Résumé du chapitre précédent : Après avoir envoyé des lettres à Sirius pour essayer d'avoir plus de conseils, Harry fait le choix de pardonner à Tom Jedusor.


CHAPITRE VINGT

Oh, Harry


— HARRY —

« C'est idiot. Je ne t'avais encore jamais vu agir autant comme un Gryffondor. C'est son influence, chuchote Severus à mon oreille alors que nous prenons place pour la fête de Noël. »

C'est peut-être davantage dû au fait que Severus, Tom, Balthazar et moi sommes tous réunis ensemble, qu'à une quelconque idiotie de ma part, que je feigne d'être blessé et essaye de camoufler mon rire quand Tom nous regarde avec amusement.

Severus, cependant, n'est pas amusé le moins du monde par le fait que j'ai pardonné Tom. Il se méfie plus que jamais de Bal, parce qu'il sait que Tom lui parle, et que Bal a joué un rôle dans… eh bien, dans tout ça.

« Tu as encore moins de cervelle qu'une fée, j'espère que tu es au courant, dit Severus. »

Je lève les yeux.

« Il le sait, répond Tom. »

Severus fronce les sourcils, et je concentre mon attention un peu plus que nécessaire à faire craquer les papillotes de noël en face de moi. Tom est à nouveau mon ami parce que je ne suis pas un assassin, pas parce que je veux le connaître. Je… je ne tiens pas à lui. Je ne tiens pas à lui ! Je ne devrais pas savoir qu'il est en train de plaisanter, à la manière dont se lèvent ses sourcils. Il ne faisait même pas de blagues avant. Quand est-ce que c'est arrivé ? Quand est-ce que ma vie a cessée d'avoir du sens ? Et quand est-ce que ça m'est arrivé à moi aussi ?

On dirait que tu es à moitié amoureux de lui, Harry.

Je secoue la tête.

« Bellatrix va te tuer, en ensuite, elle laissera des Veaudelune danser sur ta tombe, dit Sev. »

Je mange un morceau de dinde avec enthousiasme.

« Joyeux noël, je m'écrie à une Poufsouffle qui est avec nous. »

Elle me sourit.

Il est mauvais.

« J'ai trouvé un livre sur les coutumes du monde magique, dit Tom. Des fêtes comme celle de noël ont été mises en avant pour que les sang-de-bourbe soient plus à l'aise. Je pense– pourquoi est-ce que tu me fixe comme ça, Harrison ? »

Bellatrix va probablement être furieuse. Mais c'est bon, c'est bon. Je ne prends plus ces décisions pour moi maintenant. Je suis en train de sauver le monde. Je soupire. Comme c'est noble de ma part.

« Harry ? demande Tom.

— Je vais bien, je grommelle.

— Je pourrais juste me joindre à eux– Ow ! s'écrie Severus.

— Il n'est pas venimeux, je préviens rapidement. »

Bal a enroulé sa queue autour de ma main. Tom a l'air confus, et Severus semble être sur le point de lui défoncer le crâne. Mais ce n'est pas comme s'il pouvait. Bal est grand, et lourd, et rapide.

« Il est d'accord avec moi. Ne soit pas rancunier, je dis. »

Quelqu'un qui connaîtrait toute l'histoire, comme c'est le cas pour Bal, serait d'accord pour dire que j'ai fait le bon choix. Je fais ce qui est sage, je suis le héros et le monde attend que j'incarne ce rôle.

« C'est parce que Jedusor lui a lavé le cerveau– ow, Balthazar, arrêtes ça ! s'écrie Sev. »

Il sent qu'il est en train de perdre, et quitte rapidement la table.

« Ne mords pas mes amis, je préviens.

— Mais il a dit– se défend Bal.

— Je sais que Tom ne t'a rien fait. Il ne sait même pas comment te laver le cerveau. » Je lui jette un coup d'œil rapide. « Enfin, je crois.

— Je n'utiliserais jamais de telles méthodes contre toi, intervient Tom. »

Il n'a pas démenti. Est-ce que j'ai été manipulé ? Il pourrait savoir comment– oh. Il devait parler du sortilège de l'Imperium, ou peut-être… je pense à Macnair, peut-être que son horrible tactique pour s'excuser marche sur d'autres personnes. Je vois rouge pendant un moment et je serre les dents.

Je suis légèrement d'accord avec ce qu'il prétend, puisque je semble l'avoir… domestiqué un peu. Peut-être ? Ou peut-être qu'il m'a corrompu jusqu'au point où ce n'est plus important pour moi. Je ne sais plus.

Au moins, Macnair est rentré chez lui pour Noël.

« Tu n'as rien démenti, Tom, je dis. »

Pourquoi est-ce que je veux savoir ?

« Je n'ai pas besoin de te "laver le cerveau", Harry. C'est un concept moldu. Mon idée est davantage d'obtenir ce que je veux sans aide, répond-il. »

J'ai un petit sursaut, mais je garde une expression neutre. Il y a toujours cette histoire de destin qui peut me faire tuer. Sirius va littéralement se transformer en chien, bien qu'il n'en soit probablement pas encore capable, et il va me manger. Je souhaiterais que le destin m'ait rendu la tâche un peu plus facile. Juste un peu. Comme, peut-être, rendre mon propre démon un peu moins agréable. Ou encore plus agréable. En ce moment, c'est comme s'il n'arrive pas à se décider sur sa personnalité.

« Harry ne souhaiterait certainement rien changer, dit Bal. »

Traître.

« Balthazar ! Tu n'aurais pas des souris à tuer, ou quelque chose comme ça ? je demande. »

Les lèvres de Tom se soulèvent, et c'est presque un sourire, le plus proche d'un sourire que j'aie pu voir chez lui. C'est tellement étrange. Honnêtement, c'est le truc le plus étrange que je l'aie vu faire.

« Non, Balthazar allait me raconter une histoire, dit Tom.

— Alors ça, certainement pas ! je m'écrie. »

Tom plisse les yeux.

« Oh si, il va le faire, siffle-t-il entre ses dents serrées. »

J'abandonne en m'en retourne à le supplier du regard. Je regarde Bal avec une moue pitoyable et espère silencieusement qu'il changera de sujet. Je ne peux pas vraiment parler à qui que ce soit de ma mission, ou même que j'ai découvert qu'un meurtrier génocidaire avait un cœur, en quelque sorte. Balthazar s'éloigne en ondulant, tout en sifflant à propos de souris. S'il avait été humain, il serait en train de siffloter. Tom se tourne vers moi.

« Dis-moi ! ordonne-t-il. »

Il essaye de m'intimider avec son air furieux, et ça marcherait probablement sur quelqu'un d'autre, mais j'y suis trop habitué. Je lui rends son regard avec défi.

« Tu me donnes à nouveau des ordres, Tom ? Mais je ne travaille pas pour toi.

— Tu ne pourras pas te cacher éternellement. Tu es un très mauvais menteur, et tout le monde finit par parler, dit Tom. »

— O —

« Euh, alors, comment ça s'est passé ? Est-ce que tu as eu plein de cadeau ? je demande à Bellatrix. »

J'essaye de ne pas penser que, comme chaque année depuis que je suis arrivé ici, je ne reçois aucun pull des Weasley.

« C'était bien, oui. Et tu me manquais, mais maintenant tu peux aller mourir, lâche-t-elle.

— Euh… Bella ? j'essaye. »

Ses yeux sont immenses, beaucoup plus grands qu'avant. Elle a l'air tellement en colère que je ne peux pas m'empêcher de trébucher alors que je m'éloigne encore plus.

« Tu vas vraiment me manquer, soupire-t-elle. »

Je frappe le mur. Au début, je croyais qu'elle plaisantait, mais il y a quelque chose de la folie que j'ai vu dans son double du futur. Elle est terrifiante, même si elle est encore si petite. Ses cheveux bouclés volent devant son visage d'une manière qui ne me rappelle que trop bien les lions que j'ai pu voir un jour au zoo.

« Bella ? je crie.

— C'est vraiment une honte, dit-elle. »

Je grimace alors qu'elle s'approche de moi.

« Mais je vais vraiment devoir laisser les Veaudelune danser sur ta tombe, dit-elle tout en me battant avec son petit sac. »

Cette phrase familière calme mes nerfs et me ramène au présent– au passé ?

« Ça fait mal, Bellatrix ! je ris.

— Bien, dit-elle. Peut-être que ça t'aidera à reprendre tes esprits. »

Severus se pousse du mur où il était resté adossé tout du long. Sirius recroise ses bras, et reste assis sur le sol.

« Bella, je pense qu'il a compris maintenant, dit Sev avec paresse. »

Elle laisse sa valise tomber au sol et me serre dans ses bras.

« Tu allais la laisser me tuer, je dis. N'es-tu pas mon meilleur ami ? Et toi ! Je ne t'ai pas vu l'arrêter. »

Sirius hausse les épaules.

« Tu n'avais qu'à pas t'installer à côté d'elle dans le train, dit-il.

— Tom est moins terrible, maintenant, je dis.

— Si tu le dis, fait Bella d'une voix qui suggère qu'elle pourrait être en train d'aiguiser ses couteaux derrière son dos.

— Je vais aider Bella à ranger sa malle. Essayez de ne pas vous conduire de manière plus stupide quand nous serons partis, dit Severus. »

Je me conduis comme l'adulte que je suis supposé être, même si je suis le seul à le savoir, et de manière très mature, je tire la langue lorsqu'ils nous tournent le dos.

« Tu la laisserai me battre à mort avec sa valise ? je demande. »

Sirius me jette un regard comme s'il était en train de le considérer.

« Je le ferai moi-même, répond-il. »

Je le fixe. Est-ce que j'ai fait quelque chose de mal ? Et puis je me souviens que Sirius pouvait s'énerver pour des choses qui n'avaient pas d'importance. Il sait qu'on a que 14 ans et que je ne suis pas vraiment amoureux de lui, non ? Je n'aime… personne. Personne. Il avait TORT. Je repense à ma vie précédente (future ?). Ginny ignorait qu'elle ne penserait pas toujours que je serais tout pour elle. Eh bien merde. Je souris, cette phrase me rappelant Ron.

Et puis je me souviens que je suis actuellement face à un problème avec mon… Sirius, et sourire au mauvais moment pourrait rendre tout ça tellement moche.

« Tu n'as jamais répondu à ma lettre, dit Sirius. »

Je n'ai jamais fini de la lire, pour être totalement honnête. Est-ce que j'ai manqué quelque chose ? On dirait que c'était important.

« Je suis désolé, j'étais… je commence.

— Tu étais occupé à faire copain copain avec ce serpent, je sais. Bellatrix m'a dit. Mais il y a autre chose à propos de lui. Tout le monde pense qu'il est tellement charmant, magnifique… Il n'est pas bien, dit-il.

— Tu es jaloux, je dis, les yeux écarquillés. »

Ça se passe mal. Il ne devrait pas voir que Tom est beaucoup moins sain qu'il ne le paraît. Il se met bien en scène quand il est avec moi et redouble encore d'efforts pour les professeurs, mais si je ne fais pas quelque chose rapidement, il n'y aura pas que Sirius et Dumbledore pour voir les petits bouts de Voldy qui ressortent. Est-ce que Tom a fait quelque chose pour montrer explicitement qu'il n'était pas totalement du côté de la Lumière ? Je repense aux souvenirs de la pensine. Il n'a tué personne encore. Il sait si peu de choses sur le nom des Gaunt, mais il ne va pas tarder à les retrouver. Pas d'Horcruxes. Pas de futurs Mangemorts, mais il pourrait réunir ses forces s'il le voulait.

Sirius se moque doucement. « Qu'a-t-il dont je pourrais être jaloux ? »

Le charme ? Le charisme ? Le pouvoir ?

Je sais que ma réponse va déterminer si Sirius va exploser ou bien se calmer. Je soupire. La seule raison pour laquelle je suis dans ce pétrin, c'est parce que j'ai voulu le garder près de moi pour que je ne perde pas tout ce que j'avais avant. Un petit rappel, pour moi-même, que ce que je fais est bien. C'est le meilleur choix parce que personne ne va mourir, personne d'innocent, du moins. Je ne peux pas rester auprès de mon père ou de ma mère à cause de ce qu'ils sont pour moi, et des effets que ça pourrait avoir sur l'avenir, mais je peux avoir Sirius si je le veux, et je le veux. Je ne peux pas perdre tout le monde. Mais c'est tellement dur d'essayer de concilier les deux personnes que je suis le Harry de Serpentard, et le Harry de Gryffondor sont très différents. J'ai haï ces personnes qui sont maintenant mes plus proches amis. Bellatrix peut penser comme les sangs-purs traditionalistes, mais je l'adore et je suis content qu'elle fasse partie de ma seconde vie. Tom est tout ce contre quoi je me suis battu pendant ma première vie, mais je me sens perdu sans ses petits rictus et sa frustration constante. Bien des choses ont changé depuis la dernière fois. Tom est comme une version plus intelligente et plus attirante de Malfoy (ce n'est pas pour insulter l'un d'entre eux, c'est juste– avez-vous vu Tom ?) et je ne peux pas m'empêcher de me demander si, est-ce que si j'avais accepté la main tendue de Malfoy en première année, est-ce que je serais tombé dans ce rôle que j'ai maintenant ?

Je ne leur aurais jamais parlé avant, à aucun d'entre eux. Je ne me serais même pas parlé à moi-même. Je souris à ceci. Je devais faire tellement d'efforts pour me sentir aussi heureux avant. Mais maintenant… pas de Dursley, pas d'Ombrage, pas de danger constant, et de personnes pour décider de qui je suis avant même qu'ils ne me connaissent ? Enfin, la plupart des personnes. J'aime être ici.

« Harry ? appelle Sirius. »

Je réalise que je ne lui ai pas répondu. Il attend que je dise quelque chose. J'espérais qu'il continuerait à parler et qu'il ne se rende pas compte que j'avais bugué.

Je ne peux pas choisir mon camp entre sauver le monde et mon propre bonheur. Je garderai les deux pour aussi longtemps que je le pourrais, et quand on y sera…

« Sirius… »

Il grimace, il me comprend.

Je veux être certain que plus personne ne sera abandonné à cause de qui sont leurs parents, plus jamais. Ce n'est pas juste pour Sirius, mais il est la meilleure manière de le faire.

« Tu penses qu'il a quelque chose que je n'ai pas ? il demande, sa voix ayant des intonations dangereuses. »

Je rame un peu pendant une seconde. J'entends des pas approcher, et je me retourne, content à l'idée que Bella et Sev reviennent.

« Tom. » Je le dis de la manière dont je suis supposé le dire.

Il a beaucoup de règle. Oh, pardon, de requêtes.

« T'enfuir ne suffira pas à m'empêcher de découvrir ce que je veux savoir, dit-il. »

J'arrête d'essayer de paraître heureux de le voir, et le fixe presque aussi durement que Sirius le fait.

« Je ne te dirai rien, Tom. Je me moque que tu veuilles savoir. C'est entre Bal et moi. Un secret. » J'accentue tellement ce dernier mot que Tom me renvoie un regard méchant.

« Est-ce que Balthazar savait que c'était un secret ? demande Tom. »

Non ! Il ne dirait jamais rien à personne. Bal sait que ce que je lui ai dit pourrait condamner tout le monde s'il en parlait à la mauvaise personne. Et Tom est la mauvaise personne. C'est la pire personne à qui dire quoi que ce soit.

« Il ne te le dirait jamais, Tom. Il ne ma jamais lâché le moindre de tes secrets, et pourtant j'ai essayé. Ne joue pas au plus malin. »

Oups. Je viens juste d'admettre que je veux savoir ces choses qui le tiennent éveillé toute la nuit. Il a un sourire en coin et se penche vers moi.

« Fais attention, Harry. Je ne suis pas quelqu'un de patient, menace-t-il. »

Je le fusille du regard à nouveau, et je me demande si je connais un sortilège informulé pour mettre le feu à ses cheveux.

« J'étais en train de parler à Balthazar, le serpent avec qui tu t'es lié, et qui partage tes rêves ? C'était assez divertissant, dit Tom.

Thomas, je siffle pour le prévenir, quand je me rends compte que Sirius est encore là. »

Je catalogue mentalement tout ce dont je peux me souvenir avoir dit à Balthazar en deux catégories : LES PIRES TRUCS QU'IL PUISSE SAVOIR et CATASTROPHES MINEURS. Je pense que je peux gérer quelque chose comme une Catastrophe Mineure. À l'exception peut-être de ce rêve.

« De quoi est-ce qu'il parle, Harry ? Qu'est-ce qu'il veut savoir de tes rêves ? demande Sirius. »

Je marche rapidement sur le pied de Tom. Son expression change avec une telle férocité qu'ils me rappellent son regard dément pendant son duel contre Dumbledore. Il est très en colère. Je ne lui ai pas fait mal, mais j'ai eu les nerfs d'essayer en public. Pour éviter d'avoir à montrer cette faiblesse que je sens, je presse plus fort sur son pied.

« Ce n'est rien, je dis. »

Je peux dire qu'il ne me croit pas. Il tourne les talons et s'éloigne vers la Tour de Gryffondor sans un mot de plus. Il ne se retourne pas. Une fois qu'il est parti, je semble prendre conscience de ce que je viens de faire.

« Éloigne-toi de moi, m'ordonne Tom. »

Je lève mon pied, et fait quelques pas en arrière. Je ne suis pas vraiment tenté par la perspective de devoir affronter sa rage seul dans un couloir désert. Je préférerais de loin faire face au chien à trois têtes d'Hagrid, tous les jours. Au moins, Fluffy peut être calmé. Et il avait une laisse.

« Qu'est-ce que c'était ? demande-t-il.

— Je… est-ce que tu essaie de faire en sorte que Sirius me haïsse ? »

Ce n'est pas vraiment une bonne question, puisque je sais déjà qu'il le fait. Il ne me répond pas, mais de toute manière il ne répond jamais à mes questions avant que je ne réponde aux siennes.

« Pourquoi est-ce que tu ne peux pas laisser tomber ? Je ne veux pas que tu sache, Tom. Est-ce que c'est si important de savoir pourquoi je n'aurais pas besoin qu'on me lave le cerveau ? Sev n'était pas sérieux, je blaguais, et Bal a mal compris, je dis. »

— Harrison, soupire Tom. Obéis-moi juste pour une chose. On est homogène. Parfait. Une fois que tu seras meilleur en potions, nous serons les deux meilleurs. Nous sommes un duo puissant. Des leaders ne peuvent pas se contredire devant ceux qu'ils dirigent.

— On a 14 ans, Tom ! Nous sommes les leaders de rien du tout. On ne peut même pas encore être préfets !

— Pas encore, Harry. Pas encore. Est-ce que tu ignore à quel point il faut travailler pour obtenir la première place ? Et après Poudlard on obtiendra un poste important au Ministère. On pourra changer ce qui a besoin de l'être, dit Tom.

— Qu'est-ce que ça a à voir avec mon… de Sirius ? Ne parle pas de trucs pareils en face de lui. »

S'il te plaît, s'il te plaît ne me demande pas d'être un bébé Mangemort. Je ne peux pas. Je sais que je ne peux pas.

« Tu ne peux même pas le dire, pas vrai ? Ton petit ami, complète Tom. »

Il fait quelques pas vers moi trop rapidement, et place un long doigt fin sur mon nez, de manière étrangement similaire à ce qu'avait fait Voldemort au cimetière. Mes genoux sont entre les siens. Je cligne des yeux et essaye de me reculer. C'est gênant.

« Comment veux-tu revendiquer, si tu ne le dis même pas ? Est-ce que tu essaie de cacher quelque chose ? demande-t-il.

— Ne refais plus jamais ça.

— Je n'accepte pas de recevoir des ordres de ta part, dit-il.

— D'accord… Est-ce que tu voudrais bien ne plus toucher mon nez ? Mes lunettes tombent. »

De son autre main, il retire mes lunettes, et les glisse dans sa poche.

« Mieux ? demande-t-il.

— Non, Tom, je ne peux rien voir, et je vais finir par tomber, je dis. »

Il presse une main au centre de mon torse, et me force à reculer jusqu'à ce que je rencontre le mur, et puis il lance un sort, tout ça sans que sa main ne quitte mon visage. Mon regard se fait flou avant de se refaire net. Je fronce les sourcils quand je réalise que je peux voir alors même que mes lunettes brillent encore dans la poche de Tom.

« Comment as-tu fait ça ? je demande.

— Tu devrais vraiment dire merci plus souvent. »

Oui, se presse toujours contre mon nez, tout son corps étant beaucoup trop proche.

« Merci, je crache. »

Il me relâche enfin. Je ne suis, malheureusement, pas aussi peu affecté que je le voudrais.

« Est-ce que ça t'arrive parfois de lire un livre en dehors des lectures obligatoires ? demande-t-il.

— Je ne te répondrai pas. »

Je tourne les talons et m'en vais pour retrouver Sev et Bella. Il me faut quelques instants pour que je me rappelle pourquoi c'est aussi drôle. J'ai l'image de Tom dans la tête, à la place d'Hermione, avec ses mains sur ses hanches, et je ris tellement fort que j'en ai les yeux qui pleurent.


Note du traducteur : Ah ! On commence enfin à vraiment entrer dans l'histoire ! J'avais l'impression que ça traînait beaucoup jusqu'à maintenant...