Chapitre 12 : flectit sed non cedat

Mary Wilson se rongeait les ongles nerveusement. Encore. Il faut dire que le stress des dernières semaines ne l'avait pas aidée à se débarrasser de cette mauvaise habitude. Non seulement, elle avait dû supporter Rita Skeeter au quotidien – elle avait faillit l'écharper quand elle avait oublié d'enlever le flash de son appareil photo – mais en plus, elle se sentait coupable. Elle avait épié une adolescente pour pouvoir faire un article et en plus, elle n'avait même pas réussi à faire publier un papier sérieux : Rita l'avait pris en traître en refilant au dernier moment une version corrigée de leur article au responsable de l'imprimerie de la Gazette. Mary ignorait quelle information compromettante Rita détenait sur ce pauvre homme, mais cela devait au moins être un meurtre dissimulé, car celui-ci suait à grosses gouttes dès que Rita était dans les parages.

Malgré l'aspect outrageant de l'article qui avait paru, Edgar Pittiman s'était déclaré satisfait : avec cette Une, ils avaient réalisé leurs meilleures ventes depuis le début de l'année. Mary avait décidé d'oublier toute cette histoire et s'en était retournée à son article sur la réouverture du musée du Quidditch : ça c'était de la vraie information, fiable et utile. Et au cas où, elle avait racheté un flacon de vernis amer.

Et puis Edgar l'avait à nouveau convoquée dans son bureau, et l'avait informée que la Gazette avait reçu un courrier de la jeune Procya Black : celle-ci organisait une conférence de presse ce samedi, et Mary était invitée à y assister, ainsi que Rita. Anticipant sa question, Edgar avait dit « oui Mary, Rita viendra » et la pauvre journaliste avait repris le chemin de son bureau en songeant sérieusement à une reconversion professionnelle dans le secteur de la botanique.

Elle se retrouvait donc assise dans l'un des salons privés du Chaudron Baveur, à se ronger nerveusement les ongles en attendant le début de la conférence de presse. Rita n'était pas encore arrivée – ça, c'était plutôt une bonne nouvelle – mais plusieurs journalistes étaient déjà présents : Glenda Chittock de la RITM, Olga Clagg de Sorcière Hebdo, ainsi que trois autres personnes qui discutaient en français.

Au bout de quelques minutes, la porte du salon s'ouvrit, laissant passer Procya Black, Harry Potter, et une femme que Mary reconnut être Hermione Weasley-Granger, la célèbre héroïne de guerre. Ils prirent place sur des chaises installées derrière une table et les journalistes rejoignirent les différents fauteuils disposés en arc-de-cercle à leur intention.

- Bonjour à tous, fit Procya. Suite aux différents articles parus à mon propos ces deux derniers jours, j'ai souhaité m'exprimer à ce sujet. Je parlerais en anglais, mais aussi en français, ajoutât-elle dans sa langue maternelle en regardant les trois journalistes français qui hochèrent la tête. Je vous invite à intervenir si vous souhaitez que je me répète en français.

Procya rassembla ses notes et s'éclaircit la voix.

- Dans un premier temps, je souhaite confirmer une information : je suis effectivement la fille de Sirius Black. Je tiens à signaler que l'article paru dans la Gazette du sorcier ne cite pas de source fiable concernant cette information – Mary se tassa sur son siège, mal à l'aise – et je m'étonne que des professionnels de l'information aient pu diffuser ce genre de propos sur une personne mineure sans prendre le temps de solliciter les personnes concernées.

Elle répéta son bref discours en français, et poursuivit sa prise de parole, pendant que les différents journalistes prenaient frénétiquement des notes.

- L'identité de mon père m'a été communiquée par monsieur Potter il y a seulement quelques mois, qui lui même n'a eu connaissance de cette information que tardivement. En hommage à mon père, j'ai récemment pris la décision de me faire connaître sous le nom de Procya Roisnel-Black. Ayant conscience du passé trouble de la famille Black, je refuse de porter un nom en rapport avec des personnes qui ont défendu des théories sur la pureté du sang. Aussi, j'ai pris la décision de changer la devise de la famille Black.

La jeune fille fit léviter un rouleau de parchemin, qui se déroula à l'horizontal, révélant une maxime calligraphiée : « flectit sed non cedat ».

- « Plie mais ne cède pas », traduisit Procya avec un petit air satisfait. Il s'agit d'une devise qui représente des valeurs qui me sont chères, telles que la ténacité et la capacité à se remettre en question. À présent, je me tiens à votre disposition pour répondre à vos questions.

Quasiment tous les journalistes levèrent la main. Procya fit un hochement de tête en direction de la journaliste de la RITM.

- Glenda Chittock, je travaille pour la RITM, se présentât-elle. Miss Roisnel-Black, vous déclarez changer la devise de la famille Black pour vous distancier du passé de la famille Black, pourtant, le nom de Bellatrix Lestrange y sera toujours associé ?

- C'est vrai, et il serait présomptueux de ma part de tenter de réécrire le passé. Cependant, je ne crois pas que nous devons nous laisser définir par des noms ou par le passé. J'ai choisi de porter le nom de mes deux parents car ils représentent chacun une partie de mon passé, et j'espère prouver par mes actes futurs qu'un nom de famille controversé ne nous empêche pas de vivre selon nos valeurs personnelles, comme l'a fait mon père.

- Baptiste Dufort pour l'Hebdo des Sorciers, enchaîna l'un des français. Quand vos parents se sont rencontrés, votre mère avait-elle connaissance que Sirius Black faisait partie de l'Ordre du Phénix ? Votre mère a t-elle fait partie de l'Ordre du Phénix ?

- Ma mère n'a pas connu mon sous sa véritable identité, répondit Procya après avoir traduit la question du journaliste. Ils se sont rencontrés dans un lieu isolé, que Sirius Black avait choisi pour se cacher, et que ma mère avait choisi pour mener une étude zoologique. C'est le seul commentaire que je ferais sur leur relation.

- Viviane Helisse, je suis envoyée par Matin Magique. Ma question s'adresse également à Monsieur Potter : quels sont vos liens ? Monsieur Potter, étiez-vous au courant de l'existence de Mademoiselle Roisnel-Black ?

Procya traduisit la question à Harry, qui fit signe qu'il allait répondre.

- Comme l'a dit Procya plus tôt, j'ignorais l'existence de Procya il y a encore quelques mois. J'ai découvert son existence en réalisant des démarches administratives. Sirius Black était un proche ami de mes parents, et il a fait partie de mon entourage à une époque où j'avais peu d'alliés. C'est en souvenir de ces moments que j'ai entrepris des démarches afin de faire la connaissance de Procya, avec qui j'entretiens des relations amicales.

Procya traduisit à nouveau l'échange, et une autre journaliste leva la main.

- Olga Clagg, pour Sorcière-Hebdo. Miss Roisnel-Black, comment avez-vous vécu la découverte de l'identité de votre père ? Est-ce que cela n'était pas trop bouleversant ?

- Bien sur que ça l'a été, répondit Procya en haussant un sourcil. Principalement en raison du fait que beaucoup d'informations diverses ont été portées à ma connaissance d'un coup. Mais depuis, j'ai pû en apprendre plus sur mon père et sa vie, et je suis heureuse aujourd'hui d'en savoir plus sur lui.

Mary – qui s'était contentée de prendre des notes jusqu'à présent – se décida à intervenir.

- Mary Wilson pour la Gazette du Sorcier. Avez-vous d'autres projets pour la famille Black ?

- Je n'ai pas d'autres projets actuellement, que celui de passer mes BUSES dans quelques semaines, répondit Procya.

- J'ai une question pour Madame Granger-Weasley, intervint Glenda Chittock. Madame, vous êtes présente aujourd'hui, faites-vous partie du cercle de proches de Miss Roisnel-Black ?

- Je vous remercie pour votre question, Glenda, fit Hermione. Vous n'êtes pas sans savoir que de par ma fonction au Ministère, je suis régulièrement amenée à vous rencontrer, ainsi que vos collègues des médias. Je ne suis présente aujourd'hui que pour conseiller Miss Roisnel-Black dans ses relations avec les médias.

- Miss Roisnel-Black, intervint Baptiste Dufort. D'après certaines informations, ils semblent que vous ayez hérité de la fortune de la famille Black qui est... Eh bien, c'est une fortune. Que comptez-vous faire de cet argent ?

- Je pense que votre question rentre dans la catégorie des projets à venir, et comme je l'ai dit plus tôt, je n'ai pas d'autres objectifs que mes BUSES, dans les semaines à venir.

Harry prit soigneusement note du fait que les gobelins se laissaient aller à faire fuiter certaines informations. Viviane Helisse s'apprêtait à poser une autre question, quand la porte de la pièce s'ouvrit avec fracas. Une Rita Skeeter décoiffée, le regard fou, avec le visage et les vêtements couverts de suie, fit son entrée dans la pièce d'un pas vacillant, produisant un claquement à chacun de ses pas. En baissant les yeux vers le sol, ils purent tous constater que le bruit était produit par un seau en bois dans lequel la journaliste avait vraisemblablement coincé son pied droit.

- Madame Skeeter, s'étonna Harry. Il semble que vous ayez eu des difficultés à trouver le lieu de notre réunion. C'est dommage, nous terminions justement !

Olga Clagg tenta de camoufler son fou rire en se dissimulant derrière l'énorme plume fuchsia dont elle se servait pour prendre des notes et l'un des journalistes français prit une photo, avant de commenter, ravi, la scène avec sa collègue.

- Une dernière question, si vous me permettez, ajoutât Glenda Chittock, qui réprimait un sourire. Je pense parler au nom de tous mes collègues, seriez-vous prête à nous accorder une interview ?

- Je suis navrée Madame Chittock, fit Procya avec un sourire d'excuses. Je ne m'exprimerais plus à ce sujet. Je vous remercie tous de vous être déplacés pour m'écouter.

Comprenant que la conférence de presse étaient terminée, les journalistes ramassèrent leurs affaires et quittèrent les lieux, en commentant les différentes informations qu'ils avaient obtenus. Certains d'entre eux s'arrêtèrent pour serrer la main à Hermione et à Procya, mais Harry s'était soigneusement éloigné dans un coin en faisant semblant de rassembler ses affaires. Procya et ses deux compagnons quittèrent à leur tour le salon, laissant là une Rita Skeeter toujours sonnée, mais qui réussit tout de même à leur jeter un regard venimeux.

- C'était un beau résultat, commentât Hermione quelques minutes plus tard alors qu'ils s'étaient réunis dans le salon d'Harry. Qu'est-ce que tu as fait à Rita ?

- J'ai donné quelques gallions au barman pour qu'il lui indique la mauvaise porte, et j'ai ensorcelé un placard à balais pour qu'elle y reste coincée. Elle doit d'ailleurs connaître de sacrés sorts pour avoir réussi à sortir ! Et puis, il est possible que j'ai déposé dans ce placard une dizaine de pétards mouillés du Docteur Flibuste, avec un petit enchantement de combustion à retardement, fit Procya en haussant les épaules.

- Tu crois que ce journaliste français pourrait me donner une copie de la photo ? Demanda Harry d'un ton rêveur.

-o-

Quand elle dût repartir à Beauxbatons ce lundi-là, un véritable comité d'accueil attendait Procya dans le salon. Au lieu de l'embrasser rapidement comme à leur habitude, Épione et Phillipus patientaient près de la cheminée, et André avait fait le déplacement, tenant dans ses bras Vivian qui avait daigné se réveiller un peu plus tôt.

- Passe une bonne semaine ma chérie, fit Épione en la serrant contre elle. Ignore ce que diront les gens et reste auprès de tes amis, ils sauront te soutenir !

- Concentre toi sur BUSES, lui conseilla Phillipus du ton bourru qu'il adoptait quand il cherchait à masquer son émotion. Tu as un objectif, c'est le plus important.

- Balance un sort au premier qui t'emmerde, assura André. Comme ça, les autres oseront pas t'approcher.

- Enfin papa, elle va pas attaquer tout ceux qui parlent derrière son dos !

- Ben elle devrait ! Je refuse que ma petite fille se fasse embêter !

- Je resterais près de mes amis, je travaillerais pour mes BUSES et j'éviterais de récolter des retenues pour avoir provoquer en duel ceux qui murmurent sur mon passage, assura Procya en souriant aux trois adultes, à la grande déception de son grand-père.

Vivian approuva ses résolutions en lui léchant les oreilles, répandant sa bave gluante sur le chignon que Procya avait soigneusement réalisé ce matin. Elle les embrassa tous et sauta dans la cheminée, non sans s'être appliqué un petit sort de nettoyage auparavant. Quand elle se matérialisa dans la Galerie des Âtres, elle prit une grande inspiration avant de poser un pied en dehors de la cheminée.

Quelques regards curieux l'accompagnèrent sur son chemin jusqu'à la sortie de la galerie, mais la cohue habituelle du lundi matin empêchait les élèves de trop s'intéresser à elle. Chiara l'attendait dans les jardins en compagnie de Duncan, Mathilde et Aurélia. Sa meilleure amie arborait un air serein, mais le reste de la troupe avait du mal à masquer sa curiosité.

- Tout est vrai, ou presque, fit Procya en prenant les devants. J'aurais plein de choses à dire sur le sujet, mais on a des BUSES qui approchent, d'accord ?

- Quoi, on n'a même pas le droit à des révélations exclusives ?! S'indigna Duncan.

Aurélia sortit sa baguette de sa poche pour jeter un sort de mutisme à leur ami, avant de demander paisiblement à Procya si elle avait révisé les propriétés du sang de dragon pour l'examen de potions. Procya lui adressa un sourire reconnaissant et leur petit groupe prit le chemin de leurs cours, Duncan rageant en silence en attendant que le sortilège se lève.

Cette fois, Procya put enfin de concentrer pleinement sur ses révisions. Elle était intransigeante avec ses amis quand il s'agissait de les aider à potasser leurs cours de Métamorphose, mais Aurélia se révéla bien plus tyrannique qu'elle quand Procya eut la mauvaise idée de lui demander un peu de soutien pour les potions. Quelques élèves chuchotaient sur le passage de Procya dans les couloirs, mais la sévérité des professeurs occupa bientôt toutes leurs pensées. Les articles qui étaient parus suite à sa conférence de presse étaient bien plus intéressants, et Procya était très satisfaite de voir sa nouvelle devise reprise dans la presse.

Les BUSES se passèrent relativement normalement. Elle brilla en Métamorphose et en Sortilèges, passa ses autres matières plutôt sereinement, et ressortit de son épreuve de Botanique en rendant une copie quasi-vierge. Quant à l'épreuve pratique, elle se tint soigneusement à distance du géranium dentu qu'elle était censée rempoter et se contentât d'expliquer à l'examinateur la procédure à suivre.

Leurs examens terminés, les étudiants qui venaient de passer leurs BUSES ou leurs ASPIC purent retourner chez eux, tandis que les autres années étaient condamnées à subir encore deux semaines de cours supplémentaires. Procya mit ce temps à profit pour organiser la fête qu'elle avait promise à ses amis, et à préparer un autre projet qu'elle mûrissait depuis quelques semaines.

- Il faut que je vous parle, déclara t-elle solennellement un soir lors du dîner.

- Oh non, grogna Phillipus. Aïe ! S'exclama t-il quand Épione lui donna un coup de coude agaçé.

- Vous savez que Beauxbatons, Durmstrang et Poudlard organisent des échanges scolaires pour les septièmes années...

Épione poussa un profond soupir.

- Dis moi que tu ne vas pas pleurer, maman, fit Procya d'une petite voix.

- Je te promets de pas pleurer, Cicy, répondit sa mère avec un pauvre sourire.

- J'aimerais aller passer ma septième année à Poudlard, expliqua la jeune fille, confirmant les soupçons de sa mère. J'ai commencé à rédiger mon dossier de candidature.

- Ce n'est pas trop tard pour candidater ? Demanda Phillipus, pragmatique.

- Il faut juste que le transmette à l'académie avant qu'on reçoive les résultats de nos BUSES.

- Tu vas me manquer, fit Épione en levant pour enlacer sa fille.

- Tu es d'accord ? S'étonna Phillipus. Et puis sa candidature n'a pas encore été acceptée !

- Elle est majeure, Phil, on ne serait pas d'accord, qu'elle le ferait quand même.

- Oh, je sens que vous allez me ressortir cette histoire de majorité à toutes les sauces... Grogna t-il en se resservant des lasagnes.

- Et puis c'est inutile de faire semblant : elle aura de très bons résultats à ses BUSES, elle sera forcément acceptée !

- Sauf en botanique, je suppose...

- Tu trouves que c'est une mauvaise idée que j'aille à Poudlard ? S'agaça Procya.

- Bien sur que non, c'est juste que tu vas beaucoup trop me manquer, soupira Phillipus en l'enlaçant à son tour.

Ils restèrent silencieux un moment, blottis les uns contre les autres, la gorge serrée.

- Il y a un autre truc dont je voulais vous parler...

- Oh non...

- La fête que j'organise pour la fin des examens et mon anniversaire... Je veux tout payer moi-même.

- Ça nous ferait plaisir de nous en occuper, Cicy chérie, tu l'as bien mérité, après ces derniers mois...

- De toute façon je fais ce que je veux, j'ai de l'argent et je suis majeure.

- Qu'est-ce que j'avais dit ? Fit Phillipus à son épouse d'un ton blasé.

-o-

'Ooooh, i'm on to-night, 'cause you know my hips don't lie !'

Procya et Chiara hurlaient les paroles de la chanson, se tenant par les épaules en levant leurs bouteilles de bièraubeurres.

- C'est pas mal, cette musique moldue ! Commentât Aurélia, qui dansait avec Mathilde. Mais ça vaut pas Donna Diva !

- Procya ! Eh, Roisnel, viens voir !

- Quoi ? Fit Procya à Mathieu, agaçée qu'il lui hurle dans les oreilles.

Il lui prit le bras pour l'attirer dans un coin.

- Je rêve pas ?! C'est bien une chaîne stéréo moldue ?!

- Ouais ! Cria t-elle pour couvrir le son de la musique.

- Mais... Elle est pas branchée ! Comment tu fais ça ?!

Procya gloussa et l'embrassa sur la joue.

- Je t'expliquerais ça plus tard ! Ce soir on s'amuse !

Elle rejoignit à nouveau Chiara, qui tentait d'imiter la chorégraphie du clip de Shakira. La maison était envahie d'adolescents qui avaient désespérément besoin de se défouler après toute une année à étudier. Certains s'étaient décidés à avouer leur inclinaison à leur flirt avant la séparation de l'été, tandis que d'autres se consolaient de leurs performances médiocres aux examens dans l'alcool. Phillipus avait anticipé ce risque en mettant soigneusement sa réserve de Whisky pur feu sous clef, avant d'aller passer la nuit chez son beau-père avec sa femme.

La baie vitrée du salon était ouverte et la musique se déversait aussi dans le jardin, où Procya avait installé des lampions colorés. Les reste du barbecue étaient abandonnés sur les tables de jardin, et un nuage de fumée à l'odeur suspecte planait au dessus d'un petit groupe rassemblé sous le tilleul. Suspicieuse, Aurélia surveillait les scènes de fêtes par l'entrebâillement de la porte de la cuisine.

- Magnez-vous un peu ! Râla t-elle à l'adresse de Duncan et Mathilde qui ajoutaient les bougies sur un énorme gâteau fourré. Je pourrais pas repousser éternellement tous ceux qui veulent du jus de citrouille !

- Ça va, j'aimerais t'y voir aussi, répliqua Duncan, agacé. Aïe ! Mais c'est vraiment de la saloperie, ces bougies « souffle-de-dragon » !

- C'est bon, c'est prêt! Elle est dans le salon ?

- Oui, confirma Aurélia en jetant un dernier coup d'œil.

Les deux filles sortirent de la cuisine, tandis que Duncan faisait léviter le gâteau sur son plateau. « Nox », murmura Aurélia et toutes les lumières s'éteignirent, pendant que Mathilde pointait sa baguette sur la stéréo pour baisser le son. Avisant les petites flammes vacillantes dans la pénombre, tout le monde se mit à entonner le chant d'anniversaire.

- Joyeux anniversaire...

Procya applaudit à la fin de leur chant et se pencha sur le gâteau que Duncan avait déposé sur la table du salon pour souffler les bougies.

- Souffle, souffle, souffle !

Au bout du troisième essai, Procya parvint à éteindre les chandelles et elles s'embrasèrent soudainement pour former un grand dragon de feu rugissant, qui s'évanouit dans les airs, sous les applaudissements et les sifflets. Duncan entreprit de découper des parts et de les servir à la chaîne sur les assiettes qu'il avait dégotées dans la cuisine, lançant un sortilège d'entrave sur Chiara qui avait tenté de s'emparer de l'une des plus grosses parts. Une fois le service terminé, Duncan rejoignit ses amies qui s'étaient installées sur le banc du jardin pour déguster leurs parts.

- Poussez-vous un peu ! Fit-il en prenant place entre Procya et Chiara. Et puis j'ai pris des réserves, ajoutât-il en brandissant la bouteille d'hydromel qu'il tenait, s'attirant les sifflets de ses amies. Alors, Procya, il faut qu'on parle !

Il entoura ses épaules de son bras.

- Il faut qu'on parle, sérieusement !

- T'es bourré, Ducky, ricana Aurélia en déposant son assiette de gâteau sur l'herbe.

- Même pas, affirma t-il. Procya. T'avais dit que tu nous raconterais tout quand on aurait fini nos BUSES. Et les BUSES sont ?

- Fi-nies ! Beuglèrent Chiara et Aurélia.

- Je suis obligée ? Geignit Procya.

- T'as promis ! Protesta Mathilde.

- Bon, alors... Chiara, comment je peux raconter ça ? Soupira l'adolescente.

- Je suis pas là, affirma l'italienne, qui avait débouché la bouteille d'hydromel et buvait au goulot.

- Bah déjà... Je suis bien la fille de Sirius Black.

- On sait, fit Aurélia. T'as changé de nom, quand même.

- Et, euh... J'ai rencontré Harry Potter. Et j'ai rencontré de la famille en Angleterre. Et, voilà.

- C'est tout ?! S'indigna Mathilde. T'as rencontré Harry Potter, quand même ! Il est comment ?

- Sympa, répondit Procya en se saisissant de la bouteille pour boire à son tour.

- Et ta famille, ils sont sympas ? Ils sont pas, genre super creepy ?

- Ils sont tous morts, les super-creepy. Ceux qui restent sont cool. J'ai un cousin métamorphomage !

- J'aimerais bien être métamorphomage, soupira Duncan. Je pourrais changer la taille de...

- Et t'as pas genre un super héritage ? L'interrompit Aurélia.

- Un peu, avoua Procya. Disons que mon père avait un peu d'argent de côté

Chiara, qui connaissait le véritable montant de l'héritage de son amie, s'étrangla avec une gorgée d'hydromel et Duncan lui tapota le dos distraitement.

- J'ai trouvé ça trop classe, ce que t'as fait avec la devise et tout, commentât Mathilde, qui tanguait un peu. Super beau.

- Ouais ! Affirma Aurélia en levant la bouteille. Je trinque à Procya Bla... Procya Roisnel-Black !

- Ooouuaaaiiis ! Crièrent à leur tour ses compagnons en applaudissant.

- Alors, reprit Chiara. Tu vas à Poudlard l'année prochaine ?

- J'espère !

- Oh non, geignit Mathilde. Vous allez trop nous manquer !

- Ouais ! Duncan et toi vous voulez aller à Poudlard, et Chiara elle part à Durmstrang ! On va être toute seeeuuules !

- T'es jamais seule Aurélia, ricana Duncan, y'aura toujours Mathieu.

- Chut, lui intima Mathilde. C'est un moment d'émotion. Vous allez trop me manquer.

Ils restèrent un moment serrés sur le banc, à se souvenir des meilleurs moments de leur année, et ne se décidèrent à rejoindre la maison que quand ils s'aperçurent que Mathilde s'était endormie et ronflait. Mais à l'exception de leur amie, ils ne dormirent pas beaucoup cette nuit là, trop décidés à profiter de leur fête.

-o-

Le château de Durmstrang paraissait bien modeste en comparaison de ses homologues européens. Un corps de bâtiment principal, large et trapu, deux tours, quelques dépendances, et c'était tout. Bien sur, le bâtiments principal était très vaste, mais tout avait été construit à l'économie, sans fioritures. Pas besoin de statues, de créneaux, de jolies baies vitrées ouvragées ou d'autres élément de décoration. De toute façon, 6 mois par an tout était recouvert par la neige et le château semblait à peine émerger dans le paysage, comme coincé contre la montagne par les congères.

En revanche, Durmstrang possédait un vaste parc et un immense lac, qui étaient classés comme réserves naturelles pour les créatures magiques. Enfin, pour les créatures magiques capables de supporter des températures négatives pendant plusieurs mois. Quand la neige fondait, le paysage était splendide et les élèves étaient souvent nostalgiques du spectacle des montagnes, des années après avoir quitté leur école.

Minerva McGonagall en revanche, n'était absolument pas nostalgique et regardait les montagnes d'un air furieux, comme si elles l'avaient personnellement offensée. La directrice de Poudlard était une femme qui avait énormément de maîtrise sur ses nerfs, mais l'énervement qu'elle ressentait à présent était la somme de toute un tas de contrariétés qu'elle subissait depuis ce matin.

Tout avait commencé deux semaines plus tôt, quand les demandes d'échange scolaire avait été clôturées. Il avait fallut convenir d'un lieu de rencontre pour les trois équipes scolaires de Poudlard, Beauxbatons et Durmstrang, afin de statuer ensembles sur les différents dossiers. La tradition voulait que chaque école accueille cette rencontre à tour de rôle, année après année, et cette fois-ci, cela tombait sur Durmstrang. Minerva avait HORREUR d'aller à Durmstrang. Il faisait trop froid et humide pour elle et pourtant, elle était écossaise. Elle avait bien tenté de proposer un lieu de rencontre neutre, mais Vera Baltov n'en avait pas démordu : c'était à Durmstrang d'accueillir cette foutue réunion cette année, et elle ne se déplacerait pas ailleurs, elle n'avait pas que ça à faire.

Minerva s'était donc résolue à se rendre à Durmstrang, et le matin même, elle s'était présentée au Ministère de la magie pour prendre un portoloin international en compagnie de Filius Flitwick, directeur adjoint de Poudlard. Cet imbécile de sorcier à l'accueil avait mis DES HEURES à examiner leurs baguettes et il avait manqué de les mettre en retard pour leur portoloin.

A leur arrivée, elle avait dû lutter un instant contre la nausée qui lui soulevait cœur, effet secondaire indésirable d'un voyage en portoloin sur une aussi grande distance. Filius n'avait pas eu autant de retenue, et s'était précipité sur une corbeille mise à leur disposition pour vomir, sous l'œil stoïque des sorciers qui les avait accueillis. Elle avait ensuite enduré l'affront que consistait la fouille de ses bagages, qui se composaient en tout et pour tout d'une serviette en cuir où elle avait rassemblé les dossiers de candidature de ses élèves. Mais savait-on jamais, des fois que la réincarnation de Voldemort se soit cachée entre deux parchemins...

Et puis les deux sorciers impassibles qui parlaient anglais avec un accent impossible les avait préparés, elle et son collègue, au voyage vers Durmstrang : sortilèges de confusion pour qu'ils ne se souviennent pas du trajet, et menaces de représailles s'ils donnaient trop de détails sur leur voyage. Minerva avait contemplé ces deux imbéciles d'un œil froid. Elle avait survécu à l'attaque de son école par des mangemorts, ce n'était pas deux armoires à glace qui savaient à peine tenir leur baguette par le bon bout qui allaient l'effrayer.

Finalement, ils avaient pris place à bord d'un petit bateau à voile, qui avait glissé lentement sur la surface du lac. Olympe Maxime et sa sous-directrice madame Othello étaient déjà à bord, et se plaignaient en français de l'inconfort de ce voyage. Ils ne virent rien d'autres que des montagnes pendant une bonne demi-heure, puis ils aperçurent enfin la minuscule silhouette du château.

Après une autre longue demi-heure de navigation, ils accostèrent enfin au petit embarcadère misérable construit en contre-bas du château. Il faisait froid, le ciel était complètement voilé, et elle entendait derrière elle Filius qui vomissait encore – il avait le mal de mer, même par calme plat sur un lac.

- Vraiment, Vera ! Ce n'est pas une sinécure d'essayer de vous rencontrer ! Fit sèchement remarquer Minerva en entrant dans le bureau de son homologue.

D'un coup d'oeil, elle repéra la place la plus confortable – un fauteuil placé à côté d'un brasero dans un coin de la pièce – et s'y installa d'office, sans aucune considération pour ses collègues anglais et français qui arrivaient derrière elle. Vera Baltov, majestueuse et bien droite dans son fauteuil en bois sculpté, leva un sourcil.

- C'est un honneur de pouvoir visiter notre vénérable école... Nous tenons à préserver nos secrets, c'est la raison de toutes les précautions que nous prenons envers nos visiteurs...

Minerva avait bien envie de lui jeter sa canne dans la figure. Les dirigeants de Durmstrang avaient toujours été de gros paranoïaques, surtout. Elle attendit que ses collègues terminent leurs démonstrations de politesse - « Chère madame, je vous en prie, prenez ce siège ! » « Non non, Feulius, je n'en feurais rien » « mais si, j'insiste ! » - et ils purent enfin débuter cette réunion.

Urius Matuszack – sous-directeur de Durmstrang – s'était dévoué pour animer la réunion, et il contentait tout le monde : efficace, il savait poser les bonnes questions et recentrer les discussions quand on s'écartait trop du sujet, et il arrivait à déployer toute l'étendue de son charme pour faire glousser madame Othello. Les deux premières heures de réunion se passèrent bien : Minerva et Filius présentèrent la dizaine d'élèves de Poudlard qui avaient demandé à rejoindre Durmstrang ou Beauxbatons pour leur dernière année. Tous furent acceptés, à l'exception de Harry MacDougal qui avait des résultats trop faibles en Défense contre les forces du mal pour pouvoir prétendre à intégrer Durmstrang.

Ils poursuivirent par les candidats de Beauxbatons, et l'ambiance se tendit légèrement dans la pièce. Vera Baltov se taisait, dardant un regard brûlant vers la demi-géante, qui présentait les sept élèves qui avaient demandé à rejoindre Durmstrang. Vera Baltov et Olympe Maxime étaient à couteaux tirés depuis que le professeur Buôlet, grand spécialiste de l'astronomie, avait quitté Durmstrang pour venir exercer à Beauxbatons, deux ans auparavant.

La directrice Baltov n'avait jamais pardonné à la française, arguant que c'était déloyal de piquer des enseignants aux autres écoles, et Madame Maxime avait vertement répliqué que si la directrice de Durmstrang voulait retenir ses enseignants, elle devrait peut être commencer par chauffer leurs appartements de fonction.

Aussi, quand Olympe eu terminé de présenter ses élèves, Vera Baltov prit soin d'étudier le moindre détail pour pouvoir refuser le plus d'élèves possibles.

- Cette Maria Vincenzi... Il est noté dans son dossier qu'elle était absente à une classe d'enchantement... Je ne peux pas accepter dans mon établissement des élèves qui ne sont pas assidus, vous comprenez, bien entendu, chère Olympe...

- Pour l'ameur de Circeuh ! Veus veuyez bien qu'il est neuté qu'elle a eu une attaque de furonceulite !

- Constitution fragile, hein ? Dommage, dommage, nous sommes soumis à un climat rude ici, je ne pense pas que votre élève puisse le supporter...

Minerva observait la lutte de ses deux collègues d'un œil vaguement intéressé. Elle se concentrait surtout pour réchauffer ses vieux os du mieux possible en orientant son dos face à la chaleur du brasero. Madame Maxime réussit finalement à avoir gain de cause : elle avait réussi à faire accepter cinq de ses élèves à Durmstrang.

- Bien, fit-elle en se tournant vers Minerva et Filius. Les deumandes pour Poudlard... J'ai cinq élèves qui veulent vous rejoindre... Commençons par monsieur Deverre...

Poudlard accepta Antoine Deverre et les deux autres qui suivaient, mais recala une élève qui n'avaient pas le niveau en métamorphose.

- Il me reste un deussier... Procya Roisnel-Black, un de nos plus breuillants euleuments... Euxcellent niveau en métamorphose, Mineurva, et d'ailleurs...

- Attendez, la coupa sèchement Minerva. Roisnel-Black, c'est celle à laquelle je pense ?

- Teut à fait. Ceumme je veus disais, elle a un excellent neuveau et...

Minerva échangea un regard horrifié avec Filius, tandis que Madame Maxime poursuivait l'éloge de son élève.

- C'est tout à fait hors de question, fit Minerva d'un ton catégorique. Je n'accepterais pas la fille de Sirius Black dans mon école.

- Et peurquoi donc je veus prie ? S'indigna la demi-géante.

- Je viens de vous le dire. C'est la fille de Sirius Black.

- Enfin veuyons Mineurva, j'espère que veus ne jeugez pas cette jeune fille sur son nom de feumille ! Vous avez connu Sirius Black, et veus seuvez qu'il était un homme bien !

- Ne soyez pas stupide Olympe, bien sur que je connaissais la valeur et le courage de cet homme. Néanmoins, je n'accueillerais pas sa fille dans mon école, j'ai encore quelques forces, et je tiens à les préserver, merci bien.

- Peut-on savoir qui est ce Sirius Black ? Intervint Vera Baltov d'une voix doucereuse.

- Lisez un peu les journaux Vera, voyons. C'était un homme valeureux et l'un de mes anciens élèves. Il est apparu récemment qu'il avait eu une fille, et c'est cette personne qu'Olympe tente de refiler discrètement à mon école...

- Vous semblez estimer cet homme, fit remarquer Urius Matuszack. Et l'élève de Madame Maxime semble avoir d'excellents résultats, je ne comprends pas les raisons de votre opposition ?

- Très cher Urius, j'ai presque quatre vingt dix ans, et j'ai traversé deux guerres de sorciers. Mais ça, ce n'était rien par rapport à ce que j'ai vécu durant ma carrière professorale. J'ai dû faire face à des jumeaux diaboliques qui ont littéralement créé un MARAIS dans mon école, une inquisitrice folle qui torturait les élèves, et des mangemorts comme professeurs.

-On a connu ça aussi à Durmstrang, et on s'en est relevés, fit remarquer Vera Baltov.

- Igor Karkaroff était aussi inoffensif qu'un boursouf, par rapport aux Carrow, fit sèchement remarquer Minerva. Mais tout ça, ce n'était rien par rapport aux Maraudeurs, un groupe d'étudiants inconséquents qui, après m'avoir épuisée comme directrice de maison pendant sept ans, ont eu la bonne idée d'avoir des enfants ! J'ai dû courir dans les couloirs après Harry Potter, qui allait se balader dans la forêt interdite et dans une chambre secrète qui contenait un basilic, et j'essaye à présent d'inculquer un peu de bon sens à un métamorphomage ! Et vous me demandez d'accueillir la fille de Sirius Black ? C'est au delà de mes forces.

Filius lui tapota la main affectueusement pour l'apaiser. Il préféra ne pas lui rappeler qu'Harry avait à son tour eu trois enfants, qui rejoindraient Poudlard dans quelques années. Minerva McGonagall avait le cœur un peu fragile depuis son accident de Stupéfix, et il ne voulait pas être la cause de la mort de sa collègue. Le débat avait violemment repris entre les directrices de Poudlard et de Beauxbatons, et Vera Baltov semblait s'amuser follement.

- Quelle idée eussi d'avoir un serpent géant tueur dans la tuyeuterie d'une eucole !

- Je ne suis tout de même pas responsable des idées malsaines d'un sorcier débile qui a vécu il y a plus de mille ans !

- Peut être, mais hébeurger un chien à trois teutes dans un couloir de votre eucole, c'était une bonne idée, ça ?

- C'était pour protéger la pierre philosophale ! Vous qui faites constamment l'éloge de Nicolas Flamel, ce si grand bienfaiteur de votre école, vous auriez pu lui dire de garder ses petites affaires tout seul !

- Je veus deufend de parler ainsi de Nicolas Flamel, cet homme feut la fierté de neutre pays !

- Chère madame, je n'ai pas affronté Voldemort en duel à soixante deux ans pour finalement plier face à l'arrogance des français !

Filius soupira. Si Minerva en était à évoquer le souvenir de son duel avec Voldemort, c'était qu'il était temps d'intervenir.

- Minerva, nous pourrions peut être commencer par regarder le dossier de cette jeune fille ? Fit-il de sa voix flûtée. Olympe nous dit qu'elle est une excellente élève, se serait dommage de se priver d'un aussi bon élément...

La directrice de Poudlard lui lança un regard perçant qui exprimait le fait qu'elle le considérait désormais comme un traître. Ignorant la tentative d'intimidation de sa collègue – lui aussi avait affronté Voldemort, Minerva avait tendance à l'oublier - il prit le dossier de Procya Roisnel-Black des mains de Madame Maxime et commença à le lire à voix haute.

- Première de sa promotion en métamorphose... Et ce depuis sa troisième année ! Excellents résultats en potions également... Ah, je vois que sa moyenne en herbologie est un peu faible... Deuxième au concours de rhétorique ! Chère Olympe, je me permets de vous rappeler que vous m'aviez promis une invitation à votre prochain concours de plaidoirie... Et nous avons là quelques lignes très enthousiastes de la part de son professeur en sortilèges ! Je vois que c'est toujours le professeur Dutilleul, vous lui transmettrez mes salutations... Miss Roisnel-Black ne suit pas les cours de Magicozoologie ? Sa lettre de motivation mentionne pourtant sa passion pour les chevaux ailés ?

- C'eut euxact, confirma Madame Maxime. Mademeuselle Roisnel-Black a preufeuré priveulégié d'eutres matières car elle dispose déjà d'un euxcellent bagage de conneussances concernant les créatures magiques : elle a beucoup voyageu avec sa mère pour l'accompeugner dans ses reucheurches. Veus deuvez connaître Épione Roisnel, une des plus breuillante magicozoologiste d'europe...

- Bien sur, bien sur, approuva Filius. Eh bien Minerva, je ne vois que de bonnes choses dans ce dossier !

- Donnez moi ça, fit elle en tendant la main d'un air impérieux. Elle feuilleta les parchemins. AHA ! Et ceci, vous en dites quoi Olympe ? Plusieurs retenues pour insolence envers ses professeurs !

- Mademeuselle Roisnel-Black est peurfois un peu vive dans sa manière d'euxprimer ses eumotions, mais c'est la marque d'un eusprit supérieur...

- Sirius aussi était un peu vif dans ses réactions et ce n'était pas une sinécure...

- Je ne nierais pas que Procya est une jeune fille qui peut peurfois s'emporter facilement, mais elle est loin d'être la seule personne de son âge à agir ainsi. Elle a d'euxcellentes capeucités de réfleuxion et d'aneulyse, et il ne lui manque que queulques années pour acqueurir un peu plus de maturité. Elle est capable de deufier un preufesseur avec qui elle n'est pas d'accord, mais elle n'est pas du genre à euller se perdre dans la forêt pour ceurir avec les centaures...

Les deux directrices se défièrent du regard, tandis que Vera Baltov baillait d'ennui.

- Très bien, fit par dire Minerva. Miss Roisnel-Black semble être une jeune personne brillante, et elle aura tout à fait sa place à Poudlard, après tout, elle est a demi anglaise, n'est-ce pas... J'espère juste qu'elle sera répartie à Serdaigle, ajoutât-elle sournoisement à l'adresse de Filius.

- Eh bien pourquoi pas, répliqua calmement celui-ci. Notre maison est connue pour inculquer la patience et la réflexion à ses élèves.

Olympe Maxime garda soigneusement pour elle le fait qu'il faudrait sans doute un peu plus que de jolies formules pour rendre moins impulsive Procya Roisnel-Black, tandis que Minerva inscrivait la mention "acceptée" sur le dossier de Procya.


Aaaaaaah, c'est la fin de cette fanfiction !

Ça me fait bizarre, car j'avais cette idée en tête depuis un moment, et ça fait donc longtemps que j'ai travaillé dessus... Je suis très heureuse que cette histoire vous ai plu. Plusieurs d'entre vous m'ont laissé des reviews sympas pour me donner leurs avis, c'était intéressant ! Je pense notamment à Petite-Licorne-Arc-en-Ciel, Jack Sherlock Black Londugbat, et Drou !

Deux anecdotes sur ce chapitre : la chanson que Chiara et Procya chantent (massacrent) est "Hips don't lie", de Shakira, qui est ma chanson de la joie depuis toujours. Quant à la devise de Procya, eh bien, c'est une maxime que j'aime appliquer dans ma vie... Espérons qu'elle porte chance à Procya !

Certains m'ont dit qu'ils s'étaient attachés à Procya...

Il va y avoir une suite ! Ce n'était pas forcément prévu, mais au fur et à mesure que j'ai rédigé cette histoire, d'autres idées me sont venues. Et puis ces dernières semaines où j'ai publié ce récit, j'ai réalisé que finalement, cela était peut être une forme d'introduction à toute la vie, le caractère et les projets de Procya...

Je ne sais pas quand je publierais la suite. J'ai commencé à rédiger quelques passages, mais je suis loin d'avoir une histoire complète. Je mettrais une note sur cette fanfiction quand je publierais la suite, vous pouvez également suivre mon profil afin de savoir quand je publierais à nouveau.

Quelques indices sur certaines des prochaines aventures de Procya ? Lac, lettres, et théâtre ! Je vous laisse spéculer ;)

Merci de m'avoir lue, j'ai été très heureuse de partager mon histoire avec vous, à bientôt.