Chapitre 34 :
Mak marchait d'un pas rapide dans la poudreuse en suivant méticuleusement les traces qu'Elsa avait laissé sur son passage.
De temps à autre, la louve s'arrêtait, reniflait l'air, reconnaissait le parfum de décembre, puis continuait dans la direction qui lui semblait judicieuse. Au fur et à mesure des pas, une peine étrange et insoutenable tiraillait son cœur.
C'est ce que vous ressentez... en conclut la gosse, certaine de ne pas se tromper. Plus loin, elle aperçut une forêt d'immenses sapins bleus qui semblaient être la seule forme de vie dans ce désert blanc qui tenait compagnie à l'oiseau.
Sans crainte, elle s'enfonça au cœur du lieu clandestin. Aucun son ne pénétrait cet endroit mystique comme s'il était un cadeau caché des dieux. La louve frissonna. Ici, le froid semblait plus mordant. Un vent tacheté de grésil lui brûlait la peau.
Quelques flocons tombaient, et ce phénomène s'intensifiait au fil de sa marche devenue presque difficile. En plissant les yeux, gênée par le cri du vent, Mak leva la tête et put voir que les branches des arbres étaient couvertes de piques glacés, acérés tels les crocs d'un monstre. La louve se doutait bien que cette forêt de ronces polaires était la conséquence du cœur meurtrier de sa reine.
- Elsa ?
Appela Mak d'une voix incertaine. Aucune réponse.
Malheureusement, elle s'y attendait un peu. Pourtant, elle arrêta sa marche quand elle entendit un gémissement à peine audible derrière elle. Elle se retourna, baissa les yeux, et vit sa reine, recroquevillée, assise contre un arbre, à même le sol. Elsa ne bougeait pas. Restait immobile, si bien qu'une fine couche de neige avait déjà commencé à recouvrir ses cheveux.
Mak fronça les sourcils, et vint s'agenouiller en face d'elle.
- Eh... tout va bien ?
Elsa sursauta, captant enfin la présence de son loup, et rapidement, passa une main sur son visage, essuyant ses larmes, puis offrit un sourire qui se voulait rassurant.
- Oui ça va rassure toi.
Mak pencha la tête, analysa Elsa sous toutes les coutures puis répondit :
- Hum, hum...écoutez, je sais que les relations humaines, l'empathie, tout ça, c'est pas trop mon truc mais, j'ai pas l'impression que vous êtes au top de votre forme. Et si vous me disiez ce qui se passe ?
Elsa reprit son masque, se leva, imitée par Mak, et déclara :
- Ce n'est rien. Seulement des histoires de...
- De grandes personnes ?
Coupa la louve, presque agacée d'être traitée, encore une fois en gamine.
- Quelque chose comme ça.
Répondit Elsa, désireuse de mettre fin à cette conversation qui semblait vouloir disséquer ses sentiments au scalpel. Mais Mak, n'en ayant décidé ainsi, déclara :
- Je sais que je ne suis pas la personne que vous aimeriez que je sois. Mais je suis là, et ce n'est pas parce que j'ai quatorze ans que je suis stupide.
- Je n'ai jamais dit ça.
S'offusqua Elsa en jetant pour la première fois un regard à son interlocutrice, rencontrant des yeux étrangement meurtriers de sa part.
- Ah oui ? Pourtant c'est ce que vous me faite comprendre.
Elsa soupira sans cacher son agacement. On va se battre, sérieusement ? Pensa-t-elle.
Fallait-il qu'elles parlent de ça maintenant ? Vraiment maintenant ? La reine ne s'en sentait pas capable. Elle ne voulait qu'une chose : que Mak, ce brave loup qu'elle avait toujours connu, revienne à elle. La Mak qui ne parlait pas ou alors si peu, et qui comprenait toujours tout ce qu'elle ressentait en un simple regard. Était-ce trop demandé ? Elle aimait cette gamine mais, dans l'instant, il était certain qu'elle allait bientôt la faire craquer si elle continuait à la pousser dans ses retranchements.
Sans pitié, Mak continua :
- Je ne sais pas pourquoi vous aimiez autant cette Mak que vous recherchez, mais j'en viens à la détester parce qu'elle savait de toute évidence ce qui était bon pour vous, alors que moi j'en suis incapable.
Elsa leva les yeux au ciel, ne comprenant pas la colère de son loup, le fuyant du regard, complètement désorientée par la tournure que prenait cette conversation.
- Je ne te reproche absolument rien. Cesse donc de dire des bêtises plus grosses que toi !
S'énerva à son tour la reine, haussant le ton, passant une main rageuse dans ses cheveux.
- Bien sûre que si !
Hurla la louve, faisant sursauter Elsa, la réduisant au silence.
Elle reprit :
- Au moment où vous avez posé les yeux sur moi, vous n'avez cessé de vouloir me rendre cette putain de mémoire que je ne supporte plus ! Je ne serais peut-être plus jamais la personne que vous avez aimée.
Elsa cacha son visage de ses mains, espérant garder son calme.
- Regardez-moi quand je vous parle !
Ordonna la louve en attrapant le bras d'Elsa.
- Assez ! Ne me touche pas !
Ordonna la blonde, ne parvenant à couvrir ni la voix ni les mots dévastateurs de la furieuse enfant qui la perforait de ses yeux jaunes. Arrête ça mon amour...
Un rire amer sortit de la bouche de la louve.
- Pourquoi ? Je vous dégoutte à ce point ? Où peut-être avez-vous peur de me faire du mal ? Je suis bien plus faible que celle que vous aimiez c'est ça ? Elle était un brave loup, pas moi. Cette Mak là est morte il faut vous y faire !
- Tais-toi je t'en prie...
Supplia la reine en se massant les tempes, les paupières closes, restant aveugle alors que le froid de son cœur englobait davantage la forêt, déchaînant le vent, accentuant la neige, avortant la forêt toute entière.
Mais Mak, emportée par sa colère et sa frustration continua, criant toujours plus fort :
- Qu'est-ce que je fais de mal ? Vous ne pouvez pas vous contenter de moi ? De ce que je suis sans mon passé ?
Elsa ne répondit pas, accablée par les reproches.
Ce silence cuisant, exaspérant davantage la louve, celle-ci attrapa violemment sa reine par les épaules et hurla :
- Je suis Makdellana, je suis là, et je suis amoureuse de vous. Alors au lieu de m'aimer pour ce que j'étais, aime-moi pour ce que je suis Elsa !
Acheva la louve en un cri de désespoir à seulement quelques centimètres du visage de sa reine.
Elsa ouvrit les yeux. Rencontra le regard rouge de colère de son loup. Avait-elle bien entendu ?
Mak la tutoyait, enfin. Ce n'était peut-être pas grand-chose, mais ça signifiait tellement pour elle. Elles étaient à présent sur un pied d'égalité.
La louve, probablement sans s'en rendre compte, venait d'ouvrir une porte. Elsa ne put se contenir davantage. Quand Mak ouvrit une énième fois la bouche pour crier, la reine se souvint du meilleur moyen de la faire taire.
Ce fut une Elsa en dehors d'elle-même qui l'attrapa par la taille pour l'embrasser sauvagement en la plaquant contre le tronc de l'arbre, la soulevant à quelques centimètres du sol.
L'enfant, qui n'en était plus une dans l'instant, s'agrippa à la nuque de sa reine en priant pour que ce baiser ne s'arrête jamais. Elsa, prise de désir, retrouvant le corps qui lui avait tant manqué, embrassa le cou du loup, le mordit par endroit exactement comme elle avait l'habitude de le faire. Elsa savait que Mak aimait ça. Mais Elsa avait oublié que Mak n'était pas tout à fait elle-même. Pour sa défense, à cet instant Elsa n'était plus une reine emplie de bonnes manières. Elle n'était qu'Elsa. Elsa qui voulait que Mak crit son nom.
Mak laissa échapper un soupir. Était-elle vraiment en train de faire ça ? Dans sa tribu, elle avait souvent entendu les loups parler de leurs ébats, mais ce monde était resté bien loin d'elle jusqu'à présent.
Les baisers brûlants et brutaux d'Elsa l'enflammaient bien plus que ce qu'elle ne l'aurait cru possible.
- Attends...
Entendit la reine au creux de son oreille. Instantanément, elle arrêta ses gestes, reprit sa respiration, se souvenant bien vite de l'âge juvénile que pensait avoir son loup.
- Pardonne moi, je ne sais pas ce qui m'a pris...
S'excusait-elle déjà, le regard cloué au sol, s'appuyant contre l'arbre, ses mains de part et d'autre de la tête de Mak.
Quelle imbécile elle faisait. Comment avait-elle pu croire que Mak était prête pour ces choses-là ? Elle n'était après tout qu'une enfant de quatorze ans.
Contrôle-toi, espèce de perverse pédophile en manque d'amour ! Se reprochait elle.
Pourtant, la reine sentit les mains de son loup se poser sur ses joues et relever son visage. Elle vit alors les yeux jaunes la regarder avec tendresse.
- Ne te méprends pas, j'en ai envie. Mais je n'ai jamais fait ça avant…
Expliqua la louve, honteuse de son inexpérience en faisant la moue. Une moue qui fit fondre le cœur de la reine et qui, sans que personne n'en prenne conscience, réchauffa et libéra la forêt de son emprise de glace.
Elsa sourit malgré elle, trouvant un charme fou dans le personnage de ce petit loup terrifié par la vie d'adulte. La reine caressa ses cheveux courts, espérant calmer ses craintes. Comme c'était étrange, de voir Mak si différente. Différente au point de voir leur façon de s'aimer changer. Pourtant, Elsa sut apprécier, et fut même conquise par la douceur qui émanait de son loup. Une douceur, une innocence qu'elle ne lui connaissait pas et qui la fit flancher à coup sûr.
- Même si notre situation paraît dramatique, je remercie le ciel de m'offrir la chance de vivre une deuxième première fois avec toi.
Avoua-t-elle, le cœur plus tranquille.
Une de ses mains passa sur la joue de la louve. Celle-ci ferma les yeux au contact, appréciant le froid qui s'en dégageait, se doutant qu'elle avait toujours aimé ce même froid.
- Tu as peur ?
Demanda Elsa, sachant qu'il était totalement impensable de brusquer son loup.
Mak ouvrit les yeux, les lia à ceux de sa reine, puis répondit en un souffle :
- Non…
Elsa hocha la tête.
- Bien, si tu as le moindre doute je veux que tu m'en parles.
Mak hocha la tête à son tour, signe qu'elle avait compris.
- Pour le reste, tu n'as qu'à te laisser faire et ne pas te contrôler. Je n'ai pas peur de ton loup. Et quoi qu'il arrive, je ne te ferais jamais de mal. Alors, si tu me le permets, je vais t'embrasser Makdellana.
Mak sourit à l'évocation de son prénom qu'Elsa n'avait jamais prononcé avant aujourd'hui. Toutes deux le savaient, elles venaient de passer un cap, un grand cap.
Ce fut le cœur au bord du gouffre, l'âme suspendue, les sentiments en avant-première que la louve se laissa embarquer dans le scénario de sa vie. Un frisson la parcouru, elle aurait pu mourir ici, les yeux ouverts, plus rien n'avait d'importance, elle voulait simplement caresser l'inconnu.
Elsa embrassa son loup lentement, en sachant pertinemment qu'il avait besoin de douceur. Chaque baiser témoignait de leur amour d'autrefois, lui-même signant une promesse éternelle qu'elles seraient toujours ensemble dans la tendresse comme dans la sauvagerie. Mak se sentit succomber sous les lèvres de sa reine.
Alors c'était ça ? L'amour ? Cette force surpuissante, capable de sauver tout un monde, de pénétrer les cœurs et d'ébranler les corps. Un dragon battait des ailes dans le ventre de la louve, et celle-ci savait que ce même dragon ne lui était pas étranger. Le dragon qu'elle avait rencontré au détour d'un sentiment, d'une certaine Fidece qui, par un simple regard, rendait ses jambes flageolantes.
Elsa embrassa son cou, le creux de son épaule. Ce baiser électrisa le loup. Mak soupira en fermant les yeux, offrant sa nuque à la reine, grognant par moment, en contrôlant mal la bête qui ne demandait qu'à s'exprimer.
Un sourire amusé s'afficha sur le visage de la blonde. Le manque de retenue de son loup ne pouvait que la faire fondre. En poursuivant ses baisers de plus en plus entreprenants, Elsa ne quittait pas le visage enfantin des yeux, soucieuse d'un geste de repli. Quoi qu'il arrive, elle n'oubliait pas, qu'à cet instant, Mak était une enfant. Elsa fut surprise de sentir les mains du loup sur ses cuisses. Elle sourit encore.
Mon pauvre amour aurais-tu oublié comment déshabiller une fille ? Pensa-t-elle, définitivement amusée par le manque d'expérience de son loup.
Elle choisit d'abréger ses souffrances et de l'aider un peu. D'une main experte et délicate, elle défit les boutons de l'éternelle chemise blanche de son loup. Le vêtement tomba à terre. Elsa perçut un doute dans les yeux de Mak. La reine comprit bien vite que la louve n'assumait pas les cicatrices qui couvraient son dos. Elsa offrit alors la réponse la plus honnête qui soit :
- Ne te tracasse pas. Je les ai toujours aimés. Mak surprit dans les yeux d'Elsa quelque chose qu'elle ne connaissait pas. C'était sans doute la première fois qu'elle percevait le désir dans les yeux de quelqu'un.
Enfin, Mak s'abandonna à elle, à leur désir tantôt nouveau, tantôt ancien, mais à jamais commun.
Elsa la déshabilla lentement, l'apprivoisa peu à peu. La louve s'accrochait à sa nuque, touchant à peine le sol, pressant son corps nu contre celui de la reine, cherchant malgré elle l'étrange chaleur froide d'Elsa.
La reine apprécia cette façon de l'aimer, de l'embrasser tout en craignant qu'elle ne se dérobe sous ses lèvres, se fondant en particule d'opium, entamant une course folle avec le vent. Pour la première fois, il semblait à Elsa, que Mak avait su mettre le loup sur la touche, sûrement à contre-cœur, ou à contre-temps. Seule Mak, une enfant désorientée de quatorze ans, se tenait dans ses bras, gémissant, suppliant presque pour qu'elle l'achève.
- Elsa…
Murmura la louve dans un souffle de désespoir alors que la reine se tenait agenouillée devant elle, tandis qu'elle embrassait son entrejambe mise à nue.
Elsa arrêta son geste, sourit, puis leva la tête.
- Oui ?
Mak grimaça, ne s'attendant pas à une réponse, chercha dans les yeux de la reine, sut qu'elle allait l'aimer, puis murmura :
- Rien…
Les mots étaient absents et inutiles. Mak savait qu'Elsa la connaissait mieux qu'elle-même. Le corps de la louve n'avait pas de secret pour la reine alors que la pauvre gosse ne le connaissait pas.
Elsa sourit encore, consciente du pouvoir qu'elle détenait sur son loup, puis continua, jurant de la faire crier.
La reine n'avait jamais eu de faculté de médium mais quelques secondes plus tard, son loup hurla son nom, une main fermement agrippée à la chevelure blonde. Le visage de l'enfant changea. La gamine jura que son cœur venait de lâcher, certaine qu'il ne supporterait pas une telle avalanche de sentiments. Les jambes de la louve flanchèrent sous les lèvres d'Elsa. Elle sentit un bras entourer sa taille, sa reine se redresser et l'étreindre, l'empêchant de tomber. Ce fut le corps tremblant qu'elle s'agrippa de nouveau à la nuque d'Elsa, cachant son visage dans le creux de son cou, respirant difficilement, les yeux clos, l'âme au bord du gouffre.
Elles restèrent ainsi quelques instants, profitant de la présence de l'autre.
Un silence passa. Mak ouvrit les yeux, enfin, sans jamais élargir la distance entre les corps. Elle regarda autour d'elle, la forêt était totalement prise pas le givre qui formait d'étranges et merveilleuses arabesques sur les branches des sapins bleus. Seul un cercle d'herbe resté intacte les entourait. Elsa n'avait pas concentré son pouvoir sur elles et Mak put, encore une fois, en admirer la délicatesse.
C'était exactement ça, la louve ne savait pas ce qu'Elsa venait de lui faire, mais jamais personne n'avait fait preuve d'autant de délicatesse envers elle.
- Tout va bien ?
Demanda Elsa, inquiète du manque de réaction de son loup.
Pour seule réponse, Mak lui jeta un regard avant qu'un sourire étincellent ne s'affiche sur ses lèvres.
- Par les dieux qu'est-ce-que tu viens de me faire…
Soupira la louve, le cerveau saturé de dopamine en manquant de partir dans un fou rire, apprivoisant mal ce moment de bonheur.
Elsa, amusée, sourit à son tour, serrant le petit corps contre elle, heureuse de ce qu'elle venait d'offrir à son loup.
- Je t'aime…
Soupira la louve alors qu'elle mettait juste fin à ce fou rire incontrôlable.
Le cœur d'Elsa manqua un battement. Enfin. Enfin, ces mots venaient de sortir de sa bouche.
- Je t'aime aussi.
Répondit la reine qui dans l'instant n'en était plus une. Elle n'était qu'Elsa. Elsa qui aimait Mak. Mak qui l'aimait en retour.
La reine couvrit les épaules de son loup de sa chemise blanche. Mak lui lança un regard intrigué. Elsa comprit, elle expliqua :
- J'ai eu tout ce que je voulais. Nous ne brûlons pas les étapes mon loup, rappelle-toi.
Mak ne chercha pas à négocier, sachant qu'elle n'aurait pas le dernier mot.
Sachant qu'elle n'avait pas besoin de permission, elle se contenta de l'embrasser, désirant lui montrer que même si elle était une enfant, elle l'aimait tout autant que ce qu'elle était autrefois.
Elsa lui rendit son baiser.
- Nous devons rentrer maintenant, si nous restons trop longtemps au même endroit, j'ai peur que Liv parvienne à nous retrouver.
Une déception se lut sur le visage de la louve. Elsa, contrairement à elle, n'oubliait jamais que leur situation était précaire. Elsa perçut sa gêne, passa une main douce dans ses cheveux, puis déclara :
- Nous rentrons à la maison. À Arendelle. L'immense château comme tu aimes l'appeler. Peu importe si les souvenirs te reviennent ou non, tu auras toujours ta place là-bas. Enfin, seulement si tu veux d'une vie avec moi bien sûre.
Mak fut surprise une seconde. Enfin, la reine jetait les armes et l'acceptait pour ce qu'elle était. Elle se jeta à son cou, un million de remerciements dans le regard, sachant que pour la deuxième fois, son être faisait écho à celui d'Elsa, que pour la deuxième fois, son cœur venait de se lier au sien.
