Résumé du chapitre précédent : Harry et Tom n'ont plus l'obligation d'aller à l'orphelinat pendant les vacances et les passent donc au Manoir Malfoy. Mais Harry passe ses journées seul, sans Tom et ne parvient pas à se trouver de quoi s'occuper… Pendant ce temps là, Severus et Lucius se remettent de leur séparation et se sautent dessus immédiatement.


CHAPITRE TRENTE DEUX

Je ne pourrais pas t'aimer plus


— HARRY —

Le vent fouette mes cheveux et je souffle pour qu'ils arrêtent de me tomber dans les yeux pendant que le sorcier attache fermement mon harnais. Il se trouve que l'escalade n'est pas aussi Moldu que Tom l'avait pensé. Il tire avec force sur les attaches. Je ris, parce que j'aimerais bien avoir autre chose à faire que paniquer. Pourquoi est-ce que j'ai laissé Tom me convaincre de faire de l'escalade ?

« Est-ce que tu ne préférerais pas t'attacher les cheveux avant qu'on commence ? demande l'homme. »

Ce n'est pas vraiment une question. Je prends l'élastique autour de mon poignet et attache mes cheveux en un chignon bas. Il attache le casque sous mon menton. Je serre ma prise en levant les yeux sur la montagne. Enfin, je suis plus au fond d'un gros ravin, en fait. Un ravin très très large. Est-ce que je suis fou ? J'ai passé l'âge d'utiliser les Maisons pour décrire les choses, de penser que seulement certaines personnes peuvent faire certaines choses, mais c'est sans doute l'acte le plus Gryffondor que je connaisse, tellement Gryffondor que le serpent sur mon polo veut tomber et fuir l'imposteur que je suis.

Je me tire vers le haut, sentant la brûlure dans mes bras. Ça va être difficile.

— O —

Je me jette sur le lit à côté de Tom et je grogne.

« Est-ce que tu dois faire ça à chaque fois ? demande-t-il.

— C'est toi qui a suggéré l'escalade, Thomas. Ne soit pas impoli avec moi, je réponds avec mon visage enfoncé entre les oreillers. »

Il se retourne et place ses mains sur mes épaules.

« Je n'ai rien entendu, dit-il affectueusement. »

Je tourne brusque la tête vers lui.

« Ne sois pas gentil avec moi. »

Il lève les yeux au ciel et sourit, jouant du piano avec ses doigt sur ma clavicule.

« Décides-toi, à la fin…

— D'accord, peut-être que tu peux être un peu gentil avec moi, je boude. »

Il attire ma main jusqu'à sa bouche et mordille mon doigt.

« Et si j'étais un peu méchant ? chuchote-t-il. »

Je suis pris de court, et je rougis.

« Tu ne veux pas faire de choix ? taquine-t-il.

— C'est quelque chose de difficile, je gromelle. »

Il laisse nos mains enlacées tomber entre nous.

« J'ai fini mes leçons de danses. Demain, nous irons sur le Chemin de Traverse.

— Oh.

— Est-ce que j'ai mentionné que j'aime ces- ces tatouages sur ton bras ? demande-t-il.

— Occupation Ratée, je murmure. »

Il presse un baiser sur mon bras.

« Rien de ce que tu fais n'est un échec à mes yeux. »

Je rougis à nouveau et en tombe du lit.

« Tu n'es pas Tom ! je l'accuse. »

Il rit sombrement. « Je pourrais te le prouver. Viens un peu plus près. »

Je souris et remonte sur le lit.

« Je te retrouve, là… »

— TOM —

« Qu'est-ce que tu veux dire ? Tu ne peux pas finir le plan ? je demande.

— Est-ce que tu y tiens vraiment, encore ? Tu n'en as plus parlé depuis des mois, réponds Lucius. »

Je l'observe.

« Je l'ai laissé me clamer.

— Qu'est-ce que c'est supposé– Lucius, de quoi est-ce que tu parles ?

— C'est ma définition de… de l'affection. Quand tu as besoin de quelqu'un de la manière dont j'ai besoin de lui. De te laisser être complètement vulnérable, de perdre le contrôle, de te rendre vraiment égal. De lui donner le pouvoir de te briser le cœur et de te laisser comme tu en as laissé tellement – c'est ça pour moi la confiance. C'est comme ça que tu commence à aimer. Tu m'as demandé une fois comment on aimait quelqu'un. Voilà comment on fait, comment je le fais.

— Ça a toujours été Harry, seulement Harry, je lui réponds. »

Est-ce qu'il essaye de me dire que je suis incapable d'aimer Harry parce que je ne l'ai jamais laissé me baiser ? C'est une point de vue très élémentaire. Non ?

« J'aime Harry, je continue à travers mes dents serrées.

— Est-ce que quelqu'un d'autre que toi le sait ? »

Harry sait. Il le sait. Je ne lui répond pas. Lucius hoche brièvement la tête et puis s'en va.

Il a tort. Harry sait. Et je m'assurerais qu'il ne l'oublie jamais.

— HARRY —

« Où allons-nous, Tom ? »

Sa prise sur ma main se raffermit, et il ne dit rien. Il m'attire jusqu'à une petite allée et ouvre la porte d'une boutique.

« Où est-ce qu'on est ?

— Ce stupide Gryffondor avait une bonne idée, je suppose. Mais je vais faire les choses proprement, dit-il. »

Je suis son regard jusqu'aux petites ailes dorées qui dépassent de ma chaussette. Un tatouage ?

« Un tatouage ?

— Il faut que je fixe ce vif d'or tous les soir, celui que tu as fait spécialement pour lui. J'ai pensé que je pourrais t'en offrir un – enfin, c'est à dire, si tu en veux un autre. »

Je lance mes bras autour de son cou et l'embrasse.

« C'était une question ! Une vrai question, pas un truc rhétorique ou quoi ! je crie.

— Oui…

— Oui ! »

Une sorcière apparaît dans un coin.

« Félicitations ! »

Je cligne des yeux, confus. Tom me tapote le bras une fois qu'elle est partie.

« Elle pense que nous venons de nous fiancer, fait-il d'une voix morne. »

Je mords mes lèvres, déçu.

« Qu'est-ce qui ne va pas ? demande Tom. »

Je secoue la tête.

« C'est rien. Alors, un tatouage ? »

On avance un peu plus dans la boutique. Je m'assied sur une chaise. La sorcière de toute à l'heure revient pour me parler.

« Quel charmant couple vous faites.

— Merci. »

Elle sourit.

« Qu'est-ce que tu veux ? »

Tom apparaît devant moi.

« J'ai un dessin, là. »

Une heure et demi plus tard, nous sortons de là, main dans la main.

« Est-ce que je peux le voir ? je demande.

— C'est ton corps, dit Tom. Mais vu l'endroit, tu vas attirer l'attention des passants si tu le fais. »

Je baisse les yeux sur mes robes. Oui, il faudrait que je retire tout si je voulais le voir.

« Tu me ramène à la maison ? »

Il me jette un sourire prédateur.

« Bien sûr. »

— O —

Tom me presse contre la tête de lit, et m'embrasse avec passion. Je soupire contre sa bouche. Je descend pour me frayer un chemin jusqu'à son érection, brûlante.

« Attends, Harry…

— Attendre ? Pour quoi ? »

Il glisse ses mains le long de mon corps et suit le même tracé avec ses lèvres. Je le fixe du regard, incapable de voir quoique ce soit d'autre que la manière dont il presse la pulpe de ses doigts contre mes hanches en souriant doucement. Il tremble. Je saisis sa main et l'embrasse doucement. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe, mais Tom a l'air anxieux. Il tient mon sexe de son autre main et me regarde avec de grands yeux. La pièce est silencieuse, seulement troublée par nos souffles. Il approche ses lèvres de mon sexe et les laisse à peine en effleurer la peau. Je soupire de bonheur, et je relâche sa main. Il tire la langue, comme s'il n'était pas vraiment sûr de ce qu'il doit faire avec. Il croise mon regard avec détermination, et je lui souris avec encouragement.

« Est-ce que je fais ça bien ? chuchote-t-il

— De quoi ? »

Il admet qu'il est inquiet ? Il admet être vulnérable devant moi ? Pas besoin de préciser que je suis maintenant réduis à un petite tas de guimauve.

Je hoche la tête et caresse sa joue.

Il trace les veines de mon membre avec sa langue, lentement, délibérément. Je mords mes lèvres. Juste au moment où je pense qu'il ne peut pas faire mieux, il le prend dans sa bouche. Je gémis à plein poumons. Il est brillant, vraiment et complètement brillant. Je frémis et je tremble tout en ayant un orgasme des plus bruyants. Tom en lèche les résidus sur sa main.

« Tu es ma vie, Tom Jedusor. »

Il me sourit, tout en essuyant son autre main sur les draps, et en réajustant son sous-vêtement.

« Non, laisse moi… »

Je tire sa main hors de ma bouche et lèche ses doigts jusqu'à ce qu'ils soient propres. Il s'allonge à côté de moi. Je pose ma tête sur son épaule.

« Je ne pourrais pas supporter de te voir partir. »

Il embrasse mon front.

« Moi non plus, répond-il. »