Bonsoir à tous! Je suis heureuse de vous retrouver vous, et vos reviews qui m'avait tant manqué. Comme toujours, je m'excuse pour les immondes fautes d'orthographes qui se cachent dans mes récits. J'espère que ce début vous plait. À très vite pour un nouveau chapitre. Toute ma tendresse, Lou De Peyrac.

Chapitre 2:

Les deux loups courraient à toute allure à travers les arbres et les rayons de lumière qui transperçaient la forêt. Leur esprit était libre, et leurs mouvements dansaient au rythme du vent. En cette belle journée, intérieurement, ils riaient, cherchant à être toujours plus rapide que l'autre. La course était folle, tout comme leurs coeurs, qui battaient à l'unisson, s'accordant dans une grâce éternelle. Leurs yeux brillaient, ressemblant aux étoiles dans un ciel noir. Leur souffle était court, mais ils aimaient ça, désirant foncer là où ils ne savaient même pas.

Le loup gris avait de l'avance sur le blanc, dont les poils semblaient briller sous l'étincelle chaude du soleil. La forêt s'effaça sous leur pas, laissant apparaître une haute falaise qui surplombait un immense lac ressemblant à un lagon.

Le loup gris fronça les yeux en remarquant le vide s'approcher de lui, et s'arrêta in-extrémiste, faisant jaillir de minuscules cailloux dans les airs. Il soupira, heureux d'avoir évité un bain froid, mais bien vite, se retourna pour voir le loup blanc se diriger vers lui en ayant perdu l'idée de ralentir.

Elle n'est tout de même pas si stupide...Pensa Briak, jurant qu'il connaissait son amie mieux que cela, qu'elle n'était pas si inconsciente.

Mais souriant intérieurement, le loup blanc accentua sa course, et percuta le loup gris pour les emmener tous deux dans sa chute. Ils rugirent ensemble, se laissant porter par les courants d'air, et enfin, disparurent au fond du lac. Un silence suivit leur chute, l'eau redevint lisse, seul le clapotis assourdissant de la cascade se faisait entendre.

Après quelques minutes, ce ne fut pas un loup, mais une tête d'homme qui perça la surface en secouant ses longs cheveux dans tous les sens, ébouriffant la crinière brune. Au coté de l'homme, une gamine aux cheveux courts émergea, peinant à contrôler un rire frénétique. Briak, de toute évidence contrarié, envoya de l'eau au visage de Mak en déclarant:

- Tu es malade! Si Elsa t'avait vu faire ça, elle t'aurais tuée sur place!

La louve passa une main sur son visage, en reprenant sa respiration, secouée du même rire qui n'était pas décidé à passer.

- Détends-toi, Elsa n'est pas là.

Renchérit-elle, en envoyant à son tour une vague d'eau sur Briak. L'homme, bien décidé à faire payer sa folie à Mak, plongea, et vint lui attraper les jambes, la soulevant sur ses épaules. La louve cria de surprise en souriant, s'accrocha comme elle le pouvait à la tête de son ami. Celui-ci la jeta devant lui, elle cria encore en s'élançant sur plusieurs mètres au dessus de l'eau, avant de tomber lourdement en éclaboussant tout sur son passage, puis remonta à la surface, riant toujours plus.

Les deux amis prirent le temps de s'amuser, dépensant un trop plein d'énergie cumulée. À de nombreuses reprises, Briak utilisa Mak tel un jouet en en faisant ce que bon lui semblait, la coulant, le faisant voler, il avait toujours aimé faire ça.

Enfin, ils nagèrent jusqu'à la rive, et s'allongèrent dans l'herbe, totalement épuisés. Ils échangèrent un regard complice, et repartirent dans un énième fou rire. Mak expira profondément en se calmant, fermant les yeux, attendant patiemment de sécher au soleil.

- Je peux te poser une question?

Demanda soudain Briak.

- Hum, hum…

Répondit Mak sans ouvrir les yeux.

- Tu arrives à t'habituer à la vie de château?

Mak haussa les épaules d'un air détaché, et répondit:

- Oui, je commence à m'y faire. Pourquoi?

Briak ne répondit pas, et ferma les yeux en s'allongeant complètement à son tour. Devant le silence de son ami, Mak fronça les sourcils, et s'appuya sur un coude.

- Qu'est ce qui se passe?

Demanda-t-elle.

- Rien.

Répondit l'homme.

La louve leva les yeux au ciel, et renchérit:

- Là, c'est le moment où tu me dis ce qui te tracasse pour que je te promette que ça restera entre nous.

Briak sourit sans ouvrir les yeux. Son ami le connaissait.

- Je ne sais pas. Les domestiques, les horaires, les titres, les politesses...j'avoue que j'ai du mal.

Avoua-t-il en soupirant.

- Je m'ennui Mak…

Mak se redressa et déclara:

- Et qu'est ce que tu veux que j'y fasse?

- Pourquoi tu t'ennui pas toi?

Demanda Briak en se redressant à son tour. Il connaissait la jeune femme, devinait son besoin perpétuel de liberté, cela l'étonna qu'elle s'adapte si bien à cette vie nouvelle, teintée de protocole.

La louve haussa à nouveau les épaules, tentant de trouver les mots justes, et enfin expliqua:

- La différence entre toi et moi, c'est que moi je n'ai jamais eu un endroit où rentrer. Ma maison c'était nulle part et personne.

Briak posa une main dans le dos de la louve, essayant de comprendre ce qu'elle avait pu vivre. Mak reprit:

- Puis, Elsa est arrivée. Et très vite, elle est devenue la seule personne en qui j'avais confiance. Clairement, elle est devenue mon chez moi. Alors que ce soit dans un château ou sur les routes, à partir du moment où elle est là, je peux supporter. Elle m'a aidé à vaincre mon père, à accepter mon passé…

- Tu regrettes?

- Quoi?

- D'avoir tué ton père?

La mâchoire de Mak se serra.

- Non, je ne crois pas. J'aurais juste voulu que ça soit différent.

- Tu n'as pas eu le choix.

Trancha Briak, qui ne voulait pas voir son amie culpabiliser.

- Je sais. Au final, tout s'est bien terminé. Le peu de Ficede qu'il restait ce sont enfuit, et le loup blanc a pu renaitre. J'imagine que c'est comme ça que ça devait se passer. Pour ton problème d'ennui, vois ta vie à travers Anna. C'est tout ce que je peux te conseiller. Vous êtes liés. Et quoi que tu fasses, ce lien sera toujours plus fort que ta volonté. Il suffit de l'accepter.

Briak resta silencieux un instant, analysant les paroles de Mak, devinant l'ampleur de l'amour qu'elle avait pour Elsa. Aussi loin qu'il se souvienne, il ne se rappelait pas l'avoir vu tant se donner à quelqu'un. Elsa était l'exception, celle qui avait su apprivoiser le loup, celle qui avait su faire naître le loup blanc. Il lui sembla que son amie avait pleinement accepté le fait de ne plus pouvoir vivre sans sa reine. Il n'aurait jamais cru ça possible. Mak avait toujours été contradictoire, voir complètement insupportable étant plus jeune, l'idée qu'elle puisse se ranger dans un château, et mener une vie millimétrée semblait surréaliste, et pourtant...pour Elsa, tout devenait réalisable. Mak, dans son infinie cruauté, était devenue un simple chien de compagnie, et semblait aimer ça. Briak espéra simplement être capable de trouver la même paix intérieure, même s'il savait que la petite louve subissait un perpétuel travail pour accepter ce qu'elle était.

Les deux amis soupirèrent, appréciant le moment présent. Le soleil se fit plus bas, et l'air plus frais. Quelques délicieuses minutes passèrent, les enfermant dans un instant de bonheur exquis.

Quand soudain, tous deux ouvrirent les yeux, le visage déconfit, et déclarèrent en choeur:

- Le banquet!

Sans perdre une seconde de plus, ils se levèrent, et se séchèrent au plus vite.

- Anna va me tuer, je lui avait promis d'arriver à l'heure pour une fois!

S'écria Briak, en époussetant son pantalon recouvert de terre.

- Ne te plains pas. Ce n'est pas toi qui va avoir droit au regard glacial de la Reine. On est vraiment obligé d'y aller?

Demanda la louve, alors qu'elle connaissait parfaitement la réponse à cette question. Briak sourit, et taquina:

- Quoi, tu n'es pas impatiente de sourire cordialement à tous ces princes et marquis qui ne viennent que pour espérer un regard de la part du majestueux Loup Blanc? Ils te considèrent comme un héro. Ils racontent à qui veut l'attendre, que tu aurais terrassé au moins un millier d'hommes pendant la guerre.

Mak leva les yeux au ciel, totalement exaspérée.

- Et bien, je ne savais pas que j'étais si invincible…

Rétorqua-t-elle, maudissant les commérages qui avaient le don insupportable de la placer sur un piédestal qu'elle ne pensait pas mériter. Ces gens la voyait tel un messie venu de nulle part. Elle ne supportait pas cette idée d'être idolâtrée. Elle, qui ne se définissait que comme un loup au passé sombre, qui avait eu de la chance, rien de plus. Pourquoi était-elle le loup blanc? Parce qu'elle avait tué son père. Il n'y avait vraiment rien de glorieux à cela. Quelque part, elle s'en voulait déjà assez. Il était inutile de lui rappeler cet effroyable moment. Moment de folie, où elle avait bien faillit dévorer Elsa.

Il fallait qu'elle se dépêche. Il était tard, les invités devaient sans doute être arrivés. Et la pauvre louve savait que sa reine l'avait déjà tuée au moins mille fois mentalement pour son retard. Il lui faudrait une excuse en béton armé pour rester crédible, ou un regard des plus charmeurs pour se faire pardonner. Tant pis, elle verrait ça plus tard. Dans l'absolu, elle se devait de courir vers Arendelle.

Ils arrivèrent essoufflés aux portes du château. Mak croisa un garde avec lequel elle avait déjà discuté plusieurs fois, comme avec tous les gardes d'ailleurs. Tous la connaissaient, et l'appréciaient sincèrement, voyant l'effet bénéfique qu'elle avait eu sur leur reine.

- Les invités sont déjà là?

Demanda la louve en reprenant difficilement son souffle.

- Oui, brave loup. Depuis plus d'une demi heure.

Répondit le garde en grimaçant.

Mak grogna, son cas s'aggravait. Le garde se pencha discrètement, et chuchota:

- La Princesse Anna vous attend dans votre chambre, brave loup.

Mak sourit, tapota l'épaule du garde amicalement, ce qui le fit sourire, puis se tourna vers Briak.

- Fonce au banquet. Dis à Elsa que j'arrive. Essaye de lui faire oublier son envie de m'étrangler.

Le jeune homme rit, et s'élança vers la salle de réception, alors que Mak se dirigeait d'un pas rapide vers sa chambre.

La louve entra en trombe dans sa chambre, pour y trouver Anna et Olaf, une expression rieuse sur le visage.

- Mak!

S'exclama le petit bonhomme de neige en étreignant la jambe de la jeune femme.

- Oui, toi aussi tu m'as manqué, Olaf.

Soupira la louve en se dégageant du petit être.

- Tu es en retard.

Remarqua-t-il.

- Je sais.

- Elsa ne va pas être contente.

- Je sais.

Grogna la louve.

- Elle t'a cherchée toute la journée.

- Je sais.

Répéta Mak, que le petit bonhomme agaçait déjà.

- Tu va te faire gronder.

- Olaf! Va voir ailleurs si j'y suis!

Cria la louve.

- Non, je ne me fais plus avoir. À chaque fois que tu me dis ça, tu n'y es pas.

Se plaignit Olaf.

- Essaye encore. Je te promet que cette fois-ci, j'y serais, petite chose.

Le petit être observa Mak, sceptique. Mais enfin, choisit une énième fois de lui faire confiance, et s'en alla, pour allé voir ailleurs si elle y était, jurant qu'il la trouverai. Cela faisait tout de même déjà un an qu'il la cherchait!

La louve se tourna penaude vers Anna.

- Je savais que je n'aurais jamais du vous laisser partir tous les deux ce matin.

Déclara la princesse en branlant de la tête. Mak grimaça, l'air coupable.

- Je suis désolée. Je n'ai pas vu le temps passer. Je…

Anna la fit taire d'un geste de la main.

- On a déjà assez perdu de temps. Elsa t'a préparé des vêtements. Dépêche toi de te changer, et essaye d'avoir visage humain.

Rit-elle en ôtant une tâche de boue du visage de la louve.

- Comment va ta sœur?

Demanda Mak en commençant déjà à se déshabiller.

- Elle est furieuse.

Répondit Anna en s'asseyant sur le lit.

La louve soupira en enfilant le pantalons en cuir bleu encre et la chemise blanche qu'Elsa avait choisit pour elle. Tu as toujours aimé le bleu...Pensa-t-elle, en espérant plaire un tant soit peu à sa reine, qui devait probablement la maudire à cet instant.

Fin prête, Mak se tourna vers Anna et demanda:

- Comment tu me trouves?

La princesse sourit, se leva, et vint ajuster le col de la chemise blanche.

- Parfaite.

Répondit-elle en posant un regard admirateur sur le visage d'ange.

Soudain, un vertige parcouru Anna, sa peau devint livide, et elle posa une main sur sa bouche, se sentant nauséeuse.

- Anna, ça va?

Demanda Mak en retenant la princesse par le bras.

Anna sourit à travers son malaise en posant une main sur l'épaule de la louve, puis répondit:

- Oui, ne t'inquiète pas. Ce ne sont que de légers vertiges. Je devrais aller voir un guérisseur.

Mak haussa un sourcil moqueur, puis rétorqua, souriante:

- Inutile d'aller voir un guérisseur, Princesse.

- Qu'est ce que tu veux dire?

Demanda Anna sans comprendre. Mak sourit davantage en se grattant la nuque.

- Je ne pensais pas que se serait à moi de te l'annoncer, mais, félicitation, tu es enceinte.

Anna écarquilla les yeux, sa respiration se bloqua. Mak cru qu'elle allait réellement faire un malaise.

- Quoi? Mais, comment?

- C'est ce qui arrive généralement quand deux personnes font…

- J'ai comprit Mak, merci. Mais comment peux-tu en être aussi sur?

- Les loups sentent ces choses là. Ça m'étonne d'ailleurs que Briak ne s'en soit pas rendu compte.

Le visage d'Anna se décomposa. Elle n'était pas prête. Briak n'était pas prêt. Personne n'était prêt à accueillir cet enfant. Son homme était un grand gamin et elle...une minable princesse qui venait à peine de connaître le monde extérieur. Comment allait-il réagir? Ils n'en avaient jamais parlé. Elle ne pouvait pas le mettre ainsi devant le fait accomplit. Elle ne pouvait pas lui faire ça. Il fallait qu'elle soit sur. Sur qu'il ne le rejetterai pas. Sur qu'il l'aimerait malgré cette naissance. Sur que cet enfant ne mettrait pas leur couple en péril.

La princesse tenta de cacher son expression paniquée, et prit simplement Mak dans ses bras, ressentant le besoin de serrer quelqu'un. La louve sourit en rendant l'étreinte, et murmura:

- Tu seras une super maman.

Une super maman? Non! Je ne suis pas prête! Cria une voix dans l'esprit d'Anna. Pourtant elle se contenta de répondre:

- Merci. Ne dis rien aux autres. J'aimerais leur annoncer moi-même. Tu devrais y aller. Elsa va vraiment finir par te tuer. J'arrive.

Mak sourit, déposa un baiser sur le front d'Anna, et couru vers la salle de réception en espérant

ne pas se faire remarquer.

Anna se laissa tomber sur le lit en soupirant. Qu'est ce qu'elle allait faire maintenant? Déjà qu'elle culpabilisait de voir Briak tourner en rond dans ce château, elle ne pouvait pas lui mettre un gamin entre les pattes. Il était un homme, un guerrier, un merveilleux loup, mais surement pas un papa. Il rêvait de voyager, de découvrir de nouvelles terres, de se battre pour défendre ce qu'il était. Un enfant n'avait pas sa place dans ses projets. Il ne l'accepterait jamais. Et en même temps, pourquoi pas?

La princesse soupira encore. Toutes ces questions étaient bien inutiles. Il fallait qu'elle sache. Fronçant les sourcils, elle se leva, et se dirigea d'un pas décidé vers la bibliothèque royale d'Arendelle.

L'endroit était grand, avec des airs de gigantesque. Les étagères semblaient vouloir toucher le ciel. Elle trouverait forcément quelque chose ici.

Elle parcourut du regard les différents livres qui s'offraient à elle. Ses pas la menèrent vers une étagère particulièrement poussiéreuse. Elle en extirpa un livre à la couverture rouge. Potion pour un filtre d'amour...Non je n'ai plus besoin de ça.

Elle reposa le livre, puis en prit un autre. Sérum de vérité...ça aurait pu être amusant, mais non. Concentre toi ma fille!

Enfin, un ouvrage attira son attention. Il paraissait plus vieux que les autres, et en bien piteux état, mais il restait lisible. Toutes les vérités seront pardonnés...qu'est ce que c'est?

Anna ouvrit le livre, un nuage de poussière s'en extirpa, elle toussa en fronçant les sourcils, puis le feuilleta, pour enfin analyser une page bien précise. Elle lut le texte s'y affichant en lettre manuscrites:

- Faîtes boire ce breuvage à l'être désiré, et celui-ci ne se rappellera pas de tout ce qui aura été dit avant minuit. Il commencera sa journée du lendemain, comme si celle de la veille n'avait pas existé.

Le visage de la rouquine s'illumina. C'est parfait! Son coeur devint plus léger, elle avait trouvé ce qui lui fallait. Elle n'aura qu'à faire en sorte que Briak boive cette potion, et elle pourra lui annoncer la nouvelle en sachant qu'il ne se rappellera rien le lendemain. Elle n'aurait pu rêver mieux.

Elle observa la liste d'ingrédients nécessaires à la fabrication de la potion, et remarqua écrit en fin de page: Attention, ceci est un potion puissante qui peut entraîner des effets secondaire si l'être désiré n'est pas en paix avec lui-même. Dans le cas contraire, il pourrait oublier ce qu'il a de plus cher.

Anna balaya ses doutes d'un revers de la main. Si quelqu'un était en paix avec lui-même, et fier de ce qu'il était, c'était bien son homme, aucun soucis à se faire la-dessus. La princesse courut vers les cuisines, serrant l'ouvrage contre elle, heureuse d'avoir trouver une réponse à ses questions.