Bonsoir ! Voilà la suite de l'aventure (qui prend une petite pause, bien méritée je pense, auprès des Tonks, et j'en profite pour resserrer encore davantage les liens entre nos deux héros et enfin écrire sur des sujets un peu plus joyeux que d'habitude xD)

J'espère que tout cela vous plaira :)

Enjoy !


Chapitre 41

La pluie crépitait contre les carreaux de la fenêtre de la chambre. Hermione se tenait assise en tailleur sur le lit et observait Drago qui s'apprêtait à essayer pour la toute première fois de lancer le sort du Patronus. Elle venait de passer une bonne demi-heure à lui en expliquer la théorie, avec moult précisions, mais avait bien vite senti que le Serpentard avait déjà hâte de passer à la pratique.

- N'oublie pas, lui dit-elle, ne sois pas déçu si tu n'obtiens rien avant de nombreux essais. C'est très probable, c'est un sort très compliqué à appréhender.

- Je sais, répondit-il en fermant les yeux pour se concentrer.

Il tendit sa baguette devant lui.

- Rappelle-toi bien de tous mes conseils, reprit-elle en se mordant les lèvres. Pas de précipitation. Fais le vide dans ton esprit.

Le blond poussa un soupir avant de lancer un regard courroucé à la Gryffondor :

- Comment veux-tu que je fasse le vide si tu n'arrêtes pas de me parler ?

Hermione rougit et leva les mains en signe d'excuse. Le Serpentard reprit sa position durant une dizaine de secondes puis souffla un grand coup avant de prononcer :

- Spero Patronum.

La jeune fille fixa le bout de la baguette avec espoir mais rien ne se produisit.

- Je crois qu'elle a un peu vibré, lâcha Drago en se raclant la gorge.

Hermione retint un sourire. Elle avait beau l'avoir prévenu, elle se doutait que le Serpentard aurait du mal à assumer un échec.

- On a tous mis beaucoup de temps avant d'avoir un résultat quelconque, tempéra-t-elle avec douceur. Et au début, il ne s'agit que d'une vague fumée informe. Il faut encore plus de temps pour que notre Patronus prenne sa forme animale véritable et devienne un Patronus corporel.

Drago se repositionna et Hermione fit silence.

- Spero Patronum !

De nouveau, seul le bruit de la pluie répondit à cet essai.

- Juste pour vérifier, tâtonna Hermione, tu as bien compris le principe du souvenir ?

- J'ai compris, confirma le blond.

Mais son visage paraissait s'être brutalement fermé. Avant de s'endormir la veille, Hermione avait beaucoup réfléchi à la façon dont elle pourrait aborder cet aspect délicat du sort. Drago avait-il la même façon qu'elle d'envisager un souvenir heureux ? Toute sa jeunesse n'était-elle pas liée à ses parents, au Manoir, et aux Mangemorts d'une certaine façon ?

- Je sais à quoi tu penses, dit-il brusquement en la dévisageant.

Hermione n'osa rien dire mais laissa le blond la rejoindre sur le lit. Il s'assit à ses côtés, les épaules basses :

- J'essaye de penser à ma mère, murmura-t-il. Mais je n'arrive pas à me sentir heureux en le faisant.

La jeune fille prit un moment avant de répondre :

- Je pense que c'est peut-être un peu tôt pour choisir un souvenir dont elle fait partie.

Elle lui prit la main avant de poursuivre :

- Tu as besoin de temps avant de pouvoir songer à elle sans que cela éveille en toi de mauvaises pensées.

- Je ne crois pas qu'il existera un jour où je pourrai le faire sans regret ni colère, souffla-t-il en serrant la main d'Hermione un peu trop fort.

- Bien sûr, je ne veux pas dire que tu oublieras, tempéra-t-elle. Simplement que pour l'instant, il faut que tu choisisses un souvenir plus innocent, plus détaché. Seules des pensées et des intentions pures ont le pouvoir de faire apparaître un Patronus.

- A quoi tu penses, toi ? lui demanda-t-il en plantant son regard cendré dans le sien.

La brune hésita quelques secondes, gênée :

- Tu vas te moquer de moi, se lamenta-t-elle.

- Teste-moi, répliqua-t-il d'un air soudain espiègle.

Elle fit la moue avant de soupirer :

- Je pense à la bibliothèque de Poudlard. Je suis installée à une table avec un livre. Parfois j'imagine que le repas va être bientôt prêt dans la Grande Salle, ou que je vais rejoindre Harry et Ron. Ou encore qu'il fait doux dehors et que j'entends les voix d'autres élèves qui s'amusent à l'extérieur. Ou que je suis en train de réviser une matière qui me passionne.

Elle leva les yeux vers Drago, prête à le voir lui ricaner au nez. Mais il arborait plutôt un air surpris :

- C'est tout ?

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Je veux dire... Ton souvenir est aussi simple que ça ?

Elle le dévisagea longuement.

- Tu es le premier à m'avoir traité de Sang de Bourbe, murmura-t-elle brusquement, sous les yeux décontenancés du Serpentard.

Elle baissa le regard avant de poursuivre :

- Quand j'ai su ce que signifiait cette insulte… J'ai d'abord éprouvé de la honte. C'était violent. Et plus fort que moi. Mais très vite, je me suis dit qu'il ne tenait qu'à moi de prouver que j'avais ma place dans ce monde. J'avais déjà d'excellentes notes et me réfugier dans les livres a toujours été ce que je sais faire de mieux. Je savais que j'avais ça en moi et que j'étais douée, il ne me manquait que la connaissance. Alors, j'ai continué. Parce que pour moi, à partir de ce moment-là, chaque réussite était une preuve de plus que tu avais tort. Et que je valais autant que n'importe quel étudiant de Poudlard, autant que n'importe quel sorcier de Sang Pur.

Un silence pesant s'installa quelques secondes.

- Hermione, je…

- Je sais, le coupa-t-elle en se redressant vers lui avec un triste sourire. Je ne dis pas ça pour remuer de vieilles plaies. Mais juste pour te faire comprendre que ce souvenir, aussi simple soit-il, représente tellement pour moi. Dès que j'entrais dans la bibliothèque, je retrouvais toute mon énergie. Parce que tout ce qui me faisait défaut était là, à portée de main. Quand j'étais assise là-bas avec un livre et que je pensais à toutes les choses que je t'ai dites, je me sentais chez moi. Je me sentais entière. Rien ne pouvait gâcher mon bonheur d'avoir découvert que j'étais une sorcière.

Elle se pencha vers lui et l'embrassa sur la joue :

- J'espère que ça pourra t'aider.

Drago l'observa un long moment, l'esprit tourmenté par un savant mélange de honte et d'admiration. Il n'avait jamais réellement regretté son comportement envers les nés-moldus dont faisait partie la jeune fille, pour la simple et bonne raison qu'il était bien trop tard pour cela. Il avait été éduqué de cette façon et n'avait pas eu grande raison de s'opposer à ces idées qui faisaient de lui un être supérieur. Il l'avait détestée autant qu'elle l'avait détesté elle-même et s'était borné à penser qu'il ne leur restait plus qu'à tirer un trait sur une histoire impossible à changer. Mais à présent qu'ils étaient devenus si proches, qu'il apprenait chaque jour à la connaître un peu plus, il se rendait compte de l'incroyable esprit que toutes ces années de haine sans fondement l'avaient empêché de découvrir. Peut-être que si elle n'avait pas été une Gryffondor et lui un Serpentard, peut-être que si elle n'avait pas été une enfant de Moldus et lui le produit d'une famille de Sang Pur, peut-être que si elle n'avait pas été la meilleure amie de Harry Potter et lui son ennemi depuis leur tout premier jour à l'école.

Peut-être que dans une autre vie, les choses auraient été différentes dès le début.

Il aimait son intelligence et sa fierté. Son côté souvent aussi entêté que le sien. Par certains aspects, elle lui ressemblait bien plus qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer. Mais ce qui le troublait probablement encore davantage était sa compassion. Son indomptabilité. Et son incurable sens de la justice. Face à cela, il avait l'impression de se sentir désemparé, comme un enfant. Sans doute parce qu'il avait grandi toute sa vie auprès de personnes dépourvues de ces qualités.

- Je commence à donner raison à Weasley, grommela le blond en détournant le regard. Qu'est-ce qui te prend de me pardonner pour toutes ces années ?

Hermione pouffa de rire :

- Si j'arrive à faire ressentir de la culpabilité à Drago Malefoy, lança-t-elle avec un sourire malicieux, j'en suis quitte pour tout ça.

Il lui jeta un coup d'œil mi-agacé, mi-penaud, avant de se remettre debout.

- Je crois que j'ai compris l'idée, dit-il en dégainant de nouveau sa baguette.

Il se remit en position et ferma très longuement les yeux. Hermione aurait donné cher pour voir ce qu'il voyait. Car à l'instant où il prononça de nouveau la formule, elle eut l'incommensurable surprise de voir une lueur blanche s'agiter au bout de la baguette. Ce fut très bref et disparut presqu'aussi vite que c'était apparu. Mais elle l'avait vu.

- Tu as réussi ! ne put-elle s'empêcher de s'écrier.

Elle réalisa alors que Drago lui-même ne s'en était pas aperçu, tant il s'était concentré :

- C'est vrai ?

- C'était fugace mais tu as produit quelque chose, confirma-t-elle avec un grand sourire.

Le blond sembla se renfrogner :

- Autant dire que je n'ai rien fait.

- Tu plaisantes ! s'exclama-t-elle. Avoir un résultat quelconque au bout du troisième essai, c'est exceptionnel !

- J'ai peut-être un professeur exceptionnel, admit-il avec un sourire en coin.

La Gryffondor rougit du compliment. Mais alors qu'elle allait l'encourager à continuer sur cette voie, des coups sourds résonnèrent contre la porte de la chambre. Ils se regardèrent avec surprise mais n'eurent pas le temps de répondre avant que la voix grave de Lupin ne s'élève derrière le battant :

- C'est Dora ! s'exclamait-il. C'est pour bientôt !

Puis ils entendirent ses pas précipités s'éloigner et un relatif silence retomba sur eux. Hermione sentit son cœur se mettre à palpiter à folle allure.

- Il veut dire que… hésita le Serpentard.

- Qu'elle va avoir son bébé ! confirma la jeune fille en se levant aussitôt.

Elle se mit debout d'un bond et se jeta vers la porte. Elle lança un regard enjoué derrière elle mais constata que Drago restait planté comme un piquet derrière le lit, d'un air passablement mal à l'aise.

- Tu ne viens pas ?

- Voir ça ? Tu plaisantes, j'espère !

Elle leva les yeux au ciel :

- Bien sûr que non, mais attendre avec nous !

Le blond lui renvoya un regard désolé :

- Je préfère rester là. Je ne suis pas très sûr d'avoir ma place dans un moment pareil…

- Qu'est-ce que tu racontes ? lui répliqua-t-elle en tentant de lui prendre la main pour l'entraîner avec elle.

- Hermione… marmonna-t-il. C'est peut-être ma famille mais… J'ai encore du mal à les considérer comme tel. Et je suis sûr que c'est réciproque. Je n'ai rien à faire là-haut.

La jeune fille le dévisagea d'un air blessé. Mais elle prit le temps de se mettre à sa place et réalisa qu'il avait sûrement raison. Des progrès avaient été faits des deux côtés, sans nul doute, mais elle ne pouvait pas lui en demander davantage pour le moment. Remus et Tonks méritaient de vivre ce moment dans l'intimité, entourés de leurs proches.

- Je vais juste voir si tout va bien, lui sourit-elle. Et je reviens attendre ici. Je ne pourrai pas faire grand-chose de plus pour elle de toute façon.

Drago lui vola un baiser avant qu'elle ne s'éclipse.

La jeune fille sortit dans le salon et dévora les marches qui menaient à l'étage. Sur le palier, elle tomba aussitôt sur Andromeda qui sortait tout juste de la salle-de-bain, les bras chargés de serviettes propres et d'une bassine d'eau.

- Est-ce que tout va bien ? s'enquit Hermione.

- Le travail a commencé mais ce n'est que le début, lui répondit-elle en s'approchant de la porte de la chambre de sa fille.

La Gryffondor se précipita pour la lui ouvrir. A l'intérieur, elle entrevit Tonks qui fermait les yeux et semblait respirer fort pour contenir sa douleur. Andromeda déposa le tout sur une commode et se rendit au chevet de la future mère. Hermione resta dans l'encadrement de la porte.

- Où est Remus ? ne put-elle s'empêcher de demander, constatant avec surprise qu'il n'était nulle part en vue.

- Il est parti chercher un médicomage, répondit Andromeda, sans quitter sa fille des yeux.

- Vraiment ? Mais…

- Ne t'inquiète pas, nous le connaissons. Il est de notre côté.

Hermione hocha la tête.

- Tu peux entrer, marmonna Tonks en ouvrant brièvement les yeux dans sa direction. Je ne mords pas. Du moins, pas encore…

Hermione pouffa de rire et s'aventura à l'intérieur de la pièce, dans laquelle elle s'assit sur une chaise qui se trouvait dans un coin. Les vingt minutes qui suivirent passèrent à tout allure, Andromeda et Hermione essayant d'entretenir au mieux la conversation pour distraire Tonks.

Enfin, toutes trois entendirent du bruit dans les escaliers et Remus ne tarda pas à apparaître, suivi de près par un jeune homme, de stature moyenne, aux grands yeux bleus et aux cheveux châtain parsemés d'épis en tous sens. Il salua à la ronde, s'approcha de Tonks et lui prit aussitôt le pouls.

- De combien sont espacées les contractions ? demanda-t-il d'une voix claire et assurée.

Hermione fronça les sourcils. Il parlait parfaitement anglais, mais elle n'avait pu s'empêcher de noter une pointe d'accent français dans sa voix.

- Environ douze minutes, répondit Andromeda qui n'avait cessé de consulter sa montre.

- Parfait, tout se passe normalement.

Alors que la Gryffondor choisit ce moment pour se lever et se diriger discrètement vers la porte, Remus la retint d'une main sur l'épaule :

- Excuse-moi, Hermione, je ne t'ai pas présentée.

Il se tourna vers le jeune homme :

- Voici Augustin Delacour. Augustin, je te présente Hermione Granger.

Ce dernier sourit avec chaleur et tendit la main à la jeune fille :

- J'ai beaucoup entendu parler de toi, Ermione.

- Enchantée, dit-elle. J'ai bien entendu Delacour ?

- C'est le cousin de Fleur, expliqua alors Lupin. Il vient tout juste de finir ses études de médicomage en France. Mais il loge actuellement à la Chaumière. Pour nous aider.

- C'est… Vraiment très gentil de votre part, dit-elle en lâchant sa main.

- Les amis de Fleur sont mes amis, assura-t-il sans se départir de son sourire éclatant.

Hermione n'eut plus aucun doute, lui aussi avait du sang de Vélane. Il émanait de lui une aura extrêmement plaisante et rassurante qui l'attirait presque comme un aimant.

- Et bien… balbutia-t-elle. Je vais vous laisser. Bon courage, Tonks.

- Merci, Hermione. Et dis à mon idiot de cousin que…

Mais elle n'eut pas le temps de finir sa phrase car son visage se crispa brusquement sous l'effet d'une nouvelle contraction. Augustin, Andromeda et Remus s'affairèrent brusquement autour d'elle et la jeune fille ne s'attarda pas davantage.


Plusieurs heures s'étaient écoulées depuis qu'Hermione avait rejoint Drago. Ils avaient décidé de profiter du calme du rez-de-chaussée pour continuer leur leçon dans le salon afin de se sentir un peu moins à l'étroit. Remus avait sans doute insonorisé la chambre à l'étage car ils n'entendirent pas le moindre bruit. La brune espérait que tout se passait pour le mieux, mais la présence d'Augustin auprès d'eux la rassurait considérablement.

Ce fut au crépuscule que des bruits de pas résonnèrent enfin au-dessus de leur tête. Hermione se leva aussitôt pour attendre au bas des marches son ancien professeur qui descendait vers eux. Il paraissait épuisé mais un grand sourire éclairait son visage d'une manière que la jeune fille ne lui avait jamais vue auparavant.

- C'est un garçon, annonça-t-il, le cœur visiblement gonflé de fierté et d'émotion.

Hermione lui adressa un sourire ému aux larmes :

- Félicitations ! Vous serez de merveilleux parents !

Arrivé au bas des marches, il la serra dans ses bras. Hermione, d'abord surprise et gênée, finit par lui rendre son étreinte avec chaleur.

- Je vous le présenterai en bonne et due forme demain, annonça-t-il en s'écartant.

Puis il sembla hésiter avant d'ajouter :

- J'ai beaucoup réfléchi et… Tu crois que Harry accepterait d'être son parrain ?

Hermione ouvrit de grands yeux ronds :

- Oh Remus ! Il sera honoré, j'en suis sûre !

Ce dernier parut soulagé de cette réponse.

- J'y retourne, dit-il. Tonks va bien mais elle s'est déjà endormie avec lui. Nous allons faire une célébration traditionnelle !

Puis il remonta les marches quatre à quatre.

- Une célébration traditionnelle ? s'enquit-elle auprès de Drago. Je n'ai jamais entendu parler de ça.

- Ça ne se fait plus tellement, confirma le blond en haussant les épaules. Il s'agit simplement de réunir les proches autour d'un grand repas. Je crois que tout le monde doit s'habiller en violet ou quelque chose comme ça. Une couleur fétiche des sorciers, chargée de symbole. Et chaque convive doit émettre un vœu pour le nouveau-né.

Hermione pouffa de rire :

- C'est donc de là que viendrait le fameux conte ?

- Quel conte ?

Elle balaya ses paroles d'un geste de la main :

- Un conte pour enfants moldus, où trois fées prononcent des vœux au-dessus du berceau d'une princesse qui vient de naître.

Drago grogna :

- Ces moldus… Aucune imagination.

Hermione lui décocha un regard de reproche mais constata qu'il lui adressait déjà un sourire moqueur.

- On retourne dans la chambre ? proposa-t-il.

Elle acquiesça de bonne grâce et le suivit.

Environ une heure plus tard, Hermione eut la surprise de voir Andromeda venir la chercher. Son visage était rouge de fatigue et de plaisir. La Gryffondor ressentir une bouffée d'affection, à l'encontre de toute cette famille qui l'avait protégée et accueillie sous son toit en dépit des épreuves, et qui vivait enfin les moments de bonheur qu'elle méritait tant.

Les deux sorcières se rendirent à l'étage et traversèrent le palier sur la pointe des pieds, afin de n'éveiller ni la mère ni l'enfant. Andromeda conduisit Hermione dans sa chambre et cette dernière eut la surprise d'y trouver, étalée en travers du lit, une longue robe de style moldu, son tissu crêpe froissé d'un vieux rose élégant et son col bateau.

- Je tiens à ce que tu la portes pour le dîner, déclara Andromeda. La tradition voudrait que nous soyons tous vêtus de violet mais nous n'avons pas les moyens d'en procurer à tout le monde. J'ai pensé que cette robe te ferait néanmoins plaisir et pourrait donner le change.

Hermione demeura bouche bée.

- Je l'avais offerte à Dora, ajouta Andromeda avec un soupir. Mais tu la connais, elle n'a jamais voulu la porter.

- Je suis touchée, balbutia Hermione. Vous êtes sûre ?

- Je vais t'aider à l'enfiler.

La jeune fille constata que son hôte prenait un grand plaisir à l'aider à se préparer et n'osa donc pas protester. Une fois la robe ajustée, elle la fit s'assoir sur un petit tabouret devant sa coiffeuse. Elle lui brossa alors soigneusement les cheveux et les ramena en un chignon bas dont s'échappaient savamment des boucles éparses. Puis elle lui demanda l'autorisation de la maquiller très légèrement et lorsque Hermione finit par se contempler dans le miroir, elle se trouva parfaitement méconnaissable.

Elle se souvint du mariage de Bill et Fleur comme de la dernière occasion qu'elle avait eu de sentir jolie et apprêtée. Elle ressentit une pointe de culpabilité en songeant à Harry et Ron mais réalisa à quel point elle se sentait aux anges de pouvoir vivre à nouveau un tel événement.

- J'ai hâte de voir la tête de mon neveu, murmura Andromeda en adressant un œil malicieux à Hermione dans le miroir.

Cette dernière déglutit avec difficulté, ne sachant que répondre.

- Tu sais, Hermione, j'ai moi aussi grandi dans une famille de Sang Pur aux idées pour le moins extrêmes...

La Gryffondor acquiesça d'un hochement de tête.

- Je dois l'admettre aujourd'hui, je ne sais pas si j'aurais eu le courage de les fuir, sans Ted.

Elle posa les yeux sur un petit cadre en argent posé sur la coiffeuse, où son mari lui souriait.

- Je suis heureuse que tu sois là pour Drago, finit-elle simplement par dire.

Hermione n'eut pas le temps de réagir car Andromeda se détourna aussitôt et se dirigea vers la porte :

- Je vais voir si tout va bien.

La jeune fille se retrouva brusquement seule dans la chambre, face à son reflet empourpré.