Bonsoir à tous !
Je reviens avec un nouveau chapitre que, je l'espère, vous n'avez pas attendu trop longtemps et qui vous plaira. J'attends bien évidemment vos retours avec impatience. Je vous remercie tous infiniment de continuer à lire cette histoire que, je vous le promet, je finirai même si cela prend plus de temps que prévu.
Je tiens particulièrement à remercier GALAXY PROD qui m'a offert une illustration magnifique de mes personnages. Si vous voulez y jeter un œil, ça se passe sur Instagram, ça s'appelle coup_de_crayon, et ça vaut le détour ! Tous les dessins sont un plaisir pour les yeux.
Dernière petite parenthèse pour Jeremymilot, j'ai été ravie de lire ton commentaire qui m'a beaucoup touché. Un grand merci à toi, ce sont des retours comme celui-ci qui pousse à continuer. Et pour éclaircir un petit point que tu avais soulevé si tu me le permet, j'écris en effet un roman depuis deux ans déjà qui n'est pas encore achevé. Je rêverai de le voir publier un jour. Chaque chose en son temps j'imagine :)
Comme toujours, je vous promet de revenir le plus vite possible !
C'est la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, votre honneur !
Un immense merci à vous tous.
Je vous embrasse,
Tendrement, Lou De Peyrac.
Chapitre 33 :
Elsa tournait de long en large devant l'entrée de la caverne. Rouspétant, soupirant de temps à autre en levant les yeux au ciel. La reine s'était éveillée seule, avait cherché Mak, et, exaspérée, avait remarqué son absence et celle de Chilali. Voilà déjà une bonne heure que la reine faisait les cent pas dans la neige, son inquiétude s'étant distillée bien vite en agacement. Elsa se remercia seulement de ne pas craindre le froid.
Jeune fille, tu as intérêt à revenir très vite avant que je ne m'énerve sérieusement. Pensait-elle froidement, espérant que son loup puisse l'entendre. Malheureusement depuis que Mak avait perdu la mémoire, la blonde se souvint que ce pouvoir échappait à la gosse. Ce fut donc en usant de toute la patience dont elle était capable qu'Elsa attendait, et attendait encore en essayant de se convaincre que Mak se portait bien.
- Tu ne sauras donc jamais tenir en place. Je sais que je ne peux pas te passer une laisse autour du cou mais tout de même, je te demande seulement de me prévenir, ce n'est pas si compliqué !
Rageait-elle en faisant de grands gestes.
- Hier tu m'embrassais, aujourd'hui tu t'offres une virée improvisée avec ton nouvel ami volant, si tu savais à quel point tu m'épuise, imbécile de loup...
Un cri perçant attaqua les oreilles de la reine. Elle se retourna et vit au loin, Chilali qui se dirigeait vers elle. Après quelques instants, elle put distinguer Mak, et en plissant les yeux, remarqua la présence de leurs amis. Enfin, la reine souffla, rassurée de les voir tous sains et saufs. L'oiseau bâti des ailes et lentement, se posa non loin de sa caverne. Mak descendit, posa pied à terre, et porta un premier regard sur le visage froid de sa reine.
Aï, elle a l'air furieuse. Pensa-t-elle. La sentence ne se fit pas attendre. Elsa, les bras croisés sur la poitrine, déclara :
- On peut savoir où tu étais ? As-tu conscience du sang d'encre que je me suis fait ?
Mak grimaça en se grattant l'arrière de la tête, avançant lentement vers la reine en colère. Elle le savait, Elsa avait raison. Avec Liv à leur trousse, elle n'aurait pas dû partir sans prévenir.
- Je sais, je suis désolée, je...
Essaya la louve. Mais Elsa ne lui laissa pas le temps de s'expliquer.
- Combien de fois va-t-il falloir que je te le répète. Je veux simplement que tu me préviennes. Je n'avais aucun moyen de te joindre. Tu ne peux pas partir seule comme ça, c'est inconscient et...
- Blondinette ce n'est pas sa faute.
Intervint Briak. Elsa se tut, surprise. L'homme reprit :
- Elle voulait te trouver à manger. On a été retrouvé par Liv. J'ai cru qu'on ne s'en sortirait pas. Mais elle est arrivée avec son piaf et nous a sauvé. Elle aurait dû rentrer avant ton réveil, mais elle a été retardée. Heureusement qu'on a croisé son chemin.
Les yeux de la reine s'adoucirent au rythme des paroles de Briak. L'inquiétude passa à nouveau dans son regard. Elle abdiqua en laissant tomber ses bras le long de son corps :
- Très bien, excusez-moi je me suis emportée, j'étais inquiète. Rentrons, j'ai fait un feu à l'intérieur. Merci pour le poisson que tu as apporté mon loup.
Sur ces mots, la reine se retourna et entra dans la caverne.
Mak souffla, sachant qu'elle était tirée d'affaire. Briak vint se poster à côté d'elle en essayant de réprimer un sourire amusé. Mak brandit un poing vers l'homme en déclarant :
- Merci, tu es vraiment un frère.
Briak cogna dans le poing tendu :
- Toujours là pour te couvrir.
Les deux loups échangèrent un regard sachant tous deux que les querelles d'autrefois étaient enterrées.
- Carrément cool ton piaf. Faudrait le ramener au château.
Déclara Briak les yeux rieurs.
Mak sourit :
- C'est prévu.
Anna écarquilla les yeux.
- Mais où voulez-vous qu'on le mette ?
- Ah non ! Tu ne me sors pas le même discours que ta frangine !
Trancha la louve en entrant à son tour dans la caverne.
La rousse la suivit lentement, peu convaincue.
- Donc si je comprends bien, personne ne va manger le poulet ?
Demanda Olaf innocemment.
Chilali piailla à son attention.
- Ne te vexe pas ! Tu es un très jolie piou-piou.
Assura le bonhomme de neige en caressant le bec de l'oiseau qui sut se contenter de ce compliment.
Tous s'installèrent près du feu. Chilali s'endormit sur sa paillasse. Briak mit le poisson à cuire et se détendit enfin.
- Comment est-ce que Liv vous a trouvé ?
Demanda Elsa.
- J'imagine qu'elle a suivi les traces que j'ai laissé. Mais ce n'est pas moi qu'elle cherchait. Elle n'a cessé de nous demander ou était Mak.
Expliqua Briak en se frottant les mains près du feu.
- Makdellana.
Rectifia la louve comme si cela était devenue une habitude.
- Pourquoi est-ce qu'elle ne veut pas me laisser tranquille ?
Demanda-t-elle sans aucun souvenir de son passé. Elsa échangea un regard réprobateur avec ses amis. La gosse ne devait pas savoir, pas tout de suite. Les souvenirs de cette tragédie la hanteraient bien assez vite.
- Il ne faut pas chercher à comprendre. Tout ce qu'on sait c'est qu'elle est dangereuse et qu'il vaut mieux l'éviter. Ne te tracasse pas avec ça.
Bluffa Anna s'attirant un regard de remerciement de la part de sa sœur.
- Pff, je suis sûre que je peux la terrasser en un coup de crocs.
Bougonna Mak en mordant dans un morceau de poisson.
Elsa passa une main apaisante dans les cheveux de la louve bien trop intrépide.
- Je n'en doute pas une seconde, mais nous n'allons pas tenter le diable j'aimerai te garder encore près de moi quelques années. D'accord mon loup ?
Elsa avait souri en disant cela. Que c'était bon de pouvoir à nouveau dire ces choses-là.
Mak grogna et mangea davantage pour seule réponse, fermant tout de même les yeux sous le geste qu'elle sut apprécier. Anna jeta un regard intrigué à sa sœur. Tu m'expliques ou vous en êtes-vous deux ? Pouvait lire Elsa sans qu'un mot ne soit prononcés. Je t'expliquerai. Pu deviner Anna dans le regard de sa sœur. Malgré la situation qu'elle ne comprenait pas très bien, la princesse sourit, heureuse de voir Mak et Elsa si proche.
Elsa soupira intérieurement. La pauvre reine ne savait comment elle allait pouvoir amener toutes ses pensées de son passé à l'esprit de son loup. Mak progressait de jour en jour, acceptait peu a peu mais Elsa savait qu'il serait insensé de surcharger la gosse d'autant d'information.
Dans l'instant, la reine se contenta d'être heureuse de voir sa sœur et ses amis en sécurité.
Ce fut Anna qui stoppa la reine dans ses pensées en sortant la carte gitane offerte par Djali de sa poche. La princesse l'observa en silence, fronçant les sourcils.
- Hum, c'est ce qui me semblait...
Murmura-t-elle.
- Quoi ?
Demanda Elsa sans comprendre. Anna lui montra la carte. Puis déclara, tout à fait sur d'elle :
- La caverne de votre ami a plume est exactement l'endroit où nous devions nous rendre.
Elsa attrapa la carte à son tour, l'analysa et fut obligé d'admettre que sa soeur avait raison. Chilali les avait emmenés au nord, bien plus au nord, là où semblait être l'eau de vie.
- Mak je crois qu'on va pouvoir te rendre la mémoire...
Dit-elle sans oser trop y croire.
Mak tourna lentement la tête vers Elsa. Alors ça y est ? Dans les prochaines minutes elle allait se souvenir de tout. De ce qu'elle était pour elle-même et pour sa reine. Était-elle prête ? Et finalement est-ce qu'elle s'en souciait vraiment ? Retrouver une vie avec Elsa c'est tout ce qu'elle voulait. Un silence passa. Elsa n'osait y croire.
- Qu'est-ce qu'on attend ?
Chuchota Olaf à l'oreille de Briak. L'homme haussa les épaules.
- Des trucs de filles. Cherche pas.
Se contenta-t-il de répondre, refusant de se lancer dans une explication interminable sur les états d'âme d'Elsa à cet instant précis. Il savait simplement que la reine pesait encore une fois le pour et le contre. Devait-elle lui rendre la mémoire et toutes les souffrances qui l'accompagnait ? Avait-elle le moindre pouvoir, le moindre droit de faire ce choix alors que Mak ignorait encore la plupart des événements de sa vie d'autrefois ?
Elsa soupira et se leva subitement, s'attirant un regard interrogateur de la part de tous. Encore une fois, la reine choisit de ne pas se préoccuper de ces choses-là. Mak était un brave loup, les épreuves qu'elle avait traversées avaient fait d'elle ce qu'elle aimait tant. Autrement dit, elle tout entière. Son loup devait redevenir ce qu'elle était à part entière.
La reine analysa la carte plus attentivement, remarqua chaque détail, puis, toujours silencieusement, se tourna vers le nid de Chilali, la piaillasse qu'il ne quittait que très rarement.
L'oiseau, se sentant épié, releva la tête vers Elsa en roucoulant.
La reine avança d'un pas en murmurant :
- Tu ne restes pas seul dans ce froid mordant par hasard, n'est-ce-pas maître du froid ? Qu'est-ce-que tu gardes ?
Elsa en était certaine, cela paraissait être le scénario parfait, cela ne pouvait être autrement.
La reine avança encore lentement, puis s'arrêta à un pas de la bête.
- Mak, ordonne à ton oiseau de bouger.
Déclara Elsa, si froide que Mak fronça les sourcils, se disant qu'elle n'avait jamais vu ce côté de la Ficede, et qu'il ne lui plaisait pas. La gosse avait déjà vu sa reine agacée, même en colère quelques instants plus tôt, mais jamais elle ne l'avait vu si tourmentée, en proie à ses démons, aillant l'air d'une reine de glace, si froide, totalement prisonnière des griffes de sa solitude. La louve pencha la tête, analysant le dos d'Elsa sous toutes les coutures.
C'est à ça que vous deviez ressembler lorsque vous avez glacé le sang du fils de feu… C'est à ça que vous ressemblez quand il s'agit de me protéger. Pourquoi avez-vous aussi peur de finir seule ?
Se demanda l'enfant en ressentant un pincement au cœur, se rendant subitement compte qu'elle ne savait presque rien sur Elsa qu'elle aimait pourtant déjà tant. Et même si cette première impression avec les tourments de la reine lui avait tout d'abord fait peur, la louve se jura de réussir à apprivoiser la bête comme la blonde l'avait d'abord fait avec son propre monstre intérieur.
Elsa, que l'impatience gagnait, et ne voyant aucune réaction de la part de Mak, fit tout de même l'effort de tourner la tête, et, un air agacé sur le visage, appela plus froidement encore :
- Tu m'as entendu ?
Mak revint à elle, rencontra l'œil glacial de sa reine, tomba amoureuse encore une fois, désira qu'elle la touche, rougit, s'étouffa, bégaya, mais enfin répondit :
- Oui, pardon. Chilali, viens mon grand.
L'oiseau, sans surprise, obéit en se levant lourdement pour rejoindre la louve près du feu. Tous retinrent leur respiration. Elsa plissa les yeux alors que sa vue sur le nid de la bête se faisait plus claire au fur et à mesure que les plumes s'envolaient.
Anna releva le menton, essayant de voir des bribes d'une fiole, d'une gourde, de n'importe quel objet pouvant contenir une eau de vie magique.
Enfin, l'oiseau abandonna son nid.
Un nouveau silence engloba la caverne.
Tous purent voir les épaules d'Elsa tomber de déception.
- Elsa je suis désolée…
Murmura Anna.
La reine se retourna, un sourire maîtrisé sur le visage, ce sourire faux avec lequel Elsa réussissait à berner tout un monde excepté sa sœur. Anna connaissait et détestait ce sourire auquel elle avait été confrontée à de trop nombreuses reprises durant leur enfance.
- Quand nous serons rentrés, nous pourrons dire à Djali que l'histoire de son peuple n'est qu'une belle légende pour endormir les enfants. J'imagine que le pauvre ne se doutait pas que la carte était truquée. Veuillez m'excuser, je vais aller chercher du bois pour le feu. Il serait désastreux qu'il meurt par ce froid. Continuez de manger, ne m'attendez pas.
Sur ces mots récités sur un ton d'un calme olympien, Elsa prit congé, et sortit d'un pas rapide, laissant ses amis seuls, dans un silence de mort.
Elle ne savait pas véritablement pourquoi, mais le cœur de Mak se fendit. La louve grimaça, elle n'aimait ressentir ces choses-là. Elle se tourna vers Anna, et demanda :
- Qu'est-ce qu'elle vient de nous faire là ?
Anna soupira :
- Je te présente Elsa, la Reine glaciale d'Arendelle. Autrement dit, ma tendre sœur handicapée des sentiments qui se soigne mais qui subit encore quelques petites rechutes. Si nous étions à la maison, elle se serait sans doute enfermée dans sa chambre, derrière cette éternelle et maudite porte.
La maison, toujours l'immense château par déduction...Pensa Mak.
- Elle a toujours été comme ça ?
Demanda-t-elle.
- Avant de te rencontrer surtout. Après toi, s'ouvrir à nous, à toi, est devenue plus naturel pour elle. J'imagine qu'elle voulait tellement te rendre la mémoire que la déception a été trop grande et qu'elle ne préfère pas en parler.
Le regard de Mak se porta à nouveau sur la sortie de la caverne, là où Elsa était passée quelques minutes plus tôt. Encore une fois, ses yeux semblaient la vouloir, recherchaient ce bleu indéfinissable.
- Et qu'est-ce qu'il faut faire quand elle est triste comme ça ?
Les épaules d'Anna s'affaissèrent, à contre cœur, elle répondit :
- Attendre, c'est tout ce qu'on peut faire.
Mak soupira, visiblement peu convaincue par cette réponse. Sa tête lui disait d'obéir, de ne pas brusquer la reine, de faire confiance à Anna qui la connaissait sans doute bien mieux qu'elle. Mais son cœur, lui hurlait le contraire. En se concentrant suffisamment, la louve pouvait très clairement capter le mal-être d'Elsa. Cela lui était insupportable, il fallait qu'elle fasse quelque chose. Sans attendre une minute de plus, elle se leva en déclarant :
- Oui, enfin bon, moi je n'ai jamais été un loup très patient.
- Où est-ce-que tu vas ?
Demanda immédiatement Anna.
- Je vais la chercher.
- Elle ne va pas être contente.
Souligna la rousse.
- Ça, je m'en tamponne.
Assura Mak en sortant déjà de la caverne.
- Mak revient !
Cria Anna.
- Makdellana !
Répondit la louve sans rebrousser chemin.
Anna leva les yeux au ciel.
- Qu'importe comment je l'appelle, elle est toujours aussi tête de mule c'est incroyable.
Briak rit :
- Détends toi un peu. Dans le pire des cas, ta sœur jettera un hiver éternel sur cet endroit, mais on s'en fout puisqu'il y a déjà de la neige partout.
- Fine déduction mon amour. Alors là vraiment, je ne sais pas ce que j'aurais fait sans toi.
