L'incessante guerre qui opposait le clan Uzumaki-Senju au clan Uchiha assiégeait la ville de Konoha. Les deux clans partagés s'étaient retranchés respectivement dans le Nord et le Sud de la ville et aucun des membres n'osait s'aventurer dans le territoire de l'autre. Dans la nuit noire, profonde où seule la lueur terne de l'astre nocturne servait d'éclairage, deux épées bruissaient aux éclats sous les agitations frénétiques de leurs maîtres. Les deux hommes frappaient d'estoc et de taille à en perdre le souffle. Le plus jeune, blond, disposant d'une taille assez imposante qui ne culminait pas moins dans le mètre quatre vingt huit si ce n'est cette dernière valeur, était vêtu d'une longue cape noire bordée de rayures roses qui camouflait vainement des sous-vêtements de la même texture à cause de l'euphorie éolienne. Le plus vieux quant à lui ne se distinguait de son adversaire que part une taille plus petite et des cheveux bruns qui grimaçaient au gré du vent. Bientôt à bout de souffle, dominé par l'âge et la fatigue, ce dernier se laissa choir sur ses fesses, désarmé par le jeune blond qui rayonna de triomphe à en croire le sourire qui se peignit sur ses lèvres. Boruto s'approcha de l'uchiha glacé d'une panique mortelle. Plus rien ne l'empêchait à présent de venger la mort de son père. « Le sang doit être vengé par le sang » se disait-il intérieurement alors que son épée monta vers le ciel pour revenir trancher la vie de l'uchiha qui ne tenait désormais qu'à un fil. Mais ce dernier geste fut comprimé lorsque le cri d'un fusil retentit près de son oreille. Tellement près qu'il s'en fallut de peu que le jeune blond n'en devienne sourd. Il tourna les talons pour voir une jeune femme marcher sur eux avec l'ascendant d'une guerrière.
—Que fait un Uzumaki sur notre territoire ? Fit-elle lorsqu'elle se hissa à leur niveau.
—Je suis venu prendre la vie de ce scélérat et croyez-moi chère demoiselle, aucun être vivant ne saurait se mettre en travers de ma lame et la vie de cet homme sans en payer les frais.
—Ah bon ? Que vous fera sa mort ?
—La satisfaction de m'être vengé de l'assassin de mon père.
—Dommage que cela ne restera qu'une utopie, reprit-elle en claquant des doigts.
—Ah oui ? Et qui m'en empê…
Boruto n'eut le temps de terminer sa phrase qu'une troupe d'uchiha détachée des broussailles le cerna en un clin d'œil. Face à cette nouvelle menace imprévue, il resta de marbre et sortit de sa poche un paquet de cigarettes sous l'intérêt de la jeune femme. Il en tira un trait et remit le paquet dans sa poche pendant que sa deuxième main alla recueillir un briquet dans la poche opposée.
—Maintenant qu'allez-vous faire de moi ?
—La même chose qu'à ton père, s'interposa Sasuke qui jusque là était interdit par la surprise d'avoir été sauvé d'une mort qui semblait pourtant certaine il y a quelques instants. Aussi se releva-t-il et se plaça prêt de sa fille salvatrice du jour.
Sarada s'apprêtait à lire un désarroi dans les traits du jeune homme à l'annonce de son supplice, mais fut déçue lorsque ce dernier haussa juste un sourcil et qu'un léger sourire fendit ses lèvres. Finissant d'allumer sa cigarette, il glissa le briquet dans sa poche et reprit :
—La mort ? Datebasa ! Ça m'étonnerait.
—Tu m'as l'air sûr de toi, relança Sasuke.
—Aussi sûr que vous mouriez de mes mains.
Le sang de Sasuke ne fit qu'un tour. La colère dilatait ses veines et bouillonnait son sang. N'en pouvant plus face à l'insolence du jeune blond, il marcha vers lui pour relancer un nouveau duel lorsque la main de Sarada s'interposa entre lui et sa cible.
—Ça suffit ! Coupa-t-elle sèchement. (Puis s'adressant à Boruto) Vous m'avez l'air très confiant de ce que vous avancez.
—Aussi confiant que Dieu ne saurait l'être de sa parole.
—Et s'il me plaît là maintenant de vous loger une balle dans le cœur, sériez-vous toujours aussi sûr de vos avances ? Marmonna celle-ci en pointant le bout de sa carabine sur le cœur du blond comme si elle essayait de prendre le dessus sur le calme de sa physionomie
—Alors il serait mieux pour votre vie que vous ne me ratiez pas en appuyant sur la gâchette.
—Ça suffit ! Ligotez-le ! Ordonna-t-elle.
Le soldat le plus proche se saisit des mains de Bolt, mais ce dernier s'en dégagea sans effort.
—Parsembleu ! Laissez-moi finir ma probable dernière cigarette s'il vint par un quelconque malheur que je ratasse mon évasion. Ce qui d'ailleurs m'étonnerait. Mais pour l'instant je n'ai nullement l'intention de m'échapper alors laissez mes mains tranquilles, datebasa !
—Qu'il en soit ! Conclut la belle brune aux lunettes carmines.
On enfourcha le prisonnier sur un cheval, et la troupe se dirigea vers les loges des uchiha. Vu de loin, les demeures des uchiha leurs parurent drues et condensées sous l'éclairage argenté de la lune. Mais lorsqu'ils franchisèrent la dernière montagne et que la troupe se rapprocha des maisons, ces dernières s'écartèrent par magie et les espaces s'insinuaient entre elles, se tortillants par-ci , se divisants par-là, serpentants par tel autre et revenants se croiser en embranchements tels les cous d'une Hydre sans fin. La troupe à destination stagna et l'on fit descendre le prisonnier. Sarada, la première à franchir le sol de ses pas bailla sous cap et demanda à se retirer pour un profond sommeil revigorant. Sasuke reprit les commandes et ordonna qu'on ligotât solidement le prisonnier. Deux gardes furent placés à l'entrée de la retraite où était retenu en captivité le fils de Naruto. Demain, ses pieds mesureront trois quarts au dessus du sol s'il ne parvenait pas à s'échapper durant toute la nuit.
Malgré le supplice qui l'attendait, le jeune blond dans la vingtaine de l'âge céda sous le joug du sommeil et s'en fut dans les bras de Morphée. Mais une panique mortelle le remit sur son séant au beau milieu de la nuit. « Pas question de mourir des mains de ces scélérats » grinça-t-il entre deux bouchés quoique d'un ton bas. D'un geste fluide, un petit couteau glissa le long de sa manche et échoua entre ses mains solidement liées. Il ne fit aucun effort. Le couteau était tellement tranchant qu'à peine oppressa-t-il les cordes que celles-ci cédèrent, lui rendant ses mouvements. Il ne restait plus que les gardes à passer et la liberté s'offrira à lui. Mais deux ronflements intermittents au seuil de la porte vinrent lui annoncer que l'évasion sera plus facile que prévu. Les gardes s'étaient endormis, surclassés par les assauts du sommeil qu'ils eussent tenté de refouler en vain. Comment résister à une bonne somme véhiculée par un doux courant d'air qui berçait les sens ?
Le jeune homme traversa la sortie à pas de velours et chipa au passage la carabine de l'une des sentinelles. Subtil comme une brise, il sillonna les cases et rebroussa le chemin qui l'eut conduit entre temps dans le repaire de ses ennemis. Lorsqu'il s'éloigna des cases, l'espoir renouait le cœur de Boruto. Mais la liberté qui s'offrait à sa vue s'estompa lorsqu'il vit la silhouette d'une jeune femme trôner au dessus de la montagne. C'était Sarada, il n'y avait aucun doute et celle-ci l'avait déjà remarqué bien avant le blond.
—Inutile de se cacher, tonna-t-elle en s'avançant vers le celui-ci.
Ce dernier marcha à sa rencontre et lorsqu'il s'en fut à sa hauteur, il lança d'un ton ferme quoique bas qui ne laissait entrevoir aucune faiblesse :
—Veuillez garder le silence jeune femme.
—Oseriez-vous me donner des ordres jeune homme ?
—Et alors ? Fit le blond dont les veines saillants de la tempe trahissaient déjà la colère.
Outrée, elle se dégagea de l'obscurité et se révéla au jeune blond plus que jamais belle et avenante. Vêtu d'une chemisette féminine rose, sapée d'un collant noir et bottée des chaussures qui à en juger la structure, étaient propre à la gente féminine. À sa vue, la température de Boruto baissa d'un trait. De son statut de princesse héritière, Sarada était habituée à dominer ses sujets et personne n'osait révoquer ses paroles, même pas son père. Mais Boruto était un cas spécial. Une équation qu'elle-même malgré son intelligence ne saurait résoudre.
—Vous êtes mais alors vraiment culotté pour m'adresser ainsi.
—Gardez-vos airs supérieurs aux chiens qui vous servent de sbires, répondit sèchement Boruto. Écoutez, je m'évade par ma volonté et personne ne saura se mettre impunément en travers de ma route.
—Et s'il me plaît d'éveiller le clan là et maintenant ?
—Seriez-vous prêt à sacrifier votre vie pour mettre vos chiens sur les traces d'un homme aussi intangible que le vent ? Et il dégaina son couteau qui luisa au vif de la clarté pâle de la nuit. Écoutez, vous êtes jeune et semblez avoir un grand avenir. Mais ne le gâchez pas inutilement.
Et il marcha dans sa direction. L'uchiha explosa en rire de mépris et toisa Boruto comme un insecte.
—Croyez-vous pouvoir m'effrayée avec vos stupides menaces ?
—Sans l'ombre d'un doute non, reprit l'Uzumaki. Voilà pourquoi je m'en vais vous donner le choix sur la façon dont vous souhaiteriez mourir avant que vous ne songiez à éveiller le camp.
Un sourire lugubre étira ses lèvres relayées par un regard qui dardait des éclairs. Il n'était plus qu'à un pas de la jeune femme. Cette dernière chercha, sembla-t-il, une lueur d'hésitation qui trahirait le dessein de son interlocuteur. Mais lorsqu'elle n'en trouva aucune, son cœur loupa un battement et la fit reculer. C'était la première fois qu'elle ressentait une panique vis-à-vis d'un ennemi.
—Par quoi souhaiteriez-vous mourir lorsque vous aurez fini de crier ? Hum ! Voulez-vous que je vous torde le cou ? Ou que mon couteau se fraye un passage dans votre gorge ? Ou qu'une balle de ma carabine trouve le chemin de votre cœur ? Ça serait tellement dommage qu'on en arrive là.
Et il continua de marcher sur le sillage de la jeune femme qui n'arrêtait de reculer.
—Si je ne mets aucun obstacle à votre fuite, promettez-vous de me laisser tranquille ?
—Ma foi ! Sans l'ombre d'un doute.
—Alors disparaissez ! Tonna-t-elle en s'écartant du chemin du blond.
—Non non, ça ne se passe pas ainsi belle demoiselle. Je ne pus encourir un risque de trahison de votre part. On est jamais prudent avec un uchiha. Je m'en vais de ce pas vous ligoter et vous bâillonner pour être sûr que ma fuite se passe sans encombres.
Cette fois-ci la brune n'en pouvait plus. Cet homme avait totalement pris le contrôle de la situation. Mais que pouvait-elle contre un homme qui imposait par sa taille aussi bien que par sa carrure matérialisée par quatre vingt trois kilogrammes de muscles enchâssés dans une silhouette pourtant svelte ? Il la soulèverait sans peine comme une vulgaire plume. Le blond se saisit d'elle par la taille, la retourna brusquement, ramena ses deux mains à l'arrière et commença de la ligoter. L'uchiha lança un regard morbide à l'Uzumaki lorsque ce dernier se plaça devant lui pour la bâillonner.
—Hum ! Hum ! Parsembleu ! Je reconnaitrai ce regard entre mille. C'était celle de ma maîtresse d'école quand elle voulait me corriger à la trique. Quand elle me lançait ce regard là, je prenais mes jambes à mon cou et détalais de la classe. Mais un jour je ratai ma fuite. Un malheureux tocard plaça malencontreusement son pieds sur ma trajectoire. C'était trop tard, datebasa! Le choc fut inévitable. Ma foi ! Je n'aime pas me souvenir de cet instant. Mais je pus vous jurer sur la calvitie de mon défunt père que depuis le jour où je mettais pieds à l'école, il n'y avait qu'une seule porte d'entrée et de sortie qui communiquait avec la classe. Mais ce jour là, lorsque je me relevai de ma chute, il y en avait désormais deux. « Hum ! C'est pas naturel ça » me disai-je. Quoiqu'il en soit l'heure n'était pas aux questionnements. J'étais droitier, j'empruntai donc la porte de sortie qui était à ma droite sans savoir que c'était l'illusion de ma chute. Ce fut la mauvaise. Au lieu de respirer l'air de la liberté quand on franchissait la porte de sortie, je reçu à la place le froid câlin brutal d'un mur de béton qui me plongea dans les pommes. Hum ! C'était la première fois que je ratais une évasion. Mais voyez-vous, vous n'êtes pas ma maîtresse d'école. Vous n'aurez donc pas cette bonne fortune.
Sarada malgré elle ne put s'empêcher de glisser un sourire sous le bâillon qui lui prohibait la parole face au récit comique du jeune blond. Il l'avait sidérée. Ce dernier l'assit contre un pan de bloc, reprit ses armes puis après un clin d'œil malicieux, disparut dans les épais halliers, à la lumière de l'aube qui se matérialisait, devant les yeux hébétés de la belle brune. Pour une fois, elle était tombée amoureuse de cet homme et elle désirait le rencontrer une nouvelle fois dans de meilleures circonstances. Qui sait ? Leur union pourrait baisser les armes de leurs deux clans.
—Sayonara !
Fin…
Salsyd...
