Coucou ! Merci à tous ceux qui ont laissé des petits (ou immenses uhuh) messages, c'est hyper gratifiant et hyper inspirant d'avoir vos retours. Surtout que grâce à vous, je me suis rendue compte qu'il fallait que j'approfondisse ou corrige des trucs.
Hi Iriel, it's such a delight to have an English-speaker reader ! :3 Thank you for making the effort ! I'm happy you find the musical part interesting, it's the worst part to write for me because I'm a total newbie haha. For Ahito I chose to portray him as someone really lethargic but not narcoleptic, honestly it was a bit difficult to put it in the story (right now) but maybe it'll change... You never know ! ;)
En me remettant dans le bain, je me suis aussi rendue compte que j'avais pas mal oublié le scénario original... Devrais-je me refaire la série ? Je suis pas sûre d'en avoir trop envie (on est d'accord que quand on voit les dessins animés actuels (ou qu'on aime l'animation japonaise), visuellement c'était pas si fou que ça?) et j'ai l'impression que pour l'instant même si j'ai pas mis les choses dans le même ordre ça se tient, alors on est pas trop mal, non ?
D'ailleurs il est plus que probable que je me détache de plus en plus de l'univers canon au fur et à mesure (même si j'avais deux-trois idées sur des trucs, ne vous inquiétez pas!)
Va-t-on avoir enfin le concert sur ce chapitre ?
Suspens suspens !
Date de publication originale : avril 2020
Playlist chronologique avec les morceaux mentionnés dans la fanfic sur youtube (à coller après l'adresse de ytb) : playlist?list=PLV0u523r8F3ci5SQckMYeAVBFRXLbpjJ7 (mais j'avais oublié qu'on pouvait plus copier-coller... du coup a priori si vous tapez fanfic GFC (avec Galactik football, dans le doute), vous devriez tomber sur la playlist!)
D'ailleurs j'ai rajouté des morceaux de The Trouble Notes, un trio percu-violon-guitare qui est absolument incroyable, et, pour les avoir vus en concert avec la flaque de transpi sous eux et leur air complètement possédé, ils m'ont pas mal inspirée pour nos SK (surtout pour Tia évidemment) et l'Adagio d'Albinoni, qui n'est pas cité non plus dans le chapitre, mais j'ai écrit la dernière scène sur ce morceau qui convient parfaitement à l'ambiance.
Enjoy !
- Tia ?! S'exclame Aarch à l'autre bout de la salle quand elle arrive sur la scène en même temps que les autres pour les balances. Qu'est-ce que tu fais là ?!
- Surprise, sourit presque Mei. Elle est arrivée ce matin à Édimbourg et elle a passé son audition au Conservatoire dans la foulée. Comme c'était pas sûre qu'elle puisse venir je l'ai dit à personne.
- Super, merci pour nous, marmonne Clamp qui voit déjà partir en fumée tout son travail de composition informatique.
- Ce n'est pas qu'on n'est pas contents de te voir, tempère Aarch en arrivant à la scène, mais il y a des papiers à remplir pour les assurances, sans parler du matériel qu'il faut rajouter, redessiner le plan de scène, et puis au-delà de toutes ces considérations terre à terre, il y a six nouvelles chansons qui ont été composées par les garçons pendant que tu...
- Pour le plan de scène et le matos, coupe Mei, ça tombe bien on n'avait pas commencé les balances et la Faculty où il y a tout le matos de Clamp est à douze mètres. Ses violons électriques arrivent donc elle va pouvoir faire les réglages comme tout le monde, et pour les compos je les lui ai envoyées au fur et à mesure, et si j'en ai oubliées, je suis sûre que Rocket a fait doublon.
Aarch reste interdit par l'assurance de Mei. Puis il se tourne vers Tia :
- Tu es sûre de pouvoir jouer ce soir?
Le regard d'acier qu'elle lui lance avant de baisser la tête un peu penaude lui suffit mais Mei répond à sa place.
- Bien sûr qu'elle va pouvoir jouer. C'est le jour qu'on attendait tous. Bon, si on pouvait ne pas traîner sur des préoccupations futiles, on aurait le temps de faire un filage complet une fois les balances faites.
La messe est dite et Aarch est toujours aussi soufflé. Il essaie de se reprendre rapidement.
- Bon visiblement je suis juste là pour remplir des papiers donc je m'en vais faire mon boulot, je vous en prie, commencez sans moi vous n'avez visiblement pas besoin de moi. Tia, puisque tu n'as pas encore ton violon viens donc là qu'on discute.
Tia le suit bien volontiers pendant qu'ils remonte la salle vers le fond où se trouve la table informatique de Clamp, qui y est toujours campé.
- Clamp, je te laisse voir avec les jeunes ce qu'ils veulent faire et quel matériel il va falloir rajouter pour Tia ? Je pense que le même ampli Marshall que D'Jok sera très bien et pour la pédale... Tia, tu as prévu de mettre de l'effet ou pas ?
- Mhm, peu. J'ai trouvé un logiciel de compo pour compenser le fait que je n'avais qu'un violon classique en Finlande, mais je suis restée sur de la distorsion très classique, du coup, très peu d'overdrive et juste un peu de reverb, ça ne me ressemblait pas trop. Pour les prochaines compositions, je pense que je pourrai tester des choses différentes. Surtout que les pistes numériques composées par Thran et Clamp étaient vraiment très intéressantes. J'ai hâte qu'on travaille vraiment ensemble, du coup.
Clamp hausse les épaules en grognant, mais Aarch sait bien qu'il s'est détendu, il le voit à son dos moins crispé alors qu'il s'en va rejoindre le groupe. Il se tourne vers Tia. Maintenant, les choses sérieuses.
- Écoute Tia, je trouve ça très désagréable d'être mis au pied du mur. Non, interrompt-il alors qu'il la voit ouvrir la bouche pour protester, je ne mettrai pas tout sur le dos de Mei même si je sais que c'est elle qui a organisé tout ça. Tu aurais pu m'appeler, ou m'envoyer un mail ou te manifester. J'ai passé au moins les quinze premiers jours après ton départ à essayer d'arrondir les angles avec ton père. Heureusement qu'il ne connaît pas l'industrie de la musique comme je la connais sinon je n'aurais pas donné cher du groupe. Je suis désolé que ce soit sur toi que la responsabilité tombe, mais en l'occurrence, je ne suis pas sûr de pouvoir te laisser jouer ce soir si tu n'es pas capable de m'assurer que ton père ne mettra pas le nez dans nos affaires.
Tia baisse la tête, incapable d'apporter la certitude ton Aarch a besoin.
- J'étais chez ma tante ce mois-ci, c'est elle qui m'a poussée à venir faire le concert ce soir. C'est aussi elle qui doit m'apporter mes violons et qui m'a dit qu'elle allait s'occuper de mon père.
- Bien, dans ce cas, j'aimerais la rencontrer quand elle viendra. Il faut que je discute avec elle pour être certain que Gilles de Gennes ne détruise pas la carrière de tes camarades. Je me doute que pour toi il y a déjà une sortie de secours.
- C'est le groupe, ma sortie de secours Aarch, grimace Tia. Je ne veux plus jamais rien faire d'autre, vraiment. C'est ici que je veux être.
- Ça c'est à ton père qu'il faut le dire, pas à moi. Bon, va aider les autres pour l'instant, je vais appeler l'assurance et voir si l'équipe technique a besoin de quelque chose. On avait des projecteurs en rab, ils devraient pouvoir faire ce qu'il faut. Par contre, dès que ta tante arrive, je veux que tu viennes me chercher.
°OoooO°
- J'arrive pas à croire qu'on soit en train de faire la queue pour aller voir les Red Tigers en concert dans une salle pareille, s'exclame un garçon blond dans la foule, son bras bien enroulé autour d'une jeune fille plus petite que lui. Et l'autre groupe avec des mecs de notre lycée, c'est dingue ! Je savais même pas que le capitaine du club de foot faisait de la batterie !
- Ouais, c'est assez fou, convient l'adolescente brune. Je suis curieuse de voir ce qu'ils donnent après avoir manqué leur premier concert au Phoebe's.
- Moi aussi ! On aurait peut-être dû suivre les autres quand ils ont quitté le St Nicholas' pendant la deuxième partie... Mais les Red Tigers étaient tellement cool ce soir-là. Tu crois qu'il y a un des deux groupes qui va se sélectionner pour le Glasgow Festival cet été ?
- Pas possible. A côté des Rikers et de Lightning, pas moyen qu'ils soient capables de faire la maille. C'est des groupes mythiques qui jouent à Glasgow, pas n'importe quels rigolos ! Ils ont même pas sorti d'album.
- Bah, les Red Tigers sont plutôt bons, même s'ils font principalement des reprises. Moi je trouve que leur son est intéressant et qu'ils sont plutôt originaux... Et puis j'ai entendu dire qu'Artegor Nexus voulait les produire.
- Ah ouais ? Attends, ça veut dire que ce soir, indirectement, c'est un duel entre deux membres d'Aber'dim ?
- On peut interpréter ça comme ça, je suppose. Mais ce sont juste des rumeurs, hein !
°OoooO°
La petite bande vient de terminer les derniers préparatifs techniques. Ils sont dans leur grande loge dans les coulisses, en train de finir le repas sommaire que leur a préparé Dame Simbaï. Une soupe avec quelques épices de son cru et des légumes dont ils ignorent jusqu'à l'existence. C'était judicieux de la part de Simbaï parce qu'ils ne sont pas vraiment capables d'avaler grand-chose d'autre avec le stress qui monte. Il n'y a que Micro-Ice qui a enchaîné avec une ou deux barres chocolatées trouvées dans un petit panier sur la table basse de la pièce. Bon, peut-être trois ou quatre. Il n'y peut rien, quand il est stressé, il mange, contrairement à Sinedd et Mei qui eux ont à peine touché à leur tasse isotherme.
Ahito est allongé – vautré – à l'envers sur le canapé, la tête dépassant de l'assise et pendant dans le vide, les pieds sur le dossier. Il semble dormir, imperturbable. A côté de lui, D'Jok gratouille sa guitare pour essayer de se donner une contenance et empêcher ses doigts de trembler, probablement.
Thran est assis par terre à côté de la tête de son frère et pianote sur la table passe, alors que Rocket tape du pieds et le léger brouhaha est en train de monter aux nerfs de Sinedd. Seule Tia est aussi calme qu'Ahito, revisualisant la setlist dans sa tête. Elle n'a plus besoin de s'agiter avant un concert depuis bien longtemps.
Mei tape dans ses mains pour attirer l'attention du groupe qui la regarde avec quelque chose comme du soulagement.
- Bon, maintenant que tout le monde a fini de manger, on va pouvoir s'occuper de nos costumes de scène !
Un silence assourdissant répond à la tirade de la chanteuse.
- Je croyais que c'était Tia, la surprise ! geint Micro-Ice. Qu'est-ce que tu nous as trouvé comme costume, en plus ? Je crains le pire...
- Mais non, ne t'inquiète pas. J'ai trouvé des trucs parfaitement adaptés à chacun. Il nous faut une identité visuelle, quand même.
- Je suis pas prêt pour monter un groupe de K-Pop, moi, prévient Ahito qui n'a pas ouvert un œil. Si tu veux nous la jouer BTS, non merci...
- Tu aurais presque la tête de Taehyung si tu avais la coupe au bol, Ahito, remarque D'Jok.
- Oh tout de suite, franchement, renifle Thran. C'est parce qu'on a les yeux bridés que tu dis ça ! Et nos grands-parents sont japonais, tête d'œuf ! On ressemble pas à des Coréens !
- Depuis quand vous connaissez des groupes de K-Pop vous tro... Oh ça suffit, on va aller voir vos costumes !
D'un haussement d'épaules général, les Silence Killers abandonnent la bataille et suivent Mei vers le vestiaire des loges.
- Mais au fait Mei, intervient Rocket, comment tu as acheté ces fringues ?
- Oh j'ai demandé à Aarch d'investir.
- Dis plutôt que tu l'as harcelé jusqu'à ce qu'il te signe un chèque en blanc marmonne Micro-Ice avant de se prendre un regard glacial. J'ai rien dit !
Mei ouvre la porte du vestiaire et les fait entrer d'un geste dans la pièce tapissée de vêtements.
- Je crois que j'ai trouvé ta jupe, Tia, appelle D'Jok, figé devant une pièce de tissu beaucoup trop petite pour être autre chose qu'une jupe pour Tia, ou...
- Ah non, ça c'est le kilt de Micro-Ice.
Nouveau silence. Puis un éclat de rire général chez Ahito, D'Jok et Thran, et un hurlement outré de la part du plus petit.
- Non mais t'es sérieuse ? Il est hors de question que je porte ça ! Nan mais sans déconner, en kilt avec une guitare manouche, est-ce qu'on a déjà vu quelque chose de plus ridicule, franchement ?
- Un pantalon en tweed avec les jambes attachées, répond Thran en décrochant le vêtement incriminé avec un regard entre la curiosité et l'horreur.
- Ça c'est pour D'Jok, indique la chanteuse une nouvelle fois.
C'est au tour de Micro-Ice de se moquer ouvertement de son meilleur ami.
- Est-ce qu'on peut partir s'il vous plaît madame ? demande sagement Thran en se décomposant à vue d'œil.
- Euh finalement je vais retourner au Conservatoire, je crois que j'ai oublié un truc et...
- Tia, tu restes là. En plus il faut que je te maquille.
- Je ne mettrai pas ces trucs ! s'indigne Sinedd qui jusque là avait gardé un silence prudent.
La faute revient à l'ensemble débardeur en résille noire et veste longue en cuir sans manches qui accompagne le jean troué que Sinedd a dans les bras, sur un cintre qui porte son nom. Le gloussement de Micro-Ice manque de lui faire tuer quelqu'un. Un nabot avec une jupe entre les mains par exemple.
- Bon, on vous laisse vous changer, conclut Mei sans même faire semblant d'être concernée par les récriminations.
Elle prend sa tenue et celle de Tia sur un bras, Tia sous l'autre, et retourne vers la pièce voisine.
- Tu es vraiment sérieuse avec les vêtements, là ? demande Tia avec curiosité.
Mei lui jette un regard en coin et un sourire suffisant.
- Les tenues ne sont pas si ridicules quand on enlève parfois un truc. Bon, celle de Sinedd a un petit côté kitsch, mais enfin quoi, on fait du rock inspiré Heavy metal et Sinedd est fan de Yngwie Malmsteen. Tu as déjà vu Yngwie Malmsteen ? Il a un raton-laveur sur la tête. Vivant. Une veste en cuir sur un torse nu c'est rien à côté. La résille, je l'ai juste mis pour la blague.
- Sinedd n'a aucun sens de l'humour.
- C'est pour ça que c'est encore plus marrant. Allez viens, je t'ai juste gardé ta tenue du dernier concert.
- Tu es sûre ? C'était vraiment... bleu.
- Je l'ai reteinte. Je voulais la teindre en noir, mais figure-toi que le bleu ressort toujours un peu. Ça donne un joli effet. Moi aussi je vais garder la mienne. Par contre, j'aimerais prendre le temps de me coiffer, cette fois.
- Tu voudras que je t'aide ? J'adorais coiffer mes poupées quand j'étais petite.
- Si tu as une idée de truc sympa, ça me plairait bien.
- Ça te dérange d'avoir les cheveux un peu détachés ?
- Du moment que je ne les ai pas dans les yeux ou dans la bouche, ça va. J'ai tendance à les attacher tout le temps pour ne pas qu'ils me gênent.
- Pourquoi tu les as longs, alors ?
- J'adore la sensation sur mon dos et mes omoplates, je me sens nue si j'ai un chignon par exemple.
Tia fait un petit sourire pour clore la conversation sans savoir quoi répondre. Elle ne les a jamais eu plus longs que son menton, pour elle c'est une perte de temps de passer plus de cinq minutes à se coiffer ou à faire son shampoing même si elle aime coiffer les autres. Elle les aurait certainement eus encore plus courts si son père ne tenait pas absolument à ce qu'elle s'intègre dans le paysage avec neutralité. Déjà que ses cheveux presque blancs sont aussi voyants qu'un phare dans la nuit, les couper à la garçonne a toujours été complètement hors de question.
- Tiens, voilà ta tenue, du coup, lui indique Mei en lui tendant une housse avant de prendre la sienne. Tu sais te maquiller ?
- Je pense, oui.
- Fais quelque chose d'assez dramatique, mets tes yeux en valeur : la foule est loin, personne ne te verra à moins de cinq mètres à part nous. Je vais faire mettre du khôl aux garçons si je peux.
- Ça m'étonnerait que Sinedd te laisse faire... Par contre Micro-Ice se jetterait sous un bus si tu lui demandais.
- Peut-être.
Le silence s'empare d'elles et elles se changent chacune dans leur coin. Tia s'installe à l'une des coiffeuses pour observer son visage et se donner une idée de ce qu'elle pourrait faire. Ce soir, quelque chose lui semble étranger dans son regard, une flamme qu'elle n'avait jamais vue a fait son apparition, elle ne sait pas quand exactement. Elle n'a jamais été du genre à passer des heures à se regarder dans le miroir. Elle jette un coup d'œil à la glace en face d'elle quand elle se brosse les dents, plus par automatisme qu'autre chose, mais elle n'y prête souvent pas attention. Ce soir, elle y est obligée, et elle a l'impression que son visage a changé sans pouvoir dire comment. Elle aime ce qu'elle voit. Pour une fois elle a envie de le mettre en valeur, de faire quelque chose d'audacieux. Mei pousse son nécessaire de maquillage entre elles deux pour laisser Tia faire sa sélection.
La violoniste s'empare d'une petite palette de fards de couleurs chaudes aux différentes intensités pour faire un maquillage charbonneux Heureusement pour elle, un petit mode d'emploi est installé au dos pour lui dire quels pinceaux prendre et par quoi commencer. Le maquillage est visiblement un art dans lequel elle n'est pas prête d'exceller, mais elle finit par se débrouiller pour faire quelque chose qui lui plaît. Ce n'est pas parfait, mais comme lui a dit Mei, de toute façon personne ne la verra de près. Sauf Rocket. Mais Rocket l'a déjà vue en pyjama un dimanche matin.
Mei lui jette un coup d'œil évaluateur alors qu'elle-même n'en est qu'à la moitié de son maquillage, passe deux ou trois coups de pinceaux sur ses paupières pour estomper les couleurs plus élégamment, recule, hoche la tête puis lui tend un tube de rouge à lèvres.
Quand Tia l'ouvre, elle est surprise par la couleur. Devrait-on appeler ça un bleu à lèvres ? Le tube est en effet d'un bleu marine métallisé du plus bel effet. Pas que cela paraisse très approprié sur des lèvres, mais au diable l'avarice, la blonde se sent toujours plus téméraire.
Quelques minutes plus tard, Mei a fini son propre maquillage. Elle a également effectué un maquillage charbonneux, beaucoup plus réussi que le sien, Tia doit bien l'admettre, et très noir, faisant ressortir ses iris bleus avec une touche d'agressivité. Un trait d'eyeliner renforce l'amande de ses yeux. Sur ses lèvres elle a remis le grenat couleur de sang séché qu'elle avait mis à leur premier concert.
Elle détache ses cheveux. C'est la première fois devant Tia et pourtant, elles ont vécu ensemble dans la même chambre pendant plus d'un mois. Elle se sent nue quand elle ne porte pas sa queue de cheval haute. C'est aussi la première fois qu'elle demande à quelqu'un de la coiffer depuis presque dix ans. Sa mère n'a plus le droit de toucher ses cheveux depuis longtemps, pas qu'elle ait été assez patiente pour le faire beaucoup avant quand elle était plus petite. D'ailleurs à sa grande honte, et elle ne l'admettra jamais, elle ne sait pas faire de tresse. Ni sur elle, ni sur personne. Sa seule et unique amie avant Tia était Yuki, et Yuki n'a jamais eu les cheveux longs. Mei s'est d'ailleurs toujours demandé s'ils poussaient.
- Alors, tu as une idée ? demande-t-elle à Tia pour débarrasser ses pensées de son amie perdue.
- Tu as de quoi faire des boucles ?
- J'ai emmené mon fer, oui. Mais en général j'utilise le lisseur.
- Tu as les cheveux bouclés à l'origine ?
Mei acquiesce en sortant un fer pour faire des grosses boucles.
- La chance, soupire Tia en pensant à sa tante aux boucles sauvages. C'est tellement beau...
- A coiffer c'est l'enfer, beaucoup trop compliqué. Et puis à force de lissage, toutes les boucles naturelles sont cassées.
Mei se retient bien de dire que sa mère n'a jamais aimé ses boucles, bien trop rustiques à ses yeux, pas assez raffinées selon les critères de beauté. Elle a appris très tôt à les dompter puis à les exterminer.
Tia fait un geste de la tête et s'empare de la brosse que la chanteuse lui tend. Sa chevelure détachée, les pointes lui arrivent au coccyx, ce qui rend le démêlage plutôt compliqué, mais Tia s'adapte parfaitement. Mei a sortit peigne, élastiques, pinces et barrettes devant elle pour que sa coiffeuse improvisée y fasse son choix pendant que le fer chauffe. De toute façon, Tia ne veut boucler que la fin de sa coiffure, elle a une envie folle de faire des tresses partout.
Elle se poste à droite de Mei et commence à lui broder une couronne autour de la tête avec le tour de ses cheveux, gardant attachée la moitié intérieure pour le moment. Ça fait quelques années maintenant qu'elle ne tresse plus ses poupées, mais le coup de main revient rapidement, comme avec le vélo. L'avantage sur un mannequin vivant, c'est qu'on peut lui demander de bouger et qu'il tient sa tête tout seul. Finalement, c'est même plus facile de tresser les cheveux de Mei plutôt que ceux de ses poupées. La couronne s'épaissit d'un deuxième tour entrelacé dans le premier, Tia profitant de la longueur pour conserver un maximum de cheveux libres pour le reste de la coiffure. A l'intérieur de la couronne, elle sépare encore les cheveux en cercles concentriques pour faire une deuxième couronne plus fine, puis enfin, elle crêpe les cheveux qui restent afin de leur donner du volume faisant grimacer Mei qui n'a pas l'habitude de ce genre de sensation et qui s'imagine certainement avoir à démêler tout ça. Un coup de fer à boucler pour définir de jolies boucles, qu'elle enroule sur elles-mêmes sur le tiers supérieur afin de faire des sortes de macarons qu'elle épingle au centre de son oeuvre. Les longueurs qui restent, une trentaine de centimètres facile, cascadent dans le dos de Mei. Tia ne pensait pas que Mei avait autant de cheveux, ce qui lui a permis de faire quelque chose d'assez volumineux et sophistiqué dont elle est plutôt fière, se dit-elle en reculant pour admirer son œuvre.
En faisant la couronne au tout début de son ouvrage, elle avait tourné Mei hors de vue du miroir et elle la laisse enfin retourner à sa place initiale.
- Tu as encore les roses que tu avais mises dans tes cheveux la dernière fois ?
- ...
- Mei ? Allô ?
La chanteuse est penchée sur le miroir, la main à quelques millimètres de sa coiffure, semblant ne pas savoir si elle peut y poser les doigts sans tout ruiner ou si ces cheveux sont bien les siens.
- Avec le nombre d'épingles que j'ai mises, ça devrait tenir tout le concert, indique la violoniste, attendant toujours une réponse à sa question. Et puis même si les boucles se défont derrière, les couronnes autour devraient tenir jusqu'au mois prochain !
Mei prend une de ses palettes pour utiliser le grand miroir dedans afin de pouvoir voir le dos de sa coiffure. Tia renonce à l'idée d'avoir une réponse et lui oriente le miroir pour qu'elle puisse terminer son observation.
- Ouaah, soupire la diva. C'est tellement magnifique, j'adore.
Elle fouille dans son sac pour en sortir une laque extraforte aux fines paillettes dorées dont Tia l'asperge ainsi que les fameuses roses synthétiques qu'elle avait utilisées au précédent concert. Tia les piques aux endroits stratégiques de sa coiffure.
- Parfait, conclut Mei après un long moment à s'admirer devant le grand miroir en pied à côté du dressing.
Elle a raison, observe Tia. Elle paraît parfaite. A côté, elle se sent un peu gauche, mais se dit qu'une fois son violon dans les mains elle se sentira beaucoup mieux.
Jouer avec ses violons électriques pendant les balances lui a paru comme une bouffée d'air frais. C'était comme revenir à la maison. Elle a ces trois violons qu'elle n'a finalement que rarement utilisés avant de jouer avec les Silence Killers, mais maintenant ils lui sont aussi indispensables que son Vuillaume. Peut-être même plus. Ils lui permettent de se faire entendre bien plus loin et bien plus fort.
Elle a choisi de prendre son Neolin électroacoustique et son Yamaha bleu foncé qui iront bien avec sa tenue en plus d'apporter ce qu'il faut de son. Elle commence à stresser un peu sachant qu'elle n'a pu écrire ses parties sur les nouvelles compositions qu'avec son violon classique, qui n'a bien évidemment pas du tout la même sonorité que ses électriques et sur lequel elle n'a pas pu travailler les effets de saturation et la reverb.
Elle n'a pas vu sa tante plus tôt quand elle est passée lui déposer ses instruments, prise par la répétition surchargée. C'est Aarch qui s'est occupé de récupérer les violons pendant que Tia discutait avec Sinedd sur les pédales d'effets. Les deux instrumentistes ont décidé de peu compter sur la distorsion à part pour les morceaux qu'ils ont déjà joués ensemble avant le départ de Tia. Pour ceux-là, elle a l'habitude de jongler avec la pédale. Pour les autres, ce serait dangereux de risquer une maladresse et la reverb suffit.
Quand Aarch est revenu avec ses violons, il a eu l'air plus détendu et lui a dit que les choses étaient arrangées définitivement. Il avait un papier à la main, Tia s'est demandé rapidement si Marja avait réussi à faire signer une quelconque autorisation à son père, mais elle a vite été interrompue dans ses pensées par Clamp qui voulait faire les réglages sur ses violons.
Ce qui rassure Tia, c'est qu'ils ont réussi à jouer l'intégralité des morceaux pour leur répétition et même plusieurs fois pour les plus complexes. Avec le travail qu'elle a fait en Finlande, son sens de la musique et le travail préparatoire de tout le groupe, elle s'est intégrée avec aisance et le résultat est plutôt réussi. Elle a d'ailleurs remarqué qu'ils s'étaient tous beaucoup améliorés pendant son absence. C'était difficile à constater sur les maquettes enregistrées que Mei lui avait envoyées, mais en direct c'est beaucoup plus probant. Thran s'est beaucoup investi dans son travail au clavier et dans le codage de sons très intéressants avec Clamp, D'Jok a développé son jeu plus en souplesse, Rocket a pris confiance en lui, Ahito... est resté égal à lui même. Bref, tout le monde est prêt. Tia regrette un peu de ne pas avoir passé ce mois avec eux, elle aurait pu intégrer son violon mieux encore.
Mei jette un coup d'œil à sa montre, sortant Tia de ses pensées :
- Les Red Tigers ne vont pas tarder à monter sur scène. Marja devrait être revenue dans peu de temps.
Juste à ce moment-là, comme s'il n'attendait que ça, le portable de Mei se met à sonner et elle décroche rapidement.
- Oui Marja, justement, je me disais que... Ok parfait, c'est super ! Je vous envoie Tia et je vais voir si les garçons sont prêts.
La chanteuse raccroche et se tourne vers Tia.
- Ta tante est arrivée, elle a un timing fabuleux. Tu te sens capable de la retrouver là où je t'ai récupérée à l'entrée des artistes tout à l'heure ? C'est la première à droite et la deuxième à gauche. De toute façon c'est l'issue de secours pour les loges, c'est plutôt bien indiqué. Je vais maquiller les garçons.
Et la chanteuse de tourner les talons dans un gracieux mouvement de robe avant de disparaître dans le couloir. Tia n'est pas sûre de savoir ce qui l'attend à la porte de la salle de concert, mais elle n'est pas sûre non plus d'avoir peur de ce qu'elle va y trouver. Elle souffle un grand coup, jette un nouveau coup d'œil dans le miroir en pied vers la personne qui la regarde et qui n'est pas vraiment elle, plutôt une version améliorée de tout ce qu'elle a jamais été, et serre les mâchoires. Quoiqu'il arrive, maintenant, elle a changé.
°OoooO°
Son drôle de pressentiment sur l'incertitude de ce qu'elle allait trouver derrière la porte s'est avéré fondé quand elle a trouvé sa mère presque cachée derrière sa tante et son oncle en ouvrant la porte.
- Mère ?! S'exclame-t-elle avec surprise.
Elle ne sait pas trop laquelle d'elles deux est la plus surprise, en fait, quand elle voit les yeux ronds de sa mère et le regard qui se perd dans sa tenue et son maquillage.
- Wahou tu es canon ! Complimente Marja, pleine de son enthousiasme habituel. On dirait vraiment une rock star, là !
Le commentaire de sa sœur sort Kjerstin de sa stupéfaction. Plus qu'une rock star, elle dirait qu'elle a en face d'elle la version super-héroïque de sa fille. C'est elle mais pas vraiment elle. Elle avec une cape de confiance et de certitude sur les épaules.
Même sortie de son ébahissement, elle n'a pas de mots. Elle n'en a jamais eu pour sa fille, c'est compliqué de commencer maintenant. Alors elle regarde Tia sourire à sa tante, tourner sur elle-même pour que son oncle l'observe sous tous les angles. Alors elle voit Tia. Juste sa fille. Les pieds au bord de l'âge adulte, cette petite fleur qui a poussé sans soleil au milieu des glaces. Elle voit Tia vraiment. Sans la regarder en coin ni par en-dessous ses cils comme elle en a l'habitude.
Tia sent son regard sur elle et lève les yeux. Elle s'avance vers sa mère sans savoir trop quoi dire. La voir ici est déjà un pas en avant de sa part, le fait qu'elle ne détourne pas les yeux quand leurs regards se croisent en est un encore plus grand. Elle n'aurait jamais pensé avoir un tel échange avec sa mère. Et elles n'ont pas dit un mot.
Kjerstin s'avance vers sa fille en tendant la main. Elle passe des doigts tendres sur sa joue puis dans ses cheveux et enfin l'attire vers elle pour l'embrasser. Tia se fige, complètement étrangère à la sensation d'un câlin maternel.
- J'ai hâte de voir ce concert, chuchote sa mère à son oreille.
Et Tia répond enfin à son étreinte, fermant fort les yeux pour ne pas abîmer son maquillage et froissant le manteau de sa mère.
°OoooO°
Clamp est à la table de mixage au fond de la salle avec Aarch et les techniciens. Il est un peu stressé à l'idée d'avoir intégré Tia au dernier moment aux branchements. Heureusement qu'ils avaient du matériel supplémentaire et qu'elle est arrivée en début d'après-midi. Mais quand même. Tout peut arriver. L'entraînement a été plutôt bon et soyons honnêtes, même avec l'énorme masse de travail qu'il a fournie avec Thran ce mois écoulé, Tia est bien meilleure que la MAO. Il adore la musique informatique, mais elle a une dimension inorganique qu'il n'est pas encore pas venu à transcender. Le seul artiste qu'il connaisse qui en soit proche reste Technoid. Mais même à son niveau, Technoid manque encore d'âme...
- Je suis content que Tia soit revenue, avoue Aarch comme s'il lisait dans ses pensées. Elle est un atout de taille pour la sélection au festival de cet été.
Les Red Tigers installent les derniers détails sur la scène, frémissant d'impatience à l'idée de prendre leur revanche et de prouver qu'eux aussi ont leur place dans cette salle mythique. Après leurs balances, les Silence Killers sont arrivés avec leur air suffisant et leurs rictus méprisants pour faire leurs propres réglages. Davis y a assisté en partie et ne peut s'empêcher de se dire qu'ils sont vraiment intéressants. Il est finalement bien content de passer avant eux.
- Okay c'est bon pour nous ! Crie un technicien. Vous pouvez retourner dans les coulisses, on va commencer à faire rentrer la foule d'ici une dizaine de minutes.
- C'est donc par groupes interposés qu'on va s'affronter, Aarch, grince une voix à côté du producteur, qui se retourne.
- Artegor, salue-t-il sobrement, incapable de choisir entre les différentes émotions qui le submergent. Je ne pensais pas que tu viendrais.
L'homme à ses côtés a peu changé. Les cheveux noirs toujours longs et tirés en arrière sont moins fournis et ses tempes sont dégarnies, mais il n'a pas changé de lunettes de soleil et son visage est toujours aussi rectangulaire, ses joues toujours aussi creuses. C'est avec lui qu'il a quitté Aberdeen il y a vingt ans et le voilà qui revient en même temps que lui. Il pensait qu'il échapperait à sa présence jusqu'à cet été.
Artegor est resté chez The Shadows pendant près de dix ans avant que le groupe s'arrête pour des raisons plus ou moins sulfureuses. Aarch, lui, n'a passé qu'un an avec eux, incapable de s'adapter au climat inhospitalier de la principale île des Shetland où ils étaient basés. Partir si loin n'avait pas allégé son malaise ou sa culpabilité, contrairement à ce qu'il avait pensé. Artegor avait essayé de le convaincre de rester avec des arguments principalement illicites et plutôt néfastes qui avaient fini par rendre Aarch malade. L'avantage avec les Shetlands c'est que les îles sont complètement perdues au milieu de la Mer du Nord et que ce qui se passe là-bas reste là-bas.
Après une overdose dont il avait réchappé de peu, le batteur avait appelé Simbaï à l'aide et l'avait rejointe sur l'île de la Dominique à plusieurs milliers de kilomètres de là. Il avait vécu plusieurs mois dans le territoire Kalingo où Simbaï s'instruisait et lui se ressourçait. L'expérience avait été plutôt intense. Jusqu'au moment où Simbaï avait voulu le confronter à la raison de ses multiples fuites en avant. Il était alors reparti, fuyant encore. Simbaï avait dû elle-même quitter la Dominique peu de temps plus tard puisqu'elle était rentrée à Aberdeen et avait repris contact avec Norata.
Artegor est donc resté avec The Shadows jusqu'à la dissolution du groupe il y a six ans. Aarch ne sait pas trop ce qu'il a fait après, mais apparemment il a créé son entreprise de production, Nexus Prod, qui finance plusieurs groupes. Artegor a toujours été prudent mais ambitieux, et Aarch n'est pas très étonné qu'il ne mette pas tous ses œufs dans le même panier. Le fait qu'il décide de produire les Red Tigers, qui se sont visiblement en compétition avec les Silence Killers, est révélateur.
- Je n'allais pas louper ce concert, quand même, sourit Artegor de toutes ses dents. Surtout que le rumeur veut que tu as réussi à faire revenir Adim ici ce soir... Je veux voir ce que tes petits protégés ont dans le ventre. J'espère qu'ils ne sont pas aussi mous que toi., tu t'es empâté depuis les Shetlands.
La remarque glisse sur Aarch comme l'eau sur les plumes d'un canard, mais il se demande tout de même ce qu'Artegor manigance. N'est-il venu que pour encourager et faire travailler les Red Tigers, ou bien a-t-il planifié autre chose ? Il ne comprend pas très bien pourquoi Artegor les produit, d'ailleurs. Il doute qu'en un mois les jeunes musiciens aient vraiment de quoi monter jusqu'au Glasgow Festival Contest, même s'ils sont plutôt bons dans leur domaine d'après ce qu'il a pu entendre.
Comme si Adim attendait qu'on prononce son nom, la voilà qui passe la porte, accompagnée par une personne de la sécurité.
- Bonjour les garçons, les salue-t-elle de sa voix grave, et Aarch est replongé plus de dix-sept ans en arrière.
Un frisson lui parcourt l'échine. Il n'a pas vu Adim depuis des années il a seulement échangé avec elle le mois passé par mails succincts. Il osait à peine espérer qu'elle viendrait. Elle a si peu changé qu'il pourrait presque croire, avec la présence d'Artegor à ses côtés, qu'ils s'apprêtent à monter sur scène. Il ne manque que Norata. Cette familière vague de culpabilité le prend au ventre. Revenir à Aberdeen, c'était se confronter à tout ce qu'il y a laissé, et reprendre la musique est un choix qu'il a fait après de longues années de réflexion. Il pensait être prêt à se confronter à sa lâcheté. Il ne sait plus trop, là, ce soir, alors que toutes les années de route avec Aber'dim lui reviennent en pleine figure. Il déglutit, sa gorge sèche se noue.
- Je suis content que tu sois là, murmure-t-il d'une voix hésitante.
- Après la démo que tu m'as envoyée, je ne pouvais que venir, sourit-elle.
Si, elle a changé, un peu. Il le voit dans les rides d'expression au coin de ses yeux. Elle a sourit durant ces années. Ça le soulage un peu après avoir vu toute l'amertume sur les épaules de Norata. Elle a réussi à continuer, elle, à tourner la page, peut-être.
- Oh, ça réveille un paquet de souvenirs, cette salle. C'est bizarre de la voir dans ce sens-là, à la régie et pas sur scène. Vous avez fait un sacré boulot de reconstruction !
La foule commence à entrer dans la salle, empêchant Aarch de répondre. Il propose un fauteuil à Adim, qui le remercie d'un hochement de tête, puis va s'asseoir à côté de Clamp en croisant ses mains tremblantes leur tour n'est pas encore venu. C'est Artegor qui va s'installer à côté de la table de régie avec un technicien pour surveiller ses poulains.
…
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Eh ben non, pas de concert pour ce chapitre non plus. Allons-y doucement, y avait déjà assez d'émotion, non ? XD
