Chapitre 4 : Les petits chevaux
Quelques jours plus tard, Harry rendit visite à Andromeda, déterminé à lui faire part de ses nouvelles découvertes. Hermione avait réussi à consulter les archives généalogiques des Black au Ministère : il lui avait demandé de s'en charger, il n'avait pas trop envie de se plonger dans leur généalogie étrange. Hermione lui avait transmis une copie des informations qu'elle avait trouvées : le registre était ensorcelé et sous la ligne consacrée à Sirius, on retrouvait la mention d'un enfant, Procya Black avec la date et son lieu de naissance. La théorie d'Hermione se vérifiait donc, à la grande surprise d'Harry qui avait encore un peu de mal à assimiler l'idée que son parrain avait eu un enfant.
Aidé de ses amis, Harry avait déterminé deux plages calendaires potentielles pour la procréation d'un enfant de Sirius. La première s'étendait de 1978 - année à laquelle Sirius était sorti de Poudlard - à 1981, au moment de son incarcération à Azkaban. Ils avaient plus ou moins éliminé l'idée d'une liaison à Poudlard, car les élèves étaient suffisamment peu nombreux pour que tout le monde sache à peu près qui sortait avec qui. Aucune petite amie n'était évoquée dans les lettres que Sirius avait envoyé à James ou Remus, ou à sa cousine Andromeda. Et il était totalement impossible que Sirius ait eu une liaison avec une femme à Azkaban. La seconde période s'étendait donc de 1993 à 1996, entre sa fuite d'Azkaban et sa mort. Cette période était la moins probable selon Hermione : à ce moment, tous les sorciers en Angleterre étaient au courant que Sirius Black était un dangereux criminel en fuite, et il avait passé de longs mois cloîtré au Square Grimmaurd. Il restait cependant la possibilité que Sirius ait fréquenté une moldue, ou soit parti à l'étranger.
Procya Black était née en mai 1995, ce qui correspondait à une date de conception durant l'été 1994. Harry s'était souvenu de l'été de la coupe du monde de Quidditch, où il avait reçu des lettres de Sirius apportées par de beaux oiseaux tropicaux. Il avait imaginé que son parrain avait trouvé refuge sur une île paradisiaque, loin des détraqueurs. Était-il possible que Sirius ait fait la connaissance d'une femme durant cette période ?
Il s'était donné un peu de temps pour réfléchir à comment évoquer le sujet avec Andromeda, souhaitant ne pas trop froisser les sentiments de son amie. Il quitta les bureaux des aurors assez tôt, arrivant chez Andromeda pour l'heure du thé. Elle lui servit une tasse de thé et quelques biscuits, avant de se lancer dans le récit des dernières frasques de Teddy à Poudlard : il avait voulu amuser ses amis en testant une potion qu'il avait réalisée en cours, et avait écopé d'un séjour à l'infirmerie, en plus d'une retenue pour "inconscience flagrante du danger de se livrer à de telles expériences".
Ils rirent de bon cœur en imaginant le désespoir du jeune garçon quand il s'était retrouvé affublé de cornes de bouc et d'une queue touffue, puis Harry décida de se lancer. Il raconta à Andromeda sa découverte du coffre des Black, et sa propriétaire si mystérieuse. Comment il avait décidé de rechercher cette personne, et les informations qu'avait dégotées Hermione. Andromeda était restée silencieuse et calme, manifestant seulement de la surprise à l'idée qu'elle ai une cousine supplémentaire. Quand Harry eu terminé son récit, elle avait une expression un peu mélancolique, mais ne semblait pas fermée comme il l'avait craint.
- Qu'attends-tu de moi? Demanda t-elle simplement.
- Andromeda, je sais que c'est difficile de parler des Black, fit doucement Harry. Mais je veux être sur que si je continue ces recherches, ça ne te heurtera pas. Vous avez été proches, et c'est important pour moi d'avoir ton avis.
Ses traits exprimèrent une profonde lassitude et elle se laissa aller au fond de son fauteuil.
- C'est un lourd poids à porter que de faire partie de cette famille.
Harry resta silencieux, ne sachant quoi répondre face aux souvenirs douloureux de son amie. Finalement, elle se redressa pour le regarder bien en face. Elle avait l'air à présent déterminé.
- Continue tes recherches. Tu as raison, c'est la meilleure chose à faire. Si Sirius a eu un enfant, il a le droit de connaître l'histoire de celui-ci, s'il le souhaite.
Le soir même, Harry et Ginny planchèrent sur l'exercice délicat de la rédaction d'une lettre à destination d'Olympe Maxime. Procya Black était née en France, et il était plus que probable qu'elle soit étudiante à Beauxbatons. Harry ne voulait pas trop en dire sur le sujet, mais sans non plus paraître grossier en demandant à la directrice de l'une des écoles de sorcellerie les plus réputées au monde des informations confidentielles sur des élèves ayant fréquenté son établissement.
- Est-ce vraiment des informations confidentielles ? S'interrogea Ginny. Je pense que le registre des inscriptions dans une école n'est pas tenu secret. C'est pas non plus comme si on demandait l'adresse et l'historique familial d'un élève…
- Non, mais c'est probablement ce qu'on lui demandera ensuite, soupira Harry.
- Eh bien il sera temps de lui expliquer la situation d'ici là, et elle sera seule juge de ce qu'elle peut nous révéler ou non.
- Mais comment tu le prendrais, toi, à sa place ? Tu reçois une lettre te demandant des informations sur tes élèves, sans justification, c'est quand même un peu louche ?
- Eh bah explique lui tes réserves : dis lui clairement que tu as besoin de ces informations, mais que tu préfère ne pas trop en dire pour le moment… Et puis Olympe te connaît, elle sait que tu ne feras pas un mauvais usage de ces informations… Non seulement tu as dégommé un mage noir, mais tu es aussi le beau-frère d'une de ses élèves préférée!
- Je suis ravi qu'on me considère désormais uniquement comme le beau-frère de Fleur, et plus comme un héros national, ça va me reposer, commenta Harry en relisant son brouillon.
Le lendemain matin, Harry était en train de s'arracher les cheveux sur un dossier avec son adjoint Stan, quand un employé de la volière du Ministère fit son apparition. Bert le rapide était le pire cauchemar des employés du Ministère de la Magie, loin devant les démarches à effectuer pour obtenir le formulaire EF-78. Partout où il allait, Bert le rapide semait une atmosphère de désespoir et de désolation : nombre de sorciers avaient envisagé le suicide quand ils avaient appris que leur courrier était tombé dans les mains de Bert. Un hibou réceptionné au Ministère par Bert signifiait souvent que le destinataire allait perdre plusieurs heures à effectuer différentes démarches administratives plus absurdes les unes que les autres dans l'espoir de récupérer son courrier.
Ses collègues de la volière tentaient de le neutraliser au mieux, en lui confiant des tâches d'archivage extrêmement longues et ennuyantes, mais il arrivait toujours un moment où la surveillance se relâchait et Bert faisait une nouvelle victime en faisant main basse sur des parchemins apportés par une chouette.
- M'sieu Potter, j'ai une lettre qu'est arrivée à notre nom à la volière…
L'adjoint de Harry - un auror courageux et expérimenté, qui avait contribué à sauver des familles de né-moldus pendant la guerre et s'était maintes fois illustré par sa bravoure sur le terrain - entrepris d'effectuer une retraite prudente en marmonnant qu'il allait finir ce dossier et qu'il espérait revoir un jour son supérieur en vie.
- Oui, Bert ? Fit Harry en s'efforçant de respirer par le ventre pour lutter contre une angoisse grandissante, comme le conseillait ce magazine moldu qu'il avait feuilleté au supermarché.
- C'est un courrier qui vient de France, sauf qu'y ont des problèmes avec une épidémie de puces des plumes en ce moment, donc faudrait faire quelques vérifications…
Ce ne fut qu'à 15h qu'Harry put enfin sortir de la volière avec le hibou d'Olympe Maxime sur l'épaule. Entre temps, il avait fait face à une montagne de formulaires, et avait réussi à dissuader Bert de faire appel à un vétérimage pour vérifier que le hibou n'avait pas de puces. Le hibou l'avait d'ailleurs grandement aidé, attaquant férocement Bert à coup de bec, quand il avait compris que le sorcier osait mettre en doute son hygiène. Lui qui prenait tant soin de ses plumes !
De retour à son bureau, il remplit une coupelle d'eau pour l'oiseau et lui laissa quelques biscuits à grignoter - la nourriture de la volière n'était visiblement pas assez bien pour ce fichu volatile, il n'y avait vraiment que les français pour avoir des oiseaux aussi snobs - et prit quelques instants pour écouter Stan lui raconter comment il avait réussi à boucler ce dossier pour le transmettre au magenmagot. Puis il s'installa confortablement dans son fauteuil avec le reste des biscuits de sa réserve secrète - il avait sauté le repas de midi à cause de Bert - et entreprit de lire la réponse d'Olympe.
"Harry, très cher ami, je suis ravi d'avoir de vos nouvelles.
J'ai eu la joie dîner plus tôt dans la semaine en compagnie d'Apolline et de Guillaume, qui n'ont pas manqué de me narrer quelques anecdotes des plus cocasses concernant votre charmante famille. C'est très impressionnant qu'un enfant de l'âge d'Albus soit déjà en capacité de procéder à une métamorphose humaine, même en faisant usage de magie involontaire. Puis-je vous informer, à toutes fins utiles, que Beauxbatons dispose d'un excellent cursus en métamorphose?
J'ai procédé aux recherches que vous aviez évoquées dans votre courrier. Je n'ai trouvé que deux personnes répondant au nom de Black dans nos archives : Barnabas Black, inscrit en 1845, et Estrella Black, inscrite en 1871. Je suppose qu'il s'agissait d'un père et de sa fille. Notre registre actuel ne remonte pas au-delà de l'année 1828, nos précédentes archives ayant été détruites dans un incendie provoqué par la fuite de crabes de feu qui avait échappé à la vigilance d'un professeur de l'époque.
En revanche, je connais une élève prénommée Procya Roisnel, et dont la date d'inscription correspond plus à vos recherches. Entrée dans notre académie en 2006, elle est actuellement en 6e année chez nous, et je connais personnellement sa mère.
Puis-je vous suggérer de nous rencontrer afin que vous m'en disiez plus sur cette affaire? Je pourrais ainsi mieux vous renseigner si la situation l'exige.
Je reste votre amicale, etc etc."
Harry resta songeur quelques instants. Les dates correspondaient : si cette jeune fille était rentrée à Beauxbatons à 11 ans en 2006, elle était probablement née en 1995. Il fut interrompu dans ses pensées par le retour des trois aurors qu'il avait affecté à la surveillance d'un sorcier soupçonné de s'adonner à la fabrication de potions dangereuses, plus tôt dans la journée. Ils se présentèrent dans son bureau, silencieux mais visiblement d'une humeur massacrante, recouverts de suie et répandant dans leur sillage une délicate odeur de fumier. Compatissant, Harry fit chauffer sa bouilloire d'un coup de baguette pour leur préparer du thé, tandis que ses infortunés subordonnés lui faisait le récit de leur malencontreuse aventure avec un fermier moldu et son chargement de fumier.
Harry rentra tard ce soir là - il avait fallu mettre en place un protocole avec les oubliators pour trouver une explication plausible au fait qu'une remorque pleine de fumier avait explosé dans la campagne du Somerset - et il lui semblait avoir encore dans les narines l'odeur répandue par ses collègues. Les enfants étaient déjà au lit, il s'installa donc dans son salon avec son repas mis de côté par Ginny, et lui tendit la lettre qu'il avait reçue dans la journée.
- Roisnel… Fit Ginny d'un air songeur, après avoir lu le courrier. Ça me dit vaguement quelque chose comme nom, mais je n'arrive pas à me rappeler quoi…
- Olympe me propose d'aller la voir, ce n'est pas un peu prématuré ? Je devrais peut être faire d'autres recherches avant de lui raconter toute l'histoire.
- Je ne sais pas, fit Ginny en haussant les épaules. C'est la meilleure - et la seule - piste que nous ayons pour le moment, et Olympe pourra nous aider à déterminer s'il s'agit bien de la bonne personne. Et elle saura être discrète sur le sujet.
- D'accord. Tiens, tu sais quoi ? Ça nous ferait du bien quelques jours en France ! Et si on partait tous les cinq, la semaine prochaine ? On pourrait aller voir les Delacour, et j'en profiterais pour rencontrer Olympe !
- Vendu ! Je contacte Apolline demain, et toi tu écris à Madame Maxime !
-o-
- Procya Roisnel! Je vous ai dit mille fois de ne pas jouer avec les mandragores! Êtes-vous une élève de 16 ans qui a passé ses buses, ou une première année inconsciente?!
Prise en faute, Procya grimaça et reposa la plante revêche dans son pot. Son professeur lui jeta un regard furibond et poursuivit son exposé sur l'utilisation des feuilles de tentacula vénéneuse. La brune se tint tranquille jusqu'à la fin du cours, et pensait s'en être sortie, jusqu'à que son professeur lui demande de rédiger vingt centimètres de parchemin supplémentaires sur les plantes nocives pour les humains, pour son prochain cours.
- Vieux crapaud racorni, marmonna t-elle alors qu'elle s'installait sur un banc pour profiter d'un peu de soleil avant le déjeuner. Vingt centimètres, d'ici jeudi!
Chiara l'écoutait se plaindre d'une demie-oreille – les récriminations de son amie contre cette matière ne méritaient même pas l'attention d'une oreille entière – tout en feuilletant son dictionnaire runique. Il fallait absolument qu'elle retrouve la traduction de ce mot...
- Stupide ! Totalement stu-pide ! S'écria Procya d'une voix perçante, faisant sursauter violemment Chiara.
- In nome de Circa, sei un rompicoglioni ! Tu es vraiment chiante, ajoutât-elle en français. On le sait, que tu déteste l'herbologie, ça fait six ans que tu le répète, on peut passer à autre chose maintenant ?!
- Non, répondit simplement Procya avec un sourire angélique.
Pour toute réponse, Chiara lui fit un doigt d'honneur et partit à grand pas en direction de la salle à manger, sans attendre son amie. Sa camarade de vol Mathilde était déjà installée à une table près des fenêtres avec Duncan, et Chiara se laissa tomber sur une chaise en soupirant.
- Je n'en peux plus... J'ai encore eu droit au numéro de « mademoiselle Procya n'aime pas l'herbologie »...
- Toutes mes condoléances, mon amie, fit Duncan en lui tapotant le dos avec sympathie. C'est une croix que nous devons tous porter...
- Eh bien pourquoi, justement ? Fit remarquer Mathilde. Elle est insupportable avec ça, il faudrait juste l'ignorer.
Chiara lui lança un regard blasé pendant que Duncan ricanait.
- Qui es tu et où étais tu ces cinq dernières années ? Tu devrais savoir qu'il est impossible d'ignorer Procya Roisnel...
- C'est exact, fit celle-ci qui venait de les rejoindre. Et puis, vous m'aimez trop pour vous passer de ma présence.
- Méfie toi, ça pourrait changer... répondit Chiara en se servant de la purée avec agaçement.
- Alors comme ça Procya chérie, le vilain professeur d'herbologie t'a encore contrariée ? Demanda Duncan avec une voix enfantine.
- Ne l'encourage pas ! S'indigna Chiara en pointant sur lui la cuillère pleine de purée.
- Oui. On a dû rempoter des géraniums dentus et j'ai horreur de mettre mes mains dans la terre...
- Stop ! Je t'ai dit que je ne voulais plus t'entendre sur le sujet !
- Comme si tu pouvais m'empêcher de parler, rétorqua Procya en se servant à son tour.
Duncan s'éclaircit la gorge pour se donner l'air important.
- Excusez moi, mesdemoiselles, mais... Je ne connais qu'une seule façon de trancher une situation aussi épineuse...
- Oh non, soupira Procya. Pas ça...
- C'est ta faute, lui glissa Chiara.
-o-
- Les petits chevaux ! S'écria Duncan en plaquant la boite usée du jeu de société sur le sol de la chambre.
- Moins fort Ducky, je te rappelle que tu n'es pas censé être ici, fit remarquer Chiara.
Les cinq amis s'étaient réunis dans la chambre de Procya et Chiara pour assister à une compétition sportive de haut niveau : une partie de petits chevaux.
- Je rappelle les règles ! Un duel au sommet ! Si Chiara l'emporte, Procya ne pourra plus prononcer un seul mot contre l'herbologie... Dans le cas contraire... Eh bien, on mourra tous assez rapidement de saignements audifitifs. Mesdemoiselles, en position !
Ils avaient réunis au sol les oreillers et coussins qui ornaient les lits des deux filles, et Mathilde avait prit soin de ramener une réserve assez subsantielle de jus de citrouille et de chocogrenouilles. Qui pouvait dire combien de temps la partie aller durer... Assise sur leurs oreillers, de part et d'autre du plateau de jeu défraichi, Procya et Chiara se défiaient du regard.
- Je prend les bleus ! Fit Procya en se saisissant des pions en plastique indigo.
- Ça tombe bien, je préfère les jaunes...
- Pourquoi j'ai accepté d'assister à ça, déjà ? Demanda Mathilde à Aurélia, assise près d'elle. C'est pas comme si j'avais du retard sur mon devoir de potions...
- Chut, elles vont commencer ! Lui intima Duncan. Procya étant la plus jeune, c'est elle qui tirera le dé en premier.
La jeune fille se saisit du cube en plastique, le secoua quelques secondes dans sa main, et le fit rouler nonchalamment sur le plateau de jeu.
- Et c'est un... Quatre ! Alala, quelle déception... Au tour de Chiara !
- La ferme, Duncan, fit Chiara en lançant le dé à son tour.
- Trois ! À moi !
Procya secoua le dé à nouveau, plissant les yeux pour se concentrer, comme si elle voulait lui transmettre sa force vitale. D'un détente de la main, elle fit rouler le dé violemment, qui se cogna contre le rebord du plateau, repartit dans l'autre sens et perdant de la vitesse, se mit à ralentir, tombant sur ses faces de plus en plus lentement. Il oscilla un instant, hésitant entre le six et le deux, et finit par s'arrêter.
- SIX ! Aha, je rentre sur le plateau !
L'air digne, Chiara se saisit du dé pendant que son amie posait avec jubilation le petit cheval en plastique sur sa case départ. Elle fit rouler le dé à son tour, et tous suivirent sa course avec appréhension. Il ricocha contre le rebord en bois, fit tomber le pion de Procya, et tomba enfin sur une face.
- Tiens, on dirait que tu m'as porté chance, susurra Chiara en plaçant à son tour son pion pour le départ.
- La partie promet d'être serrée... Murmura Duncan.
Les deux compétitrices réussirent à faire avancer leurs pions de quelques cases, mais Procya avait déjà pris la tête de la partie : elle enchaînait les quatre, cinq ou six, pendant que Chiara se trainait avec des deux ou des trois.
- Six... Donc je choisis d'avancer de six cases et je rejoue, et... Six encore ! Jubila Procya. Je peux donc faire rentrer mon deuxième cheval !
- Cette fille a une chance insolente avec les six, commentât Mathilde avec admiration.
- Je suis pas sure que se soit tant une chance que ça, fit Aurélia en secouant la tête. Ça lui permet d'avancer vite pour le moment et de rejouer, mais elle ne peut pas rejouer deux fois de suite et si elle fait que des six, elle finira par être bloquée dans l'escalier.
- A moi. Et je fais... Quatre ! Donc, un... deux...
Ils regardaient tous Chiara faire avancer inexorablement son pion vers celui de Procya, qui la devançait de quelques cases.
- Trois... Et quatre ! Bam, prends ça ! Fit elle en donnant une pichenette au petit cheval bleu. Alors, qui c'est qui rentre à l'écurie maintenant ?!
- Je m'en fiche, répondit Procya avec dignité. Moi au moins, j'ai déjà un autre cheval en course.
Elle s'empara du dé, et réussit à faire six à nouveau. Triomphante, elle fit avancer son pion et rejoua.
- Cinq... Eh bien eh bien, on dirait que je vais vite te rattraper...
- Va s'y, cours... Comme dit le poème là, avec le renard et la tortue, rien de ne sert de courir, il faut partir à point, ou un truc comme ça
- C'est un lièvre, précisa Mathilde.
- On s'en fiche, fit Aurélia. C'est un coup décisif, là.
Effectivement, il ne manquait plus que cinq cases à Chiara pour pouvoir se positionner à l'entrée de l'escalier. L'enjeu était de taille : elle était talonnée par Procya, et ne voulait pas voir son pion éliminé alors qu'elle était sur le point de le mettre en sécurité. Chiara prit le dé et l'enferma dans ses deux mains. Elle ferma les yeux, et murmura quelques mots en italien alors qu'elle le secouait entre ses mains. Elle prit une grande inspiration, et lâcha le dé sur le plateau, et il rebondit une ou deux fois. Elle ouvrit un œil alors que le dé oscillait encore, et chacun retint sa respiration.
- CINQ ! S'écria Duncan en levant les bras en signe de victoire.
- C'est injuste, grinça Procya. Vous soutenez Chiara, et du coup, vous m'envoyez que des ondes négatives, c'est déloyal !
- Joue, au lieu de te plaindre !
A nouveau, la partie était serrée. Procya avait réussi à faire rentrer ses deux chevaux sur le circuit, et elle avançait rapidement vers son parcours bleu. De son côté, Chiara gravissait son escalier lentement, mais sûrement. Elle avait aussi fait rentrer son deuxième cheval, mais il avançait bien plus lentement que celui de Procya.
- Je suis fatiguée, bailla Mathilde. Vous pouvez pas vous dépêcher de finir ?
- Haaaaan ! Respecte un peu nos traditions sacrées ! S'indigna Duncan. On joue gros, là !
- JE joue gros, fit Chiara en déplaçant son premier cheval sur la marche cinq. Vous m'avez désignée volontaire pour lutter contre cette engeance du mal, alors qu'on est tous concernés.
- Engeance du mal toi-même, répliqua Procya en se saisissant du dé.
- On t'a désignée parce qu'on sait que tu es la meilleure, fit Duncan en entourant les épaules de Chiara avec son bras. Tu es notre championne ! Tu as toute notre confiance et notre soutien ! Qu'est-ce qu'il te faut pour gagner ? Tu as soif ? Tu veux une chocogrenouille ? Un massage pour dissiper la tension ? Je suis à tes ordres !
- Que tu arrête de me casser les oreilles, Ducky. Tu ruines mes chakras de la chance, là !
Ne voulant pas compromettre les chances de sa championne, Duncan s'éloigna précipitamment.
- Sans vouloir te mettre la pression... Ils t'en voudront tous à mort, si tu perds, commentât innocemment Procya.
- Ne l'écoute pas ! S'indigna Duncan en plaquant ses mains sur les oreilles de Chiara. Elle cherche à te déstabiliser !
- Moi je n'ai aucune pression, ajoutât Procya en faisant avancer son deuxième cheval. Personne ne m'en voudra si je perds...
- Oh, à d'autres, fit Chiara en repoussant Duncan avec impatience. Tu flippe de ne plus pouvoir te plaindre.
- Pas du tout. Je suis parfaitement dé-ten-due.
Sans la quitter du regard, Chiara fit rouler le dé, qui s'arrêta sur le six. Avec un sourire de triomphe, elle fit monter son cheval sur la dernière marche de l'escalier, pendant qu'un tic nerveux agitait la paupière de son amie.
- C'est pas encore fini... Murmura t-elle les machoires serrées.
- Inutile de s'acharner, répondit suavement Chiara. Tu vois bien que tu es sur le point de perdre... Tu te fais plus de mal qu'autre chose...
Sans répondre, Procya prit son tour de jeu et fit avancer un de ses pions de trois cases. Mais n'ayant plus qu'un pion à jouer, Chiara avançait désormais beaucoup plus vite qu'elle, et elle se retrouva à nouveau devant son escalier. Procya avait réussi à faire pénétrer un de ses chevaux sur la première marche, mais le deuxième était loin derrière.
- Oh, j'ai fais un ! Commentât Chiara avec un rire cristallin. Hop là, ce petit cheval peut commencer son ascension...
Procya avait la ferme intention de se battre jusqu'au bout. Ce n'était plus le moment de rigoler. A chaque lancer de dé, elle faisait le vide dans son esprit pour visualiser le chiffre idéal qui lui permettrait d'avancer. Elle respirait profondemment, fermait les yeux, et secouait le dé exactement trois fois – son chiffre porte-bonheur. Duncan était surexcité, applaudissant joyeusement à chaque fois que Chiara faisait avancer son pion. Aurélia ne disait rien, mais suivait la partie en fixant le plateau de jeu intensément, les yeux légèrement exhorbités. Mathilde quant à elle, s'était presque endormie sur le lit de Chiara.
Il ne restait plus qu'une marche à monter pour Chiara. Elle se mit debout, déambula un peu dans la pièce en secouant ses bras pour détendre ses muscles, sous le regard attentif de Duncan et celui blasé de Procya. Elle prit une profonde inspiration, bloqua sa respiration, et expulsa d'un coup tout l'air de ses poumons. Elle tendit la main vers Duncan d'un air impérieux, qui lui remit le dé au creux de sa paume, et sans le secouer, et le fit rouler sur le plancher. Cinq.
Duncan allait exploser de joie, mais elle leva la main pour lui intimer de se taire. Calmement, elle se rassit au sol, saisit son pion, et le posa violemment sur la cinquième marche.
- DANS TA GUEULE !
Duncan poussa un hurlement suraiguë en levant les bras, et Mathilde se réveilla en sursaut.
- Ooooooouuuuiiiiiiii ! Enfin ! S'exclama Aurélia en applaudissant, pendant que Chiara et Duncan se frappait dans les mains en signe de victoire.
Figée, Procya les regardait s'extasier d'un œil méprisant, contenant sa rage. On frappa sèchement à la porte de la chambre.
- Mais qu'est-ce qui se passe là dedans ?!
- Euh... fit brillamment Aurélia, pendant que Duncan paniquait, cherchant un endroit où se dissimuler.
Procya lui fit rapidement signe de se glisser sous son lit, et elle fit pendre négligemment ses draps sur le côté du lit pour cacher ses pieds qui dépassaient, juste au moment où Chiara ouvrait la porte pour faire face à une surveillante en colère.
Sur le pas de la porte, elle jeta un regard sur la scène. Un plateau de jeu de société par terre, entouré de coussins, et quatre filles aux joues empourprées.
- Mais qu'est-ce que vous faites ?
- Désolée, fit Chiara avec un sourire d'excuse. Je viens de gagner et j'ai été un peu enthousiaste. Mais on a fini la partie, alors on va arrêter de faire du bruit...
- Il vaudrait mieux, fit froidement la surveillante. Et il est bientôt 22 heures, alors celles qui ne dorment pas dans cette chambre ont intérêt à ne pas tarder.
- Bien sur, fit Chiara. Et encore désolée !
La surveillante s'éloigna, et Chiara referma la porte en soupirant. Duncan sortit sa tête de sous le lit, ses cheveux pleins de moutons de poussière.
- J'ai eu chaud ! Fit il en s'extirpant de sa cachette. Mais ça valait le coup ! Alors Procya, ça fait quoi de savoir que tu ne pourras plus geindre à propos de l'herbologie ? Fanfaronna t-il.
Elle haussa les épaules.
- C'est ça, je suis sure que tu es dégoûtée... Ricana t-il.
- Peut être un peu. Mais je m'en fiche, parce que maintenant tu me dois un service, fit elle avec un sourire machiavélique.
- De quoi ?
- J'ai sauvé tes fesses en te planquant. Alors tu as intérêt à être très sympa avec moi,si tu ne veux pas qu'un surveillant apprenne que tu étais dans le dortoir des filles, commentât -telle nonchalamment en rangeant le plateau de jeu. Comme quoi, je n'aurais pas tout perdu ce soir !
-o-
La petite escapade des Potter fut vite organisée : les Delacour se déclarèrent ravis de les recevoir pour quelques jours, et Madame Maxime proposa une entrevue à Harry le mercredi après-midi, à Beauxbatons. Harry et Ginny réussirent à se dégager de leurs obligations professionnelles pour quelques jours, et toute la petite famille se rassembla autour d'une assiette cassée, qui était le portoloin international qu'ils avaient réservé. Il fallut bien expliquer le fonctionnement de ce mode de transport à Albus et Lily, tandis que James se rengorgeait, car il avait déjà utilisé un "pataloin", lui.
Ils atterrirent dans une petite clairière calme, où les attendait Apolline et Guillaume. Les trois petits Potter avaient un peu le teint verdâtre, mais ils réussirent à saluer poliment leurs hôtes sans vomir. La petite troupe marcha une bonne demi-heure dans la campagne française avant de rejoindre la demeure des Delacour, mais la balade fut agréable : il faisait doux pour un mois de mars, et les enfants étaient ravis de contempler les animaux dans les champs. Harry et Ginny avaient déjà rendu visite à plusieurs reprises aux parents de Fleur, mais leurs enfants découvraient pour la première fois le paysage français.
Ils arrivèrent enfin aux abord d'un petit hameau paisible, composé de quelques maisons en pierre élégantes. La maison des Delacour était de bonne taille, et entourée d'un luxuriant jardin. Les garçons restèrent dans le jardin pour s'amuser - le croup apprivoisé de la famille les avait accueillis avec un jappement joyeux - tandis que leurs parents découvraient les chambres que leurs hôtes avait mis à leur disposition. Après un délicieux déjeuner qui faisait honneur à la très célèbre gastronomie française, Harry et Ginny écoutèrent attentivement les explications de madame Delacour sur l'utilisation du réseau de cheminette.
- Il vous faudra énoncer très clairement la destination, car la connexion avec Beauxbâtons est parfois un peu capricieuse. De nombreux élèves utilisent le réseau tous les jours, alors il demande une maintenance importante…
- J'ignorais que certains élèves faisaient le trajet tous les jours, s'étonna Ginny.
- L'internat de Beauxbatons accueille de nombreux élèves, mais les effectifs sont devenus tellement importants après l'instauration du Secret International, qu'il a fallu envisager une autre solution, leur expliqua Apolline en souriant. Un nouveau bâtiment a été construit pour proposer plus de places en internat, mais il n'était pas possible de construire éternellement de nouveaux bâtiments sans endommager les sortilèges de repousse-moldus. Seuls les élèves les plus jeunes rentrent chez eux tous les soirs, à partir de la quatrième année, ils accèdent à l'internat. Vous arriverez donc dans la galerie des Âtres : ga-le-rie des a-treuh, articula t-elle en français.
Repensant à son premier voyage désastreux en cheminette, Harry mit courageusement un pied dans la cheminée des Delacour, et s'efforça de répéter de son mieux les étranges syllabes. Quelques instants plus tard, il déboucha dans une longue pièce éclairée par de vastes fenêtres. Des deux côtés de la galerie s'alignaient une multitude de cheminées. Il cligna des yeux, un peu ébloui par la lumière, et adressa un sourire à Madame Maxime qui l'attendait, tandis que Ginny arrivait derrière lui dans la cheminée qu'il venait de quitter.
- Cher Arry, chère Ginny… Seuyez les bienvenus à Beauxbatons, les accueilla Madame Maxime, avec un gracieux sourire.
Connaissant le goût pour la galanterie de la demie-géante, Harry se fendit d'un baisemain. Il y eut un petit toussotement poli, et Harry remarqua la présence d'un vieil homme aux côtés de la vénérable directrice. Il se tenait parfaitement droit malgré son grand âge visible, et portait un impressionnant trousseau de clés à sa ceinture.
- Je vous preusente le sieur Horace Dutemple, c'est le gardien des âtres de Beauxbatons. Sieur Horace, des amis nous rendant veusite depuis l'Angleterre : Arry Potter, et son épouse Ginny Potter.
Le gardien s'inclina poliment devant eux, avant de se tourner vers la demi-géante pour s'adresser à elle en français. Harry et Ginny ne saisirent pas tout, mais ils comprirent vaguement que les élèves seraient bientôt dans les couloirs. Madame Maxime remercia son gardien, et fit signe au couple de la suivre. Elle avançait d'un bon pas, et ils eurent du mal à tenir le rythme, courant presque derrière elle pour se maintenir à sa hauteur. Le trajet fut court, mais ils eurent le temps d'apercevoir milles merveilles : des voûtes de pierre élégantes, des boiseries, des statues et des tableaux… Finalement, ils atteignirent une magnifique porte ouvragée qui s'ouvrit devant la directrice, et ils pénétrèrent dans le bureau de la directrice de Beauxbatons.
Harry eu soudainement l'impression d'avoir rapetissé : la pièce était haute de plafond et la plupart des meubles étaient adaptés à la taille de la directrice. Le magnifique bureau ouvragé lui arrivait au coude. C'était un peu la même sensation que quand on entrait dans la cabane d'Hagrid, la splendeur en plus. La pièce avait de grandes fenêtres à meneaux qui laissaient voir des jardins à la française luxuriant. Les murs étaient en pierre claire, mais tendus de nombreuses tapisseries et soieries d'un bleu vaporeux. On distinguait à peine le parquet de bois sous les somptueux tapis qui jonchaient le sol, et les meubles étaient tous assortis d'une même teinte de bois doré. L'ensemble de la pièce respirait le calme et la tranquillité.
- C'est nos jardins que vous veuyez depuis les fenêtres, l'informa Madame Maxime, souriant au regard émerveillé de Harry. Ils sont conçus et entreuteunus dans la pure tradition des jardins à la française, évidemment. Vous peuvez également voir, plus loin, la fontaine de l'alchimiste, ajoutât-elle en désignant des gerbes d'eau qui dépassaient des haies de buis taillées en forme de dragons, chimères et chevaux ailés.
- C'est merveilleux, commentât Harry en admirant le paysage. Et nous sommes en montagne, c'est bien ça?
- Notre aceudémie est effectivement connue pour être située dans les Pyrénées, expliqua Madame Maxime en s'approchant des fenêtres. C'est une chaîne de montagnes qui s'eutend sur plusieurs centaines de kilomètres, meurquant la frontière entre la france et l'espagne. Cependant, le nom de notre aceudémie est indubitablement français, précisa t-elle avec un orgueil chauviniste.
Elle leur désigna de la main un bâtiment de style gothique.
- C'est la beûtiment originel de notre aceudémie, leur expliqua t-elle. Nous l'appeulons le « Vieux Logis », c'est là que se trouve la « Galerie des Âtres ». Et là, c'est le « Nouveau Logis », précisa t-elle en désignant un autre bâtiment beaucoup plus vaste à trois ailes, c'est là où séjournent nos euleuves. Il a été beûti au 17ème siècle et si vous eubservez bien les détails architecturaux, vous receunnaîtrez l'architecture classique de cette épeuque.
- C'est vraiment splendide, s'émerveilla Ginny. Et où se déroulent les cours ?
- Dans le beûtiment où nous nous trouvons, précisa Madame Maxime en s'asseyant dans son immense fauteuil. Nous l'appelons « l'Annexe ». Il abrite l'eussentiel des classes, mais aussi nos services eudministratifs, notre amphithéâtre, et la bibliothèque.
D'un geste de la main, Madame Maxime invita ses visiteurs à s'asseoir dans les larges fauteuils disposés devant son bureau, et s'enquit de l'objet de leur visite.
- C'est très aimable à vous de prendre du temps pour nous recevoir, commença Harry. Ma lettre a dû vous surprendre, mais je dois vous avouer que c'est une affaire plutôt délicate. Je suppose qu'Hagrid ou les membres de l'Ordre du Phénix vous ont fait part du rôle qu'a joué Sirius Black dans notre lutte contre Voldemort ? Et les liens qui nous unissaient ?
Madame Maxime approuva d'un signe de tête, sans laisser paraître la moindre trace d'étonnement.
- Je suis le légataire universel de Sirius, et récemment, j'ai découvert la mention d'une certaine Procya Black dans des documents administratifs le concernant. Elle pourrait potentiellement être la dernière héritière de la famille Black, mais je n'ai pas trouvé de trace d'elle dans le Royaume-uni…
Harry lança un regard à Ginny, qui approuva d'un signe de tête.
- Et je pense qu'elle pourrait être potentiellement la fille de Sirius. Ça reste à confirmer, bien sur.
Madame Maxime s'appuya contre le dossier de son fauteuil - le faisant grincer d'une manière plutôt effrayante - et prit un air pensif.
- Et veus pensez que Procya Roisnel, qui est euleuve chez nous, pourrait être cette peursonne?
Harry hochât la tête, attendant l'avis de la demi-géante.
- Je connais bien l'histoire peursonnelle de la jeune Procya. Comme je vous l'ai indiqueu dans ma lettre, sa mère est une amie, que j'ai ceunnue dans le cadre de ma fonction de directrice. Épione Roisnel est une magizoologiste pleutôt réputée dans le milieu, et elle donne peurfois des conférences sur les créatures, dans notre eucole. La petite Procya avait trois ans quand j'ai rencontré Épione, et elle avait deujà vu la moitié du monde avec sa mère. Épione a élevé seule sa fille, et il ne me semble pas qu'elle ai déjà évoqué le père de de Procya en ma présence.
- Donc un père inconnu, résuma Harry en prenant des notes dans un carnet. Est-ce que vous connaîtriez la date de naissance précise de la jeune fille ?
- J'ai mis de côté son dossier scolaire en prévision de notre rencontre, fit la demi-géante en ouvrant un tiroir de son bureau.
Elle déposa un cahier couleur crème sur son sous-main, et Harry et Ginny se penchèrent sur les documents. Le nom de la jeune fille était calligraphié à la main sur la couverture. Sur la première page, on trouvait son nom complet, l'année de son inscription et le nom de sa classe, et sa date de naissance : 15 mai 1995.
- C'est bien la même date de naissance, fit Ginny en consultant le document que leur avait transmis Hermione.
Harry resta silencieux, étudiant les deux photos présentes dans le dossier. La première était au format d'une photo d'identité et avait probablement été prise à son entrée à l'école : on voyait une petite fille qui levait le nez d'un air prétentieux, avec une cascade de cheveux noirs retenus par un bandeau, et le col de sa robe d'uniforme parfaitement repassé. La deuxième photographie représentait un groupe d'adolescents dans leurs robes de Beauxbatons qui s'interpellaient et riaient. La légende précisait "2010 : visite de la réserve d'animaux magiques du Gévaudan". Sur la droite de la photo, une adolescente, aux cheveux sombres et aux traits fins, avec un sourire charmeur, presque arrogant, leur lançait un regard en coin.
- Avec un regard pareil, elle a incontestablement un côté Black, fit Ginny en souriant, devinant les pensées de son mari.
- Procya est en seuxième année chez nous, expliqua la directrice en feuilletant le dossier académique de son élève. C'est une euleuve brillante, quoique un peu désinvolte. Particulièrement douée en Métamorphose, et en seurtilèges, mais elle manque de rigueur dans ses études. Et elle meunifeste parfois un certain mépris du règlement, ajoutât-elle en tombant sur la page qui listait les punitions infligées à son élève.
L'expression fit sourire Harry. La pièce resta silencieuse un moment, Harry réfléchissant à la suite des événements.
- Pensez-vous qu'il serait possible d'organiser une entrevue avec madame Roisnel ? Finit-il par demander.
- Je suis seure qu'Épione acceptera de rencontrer Harry Potter, répondit Madame Maxime en souriant. Elle doit deunner une confeurence à nos élèves de dernière année vendredi prochain, et elle restera probablement déjeuner ici. Pensez-vous que ça pourrez convenir ?
- Ce serait parfait, je crois, répondit Harry en consultant Ginny du regard, qui approuva.
Bonjour à tous !
Merci pour vos reviews sympathiques :)
Petite précision pour ce chapitre (et qui sera valable pour les chapitres à venir) : quand le texte est en italique, cela indique que la personne qui parle change de langue. Par exemple, Madame Maxime parle l'anglais avec un terrible accent, mais les parties en français, quand elle s'adresse à Harry sont en italique. J'espère que vous comprendrez !
À bientôt !
