Bonsoir à tous !
Me voici pour un nouveau chapitre (arrivé rapidement pour une fois, estimez vous heureux j'ai eu un week-end tranquille).
Préparez-vous, je pense que ce chapitre figure dans les environs trois derniers. Histoire que vous soyez psychologiquement préparés à ce que cette histoire se termine !
Soyez indulgents, il s'y passe pas mal d'action et je sais que ce n'est pas trop mon domaine de prédilection. Je n'en suis néanmoins pas déçue.
Je vous préviens cependant que c'est sans doute le chapitre le plus violent que j'ai écrit, alors si vous êtes sensible à ça, je vous conseille de sauter quelques paragraphes.
J'ai été très heureuse de voir que le dernier chapitre vous avez beaucoup plu, et que ma potentielle nouvelle histoire vous intéresse ! Sur ce, bonne lecture !
Coup-de-Crayon :
Merci beaucoup pour ton commentaire ! J'espère que ce chapitre saura te satisfaire et que la fin qui approche dangereusement te conviendra.
J'ai cru comprendre que ton truc à toi se confondait davantage avec le surnaturel, fantastique etc… (De par tes dessins que j'ai adorés !), j'espère donc que cette prochaine histoire ne te décevra pas puisque nous seront dans un univers tout à fait réel. (Même si j'avoue que Mak en lycan va terriblement me manquer).
Je ferais bien entendu tout mon possible pour qu'elle plaise malgré tout. (Tu seras mon défi !)
J'ai hâte de tes retours qui me sont toujours aussi agréables. Délicieuse soirée à toi.
Morkia : Je suis enchantée, je pense pouvoir dire sans me tromper qu'il s'agit de ton premier commentaire. (J'ai écrit à peu près 80 chapitres en comptant les deux tomes, alors je me trompe peut-être) Mais en tout cas je suis ravie de voir que tu voudrais voir naître cette nouvelle histoire (qui n'a toujours pas de titre…) Je vais prendre un peu d'avance sur vous et je posterais ensuite, mais elle arrivera c'est une certitude.
En espérant que mes écrits te plaisent, affectueusement.
Chapitre 40 :
Le lendemain matin, Elsa tendit un bras paresseux de l'autre côté du lit et fut surprise de ne rencontrer que des draps froids. La reine ouvrit instantanément les yeux en se redressant, toute trace de sommeil ayant quitté son visage.
- Makdellana ?
Appela-t-elle en parcourant la hutte du regard. Mak n'était pas là.
La respiration d'Elsa s'accéléra quand elle trouva, abandonnée au pied du lit, une note griffonnée. La reine s'en empara d'une main tremblante. Et distingua ces mots au creux de l'écriture malhabile :
J'ai bien trop peur de te perdre. Pardonne-moi. Je t'aime.
Elsa serra les dents en lisant ces mots. Il ne manquait véritablement plus que ça. La reine envoya violemment le morceau de papier sur le sol, s'habilla rapidement, et se dirigea en trombe vers la hutte de sa sœur.
Dehors, elle remarqua que Chilali n'était plus là. Elle entra dans la petite habitation sans même s'annoncer. Elle y trouva Anna, Briak et Olaf, dormant encore paisiblement.
- Mak est parti !
S'exclama-t-elle alors qu'elle avait à peine pénétré l'antre, faisant sursauter tout le monde.
- Quoi ? Pourquoi ?
Demanda Anna en se frottant le visage.
- Elle est partit avec Chilali. Elle compte arrêter Liv seule !
Expliqua la reine, totalement paniquée.
Briak se leva en grognant, enfilant ses bottes en sautant d'un pied à l'autre.
- Si elle a pris son piaf, on n'arrivera jamais à la rattraper avant au moins deux jours, je ne pourrais jamais être aussi rapide que Chilali…
Avoua le loup en essayant tant bien que mal de ne pas céder à la panique.
- Pourquoi est-ce qu'elle est partie comme ça ? C'est du suicide.
Demanda Anna sans comprendre la réaction de la jeune louve. Elsa leva les yeux au ciel alors qu'elle sentait les larmes monter.
- Hier, elle m'a dit qu'elle avait peur que je l'abandonne comme le reste de sa famille. Je pensais que c'était anodin, je n'aurais jamais cru que ça la touchait à ce point. Je n'ai rien vu venir !
- Eh Elsa ! Arrête ce n'est pas ta faute. Pour l'instant, nous devons trouver un moyen de la retrouver le plus vite possible.
Elsa ferma les yeux un instant en prenant une longue inspiration, tentant par tous les moyens de se ressaisir. Son cerveau se mit à fonctionner bien plus que ce qu'il était humainement possible. Il fallait qu'elle trouve une solution se confondant avec un miracle. Mak était en danger, Mak allait faire une connerie. Il fallait qu'elle l'arrête, qu'elle fasse tout pour la retrouver avant que l'irréparable ne se produise.
Soudain, un souvenir frappa l'esprit de la reine. Une douce voix s'immisça dans sa tête. Des paroles se répétèrent au creux de son âme.
Et au moment où tu auras besoin de moi, je serais là.
Elsa ferma les yeux, inspira et déclara :
- Esprit du loup si vous m'entendez, j'ai besoin que vous m'aidiez à la sauver.
Un grognement se fit entendre, faisant sursauter tout le monde. Elsa, parce qu'elle sentait qu'elle devait le faire, sortit de la hutte, et tomba nez à nez avec le même loup qu'elle avait rencontré la première fois qu'elle était entrée dans la caverne de marbre blanc.
Le loup fantomatique aux yeux vitreux, le plus grand, le plus fort, le plus spirituel de tous les loups. - Tu t'es enfin décidé à m'appeler, Elsa d'Arendelle.
- Aidez-moi je vous en prie. Je ne peux pas vivre sans elle.
Supplia la reine d'une voix déchirée.
- Exactement comme elle ne peut pas vivre sans toi. Montez mes enfants.
- Un loup fantôme maintenant...il faut vraiment que je pense à quelque chose contre le mal des transports.
Soupira Olaf.
Liv avançait d'un pas déterminé vers les portes d'Arendelle. Ses yeux étaient noirs de colère, son cœur gorgé de haine. Deux gardes se portèrent devant elle.
- Pas un pas de plus !
Cria l'un d'eux, reconnaissant cette femme blonde qui avait installé la peur à Arendelle.
Un sourire étrange et pénétrant étira les lèvres de la louve blanche.
- Écarte toi si tu ne veux pas mourir imbécile.
Il n'en fallut pas plus aux deux gardes pour fondre sur Liv.
D'un geste précis et violent, la blonde les envoya à terre en rigolant, leur brisant les os sur le sol. Ils s'écrasèrent en cri de douleur sans avoir même le temps de prévenir leur armée.
Liv pénétra dans la ville sans encombre, à cette heure matinale, Arendelle était désert. Elle trouva seulement une petite rouquine qui jouait à la poupée, agenouillée dans les rues de la ville.
Lors de sa première visite, elle avait déjà aperçu cette enfant. Il lui semblait qu'elle était une amie de Mak.
- Bonjour mademoiselle, comment t'appelles-tu ?
L'enfant délaissa sa poupée pour lever les yeux vers la voix qui l'interpellait.
- Kelys...
Murmura-t-elle en reculant sans même se lever, fixant avec effroi la femme qu'elle reconnut.
Elle se souvenait d'elle et de sa colère, cette femme qui avait fait du mal à Mak. Cette femme qui l'avait fait crier quand elles étaient venues toutes les deux à Arendelle.
- Dis-moi Kelys, tu es une amie de Mak pas vrai ?
Demanda la femme en avançant de quelques pas. L'enfant reculait toujours plus, tétanisée par la peur, bien incapable de se lever, bien incapable de répondre. Liv approchait encore en souriant. Un meurtre de plus ou de moins, qu'est-ce que ça changeait. Et si ça pouvait détruire Mak encore un peu, c'était tant mieux. Soudain, un cri perçant de volatile fit saigner les oreilles de la louve blanche.
Kelys sursauta en entendant du mouvement derrière elle. Elle se retourna et vit deux pieds soudés dans le sol. Elle leva les yeux et reconnu avec bonheur le pantalon de cuir brun, puis la chemise blanche et enfin le visage de Mak. Le loup lui jeta un regard.
- J'ai fait aussi vite que j'ai pu.
Dit-elle simplement.
La petite Kelys se posta rapidement derrière Mak, se cachant derrière sa jambe.
- Tu protèges ta petite copine ? C'est vraiment adorable, tu vas me faire pleurer. Ton oiseau t'a déposé jusqu'ici pour que tu puisses sauver le monde, c'est ça ?
Lança Liv en imitant une expression théâtrale. Le regard de Mak se fixa sur elle en se faisant plus dur.
- C'est moi que tu veux alors je suis là. Les habitants d'Arendelle n'ont rien à voir dans cette histoire.
Liv plissa les yeux.
- Ils ont tout à voir au contraire. Ta mignonne ficede aime son royaume. Si je détruis son royaume je la fais souffrir. Et si je la fais souffrir, tu souffres aussi. Tu es intelligente, tu vois ou je veux en venir n'est-ce pas ?
Mak grogna, puis se tourna vers Kelys qui n'avait pas bouger et ordonna :
- Rentre au château. Dit à tout le monde de ne pas sortir.
- Mais et toi ?
Demanda Kelys d'une voix tremblante. Mak sourit tristement.
- Ça va aller ne t'inquiète pas.
Kelys n'était pas convaincue mais que pouvait-elle faire d'autre qu'obéir ? La petite fille se leva et courut vers le château en jetant quelques regards inquiets vers Mak. Les deux femmes ne bougeaient pas. S'analysant mutuellement, cherchant la faiblesse de l'autre.
- Mak chérie, tu sais que tu n'es pas de taille à m'affronter alors, pourquoi persister ?
Demanda Liv d'une voix moqueuse alors qu'elle avançait lentement vers Mak.
Le jeune loup restait silencieux, se contentant d'écouter et de réagir seulement par quelques grognements.
- Tu n'as pas amené ta petite blonde ? C'est si décevant, j'aurais aimé faire enfin sa connaissance. Pour que tu te lies à elle, elle doit être définitivement parfaite.
- Elle l'est.
Affirma Mak alors qu'un infime sourire venait doucement étirer le coin de ses lèvres. Un sourire qui ne passa pas inaperçu aux yeux de Liv.
- Tu l'étais pour moi aussi à une époque.
Mak fronça les sourcils sans véritablement comprendre ce que Liv disait. Un brin de tristesse était passé dans ses yeux et le loup n'avait su lire ce regard. Elle vit cependant la louve blanche se ressaisir bien vite et annoncer alors qu'elle tournait lentement autour d'elle :
- Mais les temps ont changé et nous ne sommes pas ici pour parler d'amour, n'est ce pas ? Je vais marcher sur Arendelle et tu n'as pas la force de m'en empêcher.
Dit-elle en commençant lentement à quitter Mak pour se diriger vers le château.
- Je ne te laisserai pas faire, ne rêve pas.
Murmura Mak en se retournant rapidement avant d'empoigner par derrière la nuque de son adversaire pour lui donner un coup de pied violent à l'arrière du genou. Liv tomba lourdement sur le sol, ses omoplates épousant chaque pavé des rues d'Arendelle.
Mak se posta entre elle et le château, jurant qu'elle ne passerait pas.
Liv se releva lentement en observant durement le loup.
- Je te préviens, attention, tu ne représentes plus rien pour moi.
- Tu me brise le cœur.
Ironisa le loup avant de fondre une nouvelle fois sur Liv.
La louve blanche envoya son pied s'écraser dans le ventre du loup, lui coupant le souffle. Mak grogna en se tenant l'abdomen, respirant difficilement. Liv lui fit une clé de bras maîtrisée, le loup cria de douleur, essayant de se dégager tant bien que mal, mais chaque mouvement la faisait souffrir.
Liv lui donna un violent coup de coude à l'arrière de la tête. Mak sentit quelque chose résonner à l'intérieur de son crâne, ses oreilles bourdonnèrent, sa vue se flouta. Elle tomba à genoux en tentant d'amortir sa chute mais, peine perdue, la peau de ses genoux se fendit contre le gravier, ses paumes s'écorchèrent en essayant de retenir son corps loin du sol. Sa tête cogna contre le pavé en un bruit sourd.
Seul le son de la respiration difficile de Mak parcourait les rues d'Arendelle.
- Je t'avais dit que tu n'étais pas de taille.
Affirma sévèrement Liv en reprenant une marche tranquille vers le château, jetant un regard méprisant au corps contusionné de Mak.
- Arrête !
Entendit-elle. Elle se retourna et vit que le loup essayait encore de se lever, grimaçant de douleur, prenant garde à ce que ses mains écorchées ne touchent pas le sol.
- Pourquoi est-ce que tu t'entête ? Tu vois bien que c'est une cause perdue.
Mak grogna pour seule réponse en se redressant non sans peine sur les genoux. Liv revint sur ses pas et se posta en face d'elle.
- Reste par terre.
Prévint Liv en branlant de la tête, ne comprenant pas l'entêtement du loup qui, elle le voyait bien, était incapable de se battre. La louve blanche envoya son pied s'écraser sous sa mâchoire, la propulsant loin du sol, lui faisant faire un salto arrière avant qu'elle ne vienne s'écraser, la chute lui brouillant les côtes, l'empêchant de respirer un instant.
- Par terre j'ai dit.
Répéta sévèrement Liv.
Un rire amer s'échappa des lèvres du jeune loup alors qu'une violente toux le prenne par surprise, voûtant son dos, le faisant trembler, le rendant bien minable. Le pauvre corps pouvait sentir chaque organe le faire souffrir sous le souffle de sa respiration qui le traversait, prenant conscience de certains muscles dont il ne soupçonnait même pas l'existence.
Il réussit pourtant à reprendre une contenance et leva un regard noir vers Liv. Un regard dans lequel la louve blanche put lire, une telle, une si immense détermination qu'elle en frissonna.
- Si tu veux ce château, il va falloir que tu le mérites.
Liv plissa les yeux en se rendant compte du défi que lui lançait Mak.
Mak grimaça en voyant un brin de folie passer sur le visage de son adversaire. Le loup le savait, il allait s'en prendre plein la gueule. Liv haussa les épaules nonchalamment, puis déclara :
- Comme tu veux.
La louve blanche balança sa jambe dans le ventre de Mak une fois, puis deux, puis trois, choisissant bien là où elle frappait, visant avec précision l'estomac, le foie, les reins, tout ce qui pouvait faire mal. Le visage du loup s'enlaidit alors qu'il encaissait les coups, jurant qu'il tiendrait encore. Que Liv devrait la tuer au moins un million de fois si elle voulait Arendelle.
Mak toussa en serrant les poings, son visage à seulement quelques millimètres face contre terre. Une gorgée de sang écarlate éclaboussant son poing. Elle serra les dents en grimaçant, le sang se faufilant dans les gerçures de ses lèvres, entre les rainures de ses dents, laissant un goût métallique embaumer sa bouche, laisser un goût mortuaire à son sourire.
Le pauvre loup n'eut même pas le temps de tenter de se défendre que déjà, Liv l'empoignait par le col de sa chemise, le plaquant au sol, s'asseyant à califourchon sur ses hanches.
Mak écarquilla les yeux une seconde, prenant conscience de ce qui allait lui tomber dessus, avant qu'un poing ne vienne s'abattre brutalement contre sa joue, déchirant la commissure de ses lèvres, choquant l'os de sa mâchoire qu'Elsa caressait encore hier.
Le poing revint, sur l'autre joue cette fois, mordant, rongeant la peau sous l'impact. Puis sur l'arcade, déchirant sur son passage. Elle eut mal, très mal. Elle sentit le liquide chaud couler le long de son visage, se faufiler dans la rétine, prenant place, colorant l'iris, un œil gorgé de sang qui piqua sous la paupière.
Elle ne devait pas crouler dans l'inconscience, elle n'en avait pas le droit. Elle s'accrochait pourtant à une pensée, la seule ayant le pouvoir de la faire tenir. Une teinte vint adoucir son esprit, à travers le rouge, elle vit un bleu. Un bleu polaire et glacial qu'elle n'avait jamais pu se résoudre à oublier. Puis une sensation, un froid qui contrebalançait avec le chaud du liquide écarlate, qu'elle aimait tant, bien même avant d'avoir pensé à l'apprécier. Un sourire charmeur, des yeux plissés. Un parfum. Le parfum de décembre. Ici, caressant un extrême désespoir, elle aurait tant voulu sentir ce parfum, une ultime fois.
Était-ce parce que les coups avaient fait vriller son cerveau ou bien parce que ses yeux ne voyaient plus qu'une réalité truquée, ou encore parce qu'elle la voulant tant ? Mais elle entrevu pourtant Elsa danser devant elle. Elle vit ses hanches se balancer, elle vit ses yeux lui sourire, ses mains l'inviter à la rejoindre. Elle sourit. Si c'était ça la dernière vision qu'elle avait de la vie, elle voulait bien mourir tout de suite.
- Elsa…
Gémit-elle un peu comme elle gémissait quand elle lui faisait l'amour.
Soudain, le brume de son inconscience s'envola, elle revint à une réalité brutale et tortionnaire. Elsa avait disparu.
- Elsa !
Hurla-t-elle avant qu'un nouveau coup déforme sa mâchoire.
- Ferma la !
Contre-attaqua Liv en envoya son poing rageur s'écraser entre les yeux du loup meurtri, espérant l'assommer pour de bon.
- Elsa !
Appela-t-elle encore à s'en briser la voix alors que Liv empoigna sa tête entre ses deux mains.
- Je t'ai dit de la fermer !
Hurla Liv avant de venir la cogner contre le sol, désirant la faire taire par tous les moyens.
Mak sentit quelque chose se fissurer à l'arrière de son crâne.
- Pourquoi es-tu toujours là !
Hurla la louve blanche, les yeux fous, fixant Mak en plein dans l'âme, si proche de son visage que leurs nez se touchaient presque.
- Dans tous mes souvenirs, dans tous mes cauchemars. Je ne vois que toi !
Hurlait l'hystérique en frappant les côtes de Mak comme si elle tapait dans un sac de viande.
- Elsa !
Ne cessait de supplier frénétiquement le jeune loup en gardant le regard écarquillé vers le ciel, espérant y voir quelque chose, n'importe quoi qui pourrait la sauver.
Liv, ne supportant plus d'entendre ce nom, entoura le cou de Mak de ses mains et serra encore et encore.
- Si tu m'y obliges, c'est moi qui vais te faire taire.
Mak tenta d'enlever les mains meurtrières de sa gorge mais, manquant de force, succombant à l'épuisement, n'y parvint pas.
- Elsa…
Murmura-t-elle en un dernier soupir. Ses yeux furent à deux doigt de se fermer quand, elle sentit la prise sur sa gorge se défaire.
Mak inspira profondément en sentant qu'elle en avait maintenant le droit. Des larmes coulèrent en silence le long de ses joues, cautérisant les plaies de son visage. Le loup en était conscient, si la prise avait duré une seconde de plus, il ne serait sans doute plus de ce monde.
Toujours immobile, elle baissa les yeux et remarqua que Liv ne bougeait plus au-dessus d'elle. La louve blanche semblait paralysée par elle ne savait quoi. Son teint était pâle et si lèvres presque bleues.
Elle crut voir Briak attraper Liv, l'entourant de ses bras en la maîtrisant rapidement. L'homme la dégagea de ses hanches et le jeune loup put enfin se détendre quelque peu.
Enfin, une voix lui parvint. Une voix qu'elle reconnut immédiatement.
Elsa attendit que Briak dégage Liv pour s'approcher de son loup en prenant garde à conserver une maîtrise de glace sur son sang, la rendant totalement impuissante.
La reine s'agenouilla près de Mak et analysa rapidement son état, se disant que si elle ne savait pas qui elle avait devant elle, elle ne l'aurait probablement même pas reconnu. L'entièreté de son visage était en sang. L'un de ses yeux ne s'ouvrait même plus. Et son corps restait crispé, figé dans sa douleur.
- Makdellana ? Tu m'entends ?
- J'ai mal…
Se plaignit la petite louve pour seule réponse.
La reine remarqua le corps abîmé et bien faible de son loup en essayant de ne pas céder à la panique, se répétant en boucle que Mak était un loup et que, même si ses blessures étaient effrayantes et douloureuses, elles guériraient à coup sûre.
- Imbécile de tête de mule de loup, qu'est ce qui t'a pris de partir comme ça ! Ne me fais plus jamais ça, tu entends ! Idiote ! Plus jamais ça ! Si je n'étais pas arrivé à temps, tu serais morte ! Qu'aurais-je fait sans toi ! Pourvu que ça rentre dans ton crâne vide, plus jamais ça !
S'écria Elsa en empoignant presque brutalement la nuque de Mak.
Le loup ne répondit pas, sachant qu'il n'avait pas d'argument convaincant pour excuser son geste. Devant son silence, Elsa tenta de se calmer, parvenant à se convaincre qu'elle n'était pas arrivée trop tard, que son loup vivrait.
- Qu'est ce qui s'est passé ?
- Me suis fait casser la gueule…
Répondit simplement le loup d'une voix malhabile en haussant les épaules, essayant, même aux portes de la mort, de calmer sa reine inquiète par un coup de charme. Elsa soupira.
- Ça j'ai bien remarqué.
Elsa ôta sa cape et la déposa délicatement sur le corps de Mak.
- Reste là, je reviens vite.
Murmura la reine à l'oreille de son loup avant de déposer un doux baiser sur son front. Elle se leva et se retourna pour faire face à Liv, toujours emprisonnée par les bras de Briak alors qu'elle se concentrait pour refroidir son sang.
- On se rencontre enfin.
Déclara Elsa, le visage fermé, l'âme torturée par la colère.
- Elsa...
Appela Anna qui sentait la haine palpable de sa sœur. Elsa jeta un regard noir en direction de la rouquine.
- Reste en dehors de ça.
Anna se tut, sachant qu'elle ne pourrait rien négocier. Elsa ne fut bientôt qu'à un souffle de la louve blanche.
- Je devrais te faire payer ce que tu viens de lui faire.
Dit-elle d'une voix qui n'était plus la sienne, ses paroles sifflant comme un souffle de vent glacial. La reine plissa les yeux, cherchant à ce que son pouvoir atteigne les artères, anéantisse le cœur.
- Elsa attend !
Entendit-elle derrière elle. Elle se retourna, et vit Mak peinant à se relever.
- Attendre quoi ? Tu as vu dans quel état elle t'a mise !
S'écria la reine, dévorée par sa colère.
Mak se redressa sur ses pieds difficilement et avança vers Liv en disant :
- J'ai besoin de savoir.
Elsa n'était pas tout à fait d'accord, mais consentit tout de même à desserrer sa prise sur le sang de la louve blanche et à s'écarter pour que Mak puisse lui faire face.
Le loup scruta l'âme de Liv, cherchant réponse à ses questions, mais n'y trouva qu'un grand vide.
- Pourquoi ?
Demande-t-elle en parcourant des yeux le visage de son ennemie, sondant tout ce qu'il voudrait bien lui donner.
N'obtenant aucune réponse, Mak grogna en approchant son visage pour ne l'arrêter qu'à un souffle de l'autre.
- Assassin.
Quelque chose tiqua dans le regard de Liv. La colère était revenue, passant outre les pouvoir d'Elsa.
- C'est moi que tu traites d'assassin alors que c'est pourtant bien toi qui m'as tué.
Mak fronça les sourcils en se tournant vers Elsa. La reine baissa les yeux.
Un rire amer s'échappa de Liv.
- Ta belle petite reine parfaite ne t'a rien dit ? Je t'aimais Mak. Mais tu l'as choisi elle alors qu'elle te ment !
Cria Liv en crachant sur le visage du loup qui l'essuya d'un revers de la main en regardant Elsa qui lui lançait un regard empli de mille pardons.
- Si je ne te l'ai pas dit c'est parce que je tenais à te protéger.
Assura la reine en se postant entre Liv et Mak, faisant face à son loup en posant ses mains sur ses épaules.
- Merde Elsa comment as-tu pu me cacher ça ?
Demanda Mak alors que son cœur menaçait d'exploser, lui envoyant des flash-backs d'une vie passée, d'un autrefois jusque-là resté inconnu. Elle se souvenait d'une jeune fille innocente qu'elle avait rencontré alors qu'elle chassait avec son père. Une jeune fille qui lui avait tout de suite plu. Une jeune fille dont elle était éperdument tombée amoureuse.
- Et elle t'a dit qu'elle était responsable de la mort de ton père ?
Siffla Liv à l'attention de Mak qui fixait toujours Elsa avant de reprendre :
- Elle a fait en sorte que tu tues ton père pour protéger son royaume, exactement comme elle veut que tu me tue aujourd'hui pour la même cause. Ouvre les yeux !
Le loup grimaça en voyant des images défiler devant ses yeux.
Des images de deux loups se battant au cœur même du château d'Arendelle. Des images d'elle, dévorant le visage de son père.
Elsa cru mourir d'effrois en ressentant une colère incontrôlable, la colère de Mak.
- Elle n'a toujours été que ton ennemie !
Cria Liv en se débattant entre les bras de Briak.
- Makdellana regarde-moi !
Ordonna la reine qui voyait son loup se perdre dans les dires de cette femme. La reine empoigna son visage entre ses mains et fixa son regard dans le sien.
- Oui tu as tué cette femme, je ne pouvais pas te le dire, je ne voulais pas que tu souffres inutilement. Tu m'as avoué que tu n'étais pas dans ton état normal quand tu as fait ça. Ton père t'avait torturé pendant des jours. Je t'en prie souviens toi.
Mak plissa les yeux, sa mémoire cherchant à se dénouer. Elle se souvint d'un cachot dans lequel on l'avait enchaînée, des coups que la main de son père lui avait portés. Elsa reprit avec toujours autant de détermination :
- Souviens toi du bien que nous avons fait ! Hans, le fils de feu que menaçait d'exterminer le loup est parvenue à endoctriner ton père. Tu n'avais pas le choix. Si tu ne l'avais pas tué Arendelle et la tribu des loups n'existerait plus. Par pitié souviens toi de tout le bien que nous avons fait, mon brave loup…
Les flashs s'intensifièrent, Mak revit les loups se lier à la cause d'Elsa, revit Malek leur donner sa bénédiction, effleura la colère de son père, s'enivrant de la folie de Hans, caressant l'espoir de liberté des loups porté en un seul nom, celui d'Elsa. Toujours Elsa.
Mak rugit bruyamment avant d'écarter ce qui la séparait de Liv, autrement dit, Elsa d'un geste rapide et vint arrêter son poing à seulement un millimètre de sa joue. La louve blanche frissonna.
Mak lui grogna au visage, contrôlant mal sa colère.
- Alors tu as peur ?
Demanda-t-elle d'une voix d'outre-tombe. Elle reprit :
- Tu as peur comme Malek avant que tu ne l'assassine de sang-froid ?
Liv ne répondit pas, terrorisée par la suite des événements. Mak plissa les yeux.
- Si je te tue… c'est toi qui gagnes. Je deviendrais comme toi.
Déclara-t-elle en abaissant le poing menaçant.
Mak fit signe à Briak, l'homme lâcha Liv qui tomba lourdement sur le sol.
La louve blanche lança un regard interrogateur vers son ennemie.
- Tu ne peux pas faire ça ! Tu te dois de me tuer !
Elsa fronça les sourcils sans comprendre. Pour une fois, elle devait admettre qu'elle était bien d'accord avec Liv.
- Toi et moi allons passer un accord. Tu pourras vivre en paix, et moi je deviendrais un brave loup.
Elsa posa une main sur l'épaule de Mak.
- Makdellana tu es déjà un brave loup. Qu'est-ce que tu fais ?
Mak posa sa main sur celle d'Elsa et déclara :
- Je ne te demande pas de comprendre, seulement de me faire confiance.
Elsa soupira silencieusement. Elle avait tellement envie de lui faire confiance et, en d'autres circonstances, elle l'aurait sans doute suivi au bout du monde, mais là tout de suite, elle devait avouer qu'elle n'était pas convaincue. Pourtant, elle choisit de se taire et de voir ce que son loup lui réservait.
Mak recentra son attention sur Liv qui s'était relevée.
- Bien, tu es prête à négocier ou pas ? À moins que tu préfères qu'on se batte encore ? J'ai une fille de glace pour femme, un loup enragé pour meilleur ami, et un oiseau géant pour animal de compagnie. Par sûre que tu sois de taille.
Expliqua Mak reprenant son insolence légendaire, ayant tout de même sourit lorsqu'elle avait surpris Elsa à rougir quand elle l'avait décrite comme étant sa femme.
Liv serrant les dents. Elle n'avait véritablement pas le choix.
- Je t'écoute.
Dit-elle enfin.
J'arrive bientôt pour la suite !
Tendrement, Lou de Payrac.
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