Je crois que mon perso préféré hors canon, c'est Patrick. Il m'a fait chialer dans ce chapitre, ce con ! =.= Bon en même temps je chiale pour rien en ce moment... Et puis Norata...
La descente du concert, elle pique un peu niveau émotions... j'espère que vous allez le sentir à la lecture...:3 (sinon c'est que j'ai mal fait mon boulot haha)
Merci beaucoup pour vos reviews, je suis très contente que vous ayez aimé le concert et j'espère que ce nouveau chapitre vous plaira tout autant :3
Et on se rapproche dangereusement de la fin de mes chapitres d'avance !
Date de publication originale : mai 2020
Playlist chronologique avec les morceaux mentionnés dans la fanfic sur youtube (à coller après l'adresse de ytb) : playlist?list=PLV0u523r8F3ci5SQckMYeAVBFRXLbpjJ7 mais j'avais oublié qu'on pouvait plus copier-coller... du coup a priori si vous tapez fanfic GFC (avec Galactik football, dans le doute), vous devriez tomber sur la playlist!)
Enjoy !
Norata n'a pas réussi à passer les portes du Hall. Il pensait pouvoir, pourtant. Il avait vraiment envie de voir ce que Rocket pouvait donner sur scène. S'il avait eu raison de l'autoriser à se lancer dans la musique. Mais à peine arrivé en face de la salle de concert, de l'autre côté de la route, il a senti ses genoux trembler.
Il ne comprend pas pourquoi cet endroit a toujours le même effet sur lui. Il a passé seize ans à carrément éviter le quartier, mais depuis que Rocket loge à la Faculty, il a réussi à y mettre les pieds. Certes, il fait carrément le tour de la ville pour de pas avoir à passer devant le Music Hall... mais quand il va à la Faculty, il n'en est qu'à quelques dizaines de mètres et ses attaques de panique ne se manifestent pas.
Il s'est forcé, il a vraiment voulu pousser ces portes en même temps que la foule. Il a vu Leah Ferguson, en pleine discussion avec Maya Russell et d'autres parents, il sait qu'ils sont tous dedans et qu'il est le seul, là, à avoir passé deux heures dehors sous la neige sans rien entendre de ce qui se passe à l'intérieur. Il ne sait même pas si le concert est déjà fini, il a perdu la notion du temps, et même la notion de la réalité, égaré dans ses souvenirs qui lui reviennent dans la figure sur le son de larsen et de plafonds qui s'effondrent.
Il n'a jamais osé quitter Aberdeen. D'abord parce qu'il pensait que son frère reviendrait, ensuite parce qu'il pensait que sa femme serait prise de remords. Mais les années ont passé, Rocket a grandi et il n'a plus osé partir s'installer ailleurs. Les gens ont oublié pour la plupart qu'il avait un jour fait partie d'Aber'dim. Il n'a plus jamais tenu sa guitare dans ses mains... Non en fait, c'est faux : la première chose qu'il a faite après être sorti du centre de rééducation, quand il a pu réutiliser sa main, ça a été de détruire cet objet qui lui rappelait bien trop ce qu'il avait perdu. Il a eu mal au poignet pendant des semaines après ça.
Les plantes ont été une échappatoire, particulièrement quand Dame Simbaï est revenue dans sa vie. Elle l'a beaucoup aidé, surtout les premières années après le départ de Kira, quand il a fallu prendre soin de Rocket. Son fils était trop jeune pour s'en souvenir. Puis Simbaï est repartie dans d'autres voyages, mais ils ont gardé contact, de loin en loin. C'est finalement la seule personne de son ancienne vie avec laquelle il a conservé des liens.
Adim a quitté Aberdeen en même temps qu'Aarch, non sans être passée au centre de rééducation avant pour dire au revoir à Norata. Pour lui expliquer qu'elle ne pouvait plus rester dans cette ville qui renfermait trop de mauvais souvenirs. Elle avait pensé que la musique lui permettrait d'exorciser les blessures de son enfance et de sa jeunesse, mais la mort d'Aber'dim lui a montré qu'Aberdeen n'était qu'un synonyme de deuil pour elle. Norata l'a laissée partir dans un silence amer, comme les autres.
C'est lui qui a eu tort et tous les autres qui ont eu raison. Il a refermé le livre sans vouloir tourner la page et c'est Rocket qui l'a rouvert.
Au moment où il s'apprête à quitter ce foutu trottoir où il est bloqué depuis des heures, les portes s'ouvrent et les spectateurs commencent à en sortir, provoquant une agitation excitée. Il soupire et ses épaules s'avachissent dans un geste fataliste.
°OoooO°
Aarch vient rejoindre ses musiciens au moment où ils se dirigent vers le vestiaire pour se changer. Il est avec un autre homme et une femme. Sinedd les reconnaît rapidement même s'il n'a pas été un grand fan. C'est comme si sa jeune enfance lui revenait en pleine figure. Oh, ils ont un peu changé, mais à peine. Adim a surtout troqué son look de diva du rock contre une tenue plus ordinaire et Artegor... A-t-il même changé de lunettes de soleil ? Ses cheveux sont moins épais mais ils ont la même coupe et le même noir.
Alors qu'Adim les félicite de leur prestation et complimente leur version de Do you feel ashamed, Artegor se glisse vers Sinedd à la manière d'un prédateur. Il lui tend la main, et quand le jeune guitariste la serre, il se trouve pris dans une poigne ferme dont il ne peut s'échapper.
- Bonsoir Sinedd, susurre Artegor. J'ai pas mal entendu parler de toi depuis que je suis revenu sur Aberdeen. Tu a fait preuve de beaucoup de talent ce soir. Et il paraît que c'est toi qui as composé la plupart des chansons ? On m'a dit que tu avais un univers plus sombre que les autres, à l'origine. Est-ce que tu connais le groupe The Shadows ?
- Celui dont vous avez fait partie avec Aarch après la fin brutale d'Aber'dim ?
- Oui, exactement ! J'ai longtemps continué à jouer avec eux jusqu'à la dissolution. Mais The Shadows était un groupe très intéressant qui mérite d'être reformé, avec un ou deux jeunes pour apporter un peu de sang neuf... Tu es bien avec les Silence Killers ? Tu m'as paru un peu frustré sur cette scène, ce soir... Si tu as des questions, n'hésite pas.
L'ancien musicien glisse une carte de visite dans la poche de la veste de Sinedd avant de finalement lui lâcher la main. La scène n'a duré que quelques secondes, la voix d'Artegor était basse, Sinedd doute que quelqu'un ait entendu quoique ce soit de leur courte conversation qui repasse en boucle dans sa tête.
°OoooO°
Il a tort. Ahito, monsieur "j'ai toujours une oreille qui traîne", a entendu. Mais c'est une conversation dont il ne sait pas vraiment quoi faire pour le moment. Il ne sait pas s'il est content d'avoir une opportunité de voir Sinedd ficher le camp de leur groupe. Après tout, il n'est pas si désagréable à vivre, et surtout, il a du talent. Il y a quelque chose qui le met mal à l'aise concernant le guitariste, cela dit, mais il ne sait pas trop quoi. Artegor aurait essayé de débaucher n'importe quel autre membre du groupe, Ahito aurait éventé le secret et partagé la nouvelle le plus rapidement possible pour que tous se concertent. Pourtant pour cette fois, le bassiste n'est pas vraiment sûr d'avoir envie d'éviter la fuite. Et en même temps, ils ont construit ce groupe tous ensemble.
Mais s'il y avait plus de cohésion, ça le rassurerait. Et puis Thran pourrait s'en sortir pour les compositions, si D'Jok lui donne un coup de main, ce qui a l'air de l'intéresser. Il leur resterait deux guitaristes, même si le rouquin devrait peut-être mettre la main sur une électrique pure et dure pour garder leur inspiration heavy metal. Et puis, bon, il faudrait réécrire tous les morceaux qu'ils viennent à peine de composer.
Ahito se mord la lèvre. Sinedd n'a même pas pris de décision, la conversation est à peine terminée et il commence déjà à lancer des plans sur la comète pour se débarrasser de lui. Il n'a jamais vraiment eu de dent particulière contre lui, pas comme D'Jok ou Micro-Ice, il l'a toujours ignoré la plupart du temps, parce que c'est comme ça qu'il fonctionne : il ignore tout le monde, sauf son frère et ses amis. Il ne souhaite de mal à personne, il n'est pas méchant pour un sou, mais souvent, la seule présence de Sinedd révèle ses pires instincts. Il se sent mesquin quand Sinedd est dans les parages. Comme si son aîné corrompait une partie de l'atmosphère avec sa morosité et sa fureur. Encore une fois, le bassiste se demande comment lui et Micro-Ice ont pu être amis, alors qu'ils sont de parfaits opposés. Oui, il va se taire et attendre que Sinedd prenne sa décision. Seul.
°OoooO°
- Alors là, Luke, je veux bien manger mes Docs s'ils ne sont pas sélectionnés pour le Glasgow Festival Contest. C'était énorme ! J'arrive pas à savoir laquelle je préfère entre Mei et Tia tellement leurs deux voix s'accordent à merveille.
- Euh Nina, Tia ne chante pas...
- Non mais je veux dire son violon, quoi, s'il te plaît. Je ne savais même pas qu'on pouvait tirer ce genre de son ! Et la guitare de Sinedd, et la nonchalance d'Ahito... Et...
- Arrête, là, si tu parles du sourire de Micro-Ice, je vais être jaloux.
La jeune fille lève son bras, faisant tinter ses bracelets, et passe une main sur la mâchoire de son amoureux, caressant sa barbe de trois jours.
- Tu sais bien que c'est toi mon préféré, sourit-elle en le tirant vers elle.
- Enfin bon, sourit-il entre deux baisers, les Red Tigers me paraissent vachement moins bons du coup.
- C'est clair que même si j'ai bien aimé leur prestation, heureusement qu'ils sont passé avant les Silence Killers, sinon je les aurais trouvés drôlement fades. Ah là là, rien avoir avec le spectacle de la deuxième partie.
- J'ai hâte de pouvoir réécouter les chansons, je sais pas laquelle je préfère pour le moment...
- On les attend à la sortie des artistes ?
- Carrément !
°OoooO°
Les adultes les laissent se changer dans leur loge, leur donnant rendez-vous à la Faculty. Le silence groggy qui les accompagne pendant qu'ils s'apprêtent à remettre leurs vêtements de tous les jours les repose après avoir eu les oreilles pleines de leurs retours pendant le concert.
Ahito s'est allongé dans le canapé, considérant ses vêtements assez confortables pour passer directement à la case sieste, mais D'Jok enlève son pantalon avant même que les filles quittent la pièce.
- Ah punaise, ça me brûle ce truc ! Geint-il en boxer. Mei, plus jamais tu me fais porter de la laine ! Regarde-moi ça, j'ai des cloques !
Thran est plié de rire devant l'air choqué des deux filles et de Rocket et Sinedd – qui définitivement ne comprend pas l'impudeur dont font preuve les deux bouffons de service. Micro-Ice observe avec un soupçon de jalousie au creux du ventre les rougeurs qui montent aux joues de Mei. Leur chanteuse perd absolument toute la superbe qui la caractérise, bredouille une excuse inintelligible et s'enfuit vers les vestiaires en tirant Tia derrière elle.
D'Jok n'a même pas fait attention à leur départ : il observe l'intérieur de ses cuisses qui montre effectivement des traces de brûlures dues aux frottements de la laine humide sur sa peau.
- Tu penseras à mettre une doublure la prochaine fois, ricane Micro-Ice avec un peu de rancoeur.
- C'est surtout mort pour que je reporte ce pantalon. Je préfère encore jouer en caleçon !
- Ah ouais ? Demande Thran toujours hilare. Méfie-toi, ça pourrait arriver, si tu vexes Mei.
Micro-Ice finit par avoir pitié de son meilleur ami qui n'ose même pas remettre son jean pour le moment et garde ses mains fraîches sur ses boursouflures pour calmer la brûlure. Il va fouiller dans sa sacoche qui l'accompagne partout et en sort un tube de Bepanthen qu'il trimballe toujours avec lui pour pallier à ses propres problèmes.
- Tiens, mets-ça, ça te fera du bien.
- Merci Mice, tu es le meilleur ami du monde. Pas comme l'autre débile qui rigole comme un bossu.
La remarque ne vexe absolument pas Thran qui continue à se gondoler sans se changer, prenant exemple sur son frère et s'affalant sur l'accoudoir aux pieds de son jumeau.
°OoooO°
Quelques minutes plus tard, les filles refont leur apparition, Mei a renfilé sa tunique et son legging préférés ainsi que son attitude imperturbable. Tia s'est changée aussi dans les vêtements élégants qu'elle portait pour son audition ce matin ; il ne reste de sa persona du concert que son maquillage, son sourire en coin et ses joues rosies de plaisir.
Chez les garçons, au final hormis D'Jok, seul Sinedd a discrètement remis ses propres affaires pendant que Rocket et les autres discutaient de leurs impressions sur le concert, la salle, les projecteurs, leurs costumes, le public. Cette première a un goût de plus jamais et ils ont tous décidé d'y rester encore un peu.
- Tout le monde est prêt à rentrer ? Demande Micro-Ice du canapé où il est encore en train de tripoter les cheveux d'Ahito sous la tête duquel il s'est glissé.
- Non, moi je dors là, marmonne le bassiste somnolent. J'ai dépensé trop d'énergie ce soir.
Micro-Ice tire sur ses cheveux en souriant alors que Thran lui enfonce les doigts dans les côtes pour le faire bouger.
- On laisse toutes les affaires comme ça ? Demande Rocket en fronçant les sourcils.
- Il faut juste que vous récupériez vos instruments, informe Mei, enfin on récupérera ta batterie demain, mais sinon Aarch m'a dit que les techniciens s'occuperaient du rangement.
- Il faut en profiter parce que ce sera probablement la seule fois, avertit Thran en se dirigeant vers la housse de son clavier pour aller chercher son instrument sur scène.
Tout le monde le suit, sauf Ahito qui se décale pour laisser Micro-Ice se lever puis continue à roupiller jusqu'à ce que son jumeau lui pose sa basse dans son étui sur le ventre.
- Allez on se lève, petit frère.
En soupirant, mais refusant toujours d'ouvrir les yeux, le bassiste se met en position assise et tend les bras pour que Thran lui enfile sa basse sur le dos.
- T'es vraiment un assisté, rit D'Jok en les regardant faire.
°OoooO°
Alors qu'ils se dirigent dans le couloir de la sortie, ils tombent sur les quatre Red Tigers qu'ils avaient honnêtement complètement oubliés après l'euphorie de leur concert. Davis les toise mais n'ouvre pas la bouche et se fraie un chemin entre eux à coup d'épaules pour sortir avant eux.
- Désolée pour la dernière fois, finit par dire la seule fille du groupe après quelques secondes d'un silence hostile. Davis n'est pas un mauvais bougre, il est juste... bref. C'était une vraiment belle performance ce soir. Bravo.
- Merci, accepte Mei avec un sourire crispé.
Ils n'ont rien d'autre à se dire et suivent donc tous Davis à travers la porte de sortie... dont il ne s'est que peu éloigné. Aucun d'eux ne s'imaginait trouver des gens à les attendre dehors. Aucun des Silence Killers, en tout cas. Qui sont rapidement pris d'assaut par différentes personnes, des ados de leur âge pour la plupart, certains qu'ils connaissent de vue parce qu'ils viennent de leur lycée. Il n'y a pas tant de monde que ça, juste une poignée de personnes, mais la sensation les submerge.
Pendant que quelqu'un lui tape sur l'épaule pour le féliciter, Rocket aperçoit son père quelques mètres plus loin. Il remercie distraitement la personne qui lui parlait sans vraiment la regarder et part rejoindre Norata.
- Papa, salue-t-il. Merci d'être venu...
- Je ne suis pas entré, l'avertit son père d'une voix froide.
Rocket voit bien le regard hanté de Norata, perdu dans les sirènes des pompiers et des ambulances. Il ne peut pas imaginer ce que son père a traversé, il espère qu'il n'aura jamais à le vivre. Le voir là, même s'il ne l'a pas écouté, même s'il n'est pas allé jusqu'au bout de son défi, lui réchauffe profondément le cœur.
- Tu es là, dit-il en lui posant la main sur l'épaule. Merci.
C'est à cet instant, au moment où ils échangent un regard, qu'ils se rendent compte tous les deux que Rocket a grandi et qu'il fait maintenant la taille de son père. L'homme tapote la main de son fils avec émotion. Peut-être qu'un jour il pourra enfin l'écouter jouer sans avoir l'impression que la terre va céder sous ses pieds. Peut-être que, dans un futur encore lointain, il pourra enfin faire le deuil de son passé.
°OoooO°
A la Faculty, ils retrouvent Simbaï, Clamp, Aarch et leur famille qui les accueillent avec une fierté incroyable. Adim et Artegor ne sont pas restés pour les festivités, ne faisant pas partie de leur intimité. Aarch a fait promettre à Adim de se revoir avant qu'elle reparte à Glasgow. Elle lui a demandé des nouvelles de Norata, il n'a pas su quoi répondre et il espère rectifier le tir après avoir discuté avec son frère, qu'il n'a pas vu dans la salle. Quand il le voit arriver avec les jeunes, il pousse un soupir soulagé.
Il a fait livrer tout un paquet de petits fours pour célébrer le réveillon du Nouvel An, persuadé que l'estomac noué des ados avant le concert risquait de se réveiller. Et puis il y a un paquet de choses à fêter !
Tia est sur son petit nuage quand elle se rend compte que sa mère est là avec sa tante et son oncle, et qu'ils ont l'air d'avoir apprécié le spectacle. Encore incapable de lâcher Rocket, elle le leur présente, même si Marja l'a déjà vu avant le concert. Il a l'air maladroit et embarrassé, mais Kjerstin est polie et agréable avec lui et il se détend petit à petit, assez pour faire la conversation.
A son tour il présente son père à la famille de Tia.
Norata serre la main tendue de Marja et se tourne vers Kjerstin pour faire de même.
- Enchanté. Tia est une jeune fille adorable. Je l'ai brièvement rencontrée, dans des circonstances plutôt déplaisantes, mais Rocket m'a beaucoup parlé d'elle ensui...
- Papaaaa, coupe Rocket en rougissant de la même manière que Tia.
- Je suis contente de savoir que ma fille se comporte décemment, répond doucement la mère d'une voix presque inaudible. A propos de ces circonstances déplaisantes ? Je ne crois pas en avoir entendu parler ?
- Tu veux quelque chose à boire, Tia ? Propose galamment Rocket, saisissant une occasion pour fuir la conversation.
Tia prend la proposition au vol et l'accompagne. Loin.
°OoooO°
Micro-Ice s'est jeté dans les bras de Patrick avec beaucoup d'émotion. Elle est là, sa descente à lui, c'est maintenant qu'elle arrive. Oh, il lui suffit de respirer plusieurs fois profondément l'odeur réconfortante de l'Irlandais, d'imaginer ce grand mur de béton armé dans sa tête, de prendre de l'élan, et de jeter son émotion et les sanglots qu'il a au bord des lèvres par-dessus le mur, de l'autre côté, dans le grand terrain vague qui doit être un terrible foutoir de frustration, de douleurs et d'angoisses. Quand il recule à peine quelques secondes plus tard, il n'y paraît rien, même s'il est presque sûr que Patrick l'a senti.
Patrick sent souvent beaucoup de choses. Il avait conseillé à Mme Ferguson d'emmener son fils chez un pédopsychiatre quand même sa croissance a commencé à faire la tête. Mais Micro-Ice n'a jamais réussi à se résoudre à parler, et sa mère a vite abandonné. Il s'est remis à rire et à sourire tellement rapidement, alors pourquoi s'inquiéter outre mesure de sa taille plus réduite que les autres ? Seul Patrick a voulu continuer à essayer de le faire parler, jusqu'à ce qu'il n'ait plus qu'un mur de sourires en face de lui.
- Bon anniversaire mon grand, souhaite Patrick en lui passant une main paternelle dans les cheveux.
Micro-Ice aime vraiment Patrick, il est un de ses adultes préférés, même si de manière générale il n'aime pas trop les adultes. Et il est une des rares personnes hormis sa mère à connaître son anniversaire et à s'en souvenir. Mais il sait aussi que Patrick n'est pas venu que pour lui, alors il le relâche rapidement pour aller vers sa mère. Elle est toujours là, elle aussi, toujours là pour lui, et il sait qu'il a de la chance.
- Bon anniversaire, mon petit flocon, lui susurre-t-elle à l'oreille en le câlinant. Viens demain à la maison pour ton cadeau.
Il a bien vu que personne n'était venu pour Sinedd, qu'il est le seul qui n'a pas de parent ce soir. Il sait très bien pourquoi. Les parents de Sinedd sont morts pendant cette grande explosion de gaz qui a à moitié rasé le Music Hall. Tout le quartier sait pourquoi Sinedd n'a plus de parents. Un couple l'a bien adopté, mais honnêtement, Micro-Ice serait bien incapable de dire quel visage ils ont. Il est quasiment certain de ne les avoir jamais rencontrés, pas même quand le brun et lui étaient amis. Jouer ce soir à cet endroit précisément a dû faire remonter pas mal de souvenirs. Après tout, Sinedd avait quatre ou cinq ans quand il a vu ses parents et sa petite sœur mourir dans leur maison. Les secours avaient mis presque deux jours à le retrouver sous les décombres, ça avait fait la une de tous les journaux de la région. Micro-Ice frissonne à l'idée de ce qu'a pu vivre son ancien ami. Ils ont souvent des différends et il est facile de se laisser aller à haïr Sinedd, mais il ne voudrait sa vie pour rien au monde.
Patrick s'avance vers Sinedd. Il est difficile d'avoir autant de tendresse pour ce jeune homme tout en colère et en tensions qu'il en a pour Micro-Ice et pourtant, c'est ce qu'il ressent. Une affection nerveuse pour ce garçon complètement perdu. Il aimerait pouvoir faire quelque chose pour le rendre plus heureux, il aurait aimé pouvoir faire quelque chose quand il était plus jeune, quand c'était plus facile. Il a touché le miracle du doigt quand Sinedd et Micro-Ice jouaient ensemble et se nourrissaient l'un de l'autre. Hélas, Patrick a beau être un Irlandais pur et dur, un catholique fervent, il se demande parfois ce que Dieu fout là-haut. S'il y a bien une chose qui le rassure, c'est que Sinedd n'a jamais frayé avec les voyous d'Aberdeen, ne s'est jamais retrouvé en garde à vue pour un comportement dangereux ni rien de la sorte. Il est destructeur, certes, mais principalement envers lui-même, et jamais au-delà des limites légales.
Ce soir, Patrick se demande comment féliciter le jeune homme et comment lui montrer qu'il est fier de lui. Il se contente d'une main sur l'épaule et d'un sourire auquel répond Sinedd en détournant les yeux avec un haussement d'épaules. L'Irlandais n'est pas certain de savoir si le mouvement est un moyen de se débarrasser de sa main ou de montrer qu'il n'a rien fait qu'il trouve particulièrement extraordinaire. Peut-être un peu des deux.
Il se retient de passer une main dans les cheveux bruns, sachant pertinemment comment le geste sera perçu. Il y a tellement, tellement de vulnérabilité chez ce garçon, c'est incroyable de voir qu'il est encore debout et sain d'esprit ou à peu près, se dit Patrick.
- Tu as fait du bon boulot, ce soir, insiste-t-il en accrochant les yeux du jeune homme.
- Mouais, grogne Sinedd en détournant les yeux. Y a encore des progrès à faire.
- Tu devrais t'accorder une soirée de satisfaction, Sinedd, conseille Patrick doucement de sa grosse voix. Tu le mérites.
Les muscles des mâchoires du brun se contractent plus encore comme s'il voulait montrer qu'il n'a rien à dire. Il ne lève pas les yeux. Il n'a qu'un envie : quitter cette joyeuse sauterie pour reprendre toutes les chansons du concert, voir où ils ont échoué. Et peut-être aussi travailler sur de nouvelles compositions, pour lui. Il n'a pas pris le temps, ce mois passé, d'écrire pour lui et ça lui a manqué. Composer pour autant d'instruments et d'univers différents a été un challenge passionnant, mais il a envie de retrouver ce qu'il aime, lui. La proposition d'Artegor lui revient en mémoire et il lève la tête. Il soupire et sort son paquet de cigarettes de sa poche. Il a besoin d'air.
Dehors, il devine la silhouette de quelqu'un au fond du jardin enneigé. A la taille et à la couleur de cheveux, il sait que c'est Micro-Ice. Il se demande ce qu'il fait tout là-bas, près de la cabane de jardin inutilisée. Peu importe, il ne le dérangera pas, il est trop loin pour ça. Il allume sa cigarette avant de remettre ses mains dans les poches de son perfecto, essayant de conserver un peu de chaleur. L'heure et demie passé sur scène sous les projecteurs brûlants l'a fait suffoquer, cela dit, et il est content de remplir ses poumons de fumée et d'air glacé. Petit à petit, la nicotine faisant son effet, il se détend. Sa dernière cigarette remonte à loin et il est devenu terriblement accro, il doit bien l'admettre. Lui qui n'aime pas la dépendance va bien devoir s'accommoder à l'idée de son addiction. Il rallume une cigarette avec le mégot de la première en réfléchissant à ses nouvelles compositions et la possibilité d'avoir un groupe rien que pour lui avec lequel jouer comme il le souhaite.
Les Silence Killers ne sont pas un mauvais groupe, loin de là, chacun des membres a quelque talent à exploiter, bien que Micro-Ice et D'Jok soient plutôt moyen comparés aux autres. Sinedd n'est juste pas à l'aise avec eux, que ce soit musicalement ou pour le reste. Artegor lui a offert une porte de sortie bien plus tôt que ce qu'il aurait imaginé. Il avait pensé faire un ou deux albums avec les Silence Killers avant que le succès lui permette de se lancer dans une carrière solo ou de trouver des musiciens avec qui monter un groupe qui lui conviendrait plus parfaitement. En se projetant dans le futur, il hésitait surtout entre un travail en solo et un nouveau groupe. Le genre de musique qu'il aime nécessite un accompagnement musical. Il est bien loin d'être assez talentueux dans divers instruments pour pouvoir se débrouiller seul simplement pour la production d'un album, sans parler de jouer sur scène. Le groupe est la meilleure solution, même s'il n'aime pas ses semblables. Peut-être que les membres de The Shadows seront comme lui, ensemble pour la musique sans avoir à mêler le reste. Il va s'intéresser à eux. Voir leur âge, leur réputation, leur musique. La porte de secours est à moitié ouverte. A lui de voir s'il va se précipiter à l'air libre de suite.
°OoooO°
Micro-Ice s'est installé dans la cabane au fond du jardin : Il s'est trouvé un vieux fauteuil troué et quelques couvertures qui lui permettent de rester là un petit moment sans perdre ses doigts. Il y a caché un ou deux paquets de cigarettes et un cendrier qui est déjà rempli par un bon nombre de mégots. Il aime être en compagnie, mais c'est parfois étouffant d'être toujours en présence de quelqu'un. Même s'il adore ses amis, ses moments de calme et d'obscurité sur le bord de sa fenêtre lui manquent. Il a le sentiment qu'il doit toujours faire attention à ce qu'il fait et ce qu'il est. Il envie la capacité de Sinedd à faire le vide autour de lui. Peut-être qu'il serait devenu comme lui s'il n'avait pas eu D'Jok et sa mère pour le retenir et l'accrocher à la réalité. Il a juste besoin d'une petite pause de temps en temps, se convainc-t-il. Juste quelques petits moments de solitude çà et là.
Ce n'est peut-être pas trop demander.
Il a fait une croix sur beaucoup de ses habitudes, déjà, pour échapper au regard scrutateur et parfois inquiet d'Ahito. Il peut comprendre sa préoccupation, mais elle est usante au quotidien. Le bassiste lui a même dit qu'il arrêtait de fumer parce qu'il en avait marre de se cacher de Thran et qu'il devrait faire de même. Il a haussé les épaules avec un sourire et a accepté les nouvelles règles. Il fumerait seul. Ce n'était pas nouveau, ça ne le ferait pas arrêter. Il savait déjà quand il a commencé, après les toutes premières cigarettes qu'il ne pouvait même pas finir parce qu'elles lui tournaient la tête, qu'il ne pourrait pas s'arrêter si facilement. Maintenant elles ne lui vident plus autant la tête, mais le geste est un rituel calmant qu'il ne peut pas abandonner. Visiblement Sinedd est dans le même cas. Il l'a vu avant de rentrer dans sa cabane. Il n'y a que lui qui peut sortir à cette saison avec un simple perfecto sur le dos.
Il sort sa guitare qu'il avait gardée sur son dos et commence à gratter quelques accords. L'euphorie du concert retombe tout doucement, le laissant retourner à ce vide si familier et presque réconfortant. Les doigts dansant sur ses cordes, il laisse son esprit dériver vers sa mère, qu'il a laissée en plan dans la salle commune de la Faculty, vers Mei qu'il a trouvée incroyable ce soir, vers le futur qui se découvre devant ses yeux un peu plus chaque jour et qui le terrifie.
Une année de plus.
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Aarch se râcle la gorge et prend une cuillère pour faire sonner son verre et attirer l'attention des convives qui se sont éparpillés dans le salon et dans la cuisine.
- Bon, maintenant que tout le monde est rassasié et remis de ses émotions, je voulais tous vous féliciter de votre prestation ce soir. Il y a des choses à revoir, mais Clamp a tout enregistré et on fera ça en temps et en heure. Ce soir, on reste à la joie de ce premier concert que vous avez réussi à gérer de main de maître. Adim et Artegor ont salué votre prestation eux aussi et s'ils vous ont félicités ce n'étaient pas des mots en l'air. L'année ne peut que se présenter sous les meilleurs auspices pour les Silence Killers. Je suis très fier de vous.
» Je tiens aussi à remercier les parents, continue-t-il en levant son verre précisément vers Kjerstin de Gennes qui garde les yeux baissés. C'est grâce à votre soutien envers vos enfants qu'ils sont montés sur scène ce soir. Merci d'avoir cru en eux. Ce soir, en plus de fêter le nouvel an qui arrive à grands pas, c'est aussi l'occasion de fêter l'anniversaire de notre cadet...
La surprise s'affiche sur les visages. Même D'Jok, qui a passé son enfance avec Micro-Ice n'a jamais su quand précisément était son anniversaire. Son meilleur ami lui a toujours dit « c'est pendant les vacances, on s'en fiche ». Il déglutit et culpabilise. Il n'a jamais vraiment insisté pour savoir. Ahito non plus ne s'est jamais posé la question, lui qui sait toujours tout. Ce détail-là lui a échappé sans qu'il y prête vraiment attention. Micro-Ice prenait un an de plus à toutes leurs rentrées scolaires, c'était tout ce qu'il lui fallait.
La voix de Patrick les sort de leur stupeur quand il appelle le petit brun. Qui a disparu, personne ne sait quand ni où. Micro-Ice a cet étrange pouvoir de remplir une pièce et de se faire oublier tout à la fois. Il réapparaît quelques secondes plus tard comme en réponse à l'appel de Patrick, Sinedd sur ses talons.
- Qu'est-ce qui se passe ? Demande-t-il en toute innocence, un sourire aux lèvres.
- T'étais où ? Interroge D'Jok avec un ton un peu agressif.
Pas que D'Jok soit en colère contre son meilleur ami. Il est surtout en colère contre lui-même. Depuis quand est-il un si mauvais ami ?
- J'étais parti chercher Sinedd dehors, répond Micro-Ice avec une facilité déconcertante. Alors, qu'est-ce qui se passe ? Ajoute-t-il avant que Sinedd puisse placer un mot.
Sinedd ferme la bouche. Ces manigances ne le regardent pas après tout. Peu lui importe le fait d'être la brebis galeuse.
- Joyeux anniversaire, lance Aarch avec un grand sourire, sortant du frigo un immense tiramisu.
Des applaudissements et des félicitations retentissent autour du garçon qui ne sait pas trop comment réagir. Alors il sourit, comme d'habitude. Et il plaisante.
- C'était donc ça tous ces petits fours. Moi qui croyais que c'était pour fêter le concert ! En fait vous saviez qu'il y avait un événement beaucoup plus incroyable. Ma naissance ! Je suis un peu déçu, je pensais avoir droit aux feux d'artifices.
- Ah on a été pris de court, s'excuse Aarch en entrant dans son jeu sans le savoir. J'avais pensé aux Mariachis aussi, mais ils étaient tous débordés.
Micro-Ice éclate de rire, suivi par les adultes. La diversion n'a pas aussi bien marché qu'il le pensait puisqu'il sent le regard de ses trois amis planer sur lui. C'est Tia la première qui s'avance vers lui.
- Bon anniversaire Micro-Ice, souhaite-t-elle avant de déposer un baiser sur sa joue.
Il rougit et se passe la main derrière la nuque en jetant un coup d'oeil à Rocket, qui lui sourit et vient lui serrer la main, puis à Mei... qui ne bouge pas. Dommage.
Thran lui tape dans le dos comme à sa mauvaise habitude, puis Ahito lui passe un bras autour de l'épaule.
- Petit cachottier, va, lui reproche-t-il en lui plantant un doigt dans les côtes. Joyeux anniversaire.
- C'est juste un an de plus, pas la peine d'en faire tout un plat, s'excuse Micro-Ice en riant.
Malgré son attitude générale, il déteste être le centre de l'attention. Il se tourne vers D'Jok qui n'a pas bougé.
- Pourquoi tu me l'as jamais dit ?
- C'est juste un an de plus, pas la peine d'en faire tout un plat, répète-il en haussant les épaules.
- Mais... commence D'Jok avant de s'interrompre.
Ça ne sert à rien de s'énerver quand Micro-Ice est comme ça. Ça ne sert jamais à rien de s'énerver avec Micro-Ice. Il n'est jamais sérieux, il évite toujours les confrontations. D'Jok se surprend à comprendre un peu pourquoi Sinedd est agacé par son meilleur ami. Il ravale sa frustration et lui souhaite un joyeux anniversaire.
Micro-Ice est obligé de souffler les seize bougies que Patrick et sa mère ont allumées, à son grand désespoir. Puis enfin, lorsque le tiramisu est partagé et servi, l'attention se disperse vers le dessert. C'est sa mère qui l'a fait, il le sait. Elle est la seule qui sait le faire juste comme il l'adore. Malgré sa recette et ses instructions, il n'a jamais réussi à l'égaler.
- Tu peux être sûr que l'année prochaine on te prévoit un anniversaire du tonnerre, promet D'Jok après avoir fini sa part avec délice.
Micro-Ice sourit, il n'en attendait pas moins. C'est pour ça qu'il ne lui a jamais dit. Il préfère vraiment limiter ces festivités. Ses sentiments à propos de son anniversaire sont très partagés. Il a à la fois un sentiment de soulagement de passer cette barrière tous les ans, d'avoir vécu une année de plus, et à la fois une angoisse quant à l'année à venir qui lui semble déjà insurmontable. Il n'a jamais vraiment compris pourquoi les gens ont autant besoin de fêter ces événements.
Certes, il a livré une petite attention à Sinedd pour son propre anniversaire. Mais c'était particulier, parce que Sinedd n'a personne qui pense à lui. Lui, Micro-Ice, il a sa mère et Patrick, ça lui suffisait jusque là.
L'angoisse pour l'année prochaine le prend. Il respire. Un pas à la fois. Avec un peu de chance ils auront oublié. Les miracles existent.
°OoooO°
Mei n'écoute plus sa mère qui continue de pérorer. Elle fixe Micro-Ice en fronçant les sourcils. Ce garçon est un mystère. Jusqu'à présent, la soirée a été plaisante. La descente d'adrénaline lui a permis de supporter les commentaires de sa mère. Soyons honnête, son père y a aussi été pour beaucoup. Il est une force tranquille et discrète dont la présence la soulage, surtout quand sa mère est dans un état d'excitation comme ce soir.
C'est lui qui fait les réponses et qui arrondit les angles avec sa mère, c'est lui qui pose une main réconfortante et fière sur sa nuque, qui la félicite d'un regard et d'un sourire. Pendant longtemps quand elle était plus jeune, elle trouvait son père mou face à sa mère. Elle a longtemps pris les mots de sa mère comme parole d'évangile, jusqu'à son entrée à St Margaret. Cette fois-là, avant de signer son inscription définitive à l'école, il est venu la voir dans sa chambre et lui a demandé ce qu'elle voulait vraiment faire. Elle. Pas sa mère. C'est à ce moment-là précisément qu'elle a choisi ce qu'elle voulait faire de son futur, pas parce que sa mère l'avait fabriquée pour ça mais parce que son père lui avait ouvert la porte de son avenir. Parce qu'il lui a dit ce jour-là qu'il serait fier d'elle quoiqu'elle choisisse pourvu que ça la rende heureuse.
Et ce soir elle est heureuse. Elle est contente de sa performance mais elle est aussi contente d'avoir partagé un moment de complicité avec Tia en plus d'avoir partagé la scène avec tous ses camarades. Elle est contente de faire partie de ce projet et de s'inscrire dans une perspective à long terme avec d'autres. Jusqu'à présent, dans tous ses projets, elle a été seule. Elle ne s'est jamais préoccupé des autres, considérant peut-être qu'ils ne jouaient pas dans la même cour, comme sa mère a pu lui dire plus d'une fois. Maintenant, peu importe ce que sa mère pourra dire, elle n'est plus seule. Tia est son amie, les garçons ses partenaires au pire mais plus probablement des amis en devenir.
C'est une sensation nouvelle pour elle. Un nouveau défi à relever pour cette nouvelle année qui s'annonce. Elle sourit.
- Qu'est-ce qu'il y a ? Demande sa mère en s'interrompant.
- Rien. Je suis heureuse.
Elle échange un regard avec son père qui sourit.
°OoooO°
Tia ne se lasse pas de la présence de sa mère. Marja est partie discuter avec la mère de D'Jok quand elle a su qu'elle était voyante, Janne est à peine à quelques mètres en train de discuter plantes avec Norata et elle est là, juste à côté de sa mère, buvant sa proximité même si elles parlent peu.
- Comment s'est passé ton séjour chez Marja ?
- C'était génial ! répond la violoniste avec enthousiasme avant de se reprendre. Vous devriez leur rendre visite, Mère. Leur maison est petite mais très chaleureuse, et ils ont un sauna ! Chez eux !
Kjerstin rit légèrement devant l'enthousiasme de sa fille. C'est comme le chant d'un oiseau après un long hiver.
- Je crois que j'aimerais voir ça, Tia.
- Peut-être que nous pourrions y aller ensemble une prochaine fois ?
Au-dessus de la question hésitante de Tia plane l'ombre de Gilles de Gennes. Kjerstin baisse les yeux.
- Nous verrons en temps voulu, répond-elle avec diplomatie.
- Il ne sait pas ce qui s'est passé ce soir, n'est-ce pas ?
- Il était très occupé ce weekend et il a quitté Aberdeen tôt dans l'après-midi après avoir eu la confirmation que tu avais passé les auditions du Conservatoire.
- Mais il ne fera pas d'ennui au groupe ? J'ai promis à Aarch que Marja devait régler la question.
- J'ai moi-même rédigé et signé toutes les autorisations pour que tu fasses partie du groupe. Je suis ta mère autant que Gilles est ton père, il ne pourra pas se retourner contre Aarch ou le groupe ni t'interdire de jouer. Tu es libre.
Un poids incommensurable s'envole de ses épaules. Le soulagement qu'elle ressent est sans précédent et elle pourrait tomber à genoux. Ou s'envoler, elle n'a pas encore choisi. Elle se jette dans les bras de sa mère.
- Merci Maman.
Les bras qui se resserrent autour d'elle sont tout ce dont elle a besoin pour affronter l'année qui se présente à sa porte. L'avenir est à elle. Elle est libre.
Bon, je crois que je peux rien rajouter dans ce chapitre... x) (Et en vrai j'en ai ras le bol de le relire...)
J'ai l'impression que je pourrais presque m'arrêter là, c'est vraiment la fin d'un arc, à mon sens. Bon, c'est que le début de leur histoire et ils ont encore plein de choses à vivre, j'ai pris des notes, j'ai prévu des trucs, ils sont pas encore à Glasgow, leur album est pas sorti, bref, c'est que le début (d'accord, d'accord) (j'espère que vous avez la chanson dans la tête, maintenant, hahaha) mais j'aime la façon dont cette première partie se termine...
Du coup, je vais peut-être m'arrêter là pour le moment en attendant d'avoir une nouvelle vraie vague de chapitres à poster (il m'en reste un qu'il me semble avoir fini de retravailler et un autre à retravailler) histoire de pas trop vous frustrer ?
Merci en tout cas à tous ceux qui ont laissé des commentaires jusque-là depuis cette reprise inespérée ! Je suis contente de voir que cette fic peut toujours plaire malgré sa lenteur de publication ;) Le Fandom Galactik Football est le meilleur du monde (je voudrais bien faire des cœurs, mais ffnet me l'interdit. Du coup cœur sur vous, vous êtes top !)
Un merci tout spécial à Dyssery, dont les commentaires ont permis à ces derniers chapitres de s'étoffer et de donner un truc dont je suis plutôt fière. J'ai toujours écrit dans mon coin sans vraiment avoir de relectures pareilles et ça fait une grosse différence, donc merci d'avoir pris le temps, c'est tellement chouette !
