Chapitre 8 : Vacances anglaises

Il semblait à Harry que la rencontre avec Andromeda avait été un signe encourageant. Il avait donc sorti la correspondance de Sirius qu'il possédait, et l'avait remise à Procya. Celle-ci avait emporté les lettres dans sa chambre, mais n'avait pas encore trouvé le courage de les lire. Elle avait décidé de se donner un ou deux jours avant de s'y attaquer.

L'invitation de Phillipus à visiter le Haras des McThorn avait fourni une distraction bienvenue à Procya. Elle se réjouissait à l'idée de voler un peu sur les chevaux, et elle savait que les Potter serait enchantés de leur visite. À la grande surprise de l'adolescente, ce fut Phillipus qui les accueillit au Haras et leur fit visiter le domaine. Quand elle s'en étonna auprès de sa mère, Épione lui confia que Phillipus avait proposé aux Potter une date où Ignotus était pris toute la journée à un congrès sur les transports magiques.

- Il est sournois, quand même, s'esclaffa Procya. En plus, oncle Ignotus va être encore plus intenable, quand il aura appris ça.

- Ne m'en parle pas, soupira Épione. On va en entendre parler pendant des heures, au repas du clan, dimanche...

Procya et sa mère délaissèrent un peu les Potter à qui Phillipus faisait les honneurs du domaine, et se glissèrent dans les écuries pour que Procya aille saluer ses chevaux préférés.

- Salut Titan, roucoula t-elle à l'adresse d'un étalon en lui caressant le museau. Alors mon grand, tu es en forme ?

L'Ethonan lui donna un coup de tête affectueux, et gratta le sol de son sabot, impatient de se dégourdir les ailes. Procya emmena le cheval dans le pré qui servait à l'entraînement des bêtes et prit rapidement son envol. La sensation de vol sur un Ethonan était différente de celle des Gronians que Phillipus élevait. Les Gronians étaient des chevaux ailés connus pour leur grande vitesse, ils étaient principalement élevés pour réaliser des transports rapides de sorciers, ou pour participer à des courses. Les Ethonans étaient des chevaux plutôt destinés à la voltige, et Titan s'amusait à voler en spirale, faisant rire aux éclats sa cavalière. Talonnant un peu son coursier avec ses pieds, Procya incita le cheval à monter en hauteur. Comprenant la figure qu'ils s'apprêtaient à réaliser, Titan donna de la puissance pour s'élever plus haut. Du coin de l'oeil, Procya aperçut le petit groupe qui s'était rassemblé dans le pré. Quand elle jugea qu'ils étaient assez haut, Procya tira légèrement sur la crinière du cheval et raffermit sa position en se serrant contre le cou de l'animal.

Au sol, Harry regardait avec fascination le ballet aérien. Comme au ralenti, il vit le cheval se cabrer pour tordre son corps, avant de basculer en arrière, tête la première, Procya toujours accrochée à son dos. Les deux silhouettes filèrent vers le sol à toute allure et l'animal se redressa à quelques pieds du sol pour remonter en piqué. Ginny poussa une exclamation de surprise et applaudit la figure, pendant que ses enfants hurlaient de joie.

Quand elle sauta à terre après avoir atterri avec Titan, Procya retint un éclat de rire en constatant l'air ahuri des Potter. Phillipus rayonnait de fierté – son élevage familial et sa fille adoptive brillaient aux yeux du survivant. Épione, fidèle à elle-même, s'était éloignée pour observer les gnomes de jardin qui avaient envahi le champ voisin.

- C'était incroyable, s'extasia Ginny. C'est une toute autre manière de voler qu'avec un balai.

- Maman, on peut faire du cheval ? Demanda avec empressement James.

- Mais bien sur mon bonhomme, fit Phillipus en se penchant à sa hauteur. On a des chevaux plus calmes, et des selles pour les enfants, indiqua t-il à l'adresse des parents. Et je monterais avec eux.

- Vous voulez aussi essayer de monter ? Proposa Procya à Harry et Ginny. Vous avez déjà monté des chevaux ailés ?

- Une fois, des sombrals, indiqua Harry. Longue histoire, éluda t-il en voyant le regard surpris de la jeune fille.

La visite au Haras réconcilia James avec sa nouvelle cousine. Il la regardait constamment avec des yeux émerveillés, et lui offrit plusieurs dessins la représentant sur Titan. En milieu de semaine, Teddy vint rendre visite à Procya.

- Je dois aller sur le chemin de Traverse acheter quelques fournitures, expliqua t-il. Je me disais que ça intéresserait peut être Procya de le visiter avec moi.

- Andromeda est d'accord pour que tu ailles seul sur le chemin de Traverse ? S'étonna Harry, qui était habituellement sollicité pour ce type de sorties.

- Si Procya vient avec moi, je ne serais pas tout seul, répondit finement son filleul.

- Je ne peux pas refuser, dans ce cas là, fit Procya en souriant. Quels sont les endroits typiques à visiter sur le Chemin de Traverse ?

- Teddy connaît toutes les meilleures boutiques, affirma Ginny. Tu peux aussi l'emmener voir mes frères, mais surtout, surveille les, ajoutât-elle en lançant un regard appuyé au jeune garçon.

- Promis Ginny !

Les deux adolescents atterrirent au Chaudron Baveur. Teddy expliqua à sa cousine comment le pub défraîchi servait de porte d'entrée à la rue magique pour les sorciers venant du monde moldu. Ils durent demander à Tom le patron de leur ouvrir le passage de briques, et Procya admira l'effet de la rue qui se dévoilait progressivement à ses yeux. Ils remontèrent progressivement le Chemin de traverse, Teddy lui décrivant les boutiques qu'ils rencontraient au fur et à mesure.

- Là, c'est la boutique d'Ollivander, expliqua l'adolescent alors qu'ils s'arrêtaient devant la minuscule devanture. C'était un grand fabricant de baguette, mais il a pris sa retraite après la guerre. Mais il a formé des sorciers, alors les gens continuent à acheter leurs baguettes chez Ollivander ! Quasiment tous les étudiants de Poudlard viennent ici pour avoir leur baguette avant d'entrer à l'école, fit Teddy en désignant sa propre baguette.

- Vous achetez vos baguettes juste avant d'entrer à Poudlard ? S'étonna Procya.

- Bah oui, pas vous ?

- Je pense que ça dépend des pays, indiqua Procya alors qu'ils reprenaient leur déambulation. Moi j'ai eu la mienne à cinq ans.

- Cinq ans ?! S'exclama Teddy. Mais, et la restriction de l'usage de la magie chez les sorciers de Premier cycle ?

- C'est quoi, ça ?

- Les sorciers mineurs n'ont pas le droit de faire de magie, expliqua Teddy. Bien sur, on en fait à Poudlard, sinon on ne pourrait pas apprendre.

- Je ne crois pas qu'on ai ça en France, fit Procya. Et de toute façon avec ma mère, on voyageait tout le temps. C'est pour ça que j'ai eu ma première baguette aussi jeune, elle voulait que je m'entraîne tôt, au cas où il m'arriverait un truc. Et puis d'après elle, ça évite les accès de magie involontaire.

- Qu'il t'arrive un truc ? Mais quel genre de truc ?

Procya entreprit de lui compter sa rencontre fortuite avec un dragon Opaloeil, alors qu'elle avait échappé à la vigilance de sa mère. Fasciné, Teddy l'écoutait sans l'interrompre, et ils passèrent devant sa boutique préférée dédiée au Quidditch, sans même qu'il s'en aperçoive.

- C'est incroyable toutes les créatures que tu as pu voir ! S'extasia Teddy. J'adore mon cours de Soin aux créatures magiques, mais on ne voit pas grand chose d'impressionnant, se désola t-il.

- Tu verras sûrement des choses plus intéressantes les prochaines années, le réconforta Procya. Dis, c'est quoi la boutique des frères de Ginny ?

Teddy éclata de rire et l'entraîna vers le magasin des frères Weasley. Procya fut un peu déçue de constater qu'il s'agissait simplement d'un magasin de farces et attrapes, mais elle révisa bien vite son jugement en pénétrant dans la boutique.

- Oh, c'est donc ça ces produits que l'on voit à Beauxbatons ! S'exclama t-elle en reconnaissant le double W apposé sur les boites. J'ai déjà vu ces trucs dans mon école, mais je ne savais pas que ça venait d'Angleterre. Comment tu prononce ce mot ? Vi-se-lé ?

- Ce n'est pas un mot, fit Teddy en éclatant de rire. C'est leur nom de famille ! Woui-ze-li, épela t-il.

Procya tentait de prononcer le nom correctement quand Georges fit son apparition, les bras chargés de cartons.

- Qu'ouï-je ? Serait-ce un accent français ?

Il déposa sa pile de carton au sol pour se saisir de la main de Procya et y déposer un baisemain.

- Enchanté, mademoiselle.

Procya lança un regard interrogateur à son cousin, qui répondit par un haussement d'épaules.

- Salut Georges ! Voici Procya, elle vient effectivement de France. Et elle disait justement que vos produits sont utilisés à Beauxbatons !

- Rien que pour ça, je te fais 15% sur toute la boutique aujourd'hui, se réjouit Georges. Bon les jeunes, ce n'est pas que je m'ennuie, mais j'ai du travail.

Il entreprit de ranger ses cartons dans un rayonnage, pendant que les deux adolescents poursuivaient leur exploration de la boutique. Teddy – habitué des lieux – aida Procya à éviter tous les pièges de farce et attrapes disséminés dans la boutique pour amuser les clients. Procya jugea qu'il était bien plus divertissant d'observer les autres se faire avoir, plutôt qu'en être victime soi-même.

- Tu sais quoi, fit-elle d'un ton songeur en observant une étagère présentant un assortiment de poudres destinées à des métamorphoses physiques, je crois que je vais prendre quelques produits en prévision de la Semaine des fous...

- C'est quoi ça ?

Procya lui traduisit littéralement l'expression, avant de lui expliquer cette tradition de Beauxbatons. Au 19ème siècle, un directeur de l'académie passionné d'histoire médiévale avait entrepris de remettre au goût du jour la fête des fous, sorte de carnaval destiné à renverser les traditions. La dernière semaine d'Avril, les élèves étaient autorisés à jouer des farces à leurs camarades et même à leurs professeurs. Ceux-ci supportaient cette semaine avec la plus grande abnégation... Tout en gardant en tête l'idée qu'une fois la fête terminée, ils pourraient se venger en assommant leurs élèves de devoirs et de révisions en prévision des examens qui se déroulaient en juin. Teddy avait les yeux brillants d'envie. La Semaine des Fous paraissait à ses yeux d'adolescent la quintessence de l'amusement.

- Eh Ron ! S'exclama t-il en avisant une tête rousse. Tu savais qu'à Beauxbatons, ils ont une semaine ENTIÈRE consacrée aux blagues ?!

- Oui, répondit Ron en émergeant de derrière une étagère en forme de tête coupée. C'est grâce à ça qu'on a pu se faire connaître en France. Georges m'a confié que nous avions une visiteuse française, ajoutât-il en se tournant vers Procya. Mademoiselle, un conseil, un renseignement ?

- À votre avis... Quelle est la meilleure manière de piéger un anglais ? S'intéressa Procya.

- J'adore les défis, confia Ron en l'entraînant dans les allées. Dans un premier temps, je dirais qu'il te faut au moins trois kilos de poil à gratter, quelques boîtes à Flemme, et peut être un ou deux poulets en caoutchouc...

Quand Procya revint de son excursion sur le Chemin de Traverse avec trois sacs remplis des produits Weasley, Harry eut une pensée compatissante pour l'équipe pédagogique de Beauxbatons.

Son après-midi avec Teddy avait rendu Procya curieuse de connaître la relation entre le père de Teddy et le sien. Dans la soirée, elle prit donc son courage à deux mains pour lire ces fameuses lettres que lui avait confiées Harry. Elle se sentait un peu indiscrète, comme si elle lisait le journal intime d'une personne, mais elle était fascinée à l'idée de lire les mots que son père avait rédigés des années auparavant. Sa mère n'avait connu Sirius que brièvement et lui avait peu parlé de lui, elle n'avait jamais vu de photos de lui avant récemment... Ces lettres étaient une preuve tangible que Sirius avait bien existé : il avait tracé ses mots sur du parchemin bien des années auparavant.

Classées par ordre chronologique, les premières lettres étaient distrayantes, car elles étaient la correspondance insouciante de quatre amis qui sortaient de l'adolescente. En avançant dans le temps, les mentions des crimes de Voldemort et de ses adeptes étaient plus présentes, le ton des courriers plus soucieux. Quand elle se mit au lit plus tard dans la soirée, Procya eut du mal à trouver le sommeil.

Le lendemain matin, elle était maussade et resta la plupart du temps dans sa chambre. Ginny envoya donc un hibou express à son mari pour lui demander de prendre son après-midi. Harry avait choisi de travailler par demie-journées durant le séjour de Procya, en alternance avec Ginny pour garder les enfants. En effet, le directeur du Bureau des Aurors ne pouvait pas s'absenter éternellement, et son tour de garde à Azkaban approchait, il devait donc finaliser certains dossiers avant son départ.

- Procya ? Demanda Harry en frappant à la porte de sa chambre. Je peux entrer ?

L'adolescente était allongée sur le lit, entourée de ce qui semblait être les brouillons d'un devoir de métamorphose.

- Ginny m'a dit que tu n'avais pas l'air dans ton assiette ce matin, commença t-il prudemment.

Procya hocha la tête et lui désigna les lettres qu'elle avait laissées sur la table de nuit.

- J'ai tout lu.

Harry restât silencieux, attendant qu'elle poursuive. Elle cherchait ses mots et se redressa pour se concentrer.

- Je suis triste, déclara t-elle abruptement. Pas parce que... Sirius – elle buta sur son nom, cela lui paraissait toujours bizarre de l'appeler ainsi – est mort, mais parce que j'ai l'impression qu'il n'a pas vécu. Enfin si, il a vécu mais... Mais il a été emprisonné pendant longtemps, et puis il a été un fugitif...

Sa voix se brisa et Harry sentit son cœur se serrer.

- Ce serait mentir de dire qu'il a eu une belle vie heureuse, fit-il doucement. Mais même dans les moments difficiles, il a vécu de beaux moments, et je pense que c'est le plus important. Il a été condamné à tort, mais il a quand même pu me dire à moi, et aux amis qu'il lui restait, qu'il n'était pas coupable. Et toute sa vie, il a pu se battre pour ce qu'il lui paraissait important. Je crois que... Fit Harry en réfléchissant. Je crois qu'il ne faut pas le voir comme un homme condamné et brisé, mais comme un homme qui plaçait l'amitié devant tout.

Procya éclata de rire et renifla en même temps, produisant un bruit que Duncan n'aurait pas hésité à qualifier de « porcin ». Harry fit apparaître un mouchoir au bout de sa baguette et lui tendit. La jeune fille se moucha bruyamment et prit une grande inspiration.

- Maman m'a dit que j'avais un coffre à Gringott's... Est-ce que je pourrais le visiter ?

- Tu peux même le vider complètement, affirma Harry, il t'appartient. Mais si tu es d'accord, j'aimerais le faire, euh... Expertiser, avant que tu rentres dedans. J'ai déjà visité ce genre de coffres, il peut y avoir des choses dangereuses dedans, ajoutât-il en réponse à son regard interrogateur.

- C'est vrai que tu as cambriolé cette banque... Tu sais, si tu voulais voler un dragon, il y avait des moyens plus simples...

- C'est pas le dragon qui m'intéressait, précisa t-il, et non, je ne te dirais pas ce que j'étais allé chercher, sinon il faudrait que j'efface ta mémoire juste après. Je pense qu'il va y avoir un peu de paperasse à faire par rapport à tout ça, si tu es d'accord, je vais mettre mon notaire là-dessus. Tu n'es pas encore majeure, c'est ça ?

- Non, mon anniversaire est en Mai. Je croyais que ça m'appartenait déjà ?

- Ça t'appartient, confirma Harry. Mais je ne crois pas que tu puisse signer des papiers chez le notaire toute seule, il faudra peut être voir avec ta mère. Je te tiendrais au courant quand ton coffre aura été, eh bien... nettoyé !

-o-

Le dernier samedi avant son départ, Procya devait rejoindre ses parents pour assister au repas de famille du clan McThorn. Au grand dam de la jeune fille, Phillipus avait insisté pour qu'elle porte la tenue traditionnelle, et elle avait donc revêtu une robe sorcière très simple, agrémentée du tartan du clan, maintenu par une broche.

- Alors ce sont les couleurs du clan McThorn ? En tout cas ces teintes vont parfaitement à ton teint, fit remarquer Ginny qui l'aidait à ajuster son châle en tartan.

- Oui, le bleu du ciel pour les chevaux, et le gris pour la pierre de l'écosse, expliqua Procya. Bon, j'espère que ça va bien se passer, ça dure toujours des heures ce genre d'événement !

- C'est le propre des fêtes de famille, fit Ginny en souriant.

Quand Procya émergea de la cheminée, elle se retrouva dans le salon de la maison familiale des McThorn. La pièce était déjà pleine de monde, et elle aperçut dans un coin Phillipus qui faisait grise mine, aux côtés d'Épione qui était en grande conversation avec un homme de haute taille. Elle se dirigea vers eux et ils l'accueillirent en souriant, à l'exception de Phillipus, qui continuait à faire la tête.

- Procya ! Comment vas-tu jeune fille ? La salua l'homme en lui tapant dans le dos.

- Je vais bien Ignotus, merci. Bonjour maman, fit elle en l'embrassant, salut Phil !

Celui-ci se contenta de grogner, ce qui déclencha l'hilarité de son frère. Il se pencha vers Procya avec un air de conspirateur.

- Phil fait la tête parce que je viens de lui apprendre que j'ai décroché un contrat avec le haras de San Diego !

- Formidable, le félicita Procya en s'amusant de l'attitude de Phillipus. Il y en a du monde, aujourd'hui, fit-elle remarquer.

- Viens je te présente, l'entraîna Ignotus.

Il lui fit serrer tout un tas de mains, Procya ne parvenant pas à retenir tous les noms. Ignotus avait une anecdote sur chaque personne qu'ils rencontraient, ou presque.

- Ça c'est Terry MacFusty, lui murmura t-il alors qu'ils se dirigeaient vers un homme à la remarquable barbe noire. Ce vieux flibustier se la joue toujours parce qu'il élève des dragons et nous seulement des chevaux !

Après une ou deux heures, l'assemblée se réunit autour d'une longue table pour le déjeuner. Procya jugea qu'il était temps qu'elle avale quelque chose : chaque foutu écossais dans la salle avait sa « petite production artisanale de whisky pur-feu » et tenait absolument à faire goûter des échantillons à chacun, déblatérant pendant des heures sur les notes boisées ou plutôt fruitées de l'alcool. Procya réussit à s'asseoir à table sans trébucher mais préféra ne pas participer aux conversations, n'étant pas sure de parvenir à prononcer les mots correctement.

Au grand désespoir d'Épione, on servit du haggis. Heureusement pour les deux françaises qui avaient le palais trop délicat, d'excellents plats de poissons et des gratins garnissaient également la table. Après plusieurs assiettes, Procya commença à reprendre ses esprits, mais se sentait aussi un peu serrée dans sa robe pourtant assez ample. Alors que le repas touchait à sa fin – il était dix-sept heures passées - Ignotus se leva maladroitement en repoussant son assiette de saumon et prit la parole d'une voix forte.

- Et c'est pour ça que par chez nous, on chante...

- Oh non, murmura Épione.

- Tu crois qu'ils vont le faire... ? Interrogea Procya en se penchant vers sa mère.

- Ils le font toujours, soupira Épione.

Ignotus tenta maladroitement de monter sur la table, avant de se rendre compte que la pinte qu'il tenait encore à la main le gênait dans son ascension. Il vida sa chope d'un trait avant de la poser sur sa chaise, et réussit finalement à se hisser sur la table.

- Tous avec moi !

Il frappa deux fois dans ses mains pour donner le rythme, et il entonna d'une voix un peu pateuse :

« Well a Scotsman clad in kilt left a bar one evening fair
And one could tell by how he walked that he'd drunk more than his share
He fumbled round until he could no longer keep his feet

Then he stumbled off into the grass to sleep beside the street »

Le reste de la tablée entonna la suite de la chanson avec lui, et Procya grimaça au son de l'horrible mélodie qu'ils produisaient tous ensembles.

« Ring ding diddle iddle I de oh ring di diddly I oh
He stumbled off into the grass to sleep beside the street »

Épione affichait à présent un vague sourire et un air distant, et Procya la soupçonna de s'être discrètement administré un sortilège de surdité. A sa gauche, Phillipus lui meurtrissait les oreilles en tentant de chanter plus fort que son frère.

« About that time two young and lovely girls just happened by
And one says to the other with a twinkle in her eye
See yon sleeping Scotsman so strong and handsome built
I wonder if it's true what they don't wear beneath the kilt »

Phillipus empoigna Procya par les épaules pour la faire chanter avec lui, hurlant la reprise dans ses oreilles.

« Ring ding diddle iddle I de oh ring di diddly I oh
I wonder if it's true what they don't wear beneath the kilt »

Sur la table, Ignotus avait été rejoint par deux autres hommes, et ils tentaient à présent de défiler au son de la chanson, slalomant entre les plats.

« They crept up on that sleeping Scotsman quiet as could be
Lifted up his kilt about an inch so they could see
And there behold, for them to view, beneath his Scottish skirt... »

Procya vit Ignotus empoigner son kilt et anticipant ce qui allait suivre, elle préféra se couvrir les yeux d'une main.

" Was nothing more than God had graced him with upon his biiiiiiiiiirth", beugla Ignotus en exposant ses fesses à la face du monde, l'ensemble de la salle partant dans un grand éclat de rire. Ils continuaient d'entonner la chanson avec force.

« Ring ding diddle iddle I de oh ring di diddly I oh
Was nothing more than God had graced him with upon his birth »

Ignotus voulu s'appuyer sur un de ses camarade de chanson mais il manqua son coup et dégringola de la table dans l'indifférence générale, alors que l'assemblée entonnait le couplet suivant.

« They marveled for a moment, then one said we must be gone
Let's leave a present for our friend, before we move along
As a gift they left a blue silk ribbon, tied into a bow
Around the bonnie star, the Scot's kilt did lift and show »

Plusieurs personnes dans l'assemblée levèrent leurs baguettes pour faire jaillir des étincelles d'un bleu électrique, donnant un peu plus une atmosphère d'apocalypse à la scène qui se déroulait sous les yeux de Procya.

« Ring ding diddle iddle I de oh ring di diddly I oh
Around the bonnie star, the Scots kilt did lift and show »

Merlin merci, c'était enfin le dernier couplet.

« Now the Scotsman woke to nature's call and stumbled toward the trees
Behind a bush, he lifts his kilt and gawks at what he sees
And in a startled voice he says to what's before his eyes.
O lad I don't know where you been but I see you won first prize »

"Oh lad', I don't know where you been but I see you won first priiiiiiiiiiiiize", beugla Phillipus en reprise, faisant durer la note.

La salle éclata en applaudissements enthousiastes, chacun congratulant son voisin avec force claques dans le dos et accolades. Procya échanga un regard blasé avec sa mère, pendant que Phillipus marmonnait dans son coin « ça... ça c'est de la bonne musique, ça... »

- Je propose de fuir avant qu'ils n'entonnent la balade d'Odo, chuchotât Épione à sa fille.

- Oui, mais au moins quand ils chantent la balade d'Odo, ils ne montrent pas leurs...

La fin de la phrase de Procya se perdit dans les applaudissements qui saluaient la prestation d'Ignotus, qui avait enfin réussi à se redresser.

-o-

Procya était heureuse d'avoir encore une semaine de vacances devant elle avant la reprise des cours. La semaine avait été assez éprouvante émotionnellement, même si elle refusait de l'avouer. Avant de partir, elle avait confié à Harry un petit paquet, contenant un cadeau d'anniversaire pour Teddy qui devait bientôt fêter ses 14 ans et une lettre l'invitant à lui écrire. Pour remercier les Potter de leur hospitalité – et Harry pour son écoute – elle leur avait laissé deux bouteilles d'excellent Whisky pur feu, aisément soutirées à Ignotus qui était plus que ravi de faire goûter sa « petite production artisanale » (« du 10 ans d'âge, tu m'en diras des nouvelles »).

De son côté, Procya était repartie avec dans ses bagages des copies des lettres que lui avait données Harry. Elle avait préféré lui laisser les originaux, en l'incitant à les transmettre à Teddy.

- Je dois avouer que je n'ai pas encore osé lui donner, confia Harry. Je le trouve encore un peu jeune, mais je suppose que je le verrais toujours trop jeune... Ajoutât-il, en ayant une pensée pour le professeur Dumbledore.

- Il y a des chagrins nécessaires, répondit Procya en lui serrant le bras affectueusement.

De retour de l'autre côté de la Manche, Procya entreprit d'achever ses devoirs pour la rentrée et surtout, d'écrire une longue lettre à Chiara afin de lui raconter son séjour en Angleterre : elle savait que son amie ne pourrait pas attendre d'être revenue à Beauxbatons pour connaître tous les détails. Épione et Phillipus étant quant à eux surpris – mais soulagés – de voir Procya se comporter à nouveau normalement. Elle prit même l'initiative de discuter avec eux de son grand-père : elle avait décidé qu'il était important de partager les récents événements avec lui. Épione renâcla un peu – personne n'avait envie d'avouer à André Roisnel que sa fille avait fréquenté un anglais – mais elle se laissa finalement convaincre.

- Entrez, entrez ! Mais plus vite enfin, le roti va brûler !

Procya, Épione et Phillipus se pressèrent dans le couloir, se bousculant les uns les autres, tandis qu'André trottait vers la cuisine dans un chuintement de pantoufle.

- Aie, Phil, tu m'as poussée contre le porte-manteau !

- N'importe quoi, c'est ta mère qui prend toute la place !

- Eh !

Tant bien que mal, ils réussirent à se dépêtrer de leurs manteaux, bonnets et écharpes, pour enfin rejoindre André dans la cuisine. Il avait revêtu un tablier usé qui proclamait « c'est moi le chef » et il scrutait son rôti à travers la vitre du four, en marmonnant pour lui même.

- On a ramené un gâteau, annonça Épione en déposant le carton de la boulangerie sur la table de la cuisine.

- Parfait ! Aller, on a juste le temps de prendre l'apéro avant que ce soit cuit ! Hop hop !

Il les dirigea vers le salon, où il servit à chacun sa boisson préférée, avant de se laisser tomber dans son fauteuil avec un grognement de satisfaction.

- Alors les enfants, quelles sont les nouvelles ?

- Eh bien... Comme tu le sais, nous avons récemment fait un voyage au Royaume-Uni...

Phillipus et Procya échangèrent un regard blasé. Ils avaient longuement discuté de comment raconter les derniers événements à André, Procya suggérant de tout lui raconter de but en blanc, Épione préférant lui annoncer progressivement. Mais celle-ci n'en avait pas démordu, et avait insisté pour faire les choses en douceur.

- Ah oui, j'ai bien reçu votre carte postale. Comment va ta famille, Phillipus ?

- Très bien, merci André. C'est vrai que ça faisait un moment que je ne les avait pas vus, et...

- Et moi je suis allée en Angleterre, pas en Écosse, le coupa Procya.

André fronça le nez de dégoût à la mention de la Perfide Albion, et Épione fusilla sa fille du regard.

- Mais qu'est-ce que tu es allée faire là-bas ? C'est toute cette musique Rock que tu écoute, hein... Mon dieu, je le savais, maintenant les jeunes collent tous des drapeaux britanniques sur leurs sacs et écoutent les Beatles !

- Oh non, Procya écoute plutôt les One Direction, fit Épione pour tenter de détourner la conversation.

- N'importe quoi ! S'indigna sa fille.

- C'est quoi les One Direction ? S'intéressa le vieil homme.

- Un groupe de cinq garçons qui chantent et...

- J'ai juste chanté UNE FOIS une de leurs chansons qui passait à la radio !

- Et tu as dansé dessus, aussi, ricana Phillipus.

- C'était entraînant et puis... Et puis c'est pas le sujet, d'abord ! Se reprit Procya. Elle se tourna vers son grand-père. Papi, je suis allée en Angleterre pour en apprendre plus sur mon père.

Phillipus s'étrangla avec sa bière et Épione soupira. Autant pour la diplomatie.

- Ton père ? Mais pourquoi en Angleterre ? Interrogea André, les sourcils froncés. Oh !

- Papa... Tenta Épione.

- Mais tu m'avais dit qu'il était espagnol !

- Non, j'ai dit qu'il était étranger, et que je l'avais rencontré sur une île espagnole... Fit-elle en soupirant.

- Ah bah oui, c'est sur que dit comme ça on voit clairement la différence...

- Bon, bref. Il s'avère que j'ai récemment été contactée par quelqu'un qui avait des informations et...

- Attends attends... Fit André en posant son verre sur la table. Tu veux dire que ma petite-fille, mon unique petite-fille, la prunelle de mes yeux est à demi anglaise ?!

- Eh bien oui, a priori...

Le grand-père se renversa dans le fauteuil, portant la main à son cœur de façon dramatique.

- Comment as tu pu faire ça à ton vieux père ?! Un ANGLAIS !

- Je te parie que dans deux minutes, il va avoir besoin de son inhalateur... Murmura Procya à Phillipus.

- Enfin papa quelle différence ça peut bien faire aujourd'hui ?!

- Est-ce que tu savais ? Demanda André en pointant un doigt accusateur sur sa fille. Avais tu connaissance de cette infamie ?

- Son accent était assez caractéristique et...

- Ah ! Vite, mon inhalateur, je me sens mal ! S'écria André en s'éventant avec un magazine de mots croisés.

- Qu'est-ce que ça peut faire ? S'énerva Épione. J'ai bien épousé Phillipus !

- Ça n'a rien à voir, il est écossais. Et les écossais ont toujours été de fidèles alliés de la France ! La petite Mary d'écosse a grandit en France, et elle s'est fait décapitée par cette horrible harpie d'Elizabeth !

- Tiens papi, ton inhalateur, fit Procya qui avait fini par débusquer le petit tube en plastique sous une pile de magazines.

Le vieil homme s'empara de son médicament et prit une grande bouffée en fermant les yeux. Puis il saisit les mains de sa petite-fille avec un regard brillant.

- Ma pauvre chérie, et dire que tu es à moitié anglaise... Ma pauvre petite...

- Ça suffit enfin papa ! S'écria Épione en jaillissant de son fauteuil. Arrête de nous faire ton numéro, tu prends un malin plaisir à te donner en spectacle et tu ne penses même pas à ce que peut ressentir Procya !

- Mais un anglais ! Tu as eu une relation avec un anglais !

- Oui eh bien actuellement je couche bien avec un écossais et ça ne semble pas te poser plus de problèmes que ça !

- Euh... Tenta Phillipus, qui était devenu écarlate.

- Trahi par ma propre fille...

- Oh arrête un peu, tu déteste les anglais uniquement parce que leur équipe de rubgy à battu la France en 91 !

- Et c'était une victoire totalement déloyale, la France aurait du gagner !

- Tu es insupportable ! Cria Épione.

Sa voix résonna dans la pièce et les verres posés sur la table explosèrent. Épione sortit de la pièce à grande enjambées, et on entendit la porte d'entrée claquer derrière elle.

- Je vais réparer ça, marmonna Phillipus en sortant sa baguette.

Une sonnerie stridente se mit à retentir depuis la cuisine.

- Mon rôti ! S'écria André alors qu'une odeur de brûlé pénétrait dans la pièce.

Phillipus le suivit pour évaluer les dégâts et Procya préféra sortir. Épione s'était éloignée sur la terrasse et lui tournait le dos. Procya reconnut une odeur caractéristique.

- Maman, tu fumes ? S'étonna t-elle.

Épione souffla un long panache de fumée.

- Oui.

Procya s'approcha de sa mère, croisant les bras pour se protéger un peu de la fraîcheur nocturne.

- Mais enfin d'où tu sors ces cigarettes ?

- De ma chambre, fit Epione en haussant les épaules. Accio. Je ne pensais pas que ce paquet était encore à sa place, ça fait un bail, ça explique le goût infâme, ajoutât-elle avec une quinte de toux.

- Donc ma propre mère fumait en cachette de ses parents... Il y a autre chose que tu voudrais confier à ta fille... ?

- Tu voudrais me faire croire qu'à ton âge, tu n'as jamais essayé de fumer ? Demanda Épione.

- Non, répondit paisiblement Procya. Mais j'ai déjà été saoule, confia t-elle.

- C'était inévitable, à force de fréquenter la famille de Phil... Commentât Épione d'un blasé. Donc tu n'as jamais fumé, mais tu as déjà bu, résuma t-elle. D'autres dangers typiques de l'adolescence en vue ?

- Euh...

- As-tu eu des relations sexuelles ?

- Ben... À moitié... Confia Procya, prise au dépourvu.

- Comment peut-on avoir seulement à moitié... S'interrogea Épione d'une voix songeuse. Oh !

Elles restèrent un moment sans rien dire, dans un silence paisible, quoique légèrement empreint de gêne.

- Et... Tu veux m'en parler ? Tenta Epione en jetant son mégot à terre, avant de l'écraser sous sa chaussure.

- Non maman, tout va bien, la rassura sa fille avec un sourire. Maman... Je suis désolée pour tout ça... Je veux dire, pour ces dernières semaines, pas pour les relations sexuelles, ajoutât-elle précipitamment alors qu'Épione riait. Je suis désolée de pas avoir pensé au fait que pour toi aussi, c'était bouleversant.

Épione enlaça sa fille en la serrant fortement, et ils finirent par reprendre le chemin de la maison. Dans la cuisine, Phillipus avait réussi à endiguer le début de l'incendie du four. La cuisine paraissait intacte, mais l'odeur de brûlé persistait dans l'air. Le rôti gisait dans son plat, découpé en tranches et maladroitement débarrassé des parties les plus calcinées. Assis autour de la table, les deux hommes échangeaient des banalités en arborant des sourires crispés. Paisiblement, Épione s'assit à sa place attitrée – celle avec le rond de serviette décoré de fleurs – et entreprit de se servir des pommes de terre. Au bout d'un moment, elle remarqua que tous les regards étaient braqués sur elle et elle releva le nez de son assiette.

- Quoi ? J'ai faim.

Procya haussa les épaule et s'assit à son tour, imitant sa mère en se servant dans les plats. Phillipus entreprit de faire de même, jugeant plus prudent de manger tant que la nourriture n'était pas encore totalement carbonisée. André croisait ostensiblement les bras, les lèvres pincées.

- Et donc tu ne compte pas en dire plus ? Finit-il par craquer.

- Je te préviens papa, fit Épione en pointant sur lui une fourchette pleine de salade. Si tu ose seulement refaire ne serait-ce qu'un quart de la scène de tout à l'heure, je vais te pourrir la vie. Je planquerais tes pantoufles et tes lunettes, j'annulerais ton abonnement de mots croisés, je te ferais passer pour un vieux sénile devant tout le monde et peut être même que j'irais jusqu'à rayer tous tes CD de Claude François. Devant une telle menace, André ouvrit la bouche pour protester, mais sa fille ne lui en laissa pas le temps.

- N'essaie même pas. Tu vas m'écouter.

André ouvrit et referma la bouche plusieurs fois, et se mit à bougonner pour lui même. Procya et Phillipus étaient secoués d'un rire silencieux. Épione entreprit de raconter comment elle avait été contactée par Harry, et ce qu'il lui avait révélé sur Sirius. Procya prit le relais pour parler de son voyage en Angleterre et de ce qu'elle avait découvert sur les Black et sur son père. Son grand-père ne réagit pas à la mention de son héritage faramineux, en revanche il bougonna que « Sirius, c'est quand même un sacré nom débile », mais personne ne releva. À la fin de leur récit, André n'avait toujours pas décroisé les bras – tentant vainement de se donner un air menaçant – et tous les plats étaient vides – Phillipus aussi avait faim.

- Donc, ma petite-fille est à demi anglaise ?

- Oui, fit Épione en roulant des yeux.

- C'est la fille d'un type recherché pour des trucs super graves qu'il n'a en fait pas commis ?

- Oui...

- Et ce type venait d'une famille de sorciers complètement siphonnés ?

- Oui !

- Bon. On le mange ce gâteau ? Vous avez tout mangé et moi j'ai faim !

Une bref lueur de meurtre traversa les yeux d'Épione, et sa fille lui tapota l'épaule avec compassion.


Tout d'abord : PARDON L'ECOSSE. Pardon pour tous ces terribles clichés sur l'écosse et cette déplorable description de ce fier peuple. Mais je n'ai pas pu résister à la tentation d'écrire cette scène en ré-écoutant cette chanson qui me fait tellement rire... Il s'agit de "the drunk scotsman" qui est - comme son nom l'indique - une chanson à boire typiquement écossaise, et c'est l'une de mes chansons préférées. Merci de ne pas en tirer des conclusions quant à mon style de vie... Vous pourrez probablement l'écouter sur Youtube mais en résumé, c'est l'histoire d'un écossais qui sort d'un pub complètement saoul et s'effondre dans des buissons. Deux femmes passent par là et se demandent si la légende sur les kilts portés sans rien dessous est vraie... Voilà voilà.

J'espère que ce chapitre vous a plu ! J'ai particulièrement aimé écrire la sortie de Procya avec Teddy. Dans le prochain chapitre, Procya retournera à Beauxbatons, et vous pourrez découvrir quelques traditions typiques de l'école !

À vendredi ;)