Résumé du chapitre précédent : Maintenant que Severus a présenté ses excuses à Harry, Tom se retrouve avec un nouveau problème… Harry était le seul à ne pas le voir comme un monstre, et les paroles que Tom a surprise lui ont fait perdre confiance en leur relation. Pas de problème, ils ont résolu tout ça dans une débauche de sexe. (Comme toujours, non ?). Pendant ce temps-là, Lucius tournait autour de Severus et humait le parfum d'une fiole d'Armortentia…


CHAPITRE TRENTE

Un ciel de lilas, et pas de menthe à l'horizon...


— LUCIUS —

La tête de Narcissa est légèrement reposée contre mon épaule, en une petite démonstration de possessivité alors que nous nous détendons dans la Salle Commune. Je n'ai pas pu passer autant de temps avec elle que je l'aurais souhaité parce que je ne peux pas courir le risque que Severus nous voit. (Parce que sa conversation est plus agréable, parce qu'il est plus drôle à courtiser, et parce qu'il a plus de substance.)

Je secoue la tête pour m'éclaircir les idées. Même à l'instant, il pourrait débarquer, mais je pense qu'au moins, au point où nous en sommes arrivés tous les deux, cela pourrait causer les dommages que Tom désirait tant, et comme l'année sera terminée dans une petit mois, il aura tout l'été pour mijoter. Mon épaule est un peu mouillée, comme elle vient juste de se laver les cheveux. (Où est donc Severus ? Peut-être que je devrais m'éclipser pour partager une véritable conversation avec lui.)

J'aime l'odeur de son shampooing. C'est pour cela que j'ai senti son arôme mentholé dans le philtre d'amour de Severus, en définitive. Elle lève les yeux pour croiser mon regard, ses cheveux se froissant derrière sa tête. Je hume encore une fois son parfum.

C'est étrange…

Son shampooing n'est plus aussi puissant que dans mes souvenirs…

« Je ne te vois presque plus, Lucius, dit Narcissa. »

On n'a jamais le temps de se parler vraiment.

« Je suis désolé. J'ai été... » Je laisse ma phrase en suspend.

Elle hoche la tête, compréhensive. Quelque chose ne va pas. Mais qu'est-ce que c'est ?

« Comment est-ce que tu vas ? demande-t-elle. »

(Et où est Severus ?)

« Je vais bien. »

Qu'est-ce qu'il y a ? Elle rit. Je hausse un sourcil, mais je souris jusqu'à ce qu'elle s'arrête. Peu importe ce qui veillait sur moi jusqu'à maintenant, il a été repoussé pour un jour de plus. Elle se penche pour m'embrasser.

Ça.

Comment est-ce que j'ai pu ne pas le remarquer jusqu'à maintenant ? Ses cheveux sentent les lilas et le miel. Et certainement pas la menthe.

« Est-ce que tu as changé de shampooing ? je demande. »

Elle fronce le nez. Son parfum n'est en rien comme l'odeur des copeaux de bois non plus, mais j'avais supposé que c'était son odeur après le cours de botanique.

« Non, répond-elle. J'utilise le même depuis que je fais pousser mes cheveux. Est-ce que tu viens juste de le remarquer ? »

C'est une complication à laquelle je ne m'attendais pas.

« Il faut que j'y aille.

— Quoi ? »

Je me lève précipitamment. Tom. Tom saura quoi fait, lui. Il sait toujours comment gérer ce genre de… je frissonne… d'émotion. Il a réussi à se tenir à distance de Macnair tout en faisant ce qu'il voulait de lui. Et ça a marché, n'est-ce pas ? Et peut-être – peut-être que ce n'est pas non plus l'odeur de Severus. Je renifle le tissus de ma manche. Jasmin. Peut-être que ce truc n'était pas bien préparé, ou que c'était la mauvaise bouteille et que je n'ai senti qu'une vieille eau de Cologne.

Oh, mais qui est-ce que j'essaye de tromper ? Severus l'a brassée. La potion était parfaite.

Ou Harry. Harry. Oui, je crois que je suis assez proche de lui pour pouvoir lui faire confiance avec ce secret. Et Severus est son ami, l'un de ses plus proches.

— O —

« Harry, j'appelle à bout de souffle, qu'est-ce que tu fais là ? »

Il est assis sur le rebord d'une fenêtre, regardant dehors avec une curieuse expression sur le visage. Il porte un pull, trop grand pour lui, sur lequel est écrit "Joue moi un sort". Je souris en voyant ça. Il se tourne vers moi quand je l'appelle, souriant pensivement.

« Je ne sais pas, me répond-il. »

Il baisse les yeux sur ses pieds, couverts de chaussettes grises épaisses, et soupire.

« J'ai une question. À propose de Severus. À propos de l'Amortentia. »

Il me regard, l'intérêt apparaissant soudainement dans son regard émeraude.

« Demande, dit-il. »

— TOM —

Je n'arrive pas à croire que je suis en train de faire ça. C'est hautement inhabituel, quelque chose que je n'aurais jamais jamais fait. Mais j'ai promis, et pour la première fois de ma vie, faire une promesse a vraiment de l'importance pour moi. J'ai promis que j'assurerai ça. Et il ne m'a pas cru. Je lui prouverais – je lui montrerais à quel point son bonheur est important pour moi. Si pour cela je dois commettre cet acte atroce qui va sûrement détruire une partie de moi, qu'il en soit ainsi. Je prend une profonde inspiration. Un regard bleu perçant croise le miens. Je ne croise pas directement son regard, mais je peux dire – oh, je peux dire.

Pour Harry. Tout ça c'est pour Harry. Je souris en moi-même en m'imaginant l'expression sur son visage quand j'aurais accompli cette tâche. Je n'ai plus que quatre mois, plus ou moins, pour maîtriser cela, et la majorité d'entre eux je les passerait à lire la théorie, à moins de pouvoir obtenir son aide. Mais je ne veux pas. Je l'exècre. Mais pour Harry… Je ferais n'importe quoi pour Harry.

Même ça. Surtout ça.

« Professeur Dumbledore. »

Garde une vois calme. Ne lui laisse pas savoir à quel point c'est important. Il sourit à nouveau. Expire.

« J'étais dans la bibliothèque l'autre soir, et j'ai lu une chose assez étrange alors j'ai pensé que vous pourriez m'éclairer, je dis. »

— HARRY —

« Qu'est-ce que tu veux dire, on reste avec Lucius pendant l'été ? je demande. »

Tom lève les yeux au ciel. Je souris il n'aurait jamais fait cela avant. Être aussi Moldu.

« Je t'avais promis que je trouverais un moyen, dit-il. »

Je mords ma lève. Ça a juste l'air tellement simple, qu'il gagne notre indépendance comme ça.

« Je l'avais promis ? demande-t-il.

— Oui, je lui assure calmement, mais qu'est-ce que ça a à voir avec le Manoir Malfoy ?

— Est-ce qu'on doit faire confiance à nos sentiments sur la question aussi tôt dans la matinée ? » Il soupire.

« Il est trois heures de l'après-midi.

— Et ton argument, c'est… ? » Tout en disant ces mots, il tourne les pages d'un livre. qu'il. ne. lit. pas.

« Tom !

— J'ai un rendez-vous avec Dumbledore. Il faut que j'y aille. »

Encore ? Mais qu'est-ce qu'ils peuvent bien faire ?

« Réponds moi ! »

Il quitte la pièce. Je soupire. Il passe sa tête à travers l'encadrement de la porte.

« Et, est-ce que c'est mon pull ? »

C'est bien son pull, en effet. Je le lui ai fait faire sur le Chemin de Traverse parce qu'il me restait un peu d'argent et que j'avais pensé que ça serait drôle.

« Tu ne le portes jamais… je grommelle. »

Plus précisément, il ne le porte que lorsqu'il est au lit. Presque toutes les nuit, mais j'aurais aimé qu'il voit la lumière du jour au moins une fois. Et s'il sait que je l'ai remarqué, il ne le fera plus.

Il rit. « Pourquoi est-ce que tu prends la peine de protester, je ne saurais jamais ! »

Et puis il s'en va.

Qu'est-ce qu'il a donc derrière la tête ? Est-ce que tout le monde est devenu fou ?

Lucius sniffe des philtres d'amour, Tom est étrangement attentionné, et il passe énormément de temps avec le Professeur de Sortilèges, et aujourd'hui il va voir Dumbledore ? Et Bellatrix glousse, Severus est mystérieux… Très bien, ça, c'est peut-être pas si étrange en fait. Mais tout le monde est devenu dingue. Et je pourrais… sans doute me trouver un hobby, je suppose. Parce ce que si nous allons chez les Malfoy, Tom et Lucius vont très souvent me laisser seul. Je pourrais me mettre au tricot. Je ris de moi-même. Peut-être pas, mais je peux trouver mieux.

— LUCIUS —

« Je veux juste discuter. Pourquoi est-ce que tu es si difficile ? je demande. »

Severus retire ses mains des miennes, et détourne un peu la tête.

« On parle tout le temps.

— D'accord, qu'est-ce qui ne va pas ?

— Pourquoi est-ce que tu n'irais pas discuter avec ta copine ? cingle-t-il. »

Je fronce les sourcils et tends la main vers lui. Il fait un pas en arrière.

« Je n'ai pas de copine. Ce ne sont que – des apparences, je réponds.

— Des apparences ? Désolé, je ne savais pas que je n'étais pas convenable. » Il a l'air énervé. « Je savais. Je savais que je ne devais pas te laisser m'approcher. Tu es trop proche de Jedusor, toi – tout ce qui compte pour lui, apparemment, c'est Harry. Il ne laisserait jamais personne lui faire du mal sans – non. Il faut que je parte. »

Je fais un pas vers lui et le retiens par le bras, le forçant à se tourner pour me faire face.

« Arrêtes-ça maintenant. Je ne veux pas de ça. Enfin, je veux dire… c'était une expérience, non ? »

Il acquiesce, il semble prêt à exploser.

« Groupe témoin ? je demande d'une petite voix. »

Il rit, en rejetant la tête contre mon épaule, et il me serre contre lui.

« Est-ce que tu le penses vraiment ? chuchote-t-il. »

Il lève les yeux. J'écarte une mèche qui est tombée devant ses yeux, et l'embrasse sur son front.

« Demande à Harry. Je lui ai posé des questions sur toi il y a des jours. »

Je m'avance pour l'embrasser. Il sourit.

« Non, on deviendrait comme eux. Va-t'en et je pourrais accepter de recevoir tes lettres pendant l'été. »

Je souris.

« Severus Snape, tu seras ma perte. »

Il sourit.

« Je ferais de mon mieux. »