Bonsoir à tous ! Je poste aujourd'hui le 36ème chapitre. J'ai un peu tardé je sais, j'en suis désolée. Je l'ai fait un peu plus long que les autres pour me faire pardonner. (Je suis allé voir Frozen 2, je ne peux pas être de partout ^^')
J'espère de tout cœur qu'il vous plaira.
Merci à tous pour vos messages et commentaires. J'attends bien sûre vos prochains retours avec impatience. Je ne pense pas que j'aurais le temps de poster un nouveau chapitre avant les fêtes. Entre les cadeaux, les repas, je risque d'être pas mal occupée. C'est la magie de Noël qu'est-ce que vous voulez :p
Alors je vous souhaite par avance de très bonnes fêtes et une bonne année, j'espère qu'elle vous sera douce.
Je vous embrasse,
Tendrement,
Lou De Peyrac.
Chapitre 36 :
Liv plissa les yeux en sentant la neige lui mordre les pattes. Autour d'elle, aucun son ne s'imposait, juste le cri du vent qui rythmait ses pas. Le macabre loup blanc avançait sans but. Au fur et à mesure de sa course, ses espoirs s'envolaient. L'odeur de Mak avait disparu depuis des heures et le maudit oiseau qu'elle semblait à présent chevaucher comme un chevalier en armure ne laissait des traces illusoires que dans les courants d'air.
Elle s'arrêta en observant les alentours. Rien, juste un grand vide pareil à celui de son cœur. Avait-elle seulement encore un cœur ? Elle n'en savait absolument rien. Elle se sentait morte à l'intérieur et finalement, ce n'était pas tout à fait faux.
- On peut savoir ce que tu fais ?
Déclara une voix derrière elle. La louve grogna, ne reconnaissant que trop bien la voix puis reprit forme humaine. Liv se retourna et fit face à la valkyrie qui était, de toute évidence, venue pour l'accabler de reproches. Liv soupira :
- J'arrête tout.
La valkyrie plissa les yeux.
- Pardon ?
Demanda-t-elle d'une voix qui trahissait sa colère.
- Votre plan ne marchera jamais ! Vous avez vu comment elle m'a regardé ! Elle ne me fera plus jamais confiance !
La valkyrie leva les yeux au ciel, exaspérée.
- Nous n'en sommes plus là. Si elle ne capitule pas tant pis pour elle. Attaque-toi à son cœur. Détruit tout ce qu'elle aime et tout ce qu'elle est.
Liv soupira sans se cacher, peu convaincue. La valkyrie renchérit :
- Et ne pense même pas à tout arrêter comme tu le dis si bien. Rappelle-toi ce qu'elle t'as fait. Et rappelle-toi ce que je pourrais te faire si tu te défile. Elle disait qu'elle t'aimait, elle t'a abattue de sang-froid. N'oublie pas qui est ta véritable ennemie.
Liv réfléchit un instant. La valkyrie disait vrai elle le savait. Mak l'avait trahi et l'avait détruite. Ses sentiments, cette nostalgie ne devait être une entrave à sa vengeance. Elle leva donc un regard noir vers la guerrière du Nord et assura :
- À vos ordres.
La valkyrie hocha la tête et disparue sans demander son reste.
Liv, d'une énergie nouvelle, appela la bête et cessa de poursuivre en vain l'oiseau pour faire demi-tour, un plan millimétré en tête.
Elsa fermait les yeux alors qu'il lui semblait que des cendres d'étoiles lui caressaient le visage. Ses bras passant autour de la taille de son loup assise devant elle, sa tête reposant tranquillement sur son épaule.
Clandestinement, elle inspirait son parfum à s'en rendre ivre. Derrière elle, le rire cristallin d'Anna réjouissait ses oreilles, les mains de la princesse posé religieusement sur ses épaules. Briak, tenant fermement la rousse, s'émerveillait de n'avoir pas raté son rendez-vous avec les nuages. Olaf, définitivement terrifié, s'accrochait encore et toujours aux longues tresses du grand loup.
Mak, quant à elle, se contentait de surprendre encore sa reine en guidant Chilali qui les transportait à travers le vent. Elsa appréciait seulement l'instant, se disant que même le ciel n'était pas une limite pour son loup. Le soleil commençait à décliner, invitant la lune à prendre sa place. Le ciel avait revêtu sa tenue de gala, une couleur qu'Elsa ne lui soupçonnait pas. Une teinte lumineuse qui tirait pourtant une ultime révérence pour mieux réapparaître le lendemain.
Le soleil, aux yeux d'Elsa, devenait ici le plus vieux phénix que le monde avait porté, s'embrasant entre le rouge et l'ocre, leur offrant le spectacle d'une éternelle renaissance, qu'ils se sentirent tous, privilégie de pouvoir admirer en ces lieux que l'homme n'avait jamais effleuré. Ici, ils n'étaient même plus des êtres humains. Ils n'étaient plus, ou n'étaient que là.
Là, dix mètres au-dessus du ciel.
Tout était parfait.
- Nous devrions nous arrêter pour la nuit.
Murmura Elsa à l'oreille de son loup.
Ils avaient voyagé ainsi toute la journée, ayant parfois peur d'approcher le soleil de trop près. Ils avaient sondé le sol, toujours à la recherche de Liv. Mais en vain, la louve blanche demeurait introuvable. Elsa ne savait si elle devait déplorer cette nouvelle ou s'en réjouir. Mais pour l'heure, tous étaient exténués et réclamaient un bon repas et un lit confortable.
Mak observa l'horizon, plissa les yeux, faisant appel à une vue perçante de jeune loup, puis pointa du doigt devant elle avant de déclarer :
- Nous approchons d'un village. Il doit sans doute y avoir des auberges là-bas.
- Enfin un peu de civilisation !
Entendit la louve derrière elle, de tout évidence Anna n'était pas faite pour vivre seule au sommet d'une montagne.
- Enfin la terre ferme !
Entendit-elle encore. Olaf cette fois, ne supportant plus cette virée dans les airs.
La louve rit de bon cœur, offrit une caresse sur la tête de l'oiseau.
- Allé mon grand !
Chilali comprit et entama une chute libre. Tous s'accrochèrent les uns aux autres tandis que Mak riait à gorge déployée.
- On va mourir !
Ne put s'empêcher Olaf, totalement paniqué.
- Tu es immortelle petite chose…
Contra Briak.
- Je ne vois absolument pas le rapport !
Cria le petit bonhomme de neige.
Briak rit pour seule réponse alors que l'oiseau ralentissait sa course avant d'enfin poser ses pattes sur le sol.
Ils atterrirent à quelques mètres du village. Briak prit quelques-unes de leurs affaires.
Ils se dirigèrent d'un pas lent vers l'accumulation de petites maisons, suivis de près par Chilali. Elsa jeta un œil derrière elle, aperçu l'immense volatile, puis se baissa à l'oreille de Mak, se racla la gorge, et murmura :
- Mon loup, j'ai peur que ton oiseau effraie les villageois.
Mak arrêta sa marche en posant un regard sur son ami. Cette idée ne l'enchantait guère mais sa reine avait raison, les rues étaient étroites, Chilali ne pourrait même pas se déplacer sans arracher certaines tuiles de certains toits, sans parler du mouvement de panique qu'il lancera sur la foule.
Contrainte et forcée, elle se dirigea vers l'oiseau, et lui caressa la tête en lui expliquant :
- Désolée mon grand mais tu ne peux pas dormir avec nous ce soir, le village n'est pas assez grand pour toi.
L'oiseau pailla, n'étant pas d'accord avec cette idée.
- Je sais, moi non plus je ne suis pas contente, mais on se retrouve ici demain d'accord ? En attendant, essaye de te trouver du poisson. Je crois avoir vu un lac sur le chemin.
Essaya la louve.
- Je vais dormir avec toi gentil piou-piou ! Tu seras un parfait oreiller de plume !
S'exclama Olaf.
- Olaf ! Ça ne se dit pas !
Corrigea Anna, n'oubliant tout de même pas que, de base, Chilali était le maître légendaire du froid et pas un vulgaire poulet qu'on déplume pour en faire un oreiller. Mak sourit mais ne releva rien.
- Tu restes avec Olaf ?
Rassuré de ne pas dormir seul, l'oiseau offrit une révérence que Mak lui rendit comme toujours.
Cet infime problème réglé, tous reprirent leur marche vers un moment de repos bien mérité. La nuit commençait dangereusement à tomber, et ils furent heureux de trouver une taverne éclairée au milieu des différentes habitations.
Ils entrèrent, et trouvèrent la salle bondée. De nombreuses tables étaient disposées un peu partout dans la grande pièce principale. Un long comptoir traversait le lieu sur toute la longueur. De nombreuses personnes étaient appuyées contre celui-ci. Certains villageois, d'autres voyageurs, s'accordant parfaitement dans une trêve méritée dans la dureté générale de la vie.
Tous riaient joyeusement, racontant des histoires teintées de zeste d'alcool. Au fond de la salle, un orchestre jouait avec bonheur une mélodie entraînante, faisant danser quelques couples venus se détendre en cette douce soirée d'été, loin du froid du Nord. Les esprits étaient légers et profitaient simplement de l'instant, appréciant la chaleur de l'endroit.
- Allez-vous asseoir, je vais réserver les chambres.
Déclara Briak en se dirigeant vers le comptoir.
Anna, Mak et Elsa trouvèrent rapidement une table et commandèrent de quoi manger. Briak revint en tendant la clé de sa chambre à la reine. Mak remarqua l'absence d'une deuxième clé et le clin d'œil de son ami. Elle sourit discrètement et voulu le remercier de lui offrir un moment de répit seule avec sa reine. Elle en avait bien besoin. Briak leva le bras, et un pichet de vin fut amené à leur table. Le loup remplit chaque verre en omettant volontairement celui d'Anna, et ils trinquèrent tous ensemble avant de se détendre, enfin.
Était-ce la musique qui faisait que les cœurs dansaient une valse enivrante ? Ou bien encore le vin qui rendait le moment encore plus délicieusement fou ? Mak n'en savait foutrement rien et finalement s'en fichait pas mal. Sa main reposait comme par habitude sur la cuisse de sa reine. Celle d'Elsa se promenait distraitement dans ses cheveux courts. Quelque chose lui disait qu'elles avaient déjà fait cela. Peut-être dans une autre vie, dans un autre temps, à une autre époque. Peu importe, elle aimait ça. Il lui plaisait de regarder Anna lui raconter leur enfance.
Tout, elle voulait absolument tout savoir d'Elsa. Une force qu'elle ne connaissait pas et qu'elle soupçonnait à peine lui murmurait que la reine aimait le bleu. Elle semblait se souvenir que sa belle se plaisait à lui faire porter des pantelons bleus. C'était peu de chose et pourtant, ça signifiait tellement. Elle aurait tant aimé se souvenir d'elle, de tout ce qu'elles avaient vécu avant tout ceci. De leur première rencontre, de ce qu'elles s'étaient dit. À quel moment lui avait-elle plu ? Elle, un misérable et pauvre loup maudit par sa propre nation, par sa propre famille. Comment avait-elle pu voir quelque chose de beau en la personne qu'elle était ?
Et comment, à présent, pouvait-elle encore voir quelque chose de beau en la personne qu'elle n'était plus ?
Malgré tout, elle en était certaine, il suffisait de voir comment Elsa la regardait. Elle l'aimait. Elle n'avait aucun doute là-dessus. À de nombreuse reprise, dans sa folie d'ignorance enfantine, elle l'avait repoussée, mais malgré ça, elle n'avait jamais cessé de l'aimer. Ça lui apparaissait maintenant comme une évidence.
Au creux de cette taverne, tous frappaient des mains au rythme de la musique, se laissant dévorer par les notes qui sonnaient délicieusement à l'oreille de chacun.
D'humeur joviale, et un peu canaille aussi, Anna se leva et entraîna Briak, bien décidée à danser avec son homme. Elsa riait en les regardant, buvant de temps à autre, frappant des mains au rythme de son cœur.
Au bout de quelques dizaines de minutes exténuantes, Briak revint s'asseoir en traînant la patte, sa femme l'avait épuisé. Elle seule avait ce pouvoir. C'est un peu pour ça qu'il l'aimait aussi.
- Lâcheur !
Criait Anna à son attention. Le loup se dit que sa femme était infatigable et qu'en plus de cela, elle n'avait même pas bu une seule goutte d'alcool.
- Elsa ! Danse avec moi !
Ordonna la princesse en tirant sa sœur par la main.
- Non Anna, tu sais très bien que je ne danse pas.
Trancha la reine, refusant de se donner en spectacle.
Anna fit la moue, sa sœur ne changerait pas d'avis, elle le savait mieux que personne. Son regard tomba alors sur Mak, déjà bien éméchée.
- Brave loup blanc, me feriez-vous cet honneur ?
Essaya-t-elle en feintant une révérence.
Mak rit, la bonne humeur de la rouquine lui avait toujours été relativement contagieuse.
- Seulement si tu cesses de m'appeler ainsi.
Déclara-t-elle en agrippant la main de la princesse, se laissant prendre au jeu, choisissant un moment d'extrême liberté en compagnie de son amie.
Anna rit à son tour en entamant une valse des plus parfaite, une main dans celle de Mak, l'autre posée religieusement sur son épaule.
Elsa, définitivement assise, souriait, l'esprit tranquille, le cœur en fête, alors que Briak jetait simplement un regard des plus amoureux sur sa femme.
La princesse riait encore aux éclats lorsque la mélodie ralentissait, l'orchestre se préparant pour une nouvelle danse.
- Pardonnez-moi de vous importuner.
Entendit la louve. Elle se retourna, et tomba face à un grand jeune homme souriant, les yeux brillants, les cheveux soyeux, la peau parfaite, tout à fait charmant.
- Seriez-vous disposée à m'accorder la prochaine danse ?
Mak jeta un rapide regard à Anna.
- Vas-y, de toute façon je n'en peux plus.
Sourit la princesse en retournant s'asseoir. Mak haussa les épaules, pourquoi pas après tout ? Le jeune homme sourit en tendant une main douce que la louve saisit sans se poser de question, appréciant seulement l'instant.
Elsa parlait tranquillement avec Briak quand Anna revint s'asseoir. Elle fut surprise de constater l'absence de son loup.
- Mak n'est pas avec toi ?
Anna se laissa tomber sur sa chaise.
- Non, quelqu'un d'autre la prise en otage.
Expliqua-t-elle en pointant la louve et le jeune homme du doigt.
Ceux-là dansaient au rythme d'une lente et douce mélodie. Elsa cru s'étouffer avec son verre de vin. La reine haussa un sourcil réprobateur en fixant le couple.
- Qui est-ce ?
Demanda-t-elle en tentant maladroitement de cacher son agacement.
- Je ne sais pas. Il l'a juste invité à danser.
- Et tu l'as laissé faire ? On ne sait pas ce qu'il lui veut après tout.
Anna tenta de ne pas rire en levant les yeux au ciel. Sa grande sœur, aussi impassible et raisonnable soit-elle exagérait.
- Elsa, il veut danser. C'est tout. Ce n'est pas la peine de…
Mais Elsa n'écoutait déjà plus.
La reine se leva et se dirigea d'un pas déterminé vers son loup.
Elle tapota l'épaule du jeune homme, celui-ci se retourna pour croiser le regard meurtrier d'une reine en colère.
- Permettez ?
Demanda simplement la blonde en pointant Mak du doigt, se fichant pas mal de la réponse qu'il lui donnerait.
Le jeune homme, se retrouvant bien démunie, n'osant soutenir le regard d'Elsa, se contenta de rougir et de se trouver rapidement une nouvelle compagne de danse.
Elsa attrapa la main de Mak et passa un bras autour de sa taille. La louve aux bribes d'alcool, qui ne captait pas totalement ce qui se passait, eut plaisir à passer ses bras autour du coup de sa reine, rapprochant son corps du sien.
- Je croyais que tu ne savais pas danser.
Dit-elle en se perdant dans le bleu de ses yeux.
- Je n'ai jamais dit ça. Je ne danse seulement qu'en de très rares occasions, ou si nécessaire.
Corrigea Elsa en posant un baiser sur le front de son loup, heureuse de ne plus la voir dans les bras d'un autre.
- Ah oui ? Et peut-on savoir pourquoi l'occasion vous a paru si idéal pour cela, votre Altesse ?
Demanda Mak, des rires pleins les yeux.
- Parce que tu as bu, que tu ne supportes pas l'alcool, et que cet homme reste un inconnu dont on ne sait rien. Qui sait ce qu'il aurait pu vouloir de toi ?
Mak plissa les yeux, d'humeur taquine, et vraiment très peu convaincue.
- Vraiment ? C'est ça ton excuse ?
Elsa rougit malgré elle. Il est vrai que son coup de bluff était totalement minable, et, elle le savait, son loup n'était pas stupide.
La reine fut surprise de sentir les lèvres de Mak se poser tendrement sur les siennes.
- Tu sais que tu es vraiment adorable quand tu es jalouse ?
Déclara la louve en caressant tendrement la joue d'Elsa.
La blonde voulue répliquer mais un doigt se posa sur ses lèvres, la faisant taire. Mak sourit en continuant :
- Je suis heureuse que tu veuille enfin danser avec moi. J'ai bien cru que tu ne bougerais jamais de ta chaise. Il a tout de même fallu que j'accepte une minable danse sans intérêt pour attirer ton attention.
Elsa haussa un nouveau sourcil. Foutu loup, toi et ton charme auront ma peau…
Elle voulut répliquer encore, mais, à nouveau, le même doigt se posa sur ses lèvres, la laissant muette. Mak opta pour le regard le plus mignon dont elle était capable, et avoua enfin :
- Rassure toi, tu danses bien mieux que lui, et rien ne me faisait plus envie que de partager cette danse avec toi ma reine.
Elsa sourit malgré l'ascenseur émotionnel par lequel elle venait de passer. Son loup la faisait définitivement craquer. Aucun mot n'était assez fidèle pour décrire ce qui se passait à l'intérieur de la reine à cet instant. Alors, comme elle l'avait déjà fait si souvent, elle laissa les mots silencieux, et serra l'objet de ses émotions contre elle, bien décidée à profiter pleinement de cette danse.
La mélodie se termina lentement alors que la tête de Mak reposait encore tranquillement sur l'épaule de sa reine. Elsa embrassa son front en poussant un soupire d'aise. Malgré certaines appréhensions stupides, cette danse lui avait fait du bien, même un bien fou.
Mak leva des yeux amoureusement alcoolisés vers elle. Elsa aimait quand elle la regardait avec ces yeux-là. Des yeux synonymes d'insouciance, témoignant de tout l'amour qu'elle lui portait, et du brin de folie qui ne l'avait jamais vraiment quitté.
Elsa rougit et plissa les yeux en sentant les mains baladeuses de son loup se poser clandestinement sur ses reins. Définitivement, son petit bout de femme n'était plus si innocent. Cette pensée la fit frémir.
- Il est temps d'aller dormir.
Déclara-t-elle même si, dans le fond, elle savait qu'elle ne dormirait pas tant que ça. Elle jeta un regard à Briak et sa sœur qui semblaient déjà presque sombrer à leur table. Mak acquiesça, et suivit docilement sa reine.
Ils montèrent à l'étage de l'auberge, et trouvèrent rapidement leurs chambres respectives. Ils se souhaitèrent une bonne nuit et se séparèrent silencieusement. Elsa déverrouilla la porte de la chambre, et laissa Mak entrer avant de la fermer derrière elles.
La reine se retourna, s'adossa à la porte en soupirant, épuisée par cette soirée. Mak se contentait de la regarder en souriant, appréciant seulement sa présence. Silencieusement, et parce qu'elle savait qu'elle en avait le droit, la louve s'approcha et enlaça sa reine. Elsa lui rendit son étreinte, heureuse de pouvoir enfin profiter d'un moment, seule avec elle. La tranquillité d'Arendelle lui manquait bien plus que ce qu'elle voulait admettre, et même si cette chambre n'en était qu'un minable placebo, cela lui suffirait pour cette nuit.
Elsa embrassa son loup en jurant qu'elle ne se lasserai jamais de l'embrasser. Un feu brûlant s'immisçait déjà eu creux de son ventre. Un million de question plus stupides les unes que les autres lui venaient déjà en tête. M'aimera-t-elle sans ma robe ? Me trouvera-t-elle encore aussi jolie, nue devant elle ? Saura-t-elle apprécier Elsa, juste Elsa ? Mon âge la dérange-t-elle ?
Mak sourit contre ses lèvres en sentant sa reine lointaine. La louve s'écarta puis, doucement, vint poser son front contre celui d'Elsa, partageant une intimité nouvelle qui lui avait pourtant tellement manqué sans qu'elle ne le sache.
- A quoi tu penses ?
Demanda-t-elle d'une voix cassée par la fatigue :
Prise en flagrant délit, Elsa rougit, se liquéfiant véritablement face au charme nouveau mais délicieux qu'elle trouvait encore en la personne fascinante de cette gosse qu'elle apprenait lentement à connaître.
- Rien d'important.
Murmura-t-elle.
Mak sourit davantage :
- Menteuse.
Mais l'enfant n'étant pas stupide, sut voir la timidité presque maladive de sa reine. Après tout, il était vrai qu'elle était un personnage nouveau dans le cœur d'Elsa même si elle ressemblait trait pour trait à son amour d'autrefois. Dans le fond, elles ne se connaissaient que très peu et Mak savait mieux que personne qu'Elsa se plaisait à vivre sa vie étape par étape. Elle l'avait remarqué, cela calmait ses nombreuses et adorables névroses.
Alors si sa reine ne voulait se risquer à se brûler les ailes cette nuit, peu importe, qu'il en soit ainsi, elle saurait l'attendre.
Mettant fin aux souffrances de la blonde, Mak sourit une énième fois et demanda :
- Son Altesse me ferait-elle l'honneur de dormir en ma compagnie cette nuit ?
Elsa parut surprise un instant, laissant un rire léger s'échapper de sa bouche, puis fut sincèrement heureuse d'accepter la demande.
La reine s'allongea, soupirant d'aise de trouver un lit confortable après des jours à avoir dormi à même le sol.
Instantanément, elle sentit la tête de Mak venir se loger en creux de son épaule, son souffle venant mourir sur la peau de son cou. Cela l'étonna, d'ordinaire, Mak ne dormait jamais ainsi au creux de ses bras, préférant lui tourner le dos, appréciant le froid que son corps dégageait sur ses blessures douloureuses. Cette Mak là était différente. Celle-ci n'avait pas souffert sous les coups de fouet meurtriers de Mordok. Celle-ci n'avait gardé que le souvenir d'un père aimant, et l'innocence d'un jeune loup dont il n'était pas nécessaire de couvrir les arrières. Elsa prit conscience que cette perte de mémoire n'était finalement pas une si mauvaise chose.
Cette idée tranquillisa son cœur. Elle sourit en sentant les lèvres de Mak déposer un baiser d'une infinie douceur qu'elle ne lui connaissait pas sur sa nuque.
- Bonne nuit, ma reine.
Elle caressa ses cheveux courts.
- Bonne nuit, mon loup.
Avec bonheur, elle entendit que la respiration de la gosse avait changé, son loup dormait déjà d'un sommeil bien mérité. Elle choisit d'y plonger à son tour.
Elle ne comprend pas exactement la scène qui se déroule devant elle. Elle reconnaît son père. Le brave loup blanc qu'elle avait connu. Et puis autre chose. Un loup étrange qui semble ne pas exister ou alors pas complètement. Son père lui parle encore et encore. Il prie cette vieille louve qui semble n'être qu'un esprit. Un esprit qu'elle ne connaît pas et qui semble pourtant être l'esprit de tout son peuple. L'esprit du loup de ce qu'elle comprend.
Dans cette grotte de marbre blanc, son père parait plus jeune et furieux.
- Débarrasse moi de mon lien avec elle !
S'écrit-il.
- Je veux pouvoir vivre sans elle ! Je ne suis l'esclave de personne !
- Tu joues un jeu dangereux Mordok. Un marché avec l'esprit du loup te coûtera cher. Pense à ta fille.
Prévient l'esprit, mesurant la folle demande de son père.
Mais Mordok n'écoute pas.
- Ma fille un jour me succédera. Sa mère ne m'est plus d'aucune utilité. Détruit mon lien avec elle.
- Qu'es-tu prêt à m'offrir pour que j'accède à ta demande ?
Sans réfléchir, Mordok répond :
- Prends sa vie, et prends mon humanité.
- Es-tu certain que c'est ce que tu veux roi des loups ? Lorsque le marché sera conclu, tu ne pourras pas revenir sur ta décision.
Mordok sourit.
- L'humain est faible. Je suis un loup. L'humanité me rend vulnérable. Prends-la.
Devant la détermination sans limite de son père, l'esprit soupire mais malgré tout s'exécute.
Mordok grogne en tombant à genoux. Mak ne capte pas exactement ce qui vient de se passer mais comprends tout de même l'essentiel. Mordok lui avait donc mentit.
Mak se réveilla en sursaut, tentant par tous les moyens de se remettre de la découverte qu'elle venait de percevoir en rêve. Elle eut envie de se poser tout un tas de question, mais un son étouffé provenant d'Elsa l'en empêcha.
La louve porta son attention sur sa reine. Celle-ci lui apparut en proie à ses propres démons. Les sourcils froncés, la mâchoire serrée, le cœur en miette, elle paraissait en plein cauchemar et si vulnérable.
Mak grimaça en la voyant ainsi.
- Elsa ?
Murmura-t-elle. Mais la reine ne semblait pas décidée à se réveiller.
La louve sentit une profonde tristesse lui écraser le cœur, et savait pertinemment que cette même tristesse n'était pas la sienne. Voulant bien faire, la louve posa une main sur le front de sa reine.
Mak ouvrit les yeux. Elle ne sut dire pourquoi elle se trouvait allongé sur un carrelage froid. Elle regarda autour d'elle. Elle vit Elsa. Elsa en larme, adossée à une porte, assise par terre, les genoux ramener contre sa poitrine, dans une position fœtale, la laissant paraître si fragile.
- Elsa ?
Essaya-t-elle en venant s'agenouiller en face de sa reine.
Mais Elsa ne répondit pas. Et Elsa semblait différente. Elle paraissait plus jeune, plus petite, plus écorchée. Et surtout, elle semblait ne même pas l'entendre. Comme si, dans ce monde, Mak n'existait pas.
La louve était simplement loin de se douter que, comme Elsa s'était immiscée dans son cauchemar, elle venait de s'immiscer à son tour dans le sien.
La louve reconnu l'endroit comme étant Arendelle, probablement dans la chambre d'Elsa. Ici, elle ressentait le froid le plus intense qu'elle n'avait jamais connu. Tout était gelé. Elle se doutait que le cœur de sa reine devait probablement ressembler à ça.
Puis un bruit la fit sursauter. Quelqu'un qui toquait de l'autre côté de la porte. Puis la voix qu'elle reconnut comme étant celle d'Anna arriva à son oreille.
Anna qui demandait à sa reine d'ouvrir la porte, qui ne comprenait pas pourquoi elle restait ainsi enfermée. Anna semblait si triste alors qu'on voulait la voir forte, prétextant que le temps arrangeait tout, mais qu'elle avait besoin de sa sœur pour oublier, et Mak comprit rapidement que les deux sœurs se retrouvaient seules au monde à la suite de la disparition précipitée de leur famille.
- Elsa, ouvre la porte…
Murmura la louve, le cœur misérable.
- Va-t'en Anna...je t'en prie, va-t'en…je suis un danger pour toi. Je suis un monstre.
Chuchotait Elsa entre deux sanglots, si faiblement que sa sœur était bien incapable de l'entendre.
Mak retint une larme et regarda tout autour d'elle. Les murs étaient recouverts de glace, de bleu, toujours ce même bleu… le bleu de l'âme d'Elsa.
- Allons mon amour, regarde ce que tu arrives à faire. Jamais un monstre à l'âme ténébreuse ne pourrait faire quelque chose d'aussi joli.
- Je voudrais un bonhomme de neige…
Entendit Mak derrière la porte, témoignant de la peine palpable d'Anna.
- Je voudrais un ami… J'ai tant besoin d'un ami.
Murmura Elsa, si fragile que Mak aurait pu la tuer en lui soufflant dessus.
La louve sourit tristement.
- Je sais qu'aujourd'hui tu n'en as pas conscience, mais je serais bientôt là, ma reine. Je serais un brave loup pour toi. Si j'avais perçu ta peine je serais venue te trouver plus tôt. En attendant, laisse-moi t'embrasser et réveille-toi.
Mak approcha lentement ses lèvres de celles d'Elsa et y déposa un doux baiser chimérique pareil à celui d'un colibri espérant qu'elle cherche à l'attraper.
La louve ouvrit les yeux et fut heureuse de constater qu'elle était de retour dans la chambre de l'auberge. Elsa, près d'elle, dormait toujours, mais son visage semblait à présent apaiser. La bouche entrouverte, le souffle régulier, elle paraissait tout à fait sereine, le cauchemar s'étant dissout.
Mak sourit et se recoucha silencieusement. Juste avait de sombrer dans le sommeil, elle sentit sa reine attraper inconsciemment sa main pour venir la poser sur son sein. La louve sourit en devinant que c'était sans doute quelque chose entre Elsa et la Mak de son passé, une habitude qui plaisait à sa reine de préserver.
L'esprit adoucit, Mak enfouit son visage dans les cheveux d'Elsa, respira le parfum de décembre, s'en imprégnant, distillant son âme dedans, inspira, et s'endormit avant d'avoir expiré.
