auraient pu mal tourner.
- C'est exactement ce qu'a dit Ron à l'époque.
Drago fronça les sourcils avec mauvaise humeur :
- Tu cherches à m'énerver pour détourner la conversation ?
- Je te signale que ton plan pour s'échapper du Manoir était tout aussi saugrenu !
- On n'avait pas tellement d'autres solutions, rétorqua-t-il.
Elle lui adressa une moue coupable et se pencha en avant pour l'embrasser sur la joue :
- Je te dirais bien que je suis désolée de t'avoir joué ce mauvais tour mais ce serait mentir, gloussa-t-elle. Et puis, tu l'avais bien mérité.
Elle tâcha de masquer l'inquiétude qu'elle avait brusquement ressenti en mentionnant le rouquin. Où se trouvaient Harry et Ron à l'heure qu'il était ? Toujours dans la grotte ? Ou bien avaient-ils trouvé un moyen de se rapprocher de Poudlard ? Rester dans l'ignorance la rendait d'autant plus folle que son sentiment d'inutilité s'amplifiait à chaque seconde. Comme s'il avait lu dans ses pensées, Drago la fixa intensément avant de lui demander :
- C'est quoi, votre plan, exactement ? Je veux dire… Contre Tu-Sais-Qui. Qu'est-ce que vous fabriquez tous les trois depuis tout ce temps ?
- C'est extrêmement compliqué, soupira la jeune fille en levant les yeux au plafond pour fuir son regard inquisiteur. Je t'ai déjà dit qu'il vaut mieux pour toi que tu restes en dehors de ça.
- Je suis tout sauf en dehors de ça, Hermione. Regarde où je me trouve.
- Tout ce que je peux te dire c'est que nous savons certaines choses sur lui qui nous permettrons de le vaincre. Mais personne n'est au courant. Pas même les membres de l'Ordre.
- Je sais que vous êtes des éternels optimistes mais vous pensez franchement pouvoir y arriver ? Vous n'avez même pas terminé vos études. Vous n'êtes que trois. Enfin, plus que deux à présent…
- Je suis sûre que Harry y parviendra, martela-t-elle sans hésiter. Tu n'imagines pas à quel point j'ai confiance en lui. Je ferais tout pour l'aider.
Drago sembla réfléchir un moment avant de murmurer :
- Tu n'as jamais songé à tout arrêter ?
- Arrêter ? répéta-t-elle en le dévisageant soudain d'un air choqué.
- Je ne sais pas… Rejoindre tes parents, te mettre à l'abri…
- Jamais, le coupa-t-elle. Je ne pourrais jamais faire ça.
Pendant un instant, elle eut peur. Peur qu'il ne la comprenne pas. Qu'il la trouve idiote ou inconsciente, comme il en avait si souvent traité les Gryffondors. Peur que cette différence de caractère entre eux ne les empêche de se respecter mutuellement. Mais aussi rapidement que ces questions avaient envahi son esprit comme un brouillard épais, elles disparurent lorsque Drago se rapprocha d'elle pour l'embrasser. Son baiser avait quelque chose de tendre et de rassurant. Il l'attira à lui et la serra dans ses bras. Elle n'en était pas sûre mais elle avait le sentiment que c'était sa manière de lui faire comprendre qu'il ne la jugeait pas. Qu'il ne la jugeait plus. Elle enfouit son visage dans le creux de son cou et soupira, cette-fois de bien-être.
- Je suis sûr qu'ils vont bien, murmura-t-il.
- J'espère, souffla-t-elle.
- Ça va sûrement t'étonner mais, moi aussi, j'ai confiance en Potter.
- J'ai bien entendu ? s'étonna-t-elle en se dégageant.
- Depuis le temps que je l'ai pour ennemi juré, ricana-t-il, je suis bien placé pour savoir que rien ne peut en venir à bout.
Hermione ne savait pas si elle devait rire ou s'insurger :
- Très amusant, commenta-t-elle.
- Je suis irrésistible, confirma-t-il en attrapant le menton de la Gryffondor.
Elle se laissa docilement guider vers les lèvres du blond qui capturèrent les siennes avec autorité. Chaque fois qu'ils se rapprochaient ainsi, elle avait la sensation qu'une créature ronronnait en elle. Mais dès que leurs baisers s'intensifiaient, c'était comme si elle se préparait à bondir et tout emporter sur son passage. Hermione n'avait plus honte de se l'avouer. Elle commençait à avoir hâte de la laisser lui échapper.
