Bonsoir à tous! Je suis désolée, j'ai un peu tardé à poster ce chapitre, mais j'ai eu une brutale panne d'inspiration. Et oui, ça arrive ;) Je vous laisse le découvrir, j'espère qu'il vous plaira. Comme toujours, les reviews sons accueillit avec bonheur. À très vite, Lou De Peyrac.

Chapitre 7:

Mak ouvrit lentement un oeil. Il faisait sombre dans la pièce. Elle bailla, puis soupira. La hutte était à présent rangée, nettoyée, et n'attendait que le retour de son père, comme elle d'ailleurs.

Mais la pauvre louve avait eut le temps de s'assoupir en attendant Mordok, et la nuit était déjà tombée. Elle fut déçue, profondément déçue. Il lui avait pourtant promis qu'ils passeraient la journée ensemble, elle y avait cru, mais papa n'était pas la.

Elle lui en voulu un instant, puis caressa l'idée qu'il lui était peut-être arrivé quelque chose. Tant pis, elle irait le chercher elle-même.

Elle se leva et sortit discrètement de la hutte. Dehors, tout était noir, tout le monde dormait. Assis sur le sol, appuyé contre la paroi de la petite bâtisse, elle trouva Malek, qui avait sombré lui aussi dans la demeure de Morphée. Elle prit garde à ne pas faire de bruit, puis s'élança vers la forêt. Elle aimait ce lieu, qui l'avait toujours attirée. Un lieu dans lequel, quand la réalité était trop dure, elle se réfugiait souvent. Ici, elle n'était pas une princesse. Juste Mak. Mak qui aimait...Mak qui aimait simplement courir dans les bois. Que pouvait-elle aimer d'autre ?

La nuit était fraîche ce soir là, et le vent violent. La lune éclairait les arbres d'une lumière bleue, rendant l'endroit mystique. Elle n'avait jamais vu une lumière comme celle-ci auparavant. Étrangement, la forêt de son enfance ne lui parut pas si rassurante qu'à l'accoutumée. Le vent claquait comme un coup de fouet dans les arbres, et elle détesta ce son sans réellement savoir pourquoi. La pauvre enfant était loin de s'imaginer qu'elle avait faillit mourir dans cette même forêt quelques années plus tôt, saignant sous les caresses morbides que lui avait offert son père.

Du regard, elle chercha Mordok, déambulant sans vraiment savoir où elle allait. Ici, elle avait froid, et un sentiment de solitude et d'abandon lui serra soudain la gorge. Le vent chantait un air qui ne lui présageait rien de bon. Les ombres dansaient une valse angoissante. Les branches semblaient vouloir l'attraper et lui couper la gorge. Son souffle s'accéléra, elle avait peur. Après tout, elle n'était qu'une enfant. Dans un moment d'extrême désespoir, elle ne trouva comme solution que de courir aussi loin qu'elle le put. Elle ne voulait plus de cette forêt. Cette forêt l'avait trahie. Elle couru encore en jetant quelques regards affolés derrière elle. Dans cette nuit, tout était décuplé. Ses angoisses, ses faiblesses...Elle n'était pas forte, elle voulait fuir quelque chose qu'elle ne connaissait pas.

Enfin, maladroitement, elle tomba à terre en gémissant. Son poing cogna le sol de rage. Une rage contre elle-même, de ne pas être, ou de n'être que si peu, de n'être qu'elle, une pauvre gosse perdue dans les artères d'un monde fou. Ses yeux restèrent fermés un instant, trop effrayés pour se confronter à cette dure réalité qu'était la vie.

Mais enfin, retrouvant un semblant de courage, elle daigna jeter un regard devant elle, et tomba nez à nez avec son reflet, qu'elle perçut dans une minuscule rivière qui passait clandestinement par là. Encore une fois, elle vit ses cheveux courts et les détesta. Elle ne se trouva pas belle pour ne pas dire carrément horrible. Elle devina ses yeux cernés, et ils lui parurent moins brillants qu'avant. Elle avait les yeux de son père, et elle en était fière, mais aujourd'hui, elle les vit bien pâles. De colère, elle ne trouva rien de mieux à faire que de crier sur son propre reflet.

Loin de là, près d'un feu pourtant chaleureux, Elsa se réveilla en sursaut. Des gouttes de sueur perlaient sur son front, et son coeur semblait avoir entamé une course pour dépasser le temps lui-même. Son regard parcouru le camps. Elle y trouva Anna et Briak, dormant l'un dans les bras de l'autre, et un peu plus loin, Olaf que devait sans doute faire un merveilleux rêve. La reine souffla en passant une main sur son visage, cherchant à effacer les images de ses cauchemars.

Silencieusement, elle se leva, et entama une marche nébuleuse à travers les doux branchages qui lui caressaient la peau. Une angoisse monta en elle sans qu'elle sache pourquoi, et un manque, un sentiment d'abandon l'enveloppa. En cet instant, elle aurait tout donné pour que Mak soit à ses cotés. Mak qui lui manquait atrocement. Elle ne voulait qu'une chose, se sentir intouchable dans ses bras, parce qu'il en avait toujours été ainsi. Elle voulait revoir ses yeux jaunes, son sourcils insolent, son sourire moqueur, et son attitude des plus insupportable. Mak et sa révolte faisait à présent partie de ce qu'elle était. Elle voulait redécouvrir le goût de sa peau, la douceur de son pelage, son souffle chaud. Même les cicatrices de son dos lui manquaient. Elle voulu passer ses doigts dessus, et sentir leur relief, et plus encore, sentir le loup frissonner sous son touché. Parce que le loup amoureux qu'il était ne résistait jamais longtemps à quelques caresses bien placées. Elsa sourit en repensant à tout ça.

Mais bien vite, elle revint dans cette forêt sombre et enveloppa son corps de ses bras, désirant ressentir un minable placebo de la chaleur de Mak. Elle marcha encore quelque minute, puis se retrouva dans cet endroit qu'elle reconnu immédiatement. Notre première fois...Pensa la reine. Ici, contre cet arbres, Mak l'avait embrassée pour la première fois. Elle s'en souvenait parfaitement, se rappelant la retenue si attendrissante de son loup, qui avait tant peur de la blesser. Ici, elle l'avait tutoyée pour la première fois, et ce fut le déclencheur d'un amour brutal et tellement enivrant. Un mélange de sensation lui revint, les dents de Mak au creux de son cou, ses mains lui griffant le bas des reins, son corps tout entier se pressant contre le sien. Elle se souvenait d'absolument tout dans les moindres détails. Jamais elle n'avait de sensations qui comparaient à celle qu'elle avait découvert sous le corps de Mak. Ce corps qu'elle aimait tant et dont elle voulu sentir l'épiderme.

Sans s'en rendre compte, elle arriva au bord du lac qui avait vu leur première danse. Froide à l'intérieure, elle s'agenouilla en croisant les mains. Quelque part, elle voulait prier. Mais prier qui? Prier quoi? Elle avait besoin de quelqu'un à qui parler. Elle avait besoin de Mak, de leurs discussions jusqu'au bout de la nuit, de leur fous rires stupides, de leurs disputes puériles qui finissaient toujours par un sourire désolé teinté de baiser.

Dans l'eau du lac, elle vit son reflet. Elle se devina fatiguée et dénuée de vie. Une larme assassine s'échappa de sa joue, et perça la surface comme elle avait percé son coeur, traçant quelques points de suture au passage. Elsa regarda plus attentivement son reflet, le vit flou et mouvant, puis enfin, la reine approcha son visage de l'eau quand elle vit des traits différents se dessiner à la surface. C'est impossible...Pensa-t-elle, en voyant un visage qu'elle ne connaissait que trop bien se former à la place du sien.

La louve se figea en voyant son reflet se transformer devant ses yeux. Automatiquement, elle grogna en approchant, cherchant à chasser l'eau. Elle montra les dents en désirant intimider les remous, mais finalement ne fit plus un geste quand elle reconnut le visage de la Ficede se dresser en face d'elle. Elle grogna davantage en sentant le vide en elle se combler. Une chaleur se propagea dans son bas ventre sans qu'elle ne puisse rien y faire. Elle ne se rappelait pas avoir déjà ressentit quelque chose comme ça. Un sentiment inconnu l'envahit mais la fit pourtant soupirer d'aise. Ses peurs s'envolèrent, la rage s'apaisa, elle se contenta de regarder la Ficede en grognant sans réellement savoir pourquoi elle grognait en vérité.

Elsa arrêta de respirer en voyant enfin les traits si doux de son loup. Enfin, elle pouvait contempler ses yeux jaunes, ses lèvres fines. Elle ne savait pas comment cela était possible, et finalement, s'en fichait. Elle ne put s'empêcher de sourire et de poser une main tremblante sur la surface, désirant toucher la joue de Mak.

- Mak? Tu m'entends? Tu vas bien?

Dit-elle en occultant complètement le fait que son loup avait perdu la mémoire.

Mak rugit en entendant la voix. Elsa serra la mâchoire. J'avais presque oubliée que tu me détestais...Pensa-t-elle. Mais la reine choisit de réagir cette fois, et lança:

- Calme toi. Je ne te veux pas de mal.

Mak cogna dans l'eau, rendant Elsa informe un instant, et cria:

- Pourquoi est-ce-que vous me suivez de partout? Laissez moi tranquille!

La louve rugit encore, en ressentant encore cette chaleur qu'elle n'arrivait pas à définir. Pourquoi est-ce-qu'elle n'arrivait pas à décrocher ses yeux du visage de la Ficede? Pourquoi est-ce-qu'en effet, elle semblait ne lui vouloir aucun mal? Elle était une Ficede. Et les Ficede, ça tue les loups.

- Je veux que tu rentres à la maison.

Avoua sincèrement Elsa en soupirant devant l'air méfiant de son loup. Est-ce-que tu pourrais au moins m'écouter?

- Je ne suis pas votre esclave! Je suis Makdellana. Je suis une princesse!

Cria encore la jeune femme. Elsa fronça les sourcils, son loup semblait soudain fière d'être une princesse.

- Je sais ce que tu es. Mais je sais aussi ce que tu as oublié d'être.

Lança la reine en espérant secrètement que Mak se rappelle de quelque chose.

La louve plissa les yeux.

- Qu'est-ce-que vous racontez?

Elsa soupira.

- Tu ne te souviens donc de rien? Allons mon loup, tu n'as pas pu m'oublier comme ça.

Mak grimaça. Son loup? Mais pour qui elle se prends?

- Je ne vois pas comment j'aurais pu vous oublier, alors que je ne vous connais pas. Et je ne suis pas votre loup. Je n'appartiens à personne. Je suis libre. Vous n'êtes pas indispensable. Je n'ai pas besoin de vous. Qu'est-ce-que je vous ai fais? Pourquoi est-ce-que vous m'en voulez? Qui êtes-vous?

Elsa ferma les yeux sous le discours, accablée par toutes ses questions. Son loup avait oublié mais semblait avoir gardé son esprit borné, elle choisit de changer de technique.

- Calme toi. Cesse de crier comme ça. Ne te braque pas, on peut repartir à zéro si tu veux. Je m'appelle Elsa. Je suis la Reine du Royaume d'Arendelle. Je répondrais à toutes tes questions.

Mak grimaça encore, elle ne lui faisait pas confiance. Mais le discours de la Ficede était tout de même intrigant et piquait la curiosité du jeune loup.

Elsa sourit presque en voyant Mak hésiter. Enfin, elle l'écoutait, même si c'était à travers une flaque d'eau.

- Pourquoi est-ce-que vous m'avez rasé la tête?

Grogna la gosse.

Elsa ferma les yeux en se rappelant se souvenir douloureux, puis répondit:

- Ce n'est pas moi qui ai fais ça. Par contre, j'ai tué le responsable.

La louve fronça les sourcils. Cette histoire se compliquait. Pourquoi avait-elle tué celui qui avait fais ça? Pour la défendre?

- Pourquoi?

- Pour lui faire payer ce qu'il t'avais fait.

- Mais vous êtes une Ficede.

- Oui, je suis une fille de la glace.

- Alors pourquoi est-ce-que vous m'avez vengée?

Elsa se mordit la lèvre inférieure. Elle hésita, devait-elle véritablement tout lui dire maintenant? Son loup ne la croirait jamais. Elle choisit d'être honnête en restant sur ses gardes.

- Parce que je tiens à toi.

Mak se figea sous cette réponse. Au fond de son coeur, quelque chose se passa. Qu'est-ce-que c'était? Elle ne connaissait pas ça. Ça avait l'air grand. Et c'était terrifiant. Ça faisait du bien, et en même temps...c'était douloureux. Elle ne sut expliquer ce qui lui passait par la tête et par le coeur.

- Mais je ne vous connais pas.

Murmura la louve.

Elsa sourit, le coeur de Mak s'arrêta encore.

- Tu me connais mieux que personne. Et plus important encore, moi je te connais.

Mak ne dit rien, et se contenta d'hocher la tête négativement.

- Allons mon loup, je sais que tu n'as pas pu oublié ce que nous avons vécu. Essaye de te rappeler. Souviens toi de ce jour où tu m'as trouvée à moitié morte dans cette montagne. Et quand tu as soulevé une falaise à bout de bras pour me sauver. Je sais que c'est encore là quelque part.

Essaya encore la reine en posant un doigt sur la surface de l'eau, désirant créer un électrochoc dans l'esprit de la louve.

Mak plissa les yeux, la voix de la souveraine résonnait en elle. Elle pencha la tête en essayant de comprendre, et posa un doigt sur celui d'Elsa. Des ronds s'insinuèrent sur la surface lisse de l'eau, et créèrent un lien étrange qu'elles partagèrent.

- Il faut que tu reviennes, mon loup. J'ai besoin de toi.

Déclara Elsa en suppliant la louve du regard. Quelque de chose de triste passa dans les yeux de Mak, elle secoua vivement la tête en entendant un rugissement un peu plus loin. Elle se retourna, et vit un énorme loup blanc lui faire face. Un sourire illumina son visage, elle avait enfin retrouvé son père. Elle se pencha à la surface de l'eau, et murmura:

- Je ne peux pas. Je ne suis pas la personne que vous cherchez.

Sans qu'Elsa ai eu le temps de répondre quoi que ce soit, la louve se volatilisa de sa vue, et son propre reflet réapparut devant elle. La reine soupira bruyamment. Elle avait échoué, mais au moins Mak l'avait écoutée, ce n'était déjà pas si mal. Et ce rugissement, c'était quoi? Pourquoi est-ce-que son loup avait sourit? Tant de questions et aucunes réponses…

Au loin, elle put voir le soleil se lever. Elle se leva en regardant l'horizon. Pourvu qu'il ne t'arrive rien…