Note : Il m'aura fallu un peu de temps, mais la bêta est enfin complète sur les 17 précédents chapitres, et la publication va reprendre un cours plus normale d'un chapitre par semaine.
Résumé du chapitre précédent : Harry traîne de plus en plus avec son petit ami, Sirius Black, qui s'est fait apprécier de Bella mais pas de Sev. Sirius déclare ouvertement son amour à Harry et lui demande de lui rendre le geste, ce que Harry peine à faire. Évidemment, Tom est jaloux de la situation, mais il est quand même parvenu à se rapprocher de Harry quand ses Mangemorts ne sont pas auprès de lui.
CHAPITRE DIX-HUIT
Le garnement de Gryffondor
— TOM —
« Balthazar, je ne t'ai pas vu souvent avec Harry, ces derniers temps.
— Sirius est mal à l'aise quand je suis avec eux, et je n'ai pas envie de les déranger quand ils sont ensemble, répond le serpent. »
Tout le monde semble aimer le garnement de Gryffondor, quand bien même lui et ses amis n'apportent rien d'autre que des ennuis !
« Qu'est-ce qu'il a de plus que moi ? je demande, presque à moi-même. »
La plupart des personnes pensent que j'apporte des ennuis aussi. Est-ce que c'est parce que Harry ne croit pas que je sois dangereux qu'il ne fait pas attention à ce que j'attends de lui ?
Je comprends pourquoi Harry chuchote à Balthazar en plein milieu de la nuit. C'est agréable d'avoir quelqu'un auprès de qui je peux me défouler de toutes ces choses que je souhaiterais pouvoir dire à voix haute. Je pense qu'il est le seul en qui je puisse avoir confiance pour ne rien révéler à personne, pas même à Harry. Harry peut être suffisamment intelligent pour faire des suppositions, mais Balthazar garde bien mes secrets. Le plus exaspérant reste que Harry est le plus important d'entre eux.
« Sirius Black a bon cœur. Harry tient profondément à lui, et moi aussi, dit-il.
— Et moi non ? je demande avec indignation.
— Il ne sera jamais mêlé aux même problèmes que toi, répond-il.
— Comment oses-tu– Il faut que je découvre qui sont mes vrais parents. Je crois que j'ai finalement épuisé le nom de Jedusor… J'ai besoin de – de trouver ma place, je réponds. »
Comprends-moi.
« Attends encore un an avant de prendre ta décision, Tom. Tu finiras par découvrir que ta place est à Poudlard. Tu es à Serpentard. Tu es avec Harry. Ça devrait être suffisant pour toi, dit Balthazar. »
Je hoche la tête, tout en songeant à ses paroles.
« Je suis avec Harry ? Mais… je commence.
— Vous étiez amis avant. Tu as laissé un garçon se mettre en travers de tes plans. À Noël, tu devras lui dire ce que tu ressens. Je vais travailler auprès de Harry, dit-il. »
Choisis un camp.
Lui dire ce que je ressens ? Je ne suis pas une fille. Je ne me pavane pas en exposant mon cœur au monde. Juste à… Je n'ai qu'un cœur, et je ne le garde sûrement pas dans ce qui me sert de poitrine. Ce que Balthazar demande, c'est beaucoup trop. C'est trop dur.
« Le garnem– je commence à dire.
— Sirius va rentrer pour les vacances avec… le cousin d'Harry. Harry a été anéanti toute la semaine, tu n'as rien remarqué ? il demande. »
Je n'ai rien remarqué ? Je ne crois pas, puisque j'ai passé tout ce temps à me plaindre du bonheur de tous et à ruiner continuellement mon sac. Rien qu'hier, j'ai arraché la bretelle deux fois. Qu'est-ce que j'ai remarqué ? Macnair. Il a passé pas mal de temps à gémir que je ne le touchais pas assez. C'est parce que je n'ai définitivement aucun désir de le toucher, même par hasard, et que sa seule utilité est de rendre Harry jaloux. Ce qui se passe évidemment très bien.
J'ai remarqué que Lucius avait proposé de me trouver un sac en titane, et j'ai remarqué que je lui avais envoyé un maléfice. J'ai remarqué mes devoirs et mes professeurs. J'ai agi comme s'il était parti et mort, plutôt que comme s'il avait préféré un lion à mon amitié. Amitié. Mais le pire, c'est qu'il m'a déjà pardonné. Je n'arrive pas à le croire. Harry a été suspicieusement gentil avec moi. Il parle avec moi, mange avec moi, il n'agit pas comme si j'étais un quelconque Poufsouffle de première année sans importance qui ne mérite même pas d'avoir un prénom, mais il est toujours trop distant. Il m'appelle Tom sans hésiter. Il fait cette chose quand il se penche contre mon épaule quand il étudie. Mais ce n'est pas le problème, n'est-ce pas ? Le problème, ce n'est pas tout ce qu'il fait, ou ce qu'il ne fait pas, mais plutôt le fait que ce soit devenu si important pour moi.
Je suis une épave. Un atout pour la cause. Je suis certain d'être le leader que cherchait Lucius. Mais qui voudrait d'une loque émotionnelle pour leader ?
« Je n'ai pas remarqué, j'admets.
— Bien sûr que non. Ça me rendrait la vie tellement plus facile ! » Balthazar siffle de manière tragique.
« Bal ? Bal ? appelle Harry.
— L'est en avance, remarque Bal.
— Il vient d'où ? Où dois-je aller ? je demande. »
Je panique dans ma tête. Si tout se met en place trop rapidement, il refusera sa place à mes côtés. Et alors, que me restera-t-il à faire ? Dans chacun de mes plans pour après Poudlard, je l'ai pensé à mes côtés. Macnair boude d'habitude quand j'en parle – je ferais aussi bien de l'abandonner dans un sac lesté dans le Lac Noir – et Lucius a un sourire triomphant quand je démonte le plan tout à coup et prétend qu'il est prévu pour quelqu'un d'autre.
Je suis en train de perdre le contrôle. Le mur que j'ai construit avec attention depuis que j'ai 6 ou 7 ans s'effondre pathétiquement.
« Tu es dans ma chambre, n'est-ce pas ? demande-t-il.
— Oui, mais– je commence. »
Harry déteste être seul avec moi. Mais je ne pense pas pouvoir me débrouiller seul avec lui après une conversation avec Balthazar parce que j'abaisse trop de barrières, je compromets beaucoup trop de plans.
« Tu es là, Bal. Sirius te dit au revoir et– Tom, qu'est-ce que tu fais ? demande Harry. »
Je me mords la lèvre en prenant une mine sévère et hoche la tête.
« Rien. »
Je dois rester sévère. Stoïque. Imperturbable.
« Euh… et Bellatrix t'a donné cette boîte de souris, continue-t-il. »
Espèce de débile fini !
« Severus est juste dehors, mais je suis venu te les donner, dit-il. »
Comment est-ce que je faisais avant, quand c'était être imperturbable qui ne demandait aucun effort, et arrêter qui était difficile ?
« Pourquoi est-ce que tu m'ignores ? je demande. »
Presque. Il hausse un sourcil vers moi.
« Je veux dire, ne m'ignore pas. Je ne passerais pas inaperçu. »
Mieux.
« Tu n'as personne d'autre à embêter ? demande-t-il. Ou bien des animaux à torturer, ou des trucs dans le genre ? »
Je savais que je ne pouvais pas croire qu'il m'avait pardonné. Inconstant. Il est inconstant. Je devrais endurcir mon cœur. Je devrais–
« Qu'est-ce qui est arrivé à accepter mes excuses ? je demande. »
Il faut que ce soit carrément évident qu'il me manque. Que je pense qu'il–
Il s'arrête.
« Je ne suis plus certain que ce soit une si bonne idée. La dernière fois qu'on en a parlé, tu m'as rejeté et puis tu m'as ignoré pendant des semaines.
— Ça… ça ne se reproduira pas, je dis. Jamais. »
Je ne t'ignorerais plus comme ça.
« Bien. Je pense que Sirius pourrait avoir un problème avec ça, dit Harry. »
Donc, son nom est Sirius. Je l'ai entendu avant, mais il ne s'était jamais vraiment enregistré avant que j'entende sa voix se faire plus douce, (douce !) quand il a dit ce truc stupide. Je vais apprendre tout ce que je peux sur lui, et je vais…
« Je te pardonnerais quand tu pourras me regarder, et me voir. Pas quand tu auras des plans psycho pour notre futur en tant que grand seigneur. Juste moi, dit-il.
— Tu avais dit que tu m'avais déjà pardonné, je continue. »
Pathétique.
Je fais de mon mieux pour essayer d'ignorer qu'il vient juste de me traiter de psychopathe.
« Tu as raison, mais je…
— Harry, Severus nous attends, intervient Balthazar. »
Harry s'en va prestement, et s'excuse haut et fort. Je retombe sur le lit.
« Merci, Balthazar, je dis rapidement. »
Il me regarde, et quand il parle, il y a bien trop de pitié dans ses sifflements. « Ce n'était pas pour toi. »
