Chapitre 18:

La reine, assise dans un fauteuil près de la cheminée du grand salon, serrait contre elle une tasse de chocolat chaud. Elle soupira en pensant que cela était bien moins apaisant que dans son souvenir. Son corps était à vif et son esprit torturée. Malgré elle, elle percevait les émotions de Mak sans réellement chercher à les comprendre. Elle avait sentit une peur un peu plus tôt, puis une énorme fatigue qui ne la lâchait pas depuis. Recroquevillée sur elle-même, perdue dans ses pensées, elle observait seulement les flammes, désirant s'y perdre. Ses yeux étaient rougis d'avoir trop pleuré la mort de ses amis, et la tasse fumante ne changeait finalement pas grand chose.

Près d'elle, Anna avait finis par s'endormir sur un divan. Elsa avait religieusement déposé une couverture sur ses épaules, lui accordant un peu de repos, sachant que sa soeur était bien plus fatiguée que ce qu'elle voulait bien admettre. Briak restait silencieux, assis devant la cheminée, lui aussi, hypnotisé par le feu. Décidément, cette cheminée attire les loups. Pensa Elsa en se souvenant du nombre de fois où Mak était restée là, à cette même place, sans bouger.

- Tu penses qu'un enfant peut naître dans un monde aussi fou que le notre ?

Demanda-t-il soudain, faisant sursauter la reine qui s'était habituée bien vite à ce silence.

- Qu'est ce que tu veux dire ?

Demanda-t-elle en observant attentivement Briak au dessus de la fumée du chocolat. L'homme haussa les épaules.

- Depuis qu'on est gamin, j'ai toujours vu Mak comme si on lui faisait payer sa naissance. Et on dirait que ça continu...

Avoua-t-il en soupirant. Son regard passa sur Anna, il sourit. Elsa remarqua le regard amoureux qu'il lançait à sa soeur. Elle sourit tristement à la pensée que son loup subissait une vie, puis répondit:

- Mak n'a pas eu de chance. Mais elle s'en sort toujours. Ton enfant n'aura pas la même vie. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour que ça n'arrive pas. Il sera heureux avec une maman comme Anna.

Briak sourit encore, puis rectifia:

- Elle.

Elsa arqua un sourcil.

- Elle?

- C'est une fille. Mais Anna ne veut pas savoir, alors tu le gardes pour toi.

Les yeux d'Elsa s'illuminèrent. Une petite fille... une petite louve...pensa la reine en souriant. C'était fantastique, et presque incroyable. Elle n'arrivait toujours pas à s'y faire.

- Trop tard, je suis au courant…

Sourit la princesse en baillant, émergeant lentement d'un sommeil réparateur. Briak grimaça, Anna avait raison, il était le roi de la gaffe. La rousse ébouriffa les cheveux de son homme, se plaisant à le faire grogner sous le regard amusé d'Elsa. Tous les trois se détendirent un instant, après tout, ils l'avaient bien mérité.

- Quelqu'un sait où est Olaf?

Demanda soudain Elsa, remarquant qu'elle ne l'avait pas vu depuis un moment.

- C'est vrai qu'il est étrange de ne pas le voir s'extasier devant le feu.

Précisa Anna en fronçant les sourcils, s'étonnant de ne pas entendre les petites répliques insensées de leur ami.

Elsa ouvrit la bouche prête à répliquer, quand les portes du salon s'ouvrirent.

- Quand on parle d'Olaf…

Sourit-elle en voyant le petit bonhomme de neige entrer.

- Je l'ai trouvée!

S'exclama-t-il.

Elsa fronça les sourcils en se redressant, sachant pertinemment de quoi il parlait.

- Où est-elle? Comment va-t-elle?

S'empressa-t-elle de demander en se levant.

- Elle était seule dans la forêt. Elle a l'air d'aller bien. On est obligé de lui rendre la mémoire? Moi je préfère cette Mak là. Elle a voulu que je lui fasse un gros câlin. C'est elle qui me l'a demandé!

Elsa lança un regard entendu à sa sœur, puis assura:

- Elle ne va pas bien.

Anna attrapa les mains de sa sœur.

- Arrête de t'en faire. Ce n'est pas parce qu'elle accepte un câlin qu'elle est mourante.

- On est en train de parler de Mak…

Soupira Elsa en passant une main sur son visage.

- Oui, d'une Mak de quatorze ans. C'est une enfant Elsa. Elle va bien. Elle n'est pas stupide.

Assura Anna en serrant les mains de sa sœur dans les siennes.

- Elle est inconsciente. Elle ne réfléchit jamais avant d'agir. Elle était déjà imprudente en tant qu'adulte, maintenant qu'elle est persuadée d'être une enfant, je n'imagine même pas ce qui pourrait lui arriver.

- Raison de plus pour partir la chercher.

Déclara Briak en se levant.

- Tu es prête à ce qu'elle ne te reconnaisse pas?

Demanda-t-il en plongeant son regard dans celui d'Elsa.

La reine inspira fortement. Bien sur qu'elle était prête. Elle n'avait jamais cessée d'être prête. Mak n'était pas loin, il fallait qu'elle la retrouve maintenant. Rien qu'à l'idée de la revoir, elle frissonna. Rapidement, elle hocha de la tête. La reine ordonna à Olaf de les emmener là où il avait croisé son loup. Ils partirent.

Sur le dos de Briak, Elsa était tendue et scrutait les moindres recoins de la forêt, espérant voir son loup apparaître à tous moments.

- C'est là!

S'écria Olaf en montrant un endroit précis sur le sol. Elsa ne fut pas étonnée de ne trouver personne. Evidemment, tu n'allais pas m'attendre…

Briak s'approcha, renifla le sol, regarda tout autour de lui, huma l'air, puis s'élança vers le bord d'une falaise. Ici, il s'arrêta et grogna.

- Qu'est ce qui se passe?

Demanda Elsa.

Anna haussa les épaules. Briak plissa les yeux et remarquant une ombre sur le sol. D'un pas rapide, il s'en approcha et reconnut la chemise de Mak, à présent en lambeaux.

Elsa fronça les sourcils et déclara:

- Elle s'est changée en loup...Elle ne se transforme jamais sans raison. Il s'est passé quelque chose.

Briak repéra sa piste, renifla un instant, puis soudain, écarquilla les yeux.

- Briak?

Questionna Elsa.

J'ai trouvé sa piste. Ne le dis pas à ta sœur, mais j'ai sentis son sang et on dirait qu'elle a perdu une dent. Elle est blessée.

Pensa le loup à l'attention d'Anna.

La princesse avala difficilement à cette nouvelle, mais malgré tout, se força à sourire, et s'écria:

- Il a trouvé sa piste. On va la retrouver.

Mais dans quel état...pensa la rouquine en intimant à son homme de faire vite.

Briak rugit et entama une course folle contre la montre. Il courut aussi vite que ses pattes le permirent, se guidant par les effluves laissées par son amie. Il espéra que son flair ne lui faisait pas défaut et que c'était bien l'odeur de Mak qu'il sentait.

Le grand gitan déposa doucement Mak devant une vieille femme, coiffée de deux longues tresses grises. Dans la caravane de bois, tout était sombre, seul un petit feu de camp éclairait l'endroit. Il y faisait bon, et on pouvait y sentir un bâton d'encens partir en fumée. Sur le front de Mak, des gouttes de sueur perlaient et venaient piquer ses yeux. Ses dents claquaient, et son regard restait blanc. Inconsciemment, elle murmurait quelques mots incompréhensibles. Ses poings étaient serrés et son rythme cardiaque beaucoup trop rapide. Dans un délire fiévreux, elle tremblait sans parvenir à se calmer. La vieille femme soupira en jetant un œil inquiet sur le petit corps. L'enfant semblait se battre contre quelque chose de bien plus grand qu'elle, et si elle ne l'aidait pas, elle y laisserait ces dernières forces.

- Il faut que tu la sauves. J'ai une dette envers elle.

Supplia le gitan en posant une grande main sur le front brûlant de Mak.

La louve sursauta dans sa folie, et appela un nom, toujours le même, encore et encore.

- Qui est cette Elsa?

Demanda la femme en fronçant les sourcils.

- Aucune idée. Elle est apparue de nulle part. Elle était seule.

La vieille observa plus attentivement Mak, et posa une main sur son coeur. Dans un premier temps, la louve se débattit, mais enfin se figea sous le touché. La femme ferma les yeux, inspira profondément, puis déclara d'une voix envoutante:

- C'est un loup.

- Un loup blanc. Elle n'est pas mauvaise. Elle nous a sauvé. Je me fiche de ce qu'elle est.

La vieille parue hésiter, puis enfin, hocha la tête en expliquant:

- Elle porte en elle un immense pouvoir, mais elle est sous l'emprise d'un sortilège.

- Peux-tu la guérir?

Demanda le gitan avec un regard suppliant.

- Elle va guérir.

Il sourit en soufflant, enfin.

- Mais elle est la seule à pouvoir se défaire de cette magie. C'est une force ancestrale. Je sens qu'il lui manque quelque chose.

- Quoi? Dis moi, je peux tout lui offrir.

S'écria le gitan en se relevant déjà. La vieille sourit.

- Elle seule le sait.

Avoua-t-elle en passant un baume apaisant sur la coupure béante du flan de la louve. Elle enferma sa main dans un bandage, et passa une crème à la commissure de ses lèvres. Mak gémit légèrement en se tournant, la vieille grimaça en voyant les cicatrices se dessiner sur son dos. Un fouet sans doute...Pensa-t-elle. Enfin elle soupira:

- Elle n'a pas eu de chance. Mais elle va se reposer et elle sera vite sur pieds.

Le gitan sourit tendrement en observant ce visage d'ange. Il déposa un doux baiser sur son front, caressa ses cheveux en espérant lui apporter toute la force dont elle aurait besoin pour ouvrir les yeux.

Soudain, la porte de la caravane s'ouvrit avec fracas, un homme entra, totalement essoufflé.

- Chef! Des intrus sur nos terres!

Le gitan serra les poings.

- Reste avec elle.

Ordonna-t-il avant de sortir.

Dehors, de nombreux hommes s'étaient armés. Le gitan put entendre des rugissements et des lumières bleues un peu plus loin, s'envolant au dessus de la foule. Il courut vers le raffut, pensant trouver une armée, mais ne rencontra qu'un loup, deux jeunes femmes, et une étrange créature qu'il ne sut pas définir. Ses hommes les encerclaient. Le loup gris grognait en semblant protéger les femmes. L'une d'elle, une blonde paraissait furieuse, et des éclairs de glace jaillissaient de ses mains.

- Ne m'approchez pas!

Hurlait-elle en essayant de garder ses hommes à distance. Les gitans étaient terrorisés et attaquaient sans réfléchir, voyant en elle une menace.

- Assez!

Tonna le chef.

Les gitans se figèrent, entourèrent les intrus en le menaçant de lances aux pointes de fer. Le chef s'avança, fronça les sourcils en soutenant le regard du loup gris, observa un instant la blonde, puis s'écria d'une voix qui ne laissait que peu de place à la négociation:

- Ces terres sont à nous. Vous n'avez rien à faire ici.

Pour seule réponse, Briak aboya, faisant sursauter tout le monde. Elsa posa une main douce sur sa tête, avança d'un pas, et tonna, un colère palpable inscrite sur son visage:

- Je cherche quelqu'un. Où est-elle?

La reine lança un regard noir au gitan. Mak était là quelque part, elle en était certaine. Il fallait qu'elle la retrouve, et si ça voulait dire faire tomber un peuple entier, qu'il en soit ainsi.

Le gitan plissa les yeux. Cette blonde semblait totalement incontrôlable.

- Il n'y a personne ici.

Elsa serra les dents, et, rageuse, envoya un éclat de glace se planter dans le sol, aux pieds du gitan. Sans lui laisser le temps de frémir, elle cria:

- Je sais qu'elle est ici et je compte bien la trouver. Si vous avez osé lui faire du mal, je jure que ces terres seront bientôt dépourvues de toutes formes de vie.

- Qu'est ce que tu lui veux?

Demanda le gitan en croisant les bras.

Emportée dans sa colère, Elsa serra les dents et avança d'un pas déterminé vers l'homme, glaçant la terre sur son passage.

- Peu importe ce que je lui veux. Tu vas me dire où elle est, et tout de suite! Elle a besoin de moi. De quoi est-ce-que tu la protèges? De moi? Tu ne sais pas qui je suis. Tu ne sais pas qui elle est. Je suis tout ce qui lui reste. Elle n'a plus personne à part moi. Tu ne connais pas son histoire, tu ne sais pas tout ce qu'elle a pu endurer, moi je la connais par coeur. Elle ne survivra pas si je ne la retrouve pas, alors tu vas me mener à elle immédiatement si tu veux que toi et ta tribu de ridicules bohémiens reste en vie!

Hurla la reine, à présent à un centimètre du gitan qui n'avait pas bougé d'un cil. L'homme put sentir une brise glaciale lui traverser l'échine. Il observa un instant le visage meurtrier de cette étrange blonde, devina sa colère, soutenant son regard tueur.

N'obtenant aucune réponse, Elsa leva le poing, prête à tout pour revoir son loup.

- Elsa!

Cria Anna, voyant sa sœur sur le point de faire quelque chose qu'elle allait regretter.

Un éclair passa dans les yeux du gitan, d'un geste dur, il empoigna le bras de la reine et demanda:

- C'est toi Elsa?

La souveraine resta un instant perplexe, puis hocha la tête. Le gitan sourit, et annonça:

- Je suis désolé pour l'accueil, j'avais besoin d'être sur. Elle te réclame.

Elsa ouvrit la bouche mais ne prononça pas un seul mot. Son loup était là, bien vivant, et il la réclamait. Enfin, elle allait pouvoir revoir ses yeux jaunes, passer sa main dans ses cheveux courts, embrasser sa nuque. Elle allait pouvoir goutter à nouveau à tout ce qui lui avait tant manqué. Oubliant sa colère, elle se jeta au cou de l'immense gitan et le serra dans ses bras en répétant:

- Merci, merci, merci…

L'homme parut surpris un instant de recevoir une étreinte si sincère d'une femme qui menaçait de le tuer il n'y avait encore que quelques secondes, mais enfin, sourit, et referma ses bras autour de la blonde qui parut si petite tout à coup.

Le gitan se dégagea, fit signe à ses hommes de baisser leurs armes, et prit Elsa par la main, la guidant à travers leur campement.

- Comment va-t-elle?

Demanda-t-elle.

- Elle est morte de fatigue. Elle nous a sauvé, mon peuple et moi, d'une mort certaine. Je n'avais jamais vu un si bel animal de toute ma vie.

- Moi non plus…

Répondit Elsa en souriant, baissant le regard.

Enfin, ils s'arrêtèrent devant la porte de la caravane. Elle soupira. Elle n'avait jamais autant appréhendé de voir le visage de son loup. Le gitan capta son malaise, posa une main sur son épaule en souriant, les yeux brillants.

- Il y a des chances pour qu'elle ne me reconnaisse pas…

Avoua la reine tristement.

Le sortilège...pensa le gitan.

Il haussa les épaules d'un air détaché, puis répondit:

- Vous les nordistes, vous réfléchissez beaucoup trop. Laisse couler.

Elsa sourit face à la sérénité désarmante de cette homme qui semblait être le maître mot de toute sa tribu. Elle posa une main tremblante sur la porte et entra.

La vieille femme sourit en voyant la reine pénétrer dans la caravane. Sans un mot, elle se leva vint poser une main sur la joue d'Elsa, et sortit, les laissant seules. D'un pas hésitant, la reine s'approcha du corps inconscient de son loup, et finit pas s'accroupir près d'elle. Tout d'abord, elle n'osa pas la toucher, ne sachant pas si c'était ce que Mak désirait. Comme il était étrange d'être vu comme une inconnue après tout ce qu'elles avaient vécu. Cette année en compagnie de Mak avait sans doute été la plus belle de sa vie. Près d'elle, son existence s'était faite naturellement à Arendelle. Grâce à elle, elle n'avait plus peur du monde extérieur, d'être jugée, et elle avait réussit à endosser son rôle de reine. Elle ne pouvait se résigner à la perdre.

D'une main tremblante, elle caressa ses cheveux, appréciant leur douceur. Malgré elle, elle remarqua la coupure de son flanc et sa main cassée.

- Tu ne peux pas t'empêcher de faire des bêtises quand je ne suis pas là…

Murmura-t-elle.

Longtemps, elle effleura sa joue, et répéta ce geste au moins un million de fois. Elle avait tant besoin de sentir sa peau. Malgré l'état déplorable de son loup, elle pouvait enfin profiter de sa présence.

Soudain, Mak fronça les sourcils en grognant.

Encore ces cauchemars...ça t'avais passé pourtant...pensa la reine avec douleur.

Des images s'immiscèrent sous les paupières du loup. La vision d'un père violent, d'un fouet en argent, et d'une main froide aux allures de sauveuse.

- Elsa…

Murmura la louve sans reprendre conscience.

Elsa fut surprise d'entendre son prénom, mais assura doucement:

- Je suis là. Tu es en sécurité.

Mak grogna encore, et finit par entrouvrir un œil délirant qu'il posa immédiatement sur la souveraine.

- Elsa…

Répéta Mak en levant une main qu'Elsa saisit dans la sienne.

- Je suis là.

Assura-t-elle à nouveau en déposant un baiser tendre sur la main contusionnée.

- Il faut que tu viennes me chercher…

Elsa fronça les sourcils sans comprendre ce que son loup tentait de lui dire. Elle posa une main sur son front, le trouva brûlant.

- J'ai peur…

Souffla Mak.

- Peur de quoi?

Demanda Elsa en voyant son loup s'agiter.

- Il faut que tu partes. Il veut te tuer.

Baragouina la louve à présent tremblante.

- Qui-est-ce qui veut me tuer?

Mak grogna, semblant réfléchir, puis souffla:

- Hans...Va t'en. J'ai froid. Tellement froid sur ce lac. Vingt-et-un coups…

Elsa ferma les yeux douloureusement en sachant que Mak était en train de revivre sa confrontation avec Hans sur le lac d'Arendelle. Ce jour là, où il lui avait asséné vingt-et-un coup de fouet d'argent. Ce jour là, où pour la première fois, elle avait vu Mak avoir peur. Son pauvre loup semblait être remonté un an en arrière.

La reine souleva la tête de son loup, et la posa sur ses genoux. Elle se pencha à son oreille, et murmura:

- N'ai pas peur. Hans n'est pas là. Il ne te fera plus jamais de mal. Tu as mit fin à cette guerre.

- Va t'en, il te cherche…

Souffla Mak.

Même inconsciente, tu cherches à me protéger...

Elsa, sans savoir si elle en avait réellement le droit, posa des mains froides de part et d'autre du visage de son loup, et déposa un baiser chaste sur ses lèvres, un baiser d'adolescent. Avec bonheur et étonnement, elle sentit Mak lui rendre son baiser. C'était léger, presque timide, mais c'était bien là.

La reine embrassa ensuite son front. La louve semblait s'être calmée. Dans un demi sommeil, Elsa put la voir esquisser un sourire.

- Tu es là…

Articula-t-elle, retrouvant un certain apaisement, comme si elle prenait soudainement conscience de la présence d'Elsa. La reine sourit tendrement.

- Je suis là. Je ne partirais pas. Dors. Tout va bien, mon loup.

Aussi fou que cela puisse paraître, c'était exactement le cas. Ici, tout allait bien.