Chapitre 5:
Elsa essaya de se calmer, connaissant les dégâts que son pouvoir pouvait causer sous la colère. La chambre était devenue aussi froide et aussi craquelée que son coeur. Plus rien n'avait de sens. Mak l'avait abandonnée. Ou était-ce elle qui avait abandonnée Mak ? Elle n'en avait aucune idée. La louve avait eu peur d'elle, elle ne pouvait pas le tolérer, elle ne voulait pas l'entendre. Il fallait qu'elle la retrouve, qu'elle lui dise qu'elle l'aimait, qu'elle lui rappelle ce lien éternel qu'elles avaient construit. Elle avait ce foutu loup dans la peau, elle charmait sa mauvaise humeur, embrassait sa colère, jouissait de ses défauts. Tout en elle lui plaisait. Elle ne pouvait pas la laisser partir ainsi. Elle le jura, quoi qu'il lui en coûte, elle l'a retrouverait. D'une manière ou d'une autre, quoi que tout le monde en dise, elle ne pouvait pas la laisser partir sans avoir essayé.
La reine se frotta le visage, souffla un bon coup, puis regarda par la fenêtre. Ma pauvre fille, elle est la personne la plus rapide que tu connaisses, tu pensais vraiment l'apercevoir...Pensa-t-elle amèrement, alors que ses maigres espoirs s'effondraient. Elle eut une énième pensée pour son loup, en se rappelant qu'à sa place, Mak aurait déplacé des montagnes pour la retrouver, littéralement. Elle se devait de faire de même.
Prise de courage, Elsa sortit de la chambre, et trouva sa soeur recroquevillée sur elle-même. Cette vision laissa se distiller un tant soit peu la colère de son coeur. Après tout, Anna n'était qu'une enfant, elle avait tendance à l'oublier, mais sa soeur avait bien vite été privée de ses parents, et la reine en détresse qu'elle était n'avait pas su s'occuper d'elle comme elle l'aurait du.
Elsa soupira et s'agenouilla près de la princesse, qui ne semblait même pas avoir remarqué sa présence. Une expression douloureuse traversa le visage de la reine quand elle vit la joue rougie de sa soeur. Elle posa une main froide sur celle-ci. Anna sursauta, puis lança un regard remplit de mille pardons à Elsa. Cela acheva la reine, qui murmura en enveloppant sa soeur:
- Viens...
Anna éclata en sanglot en s'accrochant au cou d'Elsa, elle avait tant désiré cette étreinte. Sa soeur ne lui en voulait pas, elle pardonnait, comment était-ce possible?
- Je suis désolée. Je suis tellement désolée.
Répéta Anna, entre deux sanglots. Elsa caressa ses cheveux, se disant qu'il était totalement inutile de lui en vouloir, la pauvre princesse semblait déjà se flageller toute seule.
- Je sais. Calme toi.
Murmura-t-elle. Mais Anna ne semblait pas décidée à rendre les armes de son chagrin.
Ne supportant plus les larmes de sa soeur sur sa peau, Elsa releva le menton de celle-ci d'une main tendre, sourit à travers sa tristesse, et murmura :
- Hey...Tu vas avoir un bébé !
Anna rit devant l'air si ébahit de sa soeur.
Relâchant une pression monstrueuse, les deux jeunes femmes partirent en fou rire incontrôlé, essuyant leurs larmes d'un revers de la manche.
Enfin, elles partagèrent un soupir, Anna déclara :
- J'ai peur Elsa...
Sa soeur posa sa main sur sa joue, faisant parcourir une légère vague de froid sur celle-ci, espérant que ça apaise la douleur.
- Je suis désolée pour ça. C'était démesuré, je n'aurais pas du... Et tu n'as pas à avoir peur. Tu seras une super maman.
Rassura la reine.
Tu parles comme ton loup...Pensa Anna.
- Il faut que tu le dises à Briak.
Déclara Elsa, en espérant que sa soeur trouve en elle le courage de lui annoncer cette nouvelle.
- Je sais. Et toi, il faut que tu ailles chercher le p'tit loup.
Soupira Anna.
- Je sais.
Soupira Elsa.
Les deux soeurs se regardèrent, puisant la force dont elles avaient besoin dans les yeux de l'autre.
- Une chose à la fois. Allons voir ton homme.
Déclara la reine en relevant sa soeur. Anna opina de la tête, maintenant déterminée.
Briak, dans la nuit, avait finit par s'assoupir dans sa chambre, laissant Elsa et Mak à leur intimité, sachant que son amie ne risquait rien en compagnie de la reine. Les deux soeurs s'arrêtèrent devant la porte de la chambre de l'homme. Anna inspira profondément, et après une légère pression d'Elsa dans son dos, elle entra, refermant la porte derrière elle. Elsa tendit l'oreille et pendant un instant, ne rencontra qu'un long silence. Puis enfin, son visage s'illumina quand à travers la porte, elle put entendre: Je vais être Papa!
La reine rit en s'éloignant de la chambre, réalisant ce qui se passait. Anna, sa petite sœur, allait être maman, c'était impensable, et Elsa sentit un léger coup de vieux la traverser.
Tellement de choses avaient changé depuis la perte de leurs parents. Anna avait tellement grandit, et elle, Elsa d'Arendelle n'était plus une reine en exil. Elle se devait d'être maintenant une reine qui allait secourir son loup. Récupérer Mak. Mak qui aimait Elsa. Ça devait redevenir une certitude.
La reine inspira, puis se dirigea vers les appartements des domestiques. Elle y trouva Kai comme elle l'espérait.
- Tout va bien, votre Altesse? La brave loup s'est réveillé?
Demanda-t-il, s'inquiétant sincèrement de la santé de Mak.
Elsa sourit tristement, posa une main douce sur son épaule, et déclara:
- Préparez un cheval s'il vous plaît. Je pars quelques temps. Je reviendrais dès que possible.
Le majordome voulu poser plus de questions, s'étonnant que sa reine quitte Arendelle, mais finalement se ravisa en se rappelant qu'il n'était qu'un domestique.
- Veillez sur le royaume en mon absence. J'ai pleine confiance en vous Kai.
L'homme sourit en s'inclinant.
- Je suis honoré de l'entendre, votre Altesse.
Sur ces mots, il prit congé, et se dirigea vers les écuries royales.
- Tu ne penses quand même pas y aller toute seule j'espère?
Entendit la reine derrière elle. Elle se retourna, et croisa Anna et Briak. L'homme affichait un sourire serein qu'il semblait avoir transmit à sa compagne.
- Il est hors de question que vous veniez avec moi. Vous avez d'autre préoccupations pour le moment.
Trancha Elsa d'une voix ferme. Mais Anna ne se laissa pas impressionner, et répliqua:
- Elsa, je suis enceinte. Je ne suis pas malade. Je refuse que ça devienne une excuse.
La reine souffla, sa sœur était têtue.
- Je ne sais pas comment Mak peut réagir. Je préfère que vous restiez là.
Briak croisa les bras, fronça les sourcils et déclara:
- Qu'est ce qu'elle t'a dit exactement?
- Elle m'a demandé qui j'étais.
Répondit Elsa douloureusement.
- Rien d'autre?
Insista le loup.
La reine réfléchit un instant, puis déclara, se souvenant d'un détail.
- Elle m'a dit qu'elle s'appelait Makdellana. Je n'ai pas comprit pourquoi, je sais qu'elle déteste son prénom.
Briak plissa les yeux.
- Oui elle déteste son prénom parce qu'il lui rappelle son passé. Avant toi, je veux dire. Ça voudrait dire qu'elle se souvient de son enfance. Et si c'est le cas, elle se rappellera de moi.
- Oui, effectivement je n'avais pas pensé à ça…
Répondit Elsa, pensive. Elle admit que Briak pouvait lui être utile pour convaincre son loup, ne serait-ce-que de l'écouter.
- D'autant plus qu'on a un autre problème.
Annonça le jeune homme.
Comme si un seul ne suffisait pas...Pensa Elsa en levant les yeux au ciel.
- Lequel?
Demanda-t-elle.
- Un des loups de la tribu est venu au banquet d'hier, et nous a dit qu'ils avaient repéré un deuxième loup blanc dans la forêt du milieu.
Elsa fronça les sourcils sans comprendre.
- Un loup blanc? Mais je pensais que Mak était le seul.
- Oui, c'est ce que nous pensions aussi. Avant l'incident, Mak a promit à l'éclaireur qu'elle viendrait voir ce qu'il se passe.
Elsa soupira bruyamment.
- Et bien...c'est parfait…Comme si gérer un seul problème en même temps n'était pas suffisant.
- C'est pour ça que nous sommes là pour t'aider. Si Mak revoit plusieurs personnes de son passé, elle retrouvera sans doute la mémoire plus facilement.
La reine regarda sa sœur un instant. Tout ce qu'elle disait se tenait. Elle ne pouvait pas le nier. Après tout, si Briak était du voyage, ils ne risquaient pas grand-chose, même avec ce loup blanc dans les parages.
- D'accord je m'incline.
Abdiqua Elsa.
- Je viens aussi!
Entendit-elle. Elsa baissa les yeux, et trouva le regard déterminé d'Olaf. Elle sourit tristement, s'accroupit, et déclara:
- Non Olaf. Tu sais, elle ne sera pas la Mak que tu connais. Elle risque d'être méchante sans le vouloir.
- Et alors? J'ai l'habitude qu'elle soit méchante. Emmène moi. Je suis sur qu'elle a simplement besoin d'un gros câlin, et je suis un expert en gros câlin. Personne ne résiste à un gros câlin. Elle n'a pas pu m'oublier.
C'est ce que je pensais aussi…
Devant la mine si attendrissante du petit bonhomme de neige, Elsa craqua et déclara:
- Très bien, tu as gagné.
Le visage d'Olaf s'illumina. Mak devait se souvenir, et il comptait bien lui rappeler à quel point elle détestait ses gros câlins. La louve se souviendrait de lui, il en était persuadé. Parce que quand on croise un Olaf, on ne l'oublie jamais.
Elsa se redressa, se retourna, puis se dirigea vers les portes d'Arendelle.
- Votre Altesse?
Elle tourna la tête, et croisa le regard inquiet de Gerda.
- Tout va bien? J'ai entendu crier. Le brave loup ne va pas bien?
Elsa sourit. Décidément, tout le monde s'inquiète pour toi, mon loup.
- Rassurez-vous Gerda. Je vais revenir avec elle.
Assura la reine en embrassant la joue de sa servante. Celle-ci serra la souveraine dans ses bras, en attendant patiemment qu'elle se livre, comme elle l'avait toujours fait étant enfant.
Durant l'étreinte, un murmure caressa l'oreille de Gerda, quelque chose qu'elle seule pouvait entendre.
- Elle m'a oubliée Gerda…
La servante sourit, caressa les cheveux blanc, et murmura, tout aussi doucement:
- Allons mon enfant, un amour ne s'oublie pas. N'ai crainte, elle se souviendra. C'est toujours là, même si elle ne le sait pas encore.
Les mots de la servante pénétrèrent le coeur d'Elsa. Elle avant tant besoin d'une mère à cette instant. Quelqu'un pour la porter, pour qu'elle puisse raconter ses peines, ses doutes...Elle avait besoin de Gerda.
- Merci…
Murmura Elsa en mettant fin à l'étreinte.
Une dernière caresse sur sa joue, et Gerda s'en alla, en jetant un regard emplit de courage vers celle qui n'avait toujours été que son enfant. Elsa se redressa, retrouvant une prestance, et se dirigea à présent déterminée, vers le destin qui s'offrait à elle. Attends moi mon amour, j'arrive.
Bonne soirée à tous! Je m'en vais me coucher. J'espère que ce chapitre vous a plu. Affectueusement, Lou De Peyrac.
