Note
Résumé du chapitre précédent : Harry et Sirius s'amusent tous les deux comme des sales gosses immatures, et Tom se décide à agir pour récupérer Harry. Il comprend que s'entourer de ses Mangemorts ne l'aide pas, cependant.
Note de l'auteur (et pas du traducteur) : J'ai sauté directement à la quatrième année, vers Octobre-Novembre. Désolé de ne pas avoir pu le faire de manière plus éloquente, je sentais juste qu'il n'y avait plus rien à dire sur la troisième année maintenant que j'ai réussi à les mettre ensemble. S'il vous plaît, ne vous attachez pas trop au Sirius/Harry, parce que Tom a besoin d'être sauvé avant la fin de l'année prochaine, si on ne veut pas qu'il perde l'esprit et commence à avoir des idées de génocide. Je suis désolé pour ceux qui aiment les Sirius/Harry, mais j'espère qu'ils sont assez mignons pour atténuer votre peine.
CHAPITRE DIX-SEPT
Il y a un plan quelque part
— HARRY —
« Je l'aime ! s'exclame Bellatrix. » Nous rentrons tout juste d'une longue après-midi passée contre Sirius.
Ou, du moins, c'est ce que moi j'ai fait. Sentir sa main chaude dans la mienne et profiter du fait qu'il est en vie, comme je le fais depuis presque un an. Bella a décidé de se joindre à moi pour la première fois ce soir, ignorant ce que dit sa famille au sujet de son cousin. Ça me rend très fier.
« Est-ce que c'est parce qu'il n'arrive pas à faire des ricochets alors que tu as réussi à en faire six fois ? je demande.
— Non. »
Je ris librement, alors que nous traversons le passage.
« Alors, pourquoi ? je demande.
— J'aime la manière dont tu souris quand il est là, Harry. Tu as l'air tellement heureux avec lui, dit-elle. Tu as toujours l'air si torturé le reste du temps, comme si le monde reposait sur tes épaules et que tu n'étais pas à la hauteur. »
Oui. C'est ça. Je dois apprendre à garder une expression plus neutre la prochaine fois que nous serons ensemble. C'est comme ça que je me suis retrouvé dans cette galère, non ? C'est assez inutile autour de Sirius maintenant, mais personne n'a besoin, non plus, de croire que je m'entraîne à signer Harry Black, ou ce genre de choses. J'ai quand même envie que Sirius y croie.
Je peux le voir respirer aussi souvent que je veux. Ce n'est pas gênant, ou quoi, puisque nous ne sommes pas liés par le sang, et que j'ai à peine eu le temps de penser à lui comme quelqu'un de ma famille avant. J'ai besoin d'être près de lui. J'en avais besoin. Et maintenant, je peux.
« Tu recommences, dit-elle.
— Il me rend heureux. »
Et c'est le cas. Le regarder me rappelle pourquoi ce plan est bon. Et aussi pourquoi je devrais arrêter de faire les choses à moitié et redevenir ami avec Tom, pour le changer. Je n'ai toujours pas réussi, officiellement. Tom devient même boudeur. Cela fait des mois qu'il traîne avec ce garçon (l'un de ses futurs Mangemorts si je ne l'arrête pas) principalement pour me rendre jaloux. Ouais – je ne suis pas aussi idiot. Il pense que je ne sais pas ce qu'il fait. D'une certaine manière, nous sommes plus proches amis que nous ne l'étions avant, principalement parce qu'il me traite enfin comme un ami.
Je ne peux pas m'empêcher de fixer les lèvres de Sirius pour voir l'air glisser entre elles. Chaque fois qu'il surprend mon regard, il m'embrasse, et bien sûr je ne peux pas lui dire que je suis si content qu'il soit seulement en mesure de respirer. Je dois avoir l'air totalement en extase devant lui, pour les personnes qui ne savent pas pourquoi je le fixe ainsi.
On aurait pu penser que l'effet de mode serait passé maintenant, mais non.
« Où est Sev ? je pense.
— Par là, répond Bella. »
Nous nous sourions tous les deux et je lui fais un signe. Il n'aime pas Sirius, même si je l'ai soigné de son habitude d'appeler Sev Snivellus, au moins quand je suis dans le coin. Il ne partage pas l'enthousiasme de Bella sur notre relation. Et encore, aucun d'entre eux ne rivalise avec Bal…
« Hey Severus, j'appelle.
— Est-ce que tu as bu une obscure potion de bonne humeur, Harry ? On dirait que ta mâchoire pourrait tomber, lâche sèchement Severus.
— Oh, ne sois pas comme ça, Sev. On était avec Sirius au bord du lac. Tu devrais venir la prochaine fois.
— Peut-être, dit-il. » Son ton suggère qu'un moldu avec un costume d'entrecôte pourrait avoir plus de chance de vaincre un géant, que lui de passer du temps avec moi et mon… et Sirius.
Je décide de laisser tomber le sujet pour l'instant. Peut-être qu'il viendra. Je dois me retenir de sourire.
« Jouons une partie d'échecs, je lance. »
— O —
Ma tête est posée sur l'épaule de Sirius alors que je joue avec ses cheveux. Je suis assis entre ses jambes, et laisse les miennes étendues devant moi.
« Que sommes-nous ? demande-t-il. »
Merlin, comment est-ce que je réponds à ça ? Et pourquoi maintenant, après un an de compagnonnage trouble, veut-il savoir ? Que sommes-nous ? Je ne sais plus. Je lui tiens la main et l'embrasse. Nous passons de longues heures ensemble, juste assis, à respirer le même air. J'adore parler avec lui. Mais tout cela ne se produit que parce qu'il a été mon parrain, et puis qu'il est mort et que je l'aimais. Et je l'aime maintenant de la même manière parce qu'il est le même, mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Est-ce que je l'aime ou est-ce que je pense que je l'aime parce que je suis si heureux qu'il existe et que je puisse l'aimer ? Ou est-ce j'utilise tout ça comme une excuse pour l'aimer, justement ?
« On n'a pas besoin d'étiquette, je réponds. »
Je ne suis décidément pas amoureux de Sirius Black. C'est juste… je l'aime un peu. Et ce n'est pas un problème, non ? J'ai l'âge d'avoir un premier amour. Mais non… ce n'est pas de l'amour.
« C'est ce que James dit quand il fait la cour à une fille seulement pour la séduire, dit Sirius. »
Je me tourne et le regarde dans les yeux. Je suppose que je devrais lui dire, non ? Lui dire ce que je me cache à moi-même.
« Tu es ma famille, mon amour, et mes espoirs. Tu es tout ce que j'ai pensé ne jamais avoir et certainement plus que ce que je mérite. Je– » Je m'arrête tout juste avant lui déclarer mon amour d'une manière très dérangeante.
Mais pas mon amour.
Il ne pourrait pas comprendre ce que je dirais. Ou peut-être, et c'est ce dont j'ai le plus peur, qu'il pourrait. Il embrasse mon front et je me laisse aller dans son étreinte.
« S'il te plaît, Harry. Je t'aime. Que sommes-nous ? demande-t-il. »
Je dépose un baiser dans son cou.
« Nous sommes ma meilleure chance de faire les choses comme il faut, Sirius. Nous sommes des pièces de l'éternité, je murmure à son oreille. »
Il frissonne contre moi. Je ferais aussi bien de lui dire, mais peut-être qu'éviter d'utiliser les bons mots lui permettrait de comprendre (des mots qui ne veulent pas dire exactement ce que je voudrais, de toute manière). Ça n'a pas tellement de sens. Je pense que c'est parce que je ne dis pas ces mots que je peux décrire ce que je ressens plutôt que de laisser sept petites lettres (et de très imprécises, avec ça) faire tout le boulot pour moi. Il me serre contre son torse et je le tiens aussi fort que je peux. Je pense que je m'en suis bien sorti. C'est difficile à expliquer, même à moi. Je tiens beaucoup à lui. Peut-être plus que n'importe qui devrait se laisser aller à tenir à quelqu'un. La vie a ses ratés. Il est déjà mort une fois. Mais tant que je l'ai aujourd'hui, je pense que j'irais bien. Son souffle qui caresse mon nez me ramène au temps présent.
« Je suis un Serpentard. » Mon rire est un peu bizarre pour couvrir le silence.
Il ne dit rien. Je me tourne dans ses bras pour que je puisse être à cheval sur ses cuisses et le regarde dans les yeux.
« Est-ce que tu es sûr que tu ne me confonds pas avec quelqu'un d'autre ? Peut-être qu'il y a une autre version de moi quelque part, plus séduisante, plus sage, plus intéressante– plus tout, et que tu nous as confondus. Il y a quelqu'un, quelque part, qui te mérite et tu perds ton temps avec moi, dit-il.
— Ne sois pas ridicule. Un autre Sirius Orion Black ? Un autre garçon magnifique, avec un bon cœur, qui serait juste assez grand pour que je puisse glisser ma tête sous son menton, avec de longs cheveux qui s'emmêlent dans le vent pour que je doive les brosser ? Est-ce que quelqu'un d'autre a peint des bites partout sur le cerf-volant que j'avais travaillé si dur à construire, avec un petit sourire fier ? Est-ce que je me suis fait tatouer de manière permanente un vif d'or avec les initiales S.B. sur ma personne pour quelqu'un d'autre ? Hmm ? »
Je l'embrasse.
« Un autre garçon qui sourit quand il surprend mon regard ? Parce que je ne peux pas arrêter de te regarder, Sirius. Chaque fois que je vois ton visage je trouve quelque chose de nouveau à aimer chez toi que je n'avais jamais vu avant. Je ne veux pas arrêter de te regarder, même si je pourrais. Tu es plus que magnifique, je dis.
— Je ne mérite pas cette expression dans ton regard, répond-il calmement. »
Oui, c'est une expression que j'ai tellement de mal à cacher que ça en devient comique. J'ai arrêté d'essayer, vraiment.
« Je ne mérite pas d'avoir quelqu'un d'aussi merveilleux que toi pour penser ces choses à propos de moi. Ou dépendre de moi, complète-t-il. »
Je saisis sa main et le regarde directement dans les yeux.
« Non. Tu es fort et brave et sans toi, je n'aurais rien. Je ne serais rien, je lui dis. »
Il était là quand j'étais sur le point d'abandonner et de me défiler avec Hermione. Je ne parvenais même plus à fonctionner, dans ma propre époque, sans qu'il soit là. Après sa mort. Sirius est mon… il est Sirius. Aucun autre nom que celui d'Hermione n'a jamais eu suffisamment d'importance pour décrire tout ce qu'il y a de bien au monde à lui tout seul.
« Mais je– dit-il. »
Et à cet instant je hais Walburga Black encore plus que jamais. Plus que je pensais la haïr. Je dois le dire. Je dois dire les (on peut admettre qu'ils ne sont pas vraiment de circonstances) mots et gérer plus tard leur signification.
« Je t'aime. Je t'aime de tout mon cœur, et te regarder suffit à créer cette joie qui rend tout mieux et bien et– »
Sirius me fixe, bouche bée et j'initie finalement, finalement un baiser. Je tiens ses mains devant nos visages et je lui demande de me croire avec l'intensité de mes baisers, même si ça doit faire un peu peur d'être aimé à ce point.
Il pose sa tête contre mon torse.
« Est-ce que tu penses, finit par chuchoter Sirius après un moment, que tu pourrais dire ce genre de chose à James ? »
Je ris et l'embrasse et lui chuchote que je l'aime jusqu'à ce que ça sonne comme une phrase toute faite, et lui promets de dire à tout le monde qu'il est à moi.
— TOM —
« Regarde-les donc marcher ensemble et complètement ignorer le reste du monde. Je n'ai jamais voulu être aussi englué avec quelqu'un d'autre, au point d'oublier qui je suis. »
Macnair arrête de marcher pendant un moment avant de me rattraper.
« Est-ce que ça te dérange ? je demande rudement.
— Non, bien sûr que non. Je… je suis heureux d'être à tes côtés, dit-il. »
Menteur. Personne dans cette école n'est doué pour contrôler ses émotions. Pas une seule personne. Moi, cependant, je suis très doué pour garder mes sentiments à l'intérieur. Personne n'a remarqué combien je voulais blesser ce stupide garçon sans valeur dont Harry est si enamouré. Je veux que Harry redevienne le paillasson aux yeux brillants qu'il était en première année. Mais ce n'est pas vraiment ce que je veux. Et je prétends juste que c'est le cas parce que c'est plus simple. Harry n'est pas bon pour ça. Il n'essaye même pas. Toute l'école déborde de cet amour qu'il a pour le gamin de Gryffondor. C'est à en avoir la nausée. La température de la pièce augmente à chaque. putain. de. fois. qu'ils. sont. ensembles. Harry regarde Black comme s'il l'avait déjà perdu avant, et ferait n'importe quoi pour éviter que ça se produise à nouveau. La fureur fait se courber mes doigts alors que Harry lui sourit. Je serre les poings tout en renâclant.
« Tom, ton sac, fait doucement Lucius. »
Je baisse les yeux vers l'encre sur mes mains. Voilà qui est brillant ! L'encre coule de mes mains jusque sur mes robes. Macnair, au moins, en sait assez pour se faire tout petit.
« Je pense, tente Lucius, que tu devrais essayer de lui reparler. Peut-être pour arrêter ce… ce truc avec–
— Et je pense que tu devrais arrêter de parler, Lucius. Je pense qu'il va falloir que je lave cette encre de tout ce que je possède avant de pouvoir aller en cours. Et je pense que Rodolphus devrait se dépêcher pour cette histoire avec Bellatrix Black, pas toi ? je réponds durement. »
Je tourne les talons sans ajouter un autre mot.
— O —
« Tu n'es pas venu en cours, dit Harry.
— C'est important pour toi ? je demande. »
Je me force pour que ma voix ait l'air ennuyée et sèche. Détachée. Harry ne cligne pas des yeux.
« Ça ne marche pas sur moi, Tom. J'ai inventé le "prétendre que ce n'est pas important". Je sais que tu t'es fait cette image dont tu penses avoir besoin, mais il n'y a personne ici maintenant. Juste moi. C'est toujours moi, non ? Je te pardonne, Tom, dit-il. »
Oui, ça a toujours été toi.
J'acquiesce de la même manière que lorsque je fais face à Nott. Son sourire est sombre.
« Personne ici à part moi, Tom, répète-t-il. » Juste avant qu'il ne soit trop loin pour que je puisse l'entendre, il ajoute : « Mais tu le sais déjà. C'est juste que tu t'en moques. »
