Bonjour à tous !

J'espère que vous vous portez tous bien. Je poste aujourd'hui un nouveau chapitre qui ne sera pas la fin rassurez-vous.

Je ne sais pas si certains d'entre vous avez deviné le plan de Mak.

J'espère tout de même que ce premier dénouement vous plaira.

J'ai déjà commencé le prochain chapitre. Il me reste quelques questions à clôturer pour de bon, j'espère qu'il sera à la hauteur de vos attentes.

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé de celui-ci, bien sûre, se sera toujours un plaisir de vous répondre.

Je me permets également de demander votre aide : quel nom donner à la fille d'Anna ? car comme ses parents, je n'en ai aucune idée ! Alors si vous voulez participer c'est avec plaisir. Notez tout de même, que tous les prénoms de loup comportent un K. J'attends de voir vos propositions.

A très vite,

Je vous embrasse,

Et surtout, prenez soin de vous.

Lou De Peyrac.

Chapitre 42 :

Mak fermait les yeux alors que le vent venait sensuellement lui caresser le visage. Chilali battait majestueusement des ailes comme s'il voulait, comme toujours, lui faire plaisir, l'impressionner afin qu'elle l'aime un peu plus.

La louve ne se lassait pas de voler ainsi aussi près des nuages, à la limite même d'un monde jusque-là inconnu. Ouvrant les bras comme si elle allait s'envoler à son tour, elle inspira profondément en souriant sereinement, appréciant les moments d'extrême tranquillité que seul ce bel oiseau savait lui offrir. À chaque mouvement, elle pouvait sentir la puissance de ses ailes fouetter l'air au rythme de ses envies et de quelques rêves inavoués. Pour elle, Chilali avait toujours été un être de liberté sur lequel l'homme n'avait aucune emprise là où, elle, n'avait, de ce qu'on lui avait raconté, été que la somme parfaite de la stupidité humaine. L'un et l'autre s'était alors trouvé pour mieux se compléter. Chilali avait sans doute été son sauveur d'un instant. Comme un point de rendez-vous avec un destin qu'on n'aurait pas put louper.

L'oiseau piailla en lui jetant un œil interrogateur.

- Emmène-moi à la légendaire caverne de marbre. Aide-moi à sauver Elsa, mon grand.

Sourit tristement Mak en offrant une caresse apaisante dans le cou de l'animale, savourant la douceur de ses plumes, le remerciant par cette caresse d'être son ami. La louve se remercia d'avoir rêvé de cette même caverne. Sans ça, jamais son plan ne lui serait venu à l'esprit. Un plan, une solution complètement folle qu'elle se devait pourtant d'embrasser. La louve se remercia seulement d'être parvenu à garder ce plan secret aux yeux de sa reine qui l'en aurait sans doute dissuadé.

Chilali piailla en lui lançant un nouveau regard empli de questionnements. Mak soupira :

- Elsa ne va pas aimer ça, mais j'y suis obligé, tu comprends ?

Le volatile ne répondit pas, se rappelant bien trop vite que ce petit loup était un peu fou. Après tout, Mak avait été assez folle ou suicidaire pour être la seule à ne pas avoir eu peur de lui. Il ne savait pas vraiment ce qui se passait dans la tête de son amie et finalement en était heureux. Il se disait seulement qu'il préférait davantage sa douce vie d'oiseau, à celle tourmentée et si compliquée des humains.

Malgré elle, Mak arriva bien trop vite à la caverne de marbre blanc. Elle resta muette un instant après être descendu de Chilali. Alors c'était ça ? La demeure du légendaire esprit du loup. Son père lui en avait parlé quelque fois. Malek chantait souvent ses louanges au détour d'une histoire près d'un feu. Mais jamais elle n'aurait imaginé se retrouver un jour ici, prête à pactiser avec le protecteur de son peuple.

Un coup de tête de la part de Chilali dans son dos la sortie de ses pensées. Elle sourit en collant son front à celui de l'animal, puis murmura :

- Je n'en ai pas pour longtemps, mais je risque de ne plus être tout à fait la même quand je reviendrais… J'espère que tu seras toujours mon ami.

Confia-t-elle d'une voix faible. L'oiseau donna un autre coup de tête maladroit en roucoulant, jurant silencieusement que même si Mak sortait de cette caverne, transformée en énorme chat prêt à le manger, il l'aimerait quand même.

Sans un mot de plus, Mak inspira et se dirigea en essayant de faire bonne figure vers l'entrée de la caverne.

Incertaine, elle avança dans ce lieu dont elle ne se rappelait rien, sans même se douter une seconde qu'elle était déjà par-là, que c'était ici même qu'elle avait choisi de consacrer sa vie à Elsa, à servir cette reine dont elle était par la suite tombée amoureuse.

L'endroit était silencieux et avait quelque chose de mystique, alertant tous les sens du loup.

Mak regarda tout autour d'elle en tournant sur elle-même, la mâchoire tombante, le cœur battant.

- Il y a quelqu'un ?

Demanda-t-elle d'une voix faiblarde, craignant de déranger le propriétaire de ce lieu magique.

Aucun son ne lui répondit, la faisant soupirer.

Elle déambula encore quelques secondes dans la caverne, puis murmura pour elle-même :

- Il faut que vous m'aidiez à sauver ma reine…

- Parce qu'il en a toujours été ainsi, loup blanc.

Annonça une voix caverneuse qui fit sursauter Mak. La louve ne parvint pas à se souvenir de cette voix qui l'avait pourtant déjà conseillé tellement de fois.

Mak chercha tout autour d'elle, la trace d'un corps, d'un être à qui pouvait appartenir cette voix, mais ne rencontra que du vide. Elle fronça les sourcils, puis demanda d'une voix plus assurée :

- Vous connaissez Elsa ?

La voix parut rire, amusée par le comportement défensif de ce petit loup prêt à montrer les crocs pour protéger sa reine.

- Elsa D'Arendelle a sollicité mon aide tant de fois qu'il est normal que je me souvienne de sa douceur.

Un sourire étira les lèvres de la louve.

Douce… je dois reconnaître que ça lui va plutôt bien…

- Elle n'aimerait pas ce que je m'apprête à faire…

Avoua-t-elle en grimaçant.

- Ce que tu t'apprêtes à faire est pourtant héroïque, jeune loup.

Un rire amer s'échappa de la gorge de Mak.

- Je viens seulement réparer les erreurs de mon passé. Je ne suis pas un héros.

Le loup eut un mouvement de recul en voyant un nuage de fumée épaisse se former devant elle. Puis lentement le nuage de fumée prit l'apparence d'un immense loup fantomatique aux yeux vitreux qui semblaient vouloir lire en elle, sondant son âme de l'intérieur, diffusant une chaleur enivrante au creux de sa poitrine.

Le loup ancestral plissa les yeux, la voix répondit :

- Ton passé n'est pas sans tâche c'est vrai. Mais tu existes parce que tu as su être un brave loup pour Elsa d'Arendelle. C'est ce que je t'avais ordonné de faire il y a un an, et tu y es parvenue.

- J'en déduis que ce n'est pas la première fois qu'on se rencontre.

- La première fois que je t'ai rencontré, tu étais bien jeune et couverte de sang.

Mak grimaça, se doutant que l'esprit du loup l'avait trouvée après que son père l'ait battu à mort.

- Vous m'avez sauvé la vie.

En conclut-elle.

- Je t'ai sauvé la vie, et Elsa d'Arendelle a sauvé ton âme.

- C'est pour ça qu'il faut que je la sauve à mon tour. Je ne serais jamais un héros, mais je dois redevenir un brave loup, pour elle. Je sais que mon père a passé un marché avec vous il y longtemps. Je l'ai vu en rêve.

- Oui, j'ai pensé que t'envoyer ce rêve aurait pu être utile.

Avoua l'esprit.

- Alors c'était vous ? Vous saviez que j'allais venir.

En conclut Mak.

- Je t'attendais c'est vrai. Exactement comme j'attendais ton père quand il est venu me proposer ce pacte il y a des années.

- Passez en un avec moi, je vous en prie.

Le loup fantomatique se mit à tourner lentement autour de Mak, l'analysant sous toutes les coutures, puis enfin déclara :

- Tu veux rendre à Liv la vie qu'elle aurait eu si elle n'avait jamais croisé ta route.

Mak fut surprise que l'esprit du loup devine ainsi son plan, mais choisit de ne rien relever et de hocher simplement la tête.

- Je veux qu'elle oublie le monstre que j'ai été. Je veux qu'elle oublie tout de moi. Vous pouvez le faire ?

Demanda-t-elle en suivant le loup du regard. Celui-ci revint se poster devant elle, puis soupira :

- C'est en mon pouvoir, oui.

- Mais ?

Demanda Mak qui sentait elle ne savait pourquoi qu'il y avait un mais.

Après tout, de ce qu'on lui avait raconté, sa vie n'avait jamais été simple. Elle ne voyait vraiment pas pourquoi ça serait différent cette fois-ci.

- Toute intervention magique à un prix, jeune loup. Qu'as-tu à m'offrir en échange ?

Mak grimaça en soupirant, mesurant une dernière fois le poids de sa réponse qui, elle le savait, changerait sa vie pour toujours. Jamais elle ne s'était sentit si différente de son père qu'en cet instant.

Elle plongea un regard déterminé dans les yeux vitreux et enfin annonça :

- Mon loup. Vous n'avez qu'à prendre mon loup.

L'esprit plissa les yeux devant tant de détermination.

- Tu sais que lorsque le pacte sera scellé, il te sera impossible de revenir en arrière. Es-tu absolument certaine de vouloir que j'accède à cette demande ?

- Je veux une vie paisible auprès d'Elsa à Arendelle. Alors si c'est le prix pour qu'elle ne risque plus rien, je suis prête à le payer.

Affirma Mak en serrant les poings.

- Tu donnerais donc une partie de toi pour la sauver ?

Répéta l'esprit, désirant offrir une dernière porte de sortie au jeune loup.

- Sans hésitation.

Répondit la louve.

L'esprit attendit encore une seconde, sonda un peu plus l'âme qui s'offrait à elle sans résistance, puis conclut :

- Ainsi soit-il. Je prendrais ton loup et redonnerait sa vie d'autant à la personne de Liv pour qu'Elsa d'Arendelle et tout son royaume vivent en paix. As-tu des questions ?

- Oui, une seule.

- Je t'écoute, mon enfant.

Mak fronça les sourcils, son cœur de gamine reprenant le dessus.

- Est-ce-que ça fait mal ?

Demanda-t-elle, presque honteuse de poser cette question.

L'esprit aurait aimé lui mentir mais finalement soupira en avouant :

- Et bien, je vais prendre une partie de ton âme, alors oui, ça sera douloureux, mais je te promets de faire aussi vite que possible. Je suis consciente que tu as déjà bien trop souffert.

Mak hocha la tête, en sachant qu'elle ne pourrait négocier, qu'il y avait bien trop de règles avec la magie et qu'elle ne pourrait y échapper. Alors, elle inspira en se tenant droite, choisissant de fermer les yeux.

Elle sentit le souffle de l'esprit venir mourir sur sa joue, elle serra les dents en appréhendant malgré elle la douleur à venir.

- Détends-toi, mon enfant, ça sera plus facile.

Lui intima l'esprit d'une voix chaude et rassurante.

Le jeune loup expira lentement, essayant de faire le vide dans son esprit, ne se concentrant que sur la voix. Malgré elle, elle se souvint du rêve dans lequel elle avait vu son père offrir son humanité à l'esprit, et se dit que celui-ci était bien plus doux avec elle que ce qu'il ne l'avait été avec Mordok.

Soudain, elle sentit son âme se craqueler, se décomposant en deux parties bien distinctes. Elle serra les dents et les poings, son visage enlaidit par la douleur. Elle porta une main dure à sa poitrine, ayant soudain l'impression nette que quelque chose voulait sortir. Elle grogna, n'abandonnant pas si facilement ses vieux réflexes de loup.

- Ne résiste pas…

Murmura tendrement la voix caverneuse au creux de son oreille.

Même sous la douleur, le loup, pour une fois obéissant, parvint à se détendre une infime seconde. Ce moment suffit pour qu'il sente très distinctement quelque chose s'échapper de sa poitrine comme si on avait exorcisé une partie de son âme. Même s'il le savait, c'était exactement ce qu'il venait de se passer.

Mak gémit une dernière fois de douleur avant de se laisser tomber sur le sol, épuisée, reprenant difficilement son souffle. Malgré ses inspirations mal assurées, elle entendit pourtant encore la voix caverneuse annoncer :

- Le pacte est scellé.

Elsa sentit son cœur se serrer comme s'il luttait pour ne pas plier sous le poids d'elle ne savait quoi.

Elle grimaça en sentant une douleur lancinante.

- Elsa, tout va bien ?

Demanda Anna en posant une main inquiète sur l'épaule de sa sœur.

La reine ne répondit pas tout de suite et prit le temps de tenter d'analyser ce qu'elle ressentait. Elle resta hébétée un instant. C'était étrange et si perturbant. Ce n'était ni de la colère, ni de la tristesse et encore moins de la joie ou une certaine euphorie. Juste quelque chose qu'elle n'avait jamais ressenti auparavant.

- Tu penses que Mak a des ennuis ?

Demanda Anna en jetant un regard furtif vers Liv.

Elsa fronça les sourcils, toujours bien incapable de mettre véritablement des mots sur ce qu'elle ressentait.

- Je n'en sais rien…

Avoua-t-elle, en soupirant, déçue et frustrée d'elle-même. Mais elle devait se rendre à l'évidence, tout ce qu'elle pouvait faire, était d'attendre sagement le retour de son loup, espérant qu'il revienne avant le coucher du soleil.

Mak se redressa en grimaçant mais fut heureuse de constater que toutes les blessures que lui avait causé Liv avaient disparue. Sans doute un cadeau de l'esprit du loup.

Elle se leva lentement de peur de perdre l'équilibre. De tous temps, jamais elle n'avait eu peur d'une telle chose. Pourtant, elle sentait clairement que sa perception du monde était devenue à la suite de ce pacte, tout à fait différente. Similaire et pourtant si étrangère. Elle ne pouvait pas ignorer qu'elle se sentait beaucoup plus lourde qu'un peu plus tôt. Comme si elle prenait soudainement conscience du poids brut de son propre corps, comme si se lever lui demandait un effort, un effort qu'elle n'avait jamais eu à fournir auparavant.

Elle remarqua également que son oreille était à présent privée de beaucoup de sons. À l'intérieure de la caverne, elle n'entendait plus le vent passer entre les branches des sapins, ni les pas des petits animaux de la forêt et encore bien d'autres mélodies de la nature que seul un loup à l'ouïe fine aurait pu entendre.

Cependant, ce qui la dérangea le plus fut le léger filtre flou qui l'empêchait de voir très clair. Comme si de l'eau était restée dans ses yeux, la privant de justesse de vue.

La jeune fille soupira, jamais elle n'aurait pensé qu'être humaine puisse être si pénible. Un bref instant, elle admira Anna et sa faculté à être finalement l'humaine la plus forte qu'elle n'avait jamais connu.

- Comment te sens-tu mon enfant ?

Demanda l'esprit du loup en se postant en face d'elle.

Mak haussa les épaules, il était vrai que hormis cette nouvelle perception, rien n'avait changé. Comment se sentait-elle ?

- Vulnérable.

Répondit-elle, en se disant que si un ennemi décidait de l'attaquer par derrière, elle ne l'entendrait certainement pas, et que, même si elle y parvenait, elle doutait sur la capacité de ses muscles d'humain pour la défendre.

- C'est une nouvelle vie qui commence pour toi. Maintenant, rejoins ta reine et sois prudente, il est vrai qu'à l'avenir, tu ne seras pas aussi résistante qu'auparavant.

- Et Liv ?

Demanda immédiatement le jeune loup qui, finalement, avait du mal avec le fait de ne plus en être un.

- Elle aura disparu que tu rentreras ne t'inquiète de rien, je tiendrais ma promesse.

- Et Elsa ?

L'esprit du loup sourit, puis assura :

- Elsa d'Arendelle va bien. Nous savons que tu es la plus à plaindre, il va falloir que tu lui expliques les conditions de notre pacte, et je dois avouer que je n'aimerais pas être à ta place.

Mak grimaça, l'esprit avait raison, expliquer à sa reine ce qu'elle venait de faire était une autre paire de manches.

Comment allait-elle bien pouvoir lui dire tout ça sans donner à sa reine des envies de meurtre ? Chose qui arrivait bien trop souvent ces derniers temps. Elle pourrait peut-être avant tout l'embrasser, elle en avait envie et au moins, ça la ferait taire. Et ensuite, elle l'amadouerait avec sans doute quelques compliments, lui rappelant sans mentir qu'elle était la plus belle femme qu'elle n'avait vue et que sa douceur lui avait tant manquer. Elsa rougirait sûrement un peu, et finirait par sourire sans répondre quoi que ce soit. Enfin, Mak pourrait lui dire quelque chose comme :

Au fait, mon cœur, j'ai oublié de te dire, j'ai dû sacrifier mon loup pour nous assurer une vie tranquille.

Elsa ne serait sans doute pas très enchantée par tout ceci. Mais tant pis, elle en ferait son affaire, et puis, elle savait comment caresser sa reine dans le sens du poil. Cette pensée aux multiples sous-entendues la fit sourire. Une pensée sombre entacha pourtant son espièglerie.

- Mon lien avec Elsa est-

- Intacte.

Assura l'esprit du loup avant de reprendre :

- A présent tu es une humaine, mais tu as été le loup le plus brave qu'il m'ait été donné de voir, c'est ma récompense.

La jeune femme sourit en offrant une dernière révérence à l'esprit.

- Merci…

Murmura-t-elle en collant son front à celui de l'esprit, désirant lui montrer toute la gratitude qu'elle avait envers lui.

- Va maintenant, ou ta reine pourrait bientôt mourir d'inquiétude. Et je ne veux pas voir une fille de glace furibonde entrer dans ma caverne.

Sans un mot de plus, Mak sourit en jetant un dernier regard sur la caverne en sachant qu'elle n'y reviendrait jamais, puis sortit, trouvant Chilali, coucher devant l'entrée, l'attendant sagement.

L'oiseau leva la tête en la voyant sortir et piailla en sentant que quelque chose avait changé sans parvenir à déceler quoi. Mak avait la même apparence et son odeur était la même, pourtant, il la trouva différente.

- Salut mon grand, c'est moi, tu n'as pas à avoir peur.

Assura le loup déchu en venant poser une main tendre sur la tête de l'animal.

L'oiseau roucoula en fermant les yeux, se disant que peu importe ce qui avait changé chez sa maîtresse, ses caresses étaient toujours sa tendre faiblesse.

Sachant qu'elle était acceptée malgré tout, Mak déposa un baiser sur le bec de l'oiseau et murmura :

- On rentre à la maison ?

La maison ? L'immense château sans doute… pensa Chilali en s'inclinant devant la jeune femme.

Non sans peine, Mak se hissa sur le dos de son amie, se surprenant encore d'avoir tant de mal à effectuer cette tâche qui ne lui avait jamais demandé autant d'effort.

Elle se surprit même à empoigner religieusement les plumes de l'oiseau, craignant qu'un souffle de vent ne lui fasse perdre l'équilibre. Quand elle fut certaine de ne pas s'envoler, elle offrit une douce caresse à l'oiseau, qui décolla lentement, la sentant incertaine, désirant la protéger davantage maintenant qu'il la devinait si vulnérable. Prochaine étape : faire avaler la pilule à Elsa.

Elle espérait humblement, que sa reine trouverait quelque chose d'autre à aimer en elle que son loup.

Elsa faisait les cent pas devant sa sœur, bien incapable de rester assise sagement une minute de plus. Mak était partit depuis bien trop longtemps, cela l'inquiétait bien plus ce qu'elle ne montrait. La reine ne pouvait qu'espérer que tout allait bien, même si la douleur lancinante qu'elle avait ressenti tout à l'heure ne la rassurait pas du tout. Elle ne pouvait s'empêcher de tenter maladroite de communiquer avec Mak par la pensée en sachant pourtant que son loup ne l'entendait plus depuis qu'elle avait perdu la mémoire.

Soudain, un gémissement attira l'attention de la reine. Elle se retourna, et trouva une Liv grimaçante.

- Eh, ça va ?

Demanda-t-elle en approchant de quelques pas vers son ennemie.

Liv ne répondit pas, mais grimaça encore avant qu'une éblouissante lumière bleue ne fasse fermer les yeux de toutes personnes présentes.

Anna se leva en se frottant les yeux, aidé de Briak qui grognait, prévenant un danger éventuel.

- Qu'est ce qui s'est passé ?

Demanda la princesse en jetant un regard sur sa sœur qui clignait frénétiquement des yeux, apaisant ses iris violentées par la lumière enfin disparut.

- La méchante louve a disparue !

S'exclama Olaf en montrant où Liv était assise quelques secondes plus tôt.

Elsa fronça les sourcils en analysant le sol, il semblerait que son ennemie n'ait laissé aucune trace. Elle lança un regard à Briak qui secoua à la tête en annonçant :

- Non, je ne la sens nulle part.

- Alors Mak aurait réussi…

Murmura Elsa, son esprit fonctionnant à mille à l'heure.

- Ça, ça m'étonnerait !

Cria une voix venimeuse. Elsa se retourna et croisa le regard meurtrier d'une femme qu'elle n'avait jamais vu auparavant. Une femme ressemblant à une guerrière nordique pas commode.

Elsa reprit bien vite contenance et son masque de reine non moins commode.

- Qui êtes-vous ?

Un sourire étira les lèvres de la femme.

- Mon nom importe peu. Je suis une Walkyrie du Nord, une servante d'Odin et mon plan aurait fonctionné si ce maudit loup n'avait pas trouver la faille du système ! Je ne sais même pas comment elle y est parvenue. Une magie ancestrale semble la protéger.

- J'ai toujours cru qu'une Walkyrie était un fromage.

Se moqua Briak en se postant derrière Elsa, bien décidé à défendre sa reine face à cette femme menaçante.

- Alors Mak va bien ?

Demanda Elsa, un éclat d'espoir passant dans sa voix.

- La question n'est pas de savoir si elle va bien, mais plutôt de savoir comment tu iras quand je t'aurais refait le portrait ma jolie.

Grinça la Walkyrie en retirant l'épée de l'étui qu'elle avait d'accroché dans le dos.

- Doucement, on ne cherche pas les ennuis.

Assura Anna en levant les mains devant elle, espérant calmer la guerrière enragée.

- Dommage, vous les avez déjà trouvés !

Cria la guerrière en envoyant balader Elsa et Briak dans les airs d'un simple geste condescendant de la main. Les deux compères gémirent en s'écrasant sur le sol, n'ayant mesuré que trop tard l'étendue des pouvoirs de la Walkyrie.

Anna se précipita au côté de Briak, forcé de rester à terre par la prise mentale que la guerrière gardait sur lui et sur Elsa.

Ils sentirent comme des mains se resserrer sur leurs gorges, incapables de lutter, ils déglutissaient difficilement se tordant de douleur alors que la Walkyrie avançait vers eux d'un pas lent.

Furieuse, Anna se leva et avança d'un pas.

- Si tu veux préserver ta vie et celle de la bâtarde qui grandit en toi, tu devrais rester à ta place.

Menaça la guerrière sans lâcher sa prise sur les gorges de sa sœur et de son homme.

Anna fronça les sourcils. Que pouvait-elle faire ? La situation était bloquée pourtant, la princesse était certaine d'une chose : Mak allait venir parce que Mak ne l'avait jamais abandonnée, elle, comme tous ceux qui lui était chers. Tout ce qu'elle pouvait faire, était de gagner du temps.

Alors, faisant fi de la menace, elle avança encore sous l'œil surprit de la guerrière.

- Tu veux te mesurer à moi ? Qu'il en soit ainsi.

Dit-elle en relâchant la prise qu'elle avait sur Briak et Elsa pour lever une main meurtrière devant elle. Les deux amis tombèrent inconscients et Anna sentit ses pieds quitter le sol.

Elle crut mourir en voyant le sol s'éloigner rapidement.

- Prie pour que ta chute soit lente !

Cria la guerrière en lâchant un rire amer alors que la princesse était maintenant soulevée à plusieurs mètres du sol. Anna fixait le sol, mesurant l'ampleur de la douleur si elle venait à tomber. Prise de panique, elle se débattit comme elle le pouvait encore.

Soudain, elle sentit la force disparaître et son corps se faire aspirer par la gravité. Elle hurla en fermant les yeux, refusant de voir le sol se rapprocher à une vitesse effroyable. Elle protégea son ventre de ses bras en hurlant, ne formant qu'une boule de panique au creux du ciel. Elle offrit sa dernière pensé à cette petite chose qui grandissait en elle. Elle n'aurait donc même pas l'occasion de la rencontrer ?

Tout à coup, un violent contact lui coupa la respiration. Pourtant, cette respiration, elle parvint à la reprendre. Ce n'était donc pas le sol qu'elle venait de percuter ? Elle ouvrit les yeux et rencontra une multitude de plume blanche caressant son visage. Elle se redressa et rencontra un visage angélique d'un certain loup qu'elle avait tant rêvé de voir apparaître.

- Je demanderai à Chilali de t'apprendre à voler si tu y tiens tant que ça.

Dit simplement Mak en jetant un regard amusé à sa princesse.

Le visage d'Anna s'illumina. Elle était sauve. Elle était saine et sauve. Elle se jeta au cou de Mak alors que Chilali reprenait un certain équilibre entre les courants d'air après avoir merveilleusement assurer une gigantesque chute libre pour parvenir à attraper Anna en plein vol.

Plus bas, Mak vit la Walkyrie de tout évidence furieuse d'avoir ratée son coup, se diriger d'un pas lent vers Elsa.

- Plus vite mon grand !

Cria-t-elle en serrant Anna contre elle.

Chilali obéit en piaillant, faisant saigner les oreilles de la guerrière qui serra les dents en voyant ce maudit loup qui ne se lassait pas de contrecarrer ses plans.

Voyant la guerrière avancer dangereusement vers Elsa, Mak serra les dents en voulant sauter de Chilali pour se dresser entre sa reine et cette folle. Bien heureusement, elle se souvint bien vite qu'à présent, elle n'était qu'une simple humaine et que cette chute, bien que minime, la blesserait sûrement. Elle ordonna donc à Chilali d'atterrir entre les deux femmes, formant une barrière pour protéger sa reine. Sans prêter attention à la guerrière que Chilali gardait éloignée par de puissants battements d'ailes, elle se précipita près du corps inerte d'Elsa.

- Elsa !

Cria-t-elle en tombant à genoux près de sa reine. La blonde de répondit pas mais Mak put avec joie la voir froncer les sourcils. La jeune femme sourit de soulagement, rapidement rejointe par Anna.

- Reviens moi ma douce…

Murmura Mak en déposant un baiser sur le front d'Elsa.

La reine revint lentement à elle, puis lança un sourire faible en posant les yeux sur son loup.

- Mon loup… tu es revenue…

Murmura-t-elle en sentant sa gorge douloureuse d'avoir été ainsi brutalisée.

- Tu en doutais ?

Sourit Mak en prenant en coupe le visage de sa reine.

Un rire s'échappa des lèvres de la reine.

- Je ne doutes jamais de toi… mais la prochaine fois, arrive un peu plus tôt s'il te plaît.

Grimaça-t-elle en se massant la gorge.

Mak sourit en hochant la tête, désirant répliquer qu'elle espérait qu'il n'y aurait pas de prochaine fois.

- Loup Blanc !

Entendit-elle hurler. Mak perdit son sourire, puis lança un regard entendu à Anna, lui intimant de s'occuper de sa sœur et de Briak qui émergeait tout juste de son petit coma.

La jeune femme se leva en laissant une dernière caresse sur le visage de sa reine, puis avança d'un pas décidé vers Chilali, lui ordonnant de cesser les battements d'ailes qui les protégeaient.

La Walkyrie, voyant que le vent qui lui fouettait le visage plus tôt avait cesser, baissa les bras qui lui cachaient le visage et se redressa, offrant un regard assassin à la petite chose sans cheveux qui avançait d'un air insolent vers elle.

- Rien n'aurait dû se passer ainsi !

Cria-t-elle.

Mak haussa un sourcil provocateur, et répliqua :

- Et bien, la prochaine fois, monte un plan plus solide.

- Insolente !

Hurla la guerrière.

Mak sourit.

- Non, moi c'est Makdellana.

La Walkyrie serra les dents et les poings si bien que ses phalanges blanchirent sous la pression.

- Je sais très bien qui tu es ! Je t'observe depuis longtemps, je-

- Si tu me connais si bien, tu dois savoir que ce combat est perdu d'avance ! Mon peuple et moi sommes sous la protection de l'esprit du loup ainsi que le royaume d'Arendelle. Retourne d'où tu viens, tu n'as pas ta place ici.

Coupa Mak en croisant les bras sur sa poitrine, espérant de tout cœur que son coup de bluff fonctionnerait, sachant pertinemment que, si cette femme décidait de l'attaquer, elle ne tiendrait pas une seule seconde.

- Oui retourne d'où tu viens !

Lança une petite voix dans le dos de Mak.

La jeune femme se retourna et reconnu le visage de Kelys, la petite louve rousse qu'elle se souvenait avoir déjà croisé à Arendelle. Elle fut surprise mais profondément touchée de voir que, derrière la petite fille, de nombreux habitants d'Arendelle étaient présents ainsi que la garde royale du château. Tous ceux qu'elle avait failli blesser quand elle était venue commettre un massacre sous les ordres de Liv à Arendelle étaient là, embrassant sa cause.

La petite Kelys grognait aussi fort qu'elle le pouvait, voulant montrer que, comme Mak, elle était un brave loup. Les gardes avaient tous dégainés leurs épées et se tenaient prêts à attaquer derrière Briak qui était enfin parvenu à reprendre connaissance, restant fièrement aux cotés de sa femme, sa main dans la sienne, comme pour sceller la promesse, qu'aussi immortelle soit-elle, cette femme ne passerait pas les portes d'Arendelle.

- Attaquer ce loup, c'est attaquer Arendelle !

Hurla un des habitants en jetant une pierre que la Walkyrie évita de justesse.

- Oui, va-t'en, temps que tu le peux encore !

Hurla un autre en jetant une nouvelle pierre.

Un sourire ému étira les lèvres de la louve en voyant que ces hommes, ces femmes, et même ces enfants n'avaient comme armes que de banales pierres et pourtant… ils les lui offraient volontiers, assurant sa protection malgré le carnage qu'elle avait fait ici quelques jours plus tôt.

- Ce loup est des nôtres, laisse le tranquille !

Cria Anna en serrant la main de son homme.

- Tu as traité ma fille de bâtarde, tu as voulu tuer ma femme, prie pour que je ne t'attrape jamais ! Dégage d'ici, fromage !

Hurla Briak, faisant rire la foule d'habitants, leur redonnant confiance alors que, malgré leurs poings serrés dans une force commune, leurs corps tremblaient, leurs cœurs battaient au même rythme les uns des autres. Le rythme d'une communauté entière qui, ensemble pouvait tout affronter, y compris, la servante d'un dieu.

Mak braqua de nouveau son regard sur la Walkyrie, inspira profondément en essayant de calmer les émotions qui la traversaient. Peur, appréhension, tout s'entremêlait. Ces gens avaient confiance en elle alors qu'ils ignoraient tous qu'elle n'était même plus un loup.

Une main douce se glissa dans la sienne, la faisant sursauter. Elle tourna la tête et rencontra le regard rassurant d'une infinie tendresse de sa reine, étant venue, encore une fois, la soutenir dans cette énième épreuve. Mak lut dans son regard tout ce dont elle avait besoin et s'abandonna totalement dans le bleu de ses yeux.

Comme toujours, je suis avec toi mon loup…

Entendit-elle au creux de son esprit. Elle fronça les sourcils. Les lèvres d'Elsa n'avaient pas bougé mais pourtant elle l'avait bien entendu, comme des mots doux qui étaient parvenue on ne sait comment à trouver le chemin direct jusqu'à son cœur.

Elsa… ? Pensa-t-elle.

La reine plissa les yeux en continuant avec joie leur dialogue silencieux qui n'avait toujours appartenu qu'à elles.

Cela m'avait tellement manqué… Pensa la reine comme si elle trahissait le plus doux des secrets.

Elsa voulu lui dire qu'avant tout ça, elles se plaisaient souvent à parler par télépathie et qu'elles ne s'en étaient jamais lassées, que c'était l'avantage de leur lien qu'elle affectionnait le plus et qu'elle était si heureuse de le retrouver enfin, mais, elle le savait, avant cela, elle avait quelque chose à terminer.

Alors silencieusement, elle serra la main de son loup, tourna la tête vers la Walkyrie qui serrait les dents en restant immobile, et opta pour le regard le plus glacial dont elle était capable.

La reine laissa un silence parcourir les rues, puis leva le poing aussi haut qu'elle le put et hurla d'une voix qu'elle aurait pris sur un champ de bataille :

- Pour Arendelle !

Et derrière elle, dans une entente parfaite, à l'unisson comme si les âmes étaient liées, comme si les centaines de mains étaient sur les centaines d'épaules de tous ces gens et de celles de leur reine, ils répétèrent en chœur :

- Pour Arendelle !

Et sans qu'elle ne puisse le contrôler, peut-être parce qu'un petit bout de loup se battait encore un peu au fond de son cœur Mak rugit de toutes ses forces en étant consciente que ce rugissement, le plus puissant qu'elle n'est jamais poussée, serait sans doute le dernier.

La Walkyrie trembla sous ce rugissement légendaire et fut absolument écœurée de voir tous les habitants rugir à leur tour. Ils n'étaient pas tous des loups et pourtant semblaient s'en ficher royalement.

- Très bien !

Hurla-t-elle avant de reprendre :

- Tu n'as qu'à rester avec ta blonde et tes minables petits paysans. Tu ne sais pas ce que tu rates, je suis sûre qu'on aurait pu s'amuser ensemble au Walhalla, si tu vois ce que je veux dire.

Lança-t-elle, désirant taquiner encore un peu alors qu'elle voyait déjà un éclair bleu briller dans la main d'Elsa.

- Du calme ma jolie, j'ai dit que je te la laissais. Je n'ai que faire d'un loup mourant d'amour.

Mak haussa un sourcil vexé, mais fut bien heureuse de ne pas intéresser cette maudite guerrière.

La walkyrie leva les bras, et disparue dans un éclair bleu, impatiente de rejoindre Odin et de reprendre une vie tranquille. Ce loup l'avez littéralement épuisé.

Mak lâcha le souffle qu'elle avait retenue durant tout le discours de la Walkyrie, son rythme cardiaque ralentit enfin, et ses mains cessèrent de trembler alors que son corps se détendait lentement.

Lentement, silencieusement, doucement, elle tourna la tête vers sa reine dont elle n'avait pas lâché la main, et lui offrit le plus joli des sourires qu'Elsa lui rendit avec plaisir.

- On a réussi…

Murmura-t-elle d'une voix presque inaudible comme si le fait de le dire allait faire disparaître leur victoire.

Surprise, Elsa plissa les yeux, et sans perdre son sourire annonça :

- Évidemment que nous avons réussi mon loup, je suis sûre que tu n'aurais fait qu'une bouchée de cette guerrière.

Mak grimaça en baissant les yeux.

- Alors oui, à ce propos…

Et Elsa n'eut même pas le temps de froncer les sourcils devant l'air ennuyé de son loup, que déjà Briak arriva derrière elle, et lui offrit une bonne tape amicale dans le dos, la même tape qu'il lui avait toujours offerte depuis qu'ils étaient petits.

- On a foutu les j'tons à cette maudite sorcière !

Rigola-t-il en venant cogner habituellement l'épaule.

Mais à la surprise d'Elsa, Mak grimaça en serrant les dents, en manquant presque de tomber sous le coup que, d'ordinaire pourtant, elle davantage comme une caresse que comme un coup.

Honteuse, la jeune femme, vint frotter d'une main énergique l'endroit où Briak avait frappé désirant faire disparaître la douleur sous le regard intrigué de son ami.

- Qu'est ce qui t'arrive ? Tu te ramollis ou quoi ? Ne me dit pas que je t'ai fait mal.

Rit le grand loup en voulant donner une nouvelle tape dans l'épaule amicale, mais se ravisa en voyant Mak se protéger le bras comme si elle avait soudain peur de lui.

Elsa fronça les sourcils en la voyant se dérober ainsi, se doutant que quelque chose n'était pas normal, et que quelque chose lui était caché.

- Makdellana, qu'est ce qui passe ?

Devant l'inquiétude évidente de sa reine, Mak ferma les yeux un instant, refusant de la décevoir, et mesura le poids de ses prochaines paroles, avant d'inspirer, de rouvrir les yeux, les plantant dans ceux d'Elsa et de déclarer :

- Je ne suis plus un loup.

Le cœur d'Elsa rata un battement, sa bouche s'entrouvrit, ses yeux s'écarquillèrent, mais aucun son ne traversa ses lèvres. Briak sembla adopter la même attitude, ne bougeant pas d'un cil, réalisant doucement ce que son amie venait de dire. Il voulut dire quelque chose, n'importe quoi qui aurait pu lui faire du bien, qui aurait pu la réconforter. Mais le choc était bien trop grand, trop inattendu, il ne parvint pas à dire quoi que ce soit.

Mak chercha un instant dans les yeux de sa reine quelque chose permettant de l'aider à comprendre ce qu'elle ressentait en cet instant, mais ne rencontra qu'une immense incompréhension. Pas de réconfort, pas de tendresse, pas de sympathie. Juste Elsa. Elsa qui était sans doute en train de se demander si elle l'aimait toujours.

Une grande tristesse vint étreindre le cœur du loup déchu. Un sourire brisé étira ses lèvres alors qu'elle était soudainement persuadée d'avoir déçu sa reine. Un rire amer sortit de sa gorge, alors qu'elle se retirait rapidement de cette conversation qu'elle n'avait pas envie de supporter.

- Laissez-tomber…

Lâcha-t-elle faiblement avant d'entamer quelques pas vers les portes d'Arendelle, désirant être seule avec la déception qu'elle venait de causer.

Mak fut à peine retournée que déjà, Briak lançait un regard entendu à Elsa. La reine écarta les bras en chuchotant :

- Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? Elle a besoin d'être seule.

Briak leva les yeux au ciel et voulu presque cogner l'arrière de la tête de cette stupide blonde.

- On a été cons. Elle n'a pas besoin d'être seule, elle a besoin de toi. Rattrape-la !

Elsa ne savait trop comment réagir. Mak semblait profondément blessée, et elle ne savait véritablement si elle devait la suivre ou pas.

La reine inspira profondément et courut après la jeune fille sans réfléchir pour ne pas réaliser que ce n'était pas une bonne idée.

- Makdellana, attends !

Appela-t-elle sans pour autant voir Mak ralentir.

- Je t'ai dit de laisser tomber Elsa…

Soupira Mak en levant les yeux au ciel, accélérant sa marche, mais c'était sans compter sur la main d'Elsa qui attrapa son avant-bras.

- Eh, eh, attends…

Supplia la reine d'une voix malhabile mais qui se voulait rassurante. Mak stoppa sa marche sans pour autant se retourner et déclara :

- Je n'ai pas envie d'en parler.

Elsa se posta devant elle, l'empêchant de fuir de nouveau, et prit seulement ses mains dans les siennes.

- Eh, il n'y a aucun problème. On n'est pas obligé d'en parler.

Assura-t-elle doucement, désirant laisser à son loup… son humaine… peu importe, le temps qu'il lui faudrait.

Mak leva un regard surprit qu'elle épingla à celui, tendre, que sa reine lui offrait. La jeune femme soupira en envoyant son pied cogner dans un petit caillou.

- Tu es en colère contre moi ?

Demanda Elsa en osant passer une main dans les cheveux courts. Mak hocha immédiatement la tête négativement.

- Non, bien sûre que non. Ce n'est pas après toi que j'en ai. Je…

Commença-t-elle en serrant les dents et les poings, gérant mal la colère. Elsa ne fit aucun geste pour lui forcer la main, attendant simplement qu'elle trouve ses mots, sachant que, tôt ou tard, elle les trouverait.

Mak passa une main sur son visage, puis avoua :

- Je n'avais pas le choix. Il fallait que je me débarrasse de Liv. Je ne voulais pas qu'elle s'en prenne à toi, ou à qui que ce soit d'ailleurs… c'était le prix à payer. Et… Et, je me sens faible et vulnérable, et je prie pour que tu m'aimes encore. Et Maintenant je vois flou…

Finit-elle tristement en baissant les yeux, faisant sourire sa reine malgré le fait qu'elle lui brisa quelques millimètres de cœur par cette simple phrase.

Elsa se tut un instant, prenant le temps de digérer ce qu'elle venait de lui dire. Puis enfin, elle prit doucement le visage de Mak entre ses mains, la forçant à lever les yeux pour qu'elle puisse encrer son regard dans le sien. La jeune fille plissa les yeux. Elsa le remarqua, et pensa qu'il vaudrait mieux lui faire faire une paire de lunette de toute urgence.

Mak sembla surprise de cette initiative et ne sut quoi dire ni quoi faire.

- Imbécile…

Murmura la reine avant de poser ses lèvres sur celle de la jeune femme sans lui laisser le temps de répondre. Mak fut surprise une infime seconde, mais ne put faire autrement que de s'abandonner totalement au désir de sa reine. Comme à chaque qu'elle l'embrassait, ses jambes flanchèrent, si bien qu'Elsa dut entourer sa taille d'un bras protecteur, lui évitant une chute. La jeune fille entourant la nuque de sa blonde de bras timides qui avaient pourtant tant besoin d'attraper quelque chose. Elsa n'en avait pas conscience, mais par ce baiser, Mak voulut lui montrer à quel point elle la remerciait d'accepter ce qu'elle était et ce qu'elle n'était plus. À cet instant, elle n'était plus un loup, elle n'était même plus une jeune fille. Elle n'était que Mak. Mak qui aimait Elsa.

Le baiser s'évanouit lentement et les deux femmes collèrent leurs fronts l'un à l'autre comme elles le faisaient souvent.

- Tu ne regrettes pas ?

Demanda doucement Elsa sans ouvrir les yeux.

- D'avoir offert mon loup ?

Demanda à son tour Mak en gardant également les yeux fermés, ayant plus de facilité à parler dans ces moments-là.

- Oui, tu ne ressens pas de… vide ou je ne sais quoi…

- Elsa, tu es mon quelque part, mon quelqu'un, mon quelque chose. Je serais entière près de toi même si je n'étais personne.

La reine sourit, c'est exactement ce qu'elle avait besoin d'entendre. Elle déposa un dernier baiser sur le front de la jeune femme, puis demanda :

- Tu as besoin qu'on parle d'autre chose ?

Mak sourit en haussant un sourcil.

- Non, je crois qu'on est à jour.

Elsa rit en passant un bras autour de ses épaules et déclara :

- Allé viens ma petite humaine, on rentre à la maison.