Résumé du chapitre précédent : Harry reçoit une beuglante incendiaire de la part de Sirius et encaisse durement les coups. Tom et Bellatrix savent tous les deux que c'est Severus qui a fait en sorte que Sirius se sente suffisamment blessé pour écrire cette lettre avec la volonté de détruire Harry et sont tous les deux en quête de sang quand Harry s'écroule en larmes.
CHAPITRE VINGT-CINQ
Il attendit un mois
— TOM —
Mes mains se pressent contre les pierres glacées dont sont faits les murs du couloir. Je pousse ma paume contre la surface.
« Severus Snape, je grogne. »
Ses épaules se pressent contre le mur, et il se tortille contre moi.
« Pourquoi ne veux-tu pas me laisser tranquille ? demande-t-il désespérément.
— Je suis venu te hanter. »
Je glisse mon genou dans l'espace entre ses jambes, et repousse ses hanches en arrière.
« Pourquoi ? demande-t-il.
— Tout comme Harry est hanté par la douleur de ce que que tu lui as fait subir, sale ordure, je serais avec toi à chacun instant.
— Ça ne serait pas plus simple de me frapper ? »
Je lâche un petit rire sombre.
« Et plus amusant, aussi. Mais je lui ai promis que je ne te ferais pas de mal, je réponds. »
Severus écarquille des yeux pleins d'espoir. Je presse à nouveau ses épaules contre le mur, de toutes mes forces.
« Il ne veut pas que je sois envoyé à Azkaban pour ce que je devrais te faire subir, j'ajoute. »
La lumière quitte son regard.
« C'est pourtant ta place. » Il me défie.
Je ne réponds rien.
« Oh, tiens. C'est Servillus ! » Des garçons nous ont rejoint dans le couloir.
— Peut-être- dit Black.
— Mais, regarde, continue l'autre garçon un peu plus durement. »
Je recule avec un sourire en coin.
« On se voit plus tard, Servillus. »
— HARRY —
Il a attendu un moins avant de venir me parler de toutes ces choses qu'il avait dites.
« Je voulais que tu sache que je ne te mentais pas, que ce n'étaient pas des secrets que je pouvais révéler, je dis.
— Je voulais seulement te présenter mes excuses pour la manière dont je l'ai fait, répondit Sirius.
— J'aimerais qu'on soit amis.
— J'aurais dû trouver un meilleur moyen de te dire qu'on ne pourra jamais l'être. »
J'ai attendu un mois pour qu'il me dise ça. J'ai attendu un mois, pendant lequel chaque jour passant était plus blessant, chaque jour était plus tenable. Et chaque jour, je continuais à espérer, même si je savais que ça ne me mènerait à rien.
« Je ne te vois plus maintenant, se plaint Bella. Ça fait une semaine.
— Tu ne voudrais pas passer du temps avec moi. Je me contente de prétendre de ne pas être en train de pleurer, pendant que Tom prétends qu'il s'en moque.
— Peut-être que ce serait plus simple de ne pas s'en moquer. »
Je lui réponds par un simple sourire ironique parce qu'elle ne comprends pas. J'ai perdu plus qu'une simple relation. J'ai perdu SIRIUS.
Seul Bal comprends ce que cela signifie.
Ce mois a duré un millier de jours, et chacun d'entre eux a semblé me transpercer la poitrine. On m'a assuré que j'étais bête. On m'a assuré que ça ne durerait pas. On m'a dit que je devrais me comporter comme un homme, et oublier les Gryffondors.
Mais ce n'est pas qu'un Gryffondor. C'est Sirius.
Ils ne devraient pas le rayer de leur monde comme ils le font. Je refuse de les écouter. Mais il a attendu un mois pour me dire que je devrais l'oublier.
— TOM —
« Est-ce que tu terrorise Severus Snape ? demande Bellatrix Black. »
Je hausse un sourcil et lui adresse un sourire en coin.
« Et si c'était le cas ?
— Bien, répond-elle avec fermeté. »
Je hoche la tête.
« Black-
— Bellatrix, me corrige-t-elle. »
Je la fusille du regard.
« Bellatrix, y a t'il quelque chose que je peux faire pour toi ?
— Je voulais juste m'assurer que tu n'allais pas le rendre fou. Je… Harry.
— Harry ? »
Elle fronce le nez tout en réfléchissant à ce qu'elle s'apprête à dire.
« Il… la dernière fois… quand c'était toi… tente-t-elle. » Elle réessaie. « La dernière fois qu'il était comme ça, c'était à cause de toi – Il ne gère pas très bien ce genre de choses. Il a besoin de que tu lui montres que tu tiens à lui. Ou alors il n'ira pas mieux. »
Elle mordille ses lèvres, et me regarde avec une ferveur nouvelle.
« Et s'il ne va pas mieux, Jedusor, et que je dois me remettre à lui écrire des lettres – j'utiliserais ton sang pour les écrire, dit-elle. »
J'acquiesce. Je respecte cette fille, principalement parce qu'elle tient à Harry avec une telle intensité que je crois en elle.
Euh. Serpentard, Tom. Rappelles-toi que tu es un Serpentard.
« Ce sera fait. »
Tout ça pour ça.
— Harry —
Je suis assis sur le bord de mon lit, à renifler occasionnellement, et j'essaie de comprendre ce qui s'est passé hier. Plus de Sirius. Plus jamais.
« Est-ce qu'il faut que tu fasse ce bruit ? demande Tom. »
Sirius ne veut pas qu'on soit amis, il ne voudras plus jamais me voir.
« Désolé, je réponds. »
Il lance un de ses mouchoirs dans ma direction. T.E.J.
« T'inquiète pas, arrête juste de pleurer, grogne-t-il.
— Comment ? je demande misérablement tout en essuyant mon visage. »
Tom m'a soutenu après que je sois tombé dans la douche, et m'a laissé répandre mes larmes et ma morve sur ses robes. Lui, qui est habituellement si froid, et qui se comporte de manière horrible avec tous ceux qui salissent ses vêtements, même par accident. Il se sépare toujours de ses émotions.
Donc, pourquoi est-ce qu'il a l'air aussi… de tenir autant à moi, quand il m'envoie voir l'infirmière ? Il m'a vu pleurer. Je l'ai laissé me voir en train de pleurer. Qu'est-ce qui ne vas pas avec moi ? Pourquoi est-ce que je lui laisse tout passer ? Est-ce que c'est pour ça que Sirius me déteste ?
« Harry. Harry, arrêtes ça, dit-il. »
Qu'est-ce qui ne vas pas avec moi ? Est-ce que je vais mourir seul ? Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ne peux pas être heureux ? Pourquoi est-ce que j'aime– NON.
« C'est bon ! Bon ! On arrête avec ça, dit Tom. »
Il m'attrapes par le bras et me force à me lever. Il me secoue un peu.
« Pour l'amour de Salazar, arrête de pleurer ! Je ne peux pas continuer à faire comme si ça n'était pas important si tu – Non, oublie ça. On va aller quelque part où tu pourras renifler autant que tu veux. Mais je te laisserais sur place si tu deviens ridicule. Je ne suis pas quelqu'un de gentil, Harry. Je n'aide pas les gens à se sentir mieux. »
Je souris malgré moi.
« Tu es vraiment terrible... »
Il me traîne jusqu'à la Salle sur Demande. Je prétends être surpris quand il me fait entrer dans une réplique de notre chambre à l'orphelinat.
« Tom ?
— Tu ne t'arrêtes jamais de pleurer. C'est horrible… tu es tellement plein de désespoir. C'est comme si tu cherchais à te noyer dans tes émotions. Je… ça me donne envie de te serrer dans mes bras, ou quelque chose comme ça. »
Il a presque l'air torturé.
« Est-ce que c'est quelque chose que tu as lu dans ces livres moldus ? je demande. »
Il acquiesce. Je pense que j'ai trop besoin d'un câlin pour chipoter sur la personne qui me le donne, et je retire mes chaussures. Je monte sur le petit lit et me glisse sous les couvertures. Tom reste debout devant moi.
« Et maintenant ?
— Je ne sais pas, admet-il. »
Mais moi, je sais. S'il pense que ça doit se passer comme dans un roman d'amour.
« Est-ce que c'est parce que je ne pleures plus ? »
Il passe une main dans ses cheveux.
« Non. C'est parce que tu ne pleures plus, mais parce que je voulais que tu pleures. Je voulais que tu arrêtes. Je –
— C'est bon. »
Je lui offres un sourire piteux.
« Je sais que tu te sens encore mal. Je ne –
— Parfois, ça fait trop mal de pleurer. »
Il monte dans le lit à côté de moi, et, poses très doucement ses mains sur moi. Je les attrape et les entour autour de mon dos. Je lève les yeux vers son torse et ferme les yeux. Sa respiration s'accélère, et puis il caresse doucement mes cheveux.
« Tu es un bon ami, je lui dis. »
Je peux me souvenir de plusieurs nuits passées avec Hermione comme cela, pendant que Ron sortait avec Lavande, ou après avoir dit à Ginny que j'étais gay. Il y en a eu d'autres, après avoir eu de mauvaises notes, ou traversé des moments embarrassants. C'est le plus simple pour se réconforter. Je ferme les yeux et m'endors sans même m'en rendre compte.
On a utilisé la Salle sur Demande bien des nuits, moi et Tom. Pour chasser les cauchemars.
Il lui aura fallu deux mois pour revenir vers moi. Le meilleur de tous mes amis me traitait comme ça, en fait.
« Qu'est-ce que tu veux ? je demande.
— Harry, je suis désolé. Je ne peux pas t'expliquer à quel point je suis désolé. J'aurais dû savoir…
— Tu as eu tort. »
— O —
« Est-ce que c'est vraiment nécessaire, Tom ? » Mes mains sont devant mes yeux.
« Je veux te faire une surprise, répond-il.
— Ça, c'est vraiment un truc de moldu.
— C'est ce que tu aimes, non ? »
Il donne une petite tape sur mes mains, et je les écartes de mon visage. Une table blanche est dressée au milieu de la pièce, entourée de lumières scintillantes, suspendues aux poutres au dessus de nos têtes. Un air de musique douce fait écho au ruissellement d'une fontaine. Tout ça fait de la main de Voldemort ? Qu'est-ce qui se passe ? Je me retourne vers lui.
« Qu'est-ce que c'est que tout ça ?
— Quelque part où manger.
— Ça fait trois mois. Je peux supporter la Grande Salle. J'ai supporté la Grande Salle, je réponds.
— Ce n'est pas important. J'ai préparé à manger. »
Il me conduit jusqu'à une chaise et prend place en face de moi.
« Est-ce que c'est un cours sur les poisons ? je demande. »
Il me sourit, et hausse les sourcils de manière suggestive.
« Tu es une personne vraiment étrange, Tom Jedusor.
— Ce n'est pas un cours sur les poisons. »
Je déguste une boulette de viande.
« Je ne comprends, je lui avoue.
— C'est mon travail de comprendre les choses et de te les expliquer, il répond. »
Je hausse les épaules.
C'est toujours la même chose, donc. Pas une leçon, mais une proposition.
« Harry, je ne peux pas commencer tout ça sans toi. J'ai de grands projets. Je vais devenir quelqu'un d'important. Nous en faisons partie, ensemble. »
Je soupire profondément, et je joue distraitement avec ma salade. Cette pièce magnifique est une distraction, et la nourriture n'est qu'une tentative de corruption.
« Tom... »
Sa main se pose sur mon bras. Je lève les yeux sur lui.
« Avant, tu suivais chacun de mes ordres et j'aimais trop ça. Je pensais, à chaque fois, à quel point ce serait simple de te donner l'ordre de m'embrasser. »
J'essaie de dégager mon bras de sa prise. Mais, sans y mettre assez de force. Sans faire ce qu'il faut pour être pris au sérieux.
« J'ai résisté. Je suis sorti avec cet idiot de Macnair, et ne suis resté loin de toi. Ça a marché jusqu'à ce que…
— Jusqu'à ce que tu décide qu'un contact sexuel puisse résoudre n'importe quoi ? je propose.
— … oui, jusque là. » Comme je ne réponds rien, il ajoute : « Je n'aurais pas dû m'éloigner de toi. »
Tu aurais dû. J'allais très bien sans toi. J'avais Severus et Sirius à mes côtés, sans toi. Je ne dis rien de ce que je pense.
« Je suis content que tu sois revenu. »
Il hoche la tête, et pousse les aliments dans son assiette avec sa fourchette.
« Deviens mon amant, lâche-t-il brutalement. »
J'écarquille soudain les yeux. Est-ce qu'il est fou ? Bien sûr qu'il l'est ! Il doit l'être. Je le regarde, impuissant. Il doit l'être. Je dois juste…
Je viens juste d'accepter qu'on soit à nouveau ami. Tout ça peut détruire notre relation.
Je…
Je suis ici pour une raison.
De quoi est-ce qu'il parle ? Comment ose-t-il me demander ça ? J'ai perdu Sirius à cause de lui ! Je lui avais assuré que Tom était sain d'esprit et que notre amitié n'était rien de plus que de l'amitié, et que Tom ne ferais jamais, jamais, jamais…
Il n'avait pas voulu me croire. Pourquoi m'aurait-il cru ? Tom est complètement taré ! Quelle autre explication peut-il y avoir ? Il est en plein délire.
Le mot « amant » me rappelle des images de baisers volés et de rendez-vous interdits. C'est ancien. C'est… intime. Comment peut-il ?
« Non, je chuchote. »
Le son passe à peine mes lèvres. Je fixe mes pâtes, leur suppliant de m'aider à y voir clair. Ce n'est pas pour moi, mais est-ce que je peux le faire ? Tom m'observe, ses yeux plissés. Comment pourrais-je, même trois mois plus tard, prouver à Sirius qu'il avait raison ? Cela m'enlèverait le droit de faire le deuil de notre relation.
Je –
« Je ne peux pas. » Ma voix est un peu plus forte. « C'est trop… Sirius et Severus.
— Ces deux là n'ont rien à voir là-dedans, non ? demande-t-il. »
Au contraire, ils sont tout.
« Ils ne reviendront jamais s'ils pensent qu'ils avaient raison ! S'ils pensent que je veux être avec toi – non. »
Je fuis hors de la pièce. Je dois me souvenir de ce jour. Je dois me souvenir que j'ai dit non.
— TOM —
« Lucius, j'appelle.
— Oui, Tom ? répond-il rapidement. »
Je laisse ma furie se développer en quelque chose de plus utile : la vengeance. Clairement, ce gosse n'a pas encore reçu le bon message. Des fragments d'excuses ne suffisent pas. Pas pour moi.
« Est-ce que tu te souviens du plan pour Severus Snape ? je demande.
— Oui. »
Je fais tourner ma baguette dans mes doigts. Il fait un pas en arrière, pas le moins désireux d'être à mes côtés quand on m'a refusé quelque chose que je désirais. Quelqu'un que je veux plus que le pouvoir, plus que d'être le maître du temps. Mais il m'a donné une raison. Il a dit qu'il s'inquiétait des apparences. Je me souris à moi-même. Je peux régler ça. Je peux respecter ça.
« Fais le. N'aie aucune pitié et aucune retenue. »
Il hoche la tête et commence à s'éloigner.
« Et Lucius ? j'ajoute. Fais en sorte que ça fasse mal. »
