Résumé du chapitre précédent : Harry vit très mal le fait que Sirius ait quitté sa vie, ainsi que Severus. Il se sent seul, mais Tom essaye de prendre soin de lui comme il peut. Il n'est pas très doué, peut-être, mais il fait beaucoup d'efforts pour Harry. Son plan capote un peu cependant quand il demande à Harry de devenir son amant et que celui-ci s'enfuie. Il est pas bien malin, Tom, hein ? En tout cas, il demande à Lucius de faire souffrir Severus, puisque c'est Severus qui a fait souffrir Harry (ses plans de vengeance aussi son tordus…).

AVERTISSEMENT : Cette histoire sombre enfin dans l'érotique, alors évitez de lire sur le canapé de votre mamie pendant Question pour un Champignon, vous allez faire exploser le poste de télévision !


CHAPITRE VINGT-SIX

Amour Atroce


— LUCIUS —

Première étape : projeter une aura qui soit à la foi intimidante et stupéfiante pour tous ceux qui y sont exposés.

Je perfectionne l'expression de mon visage pour ressembler Tom, je l'ai observé à plusieurs reprises. Non, je secoue la tête. J'ai l'air ridicule. Mes sourcils ne sont pas comme il faut, et je suis plus écœurant qu'intriguant. Peut-être que je devrais essayer une autre approche. Peut-être que ça serait mieux si je me conduisait comme Harry Potter plutôt. Potter bafouille toujours maladroitement, sourit un peu, et s'éloigne avec un allié ou deux de plus. Il déteste se créer un réseau et ne comprend pas l'importance des connections mais il pourrait en avoir assez pour prendre le pouvoir sur l'Angleterre sorcière sans combattre. Il est sincère.

Faisons ça, donc. C'est assez simple.

« Salut, Severus, je dis.

— Je n'avais pas l'impression que nous étions amis, Malfoy. »

Je souris.

Règle numéro un de Potter : rien ne prend au dépourvu un Potter.

« J'aimerais bien l'être, je réponds.

— Vraiment ? »

Quoi d'autre ? Ses sentiments rayonnent tellement dans son regard que personne n'ose jamais rien lui refuser. J'essaye de faire ça. J'espère que mon désir de satisfaire Tom sera facilement traduit en une affection innocente.

« Va donc suivre Jedusor comme son toutou, Malfoy. J'ai mieux à faire, grogne-t-il. »

Je suppose que ça n'est pas aussi efficace que je l'espérais. Bien sûr, Potter a ses petits trucs, "Je veux être meilleur" et "Tom Jedusor est mon Seigneur", qui lui permettent de rester toujours aussi éclatant. Je fronce les sourcils de confusion.

« Surpris ? dit-il.

— Non. J'espérais que tu pourrais… m'apporter ton aide en potions.

— C'est Jedusor le meilleur en potions, répond-il durement.

— Mais le seul qu'il accepte d'aider, c'est Harry. »

Je me souris à moi-même. Je n'ai même pas besoin de m'embarrasser avec des mensonges. Ça devrait être vraiment simple.

Il acquiesce, ses lèvres pressées l'une contre l'autre en une ligne fine. Une ombre traverse son regard.

« La seule personne que j'accepte d'aider, c'est moi-même, répond Severus. »

Il quitte la pièce avec ses robes tourbillonnant autour de lui. N'aie aucune pitié et aucune retenue. « Oui, Tom. Pas de problème. » Quel idiot !

— HARRY —

Je me promène dans la bibliothèque tout en me demandant si les livres que Hermione a utilisé pour faire sa recherche ont déjà été écrits. Je n'ai pas de véritable motivation, je suppose, mais ça m'occupe et me distrait de ma tendance à l'auto-apitoiement. Et je me demande si je n'aurais pas dû fuir Tom hier. Je ne sais pas pourquoi j'ai menti, pourquoi je lui ai dit que c'était bien trop tôt depuis ma rupture avec Sirius. Ça fait trois mois et je n'était pas amoureux de Sirius, non. Je l'aime oui, tout comme j'aime Ron et Hermione, et Remus, et tous ceux qui étaient à mes côtés. Ça avait l'air si simple, c'était le meilleur moyen pour qu'il reste à mes côtés. Je n'avais pas assez réfléchi, de toute évidence. Je ne pense jamais à toutes les éventualités. C'est bizarre. Parfois avec Tom j'ai l'impression… l'impression d'être à la maison. Ça m'effraie. Sirius l'a dit lui-même : "On dirait que tu es à moitié amoureux de lui."

Mais tout ça ne m'effraie pas assez pour que je m'arrête. Je ne peux pas. Et comment le pourrais-je ? Je laisse courir mes doigts le long de la tranche d'épais livres reliés en cuir. Quelqu'un me saisit par les épaules et me force à me retourner.

« Tom, j'expire.

— Bonjour, mon amant. »

Il ne va quand même pas me demander à nouveau. Il ne vas pas davantage écouter ma réponse. Il est trop imbu et sûr de lui et…

« Tom. Je ne suis pas ton "amant". »

Je m'en moque complètement.

Il me presse contre les étagères, et avance ses lèvres vers mon cou. Je souhaiterais qu'il arrête d'utiliser ce mot. Mes doigt s'ouvrent et se referment sur son torse. Est-ce que je le repousse ? Est-ce que je le tire vers moi ? Ma bouche est entrouverte alors même que je suis pressé contre l'étagère, et que mon torse est cloué il hésite. Je dois dire quelque chose. Je place mes mains sur son torse, fermement et, pour une raison qui serait sans doute mieux décrite comme un dysfonctionnement de mon poignet, je le tire à moi. Il avance vers mes lèvres, et les revendique fermement d'un baiser. Il s'écarte à nouveau.

Qu'est-ce que j'ai fait ?

« On va dîner en Grèce, ce soir, annonce-t-il.

— Oh… Grèce ? »

Il a un sourire un peu flippant. Je jette un coup d'œil autour de nous, à la recherche d'une raison de lui dire non, mais je n'en trouve aucune.

« Est-ce que le Professeur Dippet va l'autoriser ? »

C'est une faible excuse, nous ne mangeons plus dans la Grande Salle depuis des semaines et des semaines. Et nous ne dormons même plus dans notre dortoir. Honnêtement, il devrait nous surveiller un peu mieux.

Une seule personne est au courant pour ma… légère obsession pour la culture grecque. Est-ce que c'est juste une coïncidence ? Ce doit être ça. Comment Tom pourrait l'avoir appris autrement ? Pourquoi est-ce qu'il s'y intéresserait autrement ?

« Laisse-moi m'en occuper, Harry.

— Et pour notre devoir de Sortilèges ? je demande, désespérément à la recherche d'une excuse pour m'échapper. »

Je suis trop exposé à lui, ça émousse mes sens. Déjà, je me sens fiévreux, et je peine à respirer un air qui ne porte pas son parfum. Plus que jamais, le poids de ce que j'ai à faire me pèse. Je ne peux pas le laisser me toucher. Je vais–

« Harry, tu te comportes comme si tu ne souhaites pas venir. »

Il est en colère. Je lui ai déjà dit non une fois. Je ne sais pas si l'un de nous deux pourra supporter que ça se reproduise. Mais je ne parviens pas à vouloir le ménager maintenant.

« Est-ce que c'est trop te demander, Tom, que tu dises ce que tu penses ?

— Je ne te comprends pas du tout, Harry. »

Il se retourne et s'en va. Je soupire. Ne t'inquiète pas, Tom. Je ne comprends pas non plus.

— LUCIUS —

Je lisse mes robes d'un noir profond sur mon torse, et ébouriffe mes cheveux en une tentative d'approcher le style ingénieusement décontracté de Potter. Je regarde dans le miroir. Ça a l'air beaucoup moins digne, d'une certaine manière. Ses cheveux sont plus courts que les miens, effleurant ses clavicules alors que les miens descendent bien plus bas que mes épaules. C'est aussi cette couleur, un noir de minuit, qui le rend si mystérieux qu'il en est presque éthéré, presque un revenant. C'est comme s'il appartiendrait pour toujours à Tom. J'ai l'air d'un garçon qui joue à l'adulte. Ce n'est pas étonnant que je ne parvienne pas à convaincre Severus. Eh bien, peut-être que je ne peux pas copier Potter, ou Jedusor, mais peut-être que je peux imiter mon père. Il est presque comme moi, après tout. Je prends une brosse enchantée pour ajouter des reflets et de la couleur, et je la passe dans mes cheveux, les laissant effleurer derrière mes oreilles. Je lève le nez bien haut, et avance dans le dortoir.

Severus se prélasse sur son lit, tout en lisant un livre de potions.

« Severus Snape. » Je l'interpelle d'une voix traînante. « J'ai une proposition pour toi.

— Tu voudrais me tenir la main et qu'on aille cueillir des marguerites ? demande-t-il sans lever les yeux de son livre.

— De quoi ? Oui– non. Non. Silence, maintenant, je commence une expérimentation.

— Sais-tu seulement ce qu'est une expérience, Malfoy ?

— Ce n'est pas important, je réponds. Embrasse-moi. »

Sa tête se tourne soudainement vers moi. Ses yeux s'écarquillent sous le choc.

« De quoi ?

— Embrasse-moi, je répètes. Sûrement, tu sais ce que ça veut dire. »

Il se lève et traverse la pièce. Ma respiration se bloque dans ma poitrine. Il se presse, proche de moi, et chuchote.

« Tu es fou, Lucius Malfoy. »

Il quitte la pièce avec un rire léger. Ça va être plus dure que je ne le pensais.

— HARRY —

Je suis assis sur le canapé dans la salle commune, à boire du thé. Est-ce que j'ai laissé paraître trop de choses ? Est-ce que je désire des choses de lui qui resteront pour toujours hors de ma portée ?

« Harry, appelle Tom. »

Je lève les yeux sur lui. Il trouve toujours le moyen de me retrouver.

« Salut.

— Explique ce que tu voulais dire. »

Je le fixe durement. Il me rend mon regard, perdu.

« Le mot est "s'il te plaît", je dis. »

Il continue de me regarder.

« Très bien, je cède. Je sais que Lucius t'a donné des conseils, pour que tu aies de meilleures chances d'annihiler le monde, ou quoi que ce soit… Et je voulais t'empêcher de le suivre.

— D'annihiler le monde ?

— Je voulais que tu tiennes à moi, d'accord ? Je sais que c'est vain. »

Il me donne une petite tape sur l'épaule.

« C'est ridicule. »

Je détourne le regard. Je sais. Il saisit mon visage, et me force à le regarder.

« Ça n'a rien à voir avec l'annihilation du monde, petit enquiquineur. »

Q–Quoi ?

« Je te l'ai déjà dit. Tu n'écoutes jamais. Si tu étais quelqu'un d'autre, j'aurais abandonné il y a déjà bien longtemps. » Il sourit. « Allez, viens. J'ai faim. »

Je le suis jusqu'à ce monde merveilleux qu'il a créé. Je me demande pourquoi je n'ai jamais utilisé la Salle sur Demande de cette manière. Il y a des dizaines de petits plats d'olives colorées. Je suis trop impressionné par ça, il peut le voir, mais je l'ignore et j'observe avec admiration. Il y en a des vertes, des noires, des amfissas et des kalamatas, toutes entourées d'un cercle de petits pains. Herm – Bellatrix a dû lui en parler. C'est trop pour être seulement une coïncidence. Nous nous asseyons à la petite table, et je commence à manger. Je lance un regard vers lui et me demande pourquoi il y tient tant.

« Est-ce que ça te plaît ? demande Tom.

— Oui. Comment est-ce que tu as su que ça me plairait ?

— La Grèce est l'un des seules civilisations moldues intéressante, et donc j'ai décidé de me prêter à ton amour pour cette culture. »

Je murmure quelque chose en réponse, alors que je gémis de plaisir en mangeant.

« C'est quoi tout ça ? je demande.

— J'ai préparé un plat typiquement grecque dans un style plus familier. Ce n'est pas exactement comme ça qu'ils le font, mais je me suis lassé des recherches, répond Tom. Lucius m'a aidé à le préparer, de même que le Professeur Slughorn, ajoute-t-il. »

Je le fixe longuement. Il l'a fait ? Il ne l'a pas juste invoqué ou fait appel à un elfe de maison pour le faire ? Qu'est-ce… Qu'est-ce que ça veut dire ?

« Harry, tu penses trop, et trop fort. Tu ne peux pas "invoquer" de la nourriture, elle ne peut pas être faite avec de la magie.

— Est-ce que tu lis dans mes pensées ? je m'indigne avec virulence. »

Je lève abruptement mes défenses et le fixe férocement. Enfin… je fixe ses sourcils.

« Je voulais seulement savoir si tu avais changé d'avis à propos de ce que je t'ai demandé. »

Nous mangeons en silence pendant quelques instants.

« Demande-moi ce que tu veux, je lance finalement.

— Je veux t'embrasser. »

Il me donne la possibilité de refuser. Je regarde ma moussaka. Il grimace et prend une gorgé de sa boisson pour le cacher. Je pourrais prétendre que je n'ai pas remarquer qu'il est déçu. Je pourrais. Mais… Je fais le tour de la table et m'installe maladroitement sur ses genoux. Il n'y a vraiment pas de meilleure manière de faire ça, donc je me penche en avant et presse mes lèvres contre les siennes. Je fais des mouvements lents, explorateurs, et entortille mes doigts dans ses cheveux. Il touche mon dos, ses gestes sont à la fois prévenants et féroce, comme s'il avait peur que je m'enfuie, mais qu'il ne parvenait pas à se décider entre me tenir avidement, ou bien réprimer ses désirs pour ne pas me faire peur. Je me tourne et entoure ses hanches de mes jambes. Mon cœur et mon esprit parlent d'une même voix :

« Je ne vais pas partir. »

Il me soulève de toute manière, et m'emmène jusqu'à l'autre bout de la pièce, là où nous dormons, et me dépose sur le lit avant de grimper au-dessus de moi. La table disparaît. Il conquiert ma bouche à nouveau. Je ferme les yeux et m'arque contre lui. J'ai cédé à nouveau, et je l'ai fait avec lui, mais cette fois ce n'est pas important. Je tire sur sa chemise avec un vague Qu'est-ce que je suis en train de faire ? en tête. Il m'aide à la retirer, et je laisse mon regard se promener sur son torse. Oh, oui. LUI. Ses yeux sont écarquillés et désespérés. Je l'embrasse à nouveau. Il s'éloigne et s'assied en face de moi.

« Ce n'est pas – Tu n'es pas... »

Il se débarrasse de ses vêtement et me dévêtit lentement, plaçant des baiser sur ma peau à chaque centimètre carré de chair révélée.

« Pas de domination du monde ici, dit-il. »

Il fait glisser mes chaussettes, et embrasse mes orteils.

« Seulement la domination d'Harry, gronde-t-il. »

Il me retourne avec une telle vitesse que mes hanches rebondissent contre le lit, et je couine un peu. Il glisse sa langue le long de la courbe de mon fessier. Je me tortille.

« Tu ne pars plus, maintenant, dit-il brusquement tout en agrippant mes hanches. »

Je ris, une exhalation essoufflée et emplie de désir.

Il me force à écarter les jambes, et trace de sa langue le contour de… mon entrée. Je gémit et j'essaie à la fois de le fuir et de me presser contre lui. Il le fait, encore et encore, jusqu'à ce que je ferme les yeux de toutes mes forces, et respire péniblement entre deux gémissements ridicules. Il retire sa langue et la remplace par un doigt.

« Tommy !? je crie.

— J'aime vraiment ça quand tu m'appelle ainsi, dit-il avant d'ajouter un autre doigt. »

Je crie. Ça fait mal, mais… ça fait mal ? Ce n'est pas une mauvaise douleur. Il retire ses doigts et je geins.

« Retourne-toi. Je veux voir ton visage. »

Je m'exécute prestement. Il me pénètre à nouveau de ses doigts et –

« Oh mon– Tom ! Tommy, Tommm putain ! je hurle. »

Il a ce petit sourire en coin, et recommence. Il presse contre ce point à plusieurs reprises et observe alors que mon sexe se contracte avec désir. Il s'agenouille et retire ses doigts. Je pourrais me plaindre, mais je vois son sexe s'approcher, et je le veux. J'ai besoin de lui.

« Bordel, j'ai besoin de toi, j'exhale. »

Il chuchote un sort, presse ses lèvres contre les miennes, et guide son sexe en moi. Ça me tire et ça me brûle un peu. C'est une sensation étrange, mais il ne me faut pas longtemps pour hurler et me débattre dans le plaisir à nouveau. Il a l'air tout aussi délicieusement torturé. Il presse ses hanches contre les miennes, encore et encore. Je me pousse vers lui à la recherche de plus, et encore plus. Il presse contre cet endroit en moi, et ma vision se floute. Je rejette la tête en arrière, et il m'emplit de sa chaleur, et reste allongé sur le lit à coté de moi, essoufflé. Il tend la main pour caresser de quelques mouvements mon sexe avant que je ne me répande dans sur ses doigts. Je me tourne dans ses bras, et fermes les yeux. Je suis beaucoup trop heureux et épuisé pour rester éveillé plus longtemps.

Tom ? je pense en moi-même. Il est déjà bien trop tard pour refuser de t'aimer.

Il embrasse mon front et ferme les yeux. Je souris. Ça n'a aucun sens, mais depuis quand est-ce que nos vies ont un sens ? Mon petit monstre. Je cache mon visage dans son cou et m'endort paisiblement.