Résumé approximatif des chapitres précédents : Harry Potter a remonté le temps et reprend sa scolarité à Poudlard en première année en compagnie de Tom Jedusor, Severus Snape, Lucius Malfoy, les Maraudeurs et les Mangemorts. Son souhait est d'aider Tom Jedusor à rester humain, cependant Tom l'a rejeté et Harry pense qu'il est impossible de le sauver. Il est décidé à attendre qu'il commette les crimes de la chambre de secrets pour l'empêcher de nuire davantage. En attendant, il s'est lié d'amitié à Sirius Black, avec qui il partage une relation étrange. Il semble se comporter comme un adolescent très immature, mais peut-on lui en vouloir ?
CHAPITRE SEIZE
Joie, et autres choses stupides
« Comment est-ce que tu fais ça ? demande Sirius. »
Je ris de bon cœur et continue à faire des roulades pour descendre la colline. Je cours à nouveau jusqu'au sommet et apparaît à côté de Sirius.
« Qu'est-ce que tu fais ? demande-t-il.
— Je m'amuse. » Je suis essoufflé. « Je suis sûr que tu en as déjà entendu parler ?
— Bien sûr que je– commence-t-il. »
Je saisis sa main et le tire pour lui montrer comment faire une simple roulade.
« Nous avons appris à faire ça pendant les cours de gymnastiques, je raconte. »
C'était l'une des choses les plus agréables à l'école– et en particulier pendant le sport. Il essaye de copier mes mouvements et finit par me donner un coup de pied au visage.
Il est très amusant de voir que mes amis sont incapables de faire des choses aussi moldues. Et maintenant que Bella sait faire des ricochets, j'ai besoin de quelque chose de nouveau à montrer.
Au bout de vingt minutes, nous n'avons pas fait beaucoup de progrès. Je saisis sa main pour l'aider à se remettre sur ses pieds.
« Un jour, tu seras aussi bon que moi.
— Harry ?
— Oui, très cher ?
— Ferme-la.
— Oui, très cher. »
Sirius passe lentement sa main dans les airs. Des bulles et des papillons apparaissent, flottant autour d'elle. Les papillons se posent sur ma peau, l'un d'entre eux voletant avec bravoure jusqu'à mon nez.
« Où est-ce que tu as appris à faire ça ? je demande.
— Fleamont me l'a appris, répond Sirius. Oh, désolé. Le père de James. »
Je touche une bulle pour la faire éclater.
« Pourquoi ? » Cela me fascine.
« Pour impressionner "les dames", fait-il en riant. Mais je lui ai écrit en lui expliquant qu'il n'y avait pas de spectacle plus merveilleux que la courbe de tes joues quand tu es impressionné. Il m'a dit d'essayer ça. »
Je lui souris à travers la fine membrane d'une bulle. Mon nez vient rencontrer l'une d'entre elles.
« J'aime être avec toi, dit-il. »
C'est un très gros euphémisme. Les bulles éclatent et font briller un arc-en-ciel. Je ris avec plaisir.
« Ce sont des sortilèges conçus pour distraire les enfants, dit-il avec un sourire en coin. »
Je repose ma tête contre son épaule. Il sourit et embrasse mon front.
« Tu es mignon, murmure-t-il contre moi. »
— TOM —
Macnair est assis à mes pieds pendant que je caresse Balthazar, il ronchonne. Lucius se détend, assis avec grâce dans un fauteuil, et Lestrange se balance en équilibre sur le bras du fauteuil, à côté de lui.
C'est une chose.
Lestrange est proche de Bellatrix Black, n'est-ce pas ? Ce serait une manière d'approcher Harry. Et son autre compagnon, Severus Snape… il a sûrement une faiblesse. Il y a sans doute plus chez lui que son amertume et ses vieilles affaires. Il doit bien avoir une âme, même si elle appartient à quelqu'un d'autre, tout comme la mienne. Je la trouverai. Je l'exploiterai. Et ensuite, il me conduira à Harry.
Oui, ça c'est un plan.
Macnair joue avec mes lacets. J'écarte brutalement mon pied. Quel garçon stupide. Et dire qu'il pense que je suis tombé amoureux de lui. Il pense qu'il est digne de moi. Un seul l'a jamais été. Un seul le sera jamais. Je ne pourrais jamais m'affaiblir que pour une seule personne, et ce n'est pas lui. Ce ne sera jamais Macnair.
Harry a changé. J'en ai eu la preuve la nuit dernière, quand j'ai surpris un reflet doré alors qu'il montait dans son lit. Un tatouage ! Une marque visible sur sa peau qui en souille la surface et qui colore sa pâleur d'une teinte terrible, quelque chose de détestable pour moi. Je lui ai donné une part de moi-même, et il la rejette, pièce par pièce, avec chacune des caresses qu'il accepte de ce garnement de Gryffondor, et à chaque fois qu'il sourit à cause de l'un d'entre eux.
Il m'efface. Il m'efface de sa vie et je peux le sentir aussi sûrement que je peux prendre des coups, et je veux faire quelque chose de drastique, quelque chose de méchant, mais ça ne ferait que le repousser encore. Il est tellement… innocent.
Je veux briser cette innocence. Je baisse les yeux sur Macnair avec dégoût.
Comment ose-t-il penser qu'il est meilleur qu'Harry ? Comment peut-il tenter de prendre sa place ? Parce que ma place sera toujours avec lui, et ils savent, ils le savent tous, même s'ils ont peur de ce que je pourrais faire s'ils en parlaient.
Le plan B, je peux l'admettre, n'était pas une de mes meilleures idées. Si j'étais capable de faire des erreurs, celle-là en serait une. Mais je n'en fais pas. On dirait que toutes les voies mènent à une personne, et je ne sais pas comment je me sens à ce propos.
— HARRY —
« Je dois parvenir à l'ajuster avec précision, je dis, ou bien il ne volera pas. »
Sirius martèle les deux petites poutres de bois en X tordu.
« Non, ici, je le corrige. Laisse-moi t'aider. »
Je répare son travail et commence à étendre le tissu coloré pendant que Sirius y peint un sourire et –
« Sirius ! je m'exclame.
— Désolé, répond-il sans le penser un seul instant. »
Il transforme le gribouillage en un étrange lapin, et commence à écrire mon nom. Sauf qu'il écrit Harry Black.
« Ne mets pas mon nom comme ça maintenant.
— Trop tard, sourit-il encore. »
Je m'amuse à peindre en bleu le même dessin grivois sur son front, et puis continue à attacher les cordes.
« Est-ce que ça n'irait pas plus vite avec de la magie ? demande-t-il. »
Je refuse de le regarder, lui et la forme bleue sur son front.
« Ce serait le gâcher, je réponds. »
Il sort sa baguette et fait rapidement sécher la peinture.
« C'est gâché ! je crie. »
Il agite son pinceau vers moi. J'essuie les taches noires de mes lunettes et hausse les épaules.
« Comment est-ce que ça vole, demande-t-il. »
Il ne me faut qu'une demi-douzaine de tentatives pour le lui montrer.
« J'essaye ! annonce-t-il. »
Je souris à l'air frivole qu'il a.
« C'est drôle, n'est-ce pas ? »
Une voix nous interrompt soudainement.
« Bonjour. » C'est Tom.
Je me retourne prestement. Quand est-il arrivé là ? Il me regarde, amusé, et essuie nonchalamment son front.
« Hey… »
Il hausse un sourcil. J'attrape Sirius par le bras et récupère notre cerf-volant.
« Viens par là, Sirius, tu as une bite de dessinée sur ton front… »
J'agite un bras, celui qui tient le cerf-volant, à Tom en signe d'au revoir, et nous ramène vers l'intérieur.
