Pour ce soir, je vous laisse avec ce chapitre. J'espère qu'il vous plaira. Vos avis sont, comme toujours, appréciés. À bientôt, amicalement votre, Lou De Peyrac.
Chapitre 15:
Les chevaux se cambrèrent quand ils entendirent un cri perçant briser les airs. Le coeur d'Elsa manqua un battement. Un cri comme celui-ci, elle en avait déjà entendu un. Mais de la part de Mordok, quand il cherchait Hans. Ce cri avait été poussé par Mak. Mak qui la cherchait elle. Alors maintenant je ne suis qu'une fille de glace pour toi...Pensa la reine. Les quatre amis fixèrent l'horizon sans un mot, sachant que quelque chose de grave s'était passé. Elsa fronça les sourcils.
- Elle a peur…
Murmura-t-elle.
Sans perdre plus de temps, Briak descendit de son cheval et se changea en loup.
Montez, on y sera plus rapidement.
Anna hocha de la tête en souriant devant le majestueux loup qu'était son homme.
Elle l'enfourcha, et fit signe à sa sœur de la rejoindre. Elsa hésita un court instant, puis s'exécuta, se plaçant derrière Anna, prenant garde à tenir Olaf contre elle.
- On va encore faire un tour de loup? Je n'aime pas ça!
Déclara-t-il.
- Tout va bien Olaf. Fais comme si c'était Mak.
Conseilla Anna.
- Si vous pensez me rassurer en disant ça…
Sans laisser le temps au petit bonhomme de neige de se préparer, Briak rugit et s'élança vers Arendelle.
Anna?
Pensa la loup.
Oui?
Quand on sera là-bas, garde un œil sur ta sœur. Elle est tellement inquiète qu'elle m'arrache les poils!
Anna jeta un œil sur les mains de sa sœur, et vit effectivement que son pauvre loup devait souffrir sous sa poigne. La princesse prit les mains d'Elsa dans les siennes, et les enroula autour de sa taille.
- Tout va bien se passer.
Assura-t-elle, mais Elsa ne répondit pas, trop pressée d'arriver à Arendelle pour ça.
Merci d'avoir sauvé mon pelage.
Pensa Briak.
À ton service.
Sourit Anna.
Ah oui? Et quel genre de service?
Anna rougit, puis gronda:
Va plus vite au lieux de dire des bêtises plus grosses que toi.
Vos désirs sont des ordres, Princesse.
Pensa le loup avant de rugir pour courir plus vite.
Ils arrivèrent vite à Arendelle, et furent surpris de trouver les portes ouvertes, sans personne pour les garder. Briak reprit sa forme humaine et huma l'air environnent. Une odeur de sang lui parvint, mais il se garda bien de la préciser.
- Reste près de moi.
Murmura-t-il à Anna. La princesse voulu répliquer qu'elle n'était pas une enfant, et que ce n'était pas parce qu'elle était enceinte qu'elle devait être un poids, mais se ravisa en voyant le regard soudain sérieux de son loup. Ils entrèrent dans la ville, et ne trouvèrent, encore une fois personne. Les portes des maisons était fermées, et les habitants semblaient se cacher. Un silence de mort régnait sur Arendelle. Elsa frissonna en voyant son royaume ainsi.
- Elsa!
La reine sursautant avant de voir une petite boule rousse se diriger rapidement vers elle. Elle se baissa et accueillit l'enfant dans ses bras. Kelys se suspendu à son cou, des larmes couvrant son visage. Elsa caressa ses cheveux, puis demanda, sans vraiment vouloir la réponse:
- Qu'est ce qui s'est passé?
Les pleurs de l'enfant se calmèrent quelque peu, mais elle ne parla pas.
- Où est Mak?
Demanda Elsa.
- Elle est arrivée avec une femme.
La reine jeta un regard entendu à Briak. La louve blanche...Pensèrent-ils en choeur.
Elsa repoussa lentement Kelys de ses bras, puis déclara:
- Ça va aller, je suis là. Où est Kai?
Kelys baissa les yeux, puis avoua:
- La femme l'a blessé. Maman dit que c'est grave.
Elsa ferma les yeux sous cette déclaration, son coeur se fendit. Puis une question lui brûla les lèvres, il fallait qu'elle sache.
- Ce n'est pas Mak qui a attaqué Kai?
Kelys hochement vivement la tête.
- Non. Elle ne bougeait pas, et elle criait. Elle a tapé par terre, je crois qu'elle s'est fait mal, mais elle n'a attaqué personne.
Elsa soupira intérieurement. Cette réponse lui suffisait, son loup était innocent.
La reine embrassant le front de Kelys, lui intima de retourner près de ses parents, puis se dirigea vers le château, accompagnée de ses amis.
- Je suis sur que Mak n'a rien fait de mal!
S'exclama Olaf en jetant un regard vers Elsa. La reine sourit tristement. Elle l'espérait.
Elle savait que son long n'était pas méchant, mais elle connaissait aussi sa colère, et ce qu'elle pouvait engendrer. Elle espérait simplement que son loup n'ai rien fait qu'il regretterait. Du regard, elle ne pouvait s'empêcher de le chercher, même si elle savait pertinemment qu'il devait déjà être loin. Elle lança un regard à Briak, qui comprit bien vite la question.
- Non, je ne la sens pas.
Dit-il en soupirant.
Ils entrèrent dans le hall, où tout le personnel du château s'agitait. À la vue de leur reine, ils se figèrent. Malgré tout, un garde, l'ami de Mak, s'avança et murmura tristement:
- Votre Altesse, Kai demande à vous voir.
Elsa frissonna sous cette phrase. Son palais lui parut soudain macabre. Elle ne répondit pas, attendant plus de précision. Le garde comprit, et déclara:
- Nous n'avons rien vu venir. Elle est arrivée avec une femme épouvantable. Nous ne pouvions pas savoir. Je l'ai laissé entrer, je…
- Je sais. Vous n'avez rien à vous reprocher. J'espère que vous pourrez me pardonner.
Murmura Elsa, en posant une main sur l'épaule du garde. Celui-ci baissa les yeux, se racla la gorge, puis avoua, pensant déjà à l'impact de ses paroles:
- Votre Altesse...Gerda n'a pas survécu. Nous ne savons pas exactement ce qui s'est passé, mais des gardes ont vu le brave loup sortir de la ville, inconscient et couvert de sang…
Elsa resta figée dans sa douleur. Sa gorge se serra, son coeur rata un battement. Elle sentit ses mains froides. Il fallait qu'elle se calme, et qu'elle se calme vite, pour le bien de tous. Sur son visage, un masque se forma. Elle ne pouvait pas craquer, pas maintenant. Elle pouvait déjà entendre les sanglots d'Anna derrière elle. Elle se devait de ne rien laisser paraître, après tout, son père le lui avait apprit.
- Montrez-moi.
Ordonna-t-elle d'une voix sans âme.
Le garde hésita, puis, voyant le regard glacial de sa reine, la mena vers la chambre de Gerda.
Elsa intima à ses amis de rester dehors, et entra. Elle referma la porte derrière elle, et posa un premier regard sur le corps de Gerda. Elle s'agenouilla près du lit, et prit la main froide de Gerda dans la sienne, qui l'était tout autant. Elle observa un instant son visage pâle, ses yeux clos, son air serein, comme si elle dormait. S'en fut trop pour la reine. Seule avec la femme qui l'avait élevée, elle craqua. Elle laissa tomber sa tête sur le lit en un sanglot déchirant. Son corps entier trembla, sa voix se brisa, ses épaules se soulevèrent en une crise frénétique.
- Pardonne-moi…
Répétait-elle en boucle sans parvenir à se taire. Gerda avait eu, pour la première fois, besoin d'elle, et elle n'avait pas été là. Elle se sentait minable. Elle voulait mourir. Elle ne voulait pas supporter cette vision. Elle s'en voulait trop. Exactement comme après la mort de ses parents, elle eu envie de s'asseoir à même le sol, contre sa porte de chambre, et de pleurer durant toute une nuit. Mais elle ne pouvait pas faire ça. Elle n'était plus une enfant. Elle était une adulte, une femme, une reine. C'est ce que Gerda aurait voulu. Et elle ne perdait pas de vue que, quelque part, une gamine de quatorze ans avait besoin d'elle. Une gamine que, dans l'instant, elle détestait.
- Mon loup, qu'est ce que tu as fait...
Murmura-t-elle en tentant de se calmer.
Ce n'était pas Mak. Mak n'avait pas pu faire ça. Mak était quelqu'un de bien. Mak n'était un méchant loup. Suicidaire, complètement fou, avec un caractère de chien, mais elle n'était pas mauvaise. Et ça, Elsa en était persuadée.
Retrouvant une contenance, la reine posa un baiser sur le front de Gerda, se leva, inspira profondément, et sortit pour croiser le regard rougit de sa sœur que Briak serrait contre lui.
Anna dévisagea Elsa sans réellement savoir ce qu'elle attendait d'elle. La reine sourit tristement, tendit une main en direction de sa sœur, et murmura:
- Viens…
Les sanglots d'Anna redoublèrent d'intensité. Elle se jeta au cou de sa sœur et pleura sans retenue.
- Je suis désolée…Je suis tellement désolée.
Murmura Elsa. Anna serra davantage sa sœur dans ses bras et rétorqua:
- Non, c'est moi qui suis désolée. C'est ma faute.
Elsa empoigna sa sœur de manière à ce qu'elle puisse la voir et déclara, plus fermement:
- Ce n'est pas de ta faute. Liv est la seule coupable. Je t'interdis de penser autrement. Suis-je claire?
Anna, surprise, hocha bêtement la tête en signe qu'elle ne contredirait Elsa pour rien au monde.
La reine posa une main douce sur la joue de sa sœur, et murmura:
- Je sais que Mak n'a pas pu faire ça. J'ai besoin que tu me fasses confiance.
Anna essuya ses larmes, puis répondit:
- Je sais qu'elle est innocente.
Elsa sourit tristement. Mon loup, j'espère ne pas me tromper en croyant en toi...
- Altesse, Kai vous réclame. Il faudrait faire vite.
Dit un garde en se maudissant de devoir bousculer ce moment. Elsa comprit, hocha de la tête, et se laissa conduire au près de son majordome.
Elle entra, accompagnée de ses amis, et s'assit près du lit. Elle prit la main de l'homme dans la sienne. L'homme ouvrit un œil, et sourit péniblement en voyant sa reine.
- Votre Altesse…
Murmura-t-il difficilement.
- Elsa…
Rectifia la reine, prenant conscience que cet homme n'avait toujours été que son ami plus qu'un véritable majordome.
- Le brave loup…
- Je sais...Pardonnez-moi Kai.
Demanda Elsa en baissant les yeux.
- Il n'y a rien a pardonner...Elle m'a reconnu.
Avoua-t-il, les larmes aux yeux.
Elsa fronça les sourcils.
- Comment ça?
- Elle s'est souvenu de la rage de dent. J'ai vu qu'elle m'avait reconnu. Dans ses yeux.
Elle rit à travers ses larmes. Tes yeux parlent toujours plus que ta bouche...
- Elle ne se souvient pas de moi, par contre la mémoire lui revint quand il s'agit de ce que vous complotiez ensemble, ça ne m'étonne pas d'elle.
L'homme rit malgré son état.
- Il faut que vous la retrouviez. C'est un brave loup. Elle a besoin de vous.
Supplia-t-il alors que le son de sa voix lui échappait.
Elsa sourit tristement.
- Je vous le promet. Je la ramènerait.
Kai sourit une dernière fois avant de fermer les yeux définitivement.
Sous l'émotion, personne ne remarqua Olaf sortir de la pièce. Le petit être savait que Mak était innocente, même si ce garde avait insinué le contraire. Prit de courage, il décida, encore une fois, d'aller voir ailleurs si elle y était. Il jura, que cette fois-ci, il la trouverait.
