Chapitre 7 : Le nom des Black
Le vendredi suivant, Procya et sa famille empruntèrent un portoloin long-courrier pour atterrir dans la campagne anglaise. Harry les attendait, et il les entraîna vers sa maison. Harry et Épione discutèrent assez naturellement pendant le trajet, mais Phillipus semblait un peu impressionné de se retrouver en présence du Survivant, surtout pour aller dîner chez lui.
- Nous sommes arrivés, lança Harry à la cantonade en ouvrant sa porte d'entrée. Je vous en prie, entrez. Vous pouvez laisser vos bagages ici.
Ginny Potter les accueillit chaleureusement dans son salon. Les trois enfants étaient occupés à dessiner, installés autour de la table basse – Lily avait même prit soin de dessiner sur son frère – et ils levèrent la tête d'un air curieux en voyant les trois invités entrer la pièce.
- Bonsoir, je suis ravie de vous rencontrer, fit Ginny en leur serrant la main. Voici nos enfants : James, le plus grand, la petite Lily – chérie, lâche ce feutre – et notre cadet, Albus.
Le dîner fut agréable. Harry et Ginny étaient d'une très bonne compagnie, et ils questionnèrent Phillipus sur son métier. Il leur parla de ses écuries, et des élevages du clan McThorn, et proposa aux Potter de venir admirer les chevaux dans la semaine s'ils le souhaitaient. « Ça va bien clouer le bec à Ignotus de voir débarquer le Survivant », chuchotât-il à sa femme.
- Je dois dire que je suis impressionnée, vous parlez l'anglais très naturellement, fit Ginny à l'adresse de Procya et de sa mère, alors qu'ils dégustaient des coupes de glace pour le dessert.
- Oh, j'ai beaucoup voyagé, indiqua Épione, et que ce soit chez les moldus ou les sorciers, l'anglais est quand même une langue comprise dans pas mal de pays. Et puis depuis que j'ai rencontré Phillipus, je me suis encore améliorée.
- Il faut dire que j'avais un peu de mal avec le français, au début, indiqua son époux.
- Je vous comprends : ma belle-soeur est française et quand elle nous parle en français, on ne comprends pas tout, confia Ginny en souriant.
- Vous n'aviez pas recours à des sortilèges de traduction lors de vos voyages ? S'intéressa Harry.
- C'est trop fatiguant, intervint Procya. Pour une rapide conversation lorsqu'on fait des courses, ça passe, mais sinon ça consomme trop d'énergie magique. À Beauxbatons, ce sont les salles de classe qui sont enchantées, sinon on serait épuisés !
- Vos professeurs vous font cours en quelle langue ? Demanda Harry en re-proposant du sorbet citron à ses invités.
- Ils font cours dans la langue qu'ils souhaitent, et tant qu'on est dans une salle de classe, on les comprend dans notre langue maternelle. Mon amie Chiara prend toutes ses notes de cours en italien, par exemple.
- C'est dommage, vous ne pouvez donc pas recopier les notes de cours de vos camarades, plaisanta Ginny. Mais comment font vos professeurs pour les devoirs écrits et les documents administratifs ?
- Quasiment tous les élèves comprennent le français, même ceux qui sont d'une autre nationalité, mais la plupart du temps, des traductions dans d'autres langues sont aussi proposées. Certains professeurs proposent des cours facultatifs en langue certains soirs, mais ça ne fait pas partie du cursus scolaire.
- C'est incroyable, s'émerveilla Ginny. La diversité culturelle à Beauxbatons doit être passionnante. Tu parles d'autres langues que le français et l'anglais, Procya ?
- Je parle aussi italien, la langue des êtres de l'eau, et j'essaye d'apprendre le gobelbabil. Et je connais aussi pas mal d'insultes en portugais, grâce à mon professeur de sortilèges.
Toute la tablée éclata de rire, et la conversation se poursuivit sur Beauxbatons. Une fois le dessert et le café terminés, Épione et Phillipus récupèrent leurs bagages, et embrassèrent Procya avant de sortir pour transplaner un peu plus loin. Ginny entraîna Procya à l'étage.
- Voici ta chambre, fit elle en la faisant rentrer dans une agréable pièce jaune. Il y a une salle de bain juste à côté, je t'ai mis des serviettes sur le fauteuil. Si tu as besoin de quoi que se soit, n'hésite pas à me demander à moi ou Harry, précisât elle en souriant.
- Non c'est parfait madame Potter, merci beaucoup.
- Appelle moi Ginny, voyons. Tu peux te lever à l'heure que tu veux demain, n'hésite pas à faire une petite grasse matinée ! Et si tu es levée avant nous, n'hésite pas à fouiller les placards pour ton petit-déjeuner.
Procya la remercia à nouveau et lui souhaita bonne nuit. Elle enfila son pyjama et sortit dans la salle de bain pour se brosser les dents et démêler ses cheveux. Un peu plus loin, elle entendait les enfants Potter rire et s'éclabousser avec l'eau de l'évier, tandis que leur mère tentait en vain de les inciter à terminer leur brossage de dents.
Procya se mit au lit, pensive. Il était étrange de dormir dans la maison d'une personne qui lui était quasiment inconnue il y a quelques semaines. En tout cas, Chiara serait déçue : elle n'avait pas encore vu ne serait-ce que l'ombre d'un détecteur de magie noire.
Le lendemain, Procya se réveilla tôt. Elle se tourna et se retourna dans le lit pendant une demi-heure, avant de comprendre qu'elle ne parviendrait pas à se rendormir. Elle prit une douche rapide, s'habilla, et descendit l'escalier sur la pointe des pieds pour éviter de réveiller le reste de la maisonnée. Dans la cuisine, elle remplit la bouilloire d'eau, et elle cherchait du thé dans les placards, quand elle entendit des pas légers.
La petite Lily apparut dans l'encadrement de la porte, et resta figée sur place en apercevant Procya. Ses cheveux roux étaient ébouriffés, et elle portait une robe de chambre pelucheuse sur son pyjama vert, assorti à ses pantoufles en forme de lapins. La petite fille se masqua à moitié derrière la porte, timide.
- Bonjour, fit doucement Procya. Tu es Lily, c'est ça ? Je suis Procya, tu m'as vue hier soir.
La gamine continuait de la fixer avec des yeux écarquillés derrière la porte.
- Tu veux prendre ton petit-déjeuner ? Tu veux quoi ? Un chocolat chaud ? Des toast ?
La petite sorcière hocha lentement la tête et s'avança à pas timide dans la cuisine. Procya dénicha du lait et le mit à chauffer dans une casserole, tout en souriant à l'enfant. Le chocolat chaud acheva de vaincre sa réserve, et elle demanda si elle pouvait avoir du pain avec de la marmelade d'orange ET de la confiture de groseilles.
- Tu as de jolis cheveux, fit elle, hypnotisée par la chevelure de Procya, pendant que sa nouvelle amie lui préparait des tartines.
- Toi aussi, c'est très joli le roux
- Ils s'emmêlent tout le temps, grommela la petite fille. Maman dit que c'est à cause de papa, mais papa il a les cheveux noirs comme toi, moi j'ai les cheveux oranges comme maman.
- Je t'aiderais à les brosser tout à l'heure, si tu veux
- Oh oui ! On pourra faire des coiffures ! Je pourrais brosser tes cheveux ?
Quand Ginny se leva un peu plus tard, elle entendit des rires et une conversation qui provenait de la chambre de sa fille. Elle trouva Procya et Lily en train de papoter joyeusement – ou plutôt, Lily lui parlait de ses jouets préférés – l'adolescente tressant les cheveux de la petite fille.
-o-
Andromeda Tonks était née dans les années 50. À ce moment là, le monde sorcier entrait dans une nouvelle ère. Les lois sur la réglementation des transports magiques venaient d'être votées, et les communautés sorcières d'europe de l'est achevaient tout juste leurs guerres contre les vampires.
Malgré ce vent de changement, l'enfance d'Andromeda avait été assez paisible et constante, et parfois, elle se surprenait à y penser avec un brin de nostalgie. Son père était riche et puissant, sa mère était belle et intelligente, et avec ses sœurs, elles seraient bientôt les sorcières les plus courtisées d'Angleterre. Les choses étaient parfaitement claires pour la petite-fille qu'elle était alors : les sorciers étaient des êtres puissants et en cela, ils valaient bien mieux que les moldus sans pouvoirs magiques.
Mais quand son père la hissait sur ses genoux pour lui raconter des histoires, il lui rappeler qu'il ne fallait pas détester les moldus, mais plutôt avoir de la compassion pour eux : après tout, ce n'était pas leur faute s'ils étaient nés sans pouvoir magique. Il était nécessaire de vivre séparés d'eux car, privés d'une essence magique, les moldus étaient par nature des êtres un peu faibles, et en les côtoyant trop longtemps, les sorciers les plus puissants risquaient d'être contaminés par leur faiblesse.
Les nés-moldus ne seraient jamais d'aussi bon sorciers que les sangs-purs, de par leurs origines, mais ceux qui faisaient l'effort de s'intégrer à la société sorcière en coupant les ponts avec leur vie moldue pouvaient devenir de bons sorciers, fiables et à même d'assurer des métiers magiques courants, comme employé de magasin, ou archiviste. D'ailleurs, Cygnus Black louait souvent les qualités de son secrétaire : fils de deux nés-moldus, il était un excellent gratte-papier.
Andromeda était doublement privilégiée : non seulement elle était née sorcière, mais elle était également membre de la très renommée et très pure famille Black. Le meilleur sang sorcier coulait dans ses veines, et sa famille avait accompli d'illustres exploits durant les siècles précédents. Ainsi, il était de son devoir d'assurer l'avenir de sa maison, en devenant une sorcière accomplie.
Sa mère Druella était l'exemple parfait qu'Andromeda se devait de suivre. En plus d'avoir mis au monde trois filles pour assurer l'avenir de la lignée, Druella était une potionniste reconnue. Bien sûr, elle ne vendait pas ses services – le commerce était une activité destinée aux nés-moldus – mais nombre de ses relations avaient pu bénéficier de ses décoctions contre l'échange d'un menu service.
C'était comme ça. La petite Andromeda n'avait aucune raison de mettre en doute ce que ses parents, oncles, tantes et connaissances de travail de Papa lui avait toujours dit. Elle ne comprenait pas toujours pourquoi les nés-moldus ne pouvaient être de bons sorciers, mais elle avait confiance en ses parents.
La guerre avait tout changé.
La montée en puissance du mage noir avait d'abord été discrète, mais dans le cercle des sangs-purs, tout se savait. Quelques bribes de conversation lorsque ses parents recevaient des amis à dîner, ou des confessions qui s'échappaient par la porte de la bibliothèque entrouverte. Fallait-il faire confiance à ce jeune homme dont on ignorait les véritables origines, mais qui avait enfin le courage d'agir contre l'augmentation de la population des nés-moldus ?
Papa et oncle Orion préféraient attendre de voir ce qu'il pouvait accomplir, et tante Walburga récriminait contre eux en disant qu'ils ne savaient pas défendre les intérêts de la famille.
C'est sa sœur Bellatrix qui avait été la première à s'engager auprès de Voldemort. Depuis son entrée à Poudlard, Bella s'intéressait beaucoup plus à l'avenir de la société sorcière. Bien qu'elle ai été répartie à Serpentard, elle était obligée de côtoyer des nés-moldus lors de certains cours, et son dégoût de leur manières vulgaires remplissait des kilomètres de parchemins qu'elle envoyait à ses parents.
Papa disait qu'elle était trop jeune et impulsive pour assurer un tel engagement, mais Oncle Orion avait pris Bella sous sa protection, proclamant sa fierté de voir sa nièce prendre à cœur les intérêts de la famille. Il espérait que d'ici quelques années, ses jeunes fils en ferait autant.
À part Bellatrix, personne dans la famille n'avait pris le risque de porter la marque des ténébres. Les Black soutenaient discrètement la grande cause de Lord Voldemort, mais ils évitaient de trop s'impliquer eux-mêmes. Certaines familles de sang-pur voyait d'un mauvais œil l'ascension du mage noir, et il fallait tout de même conserver leur amitié, au moins pour les apparences.
À ce moment là, Andromeda commençait à rencontrer des difficultés avec la logique que ses parents lui avait toujours inculqué. S'il fallait seulement vivre séparé des moldus, pourquoi Bellatrix parlait soudainement de les dominer ? Les nés-moldus étaient-ils de si mauvais sorciers, alors qu'Amy Williamson était une sorcière de première génération et la meilleure de leur promotion à Poudlard ?
Son père balayait ses interrogations en riant, plaisantant sur son cerveau qui bouillonnait trop depuis qu'elle avait été répartie à Serdaigle, mais maman l'observait souvent d'un air inquiet, avant de déclamer de longs discours sur l'importance de la préservation du sang.
L'adolescence d'Andromeda fut marquée par des faits discrets mais étranges. Des meurtres brutaux et des rumeurs sur un groupe de sorciers masqués. À Poudlard, Andromeda voyait ses amis d'enfance dévisager les nés-moldus et chuchoter sur leur passage. À la maison, les réceptions s'éternisaient sur des conversations à propos d'un certain Lord Voldemort.
Bientôt, tout le monde devrait faire un choix, c'est exactement ce que lui avait confié Amy. Elle avait été agressée dans un couloir, juste quelques jours après avoir battu Rodolphus Lestrange lors du tournoi du club de duel. Allongée dans un lit à l'infirmerie, elle avait le visage grave et résolu quand elle s'était confiée à son amie. Si elle ne s'engageait pas contre les brimades contre les nés-moldus, elle ne pourrait jamais exister dans la société sorcière, avait dit Amy. Et si Andromeda ne se dressait pas contre sa famille, elle ne pourrait jamais fréquenter le beau Ted.
À une autre époque, à un autre moment, Andromeda aurait peut être réussi à concilier son amour avec un né-moldu et ses origines de sang-pur. Ou au moins, sa famille aurait réagit de façon légèrement moins radicale. Mais comme des centaines de sorciers à cette époque, Andromeda avait dû faire un choix.
Des cris, des pleurs, des portes qui claquent, le visage livide de son père et celui empourpré de sa tante. Le regard de Bellatrix, et la frayeur de sa sœur préférée, Narcissa. Le jeune Sirius qui avait pleuré quand la lourde porte de l'entrée s'était refermée sur sa cousine préférée, ne comprenant pas pourquoi il ne pourrait plus jamais la voir. Andromeda avait découvert une vie bien différente de son enfance. Plus de grands manoirs et de réceptions bourgeoises, mais la petite maison de banlieue des Tonks. Un travail de secrétaire au Ministère de la Magie, et rapidement, son bébé. Occupée par sa nouvelle vie et sa petite famille, elle avait suivi de loin les événements et les rumeurs. Le splendide mariage de Bellatrix, les fiançailles de sa petite Narcissa adorée, les rumeurs sur son aînée qui avait rejoint les rangs des mangemorts.
Au fur et à mesure des années, Sirius s'enhardit à lui envoyer des lettres, malgré l'interdiction de ses parents. Il lui racontait ses aventures à Poudlard avec ses grands amis James, Remus et Peter, et combien il méprisait son frère Regulus qui suivait les traces de leurs parents. Le jeune adolescent échappa même à la surveillance de ses parents une demie-journée de vacances de Pâques, pour venir rencontrer sa petite cousine qui n'était encore qu'un nourrisson.
Les rumeurs affolaient tout le monde, et les exactions des mangemorts faisaient maintenant les gros titres. Ted et elle avaient déménagé à la suite de l'attaque de leur maison, et Andromeda restait à la maison avec sa petite fille. Ted fut attaqué à la sortie de son travail, et n'avait dû son salut qu'à l'intervention de ses collègues qui n'étaient pas encore partis. Andromeda pleura pendant des jours quand Bert, le patron de Ted, déclara à la Police Magique que les agresseurs étaient menés par une femme masquée mais à l'opulente chevelure de jais.
Un jour, Sirius débarqua chez sa cousine pour lui annoncer qu'il coupait définitivement les ponts avec sa famille. Andromeda proposa de l'héberger, mais il préféra l'affection du couple Potter. Quelques mois plus tard, enfin diplomé, il acheta sa propre maison et convia sa cousine préférée à sa pendaison de crémaillère. Il lui présenta ses amis et évoqué à demi-mot l'Ordre du Phénix, un groupe de résistance qui faisait l'objet de toutes les rumeurs, sans que personne ne sache s'il existait vraiment.
Nymphadora grandissait et serait bientôt en âge d'aller à Poudlard, mais ses parents craignaient que leur petite fille ne subisse des représailles au sein de cette école. Et puis tout s'enchaîna très vite. La rumeur de la chute de Voldemort, et la mort tragique de James et Lily Potter. Le bébé avait-il survécu ? Il semblait que Dumbledore lui même était intervenu pour récupérer l'enfant. Mais l'horreur ne s'arrêtait pas là. Sirius fit la une des journaux, le grand ami de James Potter était en réalité le traître, celui qui l'avait livré à Voldemort. Mangemort le plus dangereux de son époque, il avait joué double jeu et dans un coup de folie suite à la mort de son maître, il avait massacré des moldus innocents et son vieil ami Peter.
On appris avec horreur le sort terrible réservé aux Longdubat. Le regard empreint de folie de Bellatrix s'affichait à la Une de la gazette des sorciers, et les rumeurs rapportaient que Walburga Black avait été admise à Sainte-Mangouste pour instabilité après qu'un sorcier lui ai craché au visage en plein milieu du Chemin de Traverse. Les sangs-purs sortaient du bois pour défendre leur cause, Lucius Malefoy jura devant le Magenmagot qu'il n'avait jamais pris part consciemment au mouvement des Mangemorts. Il n'était qu'un jeune père qui pensait uniquement à l'avenir de son fils, qu'il voulait sans guerre entre sorciers. De l'argent circula et personne ne pensa à vérifier son bras gauche.
Les Tonks traversèrent l'orage le plus discrètement possible, presque tout le monde avait oublié que Madame Andromeda Tonks était autrefois l'une des demoiselle Black. La chasse aux mangemorts se poursuivit mais les procès devenaient moins retentissants, et la petite Nymphadora put rentrer à Poudlard dans un contexte presque apaisé.
Avec le temps, Andromeda réussit à oublier ses années d'horreur et les atrocités commises par les membres de sa famille. Enfermés à Azkaban, Bellatrix et Sirius étaient comme morts pour elle, et la belle mais froide jeune femme qui apparaissait parfois dans les pages mondaines de la Gazette du Sorcier sous le nom de Madame Lucius Malefoy n'avait plus rien à voir avec sa timide petite sœur. Andromeda tenta de contenir ses larmes quand Dora annonça qu'elle avait été incorporée dans le corps des Aurors. Après avoir eu peur pour sa fille durant toute son enfance, elle ne voulait pas craindre que celle-ci soit tuée en poursuivant des mages noirs.
Mais la réalité la rattrapa rapidement. Le nom de Sirius refit surface, et Andromeda craignait d'apercevoir un jour le fugitif dans son jardin. Des événements étranges émaillèrent l'année 1994 et quand ils en discutaient, Ted assurait que si Dumbledore assurait que Voldemort était de retour, c'est que c'était certain. Dora pensait la même chose et elle confia à ses parents s'être engagée dans l'Ordre de Phénix. Quand sa fille prononça ce nom qu'elle n'avait pas entendu depuis dix ans, Andromeda prit la pleine mesure de la situation. L'horreur recommençait à nouveau.
Un soir, sa fille fit irruption chez elle, bouleversée, pour lui confier qu'ils s'étaient tous trompés sur Sirius Black. Elle conta à ses parents la réalité de la trahison de Peter Pettigrew. Elle avait rencontré le mystérieux cousin de sa mère, et quand il lui avait confié son affection pour sa cousine préférée, Nymphadora n'avait pu garder ce secret pour elle. Elle ne savait que trop combien sa mère avait souffert d'apprendre que Sirius, le seul membre de sa famille qu'elle avait pensé être quelqu'un de bien, s'était en fait révélé un traître.
Dora parvint même à organiser une rencontre discrète, et Sirius quitta sa cachette quelques heures pour rendre visite à sa cousine, à qui il assura ne jamais avoir été un mangemort. Ce jour-là, Andromeda fit également la connaissance d'un vieil ami de Sirius, dont il lui avait tant parlé, Remus Lupin. Andromeda ignorait encore que cet homme allait bientôt jouer un rôle important dans sa vie, en devenant son beau-fils.
À nouveau, Andromeda craignait pour la vie de sa fille et de son mari. Dora s'était engagée à protéger le jeune Potter, cet adolescent mystérieux qui avait survécu à Voldemort et qui annonçait désormais son retour. Elle voyait sa fille dépérir sans en comprendre la raison, et la vie lui reprit Sirius une fois de plus, cette fois définitivement.
Durant ses heures sombres, il y eut quelques instants de bonheur. Dora se maria enfin, et malgré les terribles nouvelles qu'on apprenait tous les jours, sa fille rayonnait de bonheur. Mais Ted dut bientôt fuir et un soir, un groupe de sorciers vaguement apparentés au Ministère de la Magie fit irruption dans sa maison. Rodolphus Lestrange la toisa d'un air narquois, ricanant en l'appelant sa belle-soeur, alors que ses comparses retournaient toutes les pièces à la recherche de Ted.
D'une voix doucereuse, il lui rappela que sa sœur ne l'avait jamais oubliée et que bientôt, elle prendrait soin de s'occuper de sa chère sœur et de sa nièce. Juste avant de partir, il lui annonça qu'on avait retrouvé le corps de son mari et qu'en tant que né-moldu, il serait inhumé dans une fosse commune. Andromeda s'investissait dans la grossesse de sa fille pour ne pas craquer. C'est elle qui l'aida à mettre son petit-fils au monde, et elle veillait sur lui quand Dora et Remus devaient s'absenter. Un soir, Dora reçut des nouvelles indiquant qu'il se passait des événements graves à Poudlard, et elle laissa le petit Teddy à la surveillance d'Andromeda. Ni Dora, ni Remus ne revinrent de Poudlard.
C'est ce petit être qui n'avait plus qu'elle au monde qui l'empêcha de sombrer définitivement. Bientôt, Harry fit irruption dans sa vie sans qu'elle ne s'y attende. Le jeune Potter, qu'elle avait tout juste rencontré dans des circonstances étranges quelques mois auparavant. Il lui parla de l'orphelin qu'il avait été, du réconfort que lui avait apporté Sirius les quelques mois où il l'avait connu, et combien il espérait être un bon parrain pour le petit Teddy.
Ce jeune homme – à peine sortit de l'adolescence – avait affronté Voldemort à de nombreuses reprises et avait finit par le terrasser, mais il était terrifié dès que le bébé pleurait. Andromeda rit pour la première fois depuis des mois le jour où Teddy vomit son déjeuner sur les cheveux d'Harry, qui amusait l'enfant en le projetant dans les airs. Harry l'inclua dans son cercle social. Il lui présenta ses amis Ron et Hermione ainsi que sa petite amie Ginny, qui avaient aussi connu Dora et Remus. Il l'invitait tous les dimanches à déjeuner, et Teddy adorait passer du temps avec son parrain, qui le couvrait de cadeaux. Le petit garçon lui donnait une seconde jeunesse, toujours à préparer des farces et à changer de visage à la moindre contrariété.
Presque un inconnu pour elle au début, Harry devint bientôt un ami et un soutien d'Andromeda. Il lui avait timidement posé des questions sur la jeunesse de Sirius, et ils se comprenaient dans le souvenir d'un être qui avait marqué leur vie, mais que tout le monde à part eux semblait avoir oublié. Harry était aussi d'un grand recours quand Teddy posait des questions sur son papa, qu'Andromeda avait trop peu connu pour y répondre. Il lui avait confié des lettres échangées entre Sirius, James et Remus, afin que le petit garçon puisse les lire plus tard.
Harry traitait Andromeda avec l'affection qu'on a pour une vieille tante, et il était toujours précautionneux quand il évoquait les Black, dont il avait récupéré l'héritage. Andromeda déclara qu'elle n'était plus une Black depuis bien longtemps et que sa famille l'avait considérée comme morte dès l'instant où elle avait émis le souhait de s'unir à Ted. Sa sœur Narcissa devait être bien plus concernée qu'elle par l'héritage des Black, mais Andromeda et Harry se mirent d'accord pour dire que les Black n'existaient plus vraiment et que c'était une chance pour le monde sorcier.
La vie d'Andromeda n'avait jamais ressemblé à ce qu'elle avait pu imaginer. Petite fille, elle se voyait épouser un sang-pur et organiser des réceptions luxueuses comme sa mère. Jeune femme, elle avait aspiré à une vie de famille simple. Elle avait traversé deux guerres en tentant de préserver sa famille au mieux, et elle vivait désormais entourée de son petit-fils orphelin et d'un héros de guerre qu'elle considérait comme son neveu.
La vie bourgeoise de sang-pur qu'elle avait connue enfant était bien loin derrière elle et le nom des Black lui faisait le même effet qu'un épouvantard : un souvenir lointain et désagréable. Son seul soucis désormais était les lettres de Poudlard un peu trop régulières, l'informant que Teddy avait de nouveau écopé d'une retenue pour avoir imité un de ses professeurs.
Rien n'aurait pu la préparer aux mois qui allaient suivre, à l'apparition de cette nouvelle petite cousine. Le jour où Harry était venu lui rendre visite pour le thé, elle avait soupiré intérieurement. Il avait exactement la même tête que le jour où il avait offert un rat de compagnie à Teddy sans la consulter, et la sale bête avait un moment fait des ravages en grignotant le mobilier.
Il lui parla de Procya en croquant dans un biscuit au gingembre. Il lui raconta cette histoire d'héritage, la possibilité que ses cousins aient pu avoir un enfant, où qu'il s'agisse d'une autre cousine éloignée. Prise au dépourvue et bouleversée, elle accepta qu'il poursuive ses recherches.
Il l'a tint au courant de ses avancées. Il avait trouvé un nom dans les archives de Beauxbâtons, et bientôt, il retraça l'histoire de cette adolescente dont la mère aurait vaguement fréquenté Sirius. Quand elle reçut la lettre d'Harry lui contant que Sirius aurait eu une aventure avec une sorcière à l'autre bout du monde, son visage s'éclaira d'un sourire nostalgique. Son cousin avait toujours fait tourner les têtes et même en cavale, il s'était laissé aller à jouer les séducteurs.
Les photographies accompagnant le courrier l'assurèrent qu'Harry ne s'était pas trompé. L'adolescente avait le sourire de Sirius, et le regard vaguement méprisant de Narcissa quand elle était agacée.
Harry décrivait la jeune fille comme vive et intelligente, mais incontestablement têtue. Andromeda fut soulagée d'apprendre que la jeune Procya n'avait jamais entendu parler des Black : si le choc avait été important pour la jeune fille, Andromeda se réjouissait de constater que sa nouvelle cousine n'était pas issue d'une branche obscure et conservatrice des Black.
En observant le visage juvénile qui lui rappelait tant son cousin, Andromeda accepta de tenter de se réconcilier avec son passé. Et elle écrit à Teddy pour lui parler de cette nouvelle cousine, que son parrain connaissait aussi.
Teddy se révéla très curieux de rencontrer Procya. Sa grand-mère parlait peu de sa famille et de sa jeunesse. Son parrain lui avait parlé de Sirius Black, son cousin faussement accusé d'être un mangemort et grand ami de son père. Mais le nom des Black était encore un peu mystérieux pour lui. Et pour un adolescent de 13 ans, l'histoire de cette cousine éloignée qui ignorait tout de ses origines lui semblait presque un récit d'aventures.
Andromeda avait indiqué dans ses lettres que Procya leur rendrait visite à l'occasion des vacances de Pâques et dès qu'il eut posé un pied sur le quai de King's Cross, Teddy ne cessa de poser des questions sur sa mystérieuse cousine.
Et finalement, ils se retrouvaient tous rassemblés dans le salon d'Andromeda, à s'observer les uns les autres, en se demandant ce qui allait bien pouvoir se passer. Le héros de guerre, filleul et parrain. La grand-mère, issue d'une illustre famille que tous avaient oubliée. L'orphelin, qui portait le poids d'un passé qu'il ne comprenait pas toujours, curieux de découvrir une nouvelle branche de son histoire. La jeune fille, étrangère à leur passé commun, soudainement projetée dans cette histoire dont elle ignorait tout.
Procya avait eu l'estomac étrangement noué avant de poser le pied dans la cheminée pour se rendre chez Andromeda Tonks. Mais que faisait-elle donc en plein milieu de l'Angleterre, sur le point d'aller rendre visite à une femme dont elle ne savait presque rien mais avec laquelle elle était liée par un homme dont elle ne savait pas grand chose non plus ? Elle avait hésité quand au lendemain de son arrivée, Harry lui avait proposé de rencontrer Andromeda. Mais Procya savait qu'il fallait qu'elle se lance, sinon elle allait tergiversait pendant des jours. Le rendez-vous fut donc fixé au dimanche midi et face à la cheminée des Potter, quelque chose – l'orgueil, probablement – lui fit ravaler ses sentiments pour bravement lancer la poudre de cheminette dans l'âtre. Quelques instants plus tard, elle faisait face à une femme d'âge mur, l'air un peu coincée mais dont le visage lui était vaguement familier, et un jeune garçon aux cheveux turquoises et aux yeux curieux.
Procya se présenta alors que les Potter arrivaient dans la cheminée derrière elle, et elle avait à peine répondu aux salutations d'Andromeda – la coincée – que Teddy la questionnait sur Beauxbatons. Il lui demanda s'ils avaient les mêmes cours, les mêmes horaires, il lui demanda une description du château – Harry l'avait fait dans une de ses lettres mais ce n'était visiblement pas suffisant.
- Eh bien, je pense que la principale différence, c'est que nous sommes simplement organisés en classes, et non par maison, comme à Poudlard.
- On a des classes aussi, intervint Teddy. Mais j'ai la même depuis la première année.
- Justement : vous êtres répartis dans des classes par maisons et par années. Moi à chaque nouvelle année scolaire, je suis inscrite dans un groupe de cours – une classe donc – avec des gens de mon année, mais la composition de ces groupes varient chaque année.
- Donc tu n'es pas toujours en cours avec tes amis ? S'inquiéta Tedy.
- C'est différent, expliqua Harry. Maintenant que tu es en troisième année, tu as des options et ce n'est pas toujours les mêmes que tes amis. Et tu as des amis en dehors de Pouffsouffle. Donc même dans une école sans maisons, tu peux fréquenter tes amis.
- Tu es Pouffsouffle donc ? Demanda Procya. C'est quelle maison ?
- La maison des personnes généreuses et loyales, fit Teddy avec fierté. Bon, c'est parfois un peu la honte, parce que notre emblème est un blaireau, ce qui est moins cool qu'un lion, un aigle ou un serpent... Mais notre salle commune est la meilleure !
- Quelles sont les autres maisons ? Je crois que mon beau-père était dans celle du lion.
- Gryffondor, confirma Harry. J'étais dans cette maison, ainsi que Ginny et mes parents.
- Les maisons sont héréditaires ? Demanda Procya en fronçant les sourcils.
- Pas forcément, intervint Andromeda, qui était restée silencieuse jusqu'à présent. J'ai été répartie à Serdaigle – la maison de l'aigle, celle des érudits – alors qu'une bonne partie de ma famille était à Serpentard. Teddy est allé à Pouffsouffle comme sa mère, mais son père était Gryffondor.
- Sirius était à Gryffondor, alors que sa famille avait plutôt tendance à être répartie à Serpentard. Mais Gin' et tous ses frères sont passés par Gryffondor, comme leurs parents.
- C'est une histoire de caractère, rebondit Ginny. On est répartis selon nos traits de caractère, et c'est vrai que souvent les enfants développent des traits de caractères semblables à leurs parents. Mais ce n'est pas toujours le cas.
- Mais si vous n'avez pas de maisons, comment vous jouez au Quidditch ? Demanda Teddy, intrigué.
- Eh bien, on forme des équipes, répondit Procya en haussant les épaules. Ca me semble bien plus drôle : le nombre d'équipes varie selon les années, mais on en a toujours plus que quatre. Certaines équipes sont reprises d'année en année et d'autres durent deux ou trois ans, puis disparaissent.
- Quelle est la plus vieille équipe encore en activité ? S'intéressa Ginny.
- Les Cogne-dur, leur équipe a été fondée en 1920 ou quelque chose dans le genre. À l'époque de ma mère, il y avait une équipe qui datait du 19e siècle, mais elle a disparu il y a une dizaine d'années, elle avait beaucoup trop mauvaise réputation...
- Ils étaient mauvais ? Demanda Teddy.
- Non, ils étaient trop brutaux : ils avaient souvent pour stratégie de faire tomber les membres de l'équipe adverse de leurs balais quand l'arbitre avait le dos tourné.
- Et malgré ça, ils sont restés en activité aussi longtemps ?! S'indigna Ginny.
- Personne ne pouvait vraiment le prouver à chaque fois, fit Procya en haussant les épaules. Mais un jour, un joueur à confondu un adversaire avec l'arbitre et l'a fait tomber de son balai : là, c'était difficile de prétendre le contraire.
Ils éclatèrent de rire, et Andromeda eut même un sourire.
- Et est-ce que tu joue au Quidditch ?
- Non, je ne trouve pas ça très intéressant, répondit Procya avec un sourire d'excuse à l'adresse de Ginny. Je n'aime pas trop les balais en général, je préfère voler à dos de cheval.
- Wow, vous avez des chevaux ailés à Beauxbatons ?! S'extasia Teddy, en renversant son verre dans son excitation. Andromeda répara les dégâts d'un coup de baguette en roulant les yeux, sans même que l'adolescent s'en rende compte.
- Oui, mais on ne vole pas vraiment avec, c'est pour les étudier en cours de, euh... Nous on appelle ça la magicozoologie ?
- C'est les Soins aux créature magiques à Poudlard, lui apprit Harry.
- Voilà, on a ça en cours optionnel. Mais je ne suis pas cette option, je connais les chevaux ailés parce que mon beau-père élève des Gronians.
- Wow, c'est trop cool ! J'ai lu quelque chose là dessus dans mon livre sur les créatures magiques !
Procya se lança dans un exposé sur l'élevage de chevaux ailés, et Andromeda invita tout le monde à passer à table. Durant le repas, se furent les deux adolescents qui alimentèrent l'essentiel de la conversation. Ce n'était pas particulièrement par manque d'intérêt de la part des adultes, mais Procya et Teddy avait une discussion tellement animée qu'il était difficile d'en placer une.
Au dessert, la conversation roula sur les liens familiaux. James avait compris que la jeune fille était la cousine de sa Tante Andromeda et Teddy, mais le petit garçon n'arrivait pas à déterminer qu'elle était sa place dans sa famille.
- Procya est la petite cousine d'Andromeda, expliquait patiemment Ginny. Comme quand toi et tes cousins vous aurez des enfants.
- Mais elle est aussi la cousine de papa ? Papa a dit que son parrain à lui était son papa à elle
- Les parrains et les filleuls ne font pas forcément partie de la même famille, expliqua Harry. Ce sont souvent des amis. Ta tante Hermione est ta marraine parce qu'elle est notre amie à maman et moi.
- Oui mais tante Hermione EST ma tante, fit James avec un air d'incompréhension sur le visage.
- Tante Hermione a dit une fois que les sorciers étaient presque tous cousins, intervint Albus d'une voix timide.
- Donc Procya est notre cousine en plus d'être celle de tante Andromeda ? Fit James d'une voix horrifiée.
- Ça n'a pas l'air de te faire plaisir, remarqua Andromeda en retenant un rire.
Le petit garçon secoua la tête violemment en regardant Procya avec désapprobation.
- Non ! J'ai déjà beaucoup trop de cousins, oncle Percy a même dit qu'il y en a dans le ventre de tante Audrey. Est-ce que Procya aura plus de cadeaux que moi à Noël ? S'inquiétât-il.
- Tes cadeaux de Noël ne dépendent pas du nombre de tes cousins, mais de si tu es sage, le prévint Harry. Je suis sure que Procya ne fait jamais de bêtises. Enfin, presque jamais, ajoutât-il en souriant à la jeune fille.
- Ne t'en fais Jamy, tu ne feras jamais autant de bêtises que papa ou oncle Ron. Et non, ce n'est PAS un objectif à atteindre, prévint Ginny en voyant le regard de son fils s'éclairer.
Une fois la tarte aux pommes terminée, James – qui se sentait un peu délaissé par son grand ami Teddy qui semblait lui préférer cette nouvelle cousine, une raison de plus de ne pas l'aimer – réclama une partie de souaffle, et Teddy entraîna les enfants avec lui dans le jardin. Procya se proposa pour aider à débarrasser et elle suivit Andromeda dans la cuisine en portant les assiettes sales.
La jeune fille se sentait désormais beaucoup plus à l'aise, mais elle restait un peu intimidée par cette femme digne et calme. Andromeda empila la vaisselle dans l'évier et fit un geste gracieux de la baguette pour mettre en branle les brosses et les éponges, qui se mirent aussitôt à astiquer les couverts.
- Donc, ton prénom est Procya, fit Andromeda en se retournant vers la jeune fille avec un sourire. Je peux te demander qui l'a choisi ?
- Ma mère, répondit-elle, un peu surprise. Elle m'a raconté qu'elle n'avait pas tellement d'idées, mais qu'elle voulait quelque chose d'original, alors elle est allée voir un visionnomeur. Il lui a conseillé de chercher quelque chose en rapport avec la constellation Canis Minor, et elle a choisi l'étoile la plus brillante de cette constellation. Je sais que les visionommeurs sont devenus un peu ringard, ajoutât-elle avec un sourire gêné. Je ne sais pas si vous y avez encore recours en Angleterre... ?
Andromeda acquiesca et lui fit signe de la suivre.
- Je ne sais pas si tu le sais, mais certaines familles ont des traditions pour choisir des prénoms, lui expliqua Andromeda alors qu'elle entrait dans une pièce meublée d'un bureau et de plusieurs bibliothèques. Et dans la famille Black, la tradition était de choisir des noms d'étoiles...
- Donc la constellation d'Andromède, je suppose ? Devina Procya.
- Tout à fait, fit Andromeda en prenant une boite sur une étagère. Et Sirius, c'est l'étoile la plus brillante du Canis Major, la constellation du Grand Chien.
Andromeda retira le couvercle de la boite et sortit plusieurs photographies anciennes, qu'elle disposa sur le bureau.
- Je trouve donc ça incroyable que sans avoir connu l'histoire de Sirius, ni même son vrai nom, ta mère ai choisi un prénom en rapport avec la constellation Canis Minor, conclut Andromeda en souriant.
Procya lui sourit en retour, ne sachant quoi répondre, et elle préféra se pencher sur les photographies. Andromeda lui désigna une photographie où elle était assise, l'air beaucoup plus jeune, un bébé sur les genoux et un jeune homme à ses côtés.
- C'est moi, peu de temps après avoir eu ma fille Nymphadora, la mère de Teddy. Et à côté, c'est Sirius.
Andromeda sortit une autre photographie de sous la pile, beaucoup plus ancienne. La femme sur la photo se tenait bien droite sur sa chaise, quasi-immobile au point qu'on pouvait penser qu'il s'agissait d'une photo moldue. Elle était superbe dans sa robe à l'ancienne mode. Les traits de son visage étaient sereins, mais elle dégageait néanmoins une impression de supériorité. Procya avait l'impression de voir une version d'elle plus âgée d'une vingtaine d'années.
- Voici ma mère, fit Andromeda. Et là, c'est moi, et à côté ma sœur Narcissa, ajoutât-elle en désignant une autre photographie jaunie. Devant nous, c'est Sirius et son frère Regulus.
Les deux jeunes garçons – Sirius n'avait pas plus de douze ans – posaient aux côté des leurs cousines plus âgées. Une jeune andromeda souriait timidement à l'objectif, mais elle était totalement éclipsée par sa sœur Narcissa, bien plus belle, et qui ne cessait de changer de pose pour trouver la plus avantageuse. Procya remarqua que la photographie était déchirée sur le bord droit.
- Il y avait aussi ma sœur Bellatrix sur la photo, expliqua Andromeda d'une voix un peu tremblante, en surprenant le regard de Procya. J'ai détruit ou déchiré toutes les photos où elle apparaissait, après la guerre.
Procya restât silencieuse, respectant la pudeur de sa cousine. Elle n'oubliait pas ce qu'elle avait lu sur Bellatrix Lestrange.
- Ça a l'air compliqué, de faire partie de la famille Black, commentât sobrement Procya.
Andromeda ne put s'empêcher de rire devant ce résumé de la situation.
- J'en ai longtemps voulu à ma famille d'avoir été ainsi. Conservatrice, obsédée par le sang-pur, étroite d'esprit... Mais en même temps, c'est leur influence qui m'a parfois poussée à faire certains choix de vie. J'étais encore hésitante sur certaines positions politiques quand j'ai épousé mon mari, et le fait d'être rejetée par ma famille m'a permis de comprendre à quel point ils avaient tort, et que leur monde était en train de disparaître. En conséquence, j'ai éduqué ma fille dans la tolérance, et plus tard, elle a fait ce choix de se battre pour ses convictions.
Procya continuait à examiner les photographies, découvrant les visages de membres des familles Black, dans lesquels elle trouvait parfois un détail lui rappelant son propre visage.
- Sirius aussi est le produit de ce que sa famille à fait de lui. Si ma tante Walburga n'avait pas été aussi radicale, il ne se serait peut être pas rebellé contre ses parents. Je crois que Sirius serait heureux de savoir que malgré ses malheurs, il a eu une fille. Surtout aussi gracieuse et impertinente que toi.
La jeune fille lui adressa un sourire. Andromeda avait un ton affectueux quand elle évoquait Sirius, et Procya était fascinée par cette femme qui avait connu son père quand il était enfant. C'était encore une facette différente de la personnalité de son père, différente de ce qu'Harry et sa mère lui avaient déjà appris sur lui.
- De plus, Walburga Black serait enragée de savoir que son fils a eu un enfant sang-mêlé. Et Sirius n'aimait rien de plus au monde que faire enrager sa mère.
Procya ne put retenir un éclat de rire. Quand elles revinrent dans le salon un peu plus tard, les deux cousines arboraient un sourire complice qui réjouit Harry.
D'accord, il y a un looooooonnnnnng passage sur la vie d'Andromeda ^^"
J'ai ressenti le besoin d'écrire ce passage, parce que les descriptions des sangs-purs sont souvent trop caricaturales à mon goût : ils sont tous mangemorts, assoiffés de sang et de pouvoir, ils ne rêvent que de torturer les moldus... Même si JK Rowling décrit une bonne partie des sangs-purs comme étant conservateurs - du moins, ils semblent que les riches le soit, les Weasley ne me semblent pas particulièrement des maniaques de la pureté du sang - ils n'étaient pas tous mangemorts. J'avais besoin d'apporter ces nuances, parce qu'on imagine souvent que les discriminations ou l'extrémisme sont exprimés de manière franche, qu'on les distingue tout de suite... Alors que c'est souvent beaucoup plus pernicieux et donc, plus dangereux.
En résumé : j'avais besoin d'écrire ce passage ^^" J'espère qu'il vous aura intéressé, j'aimerais connaître votre avis sur ma vision des sangs-purs !
J'espère aussi que cette première partie des vacances de Procya vous aura plu !
À mardi ;)
