Résumé du chapitre précédent : Tom parvient enfin à entrer dans le cœur d'Harry et à le réconforter en lui offrant un repas typiquement grecque, culture adorée d'Harry. De son côté, Lucius cherche toujours à faire souffrir Severus en lui brisant le cœur, mais à le charmer, c'est peut-être lui qui va tomber amoureux…
CHAPITRE VINGT-SEPT
Reste avec moi
— HARRY —
Je me réveille dans l'étreinte bien trop confortable de Tom. Mes yeux ne veulent pas s'ouvrirent, et le souffle de Tom se prend dans mes cheveux. Ce n'est pas arrivé. Je suis en train de rêver. Je lève les yeux vers son visage endormi. Ses paupières s'animent des mouvements de ses yeux, et sa respiration est bruyante entre ses lèvres. Ce n'est pas bon. Je deviens trop… trop sentimental. Ce n'est pas… Ressaisis-toi, Harry ! Contrôles-toi. Tom ouvres les yeux et sourit avec quelque chose d'endormi et de naturel. Et je perds tout mon putain de self-control. Je ne peux pas m'empêcher de lui répondre. Comment est-ce que je pourrais m'en empêcher, quand je sais que c'est la première réaction qu'il a en me voyant, avant qu'il ne se garde à nouveau ? Ce doit être ce qu'il ressent pour moi tout le temps, mais il ne l'exprime jamais ? Ça ne va jamais marcher, les histoires de ce genre ne marchent jamais. Tout va s'écraser et brûler. Je peux voir que Tom comprends la même chose derrière son regard bleu acier. Je l'embrasse de tout mon cœur. Il resserre son étreinte sur moi, et puis s'écarte pour reprendre sa respiration.
« Donc, on ne nie pas ce qui s'est passé hier soir ? je pense à voix haute.
— Pourquoi est-ce qu'on ferait ça ? répond Tom. »
Je change de position pour le regarder et je me retrouve à grimacer de douleur à cause du mouvement. Ce n'est… certainement pas plaisant.
« Tu es Tom Jedusor. »
Il serre mes fesses dans ses mains, et me lance un sourire en coin.
« Et tu es à moi, répond-il. »
Il mordille mon épaule et puis se désentortille des draps pour commencer à s'habiller. Je grogne. Il doit être quatre heure du matin. Je comprends ce besoin d'être un peu discret, en particulier à cette époque où tout le monde pense que les rendez-vous amoureux sont faits pour se marier avant de quitter Poudlard. Quelques élèves de cinquième année, et presque tous ceux de sixième année, à l'exception des nés-moldus bien sûr, ont déjà des contrats de mariage de prêts. Je suppose que mes « cours d'études des Sangs-Purs » avec Tom sont restés en mémoire. Je sais des choses. Je mords mes lèvres. Mais… Est-ce que ça veut dire qu'il est tellement horrifié par l'idée qu'il insiste pour qu'on se voit seulement dans une pièce impénétrable et incartable que personne d'autre ne connaît ? Et moi ?
Je secoue la tête. Pourquoi est-ce que c'est important ? Je m'avance doucement vers mon pantalon.
« Tu as l'air d'avoir chevauché pendant de longues heures, rit Tom.
— Est-ce que tu es en train de complimenter ta propre performance d'hier ? »
Il ricane à nouveau, de ce genre de rire que je suis le seul à entendre. Je file, autant qu'il m'est possible de le faire, jusqu'aux douches.
Merde.
— LUCIUS —
« Salut Harry ! »
Il balance ses jambes contre le canapé de la salle commune, et joue avec le bout de ses cheveux encore humides. Il est trop tôt pour que ce soit l'agitation de la nervosité, donc quelque chose doit le tracasser. Et si quelque chose tracasse Harry, alors cette chose tracasse également Tom. Ce serait sage de commencer à le traiter comme une extension de Tom, même si je n'étais pas autant attaché à Tom que je le suis vraiment. Il rend Tom meilleur.
« Qu'est-ce qui occupe tes pensée ? »
Il lève les yeux avec surprise. J'essaye de lui adresser un sourire amical.
« Les contrats de mariage, répond-il. »
Je le regarde étrangement.
« Tu vas en établir un avec Narcissa Black, non ? demande-t-il. »
Oh…
« Certainement. C'est pour... » Je jette un rapide coup d'œil à la salle autour de nous. Elle est vide, il n'y a que nous. « …dans mon intérêt de former une alliance avec elle. »
À moins qu'elle ne découvre pour Severus Snape. Rien de compromettant ne s'est produit, pour l'instant, et ce n'est pourtant pas faute d'avoir essayé. Mais ça ne saurait tarder.
« Pourquoi, si je peux demander ? je lui réponds. »
Il baisse les yeux sur ses mains et rougit.
« Pour rien, Lucius. Je vais y aller maintenant. »
Quel étrange garçon.
— HARRY —
« Il y a un garçon de cinquième année, Rodolphus, que je vois depuis quelques temps. Je dois avouer que j'y ai pensé, je suis content que tu me parles à nouveau, dit Bella, mais pourquoi est-ce que tu me demandes ça ?
— J'aimerais bien qu'on arrête de me poser cette question et qu'on me donne juste un réponse, je grommelle. »
Elle fixe mon regard, et puis s'exclame :
« Tu as recommencé, n'est-ce pas ?!
— Est-ce que tu vas te sentir blessé si je réponds "oui" ? »
Elle me donne une petite tape sur le bras, mais sans malice, et se met à couiner.
« Je croyais que tu étais contre l'idée de Tom Jedusor, je lui dis.
— Je suis fermement contre l'idée que tu sois malheureux. Oh, je te l'avais dit, et maintenant, maintenant j'ai raison ! »
Je souris et joue avec l'une de ses mèches de cheveux.
« Mais… pourquoi est-ce que tu te poses des questions sur les contrats de mariage ? demande-t-elle.
— Je suis seulement… curieux.
— Est-ce que tu–
— Harry. » La voix de Tom, par-dessus mon épaule, nous interrompt.
Je sursaute, tirant le cheveux de Bella dans le même mouvement. Depuis combien de temps est-il ici ? Peu importe où je me trouve, il finit par apparaître.
« Oui, Tom ? »
J'ignore la chaleur sur mes joues.
« Je me retire pour la nuit. Tes leçons vont devoir attendre. »
La déception se dessine sur mon visage. Il descend les escaliers vers les dortoirs. Je le fixe, choqué. Les dortoirs ?
« C'est comme des fiançailles, d'une certaine manière. Quand tu signes, tu t'engages à finir par épouser la personne. Ces contrats sont vraiment très importants, et la plupart des personnes en établissent avant leur seizième anniversaire. Quand ils sont complétés, la situation entre vous devient plus… flexible qu'avant... »
Je lui souris timidement, et je hoche la tête. À quoi est-ce que je pensais ? Bien sûr qu'il ne voudrait jamais – je ne veux même pas – je n'aurais jamais dû…
« Je n'ai pas très envie de veiller non plus, je dis. »
Bella arrête de parler. Elle jette un regard dans la direction qu'à prise Tom, et me fait un clin d'œil. J'ai un petit sourire avant d'aller au lit, dans lequel je me jette tête la première, tout en me reprochant intérieurement encore d'oublier à qui je pensais. J'aurais dû avoir plus de jugeote.
Mais…
Je suis bien plus malin que ça, non ? Je pensais que je faisais de lui quelqu'un de meilleur. Je pensais– J'aurais dû savoir que ça ne durerait pas. J'ai perdu la tête et je me suis mis à rêvasser. Mais je commençais à m'habituer à dormir à ses côtés, même quand seuls nos bras se touchaient. Ce lit est trop froid, et je me sens trop seul. Tout est en train de tomber en morceaux. À ce rythme, je vais mourir complètement seul, et tout ce que j'aurais accompli, c'est de faire de Tom Jedusor un politique qui n'aime pas les nés-moldus, plutôt qu'un fou furieux serpentesque qui tue tous ceux qu'il voit. Je pourrais adopter un Fléreur, peut-être. Bal apprécierait sûrement l'idée. On pourrait former un nouveau trio, moi, Bal, et le Fléreur appelé Hermione. Je suis un idiot. Je suis un crétin absolu. Je soupire intérieurement et, pour la première fois depuis bien longtemps, je pleure jusqu'à m'endormir de fatigue.
— LUCIUS —
« Severus, je te laisse me repousser depuis bien trop longtemps. Tu m'appartiens maintenant, je dis. »
Il lève les yeux de son chaudron.
« Vraiment ? »
Je le saisis par sa cravate et l'attire au-dessus du chaudron.
« Je te défends de l'oublier. »
Il a un sourire en coin.
« Je n'en rêverai même pas, répond-il.
— Débarrasse-toi de ce chaudron, je chuchote. »
Il le pousse sur le côté. Je garde ma prise sur sa cravate, l'attirant vers le bas.
« Tu n'est qu'un petit démon impertinent.
— Je ne suis pas un démon, dit-il. »
Je souris et presse mes lèvres contre les siennes.
« Vraiment ? »
Et puis je le relâche, et capture à nouveau ses lèvres. C'est bizarre. Elles ont le goût…
« De la bièreaubeurre, je dis.
— De la bièreaubeurre ? »
Je secoue la tête. Je suis supposé le détruire, c'est une vengeance pour la tristesse de Harry. Mais, à l'instant, je me moque un peu de tout ça. Il est bien, quoiqu'un peu étrange.
« Toutes tes tentatives pour me gagner vont échouer, dit-il en se relevant. »
Mais je suis supposé–
Il me quitte avec un sourire en coin et un signe de la main. Je soupire. Finalement, j'ai une bonne nouvelle à rapporter. Plus ou moins.
