Bonsoir à tous.

J'espère de ne pas vous avoir fait trop attendre pour ce chapitre. J'ose espérer également qu'il vous plaira et que vous aimez encore cette histoire autant que moi j'aime l'écrire.

Je tiens à vous prévenir que nous approchons dangereusement de la fin. Je pense qu'il me reste moins d'une dizaine de chapitre pour finir. En vérité je n'ai pas hâte de finir, je l'avoue.

J'ai hâte de connaitre vos avis sur les derniers rebondissements.

Un très, très grand merci à vous tous.

Je vous embrasse.

Tendrement, Lou De Peyrac.

Chapitre 35 :

Briak et Anna s'étaient tut en voyant Mak et Elsa revenir. Toutes deux souriaient. C'était étrange. Anna connaissait sa sœur, et savait pertinemment que dans ses moments d'angoisse et d'envie maladive de solitude, il était inutile de tenter de la raisonner. Il semblait pourtant que Mak avait su y faire. Comment ? La princesse n'en avait pas la moindre idée. A moins que... non tout de même, elle n'oubliait pas que Mak était persuadée de n'avoir que quatorze ans.

- Vous en avez mis du temps ! Qu'est-ce que vous avez fait ? Vous vous êtes perdue ?

S'exclama Olaf de son éternel ton enjoué.

Mak lança un regard gêné vers Elsa, priant pour qu'elle dise quelque chose. Anna posa des yeux réprobateurs sur le bonhomme de neige tendit qu'Elsa s'asseyait en face d'eux en rougissant. Briak, le visage malicieux, observa son amie d'enfance, déchiffrant ses émotions.

En temps normal, il savait que Mak aurait sans doute lancé sans gêne une réplique bien cinglante, appuyant sur le fait qu'elle s'était donné à une activité inconnue d'une créature magique tel qu'Olaf, mais, dans l'instant, du haut de son esprit de quatorze ans, il savait qu'elle avait besoin de lui. Il étouffa un rire et déclara :

- Non petite chose je pense plutôt qu'elles se sont retrouvées.

Mak rougit à son tour en fixant son regard dans le feu, désirant que cette discussion malaisante cesse. Est-ce que tout le monde avait vraiment besoin de savoir ces choses-là ? Elle venait à peine de se remettre de ce qu'Elsa lui avait fait ressentir contre cet arbre, ne pouvaient-elles pas avoir un peu de temps, ne serait-ce qu'un instant pour elles, et elles seules ? Tant qu'elles seraient sur les routes, la louve le savait, cette éventualité allait être compliqué. Il tardait à son cœur amoureux de rentrer à Arendelle, profiter d'Elsa, découvrir ce qu'elle ne savait pas, et tellement de chose encore. Dans son esprit, Liv n'était plus un problème, ou alors si peux. Tout ce qu'elle voulait, c'était une vie avec sa reine. C'est ce qu'elle semblait avoir avant que cette perte de mémoire ne s'abatte sur elle.

Jamais elle n'avait tant voulu retrouver ce passé qui avait pourtant l'air d'un miroir brisé. Si ce passé lui promettait un avenir aux côtés d'Elsa, ça lui irait.

- Bon, c'est quoi le plan ?

Demanda Briak en la sortant violemment de ses pensées. Mak eut un nouveau regard pour Elsa. Après tout, le loup ne savait absolument pas quoi faire. La reine ouvrit la bouche, mais fut coupée par sa sœur.

- Il faut qu'on retrouve Liv et qu'on l'arrête.

Trancha Anna, tout à fait convaincue. Elsa observa sa sœur en fronçant les sourcils. La reine avait plutôt en tête de rentrer à Arendelle et de mettre Mak à l'abri avant de tenter quoi que ce soit. Liv n'était ni morte ni vivante, personne ne savait si elle était encore mortelle. Tout ce qu'on savait d'elle, était qu'elle était emplie d'un désir de vengeance, et qu'elle voulait la tête du loup, mort ou vif.

- Nous ne savons pas contre quoi nous nous battons Anna. Il me paraît plus prudent de monter une défense avant de nous jeter dans le tas.

- Pas besoin de défense si nous attaquons les premiers.

Renchérit la princesse, figée dans son idée.

Elsa soupira. Par les dieux ce que tu peux être têtue... Pensa-t-elle.

- Je comprends ton point de vue mais d'après ce qu'a dit l'esprit du loup, Liv a été amené dans notre monde par une puissante force du Nord. Nous n'en savons pas assez pour ne pas assurer nos arrières. Nous rentrons à Arendelle, nous aviserons ensuite.

- Parfait, comme ça elle nous suivra jusqu'à Arendelle, et un nouveau carnage s'abattra sur le royaume.

Déclara Anna en soupirant, la tête baissée, sachant qu'il était compliqué de négocier avec sa sœur. Devant le mécontentement de la rouquine, Elsa se tourna vers Briak et demanda :

- Qu'est-ce que tu en penses toi ?

Briak grimaça en se grattant l'arrière de la tête.

- Et bien, cette Liv est une folle furieuse. Il ne sert à rien de fuir avec ces gens-là. Il n'y a qu'une chose à faire : les affronter.

Elsa soupira sans cacher son agacement.

Puis, comme par habitude, elle lança un regard empli de doute sur son loup. D'ordinaire, les guerres, combats et stratégie étaient son domaine. Elsa, de son côté tenait le rôle de quelqu'un de prudent et raisonnable qui stoppait les ardeurs de son loup quand elle jugeait celui-ci un peu trop inconscient. Elles avaient toujours fonctionné ainsi, et on pouvait dire que ça marchait plutôt bien, très bien même.

Aujourd'hui, les rôles s'étaient inversés, et la reine n'aimait pas du tout celui qu'elle devait endosser.

Une petite main douce se posant sur son avant-bras la tira de ses pensées. Elle baissa les yeux, et vit les yeux jaunes infiniment confiants la fixer avec tellement d'amour et d'autre chose dans le regard qu'elle crut flancher sous l'ocre des iris. Mak sourit, puis affirma :

- Je suis sûre que tu prendras la bonne décision.

Elsa se laissa envahir un instant par le paysage de ses yeux dans lequel elle s'était si souvent perdue, puis, encore une fois, soupira avant de demander :

- Tu me promets que tu ne feras rien d'inconscient, et que si je juge que la situation est instable nous battrons en retraite ?

Mak hocha la tête, rassurant sa reine, jurant silencieusement que rien ne se passerait sans qu'elle ne l'ait décidé.

Elsa acquiesça à son tour, puis déposa un baiser d'une infinie douceur sur le front de son loup. Elle porta son regard sur Briak et déclara :

- Prépare nos affaires et charge les sur Chilali. Il sera plus facile de trouver Liv par le ciel.

L'homme partagea un regard complice avec Anna, sourit puis répondit :

- Vos désirs sont des ordres, votre Altesse. Tu m'aides ? Ton piaf ne semble obéir qu'à toi.

Demanda-t-il à l'attention de Mak. La louve sourit et se leva avant d'offrir une douce caresse sur la tête de Chilali qui roucoula de plaisir.

Mak et Briak absents depuis à peine cinq secondes, que déjà Anna vint s'asseoir près de sa sœur et chuchota :

- Alors ?

Elsa fronça les sourcils et chuchota à son tour :

- Alors quoi ?

Anna leva les yeux aux ciels, exaspérée de devoir s'expliquer.

- Où vous en êtes toutes les deux ? Elle te dévore des yeux. Je crois qu'elle ne t'a même jamais regardé comme ça ! Elle a retrouvé la mémoire ?

Elsa sourit et rougis malgré elle. Il est vrai qu'elle avait remarqué les yeux brûlants que Mak ne perdait plus pour la regarder.

- Non, mais peu importe. Elle m'aime toujours c'est tout ce qui compte.

Anna réfléchit un instant, puis enfin haussa les épaules et déclara :

- Après tout, si elle ne retrouve jamais la mémoire, ce n'est peut-être pas plus mal.

Elsa lança un regard choqué vers sa sœur. La princesse s'expliqua à voix basse :

- Ne me regarde pas comme ça. Tout ce que je dis c'est qu'elle a oublié qu'elle a tué une jeune fille innocente et son père. Et, entre nous, je ne l'ai jamais vu aussi épanouie, surtout depuis qu'elle est revenue de votre petite escapade en forêt si tu vois ce que je veux dire.

- Anna...

Prévint en souriant Elsa qui sentait que sa sœur s'engageait sur une pente glissante. La princesse rit de bon cœur.

- Oh ça va votre Altesse, déridez-vous un peu. Et cesse de me prendre pour une idiote naïve. Je suis enceinte je te rappelle, et je sais ce que tu fais quand tu joues au loup avec Mak.

Elsa leva les yeux au ciel en cachant mal un sourire amusé.

Il est vrai qu'il fallait qu'elle cesse de voir sa jeune sœur comme une enfant, mais plutôt comme une future maman. Décidant néanmoins qu'elle ne suivrait pas sa cadette sur ce terrain-là, la reine rectifia seulement :

- Makdellana. Elle préfère qu'on l'appelle comme ça.

Anna haussa à nouveau les épaules.

- Pourquoi pas ? Après tout, c'est un joli prénom. Si ça suffit à la rendre heureuse, nous pouvons nous y tenir. Et toi ça va ?

Demanda la princesse en passant sa main dans celle de sa sœur.

Elsa soupira en souriant.

- Hormis le fait que je couche avec une gosse de quatorze ans, recherchée par une morte-vivante malade mentale, tout va bien.

Anna fixa la blonde, puis affirma, tout à fait sérieuse :

- Elsa, tu ne fais rien de mal. Elle pense avoir quatorze ans. Toi et moi savons qu'elle est une adulte accomplie. Et très franchement, qu'elle importance ?

Elsa grimaça, peu convaincue. Anna reprit :

- Elle t'aime, tu l'as dit toi-même, c'est tout ce qui compte. Elle sait ce qu'elle veut. Et ce qu'elle veut, c'est toi. Moi je pense qu'elle a voulu te manger toute crue, et qu'elle s'est plutôt laissé dévorer. Finit-elle sur un sourire rieur.

Elsa le savait, sa sœur avait raison. Cette nouvelle dynamique entre elle et son loup lui plaisait bien plus que ce qu'elle n'osait admettre. La reine rougit, sachant qu'elle était transparente aux yeux de la rouquine.

La princesse continua :

- Et pour la folle furieuse, tu n'as pas à t'en faire. Tu as gelé tout un océan. Je sais que tu sauras la protéger.

- Je l'espère.

Répondit simplement la reine en jetant un regard furtif sur son loup qui s'activait à aider Briak.

Elle la trouvait si fragile à présent. C'était déroutant et terrifiant. Elsa avait déjà eu peur de la perdre à de nombreuse reprise avant tout ce carnage, constamment même, mais cette pensé l'effrayait d'autant plus maintenant que Mak semblait avoir retrouvé une innocence d'antan, rendant l'enfant si adorable aux yeux de sa compagne mais si vulnérable malgré tout.

Une énième fois, la reine se demanda pourquoi tout était toujours si compliqué. Pourquoi Mak devait être le loup blanc, un héros courageux à qui il arrivait milles péripéties ? Pourquoi devait-elle, elle-même être une souveraine aux facettes et responsabilités innombrables ? Jamais elle n'avait tant voulu une vie simple aux côtés de Mak. Qui sait, une vie de paysanne lui aurait peut-être suffit.

Et finalement, une vie à ses côtés, peu importe les circonstances et les enjeux lui aurait suffi.

- Blondinette ?

Attendit-elle. Elle se retourna et croisa le regard de Briak.

- Tout est prêt, on peut y aller.

Elsa inspira profondément, puis acquiesça avant de se lever afin de rejoindre ses amis. Elle sourit en voyant Mak parler à Chilali en lui caressant la tête.

- Tu vas voir, je suis sûre qu'on va adorer notre nouvelle maison.

Lui disait-elle, des étoiles au fond des yeux.

Ces simples paroles firent fondre le cœur de la souveraine. Dans peu de temps, après ce long voyage, elles seraient enfin, ensemble à la maison. Il lui tardait tant de faire découvrir à son loup une seconde fois le château.

Durant leur absence, ce qui lui avait le plus manqué, était étrangement leur délicieux quotidien. Elle rêvait de revoir Mak grogner le matin.

Ce rituel s'était mis en place naturellement entre elles. Chaque matin, ses responsabilités obligeaient Elsa à se lever la première. Mak, de son coté, ne s'éveillait suffisamment que pour lui réclamer un baiser en grognant, les sourcils froncés, les yeux éternellement fermés, en l'attrapant par le poignet avant qu'elle ne quitte le lit. Et c'était toujours pour le plus grand bonheur de la reine que de prendre quelques secondes de son temps pourtant précieux pour embrasser et recouvrir tendrement son loup, le laissant ensuite à une douce matinée qu'il n'entamerait que plus tard dans la journée. Alors, la blonde sortait silencieusement de leur chambre, et se dirigeait vers son bureau où elle savait qu'une montagne de papier l'attendait.

Les jours où elle ne partait pas chasser avec Briak, Mak ne se réveillait que sur les coups de dix heures du matin. Elsa était heureuse de voir que son loup rattrapait au château des années de mauvaises nuits torturées par de nombreux cauchemars.

Malgré tout, chaque matin, la blonde ne pouvait s'empêcher de regarder l'énorme pendule en bronze de son bureau.

Quand sonnait la fin de son sommeil, son loup, par réflexe, tâtonnait la place vide de l'autre côté du lit, puis se levait en se frottant les yeux, se cognant contre tous les meubles présents dans la pièce, grognant toujours plus fort. Ses pas la menaient automatiquement vers les cuisines où elle trouvait éternellement Gerda, déjà occupée à la préparation du repas de midi, souvent penchée, un couteau à la main, au-dessus d'une planche à découper. La louve la saluait silencieusement d'une caresse amicale sur son épaule. La vieille femme le savait, il était inutile d'espérer un mot de la part de ce brave loup grincheux avant son café du matin.

Alors pour seule interaction, la servante l'accueillait d'un sourire en la suppliant de ne pas dévaliser sa cuisine au risque de ne plus avoir assez d'appétit au moment du dîner. Mak ne répondait jamais par plus d'un hochement de tête et d'un énorme braillement, ce qui faisait rire Gerda à coup sûre lorsqu'elle lui tendait une tasse de chocolat chaud dans une main, et une seconde de café dans l'autre.

Mak déposait simplement une bise sur sa joue avant de sortir de la cuisine, les tasses en main, une brioche fourrée nonchalamment dans la bouche, les yeux à peine ouverts.

La louve longeait ensuite le couloir, traversant les différentes pièces du château, faisant sourire les domestiques par son air totalement endormi. Son escapade se terminait devant la porte du bureau d'Elsa qu'elle peinait souvent à ouvrir, se renversant parfois du liquide brûlant sur les manches, jurant à travers la porte, faisant sourire sa reine qui bien évidemment l'entendait arriver à des kilomètres.

C'est ici que leur rituel se terminait. Il était environs dix heures et quart dans l'intimité de ce bureau lorsque la louve parvenait à entrer. Elsa levait alors les yeux de ses documents, et accueillait son brave loup du plus beau des sourires. Mak, seulement à ce moment-là, souriait à son tour pour la première fois de la journée. C'est à cet instant que sa journée pouvait commencer.

Elle s'avançait du bureau en traînant des pieds, et posait la tasse de chocolat chaud fumant devant sa reine qui la remerciait d'un signe de tête. Elsa reculait sa chaise de quelques centimètres.

Bonjour mon loup, tu as bien dormi ?

Lui demandait-elle souvent, s'inquiétant sincèrement de la tranquillité de son sommeil.

Mak hochait simplement la tête en buvant une première gorgée de café brûlant, se demandant toujours comment Elsa pouvait aimer une chose aussi étrange que le chocolat chaud.

Enfin, encore somnolente mais presque éveillée, la louve s'approchait de sa reine, et s'asseyait sur ses genoux en l'embrassant longuement. Elsa souriait contre ses lèvres en appréciant leur goût de café noir. Elle détestait pourtant en boire, mais sur les lèvres de son loup, le café prenait une saveur inédite et délicieuse, se distillant dans le parfum de Mak, celui dont elle ne pouvait plus se passer.

Lorsque le baiser prenait fin, Mak se réveillait enfin, ouvrait ses yeux, son esprit et son coeur en jetant un regard sur le bureau de sa reine.

Qu'est-ce que tu fais ?

Demandait-elle. Et comme toujours, Elsa répondait :

Je travaille.

La reine se mettait alors à lui traduire dans les grandes lignes les différents documents éparpillés sur le bureau en sirotant tranquillement son chocolat chaud, essuyant par moment les miettes de brioche que son loup faisait tomber sur des papiers officiels. Ce à quoi Mak haussait un sourcil moqueur et affirmait :

Hum, en tout cas, ça à l'air bien chiant.

Elsa riait de bon cœur, la reprenait sur son langage en lui pinçant les cotes. Mak riait alors à son tour en sautant de ses genoux avant de claquer un baiser sur sa joue et de trottiner jusqu'à la sortie en criant, prise d'une énergie nouvelle :

Je vais voir Briak, on se retrouve pour dîner. Ne travaille pas trop, je t'aime !

Elsa ne voyait alors qu'un joli dos de loup franchir le seuil de la porte. Elle souriait encore en se remettant au travail, un doigt passant distraitement sur sa joue que Mak avait embrassé quelques secondes plus tôt, bien plus motivée à attaquer cette journée suite leur petit rituel matinal.

La reine soupira en pensant que ce même rituel, comme tant d'autre n'existerait peut-être plus jamais. Et finalement, même si ceux-là s'évaporaient dans leur passé commun, tant pis, elles en trouveraient d'autre.