II.

Nouvelle vie, nouvelle recrue

Jack, malgré sa façon de parler un peu trop familière à mon goût, ainsi que son odeur des plus déplaisantes, avait été d'une grande aide. Il m'en avait appris suffisamment sur ma nouvelle condition vampirique pour que je puisse m'en sortir un minimum. Là ou le prince m'avait laissé sans la moindre information...

Si seulement le « Sabbat », comme l'avait appelé Jack, ne nous avait pas interrompus, j'aurais peut-être pu en apprendre un peu plus sur ce nouveau monde qui s'offrait à moi.

Au moins, j'avais appris à me servir de mes nouveaux pouvoirs, et je devais avouer que c'était une sensation vraiment agréable de se sentir aussi puissante.

Dans tous les cas, la politique de la société vampirique ne semblait pas aussi simple que le Prince avait bien voulu me le laisser entendre.

Et ce... Shérif est terrifiant... Monstrueux. Il avait éliminé ces trois vampires du Sabbat d'un simple claquement de doigts. Mieux valait pour moi que je suive les instructions de LaCroix sans broncher sous peine de risquer ma tête moi aussi...

Le taxi commandé par le prince pris la peine de m'emmener à mon ancien logement que je puisse y récupérer quelques affaires.

Je ne pris que le stricte minimum, des vêtements de rechange, du linge de lit, mon nécessaire de toilette et le peu de liquide qui me restait.

Ma carte bleue me fit de l'œil sur mon buffet, mais il était hors de question que je m'en serve. Je supposais que la Camarilla fera le nécessaire pour simuler ma mort auprès de ma famille. Si mon compte continuait de fonctionner ils se poseraient sans doute des questions.

Une photo de ma famille interpella justement mon regard. Sans savoir pourquoi, me dire que je ne les reverrai sans doute plus jamais ne me faisait absolument rien. J'aurais dû être dévastée, mais... J'avais fait le tour de mon ancienne vie, et cette nouvelle semblait tellement plus excitante. Si je devais sacrifier ma famille pour la vivre, je le ferai une nouvelle fois sans hésiter.

Une fois ma valise rempli de mon nécessaire, je retournai dans le taxi pour que celui-ci m'emmène à mon nouveau refuge à Santa Monica.

C'était tout de même drôle de se dire que les vampires vivaient en Californie qui possède un taux d'ensoleillement exceptionnel. Après tout, même les morts-vivants pouvaient apprécier les plages de sable fin...

Mais mon enthousiasme s'évanouit bien vite quand mon chauffeur s'arrêta devant l'immeuble d'un préteur sur gage et où il m'indiqua l'étage sur lequel on devinait des appartements. Il me tendit une clé et s'en alla sans demander son reste.

Je me dirigeai donc vers l'entrée du bâtiment, remarquant que sur le porte clé était noté le numéro cinq cent huit et j'en conclu que c'était le numéro de mon nouvel appartement.

J'ouvris la porte avec appréhension et mes craintes se confirmèrent. Cet appartement était complètement délabré.Il était déjà meublé certes, mais à voir l'état du lit et surtout du matelas taché et jauni je n'avais aucune envie de ne serait-ce que le toucher.

C'était un petit studio, le lit se trouvant sur la gauche en entrant, la cuisine, dont les portes de placard ne tenaient même plus, se trouvait sur la droite.

Sur le plan de travail se trouvait des restes de pizza datant de sans aucun doutes plusieurs semaines. Charmant...

Je ne pu refréner un haut le cœur, même morte j'avais encore ce genre de sensibilité.

Le prince croyait réellement que j'allais accepter de vivre dans un endroit pareil, moi ?!

Mais autre chose capta mon attention. Je regardais perplexe les volets qui protégeaient les vitres et qui étaient supposé me protéger moi du soleil.

Jack avait été très clair, le moindre rayon pourrait s'avérer fatal. Je m'occupais donc de colmater les trous avec quelques vêtements et entrepris de me faire un li de fortune dans un coin sombre de la pièce il était tout bonnement hors de question que je m'approche de ce lit.

Les trois poches de sang se trouvant dans le frigo eurent au moins le mérite de me faire sourire. Ils avaient pensé à ce détail, même si je trouvais cela moins attrayant que le fait de boire directement à la veine de ma victime.

Cet appartement ne me réjouissait absolument pas, mais je n'avais pas vraiment d'autres options.

J'allumais la télé pour me faire malgré tout une présence. Bien sûr je ne captais que la chaîne des informations. Bon aller, il fallait relativiser c'était toujours ça de pris. Tandis que je faisais un minimum de ménage dans mon nouveau lieu de vie, la voix du présentateur m'accompagnait en me racontant les dernière nouvelles de Los Angeles. Entre meurtre, équipage disparu, découvertes de créatures étranges, je devais avouer qu'après la nuit que je venais de passer, plus rien de m'étonnait.

Très vite le jour pointa son nez, je le ressenti dans la moindre parcelle de mon être, et très vite l'envie de dormir me gagna, impossible de lutter...

J'avais besoin de repos, les nuit prochaines promettaient d'être mouvementées.


Une nouvelle nuit était tout juste tombée sur Los Angeles que déjà les problèmes s'annonçaient... Je franchissais à peine la porte de mon bureau qu'un de mes employés me délivrait un message des Nosferatu.

Bertram aurait découvert que les journaliste du torchon à scandale sur lequel nous avions enquêté auraient envoyés un échantillon s'avérant potentiellement être du sang de loup-garou à l'hôpital de Santa Monica pour se faire analyser...

J'avais déjà envoyer des agents « régler » le problème des journalistes, mais j'ignorai qu'ils avaient déjà envoyé le sang au labo...

Ça mettait la Mascarade en grand danger, si jamais le bétail découvrait l'existence de ces horribles boules de poils, je ne parierai que peu de temps avant qu'ils ne prennent conscience de la notre.

Il fallait que j'agisse vite, le salue de tout notre sang reposait une fois de plus entre mes mains... L'hôpital de Santa Monica ? Et si je demandai à notre nouvelle vampire de se charger de ce travail, en plus de sa mission...

Son refuge se trouvait juste en face de l'hôpital, et ça me permettrai de voir ce qu'elle pourrait valoir... Cela faisait deux nuits que je l'avais envoyée détruire l'entrepôt du Sabbat, et je n'avais toujours pas de nouvelles d'elle. Mais si elle avait péri dans cette tâche, Mercurio m'aurait tenu informé je le sais.

Ma décision prise, je ne perdis pas une seconde de plus et lui envoya un mail expliquant ainsi toute la situation, espérant qu'elle agisse vite.

Voilà une bonne chose de faite. Ces petits désagréments écartés, je pus enfin me concentrer sur mes autres tâches.

Gérer les investisseurs humains de ma société était ce qui me prenait le plus de temps. Il fallait que notre couverture soit parfaite et pour cela je devais agir en véritable PDG. Heureusement ce n'était pas la tâche la plus difficile pour quelqu'un comme moi, mais elle me prenait une bonne partie de la nuit.

Voyant l'heure avancer je m'autorisai une pause dans mon travail, me concentrant pendant un instant sur mon objectif premier... La sarcophage d'Ankara. Quelle aubaine... L'artefact qui secouait le monde vampirique en entier se trouvait dans ma ville... Je l'ai appris la nuit dernière en écoutant les informations locales. Si ce n'était pas un signe du destin...

Seulement, il fallait que j'agisse avec prudence. Il fallait d'abord que je m'assure de son contenu... Mais a quel vampire confier cette mission... Je ne devais rien laisser au hasard, il fallait que je laisse à tout le monde croire que mon objectif est uniquement pour le bien de la Camarilla... Mais je devais m'assurer de la loyauté de mes pions avant ceci. Bientôt, chaque vampires de cette ville s'intéressera à ce sarcophage, que ce soit pour le détruire, ou pour en libérer le contenu...

Bien sûr je pourrais envoyer mon Shérif, mais même si je devais reconnaître ses nombreuses qualités, son niveau de discrétion était quasi nul...

Mes pensés se firent interrompre par un de mes employés m'informant que Ming Xiao demandait à me joindre sur ma ligne privée. Je ne pus empêcher mes yeux rouler en arrière.

Même si je devais avouer que mon pacte avec elle avait été bénéfique et avait permis d'affermir mon statut de Prince, je ne pouvais plus supporter la présence de ce démon répugnant.

Malgré ma répulsion, j'acceptais son appel. Il n'était pas encore l'heure de rompre le pacte avec les Kue-Jin.

- Sebastian, je suis ravie que tu acceptes enfin de me répondre, j'ai crue pendant un instant que tu avais oublié les termes de notre contrat...

Et elle se permettait des familiarités avec moi...

- Je ne t'oublies pas Ming Xiao, mais je n'ai que peu de temps à t'accorder. Je perds patience, que veux-tu ?

- Je souhaitai te prévenir que j'ai perdu de le contact avec l'un de mes hommes, et je soupçonne qu'il eut été éliminé par l'un ou plutôt l'une de tes agents si j'en crois ses derniers messages. Dois-je te rappeler que notre pacte de non-agression est toujours en place et que c'est pour cela que mes hommes n'ont pas encore envahi ton bâtiment.

- La mort de ton homme n'est pas de mon fait, je n'ai pas donné tel ordre. Comprends bien que je ne peux surveiller les faits et gestes de tous les vampires de Los Angeles. S'il est mort c'est qu'il a du provoquer l'un d'eux. Ou alors ça pourrait même être un membre du Sabbat, pour ce que j'en sais. Où a-t-il disparu ?

- A Santa Monica, la nuit dernière.

- Et que faisait l'un de tes hommes à Santa Monica sachant que tu censée de contenter de Chinatown pour l'instant.

- Ne joues pas à ce petit jeu là avec moi, Sebastian. Sans moi et mes troupes, les anarchs auraient sans doute déjà repris la main sur Los Angeles, et tu le sais. Si tu veux que notre alliance perdure n'oublies pas ton rôle. Si j'en crois le dernier message de mon agent, c'est une vampire qu'il n'a jamais vue...

- Une qu'il n'a jamais vue... Intéressant... Il y a bien une nouvelle vampire parmi nous, si tu veux mon avis elle ne devait même pas savoir ce qu'était un Kue-Jin. Je lui dirai de ne plus recommencer, mais toi en échange respecte ta partie du marché.

- En parlant de ça, je suppose que tu as entendu parler du fait que l'Elizabeth Dane se trouvait sur nos côtes... Si tu veux toujours que notre marché tienne, ne t'approche pas de ce sarcophage, sinon mes troupes déferleront sur ta ville avant même que tu puisse prononcer le mot Mascarade. N'oublies pas que mes troupes sont plus fortes que les tiennes, et que notre accord est la seule chose qui fait que tu sois le Prince de cette ville.

- Je ne l'oublies pas, Ming Xiao.

- Sur ce, bonne nuit Sebastian...

Dieu que je haïssais cette femme. Si je n'avais pas le parfait contrôle de mes émotions j'aurais sans doute déjà broyé ce téléphone entre mes doigts.

Comme-ci ses menaces pourraient m'empêcher d'accéder à mon sarcophage ! Une fois en ma possession, je serai invincible et les Kue-Jin de cette ville ne seraient qu'un lointain souvenir. M'imaginer lui arrachant la tête, me calma. Bientôt...

La sonnerie de mon téléphone interrompis ma rêverie. Je décrochai pour entendre la voix d'un de mes employés Ventrue m'expliquant qu'une goule avait vu quelques membres du Sabbat attaquer la nouvelle vampire à son arrivée en centre-ville et qu'elle fut sauvée par ce cher Nines Rodriguez... Décidément ce sale Brujah avait le don de se mêler des affaires qui ne le concernaient pas. Ça serait dommage qu'elle rejoigne ses rangs, elle a l'air de faire preuves de grandes ressources...

Et à présent, elle se trouvait à l'entrée de mon bâtiment. Impatient d'entendre son rapport je prévint le nouveau garde de l'entrée de la laisser accéder à mon bureau sans attendre.

Quelques secondes plus tard elle passait la porte de mon bureau. Et je fus forcé d'admettre la surprise en la découvrant.

Les deux nuits sans la voir m'avaient fait oublier son apparence, je devais l'avouer, mais dans mon souvenir elle n'était pas aussi... Attractive... Évidement elle ne portait plus la robe de soirée noire de son étreinte, elle était à présent vêtue d'un pantalon noir à la coupe serrée, mettant en valeur ses fines jambes, un haut de couleur bordeaux outrageusement décolleté et qui pourtant faisait très chic sur sa personne, sans doute l'effet du blazer noir qui assagissait l'ensemble. Ses escarpins rouges claquaient sur le parquet de mon bureau, hypnotiques. Son maquillage sombre autour de ses yeux mettait en valeur des iris grises, mystérieuse, et sa bouche était relevée d'un rouge à lèvre sombre, me rappelant sans peine la couleur de la vitae.

Mais un détail m'attira plus qu'autre chose, le collier choker qui enserrerait sa gorge. Il était doré et formait un nœud au bout duquel étaient suspendus les lettres C et D. J'avais toujours détesté ce genre de bijoux sur une femme, trouvant cela trop vulgaire, mais sur elle cela me donnait une tout autre signification. C'est comme s'il me narguait de la mordre à cette endroit précis.

Encore une fois je sentis mes canines s'aiguiser malgré moi... Pourquoi eut-il fallu que Murdoch lui donne l'étreinte... Elle aurait dû demeurer humaine...

Son apparence ne me fit néanmoins pas perdre ma contenance, au moins une chose qu'elle ne gagnerait pas sur moi, et j'attendis calmement qu'elle termine d'observer mon bureau et qu'elle s'approche pour lui adresser la parole.

On pouvait lire dans ses yeux l'admiration face à la décoration baroque, c'était normal, j'avais toujours fait attention de décorer mon intérieur avec goût et de sorte qu'il me rappelle ma France natale...

- Vous voilà. J'ai été informé de votre présence dans l'immeuble. Puisque vous êtes là, je vais supposer que vous avez détruit l'entrepôt, n'est-ce pas ?

- Oui, et j'ai déposé l'échantillon de sang de loup-garou dans ma boîte aux lettres comme demandé...

- Si rapide ? Et bien... Parfait. Je n'ai jamais douté que ma décision de vous garder vivante serait bonne. J'imagine que mon personnel n'a aucunement entravé l'exécution votre mission ?

- Disons que les vampires de Santa Monica sont... Fourbes...

- Un avant-goût de l'avenir... Vous n'avez pas idée...

Moi qui cherchait un agent capable de me rapporter des informations sur le sarcophage, elle tombe a pique, j'ai finalement bien fait de l'épargner l'autre soir...

- Votre succès est exemplaire aux vues des circonstances. J'admets que peu de vampires dans votre position auraient réussi une telle épreuve... Et ce n'était pas une entreprise vaine, croyez moi... Vous pourriez bien devenir une ressource de choix. C'est incroyable le manque de talent dans cette organisation, ces derniers temps. Que pensez-vous d'effectuer une petite reconnaissance pour moi ?

- Je vous répondrai « Oui, chef ! »

- Parfait. Vous étiez dans l'armée, non ? J'étais officier, moi-même... Dans l'armée Napoléonienne.

- Non, mais mon père était général dans l'US Army, je suppose que son caractère à dû déteindre sur le mien...

Alors qu'elle m'expliquait ceci je la vis pincer nerveusement ses lèvres rouges, et tripoter sa bague qu'elle portait à l'annulaire gauche. Je devais avoir touché un point sensible visiblement... D'ailleurs cette bague... Était-elle mariée ? Je ne me souvenais pas d'un tel détail le soir de son étreinte...

- Rassurez-vous je ne suis pas mariée ou fiancée, c'est une bague que j'ai hérité de ma grand-mère... fit-elle soudainement à ma question muette

Sans doute mon regard avait du se poser un peu plus longtemps que je ne l'aurais voulu sur cette bague. Mais je préférai ceci, cela aurait sans doute été contrariant si un prétendant aurait été susceptible d'apparaître à tout moment et ainsi l'écarter du droit chemin.

- Très bien... Il circule des rumeurs plus ou moins secrètes chez les vampires, au sujet du Elizabeth Dane, le cargo qu'on a récemment remorqué dans le port. Vous en avez entendu parler ?

- Oui, j'en ai entendu quelques mots dessus au journal télévisé, pourquoi ?

- La police enquête en ce moment même à bord du Dane. Même les Nosferatus ont peu d'informations sur ce qu'on y a trouvé. Toutefois, si le navire cause tant d'agitation, c'est qu'il transportait un objet appelé le sarcophage d'Ankara. Et puisque je ne suis pas du genre à prendre un décision reposant sur de simples conjectures, il me faut des faits. Et surtout des preuves que les événements qui ont eu lieu sur le Dane n'étaient pas de nature surnaturelle, et nullement liées à ce sarcophage.

- Et donc que voulez-vous que je fasse ?

- Vous avez trois objectifs. Tout d'abord, examiner le sarcophage pour y rechercher quoi que ce soit d'inhabituel. Vous pourriez sentir quelque chose d'étrange. En fait de nombreux vampires de la ville avouent sentir un certain malaise dans l'air depuis l'arrivée de ce navire. N'ouvrez le sarcophage d'Ankara sous aucun prétexte. Ensuite, la police a commencé son enquête. Renseignez-vous sur les conclusions auxquelles ils sont arrivés. Enfin, emportez le manifeste de chargement. Je veux savoir ce qu'il y avait d'autre dans la soute. Je ne veux surtout pas que la police ait conscience de notre existence, attention à ce qu vous ferez devant eux. Et contrairement à l'entrepôt, vous ne pouvez pas massacrer tous les policiers sur le navire sans que cela ait des conséquences. Compris ?

- Mm-mmh

- Bien. Oh, on m'a dit que vous aviez rencontré Nines Rodriguez. Il aime toujours faire étalage de son charme imbécile. Que vous a-t-il dit, exactement ?

- Après m'avoir aidée face aux hommes du Sabbat, il m'a donné rendez-vous au Last Round.

- Évidement, j'aurais dû m'en douter... Considérez cela comme une leçon. Vous voyez, nous, Ventrue, devons parfois prendre sur nous à fréquenter la racaille et les écouter avec un regard attentif, peu importe le ridicule de leurs façons de penser. Allez le rencontrer et donner mes salutations à la communauté Anarchs...

- J'y vais de ce pas.

Alors qu'elle se retournait pour quitter mon bureau, je la sentis hésiter l'espace d'un instant.

- Quelque chose vous préoccupe ?

- Je me doute que vous allez sans doute trouver ça un peu idiot, mais j'ai quelques questions à vous poser, à propos de notre... condition, fit-elle finalement en se tournant de nouveau vers moi.

- Je suppose que je dois pouvoir vous consacrer quelques secondes...

Elle pinça ses lèvres rouges une nouvelle fois, mais cette fois-ci c'était la gêne qui marquait son visage. Que diable pouvait-elle bien vouloir me demander ?

- Durant ma rencontre avec Mercurio, celui-ci m'a fait sous-entendre que vous lui aviez dit que nous, vampires, ne pouvions plus avoir de relations... Intimes... Et je me demandai si c'était vrai.

Là je dus avouer que je m'attendais à n'importe quelle question sauf celle-ci. Ah Mercurio, mais pourquoi as-tu mis ce sujet sur la table...

Je ne pu empêcher mon visage de marquer l'étonnement. Mais mon problème c'était surtout quoi répondre, et pour est-ce que cela l'intéressait à ce point.

- Comprenez bien que mon but n'est pas de vous importuner, mais j'aimerai savoir ce que je suis capable de faire ou pas... Tout est tellement nouveau pour moi...

- Notre corps est mort, ce qui normalement fait que nous sommes en théorie incapable de s'adonner aux plaisirs mortels. Néanmoins, nous pouvons utiliser notre sang pour redonner vie pendant un temps à certaines parties de notre corps rendant l'acte possible. Mais gardez à l'esprit que le plaisir qui en tiré est de bien loin inférieur au plaisir que nous avons a consommer le sang.

- Donc nous en sommes capable...

- Oui.

- Alors pourquoi avoir dit à Mercurio que...

- Je ne voulais pas qu'il se perde a essayer de séduire les nombreuses femelles vampires qu'il rencontrerait. Je souhaitai préserver son efficacité, et je vous conseille donc de ne rien lui révéler à ce sujet.

- D'accord... Mais du coup... comment ça fonctionne ?

- Écoutez, je ne suis pas là pour répondre à ce genre de questions. Comme je vous l'ai dit, faire ce genre de choses n'apportes rien aux vampires, mais si vous y tenez tant, je suis sûr que vous trouverez le moyen toute seule.

- Pardonnez-moi je ne voulais pas vous offenser... Et sinon sur le Sarcophage d'Ankara, vous avez d'autres informations à me communiquer ?

- Tout ce que je sais sur le sarcophage, c'est ce que j'ai appris par les informations. On l'a trouvé pendant une excavation archéologique en Turquie, et il paraît ancien. Si ça se trouve, il ne contient que de la poussière... Toutefois, cela n'empêche pas qu'il pourrait contenir une sorte d'artefact vampire ou même une momie... Autant de preuves surnaturelles qui pourraient nous nuire. Quand à la présence d'un ancien à l'intérieur, la Camarilla ne croit pas à l'existence de ces Antédiluviens, ce sont des mythes, ne les croyez pas.

- Très bien, je vais donc de ce pas au Last Round et demain dès la tomber de la nuit je me mettrai en route pour l'Elizabeth Dane.

- Bien. Je compte sur une nouvelle démonstration du talent dont vous avez faire preuve précédemment. Allez, et souvenez-vous, vous ne devez sous aucun prétexte ouvrir le Sarcophage d'Ankara. Il y aura un bateau qui vous attendra sur la plage de Santa Monica. Une fois que vous aurez récupéré toutes les informations, apportez les moi sans tarder. Si vous avez fini votre mission avant minuit, une heure du matin, je me trouverai à l'Empire Arms Hotel, pour une réception avec les actionnaires humains de ma société. Si vous souhaitez y venir tâcher de vous habiller dans une tenue sied à un cocktail. Oh, et avant que j'oublie, voici de quoi vous remercier pour m'avoir récupéré le sang de loup-garou.

Je lui tendit une pince à billet contenant cent cinquante dollars. C'était peu mais ça restait mieux que rien comme remerciement du service qu'elle m'a rendue.

- Merci. Et ne vous inquiétez pas je ferai le nécessaire...

Sur ce elle repartit enfin de mon bureau. Je ne pu empêcher un soupir de soulagement à son départ.

Cette fille était définitivement un mystère pour moi, mais elle s'avérait être un élément de choix. Malgré tout je ne comprenais pas pourquoi je gardais cette envie en moi de la mordre. Il fallait que je me fasse une raison, elle était morte. Si jamais je me laissai tenter les conséquences seraient désastreuses pour moi. Il fallait absolument que je me ressaisisse.

Heureusement, savoir que bientôt le sarcophage serait à moi me changeait quelques peu les idées...