I.
LE JUGEMENT
Les nuits à Los Angles étaient décidément bien agitées. Depuis que j'en était devenu le Prince je n'ai eu aucune nuit de repos, entre les assauts du Sabbat, la rébellion des Anarchs, ainsi que la venue fort dérangeante des Kuej-in sur notre territoire. Et je devais m'efforcer de faire respecter les lois et la Mascarade avec tout ça.
Mais après tout, c'est bien moi qui est voulu de cette ville pour en faire mon domaine, et ce n'était qu'une question de temps avant que je n'y parvienne totalement…
Alors que j'observais ma ville à travers les immenses vitres de mon penthouse, je me disais que cette fois-ci ça allait peut-être être un peu plus calme que les autres nuits…
Finalement je me résigna à accepter d'avoir parlé trop vite lorsque j'entendis que l'ont frappa à la porte de mon bureau. Je soupira d'agacement et me retourna, fixant froidement la personne qui venait déranger ma quiétude.
- Maître LaCroix, Murdoch a bien franchit la ligne comme vous l'aviez craint.
Lorsque le Nosferatu se présenta à moi je me souvint. C'était l'espion que j'avais envoyé espionner Murdoch, un Ventrue comme moi, qui ces derniers temps m'avait paru un peu étrange et quelque peu obsessionnel.
C'était un bon Kindred en soit, loyal envers la Camarilla, mais je me doutais bien que ça allait arriver.
- Capturer le, ainsi que son enfant, et faites convoquer les vampires les plus importants de cette ville, je souhaite faire un exemple. Le jugement se fera au théâtre de la ville.
Le Nosferatu qui m'avait apporté la nouvelle acquiesça d'un mouvement de tête et sorti suivit de mon Shérif.
Je me servis un verre de sang noble et me retourna de nouveau vers la baie.
- Ah Murdoch… Quel dommage, tu étais si prometteur, mais je t'avais prévenu... On n'enfreint pas la Mascarade impunément…
Au bout de quelques minutes je me dirigea vers le théâtre de la ville, c'était l'endroit idéal, et personne ne viendrait nous déranger à une heure aussi tardive.
Murdoch et sa nouvelle progéniture furent amenés sans délais, un pieu dans le cœur chacun. Je m'approcha de ces deux Kindred évanouis et enleva le pieu du cœur de Murdoch. Au bout de quelques secondes il se réveilla et me fixa avec un regard haineux.
- LaCroix ?! Comment as-tu… Aussi vite ?! me cracha-t-il au visage tentant de se défaire de l'emprise de mon Shérif.
- Allons… Cela faisait plusieurs semaines que je te trouvais étrange, a toujours aller dans ce même bar, chaque soir, à devenir inattentif à mes mots, toi qui étais d'habitude si à l'écoute. Il est donc normal que je t'ai fait suivre, j'avais peur que tu enfreignes nos lois, et tiens, qu'apprends-je ce soir ? C'est ce que tu as fait. Pourquoi ne pas m'avoir demander la permission avant de donner l'étreinte ?
- Parce que tu ne me l'aurais jamais accordé !
- C'est vrai… Tu es encore bien trop jeune pour devenir Sire... Mais je ne te comprends pas, pourquoi avoir cédé à la tentation... ? Pourquoi renoncer à la vie pour cette... créature.
- Jamais tu ne pourrais comprendre ce que je ressens pour elle. La passion est un mot absent de ton vocabulaire et je le sais parfaitement.
- Effectivement je ne peux pas comprendre comment une simple humaine peut te faire enfreindre les lois qui font notre société...
- Cette femme... Cette femme elle est pire qu'une drogue ! Elle n'était pas satisfaite de sa condition de simple humaine, et elle mérite tellement sa place dans ce monde en tant que vampire. Rassure-toi elle ferait une excellente Ventrue, elle a toutes les qualités pour. Je veux bien accepter mon châtiment, j'ai enfreint la loi et ce en connaissance de cause, mais par pitié, ne l'exécute pas elle ! Elle doit vivre ! Il le faut !
- Tu connais la loi, tu mourras et elle aussi, c'est ainsi. Tu me déçois, Murdoch, j'avais placé énormément d'espoirs en toi...
- Espèce de...
- Remettez lui le pieu dans le cœur jusqu'au début de la cérémonie.
Ses jérémiades commençaient sérieusement à me taper sur le système... Il retomba sur le champ dans l'inconscience me laissant enfin souffler.
Épargner sa progéniture ? Et puis quoi encore ? Je n'allais tout de même pas m'encombrer d'une nouvelle-née à qui il aurait fallu apprendre toutes les bases...
Je pris tout de même la peine de me diriger en direction de la jeune femme, la curiosité étant forte, je souhaitais savoir sur quel genre de femme Murdoch avait-il pu jeter son dévolu. Elle avait été déposée dans un coin de la scène, le pieu toujours planter dans le cœur.
Je ne pu m'empêcher d'émettre un soupir emplis de regrets. Quel gâchis... J'ignorai jusqu'à présent quel était le genre de victime que privilégiai Murdoch, à présent je comprenais que l'on partageais les mêmes goûts.
Elle ne semblait pas avoir plus de vingt-quatre, vingt-cinq ans...
Sa longue chevelure brune aux reflets roux s'éparpillait tout autour de sa tête sur le sol, contrastant avec la blancheur de sa peau. Son corps semblait gracile, mais sa robe de soirée noire, fendue sur le côté révélant l'une de ses cuisses ornée de bas à la dentelle travaillée et retenue par un intriguant porte-jarretelles, mettait en valeur une poitrine généreuse.
Malgré moi je sentis mes crocs s'aiguiser. Oui, si je l'avais rencontrée quand elle était encore humaine, je n'aurais pas hésité une seule seconde à planter mes canines dans son cou. Elle se serait cramponnée à moi, savourant ma morsure, en réclamant toujours plus...
Oui, c'était du gâchis, mais c'était fait, cette nuit, sa non-vie s'achèverait.
Les bruits de pas me signalant l'arrivée des vampires qui peuplent Los Angeles dans le théâtre, me tirèrent de ma contemplation de cette jeune femme.
Le jugement pouvait commencer.
La douleur que je ressentis dans la poitrine fut intense, mais bientôt je repris mes esprits. Alors que je croyais que l'homme avec qui j'avais passé la nuit avait décidé de mettre fin à mes jours, je m'étais réveillée dans le lit de notre chambre d'hôtel, différente... Mais je n'avais pas eu le temps de lui poser la moindre question que l'on me plantait un pieu dans le cœur.
Et je venais tout juste de comprendre que l'on venait de me le retirer. Mais je ne me trouvais plus dans la chambre d'hôtel.
La vision me revenait difficilement. J'étais à genoux, retenues les mains dans le dos par des hommes que je ne distinguais qu'avec peine. Je reconnaissais la scène du Théâtre.
Bon sang même qu'est-ce qui se passait ici à la fin ?
Bonsoir, mes très chers frères et sœurs vampires.
Un homme blond qui allait et venait devant moi, avait pris la parole. Au même moment, je remarquait la présence du mystérieux homme avec qui j'avais passé la nuit, à ma droite. Il se trouvait dans la même situation que moi.
- Pardonnez-moi de perturber ainsi vos affaires ou de chambouler vos engagement pour ce soir. Il est malheureux que nous nous soyons réunis pour une affaire des plus... embêtantes. Nous sommes ici réunis, parce que les lois qui unissent notre société, celles qui façonnent notre existence... ont été brisées. En tant que Prince de cette ville, selon la loi de la Camarilla, j'ai le droit de donner ou de refuser aux vampires de cette ville le privilège d'étreindre. Beaucoup d'entre vous sont venus me voir avec une telle requête, et j'en ai satisfaite quelques unes... Toutefois, l'accusé qui se tient devant vous ce soir ne s'est pas vu refuser cette permission. En fait, il ne l'a jamais demandée ! Il fut capturé peut après avoir donné l'étreinte à cette enfant. Je souffre de devoir annoncer une telle sentence, car jusqu'alors je considérais l'accusé comme un membre loyal et exemplaire de notre organisation... Plus que ça même, comme un ami... Mais comme certains d'entre-vous le savent déjà, la punition d'une telle transgression est... La mort. Sachez que je suis moins un législateur qu'un serviteur de la loi qui nous gouverne tous. Que les événements de ce soir servent à rappeler à notre communauté que nous devons le code qui régit notre société, de peur de mettre tout notre sang en danger.
Mon cerveau avait énormément de mal à comprendre tout ce qui se passait devant moi. Mais le peu d'éléments que j'arrivais à capter me menait à la conclusion que je me trouvais dans un tribunal, et que j'allais être jugée.
L'homme qui faisait son monologue se pencha alors au niveau de mon amant d'une nuit. Ce dernier lui jeta un regard emplit de haine.
- Pardonne-moi, fit l'homme blond avant de se relever pour reporter son regard vers l'assemblée. Que le châtiment commence.
Alors que je me croyais en pleine hallucination. Un homme... Non... Un monstre, de près de deux mètres cinquante s'approcha de mon amant avec une immense épée, sans doute plus lourde que moi, et au signal du maître de cérémonie, coupa la tête du beau brun que j'avais aimé le temps d'une soirée.
Le spectacle m'arracha un hurlement tandis que la tête séparée du reste du corps roulait sur la scène, puis il disparu dans un amas de cendres.
La peur me gagnait, parcourant peu à peu mes veines. Je voulais m'enfuir, je refusais de finir de la même manière, mais les mains qui me maintenaient dans mon dos étaient puissantes, et je n'arrivais pas à me libérer.
Une larme coula sur ma joue. Sans savoir pourquoi, la disparition de cet homme me rendait infiniment triste... Je ne connaissais même pas son nom...
- Ce qui nous amène au sort de son enfant illégitime.
La voix de l'homme blond repris comme si de rien était, captivant l'assemblée. Et je comprenais que mon tour était venu...
- Sans Sire, la plupart des enfants sont condamnés à errer sur Terre sans jamais connaître leur place, leurs responsabilités, et plus important encore, les lois qu'ils doivent respecter. C'est pourquoi j'ai décidé de...
Voilà, c'était la fin, mon destin était scellé...
- CE NE SONT QUE DES CONNERIES !
Une voix puissante venait de s'élever dans l'assemblée coupant la parole de mon juge.
Je relevais la tête cherchant du regard l'homme qui avait prononcé ces mots. Dans l'obscurité de la salle je n'entrevis malheureusement que deux pupilles d'un bleu sauvage, indomptables, mais qui se gravèrent aussitôt dans ma mémoire.
Les murmures s'élevèrent dans la salle, suite à la protestation. Et le prince qui jusqu'ici avait été maître de la situation, sembla perdre contenance et peser le pour et le contre dans sa tête.
- Si M. Rodriguez accepte de me laisser finir... J'ai décidé de laissé cette enfant vivre... On lui apprendra les coutumes de notre race et on lui offrira les mêmes droits. Que personne ne dise que je manque de compassion envers les fléau et les problèmes de notre communauté. Je vous remercie tous d'avoir assisté à ces événements, j'espère que vous en avez tous compris la nécessite et que la signification n'en a pas été perdue. Bonne soirée.
A peine eut-il prononcé les mots de ma libérations que l'étau qui enserrait mes poignets se relâcha. Par réflexe je frottai mes poignets pour soulager la douleur dû à leur compression. L'homme que j'avais qualifié de monstre un peu plus tôt rengaina son arme pour mon plus grand soulagement avant de s'éloigner. La salle de spectacle quand à elle se vida peu à peu.
Les hommes qui me retenaient captives jusqu'ici quittèrent eux aussi la scène, me laissant seule avec l'homme qui avait fait son monologue.
Il se plaça face à moi et me tendit son bras afin de m'aider à me relever.
Bien que la méfiance était de mise, j'acceptai tout de même son aide et me releva enfin.
Je pus enfin le détailler.
Il faisait bien une bonne tête de plus que moi, il avait le visage fin et les yeux d'un bleu perçant. Sa beauté me frappa de plein fouet. Il était au possible encore plus beau que l'homme qui venait de se faire exécuter, mais contrairement à lui, son regard était froid, et son expression ne laissait pas de place à la séduction. Il était certes beau, mais il était surtout terrifiant.
Il était habillé aussi richement que l'homme qui m'avait séduite, son trench-coat noir était sans aucun doute fait sur-mesure dans une matière noble, et ne laissait entre-voir qu'une cravate noire finement brodée de fil d'argent.
Même son parfum reflétait son aisance financière.
Il faisait parti du beau monde et le faisait savoir.
Je sentis son regard calculateur me scruter. Ça se voyait tout au fond de ses yeux qu'il regrettait que je sois encore envie. Son plan avait été dès le départ de m'éliminer... Maintenant il devait composer avec moi qui ne savait même pas dans quel monde j'étais tombée.
- Votre nom ?
- Je me nomme Kirsten...
- Très bien Kirsten, à partir d'aujourd'hui vous êtes sous ma responsabilité, je suis Sebastian LaCroix, Prince de Los Angeles.
- Prince... ?
- Oui, cette ville est mon domaine. Je comprends que tout ceci est nouveau, perturbant pour vous, mais vous devez vous y faire.
Maintenant qu'il m'adressait la parole j'entendais distinctement un léger accent français, quelque peu effacé par le temps et la pratique certainement quotidienne de l'anglais. En même temps, LaCroix, ça faisait très noble français du début XIXème, peut-être voulait-il se donner un genre...
- Votre Sire, Murdoch... C'est tragique, je le regrette... Mais vous devez comprendre. Il y a un code très stricte que nous devons... Devons tous suivre pour assurer notre survie. Quand quelqu'un, qui que ce soit, enfreint l'une de ces lois, cela sape la bon fonctionnement de notre société millénaire. Comprenez mon problème.
Alors qu'il entamait un nouveau monologue, sans me laisser le temps de poser la moindre question il prit la direction des coulisses du théâtre et je me décida à le suivre dans le dédale de béton.
- Vous laissez en vie, me met dans une situation précaire, puisque je serai responsable de vos actes futurs. Donc ce que je vous offre aujourd'hui n'est pas un acte de bonté, mais une occasion de dépasser le destin que vous a offert votre Sire.
Il s'arrêta devant une porte avec pour seule indication le mot « Sortie de secours » écrit en gros.
- Ceci sera votre épreuve du feu... Vous serez conduite à Santa Monica. Là bas vous y rencontrerez un agent du nom de Mercurio. Il vous confiera les détails de votre tâche. J'ai fait preuve d'une grande clémence à votre égard, prouvez moi que ce n'était pas en vain, jeune vampire... Ne revenez pas dans le centre ville à moins d'avoir réussi votre mission. Bonne soirée...
Sur ces dernières paroles, il m'ouvrit la porte et me poussa littéralement hors du théâtre sans même me laisser de temps de digérer la situation.
Je me retrouvais à présent seule dans les rues du centre-ville de Los Angeles, sans avoir la moindre idée de ce qu'il venait de se passer.
Venait-il de m'appeler « jeune vampire » ?
Mon dieu, si ça se trouvait j'avais vraiment trop forcé sur l'alcool l'autre soir, j'étais tombée dans un coma éthylique, et j'étais sûrement entrain de délirer ! C'était obligé, il n'y avait pas d'autre explication !
Alors que j'avançais difficilement au centre de la ruelle je me mis à contempler mes bras. Depuis quand ma peau était-elle devenue aussi blafarde ?
J'ai toujours été naturellement très blanche, mais là ça dépassait tout ce que j'avais déjà connu.
Et depuis quand un rêve était aussi réel, bon sang !
Soudain, un homme qui était appuyé contre le mur du bâtiment, m'interpella. Il semblait visiblement attendre ma sortie.
- Quelle scène ! Waouh ! Et après, ils te jettent comme un bébé nu dans les bois. Bon sang, ça doit te faire beaucoup à enregistrer d'un coup, non ? Je vais t'expliquer un peu les bases, si tu veux...
Il était à l'exacte opposé de ce LaCroix. Lui ressemblait à un biker aux cheveux noirs, longs accompagnées d'une barbe toute aussi longue, portant une veste en cuire sans manche. Son corps était couvert de cicatrices. Je l'avais aperçu un peu plus tôt dans l'assemblée dans un coin sombre de la salle, à fumer une cigarette.
- Qui êtes vous ?
- Oh toi, rien qu'à t'a façon de parler tu empestes le Ventrue à plein nez ! Moi, c'est Jack ! Ce qui est important ? Je t'offre mon aide. Si tu reviens de Santa Monica en un seul morceau on discutera, OK ? Pour l'instant, je n'ai pas beaucoup de temps. Alors, partante ?
- Qu'est-ce qu'il vient de se passer, j'y comprends rien !
- Ne t'en fais pas poupée, tu t'y feras. J'aurais aimé tout t'expliquer, mais j'ai pas vraiment le temps. Tu veux de l'aide ou quoi ?
- Oui, de l'aide serait la bien venue.
- Bon, on n'a pas beaucoup de temps, mais il faut quand même que quelqu'un finisse par t'expliquer quelques trucs. Ça pourrait te sauver la peau. T'as pas l'air en forme. T'as bu, ou pas ?
- Boire quoi ?
- Oh, bon sang, t'es vierge ! Ah, ça va te plaire ! Ton nouveau kif, ton champagne. Le sang est devenue ta nouvelle putain d'héroïne, tu vois ? Mais prépare-toi, c'est jamais aussi bon que la première fois ! En revanche, va y avoir un souci. Tu es une Ventrue, ce qui veut dire que tu as des goûts particuliers... Il faudrait que tu vises des personnes qui te plaisent physiquement déjà, ça pourrait être un bon début, sinon tu risques de tout gerber, et je n'ai pas envie d'être celui qui va ramasser ! Tu vois, au coin, là, le pauvre type en costard cravate qui ne retrouve pas sa bagnole ? Haha...
Boire du sang ?! Alors ce n'était pas une blague quand l'autre type m'a appelé vampire ?!
Remarque, maintenant que j'y réfléchissais... Mon cœur ne battait plus... Mon cœur ne bat plus ! Dîtes moi que c'est un cauchemar, et que je vais bientôt me réveiller, par pitié.
Malgré ma panique intérieur, je fis de mon mieux pour garder mon sang froid, au vu du sérieux que le mec en face de moi affichait.
- Et... Donc... Qu'est-ce-que je fais... Je veux dire...
- Ok, t'y vas tranquille, tu arrives derrière lui, tu sors tes petits crocs, et tu bois ! Et t'inquiètes pas, si tu n'étais pas du genre physique dans ton ancienne vie. Ça va te venir naturellement, comme si tu l'avais déjà fait des milliers de fois.
- Et... Est-ce qu'il se transformera à son tour ?
Ma phrase le fit se plier en deux à cause du rire. Je croyais qu'il était là pour m'aider, mais s'il se moque de moi à la moindre de mes questions ce n'est pas gagné...
- Oublie ces conneries de films, ça ne marche pas comme ça dans le monde réel. Allez, vas-y. Mais surtout, et c'est important, écoutes bien, surtout le vide pas entièrement. Ça pourrait être dur de résister, mais il ne faut pas les tuer.
- D'accord...
Je n'osa pas protester quand je vis le sérieux dans ses yeux lorsqu'il me donna sa mise en garde. Du moins, je voulais bien faire attention, mais comment savoir lorsqu'il était sur le point d'être complètement vidé ?
Alors que des milliers de questions se bousculaient dans ma tête, je m'approchais de ma futur victime. Il ressemblait à un nouveau riche, sans doute patron d'une petite entreprise qui marchait plutôt bien et en effet il semblait complètement paumé. Au moins, sa tenue me rassurait, je me voyais mal boire le sang d'un homme crasseux. Rien qu'à cette idée mon estomac se tordit. C'est sans doute à ça que Jack faisait allusion.
Je m'approchai doucement, de lui, il était de dos, facilitant mon approche. Je repérai instantanément sa jugulaire, c'était presque comme si je pouvais voir le sang pulser sous sa peau. Cette vision me fit me lécher inconsciemment les lèvres, et c'est là que je les sentis, des crocs acérés avaient remplacés mes canines.
Sans plus attendre je bondis sur son dos et planta mes crocs dans son cou, tout en me cramponnant à lui.
Très vite le goût métallique envahi mon palet. Jamais je n'avais rien connu d'aussi bon. Jack avait entièrement raison, je venais d'avoir ma première injection d'héroïne et ça n'allait sûrement pas être la dernière...
Enfin j'étais rentré à mon cher penthouse. Je ne pouvais plus supporter la présence de ses vampires inférieur.
La nuit avait une nouvelle fois été mouvementée, et elle était bientôt terminée. A peine j'avais quitté le théâtre que ces fous du Sabbat avait tenté de m'attaquer. Mal leur en à pris. Il ne me connaisse pas. Jamais des vampires aussi faible et aussi mal organisés ne pourrait réussir à m'atteindre.
J'ai envoyé mon Shérif terminer le ménage. Ils regretteront d'avoir attenté à ma vie.
Alors qu'une nouvelle fois je me mis à contempler ma ville au travers des baies de mon bureau, mon esprit divagua de nouveau sur cette toute jeune vampire.
Oui, le fait que j'ai dû l'épargner me laissait un goût amer. Mais au moins était-elle de mon clan, une Ventrue, et qu'elle Ventrue ! Son physique ainsi que sa prestance faisait honneur à notre lignée... Quel gâchis qu'elle eut été transformé, je l'aurais bien gardée comme repas...
Enfin, si elle survivait au test que je lui ai préparé au moins pourrait-elle devenir mon alliée...
Faudrait-il encore qu'elle survive...
