Bonjour à tous ! Juste un petit message pour vous dire que je pense à vous tous en ces temps particuliers... J'espère que tout va aussi bien que possible pour vous. Restez en sécurité et surtout prenez bien soin de vous et de vos proches :)
Je vous souhaite une bonne lecture pour ce nouveau chapitre ! Je suis un peu nerveuse à l'idée de le poster mais j'attends vos retours avec impatience :)
Enjoy !
Chapitre 43
Hermione sentit la présence de Drago qui s'approcha derrière elle et son estomac se noua. D'un geste très doux, il passa les bras autour de sa taille et serra la jeune fille contre lui. Un frisson délicieux vint caresser son dos tandis qu'elle sentait sa bouche déposer des baisers délicats dans son cou et sur ses épaules, le long de l'échancrure de sa robe. Il lui mordilla l'oreille et la brune pencha naturellement la tête sur le côté, offrant sa peau aux caresses du blond. Cela lui paraissait si différent à présent qu'elle se sentait prête.
Au bout de quelques secondes, Drago la lâcha et, avant qu'elle n'ait eu le temps de reprendre sa respiration, elle sentit ses mains descendre lentement la fermeture éclair qui courait le long de son dos. La robe glissa peu à peu vers le sol dans un faible bruissement. Hermione se sentit saisie par un mélange de froid et d'excitation. Son cœur tambourinait à présent contre sa cage thoracique, tel un guerrier sauvage annonçant une bataille. Pour la première fois de sa vie, il lui restait peu de pensées cohérentes en tête. Elle aurait voulu se mouvoir, avoir une réaction quelconque, mais elle demeurait debout et immobile, caressée par les ombres et les mains du Serpentard qui exploraient à présent son corps découvert. Elle dut rassembler son peu d'assurance pour finalement se retourner lentement vers lui et tâtonner sa chemise pour en défaire un à un les boutons. Le blond se laissa faire patiemment. Il la fixait sans ciller, observant ses gestes, ce qui eut le don d'empourprer son visage. A mesure qu'elle le déshabillait, la jeune fille réalisait encore à quel point Drago se montrait sous un jour différent. Elle ne l'avait jamais connu si peu loquace et si grave. Il avait pris les choses en main sans l'ombre d'une hésitation et paraissait soudain très grand à ses yeux. Pour la première fois, elle entrevoyait en lui un homme. Sûr de lui, doué et attentionné lorsqu'il le décidait. Elle se sentit si intimidée que ses mains se mirent à trembler légèrement tandis qu'elle défaisait le dernier bouton.
Elle sentit alors ses lèvres happer les siennes et ses bras l'encercler avec fermeté. Elle fit doucement serpenter ses mains autour de son cou et se dressa sur la pointe des pieds pour l'embrasser plus profondément. La tiédeur de leurs torses se mêla et rien ne lui parut plus délicieux que la langue chaude du blond, jouant sensuellement avec la sienne.
S'était-elle déjà demandé dans les bras de combien de filles il s'était perdu avant elle ? La pensée l'avait évidemment effleurée à de nombreuses reprises et parfois même angoissée. Mais à présent qu'elle s'apprêtait à partager cela avec lui, elle n'arrivait plus à y accorder la moindre importance. Ce soir-là, elle était la seule. Elle se sentait isolée avec lui, comme deux naufragés sur un radeau éphémère, qui menaçait d'être englouti à tout instant. Ils venaient à peine de retrouver un toit qu'elle songeait déjà à le quitter pour repartir affronter des dangers plus grands et inconnus. Alors rien d'autre ne comptait, rien d'autre n'avait de sens à ses yeux.
Lorsqu'ils se séparèrent, hors d'haleine, Drago la fit reculer et la força délicatement à s'assoir sur le lit. Elle put distinguer sa silhouette se défaire de ses propres vêtements, puis s'accroupir devant elle et l'aider à ôter ses chaussures. Elle avait l'impression que son souffle devenait court et ses yeux s'humidifiaient sous la vague d'émotion et de fièvre qui l'envahissait.
- J'ai envie de te voir, murmura soudain Drago, la voix plus grave qu'à l'habitude.
Hermione se crispa tout d'abord sous la gêne et l'appréhension. Mais elle réalisa qu'elle mourrait également d'envie de mieux le distinguer, de pouvoir même croiser son regard qu'elle sentait rassurant. Elle en avait assez d'avancer à l'aveugle sur ce fil mal tendu. Elle voulait vaciller. Elle voulait tomber dans le vide car elle savait qu'il serait là pour la rattraper. Elle se pencha pour saisir sa baguette posée sur la table de nuit :
- Lumos, prononça-t-elle.
Le bout de la baguette s'illumina, éclaboussant la pièce d'une lueur bleutée et diffuse. Le regard perçant de Drago était posé sur elle, son visage arborait une expression de convoitise déterminée. Il parcourut son corps des yeux, s'attardant sur ses sous-vêtements. D'un geste précautionneux, il ôta une par une les attaches de son chignon et libéra ses cheveux bouclés de leur étreinte. Il se pencha alors sur elle et la fit basculer entièrement sur le lit, dévorant sa peau avec empressement.
- Laisse-toi faire, lui murmura-t-il à l'oreille.
Des décharges électriques semblèrent traverser le corps d'Hermione. Elle avait l'impression que tout son être était à fleur de peau, avide et sensible au moindre mouvement. Sans la quitter des yeux, Drago glissa les mains dans le dos de la brune et dégrafa son soutien-gorge. Elle sentit les bretelles caresser ses bras sur toute leur longueur et elle ferma les yeux. La bouche du Serpentard arpenta les courbes de sa poitrine et lui fit subir un lent mais délicieux supplice. Elle dut se pincer les lèvres pour s'empêcher de gémir.
Il descendit peu à peu le long de son ventre et sa langue joua un instant avec son nombril. Puis il s'arrêta soudain et, au bout de quelques longues secondes, la jeune fille rouvrit les yeux avec inquiétude. Elle se rendit compte que Drago fixait intensément les légères cicatrices blanches qui zébraient ses cuisses. Celles qu'il n'était parvenu à faire complètement disparaître suites aux tortures de Bellatrix. Hermione se redressa :
- Je t'interdis de repenser à ça maintenant, dit-elle fermement.
Comme il ne réagissait pas, elle ajouta :
- J'espère juste… balbutia-t-elle. Que ça ne te repousse pas.
Il leva enfin les yeux vers elle et elle fut choquée de voir combien la douleur transparaissait dans son regard.
- Si je pouvais tout effacer… commença-t-il.
Elle savait qu'il ne parlait pas uniquement des marques mais bien de ces instants atroces qu'elle avait vécu.
- Si tu veux tout effacer, souffla-t-elle, tu peux le faire maintenant.
Elle l'attira à elle et l'emprisonna dans un baiser enfiévré. D'abord surpris, le blond ne tarda pas à lui rendre son étreinte avec la même ardeur, doublée d'une sensible colère. Cette colère qu'Hermione ne connaissait maintenant que trop bien. Celle qu'il dirigeait sans cesse contre lui-même lorsqu'il se sentait impuissant ou pris en défaut.
Il l'embrassa en la serrant si fort qu'elle comprit à quel point il souhaitait lui faire tout oublier. De nouveau, sa bouche trouva un chemin tout tracé qui dégringolait du visage d'Hermione jusqu'à son bas-ventre. Ses baisers n'avaient à présent plus rien de tendres. Ils étaient passionnels et fatals.
D'un mouvement infiniment doux et précis, il ôta la dernière étoffe de tissu faisant encore barrière. Ce n'était pas la première fois qu'Hermione se retrouvait entièrement nue en sa présence, mais c'était la première fois qu'elle pouvait en prendre pleinement conscience. Elle n'eut cependant pas le temps de s'attarder davantage sur cette pensée. Ce qu'elle ressentît lorsque la langue de Drago rencontra sa chair n'aurait su être exprimé en simples mots. Rien n'avait jamais préparé son corps à être ainsi irradié de plaisir. Elle se cambra et ses doigts trouvèrent prise parmi le fouillis des draps encore défaits du matin.
Le temps sembla se mettre en suspens, ou bien au contraire accélérer follement sa course. Lorsqu'Hermione vit le visage de Drago réapparaitre devant elle, elle sentit son corps chaud et fort qui s'était insinué entre ses cuisses. Elle avait la gorge nouée et tremblait d'appréhension. Le jeune homme l'embrassa sur la joue, puis sur les lèvres, avant de lui faire un sourire réconfortant. Elle le lui rendit et sentit fondre ses dernières réticences alors que les doigts de Drago s'entremêlaient aux siens.
La brune s'était préparée à ressentir de nombreuses choses. Mais jamais elle n'aurait pu soupçonner un instant qu'elle serait victime d'une telle explosion de bonheur. Malgré la douleur ténue, au-delà de toute sensation charnelle, elle sentit son amour pour Drago vibrer d'une ardeur nouvelle et irrésistible. Si elle avait encore pu avoir le moindre doute sur ses sentiments, il aurait été balayé au loin comme grain de poussière.
- Ça va ? lui glissa-t-il à l'oreille.
- Oui, répondit-elle timidement, sa voix déformée par un gémissement qui trahissait cruellement son état.
Dans la lueur froide de la baguette, elle entrevit le blond esquisser un sourire, à la fois de tendresse et de satisfaction, paradoxal mélange dont lui seul, pensa-t-elle, aurait pu avoir le secret. Elle se mordit les lèvres et serra plus fort les mains de Drago dans les siennes.
Ce dernier faisait tout son possible pour se contenir, tâchant d'imprimer de la lenteur et de la délicatesse dans ses mouvements, chose qu'il avait bien du mal à faire, tant il avait désiré ce moment. Il avait tellement rêvé du creux des jambes de la Gryffondor, de ses cheveux emmêlés et de son souffle moite qu'il en avait parfois perdu le sommeil. Comme lors de leur nuit écourtée au quartier général, il se rendait compte à quel point il mourait d'envie de la voir ainsi sans défense, de la posséder toute entière et d'être maître absolu de son plaisir. Mais alors qu'il dévisageait les joues roses et les lèvres entrouvertes d'Hermione, il se sentit également frappé par son besoin de la protéger. Il voulait être le seul pour elle, le seul permis de la voir ainsi, abandonnée entre ses bras.
- Drago !
Le cri étouffé de la jeune fille enhardit le blond qui se perdit dans l'abime de son propre plaisir.
Drago attrapa une mèche de cheveux humide de sueur et la ramena derrière l'oreille de la brune. Cette dernière était enlacée contre lui, la tête nichée dans le creux de son épaule.
- Tu devrais porter ce genre de robe plus souvent, s'amusa-t-il en faisant glisser son pouce le long de son dos.
Hermione eut un sourire coupable :
- L'idée ne me déplait pas, avoua-t-elle.
Le blond ricana, sa tête agréablement enfoncée dans son oreiller.
- Ça m'a rappelé le bal de Noël, quand tu as débarqué au bras de Krum.
- Qu'est-ce que tu en avais pensé ? ne put s'empêcher de lui demander la brune avec une avide curiosité.
- J'étais estomaqué, confessa-t-il, une moue perplexe sur les lèvres. Je n'en revenais pas de te voir avec lui et que tu sois aussi…
Hermione se redressa vivement sur un coude :
- Je me demande comment je suis censée le prendre.
Drago leva les mains en signe d'innocence :
- Je ne pensais pas que tu faisais partie de ses groupies !
Hermione se renfrogna :
- Ce n'était pas le cas, contra-t-elle. Bien au contraire.
- Alors pourquoi être allée au bal avec lui ?
La Gryffondor prit quelques secondes avant de répondre :
- J'admets que j'étais un peu étonnée moi-même qu'il puisse me remarquer, loin derrière toutes ces filles qui lui tournaient autour. Ça m'a flattée. Et puis, il était très gentil, sous ses airs sauvages.
- Il te plaisait ?
Hermione jeta un coup d'œil à Drago et sourit en remarquant son air faussement distant.
- C'était un merveilleux correspondant ! se contenta-t-elle de répondre avec entrain.
Le blond se redressa à son tour sur les coudes :
- Il s'est passé quelque chose avec lui ?
Hermione éclata de rire :
- C'est le fan de Quidditch qui demande ?
- Tu ne réponds pas à ma question, lui fit-il remarquer sans se départir de son calme.
- Je vais laisser planer le doute dans ton esprit, murmura-t-elle malicieusement à son oreille.
Le Serpentard lui attrapa le menton et l'embrassa langoureusement par surprise. La jeune fille se sentit fondre sous la chaleur émise par le baiser de Drago et gémit de satisfaction.
- Si c'est le cas, pérora-t-il après l'avoir lâchée, il ne fera jamais le poids face à moi.
Hermione rougit et lui donna une tape de fausse réprimande sur le bras.
- Surtout après ce soir, ajouta-t-il en passant nonchalamment les mains derrière sa nuque.
- Tu es impossible, marmonna-t-elle en enfouissant la rougeur de ses joues dans son propre oreiller.
Drago étouffa un long bâillement :
- On éteint ? proposa-t-il, les yeux mi-clos.
La brune hésita quelques secondes :
- Avant qu'on dorme, j'aimerais te parler de quelque chose.
Il se tourna lentement vers elle, la curiosité l'emportant momentanément sur la fatigue. Il se cala confortablement et attendit visiblement qu'Hermione poursuive sur sa lancée. Cette dernière déglutit difficilement.
- Je ne compte pas m'attarder ici, commença-t-elle d'une petite voix.
Le Serpentard fronça les sourcils :
- J'ai peur de comprendre…
- Je dois… balbutia-t-elle, incertaine sur la manière d'aborder ce qu'elle souhaitait lui dire. Je dois partir à la recherche de quelque chose.
Voyant que Drago arborait un air de plus en plus confus, elle ajouta :
- Pour aider Harry.
- Qu'est-ce que…
- J'ai bien réfléchi et je ne peux pas me contenter de rester ici les bras ballants, pendant qu'il prend tous les risques. Je lui ai promis de l'aider et…
- Et tu ne lui dois plus rien maintenant qu'il t'a laissé derrière, martela le blond, le regard durci.
- C'est ma faute si les choses ont fini de cette façon, catégorisa-t-elle. Il a toujours besoin de moi. Il a besoin de toute l'aide possible.
Drago gesticula maladroitement dans le lit et prit de nouveau appui sur ses coudes, toisant Hermione autant qu'il en était capable.
- Et tu comptes aller où exactement ?
Hermione grimaça, mal à l'aise :
- Je ne sais pas encore.
Le jeune homme éclata d'un rire sans joie :
- Tu veux dire qu'on vient à peine de se mettre en semi-sécurité et tu m'annonces de but-en-blanc que tu comptes t'en aller, partir vagabonder je ne-sais-où pour chercher je ne-sais-quoi ?
- C'est à peu près ça, osa-t-elle acquiescer.
- Et puis-je avoir l'honneur de te demander ce que tu comptes faire de moi dans tout ça ?
- Et bien… Je ne veux pas te mettre en danger. Surtout que je ne peux pas être entièrement honnête avec toi sur les raisons qui me poussent à partir. Je ne pourrai pas t'expliquer ce que je cherche, ni quoi en faire, ni…
Drago fulminait. Quelque chose en lui, probablement son amour-propre, remuait comme un animal furieux et blessé. Il venait tout juste de la faire sienne, de la voir s'embraser sous ses doigts, de la sentir gémir sous ses lèvres. Comment pouvait-elle déjà songer à partir, sans même lui demander son avis ? N'importe quelle autre fille se serait pâmée pour lui et pour rester à ses côtés.
Mais la flammèche qui menaçait la poudre se consuma avant même de l'atteindre. C'était exactement pour cela qu'il avait envie de la garder auprès de lui. Parce qu'elle était indomptable et impétueuse, guidée par son seul sens du sacrifice. Il avait parfois la sensation qu'elle risquait de lui filer comme de la fumée entre les doigts. Et cette pensée, bien qu'elle le terrifiât parfois, ne la rendait que plus précieuse à ses yeux.
- Je viens avec toi, la coupa-t-il dans son maladroit monologue.
Elle leva vers lui un regard à la fois débordant de surprise et de soulagement.
- Ce sera dangereux, rappela-t-elle cependant, le regard assombri.
- Raison de plus pour ne pas te laisser partir seule.
Elle lui sourit faiblement et redressa son oreiller afin de s'assoir.
- Dans ce cas, j'ai quelque chose d'autre à te demander.
Drago poussa un soupir et imita la jeune fille.
- Est-ce que je dois encore m'attendre à quelque chose qui ne va pas me plaire ? s'enquit-il, les sourcils levés.
Hermione grimaça légèrement avant de poursuivre :
- J'aurais besoin de savoir si tu connaîtrais…
Elle se contorsionna pour modifier sa position dans le lit et choisit une différente approche :
- Si Bellatrix devait conserver quelque chose de très précieux pour elle… murmura-t-elle comme si le simple fait d'aborder le sujet des horcruxes risquait d'attirer à eux des espions. Quelque chose qu'elle doit à tout prix cacher et protéger. Où le mettrait-elle ?
Drago la dévisagea d'un air interdit :
- J'imagine que c'est là que tu voudras aller, supposa-t-il, une menace de désaccord planant dans le ton de sa voix.
La Gryffondor haussa les épaules avec innocence :
- Avant d'envisager quoique ce soit de concret, dis-moi déjà si tu aurais une idée.
Drago ferma les yeux pour réfléchir. Hermione l'observa avec anxiété, inquiète qu'il n'ait pas l'honnêteté de lui dire à quoi il pensait réellement pour l'empêcher de s'y rendre.
- C'est vraiment très important, appuya-t-elle, le cœur gonflé par l'émotion.
Elle songea aux horcruxes qu'ils avaient déjà détruits. Au sentiment de satisfaction qu'elle ressentait en pensant que chacun d'eux avait affaibli le Seigneur des Ténèbres, les rapprochant un peu plus d'une chance de le défaire. Harry et Ron étaient tous deux en train de risquer leurs vies pour amincir encore davantage l'immortalité de celui qui pouvait tout détruire.
- Oui, j'ai bien une idée, répondit Drago, la tirant de ses errances. Son coffre à Gringotts.
Hermione sentit son sang se glacer dans ses veines et tous ses espoirs s'écrouler comme du charbon rongé par une braise. La banque de Gringotts. C'était, sans doute possible, l'un des lieux les plus impénétrables qui pouvaient exister dans le monde sorcier. A la place de Bellatrix, c'est certainement là qu'elle aurait également mis à l'abris la coupe de Poufsouffle, en supposant que Regulus avait raison de penser que c'était bien cet objet que Voldemort avait confié aux Lestrange.
- Ne me dis pas que tu comptes essayer de commettre un vol à Gringotts ? s'empressa d'ajouter le Serpentard en fronçant les sourcils. Tu n'y arriveras jamais, même avec mon aide.
Hermione se torturait déjà l'esprit et décida qu'elle ne cesserait plus de le faire avant d'avoir un plan. Mais elle devait bien admettre que cela semblait relever de la mission impossible. Ils n'avaient aucune aide intérieure, ni aucun moyen de simplement fouler le sol du hall de la banque sans risquer le pire. Les Gobelins n'étaient du reste pas les créatures les plus empathiques qui existaient. Jamais elle ne pourrait obtenir leur concours. Ils risquaient au contraire de la capturer si par malheur ils saisissaient la valeur qu'elle pouvait avoir.
- Ou bien… marmonna soudain le blond en se frottant le menton d'un air pensif.
Hermione le regarda avec surprise :
- Tu penses à autre chose ?
- Oui, acquiesça-t-il, au mausolée des Lestrange.
La jeune fille ne sut comment réagir. Elle ne s'attendait pas à une telle suggestion.
- Tu veux dire… balbutia-t-elle. Un tombeau ?
Drago hocha la tête :
- Celui de la famille des Lestrange.
- Qu'est-ce qui te fait penser qu'elle pourrait utiliser cet endroit ?
- Parce que je crois savoir que ce lieu a de l'importance. Ma mère m'en avait parlé, même si j'ai oublié la majeure partie de ce qu'elle a pu m'en raconter. C'est un lieu protégé et sacré où on ne se rend pas sans raison. Personne ne s'aventurerait à fouiller les caveaux d'une famille de Sang Purs. Et puis, c'est loin d'ici.
- Loin ? s'étonna Hermione. Où se trouve-t-il ?
- A Paris.
- A Paris ? sursauta-t-elle.
- Les Lestrange sont d'origine française, confirma-t-il.
De nouveau, le cerveau d'Hermione se mit en branle comme une machine à vapeur. Cela paraissait également être un lieu de cachette plausible. Elle n'aurait pas été étonnée que Bellatrix choisisse un endroit plus reculé pour mettre la coupe en sûreté. Et cette fois, toutes sortes d'idées commençaient à s'échafauder dans l'esprit de la jeune fille.
Lors du dîner, elle avait cru comprendre qu'Augustin, le cousin de Fleur, ne tarderait pas à rentrer en France. Ils pourraient peut-être se rendre à la Chaumière et lui demander son aide. Elle ignorait par quel moyen il comptait rentrer chez lui mais cela n'avait pas d'importance dans l'immédiat. Le fait de ne pas savoir si cette piste était plus valable que celle de Gringotts la torturait malgré elle, mais elle préférait se montrer pragmatique et commencer par suivre celle qui ne lui donnait pas la sensation de se retrouver face à un mur littéralement imprenable.
Drago claqua brusquement des doigts devant son visage :
- Arrête de t'évader dans ta propre tête, grommela-t-il en lui saisissant de nouveau le menton.
Elle lui fit un sourire coupable et se pencha pour l'embrasser :
- Merci pour ton aide.
Il haussa les sourcils :
- Comment veux-tu qu'on aille en France ? Je ne vois pas…
- Augustin va nous y emmener, le coupa-t-elle, victorieuse.
Le Serpentard ouvrit de grands yeux ronds :
- Tu veux que ce… Bellâtre français nous prenne dans ses valises ? C'est hors de question !
- Si tu veux me suivre, tu n'auras pas le choix, sourit-elle de plus belle en plaquant un nouveau baiser sur le coin de sa bouche.
- Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, il t'a dévoré du regard pendant tout le repas ! C'est une espèce d'imbécile qui se croit irrésistible sous prétexte qu'il a du sang de Vélane !
Hermione sauta sur l'occasion :
- Raison de plus pour ne pas me laisser seule avec lui, minauda-t-elle.
Sans attendre la réponse du blond, elle se rallongea de tout son long et lui tourna le dos.
- Nox, prononça-t-elle en attrapant sa baguette.
La lumière crue s'éteignit, les plongeant tous deux dans une obscurité totale. Hermione ne pouvait s'empêcher de rire sous cape, jusqu'à ce qu'elle sente la main de Drago frôler sa jambe et remonter jusqu'à sa hanche. Des lèvres douces et un souffle chaud s'insinuèrent dans le creux de son cou.
- Drago… se peignit-elle d'une voix peu assurée.
- Tu m'as cherché, répliqua-t-il entre deux baisers.
Hermione abandonna aussitôt toute lutte et se perdit dans l'ardente étreinte du Serpentard.
