Résumé du chapitre précédent : Harry et Tom se rapprochent… Ou du moins, Tom se rapproche d'Harry sans son consentement. Harry doit faire face au rejet de Severus, qui ne lui pardonne pas de prendre le partie de ceux qui le tyrannisent à Poudlard, alors même qu'Harry est pieds et poings liés par le poids du future. Harry découvre que Tom peut être un bon professeur.
CHAPITRE VINGT-TROIS
C'est noté, merci !
— HARRY —
Après quelques semaines à suivre les instructions de Tom, je pense que j'en sais probablement plus que le manuel de Potions. Le professeur Slughorn a été immédiatement impressionnée par mes efforts.
« Où est-ce que tout ça était caché jusqu'à maintenant, Potter, hein ? avait-il plaisanté.
— Tom Jedusor est un excellent professeur, monsieur. Sans lui, je ne saurais pas grand-chose, j'avais répondu. »
C'en est arrivé au point où j'étais l'un des meilleurs étudiants en Potions, juste derrière Severus et Tom. Je m'en tirais déjà beaucoup mieux que la première fois, cependant, mais les Potions n'ont jamais vraiment été mon truc. Je suis premier dans presque tout le reste, puisque je l'ai déjà fait, mais ma mère est toujours la meilleure en sortilèges, et Tom est un peu (d'accord, beaucoup) meilleur que moi dans tout, sauf en Défense contre les Forces du Mal. Et Tom reste impressionnant en DCFM.
Je suis allongé sur le ventre, le visage contre le lit, je ne sais pas à qui il est et je m'en moque, c'est juste pour me détendre pour la première fois depuis une éternité.
Ça a été chargé, entre les classes, l'aide au devoir de Tom, et son insistance pour rencontrer toutes les personnes "importantes" à l'école. Je suis épuisé.
« Tu devrais te lever, dit Tom.
— Pour qu'on puisse étudier encore un peu plus ? Ou peut-être que tu aimerais me présenter à encore d'autres "contacts utiles". Ils ne seront pas impressionnés si je perds mes jambes, et perd connaissances, et MEURT. »
Tom a un petit rire.
« Ils seront utiles. Ils viennent de familles qui ont de l'influence. Il faut commencer tôt, ou bien ils remarqueront que tu ne leur parle que pour leurs relations, réplique Tom. »
Je pousse un long soupir, et me retourne sur mon dos.
« Je suis désolé, mais, est-ce que tu as quatorze ans, ou bien est-ce que tu en as vingt ? je demande. »
Je déteste quand il parle du futur comme ça. Je ne sais pas pourquoi, j'ai juste du mal à y faire face. Ma colonne vertébrale se met à me piquer quand il poursuit sur notre objectif, notre futur, notre plan. Ensemble. Je ne sais pas comment je dois me sentir à propos de tout ça. Non, je sais exactement ce que je ressens. J'espère toujours que je me trompe.
« Il faut que tu apprennes à parler comme si tu venais de quelque chose. Le Professeur Slughorn t'a invité à sa prochaine fête. Grâce à tes récentes réussites et tes relations. Ces choses que tu détestes et que tu n'aurais pas sans moi. Prends bien soin de toi, dit Tom. »
Dans un mouvement fluide, je me relève et lance un oreiller vers sa tête stupide et toute fière. Je sais que ça ne va me mener que dans plus de révisions, et pas du genre que j'aime, mais il est juste tellement ennuyant. Je ne peux pas encaisser physiquement une autre seconde de son triomphe.
« Est-ce que tu as des désirs suicidaires ? demande Tom. »
Je me tiens debout et me prépare à me défendre.
« Et si c'était le cas ?
— Tu n'es pas à mon niveau. Pas encore, répond-il. »
D'un mouvement de baguette et d'un mot murmuré, mon super-vilain à domicile me projette étendu sur le sol et je lève les yeux vers lui avec défi.
« Et si je l'étais ? je demande.
— Dans ce cas tu ne serais pas sur le sol, fait Tom avec un sourire en coin. »
Je rampe vers lui et le tire par la cheville sur le sol. Je plante mes coudes sans ses côtes, et croise mon genou sur ses cuisses. J'observe son expression choquée avec un sourire auto-satisfait. Je l'aime bien quand il est comme ça.
« Est-ce que je suis le meilleur ? je le taquine.
— Je vais te tuer Harry. Dégage de moi, maintenant. On n'avait jamais parlé de combat sans baguette.
— Donc, tu peux me tuer ? Jamais. Il faut que tu sois fort sans ta baguette pour que personne ne soit meilleur que toi. »
Je suis ravi de pouvoir ajouter quelque chose à nos cessions d'entraînement.
« Dégage de moi, grogne-t-il.
— Tellement brave… Faire des exigences quand j'ai l'avantage, je raille. »
Il mord mon bras.
« Quelqu'un pourrait m'expliquer ce qui se passe ici ? demande Sirius. »
Je tourne la tête vers la porte, où se tient Sirius.
« Il ne faut pas mordre, Tom. C'est mal élevé, je murmure. »
Sirius serre les poings et son visage rougit. Pendant qu'il me distrait, Tom donne un coup pour écarter mes genoux et me plaque au sol. Avant d'avoir pu finir de jubiler, ou de comprendre quoi dire à Sirius, sa baguette est contre mon cou.
« Ne quitte jamais tes ennemis des yeux, dit-il. Plus jamais. »
Je pousse sans espoir contre le ventre de Tom.
« Comment est-ce que je peux retenter, si tu ne me laisse pas partir ? je demande. »
Sirius s'éclaircit la gorge, en faisant beaucoup de bruit.
« Qui t'a laissé entrer ? je demande, un peu rudement.
— Oh, maintenant tu te souviens de moi, lâche-t-il à l'instant même où Severus apparaît derrière lui et dit :
— C'est moi. »
À voir sa tête, il est fier de lui et me lance un sourire tordu. Il s'allonge dans son lit pour observer le chaos. Sirius fixe mes mains contre le torse de Tom, avant de remonter jusqu'à sa baguette qui se trouve toujours contre ma gorge.
« Ce n'est pas ce que tu crois. »
On dirait une réplique de mauvais film, vu et revu, mais c'est la vérité. À moins qu'il ne pense actuellement qu'on dirait que Voldemort est en train de me montrer qu'il pourrait me tuer à n'importe quel moment. Dans ce cas, c'est exactement ce dont qu'il croit. Combien de fois avons-nous besoin de faire appel à des clichés quand notre monde menace de s'effondrer ?
Tom me surprend fréquemment avec des sorts que je dois bloquer ou contrer. Je pensais pouvoir lui montrer que ce n'était pas toujours possible pour lui.
Pourquoi est-ce que j'aide Voldemort à devenir un meilleur combattant ? Parce que je crois dans ses objectifs et que je pense qu'avec moi il pourrait les accomplir de la manière qu'il le souhaite. Je pense que faire usage des arts sombres et des rituels pour se rendre invulnérable sont les vrais problèmes. Je peux faire arrêter ça.
« Qu'est-ce que c'est, alors ? demande Sirius durement. »
Severus a toujours son petit sourire en coin. J'ai les larmes aux yeux. Tom me regarde, serrant les dents, et se relève sans retirer sa baguette, et puis il tape mon nez avec, deux fois. Je cligne des yeux vers lui.
« Dès que j'en ai finis avec cette racaille, tu vas pouvoir recommencer, mon Harrison. » Il traverse tranquillement la pièce et attrapes Severus par le nez, tout en ajoutant : « On a besoin d'avoir une petite discussion. »
Ils sortent tous les deux de la pièce.
« Exercice d'entraînement, j'explique.
— D'entraînement pour quoi ? demande-t-il. »
Je ne peux rien lui dire de ce futur que souhaite Tom. Ça a l'air ridicule, et suspect, même à moi.
« Je n'en ai pas la moindre idée. »
Je récupère l'oreiller qui est tombé au sol, et le replace sur le lit. Sirius est debout à côté de la porte, il n'a pas l'air à l'aise.
« Je suis le seul à vraiment garder un serpent avec moi, ici. »
Il s'avance furieusement dans la pièce, mais ne semble pas plus à l'aise.
« Où est-ce que tu étais ? je demande maladroitement. »
Les semaines bien remplies de Tom ne laissent pas beaucoup de place à ceux qu'il ne pense pas être assez importants, et Sirius ne m'a pas vraiment cherché non plus. Depuis que Sev a décidé qu'il ne parlait pas aux étrangers, je ne parle plus qu'à Tom et à Bella. Elle ne fait pas confiance à Tom, mais elle commence à être plus chaleureuse envers lui. Ils sont similaires, d'une certaine manière.
« Je m'aventurais avec mes amis aussi loin que possible des Serpentards, dit-il. »
Des Aventuriers. C'est comme ça que Severus les avait appelés. Je suppose que ça lui a pris du temps de trouver un nom qui leur colle.
« Ne sois pas comme ça, s'il te plaît, je dis.
— Tu crois que je resterais à tes côtés pendant que tu luttes avec Tom Jedusor, et qu'il a sa baguette braquée dans ton cou ? demande-t-il.
— Même si on aurait pu dire qu'il allait s'en prendre à moi, j'étais en sécurité, je réponds. Je suis toujours en sécurité avec Tom. »
Je l'embrasse sur la joue, mais il fronce les sourcils.
« Je t'ai dit que c'était un entraînement. Je ne m'expliquerais pas davantage, je dis.
— Non ? Fais attention, Harrison, tu commence à parler comme un Serpentard, dit Sirius. »
Je lui lance un regard comme s'il n'avait pas pu me faire de meilleur compliment, et croise les bras sur mon torse.
« Ne m'appelle pas comme ça.
— Et pourquoi pas ? Il l'a fait.
— C'est… quelque chose de spécifique à Tome, je dis sans conviction. »
Faut toujours que tout me tombe dessus. Il faut que je sois vu au mauvais endroit, au mauvais moment, toujours. Le regard de Sirius brûlait de colère. J'aurais souhaité que ma vie puisse être simple et stable. J'aurais souhaité pouvoir être le témoin d'Hermione, et passer plus de temps avec Cédric. Ou au moins que j'aurais pu vivre ici sans la moindre complication. Qu'est-ce que je ne donnerais pas pour avoir Sirius, Bella et Sev comme meilleurs amis. Et Tom en tant que– et Bal aussi. Euh… Ce serait ma vie idéale. Mais avec une telle bande, un conflit était inévitable.
« Ne sois pas idiot. Tu me manque. Est-ce que tu as fini d'être en colère contre moi ? je demande. »
Il soupire profondément.
« Sirius, maintenant que Sev a décidé de me haïr, je ne pourrais pas l'encaisser si tu ne me pardonnais pas, toi aussi. »
Tout particulièrement puisque je n'ai vraiment rien fait de mal.
« Qu'est-ce que tu serais prêt à abandonner pour me récupérer ? demande-t-il. »
Je le fixe, sous le choc. C'est l'un ou l'autre, c'est bien ça ? Est-ce que ma vie ne sera pour toujours qu'une succession de choix qui pourraient tout changer ? Est-ce que toutes les options qui pourraient me permettre d'avoir une vie plus facile seront pour toujours bloquées par des obstacles qui ne devraient même pas exister ? Je ne pouvais pas choisir en Décembre, et je ne peux pas plus choisir aujourd'hui. « Ce n'est pas juste de me demander ça. »
— TOM —
« Quel genre d'amis es-tu ? Tu te conduis comme un Poufsouffle, c'est toujours les sentiments qui importent avec toi. Tu devrais avoir honte de toi. Tes émotions n'ont pas d'importance ici ! je lance brutalement. »
Snape me regarde comme le plus dégoûtant des bâtards que j'ai jamais vus. Il pense que je ne vaux pas les callosités sur ses mains, et je le hais.
« En quoi ça te regarde, la manière dont je traite Potter, alors que tu as déjà – et que tu fais encore – pire que je ne pourrais jamais le faire ? demande Snape. »
En quoi ça me regarde ? Ça me regarde !
« Il me regarde. Tu semble avoir oublié qui tu es, et ce que tu vaux, je réponds.
— Tu ne peux certainement pas sous-entendre que tu tiens à lui ? Tu ne clignerais même pas si Harry se faisait dévorer par un dragon, crie-t-il.
— Je sais ce que font les amis. Tu peux en dire autant ? »
Il hausse soudainement les sourcils quand il m'entend parler d'Harry comme de mon ami. Je ne l'avais encore jamais fait. Je ne comprends pas pourquoi je ne l'ai encore jamais fait. De tous les élèves de Poudlard, Harry est le seul que je vois comme mon égal. Même Lucius n'est rien de plus qu'une autre relation utile.
« Je n'ai jamais pointé ma baguette contre sa gorge ! s'écrit-il. »
Quelle piètre tentative de me rabaisser.
« Tu lui apportais ton aide, aussi moyenne puisse-t-elle être, en Potions ! Il y a peu d'intérêt à faire usage d'une baguette là, j'aboie, mais en Défense, oui ! »
Il serre la mâchoire à plusieurs reprises alors qu'il cherche quelque chose à dire pour me contrer. Je lui souris sans montrer mes dents.
« Je ne le dirais qu'une et une seule fois. Présente tes excuses à Harry, ou bien tu seras du mauvais côté de ma baguette la prochaine fois, je dis. Je te ferais regretter de lui avoir fait du mal. Tu me supplieras de t'achever. »
Il me repousse et s'éloigne, pour aller là-où ceux de son espèce se cachent. Je retourne dans le dortoir.
« Qu'est-ce que tu serais prêt à abandonner pour me récupérer ? dit l'un des deux. »
Je crois que c'est Black. Je reste debout derrière la porte, aussi silencieusement que je peux.
« Ce n'est pas juste de me demander ça. C'est Tom ou toi, c'est bien ça ? Je refuse de choisir, répond Harry.
— Tu préfères le serpent ? demande Black. »
Je serre mes poings, mes ongles marquant mes paumes.
« Tom et toi, vous… comptez beaucoup pour moi, tous les deux. Je n'abandonnerais aucun de vous de cette manière. Je ne l'abandonnerais jamais, dit Harry. »
Je mords très fort l'intérieur de mes lèvres alors que je me glisse dans la pièce avec un sourire en coin. Je ne t'abandonnerais jamais non plus, Harry.
« Je suis de retour, j'annonce. »
Harry lève les yeux au ciel. Black me fixe pendant plusieurs longues secondes, avant de suivre l'exemple de Snape.
« Tom ? demande Harry. »
Je hoche la tête pour lui montrer que je l'écoute, et m'allonge sur le lit.
« Est-ce qu'on pourrait s'entraîner plus tard ? demande-t-il. »
Je tourne la tête pour pouvoir l'observer.
« Ose dire à qui que ce soit que j'ai été ne serait-ce qu'un tout petit peu gentil, et je te ferais suer sang et eau, je réponds. »
Il me sourit doucement.
« Merci, Tom. »
Je me retourne. Il est presque l'heure de reprendre les cours.
« Tu… m'as entendu, n'est-ce pas ? demande Harry.
— Oui.
— Je ne te lâcherais jamais, même si c'était le seul moyen pour que je sauve ma vie. »
Je tousse. Il murmure quelque chose qui sonne suspicieusement comme "il y a bien trop en jeu pour ça".
« Je pense que tu as dû te cogner la tête contre le sol. Il faut que je termine de lire le livre que j'ai emprunté. »
Je ne sais pas pourquoi je continue à lire ce truc, mais je ne peux pas m'arrêter. C'est comme si je cherchais quelque chose qui me manque. C'est la chose qui m'agace le plus au monde, mais tout ce qui peut apaiser ma frustration, c'est lire encore plus.
— HARRY —
Je vérifie rapidement, histoire d'être sûr que le professeur ne peut pas voir ce que je fais, avant de donner un petit coup de coude à Tom.
« Est-ce que tu vas arrêter de lire ces livres ? Et qui est cette… personne, qui en a tellement, de toute manière ? je demande. »
Toute ce que je sais, c'est qu'il s'agit d'un Né-moldu, probablement pour être sûr que je ne mette pas mon nez dedans. Il lit encore un autre de ces romans d'amour. Il est planqué entre les plis de sa robe, pour éviter qu'on le remarque, mais moi, je l'ai remarqué. Principalement parce que je l'ai observé. Il ne répond pas. Je sais qu'il n'est pas aussi intéressé par ces livres qu'il prétend l'être, parce que Tom refuse de rêvasser pendant les cours. Il arrive très bien à faire plusieurs choses en même temps, et n'est jamais pris de court. Ce qui veut dire qu'il sait que je le fixe. Je sors un morceau de parchemin, et gribouille un petit mot. Il n'est pas du genre à écrire une réponse, mais je ne pensais pas non plus qu'il était du genre à lire ce genre d'histoires.
— TOM, POURQUOI EST-CE QUE TU NE ME RÉPONDS PAS ?
— Ça a peut-être un rapport avec le fait que je suis occupé à lire.
— MAIS ON EST EN COURS. TU DÉTESTE FAIRE AUTRE CHOSE PENDANT LES COURS.
— Je cherche quelque chose.
Je peux le voir écrire quelque chose tout en regardant par-dessus son épaule. Je ne pouvais pas voir aussi bien avant parce que mes lunettes n'étaient pas ajustées à ma vue. Il m'a offert une nouvelle manière de voir le monde. Oh, ça craint. Connaissant Tom, je vois beaucoup de choses plus clairement. L'espace en face de moi, pour tout dire, et pourquoi le pardon est important. Et aussi que je suis un idiot sentimental et inutile !
— Je sais déjà tout ce qu'il faut des guerres gobelines. Ça, c'est plus important.
— POURQUOI ?
— Harry, tu devrais éviter de faire ça.
Je lui donne un petit coup à la jambe, et écris par-dessus son bras.
— NON TOM ! NE ME FAIS PAS DE SECRETS. NE SOIS PAS COMME ÇA AVEC MOI. TU N'AS RIEN À ME CACHER.
Je suis un roman d'amour. Un roman d'amour mal écrit.
— Je cherche quelque chose.
— ET TU PEUX LE TROUVER DANS UN ROMAN MOLDU ?
— Je ne sais pas.
— IL A QUELQUE CHOSE QUE TU IGNORES ?! LE MONDE VA S'ÉCROULER !
Tom secoue la tête et range la note dans sa manche tandis qu'il répond à la question posée par le professeur. J'écarte les cheveux de mes yeux tout en l'observant. Il me rend mon regard. Mes cheveux commencent à se faire long. Je me demande si je devrais les faire couper.
Je me demande si Tom– non, n'y pense même pas. Les pupilles de Tom se dilatent. Je frissonne. Je reconnaîtrais cette sensation n'importe où.
« Ne fais pas ça. Ça fait plus… digne, dit Tom.
— Où est-ce que tu as appris ça ? je demande. »
Je me force à détourner le regard. Je sais reconnaître la caresse de la Legilimancie quand je la sens. Il faut vraiment que je travaille mon Occlumancie. Mais comment ? Mes souvenirs sont trop dangereux pour lui en laisser l'accès. Mais ses caresses sont si douces. Tentatrices. Est-ce que Severus s'y prenait mal ?
Je plisse les yeux.
Ou bien est-ce qu'il essayait seulement de me faire du mal ?
« Ils ne sont pas aussi indisciplinés quand ils sont plus longs, répond-il. »
Il glisse la note dans mes mains. Je rougis.
— Ne t'inquiètes pas pour ça. Est-ce que Snape t'a présenté des excuses ?
Je me concentre sur le souvenir de mon second premier repas à Poudlard. Intensément.
— ÇA FAIT SEULEMENT DEUX SEMAINES QU'IL A ESSAYÉ DE RUINER MA VIE. POURQUOI LE FERAIT-IL ? IL EST TÊTU.
— Ça n'est pas important.
— EST-CE QU'IL ÉTAIT SUPPOSÉ LE FAIRE ?
— Laisse tomber ! J'aimerais être meilleur pour lire tes pensées. J'ai appris à partir d'un livre, mais les indications n'étaient pas vraiment claires. Je n'arrive pas à suivre. Je ne peux pas le faire sans te regarder dans les yeux.
— POURQUOI EST-CE QUE TU VOUDRAIS FAIRE ÇA ?
Je sais quelle importance ça a, que Tom admette un défaut devant moi. Je me sens talentueux d'être parvenu à m'approcher autant sans me faire remarquer.
— Ce n'est pas ce que tu voudrais ? J'aimerais être capable de lire plus que des pensées de surface. Je voudrais voir des souvenirs.
— TOM, JE PENSES QUE TU DEVRAIS ÉVITER.
— Je fais ce que je pense que je dois faire.
— CE SERAIT VRAIMENT SI INTÉRESSANT DE VOIR DES SOUVENIRS ?
— Je veux pouvoir ressentir leurs émotions. Je veux pouvoir rêver leurs rêves.
— POURQUOI ?
— Ne me demande pas ça.
Ceci marqua le commencement d'une tradition, en quelque sorte. Nous nous échangions des notes, avec Tom pendant le cours d'Histoire de la Magie. Après le premier jour, il n'avait plus jamais essayé de pénétrer mon esprit. Je sais qu'il s'entraîne, pourtant. Je travaille aussi pour me construire de meilleures barrières mentales. Bal m'aide à penser à des souvenirs à mettre en avant lorsque j'en ai besoin. Des souvenirs sûrs.
— Est-ce que Snape s'est excusé ?
— NON.
— Comment ça se passe avec Black ?
— MIEUX. POURQUOI ?
— Sa mère pourrait être une excellente personne de qui se rapprocher.
— IL LA HAIT.
— Je vois. Tu as l'air distrait.
— EST-CE QUE TU POURRAIS ME DIRE QUELQUE CHOSE DE PERSONNEL, TOM ?
— Tout dépends de ta question.
— POURQUOI MOI ?
— Qu'est-ce que tu essayes de dire, Harrison ? Utilise tes mots.
— JE VEUX DIRE, POURQUOI MOI ? EST-CE QU'IL Y A UNE RAISON POUR LAQUELLE TU M'AS CHOISI POUR ÊTRE LA PERSONNE DONT TU N'AS BESOIN DE RIEN, LA PERSONNE À QUI TU DIS DES CHOSES, CELLE QUI N'EST PAS JUSTE UNE RELATION ? TU M'AS DIS UNE FOIS QUE TU N'AIDERAIS PAS LUCIUS MALFOY AVEC SES DEVOIRS PARCE QUE TU NE VEUX DONNER À PERSONNE L'OCCASION D'ÊTRE MEILLEUR QUE TOI. ALORS POUR EST-CE QUE TU M'AIDES ? POURQUOI SUIS-JE LA SEULE PERSONNE AU MONDE QUE TU AIES DÉCIDÉ DE NE PAS HAÏR ? JE N'AI AUCUNE DE CES QUALITÉS QUE TU ADMIRES. ALORS POURQUOI MOI ?
Tom fixe les mots que j'ai écrit. Je mordille le bout de ma plume. Il ne dit rien. Je l'observe, mais il semble ignorer le papier, donc je termine la frise chronologique que j'étais supposé faire. Une simple curiosité me laisse dénudé et vulnérable. Je le hais. Plus que tout au monde, je déteste ça, parce que ça révèle bien plus sur moi que je ne le souhaiterais.
— C'est ce que je cherche.
— CHERCHE ? TU NE SAIS PAS ?
— Dans les livres. C'est ce que j'y cherche. Je t'ai déjà dit une fois que je n'avais pas d'amis, et c'est le cas. J'ai des relations, et des personnes qui me suivent, et des personnes qui se dressent sur mon chemin. Mais je n'ai pas d'amis. Sauf toi. Je ne sais pas pourquoi je te dis ces choses que je te dis, pourquoi j'accepte de baisser ma garde quand tu es là, pourquoi je te fais confiance malgré ta faiblesse. Je ne comprends ni mes désirs, ni mes rêves.
— ET TU CROIS QUE TU PEUX TROUVER DES RÉPONSES DANS UN LIVRE PARLANT DE MOLDUS TOMBANT AMOUREUX ?
— C'est le seul genre de livres qu'elle a, et les Moldus pensent beaucoup à ces.
— QUELLES CHOSES ?
— Les émotions, l'amitié.
— SI TU NE PARVIENS PAS À TROUVER LÀ-DEDANS, OÙ CHERCHERAS-TU ?
— J'ai essayé quelques choses. J'ai demandé à Lucius. J'ai regardé dans les livres de la bibliothèque. Il ne reste plus que les Moldus. Je pourrais demander à Mrs. Cole.
— TU DÉTESTES LES MOLDUS. ET TU LA DÉTESTES.
— Il ne faut jamais laisser ses émotions se mettre en travers d'une opportunité, Harry.
— T'ES DE NOUVEAU TOUT SAGE, TOM ?
— Tu as dis des choses qui ont eu une importance, je pense.
— OH ?
— Tu m'as dit que Sirius Black vaut plus que tout au monde à tes yeux et que tu ferais tout ce qu'il t'est possible pour ne pas le perdre, mais quand il t'a demandé ce que tu accepterais de perdre pour lui, tu lui as dis que rien ne valait de me perdre.
— OUI.
— S'il te demandait de ne plus parler à Bellatrix Black, que ferais-tu ?
— ELLE EST L'UNE DE MES MEILLEURES AMIS. JE NE FERAIS JAMAIS ÇA.
— Est-ce que tu ressens la même chose pour tous tes amis ?
— NON, C'EST JUSTE TOI, BELLA ET BAL. CE N'EST PAS TANT. QUATRE, CE N'EST PAS BEAUCOUP.
— Vraiment ?
— OUI.
— Est-ce que c'est typique ? Quand tu tiens vraiment beaucoup à quelqu'un, est-ce que tu veux qu'ils fassent partie de ton futur, et est-ce que ça te fait souffrir quand tu ne leur parles pas ?
— OUI, POURQUOI ?
— Je pense que je comprends alors. Il faut que j'aille à la bibliothèque.
Tom se lève et explique au professeur qu'il a besoin d'aller à l'infirmerie. C'est la toute première fois qu'il quitte un cours en avance. Une chaleur se répandre à travers ma cicatrice, et je la touche, alarmé. Comment est-ce que c'est possible ? Je garde ma main pressée contre elle, et j'essaye de ne pas paniquer. Ce n'est pas déplaisant, mais c'est inquiétant. Peut-être que ça va s'arrêter. Sur un coup de chance, peut-être. Je remarque à peine que le reste de la journée passe. Je remarque seulement deux choses : Tom n'est pas revenu en cours, et la chaleur ne s'arrête pas.
