Je ne possède aucun des personnages de la série ou des films.
L'opération ne paraissait pas plus compliquée qu'une autre. Il suffisait de pénétrer dans l'immeuble pour l'exfiltrer, mais tout ne pouvait pas tout le temps se contrôler.
Première mini-fic dans ce fandom dans le cadre d'une Nuit du FOF
Comme je n'ai pas fini ma fic avec les mots de cette nuit, j'ai tiré au sort des anciens mots des Nuits et le premier c'est "Jardin". Pas facile à caser dans le contexte, mais défi relevé !
Comme les autres ce chapitre m'a pris 1h30 et non 1h.
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
EXFILTRATION
Chapitre 6
Ethan toussota et postillonna du sang. Ce n'était pas une bonne nouvelle. Il sentait bien qu'il avait de plus en plus de mal à respirer, mais un murmure lui fit redresser la tête. Un murmure venant de la salle d'en face, des lèvres d'Ilsa qui venait de murmurer son prénom. Elle avait comprit et il murmura lui aussi avant de se laisser submerger par sa douleur.
- Ilsa… pardonne-moi…
Puis ce fut le noir et il n'eut plus conscience de rien.
En le voyant s'écrouler en avant Conrad poussa un cri de rage.
- Non !
Hors de lui, il se tourna vers Tarchek.
- Il me le fallait conscient jusqu'au bout !
- Mais il devrait l'être ! Un type comme lui ne s'effondre pas aussi facilement !
- Apparemment si ! Vous avez intérêt à me le ramener ! Je veux la suite de ce code ! Ou c'est votre tête qui va voler !
OoooO
Brandt prit pied sur le toit et enfila son oreillette filaire. Pour le coup, il comprenait Benji, ces trucs étaient des antiquités. Il se rapprocha du puits de ventilation, resté ouvert, et demanda à ses amis.
- Tout le monde est en place ?
- Oui, dit Luther assis dans une camionnette qu'il avait fracturé, l'ordinateur du Cyber Café sur les genoux.
- J'y suis, répliqua Benji.
Ce dernier se trouvait dans un endroit exigu et sombre, des câbles couraient à ses côtés. Son cœur battait fort et il vérifia trois fois le chargeur de son arme. Oh, il était un agent de terrain maintenant, il l'avait assez réclamé et leurs dernières missions lui avaient donné pleinement cette place, ce n'était pas ça qui le rendait nerveux. Non, de toute manière il était toujours nerveux. Ce qui lui donnait une boule au ventre, c'était sa peur de ne pas être à la hauteur. Ethan avait besoin de lui… Il n'avait pas le droit à l'échec.
OoooO
Conrad sentait la rage monter en lui. Hunt avait cédé. Il était plus faible que Tarchek l'avait imaginé ! Il avait cédé et il n'avait même pas la moitié du code ! Cela le mettait viscéralement hors de lui ! Il se rapprocha et agrippa Ethan par les cheveux pour le forcer à redresser la tête. Il lui donna même une gifle de sa main libre, mais ce dernier ne réagit pas. La rage le fit frémir et il passa une main dans son dos pour en tirer une arme qu'il braqua sur la tête de l'agent secret inconscient.
- Si vous ne me pouvez plus me servir, il est temps de mettre fin à la partie, Mr Hunt, lança-t-il en armant son tir.
Sauf qu'au moment où il allait faire feu, une déflagration fit vibrer l'immeuble. Conrad se redressa et lança un coup d'œil à Tarchek.
- Qu'est-ce que c'est ?
Ce dernier lui fit un geste d'impuissance et les deux hommes se précipitèrent hors de la salle, tout comme celui qui était auprès d'Ilsa.
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Au bruit de la déflagration, cette dernière tourna la tête. Une explosion ? Dans le bâtiment ? Est-ce que cela avait à voir avec elle ? Ethan ne laissait jamais tomber son équipe. Elle l'avait vu offrir de se rendre et accepter de se faire torturer pour sauver Benji. Il avait perdu un chargement de plutonium pour sauver Luther. Il avait failli mourir, pour l'aider, elle… Oui… Il y avait des traumatismes profonds ancrés en lui, des pertes qu'il pensait qu'il aurait pu éviter, alors il n'abandonnait personne et il protégeait tout le monde, tout le temps… tout le monde à part lui le plus souvent… Alors est-ce que c'était réellement Ethan ou devait-elle faire confiance à son instinct et continuer à croire qu'il était là, de l'autre côté de ce miroir ?
OoooO
Brandt vérifia son harnais d'occasion avec une certaine angoisse. L'immeuble faisait quand même 45 étages et la chute serait terriblement mortelle si jamais le matériel lâchait. C'était quand même bien plus sécurisant de se jeter dans ce type d'opération avec l'équipement de l'IMF. Cependant, ce n'était pas le moment d'avoir des doutes. Il fallait faire vite.
- J'y suis.
- Et comment tu vas faire avec les ventilateurs ? Lui demanda Benji. Je ne pense pas que Luther puisse les contrôler et de toute manière, ils comprendraient.
- Pas besoin de les pirater, je t'ai promis une diversion, tu te rappelles ? Marmonna Brandt en attrapant deux grenades qu'il dégoupilla avant de les jeter dans le puits de ventilation, et puis, autant qu'il sache que nous arrivons.
Les grenades heurtèrent violemment la première série de ventilateurs qui explosa et Brandt se laissa glisser doucement à l'intérieur avant de lancer deux autres grenades. Une deuxième, puis une troisième déflagration retentirent, lui dégageant le passage jusqu'au 22 étage.
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Benji fit la moue.
- D'accord, je vois ce que voulais dire « je fais du bruit et tu les récupères ».
Il vérifia une nouvelle fois son arme et ajouta.
- Fais-moi monter Luther.
- J'y travaille, mais cet ordinateur est d'une lenteur extrême.
- Je crois qu'on a plus le temps…
- Par contre les caméras de surveillance sont toujours en boucle si ça peut t'aider.
- Ok. Dis-moi si ça tient, dit Benji en ouvrant la trappe qui se trouvait devant lui.
Lestement, il se laissa glisser à l'intérieur atterrissant dans l'ascenseur… Quelques minutes avant que Brandt se lance d'un toit à l'autre, il avait utilisé la vieille technique qui consistait à pénétrer dans un lieu en se fondant dans la masse et personne ne faisait attention à un coursier. La plupart du temps, on ne levait même pas les yeux sur lui. Avec rapidité, il avait gagné sa place, se demandant à quoi allait ressembler la diversion de Brandt. La réponse était plutôt « explosive », mais au moins cela lui laissait peut-être le champ libre, l'analyste pressa sur le bouton du 22 ème et sauta pour se hisser à nouveau sur le toit de la cabine. Cela lui prit quelques longues secondes et il souffla en se retrouvant dessus pendant que l'appareil montait.
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Pendant que Benji montait, Brandt descendait. Avec agilité, il se glissa dans le conduit secondaire prit par Ethan et lutta contre une légère claustrophobie qui le prit par surprise. Cet espace était quand même relativement étroit, mais ce n'était pas le moment de flancher pour ça, c'était parfaitement ridicule. Alors il inspira et se mit à progresser dans le tunnel.
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Au même moment, Conrad, Tarchek et le troisième acolyte se retrouvèrent avec d'autres types lourdement armés dans le couloir du 22 ème. Ils perçurent la deuxième, puis la troisième explosion et Conrad se tourna vers Tarchek.
- Ne me dites pas que vos mercenaires ont manqué l'équipe de Hunt ?
- Leur planque a été pulvérisée.
- Et les corps, vous avez vu les corps ?
Tarchek ne sut pas quoi répondre et ce fut à ce moment que la porte de l'ascenseur s'ouvrit en bipant. Instinctivement, Conrad et la demi douzaine de types qui se trouvait avec lui se retournèrent dans sa direction et le braquèrent, mais il était vide.
Avec précaution, ils se rapprochèrent et certains risquèrent un coup d'œil à l'intérieur. L'un d'eux leva la tête et remarqua tout de suite que la trappe menant au toit était ouverte, mais il n'eut pas le temps d'ouvrir le feu, car Benji activa une grenade assourdissante qu'il lança devant la porte. La flashbang explosa en projetant les types au sol. Ses éclats touchèrent celui qui était le plus prés au visage et il s'écroula en poussant des cris de douleurs, pendant que le britannique se laissa tomber dans l'ascenseur.
Son cœur battait fort, mais il ouvrit le feu et abattit deux types de plus avant que Tarchek et les autres se reprennent. Ils ouvrirent le feu dans sa direction et Benji eut juste le temps de se jeter derrière une banque d'accueil. Les tirs se répercutèrent sur la banque, faisant voler des éclats dans tous les sens.
Cependant, totalement concentré sur l'analyste, ils ne repérèrent pas Brandt qui jaillit du conduit par l'arrière. Il roula au sol et abattit deux des types restant dont celui qui avait torturé Ilsa.
En se retrouvant seul avec Conrad, Tarchek l'attrapa par le bras et l'entraîna avec lui dans un couloir secondaire. Brandt se releva d'un bond et courut en direction de la banque derrière laquelle se trouvait Benji.
- Tu vas bien ?
- Oui, répondit le britannique en se redressant.
- Parfait. Trouve Ethan et Ilsa, je m'occupe d'eux.
- Soit prudent, lui lança son ami alors qu'il s'élançait à la poursuite de Conrad et du bourreau serbe, mais ce dernier ne prit pas le temps de lui répondre avant de partir à leur poursuite.
Benji secoua la tête et arme au poing, il se dirigea sur la droite, espérant qu'il allait vite les retrouver et que tout ne serait pas trop tard.
OoooO
La prairie était verte, fleurie et un léger vent faisant danser les brins d'herbe. La forêt qui déployait ses grands arbres derrière la clôture blanche paraissait paisible… Tout était calme, serein… Les bâtiments de la ferme étaient semblables à bien des fermes américaines, construits en bois, peint dans les couleurs briques avec de grandes portes blanches. La maison était une bâtisse en bois avec un étage, tout aussi solide et traditionnelle avec son porche, sa terrasse et son rocking-chair. Un fusil de chasse était accroché au-dessus de la porte. A l'arrière, une partie de la propriété avait été aménagé en jardin. Il y avait un vieux barbecue, une table débitée dans quelques arbres de la forêt et une remise pour le bois. Au fond, sur la droite, un grand chêne centenaire faisait de l'ombre… une ombre agréable en été. Sur ses branches les plus basses, avait été installé un plateau auquel on accédait par une corde. L'arbre majestueux était un lieu idéal pour construire une cabane et s'inventer un monde nouveau. Ethan se rapprocha, posa la main sur le tronc de l'arbre et frissonna. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait là, ni pourquoi la douleur avait soudainement disparu. Un peu perdu, il resta immobile, sursautant quand son nom résonna dans l'air…
« Ethan… Ethan… »…
L'agent de terrain frémit et tourna la tête en direction de la maison. Sur le porche, le regardant, il y avait deux silhouettes. Un homme et une femme. Ils le regardaient en souriant et ses frissons se firent plus marqués. Il ne les avait pas vu depuis si longtemps, est-ce que c'étaient eux qui étaient en train de l'appeler. Oui, c'était forcément eux… C'était pour ça qu'il était là… Il était venu les retrouver. C'était pour ça qu'il n'avait plus mal. Tout était en train de se terminer et ils ne semblaient pas lui en vouloir. Ils souriaient… Cela voulait dire qu'ils le pardonnaient. Alors Ethan osa faire le premier pas et il traversa rapidement le jardin pour les rejoindre.
« Ethan… Ethan… »…
Ce dernier sourit à son tour et grimpa les quelques marches pour se retrouver en face d'eux. Cela faisait tellement longtemps qu'il ne s'était pas senti aussi léger, insouciant et heureux. Alors sans attendre, il se pencha et serra doucement la femme dans ses bras, murmurant pendant que les larmes étaient en train de le surprendre, lui qui avait tellement de mal à pleurer.
- Maman…
Margaret enveloppa son fils, le berçant dans ses bras.
- Pardon maman, pardon… souffla Ethan pendant que la main de son père se posa sur son dos.
- Mon fils…
Entendre la voix de son père, lui scia les jambes et il faillit s'écrouler, mais il se redressa et tomba dans ses bras à son tour.
- Papa… Pourquoi tu ne m'as rien dit ? Je serai resté… Je te promets que je serai resté…
- Ça aurait été égoïste mon fils… Tu avais le droit de faire tes propres choix.
« Ethan… Ethan… »…
Cette voix… Toujours cette voix… D'où elle venait… Pourquoi elle venait le titiller alors qu'il était enfin où il voulait être… dans ce lieu et dans les bras de ce père qu'il n'avait pas serré contre lui depuis 37 ans…
« Ethan… Ethan… »…
Agacé, il se redressa et se tourna vers sa mère.
- Je ne vous quitterai plus.
- Mais il le faut mon fils, dit Margaret en s'avança pour poser ses mains sur ses joues. Tu ne peux pas rester là.
- Bien sûr que si… Je suis enfin chez moi, je ne veux pas…
- Mais il y a des gens qui t'aiment, lui murmura son père. Des gens qui ont besoin de toi contrairement à nous.
- Mais…
- Ecoute fils…
« Ethan… Ethan… »…
- Ecoute…
« Ethan… Reviens bon sang ! Ouvre les yeux ! Ethan… »…
Cette voix… Il la connaissait cette voix et elle semblait si désespérée… Alors il inspira et fit l'effort d'ouvrir les yeux, laissant la ferme disparaître alors que la douleur revenait de manière violente.
