Chapitre 4:

Elsa observait son loup endormie, allongée sur son lit en caressant ses cheveux d'une main inquiète.

Elle analysa son visage, il ne semblait pas souffrir, c'était déjà ça.

Qu'est ce qui s'est passé? Pensa la reine. Elle n'avait rien vu venir. Mak s'était effondrée dans ses bras sans prévenir, en murmurant son prénom d'une voix à peine audible.

Longtemps la louve avait tremblé, son corps secoué de nombreux spasmes. Un guérisseur avait été appelé d'urgence. Celui-ci lui avait administré un calmant avant de sortir de la chambre, en déclarant qu'il ne voyait rien d'anormal à l'état du pauvre loup. Elsa, gérant mal son inquiétude quand il s'agissait de parler de Mak, avait crié que rien de tout cela n'était normal, qu'il fallait faire quelque chose, qu'il n'était qu'un incompétent. La reine avait finit par s'excuser pour cette réaction. Le guérisseur avait finalement pardonné, en comprenant l'angoisse de sa reine.

Mak avait dormit ainsi toute la nuit. Elsa était resté éveillée, sans réussir à fermer l'oeil, et avait choisit de rester assise près du lit, en guettant ses moindres faits et gestes.

De temps à autres, le loup gémissait dans son sommeil en serrant les dents. La reine se doutait que quelques cauchemars lui revenait en tête.

Inconsciemment, la louve serra la main qu'Elsa avait déposé dans la sienne. À chaque pression, la reine relevait les yeux, luttant contre le sommeil, pour entrevoir un quelconque signe de réveil. Mais rien, Mak ne semblait pas décidée à ouvrir les yeux. Son visage restait tranquille, et sa respiration régulière.

De son côté, Anna faisait les cent pas devant la porte de la chambre, craignant de déranger sa soeur. La princesse soupira en essayant de calmer son angoisse. Tout ceci était de sa faute. Pourquoi avait-il fallu qu'elle fabrique cette maudite potion? Et ces nausées qui n'en finissaient pas. Comment allait-elle tout avouer à Elsa? Le devait-elle ? Après tout Mak n'était pas en danger, elle allait juste oublier cette journée. C'était bien à ça que servait cette potion, n'est ce pas ? La louve allait s'en sortir. Il le fallait, sinon Elsa ne lui pardonnerait jamais son erreur.

Dans la chambre un silence régnait. Seule la douce respiration de Mak se faisant entendre. Elsa soupira en passant une main sur son visage fatigué. Cette soirée avait été un véritable fiasco. Pourquoi est-ce-que tous ses événements officiels devaient se finir en drame ?

Après le malaise du loup, la reine avait ordonné qu'on mette fin à la fête, et que tous les invitées s'en aillent, préférant s'occuper elle-même de la santé de Mak. Briak avait porté la jeune femme inconsciente jusque dans leur chambre, et ainsi s'était terminée la journée.

La respiration de la reine s'arrêta quand elle vit son loup froncer les sourcils. Elle se redressa, et passa une main douce sur sa joue.

- Réveille toi, mon loup.

Murmura-t-elle, espérant qu'elle l'entende. Son coeur voulait tellement qu'elle se réveille et qu'elle lui dise que tout ceci n'était qu'une mauvaise blague, qu'elle se sentait bien, que tout allait très bien se passer. Elle avait tant besoin de ça. Elle s'était même surprise à parler au corps inconscient de son loup, lui racontant la douleur qu'elle avait ressentit quand elle l'avait vu tomber, lui demandant encore et encore de reprendre vie.

Mais la louve ne dit rien, et pour seule réponse, grogna d'une voix rauque en peinant à ouvrir les yeux. Au moins, elle bougeait. Elsa souffla, sentant un poids s'élever de ses épaules.

Pauvre loup, une migraine martelait ses tempes, sa gorge était sèche, et son esprit nébuleux. Elsa embrassa sa main en souriant malgré elle, Mak se réveillait, enfin.

La louve serra les dents en voulant se redresser alors que ses yeux était à peine ouverts.

- Doucement mon amour, reste allongée.

Chuchota la reine, en posant une main froide sur la poitrine de la louve. Mak ouvrit soudain les yeux en grand sous le contact, et tenta d'un geste rapide de se dégager de la main d'Elsa. La reine fronça les sourcils quand elle vit la réaction de son loup, et une incompréhension totale traverser son regard. Les yeux jaunes ne semblaient pas raconter la même histoire qu'à l'accoutumée.

Quelque chose était différent, même si la blonde n'arrivait pas à comprendre quoi exactement.

- Tout va bien. Calme toi.

Dit-elle en posant une main sur le front de Mak, pensant qu'elle subissait un délire fiévreux. Encore une fois, la panique se lut sur le visage de la louve quand la main rencontra son corps.

Elsa retira sa main comme si le corps l'avait brûlée. Mak se redressa complètement en regardant partout autour d'elle, une panique évidente déformait ses traits. La reine analysa le visage de son loup, cherchant à savoir ce qui n'allait pas. Qu'est ce qui t'arrive? Pourquoi me regardes-tu comme ça? Elsa voulu prendre la main de Mak dans la sienne, mais encore une fois, la louve refusa le contact en s'éloignant le plus possible de sa reine. La mâchoire de la blonde tomba, son coeur se fendit. Est-ce de la peur que je vois dans tes yeux…? Pourquoi? Tu n'as jamais eu peur de moi...

- Mak, qu'est ce qui se passe?

Demanda-t-elle d'une voix brisée.

Une colère s'afficha soudainement sur le visage de la louve. Sans prévenir, elle se leva, puis recula, sans détacher son regard méfiant d'une Elsa qui ne comprenait rien, complètement dépassée par les évènements.

Mak analysa la pièce, et s'approcha d'une fenêtre qu'on avait laissée ouverte. Elsa se leva en faisant attention de garder les mains bien en évidence, puis déclara, d'une voix qui se voulait douce et rassurante:

- Mak, chérie, tout va bien. C'est moi, calme-toi.

La louve grogna en reculant d'un pas, puis tonna, en présentant une voix qu'Elsa n'avait jamais entendue:

- Je m'appelle Makdellana. Qui êtes-vous?

Les yeux de la reine s'écarquillèrent, son coeur s'arrêta, son corps entier se tendit en découvrant que la louve la vouvoyait, et qu'elle ne semblait pas la reconnaître. Elsa ouvrit la bouche, mais aucun son ne voulut sortir de celle-ci. Sous le choc, elle ne bougea pas, et attendit simplement. Qu'attendait-elle? Elle ne savait véritablement rien. Elle ne pouvait qu'observer la louve qui passait une main frénétique dans ses cheveux comme si elle s'attendait à ce qu'ils soient longs.

Hier encore, son loup lui murmurait qu'elle l'aimait, qu'elle ne regrettait rien, et qu'elle était incapable de vivre sans elle. Qu'est ce qui avait changé? Pourquoi Mak semblait tout à coup la voir comme un danger? Elle qui ne l'avait jamais vu comme ça. Un million de questions passèrent dans l'esprit de la reine, et en devinant un réel dégout sur le visage de Mak, elle put voir son loup sauter par la fenêtre, puis disparaître.

Elsa posa une main sur sa poitrine en sentant quelque chose lui faire mal à l'intérieur. Un vide immense enveloppa son âme, et une fissure s'y creusa. La reine était touchée, la reine était à terre. Que venait-il de se passer? C'était un cauchemar. Bientôt, elle se réveillerait pour croiser une petite frimousse endormie au creux de ses bras. C'était comme ça que ça devait se passer, et pas autrement. Mak n'avait pas pu la regarder comme ça. Mak ne l'avait jamais regardé comme elle venait de le faire. Comme un monstre… À tes yeux je n'ai jamais été un monstre. Tu m'as toujours juré que tu ne me voyais pas comme ça. Tu as été la première. Pourquoi est-ce-que tu m'as montré ce regard...? Mon loup...ce n'était pas mon loup. Il ne me regarderait jamais comme ça…

Perdant tout ses moyens, toutes ses défenses, Elsa tomba à genoux sur le sol de la chambre en hurlant. Que pouvait-elle faire d'autre? Inconsciemment, elle se dit que si elle hurlait, son loup viendrait à sa rescousse comme il l'avait toujours fait. Comme il l'avait fait dans cette montagne, le jour de leur rencontre. Ce jour-là, elle avait hurlé, et Mak avait débarqué dans sa vie. Mais cette fois-ci, tout semblait différent. Mak n'était pas là. Mak l'avait fuie. Mak s'était dérobée sous sa main froide. Mais ne se souvenait plus d'elle, et avait tout l'air de la détester.

Anna entendit un cri perçant traverser la porte pourtant épaisse de la chambre. La princesse ne réfléchit pas une seconde et entra, pour voir avec horreur la vision de sa sœur totalement livide, à genoux au milieu de la pièce. Anna se précipita près d'elle, et passa un bras autour de ses épaules.

- Elsa! Qu'est ce qui se passe? Où est Mak?

La reine se balançait d'avant en arrière dans un délire frénétique, rejouant la scène effroyable encore et encore dans son esprit, les bras fermement serrés contre elle.

- Elle m'a oubliée... Elle m'a oubliée…

Ne cessait de répéter Elsa, le regard vide, les lèvres à peines mouvantes.

Anna resta figée en se rappelant les mots inscrits sur cette page maudite.

Attention, ceci est une potion puissante qui peut entraîner des effets secondaire si l'être désiré n'est pas en paix avec lui-même. Dans le cas contraire, il pourrait oublier ce qu'il a de plus cher.

Ce qu'il a de plus cher...Elsa...Mak venait d'oublier sa vie depuis Elsa. La louve, bien qu'elle ai voulu le cacher, n'avait jamais été en paix avec elle-même. Qu'est ce que je viens de faire...Pensa la princesse.

Immédiatement, elle se détesta. Elle venait tout simplement d'effacer l'amour que Mak avait pour sa sœur. Elle inspira profondément. Elle ne pouvait continuer à mentir. Il fallait qu'elle assume, qu'elle se décharge de ce poids. Et si ça voulait dire qu'Elsa la haïsse, alors tant pis.

- Elsa...il faut que je te parle.

Murmura Anna en tournant le visage de sa sœur vers elle. Mais la reine ne prêtait que peu d'attention à la princesse.

- Elle m'a regardé avec tant de...haine. Qu'est ce que j'ai fais? Qu'est ce que j'ai manqué?

Chuchotait Elsa d'une voix tiraillée par la peine. Et à chaque mot, c'est un peu plus du coeur d'Anna qui se fissurait. Anna bloqua sa respiration, et avoua:

- C'est ma faute.

Enfin, elle l'avait dit. Étrangement, elle ne savait pas si elle se sentait mieux, ou si au contraire, elle n'allait pas, elle aussi, s'évanouir, là, tout de suite.

Elsa sembla revenir à elle sous cette phrase, et daigna poser un regard sur sa sœur.

- Comment ça? Explique toi.

La princesse se releva, et marcha de long en large dans la pièce en faisant de grands gestes.

- Je...j'ai paniqué. Avant le banquet, Mak m'a annoncé que j'étais enceinte et je…

- Attends, quoi? Tu es enceinte?

Demanda Elsa, en se relevant également. La reine ne savait pas si elle devait s'en réjouir.

- Oui! Voilà, tu le sais! Mais je ne suis pas prête! J'ai peur Elsa. J'étais terrifiée de l'annoncer à Briak. Il fallait que je sois certaine qu'il ne me rejette pas. Il fallait que je fasse quelque chose. Et c'est ma faute! Tout est de ma faute!

S'exclama Anna, en sentant des larmes perler aux coins de ses yeux. Elsa fronça les sourcils, sentant la colère monter. La température chuta dans la pièce. Anna frissonna en voyant déjà un fine couche de glace s'étendre sur les murs.

- Anna qu'est ce que tu as fais?

Demanda Elsa, sa voix pourtant calme trahissant sa colère.

- J'ai fais une potion, pour Briak, afin qu'il oublie tout ce qui se serait passé aujourd'hui. Je ne pensais pas que ça se passerait comme ça. Elsa, je n'ai voulu faire de mal à personne, je…

- Anna, qu'est ce que tu as fait!

Cria maintenant Elsa, en avançant vers sa sœur, qui ne put s'empêcher de reculer devant l'air si furieux de la reine.

- Par erreur, Mak a bu la potion. Tout s'est passé si vite, je n'ai pas pu l'en empêcher. Ce verre ne lui était pas destiné. La potion ne peut être bu que par quelqu'un qui est en parfaite paix avec lui-même.

- Qu'est ce qui se passe si ce n'est pas le cas?

Demanda Elsa d'une voix grinçante en serrant les dents. Au fur et à mesure de leur discussion, la glace sur les murs s'épaississait. Si bien qu'Anna hésita à répondre.

- Répond moi!

Hurla Elsa en secouant sa sœur, l'empoignant violemment, ne supportant plus son silence.

- Alors la personne ayant bu la potion, oublie ce qui lui tient le plus à coeur. J'imagine que pour Mak, c'était toi…

Avoua enfin la princesse en baissant les yeux, ne pouvant soutenir le regard bleu de glace de sa sœur.

Un claquement résonna dans la chambre, quelque chose ressemblant à un coup de fouet. La gifle fut mémorable, digne des plus grandes scènes dramatiques jamais écrites, faisant rougir instantanément la joue d'Anna, qui gémit sous la douleur à travers ses larmes.

Elsa se retourna, n'offrant que son dos à sa sœur. Sa main la brûlait d'avoir frapper si fort. Jamais elle n'avait touché sa sœur, et elle n'aurait jamais pensé le faire un jour.

- Elsa, je…

Essaya Anna entre deux sanglots.

- La ferme. Je ne veux plus t'entendre. Dehors.

Ordonna la reine d'une voix à glacer tout un été, sans jeter un regard à sa sœur.

- Mais je…

- Dehors!

Hurla Elsa, si fort, si intensément, qu'Anna ne put qu'obéir.

La princesse sortit en larme, et referma la porte derrière elle, pour enfin s'y appuyer pour tomber au sol.

Voilà, elles en revenaient finalement à cette porte close, celle qu'Anna avait tant détesté durant toute son enfance. La princesse laissa libre court à ses sanglots en entendant Elsa tout détruire dans la pièce derrière elle. Elle se doutait qu'à cet instant, sa sœur était en train de congeler chaque meubles, chaque parcelles, chaque objet, crachant ses sentiments comme elle l'avait toujours fait, en propageant un pouvoir devenu destructeur. Anna replia ses genoux contre son corps, ne formant plus qu'une boule de culpabilité. Pour la première fois, Elsa l'avait giflée, et finalement, son coeur restait bien plus douloureux que sa joue...Elle ne lui pardonnerait jamais cette erreur. À cause d'elle, Mak était partit.

Voilà, je vous laisse avec ce chapitre, cet horrible chapitre! J'espère qu'il vous plaira.

Pour répondre à vos questions, j'ai écrit sur Frozen suite à un défi qui m'a été lancé (Oui j'aime les défis, et j'espère avoir réussit ^^ ) Et pour l'autre question, je bosse en restauration, ce qui veut dire beaucoup de boulot, mais j'aime ça ;) Un peu sadique, et un peu maso...on ne se refait pas! À très vite pour la suite, je vous embrasse, Lou De Peyrac 3