Résumé du chapitre précédent : La rentrée approche, Harry va commencer sa cinquième année à Poudlard. Il passe un peu de bon temps avant ça sur le Chemin de Traverse avec Severus, Tom et Bella. Quand l'année scolaire commence, Harry demande à Tom de l'accompagner pour la première sortie à Pré-au-Lard.
Note du traducteur : J'ai un peu de mal avec un paragraphe de cette histoire, je pense que ce n'est pas un problème de langue, mais de respect du canon. Normalement, un sorcier peut voyager par transplanage, mais c'est difficile et dangereux, et les mineurs ne peuvent pas le faire. Cependant, un adulte peut voyager avec quelqu'un d'autre par un transplanage d'escorte. Au début de Harry Potter et la Coupe de Feu, on voit Harry voyager par Portoloin avec les Weasley et les Diggory. Bah… ici… y'a un Portoloin d'escorte ?
CHAPITRE TRENTE-QUATRE
Je ne pourrais jamais le dire assez
— HARRY —
« Bonjour Harry, salua Lucius. »
Je me frotte les yeux et fronce les sourcils.
« Qu'est-ce que tu fais là ? je demande.
— Tu vas à Pré-au-Lard aujourd'hui, paresseux.
— On n'est pas amis, je grogne.
— Harry, tu es vraiment une personne très étrange, répond-il. »
Je me tire du lit.
« Certaines personnes vont te faire des cadeaux aujourd'hui, ne les perds pas, dit Lucius. »
Je le fixe avec de grands yeux.
« Pourquoi ?
— Ne les perds pas, c'est tout. » Il glisse une couronne de fleurs sur ma tête, et me sourit, avant d'ajouter : « Et ne soit pas en retard. »
Tout cela est si étrange que je porte toujours la couronne en descendant les marches. Comme c'est le tout premier week-end à Pré-au-Lard de l'année, tout le monde attend que les consignes soient répétées pour les troisièmes années.
« Harry ! lance Bellatrix.
— Salut ! »
Elle se tient sur la pointe des pieds et me jette une couronne tressée de lavande sur la tête. Je ris.
« Pourquoi ? je demande tout en replaçant cette couronne proprement sur ma tête. »
Elle hausse les épaules.
« Amuse-toi bien à Pré-au-Lard…
- Est-ce que tu as vu Tom ? je demande. »
Elle secoue la tête.
« Va chez Honeydukes. » Et puis elle s'en va.
Mes amis sont vraiment très bizarres aujourd'hui.
Je traîne chez Honeydukes, je touche les objets sur les étagères, tout en prétendant que je ne suis pas là seulement pour attendre quelqu'un. Où est-il ? Je pensais qu'on irait à Pré-au-Lard ensemble.
« Tu attends quelqu'un ? demande une voix. »
Je me retourne.
« Hey Sev ! Salut ! »
Il me tend une couronne de feuilles d'olivier et de lierre.
« Quoi ? je demande. »
Il rit.
« Va aux Trois Balais.
— Mais quoi ? je demande encore une fois, perdu. »
Il me serre fort dans ses bras.
Quoi ?
Severus Snape ne fait de câlin à personne. Ça n'arrive jamais.
Je ne pourrais pas être moins confus quand je finis par atterrir aux Trois Balais.
Tom me tend une bièreaubeurre, avec un grand, un immense sourire.
« Pourquoi est-ce qu'on ne s'enfuirait pas ? demande-t-il.
— À cause de toutes ces obligations et responsabilités dont tu parles à longueur de journée. Et je ne suis pas censé être celui de nous deux qui est le plus ridicule ? »
Il m'embrasse sur le front, déplaçant un peu les couronnes de ce fait, et prends mes mains dans les siennes.
« On va partir maintenant. »
Il attrape ma main et me tire jusqu'à l'âtre de la cheminée. Nous voyageons ainsi jusqu'à la majestueuse chambre que nous partageons au Manoir Malfoy. Nous sortons par la grande porte, jusque dans la cour. Je cesse mes protestations et me laisse être guidé ainsi. Nous marchons jusqu'au jardin derrière la maison et puis dans les champs. Tom y récupère encore une autre couronne de fleurs – des gypsophiles et de la fleur de carottes – et l'ajoute sur ma tête. Même si les tresses sont fines et les fleurs petites, j'ai peur de finir par ressembler à un jardin si Tom n'arrête pas bientôt. Et je suis confus. Mais que peut bien faire Tom ? Il ne veut pas répondre à mes questions. Il ne me parle plus.
« Tom ? »
Il me tend une rose violette, et tient les épines si fort dans sa main que ses doigts saignent.
Il croise mon regard. Il a l'air… inquiet. Mais qu'est-ce qui l'inquiète ? Qu'est-ce que nous fuyons ?
Je pose ma main sur la sienne et lui sourit avec douceur.
Et puis le monde autour de nous disparaît, et je me sens tiré par mon nombril jusqu'à un endroit éloigné. La fleur était un Portoloin ?
Je prends la rose et sourit. « Ne te fais pas mal, s'il te plaît. »
Abraxas Malfoy est là, et il nous jette un regard mauvais en guise de salut.
« C'est un quartier moldu les garçons ? fait-il avec son nez retroussé. Eh bien, bonne chance Jedusor. »
Il sourit, c'est si rare pourtant, et donne une petite tape dans le dos à Tom.
Quoi ? Quoi ?
Il m'ébouriffe les cheveux et puis transplane au loin.
… quoi ?
Les étoiles brillent au-dessus de moi dans la nuit noire. Tom s'avance vers l'orphelinat où j'ai vu son visage pour la première fois.
« Qu'est-ce que tu fais, Tom ? On ne vit plus ici. »
Il caresse mon pouce avec le sien.
« On ne peut pas entrer par effraction dans un orphelinat ! je m'exclame. »
Mais je le suis malgré tout, à travers la fenêtre et puis jusqu'à la chambre que nous avons un jour partagé. Aucun enfant ne dort ici, ce qui est bon pour nous. Je me demande s'il n'y a jamais eu que Tom qu'on a voulu cacher ici.
Enfin, et moi.
Tom cherche quelque chose dans les plis de la couverture et en tire une autre couronne.
« Viens dehors. »
Je dois dire que la sécurité est plus que minable. Même après avoir escaladé la fenêtre et marché d'un pas lourd à travers tout le bâtiment, personne ne nous fait face.
Théoriquement, on pourrait kidnapper un des enfants. Pas qu'on le ferait, mais ça pourrait arriver.
Il me guide jusqu'au mur de pierre où j'ai pleuré sur mon triste sort il y a tellement d'années de ce la.
« Tom, est-ce que tu vas finir par m'expliquer tout ça ?
— Attends… c'est tout ce que je te demande. »
Je le scrute avec incertitude.
« Attendre ? Pour quoi ? »
Balthazar glisse jusqu'à nous, portant lui-même une couronne. Il baisse la tête vers moi. Je la prends et la passe autour de mon poignet en riant.
« Qu'est-ce qui se passe ? »
Balthazar me tire la langue.
Bien sûr, c'est un serpent, mais je sais à quoi m'en tenir.
Les cinq couronnes tiennent en équilibre précaire sur ma tête. Je les maintiens comme je peux avec la main qui tient la rose.
« Est-ce que tu… commence Tom. » Il… tremble ? « Est-ce que tu en as sept alors ? demande-t-il. »
Je compte rapidement et hoche la tête.
Sept.
Ce nombre allume un brasier quelque part dans ma mémoire. J'en ai sept. Mais à quoi vont-elles servir ?
« D'accord. D'accord, comment dire ça ? Je ne suis pas… bien. On dit qu'on ne peut pas aimer quelqu'un sans s'aimer soi-même. Et c'est faux. C'est – Je n'ai jamais pensé rien du tout de moi-même. Mais toi… Harrison, tu es spécial. Tu m'as changé. »
Les larmes me montent aux yeux. Il - Il. C'est soit une blague cruelle, soit un rêve merveilleux. Je ne l'ai jamais vu chercher ses mots avant.
« Et je sais que je suis détestable. Que je t'ai fait pleurer. Tu – Tu pleures maintenant, remarque-t-il, légèrement paniqué. »
Je fais un geste de la main.
« Je vais bien.
— Mais tu m'aimes malgré tout. Et je t'aime aussi. Merlin, je t'aime tellement. Je voudrais pouvoir être avec toi pour toujours. Je–
— Tu pourras, je t'aime. »
Et puis il commence à pleurer. Je ne l'avais jamais vu - Je ne savais pas qu'il pouvait…
« Je ne me remets jamais en cause, je ne m'inquiète jamais assez pour les autres, je ne perds jamais mes mots. Je ne m'excuse pas. Je ne fais jamais attention aux autre – Je m'en fiche. Je ne supplie pas. Je n'ai pas d'amis. Et je ne tombe pas amoureux, dit-il. »
J'acquiesce. Tu ne pourras pas me faire peur, Tom.
« Mais toi – Harry, avec toi. Je suis amoureux de toi, Harrison James Potter. Je suis amoureux de toi de la même manière que le soleil se lève et se couche chaque jour, constamment, inévitablement et éternellement. Je suis amoureux de toi de la même manière que les saisons changent. Tu me donne envie d'accomplir de meilleures choses, d'être une meilleure personne. »
Je pleure de grosses larmes maintenant.
« Veux-tu m'épouser ? demande-t-il enfin. »
Il tisse toutes les couronnes entre-elles pour n'en faire plus qu'une, et glisse la rose à l'intérieur, avant d'incanter avec sa baguette. Un petit cercle violet apparaît au creux de sa main.
« Je n'ai jamais… jamais eu à demander, jamais eu à partager. Mais s'il te plaît, Harry. Partage ta vie avec moi, chuchote-t-il. »
Je prends la bague dans sa main et la glisse à mon doigt.
« Tommy, tu es vraiment fleur bleue. »
Il rigole, ses yeux humides.
« Bien sûr que j'accepte de t'épouser. » Je souris.
« Quelle tradition moldue ridicule, vraiment, murmure-t-il. »
Je presse mes lèvres contre les siennes.
Oh, Hermione... Si tu pouvais me voir, maintenant.
Et voilà, il ne nous reste plus que l'épilogue ! La narration est toujours aussi énigmatique, mais tout finit par se résoudre ici, et je dois avouer avoir versé ma petite larme à la traduction… et à la relecture ! Tom a déteint sur moi !
