Bonjour à tous ! Je ne vous ai pas oublié ! J'ai simplement beaucoup plus de mal à écrire ces derniers temps. Je suis très très heureuse, et infiniment touchée de constater que vous me lisez encore et encore.

Je remercie GALAXY PROD, Guest, MANGA-ARTIST-91, L. B et bien entendu tous les autres.( J'espère n'avoir fait aucune faute dans les prénoms ^^) Ce sont tous vos commentaires et avis qui me poussent à écrire.

J'admets que les chapitres sont beaucoup moins fréquents mais je n'abandonne pas mon histoire, d'autant plus que Disney nous offre bientôt Frozen 2 ! Qu'est-ce que vous en pensez ? On a le droit d'espérer qu'Elsa se trouve une mignonne petite copine ?

J'ai hâte de lire vos retours sur ce chapitre. J'espère que vous allez tous bien et qu'il vous plaira.

Merci à tous ! Je vous embrasse, bien à vous, Lou De Peyrac.

Chapitre 32 :

Les yeux de Mak s'agitèrent sous ses paupières, le réveil semblait imminant. La louve inspira longuement, devina le parfum de décembre, sourit inconsciemment. Enfin, les yeux s'ouvrirent et le regard se fit plus vif. Mak se redressa lentement en se frottant les yeux, et fut surprise de trouver le bras d'Elsa qui l'entourait alors que la reine dormait encore à point fermé. La louve pencha la tête en observant la blonde, se souvenant doucement de tout ce qui s'était passé la veille.

Vous êtes amoureuse de moi… ne cessait-elle de se répéter en silence. Elle avait encore du mal à y croire. Elsa était une femme. Elle, n'était qu'une gosse, ou alors un jeune loup bien intrépide. Elle se demanda ce qui avait pu plaire à la reine. Comment était-elle quand elle était grande ? Était-elle une adulte ? Une grande personne comme on aime dire. Elle s'imaginait mal vivre dans l'immense château qu'Elsa appelait sa maison. C'était étrange et déroutant, tout ce qu'elle connaissait de l'amour tenait dans l'esquisse d'un baiser… Elsa était bien inconsciente d'avoir choisi de tomber amoureuse d'elle. Et en même temps… est ce qu'on choisissait vraiment ?

La louve se perdit un instant dans la marée nébuleuse de ses pensées, cherchant à savoir ce qu'elle pouvait bien être avant tout ça. Certains semblaient la considérer comme un héros, un brave loup. D'autres, au contraire, ne la comparaient seulement qu'à un vulgaire chien des rues qu'on devrait abattre pour être revendu une fortune au marché noir.

L'enfant soupira en admettant qu'elle ne se connaissait pas tant que ça, pour ne pas dire pas du tout. Seule Elsa, toujours Elsa, semblait la connaitre mieux que personne. Après tout, la reine avait prédit sans se tromper qu'elle détestait le chocolat chaud. Un rire s'échappa da la gosse à ce souvenir.

Mak fronça légèrement les sourcils quand elle se rendit compte qu'aucun son ne venait de l'extérieur. Il faut croire que la tempête est passée… Pensa-t-elle. Délicatement, sans bruit, elle écarta le bras d'Elsa de son corps, et se leva avant de s'étirer de tout son long.

Chilali, allongé sur une paillasse de fortune, voyant la louve en mouvement, releva la tête. Mak s'approcha de lui et vint affectueusement coller son front à celui de l'animal qui roucoula de plaisir en fermant les yeux, dressant le duvet de son cou. Mak sourit :

Bonjour à toi aussi mon grand. Tu as bien dormi ?

L'oiseau piailla sans délicatesse.

Mak rit, sachant qu'elle ne pouvait demander à ce grand volatile de se faire discret.

J'ai faim, tu saurais où on peut trouver à manger ?

Chilali pencha la tête, traitant la demande, puis se leva et se dirigea vers la sortie, arpentant les galeries de la caverne, la louve sur les talons.

Un soleil brulant vint caresser la peau de Mak. Malgré tout, la neige était là, reine imperturbable de ces lieux. A l'image de l'oiseau, son royaume était et resterait blanc.

Mak, prise par son instinct de chasseur, renifla l'air à la recherche d'une odeur d'un animal à chasser, mais rien, juste l'odeur de la poudreuse. Elle soupira :

Sans vouloir te vexer, je suis lassée de bouffer de la neige, je trouve ça bourratif.

L'oiseau piailla encore.

Articule, je ne comprends rien à ce que tu dis.

Chilali se posta, toujours fière, devant la louve, et se pencha en une révérence.

Mak plissa les yeux sans comprendre, puis tenta une révérence à son tour. Chilali cria plus fort en se baissant davantage. Mak fronça les sourcils :

Attends, tu veux que moi, je monte sur ton dos ?

L'oiseau inclina la tête en signe d'approbation.

Eh, minute papillon. Je suis un loup. Je suis déjà une monture, je ne monte pas d'autre animaux. C'est contre ma nature, je n'ai même jamais monté un cheval.

Chilali semblait exaspéré, et en un geste vif et rapide attrapa du bec la louve par le col de sa chemise et la fit passer sans effort sur son dos.

Eh ! Il faut qu'on établisse quelques règles, je ne sais pas encore lesquelles, mais premièrement, tu ne fais plus jamais ça ! Je ne suis pas ton jouet !

Sans prêter attention aux plaintes agaçantes de la louve, l'oiseau commença à battre des ailes, distribuant nombre de courant d'air tout autour de lui.

Euh…Qu'est-ce-que tu fais ? Tu ne vas tout de même pas AAAAAAAAAAAH !

Hurla Mak alors que l'oiseau avait décollé du sol. La louve s'accrocha à ses plumes en se pressant contre lui. Le vent était fort et l'animal n'en finissait pas d'agrandir la distance qui le séparait de la terre.

Arrête ! Je ne suis pas faite pour voler ! Aucun loup n'a des ailes c'est qu'il y a une raison ! Repose-moi ! Stupide piaf surgelé !

Criait la louve, les yeux fermés, les dents serrés.

Après quelques minutes, la course de l'oiseau ralentit enfin. Le vent se faisait moins fort et la cadence plus stable. Lentement, prudemment, Mak ouvrit les yeux. Elle releva la tête, relâcha sa prise, et fut ponctuelle à son rendez-vous avec le soleil. Il était évident qu'ils étaient au moins dix mètres au-dessus du ciel dans un monde secret où le mauvais temps n'existait pas.

Mak resta sans voix. Toutes plaintes ayant quitté son esprit.

Subjuguée par la beauté du spectacle de ce monde aux airs de paradis clandestin, ivre de liberté enfin effleurée, la louve écarta les bras, et ferma les yeux, comme crucifiée non pas par le moment qui passe, mais par le moment qu'il fait. Mak inspira profondément, volant un souffle de nuage comme un souffle au cœur, une particule d'étoile, devinant un oxygène nouveau, comme on perçoit un parfum jamais découvert, un effluve inédit aux notes d'une sensibilité à faire flancher n'importe qui.

Le souffle s'immisça au creux de ses poumons, ravivant l'organe comme au premier jour de sa première vie, comme si elle respirait pour la première fois. Le ciel lui murmurait de prendre garde, qu'elle risquait une asphyxie, une crise d'asthme ou une dangereuse hyperventilation, pourtant, elle aimait ça. Elle s'en fichait. Elle aurait bien pu suffoquer ou devenir cardiaque pour un moment de délicieuse apnée hors du temps comme celui-ci.

Merci…

Murmura l'enfant alors que ces yeux se remplissaient de larmes sans qu'elle ne l'ait commandé.

Chilali roucoula, heureux de sa performance.

Après un bref instant de vague à l'âme, Mak ria de bonheur, les larmes aux yeux, le cœur écorché par la mélancolie du plafond céleste du monde. L'adrénaline de l'horizon en overdose, elle demanda :

Plus vite mon grand !

Heureux lui aussi, l'oiseau obéit et osa une chute libre. Mak rugit de plaisir, se laissant porter par la confiance qu'elle avait dans la bête.

Volant au-dessus de la mer, l'oiseau y laissa des sillons de ses griffes, faisant sauter des poissons terrifiés à la surface, en attrapant un dans son bec au passage, jetant à regard a la louve. Mak grimaça :

On va les faire cuire si tu veux bien. Je ne pense pas qu'Elsa aime le poisson cru.

L'oiseau roula des yeux. Mak haussa les épaules.

C'est une princesse, qu'est ce que tu veux que je te dise ?

Chilali fit demi-tour, et s'offrit un retour à la terre glacée sur une allure de croisière. Soudain, Mak voulu être sûre :

Si on quittait cet endroit, tu viendrais avec nous ?

L'oiseau resta silencieux un instant, puis approuva.

Mak sourit en caressant la tête de l'animal, jura par cette caresse que l'oiseau ne serait plus jamais seul.

Soudain, le regard de la louve s'assombrit. A plusieurs mètres en dessous d'eux, au milieu de la pleine enneigée, elle vit deux loups s'affronter, et put clairement reconnaitre Liv et Briak. Anna se tenait en retrait avec Olaf derrière le loup gris.

Chilali se sont mes amis. Plus vite !

L'oiseau lâcha un cri perçant et fondit sur le sol. Il atterrit entre les deux loups en battant des ailes, les arrosant de poudreuse.

Tous se figèrent à la vision de la bête. Liv écarquilla les yeux en rugissant, totalement terrifiée. Briak aboya et aboya encore, protégeant Anna face à la créature. Pourtant, le loup gris se figea quand il vit très clairement son amie monter l'oiseau.

Qu'est ce que vous attendez bordel ? Montez !

Hurla Mak.

Rapidement, Briak reprit forme humaine tendit que l'oiseau gardait Liv à distance grâce au vent qui s'échappait de ses ailes. Sans réfléchir, parce qu'en cet instant réfléchir aurait été une folie, Anna prit Olaf dans ses bras, courut vers son homme, empoigna sa main, et le tira vigoureusement vers l'oiseau sur lequel ils montèrent tous les trois.

Nom de dieu ! On peut savoir ce que tu fous sur ce putain d'oiseau ! Je me suis gelé les pattes à parcourir des kilomètres de neige pour retrouver ta sale gueule de loup alors que mademoiselle était trop occupée à faire mumuse sur son piaf de compagnie !

Hurla Briak en s'asseyant derrière son amie.

Mon piaf de compagnie est en train de sauver tes fesses et il est plutôt susceptible alors je serais toi, je le caresserai dans le sens des plumes. Mais si tu préfères, je te laisse finir ton rencard avec miss croc blanc, c'est toi qui vois.

Contra Mak, étrangement calme.

Liv rugit bruyamment en avançant de quelques pas malgré la tempête de Chilali.

Briak soupira, excédé :

Ouais, ouais ça va, j'adore ton poulet ! Décolle !

C'est pas la gratitude qui t'étouffe !

Renchérit la louve.

Olaf, complètement terrifié, sauta au cou de Briak en criant :

Non ! On décolle pas ! On va mourir ! Je ne veux pas mourir ! Je suis un bonhomme de neige. La neige ne vole pas. La neige tombe !

Tout va bien Olaf. C'est comme un loup avec des ailes.

Tenta Anna, tout à fait sereine.

Quand est ce que tu vas comprendre que ça ne me rassure pas du tout ?

Mak ria joyeusement en agrippant les plumes de Chilali.

Son regard passa sur Liv qui rugissait toujours, impuissante devant la bête. Un sourire carnassier passa sur le visage de Mak, l'envie de vengeance traversa son cœur. La louve serra les dents et rugit aussi fort quelle le put, désirant terrifier, prévenir, désirant lui glacer le sang à sa manière. Liv se figea, aucun son ne sortant de sa bouche. Mak vit la peur passer dans ses yeux et fut satisfaite.

Allé mon grand !

Ordonna-t-elle.

Chillali piailla, puis, d'une poussée sur ses pattes, décolla sans effort.

Ce n'est qu'après quelques battement d'ailes que Mak décrocha son regard de Liv. Cette fois, la louve avait gagné et ne se priva surtout pas de savourer sa victoire.