III.
UN RENDEZ-VOUS INTERESSANT
En sortant du bureau du prince LaCroix, je me sentis dubitative.
Je ne le connaissais pas assez pour savoir si quelque chose était suspect chez lui. Mais ses yeux bleu pâle avaient quelque chose d'intimidant...
Les traits de son visage ne lui donnaient guère plus de vingt-cinq ans. Mais si ce qu'il disait était vrai, s'il avait réellement été officier dans l'armée Napoléonienne, il devait avoir un peu plus de deux cents ans.
Or, vivre aussi longtemps ne pouvait que signifier qu'il était parvenu à tirer son épingle du jeu. D'autant plus au vue de la place qu'il occupait à présent.
J'ignorai encore quel destin il avait prévu pour moi, mais je devais rester prudente face à lui.
Aussi, je me posais énormément de questions sur ce fameux Nines Rodriguez. Le prince semblait se méfier de lui...
Je ne savais pas les différents qui pouvaient bien les opposer, mais je ne pouvais décemment pas avoir un avis négatif sur Nines. Pas après qu'il m'eut sauvé deux fois la vie.
Le soulagement que j'avais ressenti lorsqu'il était arrivé, me sauvant des griffes de ces trois affreux vampires du Sabbat avait été immense.
Il savait se faire respecter. Mais pourquoi venir à mon secours ?
Et d'ailleurs, comment ces mecs du Sabbat avaient-il su que c'était moi derrière l'explosion de leur entrepôt ?
J'avais été extrêmement prudente, ne m'étant fait repérer de personne, sans parler que vue la puissance de la déflagration, il n'y avait dû y avoir aucun survivant.
Serait-ce ce Beckett qui aurait vendu la mèche ?
Pourquoi aurait-il fait une telle chose ?
Non, ce n'était pas possible. Il semble réellement pacifique et il m'avait clairement fait comprendre qu'il était ici par hasard...
Mais alors qui ?
Mis à part le prince, Mercurio, et Bertram Tung, personne n'était au courant de ma mission, et ils n'auraient eu aucun intérêt à le révéler aux membres du Sabbat...
… N'est-ce pas ?
Ma réflexion me mena jusqu'à l'entrée du Last Round le bar que Nines m'avait indiqué comme étant notre point de rendez-vous.
En m'approchant de l'entrée je parvenais déjà à entendre la musique fort qui se jouait à l'intérieur.
Les bars étaient en soit de bonnes cachettes pour les vampires, la chasse y étant facile avec des humains déjà bien affaibli avec leur consommation d'alcool.
Mais je ne me sentais absolument pas à mon aise.
Vivante, je n'avais jamais fréquenté ce genre d'endroit, leur préférant de loin les cafés chics ou encore les boîtes de nuit sélectes comme la nuit de mon étreinte...
Les bars malfamés avaient donc de quoi me rebuter.
A peine entrée, l'odeur de tabac, d'alcool et de sueur me sauta au narines, me faisant presque hésiter à rebrousser chemin.
Des hommes tatoués, habillés de vestes en cuir ou jean se tapaient joyeusement les épaules avant de se mettre à rire bruyamment le tout en me dévisageant.
Je n'avais pas ma place ici, et même eux le sentaient...
Je balayai nerveusement la pièce du regard à la recherche de l'homme qui m'avait donné ce foutu rendez-vous.
Nul part...
Mes yeux se posèrent alors sur l'escalier menant à l'étage.
M'enfoncer un peu plus dans ce bâtiment ne me réjouissait pas vraiment, mais avais-je le choix ?
Prenant mon courage à deux mains, je pris la direction de l'escalier mais une fois arrivée aux pieds de la première marche un homme beaucoup plus grand que moi me bloqua le passage.
Il était bien bâti, et malgré sa couleur de peau noire, il était atteint d'une certaine pâleur...
Un vampire ?
- Ah, la vedette de la ville ! L'image même de la bienveillance de la Camarilla ! Qu'est-ce-que le prince a demandé à sa chienne aujourd'hui ?
- Surtout ne pas s'énerver... Je viens parler à Nines Rodriguez. Sois gentil, et va me le chercher !
- Pff... Nines t'attend. Fais gaffe à tes manières, et ne reste pas trop longtemps. Mon nom est Skelter. Ramène-là encore une fois et c'est moi qui raccompagnerai tes cendres !
Après une petite hésitation il se décida enfin à me libérer le passage. Le sentiment que je n'étais pas la bienvenue ici ne fit que croître...
Arrivée à l'étage, je m'étonnai un instant de trouver la pièce pratiquement vide, contrastant avec l'agitation du rez-de-chaussé.
Il ne s'y trouvait que Nines ainsi qu'une femme à la chevelure rousse, portant un béret vert et ayant clairement une allure de rebelle.
D'ailleurs, à peine eu-je terminé de gravir les dernières marches qu'elle m'interpella à son tour.
Ils avaient tous décidé de m'empêcher de voir Nines ou quoi ?
- C'est le Sabbat qui t'a fait entrer ici, Cammy ?
- Comment ça ?
- Il paraît que tu dois encore une fière chandelle à Nines ! Quand même, Lacroix aurait pu se sortir le nez de son fric cinq minutes pour te venir en aide, non ?
- C'est quoi ton problème ?!
- Oh ho ho... Tu veux savoir c'est quoi mon problème ? Et bien je vais te le dire ! C'est TOI. Si tu as envie de te laisser faire par une cape dans une tour d'ivoire, tu mérites ce qu'il t'arrive... Heureusement que Nines est là pour veiller sur toi, mais toi tu le remercie en gâchant cette chance qu'il t'a donné, et ça ça me mets en rage !
Alors que je la croyais sur le point de me frapper en plein visage, Nines s'approcha de nous et la congédia gentiment.
Elle ne paraissait pas vraiment d'accord avec cette décision, et me lança un dernier regard haineux avant d'enfin descendre les escaliers, me laissant seule avec celui que je voulais voir.
Mon attention se reporta donc sur lui et je pus enfin prendre le temps de le détailler.
Il avait des cheveux courts noirs, assorti d'un bouc barbe de trois jours plutôt soigné. Il était grand et bien bâti, ça se voyait qu'il avait l'expérience de la rue avec lui. Mais ce qui m'interpellait le plus chez lui ça restait ses yeux d'un bleu profond. D'ailleurs, c'était la première chose que j'avais remarqué chez lui le soir de mon jugement.
Si les yeux de LaCroix étaient d'un bleu pâle glacial, ceux de Nines étaient d'un bleu électrique indomptable.
- Content que tu sois là. Bon, voilà ce que j'ai à te dire. Mais avant, que ça soit clair ce n'est pas une conférence, ni un discours, ni une opinion. Je suis juste un type qui s'est retrouvé impliqué dans un truc cinq cents fois plus gros que toi et moi. Tu as le droit de connaître la vérité. La Camarilla, voilà l'essentiel, ils fonctionnent un peu comme une arnaque à l'économie pyramidale. En haut, une poignée de vieux bonzes, avec Dieu seul sait quelles manigances en tête. S'ils perdent leur pouvoir, ils meurent. Ils ont donc étreint tout un tas de gens pour les servir, et pour avoir un peu de pouvoir, ces serviteurs ont étreints d'autres personnes pour pouvoir comploter à leur tour, et ainsi de suite imagine un peu le bordel. Du coup, seuls les gens qui sont au sommet ont un réel pouvoir.
- Donc tu ne fais pas partie de la Camarilla ?
- Ça mériterait une raclée, mais tu es jeune et innocente, alors je ne vais pas te donner de leçon. Tu vois, la Camarilla affirme qu'on en est tous membres, même si on ne veut pas, ce qui est bien sûr la pire connerie qu'on ait jamais entendue. J'ai connu ce monde pendant la Dépression. De vieux pourris de riches ont bousillé ce pays, mais est-ce qu'ils ont payé ? Non. Ce sont les petits du peuple qui ont souffert. On ne peut pas faire confiance aux gens qui dirigent. Le monde serait meilleur sans eux. On ne peut donc que réunir les quelques personnes qui ne sont pas des enfoirés, trouver un endroit tranquille et le garder. Empêcher la soit-disant élite de rentrer. Tout le monde est égal, comme c'était avant dans ce pays. C'était ça Los Angeles, un état libre des Anarchs.
- Alors la Camarilla est arrivée récemment à L.A. ?
- La Camarilla s'est fait chasser de L.A. il y a longtemps. Nous, les Anarchs, on ne voulait plus faire de politique. Et maintenant, LaCroix et les siens reviennent comme s'ils n'étaient jamais partis, et ça, ce n'est pas possible ! Leurs lois ne s'appliquent pas à nous.
- Le prince n'est donc pas le chef de la Camarilla ?
- LaCroix ? N'importe quoi ! LaCroix n'est que le type qui a poignardé des gens et qui a réussi a se faufiler pour pouvoir devenir la crapule en chef de la Camarilla locale. Lui et tous les traîtres qui sont du côté de la Camarilla veulent le pouvoir ici, et ils ne vont pas être déçu.
- Tu ne l'aimes pas beaucoup, hein ?
- LaCroix représente tout ce que je déteste la Camarilla, les aristocrates méprisants, les hommes d'affaires riches, les politiciens véreux... Il mérite de finir dans une urne.
- Donc, du coup, c'est toi le prince Anarch ?
- Ça n'existe pas. Et encore une fois, ne va pas dire des trucs comme ça à la légère, tu risques ta peau. Je me suis débrouillé pour que Los Angeles reste libre, depuis mon étreinte. Du coup, je suis le plus ancien qui ne s'est pas fait descendre. Le plus ancien vétéran de tout le champ de bataille...
- Je vois... Sinon des conseils que tu pourrais me donner ?
- Voila ce que je dis à tous les jeunes : un, c'est facile de se laisser monter la tête par les pouvoirs, mais il vaut mieux savoir bien les utiliser. Sois un super-héro, pas un monstre. Deux, ne tues pas quand tu te nourris, ça ne sert à rien, et dans cette ville, il y a d'autres moyens de laisser sa bête s'exprimer sans laisser une file de cadavre. Trois, la Camarilla c'est de la merde. Quatre, fais toujours gaffe à tes arrières. Et enfin apprends à te battre, parce qu'un discours ne te sauvera si tu te retrouves face à un flingue.
- Tu pourrais m'apprendre ?
- Après avoir sauvé ta peau tout à l'heure ? Ouais, je sais que tu n'as même pas les bases. Lèves les mains comme ça et le corps de biais, ce sera moins facile de te toucher. Garde les pouces à l'extérieur des poings et mets ton poids derrière tes coups.
Alors que je me mettais en position de garde, celui-ci me sourit d'un air moqueur avant de se placer dans mon dos.
Il posa ses mains sur mes poignets pour me les relever un peu plus au niveau du visage et me fit plaquer les coudes contre le reste de mon corps.
Je ne pus même pas protester à son approche, que j'aurais sans doute trouvée déplacée dans toute autre circonstances.
Mais l'aura qu'il dégageait était bienveillante et rassurante.
Ce qui m'étonnait en revanche, c'était cette chaleur qui se dégageait de lui. Certes, comparé à un humain il devait sans doute paraître froid, mais je devinais aisément qu'il faisait son maximum pour que son corps conserve une température quasi normale. Le contact avec ma peau glacée était donc saisissant.
Pour la première fois depuis ma mort j'étais soulagée que mon cœur ne batte plus, sinon il était certains qu'en cet instant il aurait explosé dans ma poitrine, donnant à mes joues une teinte rouge tomate.
Mais il n'en était rien, car, Dieu merci, j'étais belle et bien morte, je n'avais donc plus à me soucier de ce genre de gêne.
Quand je hochai la tête pour lui montrer que j'avais bien assimilé ses conseils, il ne me lâcha pas pour autant, laissant ses mains s'attarder sur mes bras.
Elles étaient fermes, légèrement calleuses, à l'opposée des miennes, les rendant d'autant plus intrigantes pour moi...
- Fais attention à toi, et une fois que tu as terminé ce que tu as à faire avec LaCroix ne lui parle plus jamais. Je garde un œil sur toi, ma belle...
Son souffle dans mon oreille eut l'effet d'une décharge dans tout mon corps qui frissonna en réponse. C'était comme-ci pendant un instant il était revenu de lui-même à la vie.
Mais bientôt la chaleur du corps de Nines me quitta pour laisser la place de nouveau au froid autour de moi.
Le sourire qu'il affichait me révélait qu'il avait parfaitement eu conscience de me frisson, mais il ne dit rien. Il retourna s'appuyer contre un mur du bar, les yeux rivés sur les fenêtres où la pluie ruisselait doucement contre les carreaux. Ses beaux yeux bleus comme absents, sans doute préoccupé à tenter de trouver un moyen d'obtenir leur liberté.
Une chose était certaine à présent pour moi. Je ne pouvais détester cet homme et je devais avouer que son idéal était beau...
Mais était-il seulement réalisable ?
Je repris le chemin des escaliers, tentant de comprendre les étranges réactions de mon corps face à Nines.
Non loin de l'entrée du bar, j'aperçus alors Jack, le vampire qui avait pris la peine de m'aider le soir de ma transformation. Je pris la peine de le saluer avant de ressorti du bâtiment. Ce qu'il m'apprit sur le sarcophage d'Ankara m'intrigua... Les Antédiluviens étaient-ils vrais ?
Je devais me coucher tôt si je voulais être en forme demain.
La nuit prochaine, l'infiltration d'un navire m'attendait...
Arrivée sur la plage de Santa Monica, je fus accueilli par la goule du prince, Mercurio.
Il m'attendait aux côtés d'un zodiac, assez modeste, dont je devinais qu'il allait s'agir de mon moyen de transport jusqu'au cargo.
Mercurio me salua à bras ouverts quand il me vit arriver. Il est vrai que je lui avait été d'un grand secours en lui apportant de la morphine pour calmer sa douleur après qu'il se soit pris une dérouillée par les revendeurs d'explosifs.
Mais je ne m'étais pas préparée un seconde à ce qu'il soit aussi démonstratif. C'était à la limite s'il ne m'avait pas sauté dans les bras. Les New-Yorkais étaient-ils toujours obligés d'être dans l'excès ?
Je montais alors sur le zodiac, et Mercurio me conduit jusqu'à l'Elizabeth Dane, juste devant une échelle de cordes qui était mon point de départ pour l'exploration du navire.
Mais à peine eu-je fini de la gravir, qu'un policier m'intercepta.
Moi qui pensais que j'allais pouvoir faire le tour discrètement, c'était râpé. Pourtant le discours qu'il me fit m'intrigua.
- Ah bon sang, dites à Jacobson que s'il veut devenir rédacteur en chef, il devrait faire un effort. Je ne peux pas continuer de lui filer des scoops s'il m'envoie des tocards qui ne peuvent pas s'habiller comme il faut.
- Oh il me prend pour une journaliste ? Ok, faisons avec. Jacobson ne m'a pas prévenue pour la tenue... Mais dites moi tout !
- Du calme Loïs Lane, je reste un flic malgré tout... Bon, écoutez, je peux vous faire entrer dans le poste de pilotage, mais il faudra faire discret. Si quelqu'un vous coince, on ne se connaît pas. Voici une copie du rapport de police, si vous avez des questions... Ah et attendez une seconde.
- Il se saisit de son talkie-walkie pour passer un appel.
- Voila, le poste de pilotage sera désert, comme ça. Arrivez par la coursive B. Quand vous approcherez, j'appellerai pour écarter le type qui surveille la porte. Je vous donne quelques minutes, mais ne traînez pas, OK ? N'oubliez pas de rester dans l'ombre. Si quelqu'un vous voit, je vous le répete, je ne vous connais pas. Prenez l'escalier au-dessus de la salle des archive, dans le poste de pilotage, il y a un ordinateur. Le mot de passe est Lighthouse, en un seul mot. Vous avez compris ? Et dites à Jacobson que je prendrai le double pour cette affaire.
- J'y penserai...
Bon, et bien voilà une bonne chose de faite !
J'avais reçu le rapport de police ainsi que le mot de passe pour accéder à l'ordinateur de bord sans avoir à trop me fouler.
Suivant les conseils de mon nouvel ami, j'avançais à l'intérieur du navire. Ce qui m'interpella fut les innombrables flaques de sang, ainsi que les éclaboussures tout le long des couloirs. Quoi qu'il se soit passé ici ça avait dû être d'une violence inouïe.
Je passa devant la salle des archive, malheureusement verrouillée électroniquement, je réussi à me faufiler jusqu'au poste de pilotage qui était bel et bien désert.
Seul l'ordinateur de bord encore allumé éclairait faiblement la pièce et attira naturellement mon attention.
Dans les fichiers rien de bien palpitant, bien que la lecture du journal de bord, narrant la disparition de tout l'équipage, m'avait donné froid dans le dos.
Je remarquai alors le logiciel de gestion des caméras. Bon, il n'y avait pas de sauvegardes, sans doutes n'avaient-elles pas été allumées pendant l'incident, néanmoins je pouvais tout de même les activer. Avec un peu de chance, ça pourrait me donner une vue sur le sarcophage sans que j'y risque le déplacement, et donc ainsi limiter mes chances de me faire repérer.
Après quelques manipulations, je trouvais enfin comment les allumer, et bingo, je tombais pile poil sur la vue que je désirai...
Enfin, je ne m'attendais pas vraiment à un tel spectacle... Le container qui à l'origine contenait le sarcophage d'Ankara était complètement explosé, et sur la relique, d'énormes marques de sang la recouvrait.
Deux en particulier captèrent mon attention... Elles étaient en forme de mains, et se trouvaient de part d'autre de l'ouverture du cercueil. Mais le plus bizarre dans tout ça c'était qu'elles semblaient venir de l'intérieur.
Je ne voulais pas porter trop d'attention aux légendes que Jack m'avait conté, mais à présent, je commençais vraiment à me poser la question sur la véracité de ses propos... Après tout les vampires existent bel et bien, pourquoi d'autres légendes ne seraient-elles pas vrai ?
Non... Ce n'était pas rationnel de penser ainsi... Il ne fallait pas que je tire de conclusion trop hâtive, ce serait mal avisé de ma part.
Ça pouvait très bien être un énorme canular d'un vampire à l'humour très bas.
Je ferai part de mes informations au prince, et ça sera à lui d'en déduire ce qu'il voudra.
Je ne sais pas pourquoi, mais mon instinct me hurlait de ne pas m'impliquer plus que ça dans cette histoire de sarcophage... D'ailleurs, rien qu'à sa vue je ressentais comme un malaise...
Mieux valait que je ne traîne pas plus ici.
J'avais le rapport de police, la description de l'apparence du sarcophage, le journal de bord... Il ne me manquait plus que le manifeste du bateau.
Il devait forcément se trouver dans la salle des archives, juste en dessous du poste de pilotage, mais comment en ouvrir la porte...
Il devait y avoir un moyen d'en débloquer l'entrée de façon informatique.
Une fois de plus, je me replongeai dans les fichiers de l'ordinateur, à la recherche d'un quelconque programme de sécurité.
Je ne mis pas longtemps à trouver ce que je cherchai.
Finalement, je devais reconnaître que mon père avait eut raison d'insister pour que je prenne des cours d'informatique, bien qu'à mon avis, il n'avait sans doute pas imaginé que je m'en serve de cette façon.
Penser à lui me fit me demander de quel façon la Camarilla avait mis en place ma mort. Et surtout, je mourrais d'envie de connaître la réaction de mes proches à cette annonce. Est-ce qu'ils avaient été tristes ? Est-ce que je leur manquais ?
Une chose était sûre, je ne voyais absolument pas mon père faire état du moindre sentiment à mon égare, quant à ma mère elle aurait sans doute pleuré, mais ne voulant pas perdre la face devant mon père ne se le permettra jamais, et puis elle ne devait cesser de trouver des excuses devant les autres pour expliquer le manque de réaction de son époux devant ma disparition.
Mon frère cadet devait sans doute me haïr de l'abandonner, le faisant désormais passer aîné de la fratrie et donc reprenant toutes les ambitions absurdes de mon père.
La vérité était qu'il n'y avait sans doute eu que ma petite sœur à qui je manquerai vraiment. Elle venait tout juste d'avoir dix-huit ans et vivante j'étais très proche d'elle. Elle demeurait la seule à faire que mon cœur se serrait encore à la pensé que je ne la reverrai jamais...
Les pas des policiers dans les couloirs me réveillèrent de ma torpeur. Quelle idiote je faisais à rêvasser en pleine mission.
Je me dépêcha donc de déverrouiller cette foutu porte avant d'effacer toutes les preuves de mon passage sur cet ordinateur.
Aussi discrètement que possible, je ressorti de la pièce pour partir en direction de la salle des archives où je n'eus aucun mal à trouver le manifeste tant convoité.
Ma mission accomplie, je ne perdis pas une seconde de plus et rejoignis mon très cher Mercurio sur son zodiac.
Il sembla impressionné par ma performance et me raccompagna sur la plage
La vision des vagues noires s'écrasant sur la falaise me rendit nostalgique. Je n'étais pas une grande surfeuse, mais la sensation de liberté que ce sport m'offrait me manquait. Pourrais-je un jour en refaire ? Ou serais-je éternellement au service de ce LaCroix ?
En parlant de ça, je jetai un coup d'œil sur ma montre et constatait qu'il était à peine vingt-deux heure. Je devais donc me rendre à l'Empire Arms Hotel pour le rejoindre.
Il voulait que je porte une tenue qui sied à un cocktail ? Et bien il n'allait pas être déçu, j'avais exactement la robe qu'il fallait...
