Remerciements : à Amaras, cette fois-ci, pour la bêta :D

Résumé du chapitre précédent : Cela fait quelque temps que la rentrée a eu lieu, et Tom, un soir, discute avec Balthazar. Ce maudit serpent refuse de transmettre ses excuses à Harry, qui a trop souffert par sa faute. Tom a du mal à comprendre ça… alors même que Bal a du mal à comprendre que Harry ait pu lui pardonner.


CHAPITRE DOUZE

Un tout petit peu en tort II


– TOM –

« Tom Jedusor, je suis venu te dire que le degré de haine que j'éprouve envers toi a légèrement diminué. »

Je l'entends depuis le dessous de ma table, à la bibliothèque. C'est Balthazar, le serpent de Harry. Il ne me hait plus alors ? Non, ce n'est pas ça. Il me hait moins. Ça en dit beaucoup sur ma vie que de considérer cela comme une réussite.

« J'en suis reconnaissant, et que s'est-il passé pour cela ?

Je ne vais pas m'expliquer avec toi, dit le serpent.»

Je hausse les épaules et m'en retourne au livre que je lis, qui est lui-même caché dans un autre livre juste au cas où on me verrait. Je ne me souviens pas vraiment depuis quand c'est devenu un véritable objectif, plutôt qu'un simple refus de laisser tomber mon plan.

« Mais je vais t'aider, continue-t-il. Tu pourrais avoir une chance de t'excuser auprès de lui, cependant, je ne suis pas ton serviteur. Un vrai homme le ferait lui-même. »

Je me retourne en entendant cela. Voilà ce que j'attendais. Il aurait aussi bien pu me dire que si je n'y parviens pas, alors je ne serais plus rien. Mais je prends.

« Merci, je réponds. »

Et je ne l'ai plus revu pendant un mois. Quelque chose à propos de penser à moi-même et de penser à mes excuses. Je n'ai pas pu y passer trop de temps, cependant, car à chaque fois que j'essaye, Lucius est dans le coin et m'ennuie avec une chose ou une autre.

– HARRY –

« Où vas-tu l'emmener ? me demande Bella.

— Emmener qui ? »

Mais de quoi parle-t-elle ? Elle agit comme si c'était quelque chose que je devrais savoir, mais je ne l'ai jamais entendue me demander d'emmener qui que ce soit où que ce soit.

« Narcissa. Ma sœur ? Où vas-tu l'emmener ? demande-t-elle encore.

— L'emmener ? je répète lentement.

— Oui, tu as dit que tu lui montrerais le monde Moldu pendant les vacances d'été. S'il te plaît, dis-moi que tu te souviens de l'avoir dit. Elle est déjà tellement excitée, dit-elle. »

Quand l'ai-je dit ? Je ne peux pas faire ça. C'est la sœur de Bellatrix, et c'est la mère de Draco. Je suis absolument sûr qu'elles vont former une bande ensemble et me saigner à blanc si je me rétracte maintenant. J'ai dû l'accepter accidentellement pendant l'une des discussions que j'ai eues avec Bal à propos de tuer Tom moi-même.

« Bien sûr que je m'en souviens. Ça va être génial ! »

Juste génial.

– TOM –

« S'il te plaît, dis-moi que tu as un peu plus que "Je suis désolé", dit Balthazar. »

Je lui envoie un regard impuissant.

« Tu n'as rien, n'est-ce pas ? dit-il. »

Je déteste que ce serpent pense que je suis aussi incompétent. La seule chose que je déteste plus est qu'il ait raison. Je ne sais absolument pas comme présenter des excuses correctes. Je n'admets jamais que j'ai tort. Jamais.

« Je pourrais lancer un "Je suis désolé pour…" mais je ne sais pas pourquoi il est en colère en fait.

C'est plus désespéré que ce que je pensais, soupire Balthazar. »

Je combats le besoin pressant de plonger ma tête dans les pages de mon Guide Personnel. Euh… Étude sur les Dragons de l'Est, je veux dire.

« Qu'est-ce qui a bien pu le mettre en colère ? demande-t-il. »

Sarcasme. Balthazar est sarcastique avec moi. C'est encore pire que je ne le pensais.

« Il est en colère pour ce qui s'est passé en première année. J'ai été… dur. Et nous nous sommes battus inutilement l'an dernier, j'ajoute.

C'est tout ?

Je lui ai jeté un serpent au visage. »

Je maintiens encore que c'était un bon plan, en théorie.

« Rien d'autre ? demande-t-il encore. »

Je me démène pour comprendre ce qu'il essaye de me faire dire de manière si évidente.

« Tu l'as ignoré tout l'été. Presque tout l'été, dit Balthazar après m'avoir laissé patauger un bon moment. »

Un long moment passe, douloureux.

Oh. Il veut que je m'excuse pour… ?

Mais il a dit que c'était bon…

« D'accord, je dis, je comprends maintenant. »

Je glisse mon livre dans mon sac et me prépare à me ruer hors de la pièce. Règle numéro un : quand vous êtes embarrassé, fuyez comme si vous ne pouviez plus supporter une présence si insignifiante.

« Je pense que tu devrais passer encore une semaine ou deux là-dessus, dit-il.

Mais alors l'année scolaire sera terminée ! je siffle.

Tu as bien trop de problèmes pour sauter comme ça sur n'importe quoi.

Je me sens insulté, je réponds.

C'est bien. Quelqu'un doit te résister.

Harry a fait un très bon travail là-dessus jusqu'à maintenant, je grommelle.

Tu as besoin d'accepter les opinions qui ne sont pas les tiennes. Je reviendrai quand ce sera fait, répond Balthazar. »

— O —

Harry s'assied calmement sur notre lit. Il est là au même moment que moi pour la première fois depuis des semaines. Pourquoi ? Pourquoi… Oh, je me souviens maintenant. Balthazar a persuadé Harry d'avoir dix minutes de retard au déjeuner pour que je puisse lui parler. Je suis sûr qu'il est là plus par obligation que par choix.

« Tom… Jedusor, dit Harry »

La pause me ravit. Le moment dont il a besoin pour se souvenir qu'il me déteste est tout ce dont j'ai besoin. Je peux prendre avantage de cette pause, de ce moment particulier. J'alignerai tous ces moments singuliers jusqu'à ce que j'en obtienne une vie entière mise bout à bout.

De quoi ?

Ce n'est pas ce que je…

« Harry… »

C'était quoi déjà mon plan ? Le plan élaboré sur lequel Balthazar et moi nous sommes accordés, sur lequel nous avons passé des mois ?

« C'est mon nom, soupire-t-il.

— Je voudrais… »

J'ai besoin de…

Il n'y a personne d'autre. C'était le plan. Personne ne pourra me voir perdre l'esprit et m'éloigner de qui je suis. Un garçon brillant et bien-aimé qui obtient toujours ce qu'il veut peu importe le prix et ne supplie jamais pour un pardon. Un Serpentard modèle qui s'effondre mentalement à ses genoux pour une trêve. Ou un solitaire stoïque et effrayant, dont les fortifications s'écroulent sur elles-mêmes.

« J'ai faim et je dois traîner avec Narcissa Black aujourd'hui, dit Harry avec impatience. »

Une fille ?

« Je… Quand je pense à… Je voudrais te présenter mes excuses, je lâche finalement. »

J'écrirai à Lucius à ce propos. Il… occupera la fille. Il la gardera éloignée.

Harry semble un peu choqué. En fait, il a l'air d'être sur le point de s'évanouir.

« Pour avoir été aussi horrible l'année dernière et pour t'avoir ignoré après ça, j'ajoute. »

C'est le mieux qu'il pourra avoir. Je suis surpris d'avoir réussi à formuler de telles excuses. Harry mord sa lèvre si fort que je me demande pourquoi elle ne tombe pas au sol. Je me concentre pour rester fort et regarder droit devant moi. Je suis supposé m'écrouler mentalement. C'est ce que j'ai permis pour ce moment, pour l'amour de la sincérité. Je ne suis pas supposé être blessé physiquement. Chaque seconde de silence n'est pas censée être une pire torture que ce que les Moldus peuvent commettre.

« J'y penserai, Tom, dit-il calmement juste avant de sortir par la porte. »