Chapitre 21:
Par mesure de sécurité, Elsa et Mak avait choisit d'un commun accord silencieux de s'installer aussi loin l'une de l'autre. Volontairement, Elsa ignorait totalement la louve, discutant simplement près du feu aux cotés de sa sœur. Mak, elle, fulminait intérieurement, ne pouvant s'empêcher quelques regards en direction de la reine. Elle avait beau essayer de comprendre, elle n'y parvenait pas. Un jour cette nana voulait se sacrifier pour elle, le lendemain, pour quelques paroles déplacées et une goutte de chocolat chaud, elle n'en avait strictement rien à foutre. Pourquoi l'ignorait-elle ainsi? Et pire encore, pourquoi est-ce-que ça l'énervait tellement? Pourquoi ne pouvait-elle pas s'empêcher de la regarder comme ça? Elle avait la sensation d'être un minable papillon de nuit attiré malgré lui par une lumière qui jurait de vouloir le tuer, alors que le pauvre insecte n'avait qu'une journée à vivre.
Sans répit, Elsa lui tourna le dos, toujours absorbée par sa discussion. Mak plissa les yeux. Briak, a à coté d'elle, souriait en voyant son amie serrer les poings. La louve empoigna un verre qu'on lui avait offert un peu plus tôt, un verre d'alcool apparemment, quelque chose que les gitans fabriquaient eux-même, et l'avala en une gorgée. Elle toussa malgré elle, n'étant pas habituée à tout ça. Il est vrai qu'elle y était allé un peu fort en lui crachant dessus mais bon quand même, de là à l'ignorer...Elle lui avait dit qu'elle allait passer une bonne soirée en compagnie de ces gens, elle avait plutôt l'impression de s'être faite avoir. Djalhi vint s'asseoir près d'elle en riant. Il l'observa un instant puis déclara:
- Vous les nordistes, vous réfléchissez trop. Regarde! Il y a des rides sur ton visage! C'est pas normal. Amuse toi! C'est la fête ce soir.
Mak fronça les sourcils en avalant un nouveau verre.
- Pfff...et on fête quoi?
Djalhi parut indigné.
- On fête quoi?
Répéta-t-il avec un accent à couper au couteau.
- Elle a sauvé la moitié de ma tribu et elle me demande ce que l'on fête? Je savais que les bohémiens étaient étranges, mais toi, tu es pire encore.
- J'ai rien sauvé du tout.
Trancha la louve en buvant encore, ne détachant pas son regard d'Elsa, qui n'était toujours pas décidée à lui offrir un brin d'attention. L'alcool qui lui montait à la tête lui faisant du bien, même si il lui décapait la gorge. Son esprit se fit plus flou, et ses pensées moins torturées, moins exigeantes aussi. Elle pencha la tête en se détestant d'observer le dos de la Ficede avec bien trop d'intérêt. Pour oublier, elle but encore, puis encore, et pour faire passer la brûlure, but encore une fois.
- J'suis qu'un pauvre loup trop con…
Cracha-t-elle en baissant enfin les yeux après les avoir accroché à Elsa de longues minutes.
Elle repensa un instant à tout ça. À ses meurtres, à ses questionnements, à tout ce qui clochait dans sa vie, à tout ce qui lui échappait.
- Pourquoi tu dis ça?
Demanda Djalhi. Mak haussa les épaules, pourquoi disait-elle ça? Elle n'en savait rien. Elle avait juste besoin de le dire. Elle se sentait con, ça, c'était clair. Elle but encore.
- Et maintenant, qu'est-ce-qu'elle fait?
Demanda Elsa sans se retourner. Anna sourit en levant les yeux au ciel.
- Combien de fois tu vas me le demander?
- Anna!
Gronda Elsa.
Anna soupira, puis jeta un regard à Mak.
- Elle boit.
Elsa soupira.
- Encore?
- Hum, hum. Et elle te regarde.
Elsa plissa les yeux. Anna reprit:
- Enfin, elle te regarde, elle te dévore devrai-je dire.
Elsa sourit en luttant contre l'envie brûlante de se retourner et de croiser le regard de son loup. Sur elle, elle le sentait, cela lui faisait comme deux trous dans le dos.
Mak passa une main sur son visage. L'alcool lui était monté à la tête et elle peinait à garder les yeux ouverts. Des yeux qui s'étaient raccrochés au dos d'Elsa comme si leur existence en dépendait.
Ils analysaient chaque parcelle de peau dénudée, chaque courbe, chaque défaut qui n'en était pas.
La colère reprit une place de choix dans son coeur. Elle fronça les sourcils. L'alcool ne parvenait pas à la calmer. Elle y voyait seulement encore un peu plus trouble. Elle ne se souvenait pas avoir connu une telle colère. Une colère pourquoi? Pour qui? Toujours tellement de questions...Djalhi avait sans doute raison, elle réfléchissait trop.
- Arrête de la regarder comme ça, tu vas finir par l'user.
Sourit Briak en donnant une tape amicale dans le dos de Mak qui grogna pour seule réponse.
- Il n'y a rien à regarder de toute façon.
Briak leva les yeux au ciel, conscient que son amie était en train de mentir comme elle respirait. À un mètre d'eux, un gitan bien éméché assis en tailleur sur le sol se mit à rire bruyamment.
Mak haussa un sourcil dédaigneux et demanda:
- Qu'est-ce-qu'il y a de si drôle?
Le gitan ria encore, énervant Mak encore un peu plus. Pour solution, elle reprit un verre. C'était la seule solution qu'elle trouva judicieuse.
- Si t'en veux pas, moi je veux bien ma part.
Mak serra les dents et les poings. Sa colère doubla d'intensité quand le gitan jeta un regard lubrique dans le dos d'Elsa. Ce dos qu'elle avait caressé des yeux toute la soirée.
- C'est pas une nana pour toi. C'est une reine, elle joue pas dans la même cours.
Le gitan ria encore, ignorant totalement le conseil de Mak.
- Ça c'est pas important. Laisse la moi au coin d'une ruelle, et je te jure qu'elle oubliera qu'elle est reine. Elle en oubliera jusqu'à son prénom, elle ne criera que le mien.
Déclara-t-il en se levant péniblement, faisant un pas vers Elsa. Mak se leva à une vitesse fulgurante, barrant le chemin de l'homme, et prévint:
- Je t'ai dit qu'elle n'était pas intéressée. Laisse tomber.
L'homme sourit à travers les effluves d'alcool, posa une main sur l'épaule de Mak, se pencha à son oreille, et murmura:
- Elles disent toutes ça. Elle le dira aussi. Il suffira de ne pas la croire si tu vois ce que je veux dire.
Le sang de la louve ne fit qu'un tour, ses yeux s'écarquillèrent. En un geste d'une rapidité à toute épreuve, elle empoigna le bras que l'homme avait posé sur elle et le tordit si fort qu'elle entendit ses os craquer. L'homme hurla. Comment une gosse pouvait avoir autant de force? Mak le fixa d'un œil méprisant, et ne vit pas le coup venir. Elle sentit un poing s'écraser sur son œil. Elle grogna.
Anna lâcha un cri de surprise.
- Tu devrais te retourner.
Dit-elle rapidement à l'attention de sœur qui obéit en voyant son visage déconfit.
Elle se retourna et arrêta de respirer en voyant son loup grogner sous la force d'une droite parfaitement lancée. La louve lâcha le bras du gitan sous la force du coup, et se prit un deuxième coup de poing de plein fouet. L'alcool n'aidant pas, elle tomba à terre mais se releva bien vite, prête à rendre le coup. Une main ferme qui empoigna son bras l'arrêta, elle leva les yeux et croisa le regarde de glace de la Ficede.
- Ça suffit.
Ordonna-t-elle en retenant brutalement le loup.
Djalhi, de son coté, essayait de maîtriser le gitan, lui hurlant dessus, sachant à savoir ce qui avait bien pu provoquer cette bagarre.
Celui-ci se débattait en cherchant à atteindre la louve, celle-ci faisait de même.
- C'est ça viens salopard!
Hurlait-elle en essayant de se défaire de la prise d'Elsa, voulant attraper l'homme par le col de son vêtement. La reine se posta entre eux, cherchant désespéramment à les séparer.
- Elle est complètement malade cette gosse! T'es juste un putain d'animal!
- Tais-toi! Regarde toi, tu ne tiens même pas sur tes jambes!
Criait Djalhi en empêchant l'homme de casser la gueule de la louve, alors que celle-ci ne faisait que l'énerver davantage.
- Pourquoi est-ce-qu'ils se battent?
Demanda Olaf, resté en retrait près d'Anna.
- Je ne sais pas.
Répondit la princesse.
- Moi je pense qu'ils ont besoin d'un câlin.
Déclara le petit être comme une évidence.
- Les câlins n'arrêtent pas les guerres Olaf.
Soupira Anna.
- Vas te faire foutre!
Hurla la louve en se débattant toujours plus. Excédée, Elsa empoigna violemment le bras de Mak et cria en tournant son visage face au sien.
- Ça suffit j'ai dit! Tu te calmes! Et vous, tenez vos hommes!
Termina-t-elle en pointant le gitan du doigt.
Celui-ci voulu répliquer mais Briak attrapa brutalement sa nuque et déclara:
- Mon gars, soit gentil. Écoute la dame.
Le gitan se tut devant le regard noir du grand loup, plus impressionnant que la gosse.
- Je ne veux plus te voir. Va décuver!
Ordonna Djalhi en le poussant vers sa caravane. Il y entra en râlant qu'il n'était pas saoul.
- Je suis désolé…je ne sais pas ce qui s'est passé.
S'empressa de dire le chef, se fondant en excuse devant Elsa, honteux du comportement du gitan.
Elsa accepta l'excuse d'un hochement de tête, puis se tourna vers Mak, remarquant son œil qui commençait déjà à devenir bleu, et sa lèvre fendue.
- Toi, tu me dois une explication.
Gronda-t-elle en tirant son loup vers l'extérieur du camp, qui la suivit en traînant des pieds.
Elle marchèrent silencieusement quelques minutes, puis arrivèrent au bord d'un minuscule ruisseau. Ici, enfin, Elsa lâcha le bras de Mak, passa une main sur son visage et demanda avec émotion:
- Mais qu'est ce qui t'a prit!
Pour seule réponse, Mak n'effaça pas l'air furieux de son visage et baissa les yeux. Sa tête lui faisait mal et elle avait une furieuse envie de vomir. Les joies de l'alcool… N'obtenant aucune réponse, la colère d'Elsa s'attisa.
- Qu'est ce qui s'est passé? Combien de verres est-ce-que tu as bu? Tu sais très bien que l'alcool ne te réussis pas!
Gronda la reine en faisant de grands gestes. Mak leva les yeux.
- Non! J'en sais rien du tout figurez-vous. Mettez-vous ça le crâne, je ne sais rien! Je ne sais pas pourquoi je l'ai frappé, je ne sais pas pourquoi je suis en colère, ni même qui je suis, d'accord? Je ne suis plus sur de rien!
Elsa avait sursauté en entendant la voix brisée de son loup. Mak inspira profondément, fit une pause, puis reprit en faisant les cent pas, tournant sur elle-même, s'arrêtant par moment pour éviter de tomber. Sa tête tournait tellement.
- Vous pensez que je suis la personne que vous cherchez mais c'est faux. Comment est-ce-que je pourrais être cette personne alors que moi-même je ne suis pas sur d'exister? Il y a ces images qui défilent, et je ne sais pas ce qu'elles veulent dire. On dirait que c'est moi, mais en même temps...je sais que ce n'est pas moi. Et puis, il y a...ce manque. Tout le temps partout. Où que j'aille, quoi que je fasse. Et ces cauchemars, et ces cicatrices, et ces voix dans ma tête…
Expliqua-t-elle prenant sa tête dans ses mains. Elsa eu une expression de douleur sur le visage, elle se souvenait parfaitement de ce que lui avait dit Malek à propos de la folie. Elle tendit une main vers son loup.
- Non, ne me touchez pas. Surtout pas...
Déclara-t-elle en reculant d'un pas. Elle reprit en toute honnêteté, surement aidée par l'alcool.
- Je ressens des choses que je ne comprends pas…
- Allons, calme toi. Parle moi. Dis moi ce que tu ressens.
Murmura Elsa en tentant désespérément de ne pas faire fuir l'animal blessé que semblait devenir son loup.
Mak ferma les yeux, fronça les sourcils et eu un rire amer avant de fixer Elsa au plus profond de son âme.
- J'ai envie de vous embrasser au moins autant que j'ai envie de vous étrangler. Je vous déteste, je vous aime et puis je vous déteste plus encore. Qu'est-ce-que vous m'avez fait?
Demanda-t-elle alors qu'une larme coulait sur sa joue.
Le coeur d'Elsa se fendit à la vue de cette unique larme. La louve passa une main rageuse sur son visage devant l'absence de réponse de la reine.
- Je pense à vous en permanence. Je rêve de vous. Je sens votre odeur. Je vous vois même quand vous n'êtes pas là. Qu'est ce qui m'arrive? Dites le moi! C'est trop fort, c'est trop grand. Et moi...à l'intérieur de moi, c'est pas assez grand, pour y loger toutes ces choses là. Je ne veux pas de ça. Je ne veux pas de vous!
Termina la louve en hurlant, jetant son poing déjà meurtri contre un arbre. Elle cria. Encore.
Elsa était restée immobile pendant son discours. Il lui sembla qu'elle n'avait jamais vu son loup se livrer ainsi. Son jeune âge la percuta soudain. Elle s'en voulu instant de lui faire subir tout ceci, tout ce mal-être, même si elle savait, que dans le fond, elle n'y était pour rien.
Quand Mak frappa l'arbre en criant, la reine sembla reprendre vie et s'approcha rapidement d'elle. Même si elle savait qu'elle n'en avait pas le droit, elle posa une main douce sur sa main cassée, et attira le petit corps contre elle, le serrant dans ses bras, plaçant l'oreille de l'enfant contre sa poitrine. Dans un premier temps, Mak se débattit, cherchant à repousser l'étreinte.
- Lâchez moi!
Ordonnait-elle. Mais Elsa, n'en ayant pas décidé ainsi, resserra sa prise et passa une main dans ses cheveux.
- Non, je ne te lâcherais pas. Même si tu as juré que tu n'aurais que des emmerdes avec moi.
Murmura-t-elle d'une voix calme mais ferme. Les yeux de Mak s'ouvrirent en grand, sa mâchoire tomba, elle se figea, arrêta de se battre.
Elsa soupira, sachant que la tempête était passée. Elle détendit légèrement sa prise, et fut surprise de sentir les bras de Mak s'enrouler autour de son coup. La louve se pendit à cette nuque comme si sa vie en dépendait. Ses genoux tremblaient, et si Elsa ne la tenait pas fermement, il est certain qu'elle se serait écroulée. La reine déposa un baiser sur le haut de sa tête, appréciant le geste devenu bien trop rare ces derniers temps. Mak ferma les yeux en enfouissant son visage dans les cheveux blonds, respirant leur parfum. La louve cru mourir en admettant qu'à cet instant, elle se sentait à sa place. Son corps se détendit lentement, le manque qui la tiraillait depuis des jours, se dissipa comme s'il n'avait jamais existé. Enfin, elle s'accorda une pause. Les bras de cette Ficede étaient rassurants, c'était ce dont elle avait besoin.
Elles restèrent ainsi de longues minutes, appréciant simplement la chaleur de l'autre. Pour la première fois, Mak ne se posa pas de questions. L'absence de réponse ne la faisait plus souffrir. Ici, elle était juste Mak. Mak qui aimait être dans les bras d'Elsa.
Un souffle de vent fit s'envoler les cheveux de la reine, et mit fin à ce moment. Mak se dégagea lentement de l'étreinte et leva les yeux vers le visage d'Elsa. Celle-ci sourit tristement en voyant l'oeil au beurre noir de son loup. Elle soupira en pinçant les lèvres.
- Et bien, il ne t'a pas loupé on dirait…
- Moi non plus je ne l'ai pas loupé.
Rétorqua la louve que l'alcool n'avait pas encore tout à fait quittée.
Un petit rire s'échappa de la gorge d'Elsa. Elle se détacha de Mak, prit sa main de la sienne, et lui intima de s'asseoir près du ruisseau. Étrangement, celle-ci, sa colère s'étant dissipée, obéit.
La reine trempa ses doigts dans l'eau, et vint les déposer doucement sous l'oeil abîmé. Mak grimaça.
Grand bébé...pensa Elsa.
- Qu'est-ce-qu'il t'a fait pour mériter pareille correction?
Demanda-t-elle.
- Aucune importance.
Répondit immédiatement la louve.
Elsa haussa un sourcil, signe qu'elle exigeait une réponse. Mak soupira en leva les yeux au ciel, puis avoua:
- Il avait de mauvaises intentions envers vous.
- Oh…
Ne put que répondre Elsa, ne s'attendant pas à cette réponse. Elle resta stupide un instant, ne sachant quoi répondre. Mak rit devant son air hébété, puis déclara:
- C'est bon, ne faite pas cette tête. Il n'y a pas mort d'homme.
Elsa sembla revenir à elle.
- C'est vrai. Mais ça aurait pu mal tourner. À l'avenir, évite de te battre avec n'importe qui.
Mak soupira:
- De toute façon, au point où j'en suis, je pourrais bien me battre avec la terre entière qu'il n'y aurait pas grande différence…
Elsa leva les yeux au ciel en souriant, puis déclara:
- On va faire un marché toutes les deux.
Mak plissa les yeux, Elsa reprit:
- Toi, tu essayes de me faire confiance et de ne rien faire d'inconscient, et moi, je t'aide à comprendre qui tu es.
Déclara-t-elle en tendant une main devant la louve.
Mak parut réfléchir.
- Et comment est-ce-que je saurais que tout ce que vous me dîtes est vrai?
Elsa haussa les épaules, puis soupira:
- Tu t'appelles Makdellana, tu détestes le chocolat chaud. Tu connais Briak depuis que vous êtes tout petits. Tu n'aimes pas le froid. Tous les soirs, ton dos te fait souffrir même si tu ne l'avoue jamais. Tu adore la fête de Noël. Et, si tu n'es toujours pas convaincue, tu as une petite tâche de naissance sous le sein gauche. Tu m'as dit un jour que ta mère avait la même.
La mâchoire de Mak était tombée sous l'amoncellement de vérités. Comment savait-elle tout ça?
La louve hésita encore un instant, pesant le pour et le contre sous le sourire d'Elsa, puis enfin empoigna la main de la reine.
- Marché conclu.
Elle ne savait véritablement pas dans quoi elle s'embarquait. Mais elle s'embarquait avec elle. Cette Elsa qu'elle, malgré tout, mourrait d'envie de connaître.
