Titre: Sex Work

auteur: Sun

Disclaimer: tous les personnages appartiennent à Masashi Kishimoto

résumé : OS. YAOI. Naruto est travailleur du sexe. Il adorait son travail jusqu'à ce qu'il rencontre un certain homme d'affaires un peu froids surnommé Taka.

Petit mot de l'autrice:

J'espère que vous allez aimer cette petite histoire. Elle traînait depuis longtemps dans mon ordi, et avec le confinement j'ai eu envie de la finir !

J'ai lu tout un tas de fanfic avec l'un de nos deux héros comme escorte, j'ai eu envie de m'approprier le sujet. Mais attention, j'y met ma petite touche et ma vision de ce travail, ca risque de ne pas plaire à tout le monde, épargnez vous de lire quelque chose qui risque de déclencher de mauvaises émotions chez vous ;).

Sinon, beaucoup de lemon (bien sure )

Bonne lecture !


Naruto observait son client fasciné. Il n'aurait jamais pensé que leur rencontre évoluerait de cette façon.

L'homme était étendu sous lui, le visage légèrement rougi par le plaisir montant et les yeux embués de désir. De désir pour lui, Naruto. Enfin, Kyubi plutôt, vu que c'est le seul nom qu'il lui avait donné.

Naruto était gigolo depuis 2 ans. Il rencontrait des clients, et se faisait payer pour leur offrir du bon temps. Il aimait son travail.

D'habitude.

Aujourd'hui, là maintenant tout de suite, il le détestait. Il détestait se rappeler que l'homme sous lui, celui qu'il était en train de pénétrer fermement, n'était et ne resterait qu'un client.

Peut-être aurait-il dû écouter son instinct. Ne pas donner suite au message que l'homme lui avait envoyé. Là où tout avait commencé, là ou malgré lui il avait répondu.


Présent

T → Taka.

Lundi 3 décembre, 7:30 am.

Je suis un homme d'affaires dans la mi-trentaine, grand et fin, plutôt bel homme.

J'ai rencontré certains employés de l'Akatsuki, comme Pain, et Deidara.

Votre profil m'intéresse. Je souhaite vous rencontrer pour passer du bon temps. Je suis top.

Je souhaite vous rencontrer à l'hôtel Hokage, à midi, pour une heure. Êtes-vous disponible mercredi ou vendredi ?

Merci.

Nous étions lundi matin, 10 h, Naruto était attablé à son ordinateur, un bon café chaud entre les mains qu'il sirotait dans sa tasse préférée - en forme de grenouille -et, comme tous les matins - à des heures variables selon la nuit qu'il avait passé- il répondait à ses courriels professionnels.

Il contemplait son écran ennuyé.

Ce genre de message, froid, impersonnel, le laissait de marbre. De plus, c'était généralement lui qui topait.

Il allait donc supprimer ledit message. Mais alors qu'il dirigeait le curseur vers la petite poubelle, quelque chose le retint.

Après tout, cet homme avait répondu à toutes les questions préalables qu'il posait sur ses annonces. Son ton froid d'homme d'affaires lui déplaisait. Il les connaissait ceux-là. Ils voulaient juste tirer un coup vite fait. Ils étaient directifs et pensaient que parce qu'ils étaient riches tout leur était dû.

Et alors qu'un petit sourire espiègle étirait ses lèvres, son doigt glissa de « supprimer » à « répondre »

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 10:22 am

Bonjour à vous, Taka…

Merci pour votre message ! je suis heureux que mon profil vous intéresse. Il m'est difficile en revanche de vous retourner le compliment pour l'instant.

Pouvez-vous m'en dire un peu plus sur vous et ce que vous recherchez ?

Au plaisir de vous rencontrer !

Kyubi Xoxo

Kyubi était son nom de travail. Il avait toujours aimé la mythologie nippone, et le jeu sur les neuf queues du démon renard lui semblait tout à fait approprié aux services qu'il proposait.

Il se doutait que l'homme allait répondre rapidement. Il était probablement de ceux qui avaient leur téléphone greffé à l'oreille. Il contacta entre temps les références que l'homme lui avait données. Ce fut laborieux, les gars travaillaient en agence et n'avaient donc pas d'adresse courriel perso.

Naruto n'aimait pas trop ça, il aurait préféré que les références du client soient des indépendants comme lui. Il en était à se demander pourquoi il se donnait tant de mal quand le bip de sa boite gmail le fit revenir à son écran.

T → Taka

Lundi 3 décembre, 10:45 am

« Je suis un homme d'affaires dans la mi-trentaine, je suis grand et fin, plutôt bel homme. Je souhaite vous rencontrer pour passer du bon temps. Je suis top. »

Naruto manqua recracher son café alors qu'il s'esclaffait en lisant le message, prit entre rire et incrédulité. Là encore, il aurait dû supprimer la conversation et passer à autre chose. Après tout, le client venait exactement de lui donner une raison pour ! Mais ses doigts, au lieu de se saisir de la souris, se mirent à courir sur son clavier.

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 10:47 am

Hahaha,

Vous venez vraiment de copier-coller votre premier courriel ? :'D :'D

T → Taka

Lundi 3 décembre, 10:48 am

Je ne comprends pas ce que vous souhaitez savoir.

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 10:55 am

Bon, laissez-faire. De toute façon les deux références que vous m'avez données viennent de me répondre. Apparemment, vous êtes « très beau » et « très doué au lit ». Semblerait même que je rate « le coup du siècle » si je dis non ^^.

T → Taka

Lundi 3 décembre, 10:56 am

Donc c'est entendu ? Mercredi ou vendredi midi ?

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 10:56 am

Pourquoi faites-vous appel à un gigolo si vous êtes si beau ?

T → Taka

Lundi 3 décembre, 11:00 am

Je trouve vos questions un peu personnelles.

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 11:01 am

C'est vrai que baiser, fourrer ou faire l'amour, selon vos préférences, n'est pas du tout un acte personnel :'D :'D

T → Taka

Lundi 3 décembre, 11:03 am

Je suis très occupé par mon travail. Je n'ai pas de temps à perdre avec des relations.

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 11:10 am

Je comprends.

Écoutez, je ne fais pas de rencontre d'une heure habituellement, mais vu que vous êtes le coup du siècle je vais faire une petite entorse à mes habitudes. :P

T → Taka

Lundi 3 décembre, 11:11 am

Quel jour ?

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 11:11 am

Vous n'êtes pas du genre à vous embarrasser de mots inutiles vous… mercredi ?

T → Taka

Lundi 3 décembre, 11:11 am

Bien.

Naruto resta songeur devant son écran quelques minute. Il commença à ouvrir ses autres mails mais revenait sans cesse à ceux de Taka. Quelques chose l'intriguait. Retenait son attention malgré lui.

Quand il reçut un nouveau message il fut surpris par le grand sourire qui s'étirait malgré lui sur ses lèvres ! Alors comme ça, Taka relançait la conversation ?

T → Taka

Lundi 3 décembre, 11:16 am

Pourquoi ne faites-vous pas de rencontre d'une heure habituellement ?

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 11:18 am

mmmh, c'est juste que je trouve ça plus difficile d'établir un rapport bienveillant et intime en si peu de temps… et puis bin honnêtement me déplacer juste pour une heure je trouve ça pas trop rentable

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 11:30 am

Pas d'autre question avant notre rendez-vous d'après-demain ?

T → Taka

Lundi 3 décembre, 11:31 am

Non. À mercredi.

K → Kyubi

Lundi 3 décembre, 11:32 am

D'accord ! Passez une bonne journée, Taka.

J'ai hâte de voir si vous serez plus loquace en vrai !

Et la conversation s'était terminée ainsi.

Naruto ne savait pas vraiment pourquoi, mais la perspective de cette rencontre l'excitait un peu.

Peut-être était-ce ce que ses collègues lui avaient dit.

Le fameux Deidara s'était répandu en adjectif mélioratif sur les incroyables qualités de ce fameux « beau brun ténébreux, tout droit sorti d'un Shōnen ». Il avait même semblé jaloux que le client ait contacté Naruto. Cela l'avait beaucoup fait rire. Déjà qu'il ne comprenait pas la jalousie en temps normal, mais alors entre collègues vraiment ça le dépassait complètement.

Pain avait été plus discret, mais ces informations avaient été plus concrètes. Le client était un homme d'affaires occupé et contrôlant, autant dans sa vie professionnelle qu'au lit. Il était néanmoins très généreux et accordait beaucoup d'importance au plaisir de celui qu'il engageait, davantage qu'au sien vu qu'apparemment il jouissait rarement.

L'image ne collait plus vraiment avec celle d'un homme d'affaires qui souhaitait juste un trou pour relâcher la tension. Mais un homme d'affaires contrôlant et dominant oui. Naruto commençait déjà à des plans pour peut-être lui permettre de jouir dans ses bras.

Les deux jours passèrent et c'est avec une certaine fébrilité qu'il approcha de l'hôtel. Il traversa le hall de l'hôtel avec cette petite appréhension délicieuse au ventre. Il avait même rêvé de sa future rencontre, chose qui ne lui était arrivée que dans ses premiers rendez-vous.

Il se retrouva très vite devant le numéro de chambre. Il adorait ce moment. Celui où il allait attendre qu'on lui ouvre la porte en se demandant quelle tête aurait son futur client.

_ –_

Sasuke regardait sa montre avec impatience. Il était midi. Il espérait que l'escorte ne serait pas en retard, il avait un planning serré aujourd'hui et ne voulait pas perdre une minute sur son agenda.

L'entreprise familiale dont il s'occupait seul florissait correctement, mais il était surchargé de rendez-vous un peu partout dans le monde. Il avait donc un meeting à 13 h 30 avec le Pays du Son pour leur présenter leur nouveau produit. Un petit bijou de Nanotechnologie qui allait révolutionner le monde de la surveillance caméra. Son entreprise, Sharingan, était à la pointe en termes de vidéosurveillance. Tous les services gouvernementaux commençaient à se tourner vers eux. Sans parler des services secrets et de quelques groupuscules mafieux.

Il fallait jouer fin avec toutes ces puissances, avoir beaucoup de doigté et de discrétion.

Un léger coup à la porte le sortit de ses pensées. Bien. Le gigolo était là. Il espérait qu'il serait moins chiant en vrai que par courriel. Il ouvrit d'un geste rapide et efficace.

— Bonjour !

Un grand blond joliment musclé le dévisageait sur le palier, tout sourire.

Sasuke n'était absolument pas déçu par le visage qui se tenait devant lui. C'était toujours une petite appréhension pour lui après tout. La majorité des hommes qu'il avait employés ne montrait pas leurs visages.

Mais cette créature en face de lui était ravissante. Il s'abima plusieurs secondes dans les grands yeux bleus lumineux qui lui faisaient face. Et sur les lèvres charnues qui souriaient, s'étirant de façon outrageusement grande devant une rangée de dents blanches et droites.

Bien bien bien.

Le blond se pencha subitement vers lui, le regard un peu moqueur et brillant de convoitise.

— Je vous plais tellement que vous comptez me laisser sur le pas de la porte ?

Sasuke sursauta, son joli visage se fronçant devant la remarque du blond.

Sans rien dire, il se décala. L'autre entra comme s'il était chez lui, s'étirant comme un pape, et observant la luxueuse chambre d'hôtel. Sasuke continua à le détailler, l'envie commençant déjà à vibrer dans son sexe. Les hommes avec de la répartie l'excitaient toujours un peu. Et celui-ci avait en prime un joli petit cul bien bombé, exactement comme il les aimait.

Il le fit sursauter de nouveau lorsqu'il se précipita vers la fenêtre pour commenter avec force exclamations la beauté du paysage. Des immeubles gris. Absolument rien d'exceptionnel selon Sasuke, mais son bureau était aussi haut que cette chambre d'hôtel alors peut-être était-il juste habitué.

L'homme se tourna vivement vers lui, ces grands yeux brillants d'excitation et les reflets du soleil jouant dans ces cheveux dorés.

— D'habitude, je demande que les rideaux soient tirés, mais là on n'a même pas de vis-à-vis !

Cette constatation semblait tellement le ravir que Sasuke en restât coi. Cette personne se réjouissait vraiment de pas grand-chose. Toujours debout, bras croisé, il le contempla étudier minutieusement tous les recoins de la pièce, avant de revenir s'avachir dans l'un des canapés.

— Maintenant que je suis rentré, vous comptez m'observer du pas de la porte ? C'est un jeu que je ne connais pas ?

Sasuke fut à nouveau pris au dépourvu. Ses sourcils se froncèrent de nouveau, mais il n'eut pas le temps de répondre que l'autre le relança.

— Allez ! Venez vous assoir avec moi, je vais pas vous manger ! Enfin pas tout de suite hein !

Sasuke ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Mais pour qui se prenait-il celui-là ? Il était vraiment différent de ceux qu'il voyait habituellement. Qu'auraient fait les autres déjà ?

Il se mit en mouvement, décroisa les bras, et s'approcha. Il toussota un peu et ouvrit la bouche pour la première fois :

— Aimeriez-vous boire quelque chose ?

Le blond releva les yeux vers lui, son regard alors lumineux et innocent se fit subitement beaucoup plus chaleureux et rempli de sous-entendus.

— Avec plaisir ! Qu'avez-vous à me proposer ?

Sasuke se dirigea vers le petit frigo de la chambre.

— Champagne, soda, jus de fruits ?

Il n'eut pas le temps de se retourner qu'il sentit un corps se rapprocher du sien. Le jeune homme était tout près de lui maintenant, il semblait regarder le réfrigérateur par-dessus son épaule.

— Est-ce que vous auriez plutôt du café ? J'avoue que midi c'est un peu tôt pour le champagne.

Sasuke se redressa, et avança vers le comptoir ou une machine à café trônait.

— Court ou allongé ?

— Allongé.

— Sucre ou lait ?

— Un sucre.

Puis Kyubi, de son nom de travail, se rapprocha encore, et murmura à son oreille.

— Vous avez une très belle voix.

Sasuke apprécia les avances du professionnel. Il tourna légèrement la tête de côté pour mieux sentir le souffle du blond sur lui, mais celui-ci s'écarta et s'appuya au comptoir à côté de lui.

— Alors comme ça vous aimez rencontrer des escortes pendant votre pause boulot ?

Sasuke tiqua et fronça de nouveau légèrement les sourcils. Il n'aimait pas la question. Pourtant à observer le jeune homme elle semblait posée sans aucune arrière-pensée. Un peu de jeu éventuellement, mais surtout par curiosité.

Il croisa de nouveau les bras. Le bruit de la machine emplissait la pièce.

— Ma question vous embête ?

Kyubi le dévisageait toujours, ses yeux rivés dans les siens. Il avait d'étranges cicatrices sur les joues qui lui donnaient des airs de chat sauvage ou de renard, un brin rusé et taquin.

— Vous êtes surprenant.

Le visage s'illumina encore.

— Ah bon ? Pourquoi ?

Toujours sur ses gardes, en bon homme d'affaires qu'il était, il prit son temps pour répondre. Il servit le café au blond qui le remercia chaleureusement et se dirigea de nouveau vers le canapé. Sasuke le suivit surpris. Il s'attendait à aller vers la chambre, mais apparemment son professionnel en avait décidé autrement.

Il avait de belles cuisses, moulées dans un jean bien coupé, qui lui allait très bien. Sa chemise bleue tombait également très bien sur lui et faisait ressortir ses yeux. La tenue était simple, de facture populaire. Probablement une grande marque quelconque. Mais le tout lui allait très bien et le mettait en valeur.

— Je ne m'attendais pas à ce que vous évoquiez avec tant de naturel le cadre de notre rencontre.

Le gigolo continua à l'observer tandis qu'il trempait ses lèvres dans le café. Il y avait quelque chose d'extrêmement sexuel chez cette personne. Pourtant il ne faisait rien. Il ne lui avait lancé aucun mot obscène. Il ne l'avait pas regardé langoureusement comme pour l'inviter à le prendre. Non. Il l'avait juste regardé. Mais ce regard promettait un abandon, une confiance, qui excitait Sasuke. Le gênait aussi un peu.

— Préférez-vous que je prétende ne pas savoir pourquoi nous nous rencontrons ?

La question avait été à la hauteur de son regard. Franche. Directe. Pas de sous-entendu ni de reproche caché. Il lui posait réellement la question.

Sasuke fit non de la tête et s'assit en face de lui.

— Je ne crains pas l'honnêteté, précisa-t-il. Disons que vos collègues empruntent des chemins plus détournés.

Un éclat de rire se fit entendre. Sasuke y reconnut tout de suite les onomatopées ou les smileys que le travailleur mettait partout dans ses messages. Toujours en riant, il se passa la main dans les cheveux. Sasuke observa le mouvement, se demandant un peu quelle était leur texture, et s'ils étaient naturellement si emmêlés.

— Ah bah moi je ne sais pas faire ça. Je ne suis pas le plus subtil de la terre ni le plus délicat. J'ai tendance à être un peu brusque et direct. Mais si ça vous déplait, je peux m'adapter. Je ne sais pas si vous avez lu mon site, mais j'aime que les choses soient le plus honnêtes possible.

Sasuke se contenta de nier de la tête et le jeune homme repartit dans sa tirade. Il parlait beaucoup. Il était maintenant penché, les coudes posés sur ses genoux et les yeux toujours fixés sur lui.

— Par exemple, je vois pas pourquoi prendre dix-mille pincettes pour vous dire que vous êtes effectivement beau mec. Quoique ce n'est même pas assez. Vous êtes terriblement attirant !

Sasuke s'était rarement senti à ce point scruté. Il était habitué à susciter la fascination chez son entourage, voire une certaine dose de fanatisme, mais ça ne voulait pas dire que ses fans le regardaient, au contraire. Habituellement, les gens fuyaient son regard, embarrassés. Lui, pas du tout. L'étincelle de convoitise qu'il avait perçue lorsqu'il avait ouvert la porte brillait toujours au fond de ses yeux.

Après, était-ce sincère, c'était une tout autre question.

Ce blond faisait peut-être juste très bien son travail. Il ne décelait aucun masque, aucune des attitudes feintes que les autres professionnels lui avaient servies.

— Après c'est aussi pour ça que je suis indépendant, continua à babiller le blond, je détesterais rendre des comptes à quelqu'un. Je fais ce que je veux.

Sasuke ne comprenait pas trop. Le raisonnement lui semblait logique et en même temps contraire au fonctionnement de n'importe quel bizness.

— N'est pas plus compliqué à gérer d'être indépendant ?

Non, enfin pas pour moi. Je préfère. J'ai travaillé en agence au début. Pendant un an. Mais je n'aimais pas ça. Je préfère avoir moins de clients, mais les choisir correctement et développer une relation plus intime avec eux. Comme ça je leur donne un meilleur service et je passe du bon temps moi aussi.

Le ventre de Sasuke se noua en une sensation qu'il connaissait bien. Et qu'il fuyait justement grâce à ce type de rencontre. La jalousie. Pourquoi diable se préoccupait-il de ne pas être le seul client de cet homme ?! Il ne connaissait pas !

— N'est-ce pas moins rentable ?

Le blond haussa les épaules. Un peu gêné.

— Si probablement… mais je m'en fous.

— Vous ne faites pas ça à plein temps ?

— Non, j'ai commencé pour payer mes études.

Sasuke n'avait rien à répondre à ça. Il ne voulait surtout pas commencer à trouver cela triste. Pas de compassion.

Mais vous voyez je trouvais ça détestable de travailler à mac do. Je me suis demandé ce que j'aimais faire dans la vie et bon disons que j'ai pas eu besoin de chercher longtemps.

Le professionnel affichait maintenant une mine amusée et fière de lui.

Sasuke haussa les sourcils, attendant qu'il poursuive, ce qui fit rire le travailleur.

— Le sexe ! j'ai toujours adoré le sexe, et le contact humain. Alors je suis devenu escorte et c'est probablement la meilleure chose qui me soit arrivée. J'aime profondément mon travail.

Le visage de Sasuke resta aussi neutre que possible. Ça aussi cela semblait différer radicalement des quelques travailleurs d'agence qui s'étaient livrés à la fin de leurs ébats sur l'oreiller. Beaucoup ce plaignant de leur situation difficile. Donc pas de compassion pour Kyubi. Il ne semblait pas en avoir besoin. Au contraire. Semblait très heureux de sa vie le jeune homme.

— Allez-vous continuer après vos études ?

— J'ai fini mes études, mais vous voyez, je n'ai pas choisi un domaine très rentable, comme vous disiez. Alors garder ce travail sur le côté me convient.

— Allez-vous faire ça toute votre vie ?

Le blond haussa les épaules.

— Je ne sais pas. Peut-être. En fait, j'ai commencé activement à me battre pour les droits des travailleurs sexuels et contre le proxénétisme. Alors peut-être que je travaillerais toujours pour cette cause, mais pas forcément comme travailleur moi-même.

Sasuke se permit d'observer plus attentivement l'homme en face de lui. Cet être était intrigant. Un brin naïf et candide peut-être, ce qui semblait contradictoire avec son métier selon Sasuke. Mais il devait admettre que cela lui conférait un certain charme. Pourtant il ne parvenait pas à s'intéresser totalement à tout ça. Après tout, il n'était pas là pour ça n'est-ce pas ? Qu'est-ce que cela pouvait lui faire ce que cet homme faisait ou aimait dans la vie tant qu'il s'offrait à lui physiquement ? D'ailleurs, le temps filait et ils n'avaient toujours rien fait. C'est que ça lui coutait une telle rencontre. Il espérait tout de même en avoir pour son argent.

Peut-être était-ce parce qu'il ne l'avait pas encore payé ? Sur son site, il spécifiait vouloir être payé avant.

— Mes réponses vous conviennent-elles ?

Naruto essayait de répondre au mieux aux questions du client. Il le trouvait très beau. Vraiment très beau. Il aurait pu passer des heures à se repaitre de sa vue. Mais tellement froids. Cette attitude réveillait en lui des pulsions animales. L'envie de le prendre, de le réchauffer jusqu'à le faire céder. Jusqu'à lui faire perdre son masque de supériorité. Il se sentait comme un renard jouant avec sa proie.

Son client cilla un peu.

— Ce n'était pas un examen.

— Non, je sais bien, mais vous semblez surpris par notre discussion, répondit-il avec amabilité.

— Je n'ai rencontré que des travailleurs d'agence, vous êtes très différents. Et je n'ai jamais autant discuté avec l'un d'eux ni rencontré un qui soit si loquace à propos de son travail.

— Ah... Bon, ce n'est pas forcement parce que je suis indépendant, faut pas faire de généralité non plus. Aviez-vous pris la peine de leur poser des questions ?

— Non. Ils semblaient décidés à faire leur travail, eux.

Naruto retint de justesse une exclamation ébahie. Mais son visage devait probablement le trahir. Il ne savait pas s'il devait rire ou s'inquiéter. Son client avait-il essayé de faire de l'humour ou se permettait-il vraiment de lui reprocher sa manière de travailler ? Si c'était le cas, ça allait être compliqué pour eux, Naruto sentait l'irritation montée en lui, et beau gosse ou pas, il n'aimait pas travailler dans ces conditions.

Son visage dû s'assombrir un peu, car l'homme fronça légèrement ses fins sourcils. Il laissa un sourire provocateur et un brin ironique fleurir sur son visage.

— Mais je fais mon travail en ce moment, cher Taka.

Sasuke resta quelques instants stoïque, puis doucement, avec contrôle, il sortit une enveloppe de la poche de sa chemise et la posa sur la table devant lui. Naruto fronça les sourcils. Cet homme manquait cruellement de tact. Ce n'est pas comme s'il avait un problème en soi avec l'argent ou le fait d'être payé pendant une rencontre. Il se foutait pas mal de ce genre de considération habituellement. À moins que le client veuille vraiment qu'il se prenne pour son vrai petit copain dans ce cas il cherchait des subterfuges pour récupérer l'enveloppe discrètement. Mais non là, ça tombait juste au pire moment dans la conversation.

— Est-ce votre manière de me faire comprendre que vous souhaitez que notre rencontre devienne plus… charnelle ?

Naruto ne put masquer l'amertume qui transparaissait dans sa voix et il vit le corps en face de lui se raidir presque imperceptiblement.

— Non, bien que je ne sois pas contre une telle évolution. J'ai oublié de vous la donner avant. Je sais que vous précisez vouloir qu'on vous la donne au début de la rencontre.

Naruto se détendit. Il se pencha et la saisit.

— Merci.

Puis il replongea son regard sur son client. Sa tenue était impeccable. Chemise blanche et pantalon bleu nuit fait sur mesure. Chaussure en daim noir. Tout était du dernier cri, pourtant il ne semblait pas beaucoup plus âgé que lui.

— Quel âge avez-vous ?

— Encore des questions personnelles ?

— Vous pouvez toujours me mentir si vous voulez.

— 34 ans.

— Ouh, c'est mon jour de chance ! C'est rare pour moi d'avoir des clients aussi jeunes.

— Et vous ?

— 27.

— Il est rare pour moi d'engager des escortes aussi vieux.

La bouche de Naruto s'ouvrit avant d'exploser de rire de nouveau, pour de vrai cette fois.

— Moi, vieux ?!

Il ne put s'empêcher de se saisir du coussin à côté de lui et de le lui balancer dessus. Si l'homme fut surpris il se reprit très vite, mais Naruto vit très bien l'expression joyeuse qui repeint l'espace d'un quart de seconde le visage si impassible.

Il était heureux de voir son client se dérider. Mais l'heure effectivement était bien entamée et il se demandait maintenant comment procéder pour que la situation se réchauffe. Il savait exactement ce qu'il avait à faire, ce n'était pas vraiment ça le problème… Plutôt qu'il n'était pas sûr d'en avoir envie. Il lui restait deux options. Le chauffer et l'emmener dans la chambre où il écarterait les cuisses pour 20 min rapides. Où…

Naruto se redressa et resserra l'espace qui l'éloignait de son vis-à-vis.

Il posa les deux mains de chaque côté du fauteuil et s'approcha. Il vit immédiatement les lèvres se tendre dans l'attente d'un baiser. Mais le visage continua à n'exprimer rien d'autre que l'assurance, comme si tout ce qui entourait cet homme était prévisible.

Alors Naruto prit sa décision.

Une décision pas du tout professionnelle.

Il approcha sa bouche du cou et de l'oreille de son client. Son parfum l'envahit. Discret, et frais. Une odeur qui lui plaisait. La peau blanche se couvrit instantanément de frisson et cela ravit Naruto.

— Quel dommage donc que je loupe le coup du siècle avec un si bel homme, si proche de mon âge.

Puis ses lèvres se posèrent. Le plus délicatement qu'il put d'abord, puis avec plus de force, pressant rapidement ses dents contre la chaire. Il lutta contre les envies qui l'assaillirent et se redressa.

Il prit l'enveloppe que lui avait remise son client un peu plus tôt et en sortit la moitié qu'il reposa sur la table.

— Comptez ceci comme une rencontre sociale de 30 min. Merci pour le café.

Puis il se retourna pour attraper sa veste et se dirigea vers la sortie.

Sasuke assistait à la scène comme s'il n'en faisait pas partit. Que se passait-il ? Une sourde colère gronda en lui. Pour qui se prenait-il celui-là ? Est-ce que tous les indépendants étaient aussi pénibles ?!

— Vous n'allez pas partir comme ça ?!

— Si.

— Mais j'ai payé pour une heure.

— Et je viens de vous rendre la moitié de votre argent.

— Il reste 26 min à notre rencontre.

— Oui, mais je ne souhaite pas vous offrir ce que vous cherchez en si peu de temps. Je n'aurais pas dû accepter cette rencontre d'une heure, je m'excuse.

— Mais vous ne pouvez pas faire ça !

— Oui, je le peux, et je suis en train de le faire.

La tournure des événements échappait totalement à Sasuke. Il se dirigea promptement vers l'homme qui s'apprêtait à partir et parvint à la porte juste avant lui.

— Attendez ! Est-ce que… est-ce que j'ai dit quelque chose de déplacé ?

— Non. Je ne corresponds pas à ce que vous cherchez, répondit le gigolo d'un ton neutre. C'est tout.

Le professionnel ne le regardait pas. Sasuke appuya sur la porte, l'empêchant de sortir. Cela ne dut pas lui plaire puisque les yeux bleus se braquèrent immédiatement sur lui, assombri par le ressentiment.

— Êtes-vous en train de me retenir contre ma volonté ?

Il sentit son visage virer au cramoisi et se retira vivement. Il ne comprenait pas l'évolution de la situation, mais il savait qu'il voulait que le jeune homme reste. Il le voulait cruellement. Et ce qu'il voulait, il l'avait.

— Je ne comprends pas votre comportement. Restez, je paye une heure de plus. Pour deux heures en tout.

Naruto le dévisagea intensément pendant plusieurs secondes. Ce client mettait à mal ses décisions. Il avait voulu partir pour lui faire les pieds. Juste pour assouvir un genre de vengeance dont il ne comprenait même pas l'origine. Pas professionnel du tout.

Le brun affirma son regard dans le sien. Des yeux noirs, profonds et résolus. Des yeux affamés.

— S'il vous plait.

Maintenant qu'il l'observait plus en détail il décelait une solitude en lui qui fendilla un peu son cœur. Ses yeux passèrent de ses lèvres à ses pupilles charbons. Constatant l'émoi du brun son esprit se fit limpide.

— Ok.

Et il plaqua ses lèvres sur lui.

L'homme y rebondit avidement saisissant son cou entre ses longs doigts et le tira à lui. Naruto le plaqua contre la porte et continua à explorer cette bouche de la sienne. Il avait des lèvres fines, mais délicatement dessinées. Il les mordilla avant d'insérer sa langue à l'intérieur. Il ne voulait pas s'imposer ou être trop agressif dans son baiser, mais quelque chose chez ce mec le rendait fou. Heureusement pour lui l'homme ne se fit pas prier et lui rendit son baiser avec la même fougue. Il passa ses mains dans le dos, sous la chemise blanche, la peau était fine et souple. Elle recouvrait une carrure mince et délicatement musclée quasiment exempte de graisse.

Encouragé par le gémissement qui sourdit des lèvres de son amant, il descendit sous les fesses, puis sous les cuisses et souleva son client d'un geste ferme. Celui-ci entoura rapidement ses jambes autour de lui.

Ils continuèrent de s'embrasser tout en frottant leur bassin l'un contre l'autre avec impatience. Le désir de Naruto était monté en flèche et il n'avait même pas eu besoin de se concentrer sur quoi que ce soit pour s'aider un peu. Son client lui suffisait. Son client était magnifique. Son client sentait bon. Goutait bon.

Sa bouche glissa jusqu'au cou blanc qu'il avait trouvé si appétissant un peu plus tôt. Les muscles du cou apparurent sous sa langue, il les redessina jusqu'à parvenir à une oreille. Il se fit plus doux, attendant de voir si le client aimait ce type de caresse.

La réponse fusa de nouveau, la peau se couvrant de frisson et arrachant un gémissement discret à l'homme d'affaires qu'il avait malmené.

Puis une main malicieuse glissée jusqu'à sa nuque se perdit dans ses cheveux qu'elle agrippa d'un coup. Lui tirant la tête en arrière. Des dents vinrent grignoter doucement sa gorge jusqu'à sa clavicule. Une voix grave et rauque, empreinte d'autorité gronda à son oreille,

— Lâche-moi.

Naruto s'exécuta. Il avait bien compris que Taka était du genre dominant, or, il n'aimait pas trop recevoir d'ordre en général. Mais… il appréciait beaucoup le corps collé à lui. Il pouvait bien le tolérer pour un client comme lui. Il se fit pousser jusqu'à la chambre alors que des mains agiles se glissaient à leurs tours sous son vêtement. Rapidement, elles saisirent des pans de la chemise et l'ouvrirent d'un coup sec en faisant voler tous les boutons.

— Hey !

— Je t'en rachèterai une !

— Putain j'espère bien, je-

Son client le fit taire en l'embrassant de nouveau. Si les gestes étaient secs et agressifs, sa bouche, elle, avait la douceur d'un fruit moelleux. Sa langue se frottait contre la sienne avec langueur. Son client embrassait bien. Son client avait une érection très présente collée contre sa cuisse. Son client devait vraiment le trouver à son gout. Putain, son client lui avait déchiré sa chemise !

Se rappelant son énervement il saisit les hanches étroites de son client et se décala d'un mouvement sec pour le projeter sur le lit derrière lui. Avant que celui-ci ne se relève, il l'écrasa de son poids en lui saisissant les poignets. La tête dans son cou et vers son oreille il recommença à l'embrasser et le mordiller. Les frissons réapparurent et le bel éphèbe laissa échapper une douce plainte tout en essayant de se tortiller pour s'échapper à l'étreinte. Mais plus il essayait de s'échapper et plus Naruto voulait le clouer sur le lit et le torturer de ces baisers. Avoir repéré un tel point sensible était une aubaine pour lui. Il continua à le martyriser quelques secondes de plus puis l'abandonna pour descendre vers la chemise et l'arracher à son tour.

Sasuke avait du mal à survivre aux assauts du blond. Il était tellement sensible de cette zone que ce Kyubi avait repérée qu'il n'arrivait plus à penser à autre chose, et pourtant il n'avait pas fait un seul geste pour le repousser. Il retrouva immédiatement ses esprits quand il sentit les boutons de sa chemise se faire arracher.

Une putain de chemise sur mesure à 300 euros !

— Tu t'en achèteras une nouvelle.

La voix était pleine d'une vengeance moqueuse et satisfaite.

— Mais as-tu la moindre idée du prix qu'elle coutait ?!

Le blond se redressa au-dessus de lui, le contemplant de toute sa hauteur et enleva d'un geste ferme sa propre chemise bleue que le client avait malmenée un peu plus tôt.

— Probablement plus que la mienne.

Les yeux de Sasuke s'assombrirent. Qu'à cela ne tienne. Le blond s'était vengé, il l'avait bien cherché. Sa carrure musclée était impressionnante. On pouvait difficilement faire plus proche de ces fantasmes. Ce mec était le plus beau de tous les escortes qu'il n'avait jamais embauchés. Un homme gentil, drôle, tout en sueur et en muscles, et rempli de désir brut pour lui. L'érection de Sasuke pulsa contre son pantalon.

Mais le plaisir montant avait un gout amer. Ce soi-disant désir était faux n'est-ce pas ? Tout ce qu'il ressentait était uniquement dû aux merveilleuses compétences du blond. Tout ceci n'était que contextuel. Sasuke ferma les yeux. Il payait ce mec pour baiser. Ce mec baisait avec lui. C'est tout.

D'un geste sec, il se redressa.

— Allonge-toi.

— Non.

Sasuke le dévisagea.

Naruto lui souriait, l'air résolu. Maintenant, il savait. Son client préférait contrôler par peur. En temps normal, il lui aurait laissé sa carapace. Mais là, il en était incapable. Il voulait la fissurer et se glisser dessous.

— Prends-moi si tu veux, murmura-t-il en s'approchant des douces lèvres. Mais ne me contrôle pas comme si j'étais ta chose. Fais l'amour avec moi.

Sasuke sentit l'agacement ramper de nouveau en lui. Il voulait juste du sexe. Qu'est-ce qu'il lui chantait l'autre là ?! Ils étaient tous les deux à genoux sur le lit face à face, se dévisageant.

Sasuke allait croiser une énième fois les bras pour s'énerver devant le manque de coopération du blond, mais celui-ci se saisit à nouveau de ses lèvres.

Sasuke aimait les baisers de Kyubi. Ils étaient francs, volontaires, tout en étant tendres et langoureux. Son odeur un peu musquée lui plaisait. Une odeur de mâle, tel qu'il les aimait, tel qu'il les fantasmait. Une odeur un peu sauvage. Des mains se posèrent sur ses épaules et firent glisser la chemise doucement de ces épaules sans jamais interrompre leur baiser.

Il glissa sa main dans la chevelure dorée du blond et en agrippa fermement quelques mèches. Il entendit le professionnel grogner légèrement sous la pression. Il relâcha à peine sa poigne puis le força à incliner la tête vers l'avant pour pouvoir embrasser sa nuque. Les épis blonds lui chatouillèrent les lèvres. C'est pour ça qu'il l'avait choisi, pour leur couleur et leur aspect rebelles.

Il l'aurait choisi pour ses yeux s'il les avait vus sur le site. Mais le blond ne montrait pas son visage. Ce regard azuré lui faisait beaucoup d'effet. Il le fuyait, car il se sentait rougir sous leur intensité.

Sasuke reconnaissait les signes d'un combat de force entre eux, une joute d'égal à égal, et cela l'excitait.

C'est vrai qu'il prenait souvent le contrôle de la situation. N'attendant rien de plus des professionnels qu'il engageait que de se laisser faire. Il aimait leur donner du plaisir. C'était très important pour lui. Il en retirait la satisfaction d'un travail bien fait, et ça comblait un peu le vide. Un peu, car finalement, c'était toujours un peu pareil…

Là pourtant, l'idée de le faire jouir comme il avait pu faire jouir les autres attisait sa curiosité et son désir. Imaginer ce visage souriant perdu dans le plaisir lui apparaissait tout à coup d'un érotisme rare et précieux.

Ses doigts rencontrèrent le ventre musclé. La texture douce de la peau et le renflement des abdos lui plurent. Sa main glissa sur les formes de l'homme et atterrit dans son dos vers la chute des reins. Il sentit un léger duvet de poil le guider vers… un boxer. Un soupir de frustration lui échappa.

Il se faufila néanmoins sous le jean pour venir tenir en coup une fesse qu'il griffa à peine à travers le caleçon. Naruto avait calé sa tête dans son cou et laissait son client le découvrir. Appréciant la caresse tout en continuant de l'embrasser doucement.

Il rit quand il sentit l'exaspération de l'homme d'affaires devant ses vêtements en trop.

Il se dégagea de l'étreinte, joueur.

— Tu veux que j'enlève cet insupportable caleçon ?

Les yeux du brun s'étaient nettement réchauffés. Un simple hochement de tête lui répondit.

Naruto se recula encore un peu pour se placer dans la lumière de la fenêtre et posa une main derrière sa tête. L'autre vint se placer à la base du sous-vêtement qui dépassait du jean et tira légèrement dessus.

— Tu es sur ?

Sasuke grogna de frustration. Son gigolo l'allumait.

S'il ne pouvait lui donner d'ordre alors il voulait au moins le toucher,

Il sortit du lit et vint rejoindre Kyubi qu'il plaqua contre la baie vitrée.

— Tu m'allumes.

— oui.

Puis Sasuke se saisit de la ceinture qui maintenait cet insupportable jean en place et commença à la défaire vivement.

— Si tu déchires un autre de mes vêtements, je m'en vais, murmura l'homme à son oreille

La menace le fit rire doucement, lui donnant presque envie de le provoquer.

— Je ne te laisserais pas partir.

— Ah oui ?

Sasuke leva les yeux et tomba dans deux orbes bleus qui le fixaient intensément sans ciller. Il se sentit immédiatement happé, incapable de détourner le regard. Faible devant tant de volonté, de curiosité, de désir. Sans qu'ils se quittent des yeux, ses mains suspendant leurs gestes, ils se penchèrent l'un vers l'autre pour s'embrasser.

Mais leurs lèvres furent beaucoup plus douces que ce à quoi il s'attendait. Le baiser fut lent, presque intimidant. Leurs bouches se posèrent l'une sur l'autre simplement, avant de bouger, ensemble, et de s'arrêter de nouveau, entrouvertes. Pour que leurs langues, toujours aussi doucement, viennent à la rencontre l'une de l'autre. Pour qu'elles s'effleurent, se goutent à peine, et se rétractent, soudainement devenues timides, leur rappelant de respirer. Ensemble. Une grande inspiration un peu fébrile.

Naruto sentit son cœur se serrer devant la connexion qui s'intensifiait entre eux. Alors qu'il expirait discrètement, tentant de se calmer, de savourer, sa voix trébucha légèrement dans sa gorge, vibrant d'un gémissement doux et haletant qu'il n'avait pas prévu. Il sentit Taka y répondre immédiatement, se pressant contre lui, silencieux, mais présent.

La plainte de Naruto se fit plus rauque. Son client lui plaisait tellement qu'il en avait la tête qui tournait. Il plaqua ses lèvres de nouveau contre celles d'en face. Essayant de lui signifier l'attirance qu'il avait pour lui, il recommença à l'embrasser, accélérant ses baisers, attrapant ses lèvres des siennes, pour les relâcher, les caresser, de son nez de sa langue, de ses dents, encore et encore, laissant l'homme faire pareil à son tour.

Gémissant encore.

Ensemble.

Les mains blanches se contractèrent sur lui. Comme saisies d'impatience. Puis l'une d'elles se posa sur le caleçon. Exigeante et hésitante. Comme si le client n'osait plus.

Naruto se dégagea de la bouche qui continuait à s'unir à lui.

— Je pense que tu peux me l'enlever maintenant…

Sa propre voix surprit encore Naruto. Elle n'était pas aussi cajoleuse que d'habitude. Il avait voulu jouer, teaser. Mais rien de tout ça ne l'habitait vraiment. Il voulait vraiment être nu devant cet homme, là, tout de suite. Il voulait que son sexe soit prît par cette main, qu'elle le pompe avec toute l'impatience et la possessivité que cet homme semblait cacher en lui.

Celui-ci n'attendit pas plus. Deux mains fermes se saisirent vivement des rebords de son jean et de son caleçon, et il tira d'un cou sec, descendant le tout d'un coup. Le sexe de Naruto fut libéré, et rebondi joliment sur le visage parfait de l'homme d'affaires.

Ils continuèrent à s'observer. Sasuke n'osait pas regarder le membre qui était pourtant si proche de lui. Les grands yeux bleus ne le lâchaient pas et il était comme hypnotisé par eux. Son impatience était étrangement partie. Il se sentait beaucoup plus hésitant maintenant. Et peu sûr de lui. Ce qui était rare. Non. Cela n'arrivait jamais.

Il détourna vaillamment les yeux et observa le sexe devant lui. Il sentit une douce chaleur envahir ses joues et jura contre lui-même. Il avait pourtant vu des photos du dit membre. Les gigolos faisaient tous ça. Mais… quand même. En vrai, c'était différent. Plus beau, plus appétissant, plus vivant quoi. Il déglutit de nouveau, puis enroula ses doigts autour de lui. Il releva les yeux rapidement, et la chaleur en lui redoubla devant la vision que l'homme lui offrait. La bouche entre ouverte et les sourcils légèrement froncés, ses yeux bleu flamboyant de désir, pour lui.

Se rappelant son envie de le voir perdu dans le plaisir, il commença un rapide va et viens. Resserrant doucement ses doigts lorsqu'il arrivait vers le gland. Le blond ferma les yeux un instant, avant de les rouvrir en expirant lentement. Sasuke aimait entendre cette voix vibrer de plaisir dans cette gorge si parfaite, comme un ronronnement spontané et non contrôlé. Preuve de la véracité de son excitation. Du moins, il l'espérait.

Une main large vint s'ajouter à la sienne. Elle ne fit rien d'abord et Sasuke continua ses mouvements. Puis elle se resserra sur lui et le poussa à monter un peu plus sur la hampe, pour que le prépuce recouvre totalement le gland rougi. Fermement, mais toujours avec tendresse, il lui montra comment il prenait son plaisir, et Sasuke se laissa faire, observant tantôt leur main sur le sexe turgescent, tantôt le regard brumeux qui le dévisageait sans ciller.

Puis la main l'abandonna et il continua à le caresser, variant légèrement le mouvement, analysant avec attention les moindres réactions de cet ange aux cheveux blonds. Écoutant la respiration qui s'accélérait et trébuchait à chaque expiration.

Une main vint se placer sur son visage et tenta de le relever, il résista. Il était encore à genoux, et sincèrement il ne comprenait pas comment il n'avait pas déjà posé ses lèvres sur cette excroissance qui le narguait. Il allait s'approcher, décidé avant même de le sucer à le faire jouir. Mais une main le retint, plus fermement cette fois.

Naruto ne voulait surtout pas que cet être magnifique et fier le suce, il allait jouir en 2 secondes. Rien que d'imaginer cette vision, son pauvre membre en tressautait tout seul. De plus, normalement pour ce genre de pratique il utilisait un condom. Donc c'était non, non et non.

Les sourcils froncés de son client le firent rire. Cet homme n'aimait décidément pas qu'on lui dise non. Il se saisit de son visage et se pencha à lui pour l'embrasser de nouveau. La voix grave grogna son mécontentement entre ses lèvres, et son excitation redoubla d'ardeur. Qu'il aimerait glisser son sexe dans ce visage si arrogant ! Le voir s'étirer, et luire de salive, d'envie, raah. Naruto le repoussa brusquement, et l'allongea sur la moquette. Les jolis sourcils se relevèrent de surprise puis se froncèrent dans leur mimique habituelle. Adorable. En totale contradiction avec ce que le corps de son client lui envoyait comme signe.

Les joues blanches s'étaient légèrement colorées le regard était voilé et la respiration saccadée, le corps était chaud, les lèvres gonflées. Naruto déglutit. Cet homme était vraiment terriblement excitant. Il le surplomba, l'autre allongé sous lui sur la moquette de la chambre d'hôtel.

— À ton tour d'être nu. Taka.

Puis il l'embrassa encore, dérivant très vite vers l'oreille et le cou du brun. Appréciant le gémissement étouffé qui se fit entendre immédiatement. Il le martyrisa un peu, appuyer sur un coude, la main jouant dans ses cheveux, tandis que de l'autre il entreprit de défaire le pantalon.

Celui-ci lui posa problème. Pourtant il en avait défait des pantalons. Des zips, des boutons, des pinces, mais cette fois-ci ses doigts étaient incapables de trouver la foutue attache. Il se détacha en grognant et s'assit devant le client dont la couleur de peau était uniformément rouge du dessus des pecks au front.

Il croisa les bras frustrés.

— Défais ton pantalon. J'y arrive pas !

Des yeux noirs moqueurs se braquèrent sur lui, et il ne sut pas vraiment pourquoi il ne s'en offusqua pas du tout, au contraire il aurait juré y voir une forme d'attendrissement, de complicité.

Puis l'homme se redressa en leva les yeux au ciel.

— Idiot.

Diligemment, il défit son pantalon, mais à peine eut-il fini de libérer les deux attaches secrètes que Naruto le repoussa au sol de nouveau.

— Merci.

— Contrôlant hein ?

— Pas autant que toi, ricana Naruto.

— Je me laisse clairement faire pourtant là.

— Ouuuh, pendant 2 min ! Wouah vous battez les records Taka.

Sasuke grogna avant de se saisir des larges épaules du blond pour essayer de le retourner. Il échoua. L'autre était fort et le dévisageait avec amusement.

— Tu essayes de faire quoi là ? murmura l'homme qui le surplombait d'une voix grave et taquine.

Sasuke laissa filtrer un soupir frustré. Comment ce mec pouvait-il être aussi bandant et agaçant en même temps !?

— On n'a pas mille ans et je suis excité, alors j'aimerais qu'on active !

Sa voix avait claqué, mais pas aussi sèche que d'habitude. Le blond du le sentir, car il ne s'en offusqua pas. Au contraire. Il vit les yeux bleus se voiler brusquement de désir, et la mâchoire se contracter.

Son pantalon lui fut retiré immédiatement. Il s'attendait à ce que l'autre se frotte à lui, mais non, son caleçon fut supprimé aussi, et sans qu'il ait vraiment eu le temps de réagir un corps imposant le recouvrit.

Leurs érections entrèrent subitement en contact. Il figea un instant essayant de savourer la sensation, mais Kuybi s'écrasa un peu plus sur lui, compressant leur membre l'un sur l'autre. Une décharge d'excitation se rua dans son sexe et tous deux grognèrent d'envie.

— C'est plus direct pour toi comme ça ?

Il aurait bien répondu, mais le professionnel ne lui en laissa pas vraiment le temps. Sa bouche vint se coller à son cou et des mains se perdirent dans ses cheveux. Les lèvres étaient voraces contre lui, chaque baiser semblait s'accompagner de gémissement et les frissons que cela lui procurait, si proches de son oreille, lui firent perdre les pédales. Il était comme saturé de stimulus, mais avide de plus.

— Marques ?

La voix avait grondé, rauque de désir, mais aussi hésitante. Il ne comprit pas la question.

— Nh ?

— Tu retrouves quelqu'un après ? Est-ce que je dois faire attention à ne pas te marquer ? Est-ce tu aimes ça ?

Une boule surprenante se forma légèrement dans sa gorge alors qu'il répondit en haletant que non, il ne retrouvait personne, que oui, il pouvait le marquer !

À cette dernière mention, les tensions s'intensifièrent en lui, et sans savoir pourquoi il se sentit prêt à pleurer.

Au lieu de se laisser aller à telle mièvrerie, il plongea ses doigts dans la chevelure dorée et comme pour illustrer son autorisation il mordit le cou qui était à sa portée.

Il sentit la poitrine vibrer contre lui en réaction. Il mordit plus fort et le gigolo se détacha de lui vivement,

— Je n'ai pas dit que toi tu pouvais me marquer ! Le consentement tu connais ?

Mais encore une fois, le professionnel ne lui laissa pas répondre, attaquant de nouveau ses lèvres en l'embrassant sauvagement. Puis la bouche descendit et sembla accrocher la moindre parcelle de sa peau pour la dévorer de baiser, de morsures, de suçotements.

Son mamelon se fit aspirer brusquement, lui faisant ouvrir les yeux de surprise, réalisant alors qu'il les avait fermés. Kuybi le regardait. Il était magnifique.

— Tu es magnifique, murmura immédiatement le travailleur au-dessus de lui comme s'ils avaient pensé la même chose au même moment.

Sasuke se sentit rougir violemment et détourna les yeux vivement.

Naruto était dans un état d'ivresse rare. Les gémissements qu'il parvenait à arracher à son client lorsqu'il lui embrassait le cou et les oreilles le perdaient un peu. Il avait une voix grave et profonde qui se faisait très chaleureuse dans l'étreinte. Même s'il était au-dessus et s'appliquait à ravager le corps blanc de ses baisers, les mains fermes et fraiches de l'homme d'affaires ne l'avaient pas lâché une seconde. Ou si, peut-être une fois pour étouffer un gémissement. Et Dieu que cette action l'avait excité.

Il se saisit de leurs deux membres et sans lâcher son client des yeux commença à les masturber ensemble. C'était juste une manière de les exciter un peu. Encore un peu. Comme s'ils en avaient encore besoin alors que la demande de son client avait été plus que claire : maintenant, il fallait passer à la suite.

Le regard noir le dévisageait toujours.

— Arrête de jouer.

Le sourire de Naruto s'agrandit. Il adorait cette complicité remplie de verve qui s'installait entre eux. Il ne connectait jamais aussi bien avec un client. C'était quasiment magique. C'était comme un amant rencontré en boite. Non, c'était encore mieux.

Il flatta une dernière fois sa queue trop excitée et se pencha de nouveau.

— Tu vois la suite des choses comment ?

Du coin de l'œil, il vit le client fermer les yeux rapidement, en se mordillant les lèvres. Comme s'il prenait le temps de rassembler ses pensées.

— Je ne laisse jamais autant le contrôle, d'habitude.

Naruto se resserra encore un peu autour de lui.

— Tu aimes ça ?

Il sentit la tension, l'hésitation, envahir un peu plus le corps sous lui.

— oui.

— OK, alors on continu comme ça ?

Ils étaient tellement serrés l'un contre l'autre que Naruto pouvait quasiment sentir les battements du cœur de son client contre lui. Il le sentit hocher la tête, et un immense sentiment de victoire, mêlé d'une grande responsabilité, l'envahit. Il devait rester attentif, Taka disait oui, mais son corps restait tendu. Et d'expérience, pénétration anale et stress ne faisaient pas bon ménage.

Il se redressa.

— OK, viens, on va sur le lit.

Il se releva et tendit la main à l'adonis étendu sous lui qui le jaugeait, sourcil levé.

— Je ne suis pas en sucre.

Naruto partit d'un grand rire.

— Haha ! je n'ai jamais dit ça ! Mais je trouve ça plus confortable dans un lit ! Aller viens, Monsieur l'indomptable homme d'affaires.

Et sans le laisser trop réfléchir, clairement il fallait éviter avec lui, il lui prit la main et l'attira vivement à lui. Il adora le glapissement surpris qui échappa à la voix grave, puis recommença à l'embrasser tout en le repoussant contre le lit.

Ils s'allongèrent, et Naruto se saisit des capotes et du lubrifiant qui trônaient sur la table de chevet. Il observa les emballages et réalisa que ces condoms-là n'iraient pas. Il se tourna rapidement.

— Bouge pas, je reviens.

Il courut tout nu jusqu'à son sac dans le salon et se saisit rapidement de son propre matériel.

Il revint tout sourire vers le dieu nippon qui l'attendait, négligemment étendu sur le lit et resta figé quelques instants.

— pff dieu que tu es beau.

L'homme leva les yeux au ciel.

— Qu'est-ce que tu es mièvre pour un gigolo !

Naruto s'esclaffa.

— Hey ! Insulte pas mon travail, OK !? J'ai le droit d'être fleur bleue et de te trouver beau OK !?

Puis il monta sur le lit et se mit à quatre pattes au-dessus de l'Homme.

Il redevint sérieux.

— Est-ce que tu as déjà fait ça au moins, ou c'est vraiment toujours toi qui top ?

La réaction de son client le prit au dépourvu. Comme ça, de nulle part, celui-ci lui planta ses doigts dans les côtes de Naruto, et enchaina immédiatement vers une série de chatouillis qui le firent glapir de surprise et se perdre dans un rire nerveux et scandalisé.

L'action permit à l'homme brun de le retourner et de se placer sur lui, apparemment très fière de sa petite vengeance.

Naruto émergea laborieusement des quelques hoquets qui agitaient encore son corps.

— Hey… c'était pourquoi ça ? Et comment tu sais que je suis chatouilleux, c'est pas juste ! Et depuis quand les chatouilles c'est l'arme secrète des hommes d'affaires sérieux !? Me semble que tu serais plus genre à avoir un regard qui tue ou un truc du genre, continua-t-il d'un ton geignard.

L'homme ne daigna pas lui répondre, mais se pencha vers son visage pour le dévisager. Il vit très bien les lèvres fines se relever en une moue triomphante, et légèrement menaçante.

— Pour qui tu me prends gigolo ? Un hétéro refoulé qui se vide dans des petits culs à pose café pour déstresser ?

Naruto ouvrit des yeux grands comme des soucoupes devant la question.

— Heu. Peut-être… ?

L'homme se redressa et croisa les bras dans un soupir sec.

— Désolé de te décevoir, mais mon pucelage est pris depuis longtemps, crétin.

Naruto continua à le contempler. L'homme boudait apparemment. Il aurait aimé s'en énerver, mais il était juste encore plus mignon. Le genre de sub un peu brat à qui Naruto aurait juste envie de mettre une bonne fessée… Dieu qu'il avait envie de le mettre à quatre pattes.

— Hey ! À ma décharge c'est un profil assez commun dans mes clients. N'y vois rien de personnel.

Les yeux noirs se braquèrent de nouveau sur lui. La faible lueur menaçante que Naruto avait perçue plus tôt était de retour. Beaucoup plus présente cette fois.

L'homme se pencha brusquement sur lui, et sa voix claqua, atrocement froide.

— Ne me compare pas à tes autres clients. Jamais.

Les yeux de Naruto s'agrandirent de surprise, avant de se froncer, la peur laissant place à la déception. Les clients aiment rarement être comparés. Tous aiment croire qu'ils sont les seuls. Mais peu se permettent de réagir aussi violemment. Éventuellement, ils font un petit commentaire jaloux, ou ils arrêtent d'appeler tout simplement.

Naruto déglutit difficilement, la frustration nouant sa gorge. L'ordre était direct. Il émanait d'un homme qui était habitué à se faire obéir. Pourtant avec lui il aurait aimé ne pas avoir à prétendre. Il aurait aimé que tout soit vrai. Mais peut-être était-ce justement parce que c'était trop vrai que c'était si douloureux pour son client ?

Puis, il vit le visage au-dessus de lui se fermer, comme si quelque chose de douloureux l'avait traversé, et l'homme prit une courte respiration avant de poser ses yeux sur Naruto.

— Pardon. Je n'aurais pas dû dire ça.

Puis le regard se voila un peu, sembla devenir plus déterminé, mais toujours avec cette douleur dansant au fond des yeux.

— Prends-moi. Kyubi.

Une décharge d'adrénaline envahit Naruto à l'entente de son nom de travail. Il ne savait pas exactement pourquoi, si c'était le fait que son client ait accepté d'utiliser ce surnom, alors qu'il ne l'avait jamais fait jusqu'à présent. Si c'était parce que ça avait l'air de lui couter. Si c'était à cause du don, parce que c'était un don, que cet homme s'apprêtait à lui faire. Ou si c'était à cause de cette tension implacable qui les unissait.

Ils se jaugèrent quelques instants, puis Naruto se rua sans plus réfléchir sur les lèvres rosées en face de lui. Elles lui répondirent avec la même soif impérieuse. Ça avait toujours été facile pour Naruto de se concentrer uniquement sur ses sensations. De trouver quelque chose à aimer, n'importe quoi, chez ses clients. Mais avec Taka, il y avait quelque chose de plus. Un petit truc qui collait trop parfaitement. Qui était trop évident. Et qui annihilait le reste de leurs incompatibilités.

L'était-il ? Était-ce important ? Dans la vraie vie, il aurait tenté de faire de cet homme un de ses partenaires. Dans la rue il se serait arrêté pour lui parler, en boite de nuit, il l'aurait attiré aux toilettes, à un diner d'amis il lui aurait parlé des heures jusqu'à le convaincre de venir chez lui. Il aurait tout fait pour se repaitre de cet homme. Enfin tout, jusqu'au moment ou ils auraient parlé de leurs carrières. Leurs valeurs sociales probablement aux antipodes ne les auraient pas menés bien loin…

Naruto tassa toutes ces pensées, se félicitant de pouvoir gouter à cet homme grâce à sa job et fondit de nouveau dans leur étreinte. Très vite, la tension sexuelle remonta, leurs érections retrouvant toute leur vigueur. Très vite, il se sentit perdu dans les lèvres de son vis-à-vis. Dans la chaleur de sa bouche. La caresse de son corps. Il avait ce mec dans la peau à un point quasi flippant.

Prestement, il inversa leur position et recommença à le couvrir de baisers. Se dirigeant tranquillement vers le bas de son corps pour commencer à le préparer.

Une main agrippa ses cheveux.

— J'ai pas besoin de préparation.

Naruto leva les sourcils sceptiques.

— Je veux dire… j'en veux pas. Je préfère sans.

L'incrédulité de Naruto s'intensifia.

— Tu es sur ?

Le bel éphèbe arrogant se contenta de hocher la tête.

— Est-ce que je vais te faire mal ? Ou tu es habitué ?

L'homme détourna les yeux rapidement.

— Oui, et oui… un peu... J'aime ça comme ça.

Naruto se rallongea sur lui.

— Est-ce que je peux te lécher au moins ?

— Je ne veux pas gouter mon cul sur tes lèvres.

Naruto fit une moue boudeuse.

— Mais je suis sure qu'il goute bon !

À son plus grand plaisir, il vit le visage sourire rapidement, amusé devant son évident désir de lui bouffer le cul.

— Une prochaine fois, ok ?

Un sourire niais envahit le visage de Naruto.

— J'ai vraiment envie de toi alors j'aimerai que tu aies du plaisir aussi, insista-t'il.

— J'en aurais.

—OK. Comme tu veux, ajouta-t-il en l'embrassant.

Naruto se redressa et se saisit du sachet de préservatifs. Il prenait des supers. Il était bien bâti. Il avait une trouille immense de déchirer son client.

— Même pas un doigt ?

— Non

— Du poppers ?

— Si tu continues, c'est moi qui te prends à sec !

Naruto pouffa. Il adorait ce mec. Quand il ne le détestait pas.

Il déroula le préservatif sur son sexe après s'être légèrement branlé, le tout sous l'œil appréciatif de Taka, puis se recouvrit généreusement de lubrifiant.

— Je te laisse même pas le choix pour le lubrifiant.

Taka leva les yeux au ciel.

— Je ne suis pas maso non plus, je veux pouvoir m'assoir.

Naruto releva les jambes de taka pour lui glisser rapidement un coussin sous le bassin. Il voyait la gêne de l'homme qui se laissait manipuler et aurait adoré le torturer un peu plus juste pour un profiter. C'était tellement mignon. Les mains gentiment posées sur les cuisses relevées de son amant, il se présenta devant l'entrée.

— Tu es prêt ?

Et sur un bref hochement de tête de son client, tout doucement il s'inséra à l'intérieur de ce corps magnifique.

Le visage de Taka se crispa instantanément et Naruto l'insulta copieusement en retour, lui reprochant sa fierté mal placée. Il continua à jacasser et à se plaindre de l'idiotie de son amant tout en poursuivant sa poussée. Il ignora au passage les insultes relativement similaires que lui envoyait Taka, lui qui aurait apparemment voulu qu'il le défonce d'un cou. Mais non, il préférait attendre que Taka le prenne à l'intérieur de lui, l'aspire, plutôt que ce soit lui qui brusque le tout. Il laissait les chaires s'acclimater à lui et s'écrasait doucement sur le corps qui l'accueillait.

Il pesta également contre la chaleur et la pression lancinantes et merveilleuses que son sexe supportait, luttant contre l'envie de simplement pilonner le corps sous lui pour se satisfaire, pulsion à laquelle Taka le pressait de céder entre deux gémissements étouffés. Quel homme impatient !

Quand il se sentit enfin insérer jusqu'au pubis, complètement allonger sur son amant, celui-ci n'était plus qu'une feuille tremblotante entre ses bras. Une action aussi simple que prendre son temps avait permis à la fois au corps de Taka de ne pas être abimé, et à la tension sexuelle d'escalader superbement. Taka haletait de tout l'effort qu'il avait dû faire pour accepter, attirer, le sexe de Naruto en lui. À cette fatigue se mêlait l'excitation, l'envie… Naruto pouvait le voir au sexe toujours superbement gonflé qui frottait contre son ventre.

N'importe qui aurait débandé avec une pénétration anale si peu préparée, apparemment pas Taka.

Naruto s'immobilisa, enfouissant son visage dans le cou blanc, inspirant le parfum de sa peau, fraiche et subtile, de l'homme qui l'accueillait. Il planta ses doigts dans les muscles fins, justes sous les épaules et le ramena vers lui pour s'enfoncer un peu plus encore. Tous deux grognèrent de concert, soufflant et râlant comme s'ils avaient couru un marathon.

Puis Taka s'agrippa enfin à lui, posant enfin ses mains sur son dos, enroulant enfin ses jambes autour de lui. Naruto en soupira de soulagement. Il allait parler quand Taka de lui-même commença à se déhancher sous lui, envoyant Naruto encore plus profondément dans les affres du plaisir. Taka commença à gémir et Naruto jura que c'était le son le plus érotique qu'il avait jamais entendu.

Il se recula un peu, à peine, pour voir la bouche de son client entrouverte, ses yeux fermés sa tête légèrement rejetée en arrière pendant qu'il s'agrippait bel et bien à lui. Quelle différence entre l'homme qui lui avait ouvert sa porte tantôt et celui-ci !

L'homme d'affaires n'avait finalement eu aucun problème à s'abandonner. Il n'attendait que ça. Naruto sentit la fierté et l'admiration, exploser en lui, une admiration proche de la fascination. Une admiration proche de l'amour. Son cœur se serra devant ce spectacle. Il s'approcha et captura fougueusement ces lèvres tentatrices entre les siennes.

Elles lui répondirent avec entrain. Leur langue se rencontrèrent de nouveau pendant que Taka continuait à jouer du bassin sur un Naruto quasi immobile, lui laissant le contrôle, le peu de contrôle qu'il pouvait avoir dans cette position. Ils s'embrassaient, rageusement et maladroitement, comme si l'émotion avait tout ravagé sur son passage, ne laissant plus qu'un joyeux chaos de grognements, de gémissements, de fluides mélangés, de dents entre choquées, et de respirations mêlées.

Quand les grognements s'intensifièrent chez son amant, sonnant irrités ou impatients, Naruto se recula pour l'observer.

Leurs yeux se croisèrent, embués de plaisir, soudainement si proche et si intime.

— Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Naruto d'une voix douce.

— Baise-moi, maintenant ! lui répondit le brun d'un regard qui se fit soudainement très directif.

Naruto se sentit prendre feu devant l'intensité de ce regard où brillait une excitation impatiente et impérieuse. Il rit dans le cou qui se couvrit instantanément de mille frissons. Il commença à l'embrasser, à le mordre, puis il s'éloigna et se réinséra, s'éloigna et se réinséra encore, expirant à chaque intrusion pour garder un peu de contrôle sur le plaisir qui gonflait en lui. La chaleur étroite qui aspirait son sexe lui donnait envie de grogner, de se transformer en bête sauvage, d'accrocher ses dents dans tous les muscles fins qui étaient à sa portée. C'était si bon. Il adopta d'abord un rythme régulier et s'attarda à saisir, à partir des déhanchements de son client, l'angle que celui-ci préférait.

Quand cela parut un peu plus clair pour lui, il se redressa et, lui maintenant les genoux en l'air, recommença à se rengainer plusieurs fois, en essayant d'adopter le même angle. Taka l'aida en se soutenant lui-même, se cambrant légèrement avant de pousser un gémissement surpris.

— Là, encore, Kyubi.

Taka le dévisageait intensément. Le cœur de Naruto fit un bon en constatant que leurs regards s'étaient de nouveau agrippés pour ne plus se lâcher. Il s'empressa d'obéir et continua à se rengainer plusieurs fois, laissant son pénis sortir presque en entier, avant de s'insérer de nouveau, cherchant à garder le même angle à chaque fois, ne variant que le rythme pour épuiser un plus son amant.

Naruto observait son client fasciné. Il n'aurait jamais pensé que leur rencontre évoluerait de cette façon. L'homme était étendu sous lui, le visage légèrement rougi par le plaisir montant et les yeux embués de désir. De désir pour lui, Naruto. Enfin, Kyubi plutôt, vu que c'est le seul nom qu'il lui avait donné.

Naruto était gigolo depuis 2 ans. Il rencontrait des clients, et se faisait payer pour leur offrir du bon temps. Il aimait son travail.

D'habitude.

Aujourd'hui, là maintenant tout de suite, il le détestait. Il détestait se rappeler que l'homme sous lui, celui qu'il était en train de pénétrer fermement, n'était et ne resterait qu'un client.

Peut-être aurait-il dû écouter son instinct. Ne pas donner suite au message que l'homme lui avait envoyé. Là où tout avait commencé, là ou malgré lui il avait répondu.

Il ferma les yeux, rapidement submergé par une émotion qu'il ne comprenait pas vraiment et commença à ralentir le rythme.

Taka le questionna du regard, mais Naruto esquiva, détournant les yeux, tentant encore de déterminer pourquoi il avait subitement envie de pleurer.

Puis il carra les dents et retourna dans les pupilles noires.

— Partant pour quelque chose d'un peu plus intense ?

Le regard se voila instamment de désir.

Sasuke était excité, plus excité qu'il ne l'avait été depuis un bon un moment. Il n'était pas en contrôle, il avait mal au cul au point, il le savait, de ne plus pouvoir s'assoir pendant au moins deux jours, mais il était excité. La douleur se mélangeait à une agréable sensation d'être étiré, rempli, écartelé, mis à nu. Il avait l'impression que son corps allait bondir de sa poitrine tant il battait fort.

Le sexe de ce gigolo était merveilleux. Il le sentait aller et venir en lui, et le simple fait d'y penser, de le visualiser, le faisait se raidir d'excitation.

Sasuke, qui d'habitude n'était que planification, anticipation, position, angle, même dans le sexe, n'était plus qu'une masse de sensation et d'émotion. Et il adorait ça. Comme ça lui avait manqué.

Ça lui rappelait l'époque ou il courait les festivals de métal en surfant sur la C ou la D.

Cela faisait bien longtemps.

Dans les prunelles bleues de ce magnifique jeune gigolo, il se sentait revivre un peu.

Il voyait ce mec comme un égal, un homme capable de le prendre, de lui tenir tête. Il ne voulait pas que cet homme parte. Il le voulait pour lui. Avec lui. Il voulait retrouver cette sensation délicieuse qu'il pensait à travers Kyubi, et Kyubi à travers lui. Il savait que c'était uniquement son cerveau rempli de dopamine et d'adrénaline qui lui jouait des tours. Mais le ressenti restait plaisant. Très plaisant.

Il avait même eu l'impression que leurs regards ne parviendraient pas à s'arracher l'un à l'autre. Aussi avait il été surpris quand Kyubi s'était arrêté. Et pourtant il avait cru comprendre. Il avait vu l'émotion. Il ressentait la même. Mais la perspective d'un moment plus intense lui convenait. Il n'attendait que ça, se faire défoncer en beauté. Il avait le gout de jouir, de sentir son cul s'ouvrir et sa prostate gonflée jusqu'à exploser. Maintenant qu'il avait accepté les positions, il savait que cet homme pouvait le faire monter au septième ciel. Il allait en profiter.

Il lança un de ces petits sourires narquois qu'il maitrisait si bien et commença à se redresser pour se retourner, relevant fièrement son cul devant les yeux gourmands du blond.

— Peut-être maintenant vas-tu enfin me baiser correctement, Kyubi.

Il insista sur le Kyubi, pour se moquer des pseudos qu'ils étaient forcés d'employer, il vit clairement la réaction du travailleur, levant les yeux au ciel avec un petit rire.

– Taka, tu vas le regretter murmura-t-il en se pencha sur son dos, ses deux larges mains appuyant sur son bassin pour le clouer sur le lit alors qu'il se réinsérait en lui d'un coup.

Les deux gémirent de surprise devant la facilité de l'insertion.

— Ton cul m'accueille comme si j'étais chez moi on dirait.

— Ta gueule.

— My god, c'est la première fois de ma vie que ça m'excite de me faire insulter.

— On jouera à ça une prochaine fois si tu veux grogna Sasuke la tête enfoncée dans son coussin.

Il entendit le blond rire au-dessus de lui puis une main vint se perdre dans son cou puis dans ses cheveux, avant de lui relever la tête fermement.

— Va pour une prochaine fois… en attendant, tu m'autorises à être un peu bestiale ? Tu m'excites, j'ai envie de me lâcher, de prendre mon pied à partir de ton corps, j'ai envie de te marquer si j'en ai envie, te pilonner pendant des heures si j'en ai envie ! Est-ce que c'est ce que tu veux ? Tu es d'accord ?

Sasuke n'aura su dire si c'était la voix du travailleur, ou son souffle si proche de son oreille, mais chaque mot, chaque respiration l'avait précipité un peu plus vers sa perte. Il se sentait comme hypnotisé, pendu aux lèvres du blond et à son sexe.

— Es-tu d'accord ? Réponds-moi Taka ?

Envahi de gêne et de plaisir, il tenta de se défaire de la poigne du travailleur

— Ta gueule et — aaarf, oui, encore, et — continus à parler.

— Bon garçon, répondit Kyubi dans un rire silencieux qu'il sentit contre son cou.

— Bientôt tu seras plus capable d'aligner deux phrases sensées.

Sasuke râla.

— J'espère bien crétins. Vas-y, j'ai dit !

Il redressa la tête se tordant un peu pour pouvoir le regarder correctement.

Le blond aux grands yeux le regarda une seconde avant de hocher la tête à son tour.

— Tu me dis dès que quelque chose ne te convient plus.

Puis il s'écrasa de tout son poids sur Sasuke. À partir de là, il ne fut plus en état de suivre le déroulement des évènements. En même temps que son cul se faisait marteler, terrassant son corps de décharge électrique chaque fois que le blond frappait sa prostate, des mains s'agrippaient à lui un peu partout. Tantôt elles le caressaient du bout des doigts, peaux douces glissant sensuellement l'une contre l'autre, tantôt elles s'incrustaient en lui comme si elles voulaient se saisir de ses os. Une bouche gourmande le recouvrait de salive, des dents raclaient contre ses muscles, les mordant de temps en temps, comme si elles voulaient en connaitre le gout, ou aspiraient son pouls comme s'il voulait le boire. Sasuke ne savait plus où donner de la tête. Parfois, il y avait de la douleur, parfois il se sentait juste tenu, aimé, adoré, comme si toutes les parcelles de son corps étaient découvertes et honorées.

Et son cul qui continuait à se faire frapper.

Et ses gémissements qui n'en finissaient plus de sortir de sa bouche.

Et le souffle rauque, haletant bruyamment à ses oreilles, geignant parfois, de soupires tristes que Sasuke ne comprît pas et qu'il oubliât bien vite la caresse suivante embarquant.

Puis subitement, il fut rabattu vers l'arrière. Depuis combien de temps se faisait-il prendre ? 3 min ? 5 10 ? Peut-être vingt déjà ?

Il avait perdu le compte et la situation lui sembla grotesque. Il commença à rire, d'une façon un peu folle qui dut perturber son amant.

— Tout va bien ?

— Ne t'arrête surtout pas murmura-t-il avant de se cambrer pour l'embrasser de nouveau.

Et l'amant l'écouta. Des bras fermes le redressèrent encore. Une main croisant sa poitrine vint caresser rapidement son sexe avant de remonter pour enserrer sa gorge.

La panique et adrénaline se saisirent de lui. De lui-même il retint sa respiration alors que cette main n'exerçait encore aucune pression. Il sentit l'homme qui le prenait rire devant son immédiate réaction, et la main se fit plus ferme sur son cou. Juste un peu. Et des dents lui mordillèrent l'oreille, et l'autre bras le maintint fermement, et son cul continua à se faire ramoner. Une longue plainte commença à sourdre de ces livres. L'orgasme n » n'était pas loin.

— Encore, gémit-il, encore encore !

Un feulement presque rageur lui répondit et il fut rabattu encore une fois, à quatre pattes cette fois. Putain, tu vas jouir Taka !?

L'autre n'attendait pas vraiment de réponse, continuant à grogner et ahanner en débitant une série d'insanité, et Sasuke était trop buzzé pour formuler quoi c'est. Que ce crétin continue à parler et à plonger son sexe en lui.

Une bouche se posa délicatement sur son épaule, l'embrassant.

— Touche-toi maintenant Taka.

Sa main se précipita vers son sexe, sentant que son amant commençait son dernier sprint.

Il se branla fort, en rythme avec chaque coup de boutoir, se projetant vers eux en même temps. Le plaisir monta instantanément en Taka, fournaise qui ne demandait plus qu'à être libéré.

— Dis-moi quand tu seras sure de venir lui ordonna Kyubi

Et Sasuke accéléra ses mouvements de poignet, Kyubi le remarqua et accéléra à son tour, claquant son bassin contre les fesses de Sasuke, lui donnant l'impression que toute sa charpente s'ébranlait a chaque fois, puis enfin il sentit la tension gonflée en lui, délice de l'orgasme prostatique, l'immense implosion qui s'en venait, délicieusement menaçante.

– Aaah, Je vais, mmrf, Nh, tenta'il laborieusement d'exprimer

Comprenant le message, Kyubi accéléra vite le mouvement dernier lui, commençant à ahaner de plus en fort, ses doigts s'enfonçant dans la chair de ses hanches. Le plaisir surgit enfin et il sentit ses bourses se resserrer violemment pour exploser, giclant dans sa main, toute la tension se drainant subitement à l'extérieur de lui, alors que simultanément il lui semblait imploser de l'intérieur.

Dans son cul le sexe de Kuybi se mit également à pulser, et chaque tressautement se répercuta en lui, secouant sa prostate encore et encore, se réverbérant contre les parois de son corps. Son amant chevaucha leur plaisir le plus longtemps possible, jusqu'à épuisement, jusqu'à ce que le cul de Sasuke ne soit plus capable de se contracter, jusqu'à ce qu'ils soient tous les deux vidés de leurs fluides.

Jusqu'à ce qu'en eux le plaisir se calme, et qu'ils s'écroulent l'un sur l'autre, bras et jambes tremblantes, respirations sifflantes.

Sasuke avait bavé sur le coussin. Quand il s'en rendit compte, il se reprit rapidement, relevant la tête pour voir l'ange blond à moitié étalé sur lui, la capote usagée balancée sur la moquette.

S'étaient-ils endormis ?

Une paupière s'ouvrit doucement et il rencontra un regard bleu embrumé.

Sasuke eut un petit rire satisfait.

— Je t'ai tué apparemment

Les yeux se refermèrent et le blond trouva le moyen de se cacher sous la couette.

Sasuke se tourna pour chercher l'heure et avisa très vite qu'ils avaient dépassé l'heure supplémentaire qu'il avait demandée. Ce n'était plus un rendez-vous qu'il allait devoir annuler, mais son après-midi entière.

Il prit 30 secondes pour réfléchir puis se tourna de nouveau vers le gigolo dont seuls le cul et les jambes dépassaient de sous les draps. Agréable vision.

— Nous avons dépassé le temps que nous avions convenu.

— Je sais, grommela l'autre sous les draps.

— Pas très professionnel de ta part, se moqua Sasuke.

— Je sais ! s'énerva-t-il en essayant de le frapper à l'aveuglette.

— Aurais-tu envie de rester encore ?

Le blond se redressa immédiatement et bataille une petite minute pour arriver à sortit la la tête

— Que veux-tu dire ?

Sasuke se leva et se dirigea vers son portefeuille.

Il revint et balança négligemment 500euros sur lit devant le regard neutre du travailleur.

— Ça fait 1000 avec ce que je t'ai donné tantôt. C'est ton tarif pour une soirée me semble. Reste jusqu'à 17 h avec moi.

Le blond observa les billets un instant, le visage toujours aussi neutre. C'était impressionnant d'ailleurs, lui qui était toujours si expressif. Puis il reposa ses yeux sur Sasuke avec un air hésitant, un mélange d'émotion indescriptible qui fit un peu peur à Sasuke.

Il espérait vraiment qu'il dirait oui.

Il ne savait pas pourquoi, mais il aurait voulu s'enfuir avec cet homme à l'autre bout du monde.

Sasuke voulait cet homme.

Le regard revint encore sur lui, le dévorant un instant, avant de se fermer, sourire aux lèvres, comme s'il abdiquait.

Il le vit prendre les sous et les poser sur la table de nuit à côté de lui.

— Avec plaisir, Taka.

Et oh ! Qu'il le pensait ! Puis il se tourna vers lui, s'étirant dans sa superbe nudité.

— Et qu'as-tu envie qu'on fasse maintenant ?

Victorieux Sasuke se rapprocha.

— Commence par m'appeler Sasuke, s'il te plait.

Il vit le visage hésiter un instant.

— OK, Sasuke.

Entendre son nom dans cette bouche le ravit.

— Puis je connaitre le tient demanda il ?

Il savait qu'il poussait sa chance, qu'il poussait le travailleur, qu'il ne respectait pas les règles. Mais au diable les règles, ne venaient-ils pas de passer un bon moment ? Ce mec avait mis sa bite dans son cul il pouvait au moins connaitre son prénom !?

Mais il vit le travailleur se tendre et détourner les yeux. Il vit clairement la lueur de déception sur le visage habituellement si souriant. Il constata avec peine que l'intensité de leur union n'avait rien changé au cadre de leur rendez-vous. Le blond n'avait fait que son travail.

— Sasuke…

Dieux qu'il aimait entendre son prénom susurré ainsi.

— S'il te plait, je préfère garder mon identité secrète, ne me force pas à te mentir, pas après ce qu'on vient de vivre. Je suis désolé Sasuke. C,ets pour ma sécurité tu le sais.

Et le regard bleu avait l'air sincèrement désolé, déchiré aussi, et cela donnait espoir à Sasuke. Il aurait aimé pousser encore sa chance. Mais il était trop fier. Il préféra relever la tête avec dédains, embrasser la colère qui montait en lui. Pourquoi cet idiot ne comprenait-il rien ?!

Mais le blond lui attrapa le bras, le ramenant dans son regard bleu hypnotisant.

— Écoute, lui dit-il, je sais que ce qu'on vient de vivre était fabuleux. Je la sens aussi, cette connexion, mais s'il te plait ne me mets pas en difficulté, respecte le cadre de mon travail. Laisse-nous profiter des quelques heures qu'il nous reste comme si c'étaient les dernières.

Sasuke observa un instant les lèvres charnues en face de lui, il envisagea avec fièvre l'idée de les embrasser de nouveau, de se perdre dans leur humidité. Ce serait si facile de tout oublier encore.

Mais la colère l'embrasa de nouveau. Elle était si facile à retrouver, cette vieille amie.

Cet homme n'était qu'un être de plus qui allait abandonner Sasuke. Il valait mieux mettre un terme tout de suite à ce qui pouvait le détruire. Il observa le visage lumineux qui lui faisait face. Un visage qui lui aurait fait tellement de bien dans son quotidien.

— Non, murmura-t-il du bout des lèvres.

Et il sut au regard du blond qu'il était redevenu l'homme froid et distant qu'il était habituellement.

— J'ai changé d'avis, tu peux partir.

Le blond le regarda un instant sans comprendre. Figé.

— Mais Sasuke je —

— Kyubi, l'interrompit encore une fois Sasuke. Va-t'en s'il te plait. Je rencontre des escortes justement pour ne pas m'attacher à eux. Pour ne pas faire ce que je suis en train de faire avec toi. C'était une erreur. Ceci n'est rien d'autre qu'un contrat. Un contrat terminé.

Le visage de Sasuke était devenu inexpressif, froid, mais ses mots percutèrent Naruto de plein fouet, confirmant ses craintes. Il vit avec peine l'homme qui s'était tant ouvert à lui se fermer dans une carapace inaccessible.

— Tu avais raison, continua l'homme d'affaires, tu ne peux pas m'apporter ce que je cherche. Prends ton argent et va-t'en.

L'homme se rhabilla, et en l'ignorant superbement, reprit l'argent qu'il avait donné et se dirigea vers le salon où il prit son téléphone et commença apparemment à consulter ses mails, comme si Naruto n'existait plus. Celui-ci en fulmina de colère.

Quel connard d'homme d'affaires à la con habitué à ce que tout le monde lui obéisse ! Naruto savait bien que ce n'était qu'un mécanisme de défense pour se protéger. Il en avait vu d'autres ! Tous étaient un peu pareils. Ils espéraient tous tomber amoureux.

Mais aucun ne l'avait traité ainsi.

Il serra les poings, et sans dire un mot il se rhabilla et se prépara à partir. Tout en lui lui disait de hurler à la face de ce connard prétentieux. De le frapper même, pour oser être si froids alors qu'il l'avait fait jouir à peine 15 min plus tôt. Il était en colère, pourquoi cet enfoiré devait-il être si borné ?! Pourquoi avait-il craqué pour un mec comme lui ?

Il se dirigea enfin vers la porte. Il allait sortir et l'autre n'allait rien faire pour le retenir.

Il se retourna pour l'observer et attendit. L'autre était toujours plongé dans son téléphone, sa silhouette haute se détachant en contre jour devant la fenêtre. Naruto en eut encore un pincement au cœur, comme il était beau.

Comme il ne bougeait toujours pas, Sasuke finit par se tourner vers lui et le dévisagea à son tour.

Après une longue minute passée à s'observer. Sasuke finit par ouvrir la bouche.

— Pourquoi ? demanda-t-il d'un ton neutre. Pourquoi ne peux-tu pas me donner ton prénom ?

Naruto tenta de s'adoucir. D'être le plus honnête possible.

— Sasuke… Je viens de te le dire… C'est le cadre de mon travail. Je ne peux pas oublier ma sécurité pour deux heures de bon sexe. Et c'est pour toi aussi. Ça aide à ne pas mélanger les choses…

Sasuke détourna le regard et hocha la tête. Toujours aussi froids.

— Parce que pour toi les choses ne sont pas mélangées peut-être ?

Naruto détourna les yeux, coupable.

Puis finalement, Sasuke se leva et vint le rejoindre devant la porte.

— Je suis désolé si je t'ai peiné, Sasuke, tenta Naruto. Désolé de ne pas être la personne qu'il te faut. Désolé que ça se finisse comme ça. Ce n'est pas contre toi, c'est pour me protéger. Même si tu as raison, et que tu as vu beaucoup de moi aujourd'hui, ma sécurité et ma vie privée restent plus importantes.

Le visage resta toujours aussi impassible devant lui et Naruto sentit à son tour la colère l'envahir. Pourquoi insistait-il ?! Pourquoi était-il incapable de respecter son « non » ?!

— Bon, écoute, reprit-il, euh j'ai vraiment passé un bon moment, avant qu'on… enfin tu vois. Mais tu le sais hein, merci pour —

Sasuke le fit taire d'une main. Recevoir un merci pour un moment pareil le faisait royalement chier.

— Ça prendrait quoi pour que je connaisse ton prénom ? demanda-t-il à la place

Le blond leva les yeux au ciel, agacé.

— Des mois de rencontres, que je sois sure que tu n'es pas un maniaque. Que tu ne vas pas me rapporter à la police, ou je sais pas, chercher ma famille, mes amis, mes amants. Que tu ne vas pas décider de tuer mes autres clients, de me faire suivre, de — .

— Pourrait-on se revoir dans d'autres contextes ? L'interrompit encore Sasuke.

Naruto soupira. Il aimerait ça oui. S'il avait suffisamment confiance. Si l'autre avait été moins obnubilé par tes propres besoins. Plus respectueux de leur entente initiale. S'il avait accepté sa réponse. S'il ne s'était pas fait mettre à la porte comme la simple pute qu'il était.

— Je ne sais pas. Je ne fréquente pas mes clients Sasuke. Et même mes partenaires ne connaissent pas tous mon travail. Ça prendrait beaucoup de confiance, et moins de colère.

Il leva les yeux dans les pupilles noires, et tomba dans deux lacs noirs insondables. Sasuke ne lui donnait plus accès.

Naruto attendit un peu, et comme l'autre ne bougeait plus, il se pencha et lui donna un dernier baiser.

— Au revoir, Sasuke.

L'autre ne fit rien de plus pour le retenir. Une part de lui espérait encore qu'il allait s'excuser, le retenir, comprendre.

Un rire amer lui échappa alors que les portes de l'ascenseur se refermaient derrière lui. Probablement que ce Sasuke espérait la même chose que lui. Qu'il se ravise, lui donne les clés de sa vie dans un grand élan romantique et passionnel.

Naruto rentra chez lui le cœur lourd. Son cerveau essayant malgré lui de trouver une raison pour revoir Sasuke. Essayant d'analyser si ce serait une bonne idée. Élaborant mille scénarios pour lui pardonner.

Il le chercha, et il le trouva.

Facilement.

Sasuke Uchiha, PDG de l'entreprise Sharingam. Énorme multi nationale en pleine expansion. Le Sasuke était un génie qui avait quasiment tout construit tout seul. Plus de famille. Beaucoup de presse à son sujet. Il était le célibataire de l'année et on le voyait régulièrement au bras de jeunes femmes, différentes à chaque fois.

Vraiment, il ne voyait pas d'avenir pour eux.

Une semaine plus tard alors que Naruto ouvrait ses courriels. Son cœur bondit en voyant le nom en haut de la liste :

T → Taka.

Lundi 10 décembre. 1:56 am

Je veux te revoir.

K Kyubi

Lundi 10 décembre. 10:50 am

Bonjour Taka

T → Taka

Lundi 10 décembre. 10:51 am

Ne m'appelle pas comme ça.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre. 10:53 am

D'accord. Mais je préfère ne pas utiliser ton prénom sur cette boite mail, je suppose que toi non plus.

T → Taka

Lundi 10 décembre. 10:54 am

Je veux te revoir.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre, 11:00 am.

Je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée.

T → Taka

Lundi 10 décembre, 11:01 am

Pourquoi ?

K → Kyubi

Lundi 10 décembre, 11:02

Parce que je crois que ça risquerait de nous faire souffrir.

Et tu t'es mal comporté avec moi.

T → Taka

Lundi 10 décembre. 11:044

Je m'excuse. Viens boire un café avec moi. On discutera de tout ça. Je te dirais qui je suis pour que tu me fasses confiance.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre, 11:06 am.

Je sais déjà qui tu es. C'est d'autant plus pour ca que ce n'est pas une bonne idée.

T → Taka

Lundi 10 décembre, 11:08 am

pourquoi ?!

K → Kyubi

Lundi 10 décembre. 11:08 am

Parce que je ne fréquente pas mes clients.

T → Taka

Lundi 10 décembre, 11:08 am

Tu viens de dire que je te plaisais trop pour un client.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre. 11:11 am

Je n'ai pas dit ça exactement comme ça.

Mais ca ne change rien au fait que ce n'est pas une bonne idée.

T → Taka

Lundi 10 décembre, 11:11 am

Je ne te voyais pas comme ça.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre, 11:11 am

!?

T → Taka

Lundi 10 décembre. 11:11 am

Peureux. Lâche.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre. 11:12 am

Mais va te faire foutre ! Si tu savais comme j'en ai ma claque de tes insultes !

Je sais ce que tu veux et je ne peux pas te l'offrir.

T → Taka

Lundi 10 décembre. 11:13 am

Qu'en sais-tu ?

K → Kyubi

Lundi 10 décembre. 11:13 am

Tu es en train de tomber amoureux d'une PUTE ! Comme tu me la si bien rappelé en me foutant à la porte. Toi, un mec jaloux et possessif.

Tu te rends compte de l'absurdité de la situation ?

Crois-moi, tu ne veux pas ça

T → Taka

Lundi 10 décembre. 11:13 am

Ne présume pas de ce que je veux. Tu ne me connais pas.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre. 11:14 am

tu veux sortir avec quelqu'un qui couche avec d'autres personnes ?

T → Taka

Lundi 10 décembre. 11:16 am

Tu pourrais arrêter ?

Tu pourrais te concentrer sur ton vrai travail, je pourrais te soutenir.

K → Kyubi

Lundi 10 décembre. 11:32 am

Haha. Et voilà.

Tu as ta réponse. Mon vrai travail ? M'as-tu demandé si j'avais envie d'arrêter au moins ?

Je sais déjà comment ça va finir... et c'est non.

Je sais que tu es jaloux et possessif. Tu voudras probablement me garder pour toi. Mais je suis libre, je fais ce que je veux, je ne me restreins jamais pour personne pas même pour ceux que j'aime. Surtout pas pour ceux que j'aime !

J'aime mon travail. Je ne veux pas le quitter. Mais je pourrais tomber amoureux de toi. Parce que bordel, j'ai l'impression de t'avoir connu dans dix-millions de vies avant celle-ci ! Et tomber amoureux de toi pourrait me faire très mal. Je passerai ma vie à te courir après et à en oublier mon propre bonheur.

Je sais que si je me restreins, si pour toi j'arrête d'être libre, de faire ce que j'aime, d'aimer et de coucher avec qui j'ai envie, je vais te haïr.

Je renierais une partie de moi pour toi et je t'en voudrais toute ma vie. Tu ne seras pas celui qui m'aime tel que je suis, mais celui qui m'aime sous condition. Et tu me délaisseras pour ton travail, parce que je serais devenu gris, je passerais mon temps à t'attendre, et je ne serai plus à ton gout. Je n'aurais plus rien de celui que tu as rencontré.

J'aurais aimé qu'on discute. J'aurais aimé te raconter ma vision de la vie, et voir un espoir de compatibilité dans tes yeux.

Mais voilà, tu l'as dit, tu ne veux pas de quelqu'un qui couche avec d'autres personnes. Tu prends pour acquis que tu peux m'entretenir.

Et, à l'inverse, si toi tu acceptes de me laisser ma liberté, ça va te tuer en dedans, c'est une partie de toi aussi que tu renieras, pour moi. Et chaque fois que je serais loin, que je travaillerai, ça te rongera. Tu te demanderas où je serais, avec qui je couche. Tu te demanderas si je fais avec eux ce que j'ai fait avec toi. Tu voudras les buter tellement ta jalousie t'étouffera et quand je rentrerais pour te rejoindre, tellement heureux de te voir et impatient de t'aimer tu me repousseras, tu me trouveras dégoutant. Tu me demanderas d'aller me laver, pour que je ne porte pas l'odeur d'autres hommes, pour que je ne sois surtout pas l'homme que je suis, mais un sou propre et neuf, qui t'appartient.

C'est ce que tu veux ?

Moi non

Je ne veux pas te haïr.

Je veux conserver le souvenir vibrant de la fureur de tes yeux plongés dans les miens, et de nos corps emmêlés.

À tout jamais.

Naruto ferma son écran. Il avait les larmes aux yeux et la rage au cœur.

Il avait rarement écrit avec autant de passion. Il pensait tout.

Il avait parlé à cet homme avec son âme, et il espérait que celui-ci comprendrait, entendrait.


Soooooooo c'est légèrement OOC sur la fin pour Naruto.

Je suis vraiment désolée je préfère les happy end en général, mais j'avais cette fin en tête depuis longtemps. Déjà écrite en fait, avant la rencontre elle même et le lemon.

Je voulais parler d'un amour impossible entre deux personnes aux visions de l'amour opposées.

je voulais quelques chose de triste, mais de relativement sain... pas d'aussi déchirant... mais plus j'écrivais, plus ils tombaient beaucoup plus amoureux que ce que j'avais prévu à la base (ils font toujours ca ces deux là aussi ), et plus les émotions faisaient des montagne russes. Genre, la crise de la fin était PAS DU TOUT prévue. Mais Sasuke étant Sasuke...

Bref hésitez pas à me dire comment vous vous sentez, et encore désolée pour celles et ceux qui me déteste.