Bonjour ! Aujourd'hui, c'est mon anniversaire :D. Donc voilà la suite du chapitre 4, assez court de façon logique puisque je l'ai coupé en deux. Comme d'habitude, si des erreurs ou des fautes d'orthographe vous sautent aux yeux, prévenez-moi. Une review fait toujours plaisir, même pour une traduction. Enjoy !
Chapitre 4 – Deuxième partie
« La bibliothèque, » dit-il fermement, en espérant que Potter n'irait jamais là-bas de son plein gré. Ce n'était pas comme s'il savait lire. « Je tiens à faire quelques recherches. »
Pansy semblait accepter son histoire et lui fit signe de loin, habituée à ses (certes fréquents) éclats de curiosité pour des sujets aléatoires. Bien sûr, s'il allait à la bibliothèque de toute façon, il pourrait aussi bien faire des recherches sur un sujet qui n'a pas été choisi sur un coup de tête.
Dix minutes plus tard et il soulevait un livre ancien plus épais que le longueur de son avant-bras des étagères de Potions les plus élevées dans un coin poussiéreux de la bibliothèque. C'était beaucoup plus lourd que ce qu'il pensait, et il chancela sous le poids. Le laissant rapidement tomber sur une table en regardant autour de lui pour vérifier que personne n'avait remarqué son faux pas, Draco tira un siège de velours rembourré, trouva la page d'index et commença à chercher.
Deux fois au cours de la matinée, il aperçut des cheveux bruns touffus du coin de l'œil et son cœur bondit dans sa gorge, mais heureusement Granger était seule, rôdant dans les rayons en lui lançant des regards soupçonneux. Une fois qu'il eut confirmé que Potter n'était nulle part, il l'ignora complètement, se plongeant de nouveau dans ses études.
Pour dire qu'il consulta cinq livres différents – dont l'un était de la Réserve, à laquelle, étant un étudiant de niveau des BUSES de Potions, il avait maintenant accès – il n'avait rien trouvé de particulièrement intéressant. La seule chose qu'il avait appris était qu'Orexis Votum lui-même avait été inventé par un démoniste ancien appelé Gerald Bennett en 1585, simplement parce qu'il ne pouvait pas se lever et qu'un des citadins locaux avait une fille qui voulait le faire avec lui.
Draco n'appréciait pas que sa vie ait été ruinée par un idiot obsédé du XVIème siècle avec un chaudron.
Il abandonna plusieurs heures après l'heure du repas de midi, y étant invité par le fort grondement de son estomac. Sans prendre la peine de remettre les livres distinctement étiquetés sur leurs étagères respectives, il mit son sac sur son épaule et, après un dernier coup d'œil compulsif à Granger, partit pour la Grande Salle.
Une fois là-bas, cependant, et face aux plats sales restants du déjeuner, l'appétit de Draco s'enfuit. En fait, il se sentait distinctement nauséeux. Même l'odeur du meilleur chocolat des Elfes de Maison retournait son estomac. Faisant la grimace, il se dicta une note mentale afin de mentionner les normes alimentaires en déclin à Poudlard dans la prochaine lettre à son père et se mit en quête de Pansy.
Il la trouva en train de consoler Milicent Bulstrode en plein désarroi, affalée dans le fauteuil de Draco (le fauteuil de Draco ! Inutile de dire qu'il ne quitterait plus jamais la salle commune !), sans doute après avoir été catégoriquement rejetée par Billy Pickford.
Se résignant à une après-midi de bavardage de fille, Draco étendit ses jambes sur le divan de cuir, qui n'était pas aussi confortable que son fauteuil, (peu importe ce que quiconque pouvait dire), et se laissa dériver dans et hors ses fantasmes de Potter pour le reste de la journée.
oOo
Dimanche soir fut une nouvelle fois une source de trouble extrême. Même s'il dormait un peu, il ne s'en souviendrait pas, bien que ses rêves ne soient probablement rien de plus que le miroir des pensées qu'il avait, éveillé – c'est-à-dire, être préoccupé par une seule et unique chose : Harry Potter.
Mais ce n'était que des pensées, se dit Draco. Et il avait survécu sans dormir jusqu'à maintenant tout ce qu'il avait besoin de faire était attendre que tout le monde soit en classe, s'excuser d'avoir « oublié » son devoir, se faufiler dans l'aile de l'Infirmerie et prendre une potion Revigorative. Il pouvait tenir un mois, sans problème.
Si enhardi qu'il était par son monologue intérieur, il ne protesta même pas quand Pansy vint le traîner au petit déjeuner. Il se doucha dûment (ne se branla qu'une fois), s'habilla et écouta son bavardage à propos du pauvre mec sur qui les affections de Millie s'étaient déplacées, ne se plaignant pas une fois de la précocité de l'heure ou de l'absurdité du ruban jaune de Poufsouffle qu'elle utilisait en guise de bandeau (« c'est ironique », avait-elle expliqué).
Ce fut seulement quand ils étaient sortis des donjons et se dirigeaient tout droit vers la Grande Salle que Draco hésita. Il avait réussi à éviter le dîner hier en disant à Pansy qu'il s'y était rendu trop tard (ce qui était vrai) et avait mangé bien trop de Crumble aux pommes (ce qui ne l'était pas).
Maintenant, cependant, le sentiment de crainte globale qu'il avait réussi à éviter depuis hier était revenu en force, et il reconnut soudainement avec une grande clarté qu'il n'avait pas envie d'aller prendre son petit-déjeuner.
« Panse, » commença-t-il. « Je n'ai pas vraiment faim. Le Crumble aux pommes me reste encore sur l'estomac, je pense que même la vue de nourriture ce matin, me ferait vomir. »
Pansy regarda visiblement peu impressionnée. « Tu as commencé ta journée avec au moins deux cafés depuis aussi longtemps que je te connais, » dit-elle, en le traînant encore. « Quoique ce soit qui te tracasse, je ne peux pas imaginer que ton humeur serait améliorée par un manque de caféine. Tu vas prendre ton petit-déjeuner. »
Draco changea de tactique. « En fait, tu sais, je crois que j'ai laissé ma meilleure plume dans la bibliothèque hier, je vais aller la chercher et je reviens… »
Pansy ne s'arrêta pas. « C'était faible, Draco. Tu peux faire mieux que ça. »
« Pansy, s'il te plaît. » Ils étaient presque aux portes de la salle. « Je t'achèterai quelque chose si tu me laisses partir. Le nouveau parfum de Georgina Songbird, tu as dit que tu le voulais, non ? »
« Su Li l'a eu par hibou et apparemment il sent la pisse de chat. Je ne préfère pas. Viens prendre un café, espèce de vieux fou blond. »
« Non, s'il te plaît, je ne veux vraiment pas… oh douce mère de Merlin… »
Draco fixa l'entrée, de l'horreur froide s'emparant de lui. Potter était proche, était là-dedans à ce moment, il le sentait. Paniqué, il tira aussi fort qu'il le pouvait et son bras se libéra de l'étreinte de Pansy. Le soulagement l'envahit déjà, il se tourna pour s'excuser auprès de Pansy, promettre de lui expliquer après, quand les portes doubles s'ouvrirent et quelqu'un en sortit.
Une personne avec des cheveux noirs en désordre, flanqué d'un roux et d'une Sang-de-Bourbe.
Merde.
La première vue de Potter fut comme un coup à l'estomac et Draco recula, essayant fortement de se garder d'être malade. Comment une telle sensation si intense pouvait être purement psychologique ? Snape devait s'être trompé.
Ce n'était pas seulement la nausée. Un petit malaise, il aurait pu gérer. Non, c'était le fait que, malgré l'envie pressante de régurgiter tout ce qu'il avait réussi à manger dans les trois derniers jours, aussi peu soit-il, il était soudainement et massivement dur comme du roc. Chaque nerf dans son corps était en alerte, sa peau était plus sensible qu'elle n'avait jamais été, et cela lui servait juste à le faire se sentir encore plus mal. Parce que ce que sa peau attendait, ce que chaque fibre de son être attendait, c'était de toucher Potter. Et ça n'allait pas arriver.
Ignorant complètement Pansy irritée : « Draco Malefoy ! »,Draco fit volte face et courut aussi vite qu'il le pouvait loin de la Grande Salle, loin des visages curieux de ses pairs, loin de Potter.
Potter Potter Potter Potter Potter. C'était comme un mantra à travers l'être de Draco. Ses pieds se posaient dans le temps au rythme de cela : Pot-ter, Pot-ter, Pot-ter. Il n'arrivait plus à respirer, mais dans l'esprit de Draco, il ne faisait rien de plus que dire « Harry, Harry, Harry » encore et encore.
Draco courut, courut, ne remarquant pas une seconde où il était, à mi-hauteur de la Tour d'Astronomie ou profondément dans la Forêt Interdite, il n'aurait pas été en mesure de le dire pour n'importe quel prix. Tout ce à quoi il pouvait penser - tout ce à quoi il était en train putain – c'était Harry Potter.
Après bien trop longtemps – pas assez longtemps – il s'arrêta, tombant à genoux et haletant désespérément pour reprendre son souffle. Son visage était mouillé mais il ne pleurait pas – ne pouvait pas pleurer – parce que les bruits venant de sa gorge ne ressemblaient en rien à des sanglots ils étaient le son de lui-même se déchirant en morceaux. Surement personne n'avait éprouvé ce sentiment avant. Sinon, ils n'auraient pas survécu.
Il reprit conscience lentement et rendit compte qu'il était à l'extérieur du château près du lac, heureusement seul. L'air était glacial et Draco s'en accommoda, tombant sur le dos et laissant la brise le calmer.
Il ne savait pas combien de temps il était resté là, à regarder le ciel gris acier et à ne penser qu'à Potter. Mais l'arrière de sa robe était trempé quand il se rassit enfin et le poids de celle-ci le tira vers le bas. Il lui jeta un charme et regarda autour. Le ciel avait commencé à s'assombrir et le terrain était encore désert – probablement une conséquence du fait que Décembre était finalement arrivé. Il se demanda ce que ses camarades disaient au sujet de son éclat.
Poussant un profond soupir, il remonta lentement la pente jusqu'aux portes du château, en priant toute divinité qui voulait l'entendre de ne pas croiser Potter entre ici et la Salle commune des Serpentards. De ne jamais avoir à revoir Potter.
Ce ne fut qu'une fois qu'il ait pris une profonde respiration et ouvert le portail d'une salle commune vide que Draco réalisa que le reste de l'école serait en cours. Plutôt que de tergiverser et leur faire face, Draco alla droit à son dortoir, en admettant qu'il était inutile de tenter la normalité dans son état actuel.
Quelques minutes – ou cela peut avoir été quelques heures – plus tard, Draco sentit un mouvement de masse dans le château qui signalait la fin des cours. Et en effet, sa solidarité pacifique fut vite interrompue par les quolibets de Zabini – qu'il ignora – les interrogations monosyllabiques de Crabbe et Goyle – qu'il ignora aussi – et les questions aiguës de Pansy – auxquelles il essaya de ne prêter attention, il essaya vraiment. Mais c'était difficile d'écouter sa voix haut-perchée quand son corps entier criait si incroyablement désespérément pour une beaucoup plus faible. Une émanant de lèvres parfaites…
Il n'y avait pas du tout d'espoir de sommeil cette nuit, et Draco n'essaya même pas. Son estomac avait cessé depuis longtemps de lui dire qu'il avait faim et son cerveau avait depuis plus longtemps encore abandonné l'idée de penser à autre chose qu'à Potter. Au lieu de cela, il était là, flottant dans une brume de luxure, revivant les moments où il avait touché Potter, l'avait embrassé, et imaginé que ce serait allé plus loin, ou qu'il l'embrassait maintenant, et que tout allait bien se passer.
Et aux côtés de ses fantasmes et souvenirs déformés, terrible, une pensée impensable se répétait encore et encore dans l'esprit de Draco : il allait avoir à s'excuser auprès de Ron Weasley.
