Remerciements : à Ama, pour être un bêta patient et très occupé en ce moment, je lui mène la vie dure.
Résumé du chapitre précédent : Bal et Tom enterrent la hache de guerre quelque temps. Bal aide Tom le temps de réfléchir à comment présenter des excuses sincères à Harry, et, le moment venu, Tom accepte de se montrer tel qu'il est à Harry. Cependant, il n'obtient qu'un « j'y penserai » en retour.
CHAPITRE TREIZE
Ces choses que j'aimerais ignorer
– TOM –
L'année scolaire commence encore une fois sans un mot d'Harry, quoi qu'il se passe. Après m'être montré faible en face de lui, et lui avoir montré à quel point je suis incapable de suivre l'exemple de Lucius, il s'est tout bonnement mis à prétendre que je n'existais pas. Il m'a ignoré jusqu'à maintenant, au point même d'aller charmer Mme Cole pour qu'elle apporte un petit fauteuil usé dans la chambre, sur lequel il a dormi toutes les nuits. Elle l'adore. Elle pense qu'il m'a maté.
C'est ridicule.
Mais maintenant, Harry est de retour à Poudlard, et de nouveau en compagnie de ce gamin sarcastique, et de la-fille-qui-veut-que-je-disparaisse, et c'est plus facile pour lui de ne pas avoir à choisir. À chaque fois que j'essaye de lui parler, il se contente de me sourire poliment, et ça m'agace de plus en plus.
Ça m'agace, parce que personne ne devrait m'ignorer, bien sûr.
Je souhaiterais ne pas savoir que je mens en serrant les dents.
Lestrange, Mulciber et Avery sont assis et me parlent, mais je me moque de ce qu'ils peuvent dire. Cela n'a pas d'importance, pour moi ce sont tous des remplaçants. Des remplaçants temporaires. En définitive, j'arriverai à mes fins et ils deviendront inutiles. Je n'ai pas besoin d'eux. Lucius pense que j'ai besoin de Mulciber, qui pense que j'ai besoin d'Avery et de Lestrange, qui pense que j'ai besoin de lui. Ce n'est pas le cas. Ce ne sont tous que des relations, des remplaçants de second ordre. De pauvres substituts à ce qui m'importe vraiment. Pourquoi sinon aurais-je besoin d'autant d'entre eux, Dolohov et Macnair et Goyle, pour remplacer une seule personne ?
Je souhaiterais vraiment ne pas savoir pourquoi je traîne avec eux. Ce serait définitivement plus simple de prétendre que j'apprécie leur présence.
« Salut Balthazar, je dis. »
Encore un qui m'évite d'une manière si polie et si subtile.
« Je suis venu te dire que je le ferai.
— Comment ça ? »
Je ne me souviens pas de quoi il parle.
« J'avais promis de revenir te voir quand tu aurais compris ce que tu recherches à travers lui. Je t'ai surveillé. Je t'ai entendu. Tu comprends maintenant, dit Balthazar.
— Merci. »
Je souhaiterais ne pas penser ce que je dis, ne pas savoir que mes mots, habituellement des paroles vides de sens, sont vrais quand je remercie ce serpent, quand je le supplie, quand il me montre mon âme et que je fuis.
« Pourquoi tu me remercies ? demande-t-il.
— Je veux que Harry soit de nouveau à mes côtés, Balthazar. Plus que tout. Il est important pour moi. Je ne le comprends pas, mais je ferais n'importe quoi pour arriver à mes fins. Tu le reconnais et je te respecte.
— Tu as fait un long chemin, Tom Jedusor, mais tu n'es pas encore allé assez loin. Cela va prendre encore beaucoup du temps pour qu'il revienne à tes côtés. »
Je souhaiterais ne pas savoir que je n'abandonnerai jamais.
– HARRY –
« Comment peux-tu oser le pardonner ? dit Severus entre ses dents serrées, tout en dessinant une carte des étoiles, en Astronomie. »
Je lève les yeux au ciel. Il m'en veut tellement. Bal, pourtant, me pousse avec ferveur à le faire. Mais comment je peux choisir entre eux deux ? Devrais-je écouter Severus, à cause de mes sentiments stupides et inutiles, ou devrais-je suivre Bal ? La fin sera la même, quel que soit mon choix. Je sauverai Tom.
« Qu'est-ce qui pourrait arriver, au pire, si je le faisais ?
— Douleur, souffrances infinies, pestilence, mort, trolls… énumère Severus.
— Des trolls? » Je souris.
« Tu voulais les pires choses possibles. »
Je ris. Je nomme avec attention les étoiles et les constellations. La grande ourse. Orion. Sirius.
Sirius !Comment ai-je pu l'oublier ? Il est en vie ici, heureusement et merveilleusement en vie. Je me sens mal de l'avoir oublié. Même avec le poids du monde sur mes épaules et la pression de garder ma mission secrète, il devrait toujours être premier. Lui et Remus. Je ne pourrai pas faire l'erreur de m'effacer du futur si je leur parle, et j'ai certainement besoin de les voir. Maintenant. Oh, je souhaite plus que tout que les Serpentards aient en commun le cours d'Astronomie avec les Gryffondor. Mais le Directeur Dippet pense qu'il est préférable de maintenir les maisons rivales éloignées – quel homme brillant, mais à présent, j'aimerais qu'il soit moins prévenant.
Je n'ai pas tout perdu. Je n'ai encore perdu personne.
« Harry ? appelle Severus. »
Je me demande ce qui se passera pour lui après mon succès. Vivra-t-il ? Il aura une vie moins agitée, mais se mariera-t-il ? Cela m'inquiète toujours qu'il vieillisse seul.
« Il s'est excusé pour m'avoir ignoré après que nous avons couché ensemble. Je n'ai jamais -
— Vous avez quoi? s'écrie-t-il soudainement. »
Quelques têtes se tournent vers nous, mais elles retournent à leurs télescopes quand aucun de nous n'ajoute quoi que ce soit. Je rougis.
« Je n'ai jamais pensé qu'il remarquerait que ça m'avait dérangé, je termine.
— Vous avez fait quoi? Tu es complètement fou ?
— Eh bien… pas vraiment. C'était plus comme, euh, ses mains ? Peut-on ne pas en parler ? J'essaye d'oublier que ça s'est produit. »
Parler de ce qui s'est passé l'été dernier – il y a deux étés maintenant, je suppose – est étrange pour moi, et j'ai essayé désespérément d'éviter toutes ces choses. Honnêtement,les mains de Voldemortet – je frissonne. Si j'évite le sujet, j'oublierai que je l'ai voulu. J'oublierai que j'ai supplié.
« Ce n'était pas mon intention, dis-je.
— Tu m'en diras tant ?
— Écoute-moi : laisse tomber. Oublie tout ça. »
La cloche sonne et nous traînons pour sortir de la salle et nous rendre au dortoir. Bella sautille derrière nous.
« Pourquoi criiez-vous ?
— Tom m'a demandé de lui pardonner, j'avoue avec réticence.
— Et Harry va le faire juste parce qu'il a laissé Jedusor le branler !dit Severus avec colère.
— Sev ! »
Être retourné de quelques années dans le passé et côtoyer des personnes plus jeunes m'a rendu de nouveau sensible à un certains sujets de conversation. Ça nous est déjà arrivé d'en parler avec Ron, enfin, il en parlait principalement, mais c'était toujours entre nous. Je ne me sens plus vraiment le droit de vivre ce genre de choses maintenant. Elles sont faites pour des garçons plus vieux et avec des muscles fermes. Je me renfrogne. Je vais devoir repasser par la puberté.
« Qu'est-ce que c'était que ça ? siffle Bella. »
Dans des moments pareils, je peux voir pourquoi Balthazar aime tellement Bella. Elle devient quasiment serpentesque. Si ce n'était pas impossible, je dirais qu'elle est à moitié basilique. Ou peut-être même quelque chose de plus mortel.
« Bella, tes yeux perdent de nouveau leur couleur brune, dis-je lentement.
— Il. A. Fait. Quoi ?
— Je pleurais et il est entré… Je ne pouvais pas… Je veux dire, je… Qu'est-ce que j'étais supposé… C'est ce satané- »
Je ferme brusquement la bouche. J'ai presque dit « ce satané Seigneur des Ténèbres ».
« Je voulais qu'il le fasse.
— Tu étais vulnérable et il en a profité, dit-elle. »
C'est bien ce qui semble s'être passé. Mais ce n'est pas vraiment…
« Non, Bella ce n'était pas…
— Ne pardonne pas à quelqu'un de si tordu qu'il ait pu faire ça ! crache Bellatrix. »
Elle a pris une voie d'adulte. Elle imite peut-être sa mère ? Si elle comprenait, alors elle ne penserait pas ainsi. C'est mon devoir de sauver le monde, quelle qu'en soit la manière, des actes de Lord Voldemort.
« Tu aimes Tom. Tu l'adores et tu penses que je l'adore aussi, dis-je.
— Je l'adorais ! Maintenant je le hais et je sais que tu es prisonnier de tes délires, je sais que tu ne peux pas le haïr. »
Je regarde le sol.
« Merci, Bellatrix, dit Sev. Il ne m'écoute pas. »
Je suffoque. J'ai besoin de m'évader et j'ai besoin de trouver Sirius. Je suis sûr que je ne remettrais pas trop mon plan en cause si Sirius était mon ami. J'ai physiquement besoin de lui. Et je pense que Remus pourrait bénéficier d'un autre ami. Peut-être que je pourrai même connaître un peu mon père.
« Je t'écoute. Je vous écoute tous les deux. Mais j'ai besoin de temps pour repenser à ce que vous avez dit. »
Je dévale le couloir et regarde par la fenêtre. Il n'y a pas de pleine lune ce soir. Je suppose que je vais devoir attendre jusqu'à demain matin, alors.
