Hello tout le monde!

Désolée, ce chapitre a pris plus de temps que prévu à être posté, mais le voilà. J'espère que ça vous plaira!

Bonne lecture!


Chapitre 2

Le cauchemar finit effectivement par se terminer, mais il fallu attendre près de deux semaines pour ça. Deux longues semaines d'angoisse, où Alec ne fut presque incapable de quoi que ce soit, tant toute son attention était accaparée, à longueur de journée, par les sensations dans sa rune parabatai. Il avait été tétanisé à l'idée de sentir le lien se briser.

C'était Clary qui était venu le trouver pour lui annoncer la nouvelle. Alec était alors enfermé dans la salle des armes depuis des heures, s'entrainant à l'arc sans relâche. Il n'avait pas protégé ses mains et ses doigts étaient dans un étant pitoyable, mais il s'en fichait, ça l'arrangerait même, la douleur lui permettait de garder les pieds sur terre.

Il en avait fait tomber son arc. A la voir se précipiter sur lui ainsi, les joue rouges et les yeux mouillés, il en avait prit peur.

Non. Pas simplement de la peur. Une terreur comme il n'en avait jamais connu qui l'avait traversé de tout son être comme une décharge électrique en lui faisant remonter la bile dans la gorge.

L'espace de quelques secondes, il avait vu sa pire crainte se réaliser, persuadé qu'elle allait lui annoncer une mauvaise nouvelle, lui dire que Jace était mort.

Alec aurait dû savoir que c'était totalement impossible, il l'aurait senti dans le cas contraire, il n'aurait jamais pu l'ignorer.

Mais il était terrifié et donc incapable de penser de façon cohérente. Ce n'est que quand il la vit sourire qu'il comprit que les larmes sur les joues de la jeune fille n'étaient pas des larmes de détresse, mais de soulagement.

Jace était sauvé et Alec eut bien l'impression que le soupir qu'il poussa lorsqu'il le réalisa pleinement se répercuta dans les murs de la pièce.

Il aurait été incapable de dire quoi que se soit, il savait qu'il ne pouvait pas tout de suite faire confiance à sa voix, alors il se contenta d'ouvrir les bras et pour la deuxième fois en beaucoup trop peu de temps. Clary se précipita sur lui pour l'étreindre avec force.

Si quelqu'un lui avait dit qu'il en arriverait là quand il avait rencontré Clary pour la première fois, Alec aurait certainement rit au nez de cette personne. Mais désormais, il ne s'était jamais aussi proche de la jeune fille.

Elle seule peut comprendre, songea-t-il. Elle seule sait à quel point la perte de Jace serait insurmontable.

Bien entendu, il ne doutait pas une seule seconde de l'amour inconditionnel que sa famille portait envers son parabatai. Mais c'était différent. Il n'aurait pas pu l'expliquer, il le savait, tout simplement.

-Il va vivre. Les frères silencieux sont avec lui, mais il est tiré d'affaire.

Bien que basse et étouffée par son épaule, sa voix restait ferme et Alec compris que même lorsqu'on leur avait dit qu'il valait mieux abandonner tout espoir, Clary elle n'avait jamais cessé d'y croire. Il aurait voulu pouvoir dire que c'était son cas également, qu'il ne s'était jamais dit que le pire allait arriver et qu'il ne pourrait rien n'y faire. Mais c'était un mensonge. Alec se détesta pour ça.

Il autorisa une unique larme à couler sur sa joue.

-Quand est-ce que les frères silencieux ont trouvé la solution ? Est-ce qu'ils lui ont déjà administré quelque chose ? demanda-t-il alors que Clary se fût éloignée de lui en tirant légèrement sur sa manche pour qu'il la suive.

Elle n'en aurait pas eu besoin, il lui avait emboîté le pas dès qu'elle s'était mise en route.

-Ils lui ont administré l'antidote et il s'est réveillé presque immédiatement. Ta mère et Isabelle sont auprès de lui. Il s'est plaint de…

-Est-ce qu'il souffre ? Ça va aller ? L'antidote fonctionne correctement, n'est-ce pas ? s'affola Alec.

Jace détestait se plaindre, même lorsqu'il était au comble de la douleur. Alec l'avait déjà vu arborer des blessures redoutables qui devaient lui faire souffrir le martyr. Dans ses moment-là, s'il lui arrivait de laisser échapper une grimace, il prenait bien soin de dire ensuite que c'était simplement parce qu'il était agacé qu'une autre de ses vestes soit irrécupérable à cause du sang et de l'ichor.

Clary lui adressa un sourire rassurant.

-Il s'est plaint que, je cite, son « imbécile de parabatai » ne soit pas près de lui à son réveil, remerciant l'Ange pour avoir laissé dans sa vie l'être le plus merveilleux du monde.

Toute l'angoisse accumulée ces deux dernières semaines s'évapora soudain et Alec éclata de rire. Si la première chose que Jace trouvait à faire en sortant d'une longue convalescence était de se montrer arrogant et incroyablement lui-même, c'est que tout irait bien.

-Dis-moi, tu m'en voudrais si je venais à, disons…frapper ton petit-copain qui sort juste d'une longue convalescence ?

Clary fit mine de réfléchir.

-On peut s'arranger.

Et elle lui saisit la main, se précipitant en direction de la chambre de Jace. La porte était ouverte, sûrement dans leur attente, Maryse et Isabelle étaient à l'intérieur. Apparemment, le gros des soins avait été administré. Clary lâcha la main d'Alec et accouru au chevet de Jace. Alec savait qu'à ce moment-là, personne n'aurait plus été capable de la faire sortir de la pièce s'il le fallait.

Elle s'assit sur le bord de son lit pour le serrer précautionneusement dans ses bras en ignorant Frère Enoch, penché sur lui. Jace grimaça en lui rendant son étreinte, mais, d'un regard, défia tout le monde dans la pièce faire la moindre remarque.

Quand ses yeux se posèrent sur Alec, il lui adressa un sourire lumineux, qui éclaira un peu son teint gris et maladif, lui faisant momentanément voir autre chose que les cernes violets sous les yeux et les joues beaucoup trop creusées. Alec aurait vraiment voulu lui rendre son sourire, mais il sentait celui-ci un peu crispé ; il ne pouvait pas s'empêcher de penser que son frère venait de frôler la mort.

-Enfin ! J'ai bien cru que vous aussi vous m'aviez abandonné ! Les deux seuls personnes sur qui je croyais encore pouvoir compter ! Maman et Isabelle ne me croient pas quand je leur dis que Frère Enoch à des intentions très controversé à mon égard !

Il jeta un regard de travers au frère silencieux qui l'examinait en demeurant parfaitement imperturbable.

-Jace…, soupira Maryse d'un ton fatigué.

Elle se laissa tomber sur une chaise, dans un coin de pièce, en se passant une mais sur les yeux. Alec remarqua que ce geste n'était pas seulement une preuve de la fatigue accumulé ses derniers jours, mais qu'il servait aussi à masquer son sourire.

Clary laissa échapper un petit rire et se blottit un peu plus contre le torse de Jace. C'était bien la preuve que la situation avait été critique, en temps normal, Jace aurait cherché à évité ce genre de démonstration d'affection alors qu'il était si entouré.

-Ne t'en fait pas Jace, s'amusa Isabelle. On ne l'aurait pas laissé menacer ta vertu et puis –ne te vexe pas –mais je ne suis pas sûr que ton incommensurable charme agisse sur lui. N'est-ce pas, Frère Enoch ?

Elle et Jace avaient toujours été capables de rendre drôle des situations qui risquait de devenir larmoyante. Alec les admirait pour ça.

Le frère silencieux ne donna aucun signe extérieur montrant qu'il avait entendu la question, mais Alec vit les sourcils de sa sœur se hausser de surprise. Il avait dû s'adresser uniquement à elle et Alec songea qu'il devait penser à lui demander si les frères silencieux étaient encore capables de sarcasme.

S'il n'aurait pas cette réponse tout de suite, il pu au moins constater que la capacité au sarcasme de Jace, elle, n'avait pas été éprouvée par sa convalescence.

-Voyez le bon côté des choses, au moins ce n'est pas la vérole démoniaque que j'ai attrapé ! On aurait été bien mal.

-Vérole démoniaque ? s'étonna Clary avec une expression horrifié sur le visage.

Elle prit une de ses mains dans les siennes, comme si elle craignait que le simple fait de prononcer ses mots soit dangereux.

-Pour ça, il aurait fallu que ce démon face bien plus que te mordre, rétorqua Isabelle. Quoique…peut-être que ça dépend d'où il t'a mordu.

Alec verdit face au regard satisfait de sa sœur.

-La vérole démoniaque n'existe pas ! assena sèchement Maryse en se levant de sa chaise.

Elle ne semblait pas enchantée par la tournure qu'avait prit la conversation de ses enfants.

-Que tu crois ! s'exclama Jace en souriant toujours comme un bienheureux.

Il tourna son regard en direction de frère Enoch, comme s'il espérait que celui-ci allait leur donner des précisions sur la vérole démoniaque, ce que bien entendu, il ne fit pas.

Il a besoin de repos, son organisme à été lourdement éprouvé, mais tout ira bien, se contenta de dire la voix de celui-ci dans leurs têtes.

-Merci pour ce que vous avez fait, soupira Maryse. Si cela ne vous dérange pas, j'aimerais m'entretenir avec vous avant que vous ne retourniez à la cité silencieuse. Une affaire importante concernant l'enclave.

Maryse avait toujours été ainsi, du moins, aussi loin qu'Alec pouvait se souvenir. Lorsqu'il se passait quelque chose de grave, un évènement tragique ou envers lequel elle se trouvait impuissante, elle se réfugiait alors dans le travail encore plus qu'à son habitude, au point que l'immersion finissait par créer un mur de glace entre elle et le monde extérieur.

Avec le temps et les souffrances qu'ils avaient traversé depuis la mort de Max, Alec avait cessé de mettre ça sur le dos de la nature fataliste des chasseurs d'ombre et y voyait plutôt, chez sa mère, un moyen de garder la tête hors de l'eau lorsque des émotions trop fortes menaçaient de la submerger.

Frère Enoch la suivit hors de la chambre sans rien ajouter.

-Eh bien, soupira Jace alors que la porte se refermait sur eux, il est vraiment l'infirmière la plus désagréable qu'on puisse imaginer.

Malgré son teint atrocement grisâtre, ses yeux qui attestaient que la douleur était loin d'être partie et les petits tremblements spasmodiques qui, par moment, secouaient ses muscles, il rayonnait.

C'est Jace dans toute sa splendeur, songea Alec, plus il est mal et plus il cherche à le faire oublier. Il a peur d'avoir l'air faible, peur qu'on se fasse du souci pour lui, peur qu'on sache qu'il souffre

Cela lui serrait le cœur ; après toutes ses années, il aurait pensé que Jace laisse enfin tomber sa carapace lorsqu'il était avec eux. Qu'il ne le fasse pas devant Maryse, ça, Alec pouvait parfaitement le comprendre. Mais maintenant qu'il n'était plus qu'avec Clary et ses frères et sœur…Peut-être qu'il aurait laissée plus libre court à ses vraies émotions, si Clary avait été seule avec lui. C'était une des choses qui, au début, avait rendu Alec fou de jalousie. Avant l'arrivée de la jeune fille dans leurs vies, il avait été le plus proche confident de Jace et si ce dernier ne se laissait presque jamais envahir par ses émotions en sa présence, il ne s'en offensait pas, car il savait que les quelques rares fois où c'était arrivé étaient bien la preuve que son parabatai lui faisait confiance plus qu'à n'importe qui d'autre. S'il avait eu l'impression que Clary lui volait sa place, il ne lui en voulait plus, bien au contraire. Grace à elle, Jace s'autorisait à nouveau à aimer et à être heureux ; c'était tout ce qui comptait et Alec lui serait à jamais reconnaissant pour ça.

Jace avait les yeux rivé sur lui. Il le connaissait par cœur et savait reconnaître quand ses pensées s'égaraient. D'ailleurs, il avait peut-être même deviné leur contenu.

-Tu n'as pas l'air enchanté Alec. Même frère Enoch s'est montré plus affectueux que toi.

Alec devinait qu'il devait avoir l'air en colère. Il ne l'était pas, après tout, Jace n'avait pas choisit de se faire mordre par un démon porteur d'une maladie. D'ailleurs, lors de cette fameuse chasse, il n'avait même pas pris de risque inconsidéré. Ça avait mal tourné, parce que la chance ne jouait pas en leur faveur, qu'ils étaient surpassés en nombre et que, par conséquent, les arrières de Jace n'étaient pas aussi bien protégés que s'ils avaient eu à faire à un seul démon. Si Alec était en colère contre quelqu'un, c'était contre lui-même.

-Tu as failli mourir, répliqua-t-il d'un ton plus cassant qu'il ne l'aurait voulu.

-On me le reproche souvent…

Rien ne semblait pouvoir lui retirer sa bonne humeur. C'était incroyablement agaçant, mais Alec essaya de garder en tête qu'il s'agissait de Jace et qu'une grande partie de ce comportement lui était dicter par la crainte de les inquiéter en leur montrant sa souffrance.

-Si tu me refais encore une frayeur comme ça, je te jure que je te tue.

Ça arriverait encore, tous ici le savaient. Les chasseurs d'ombres menait des vies dangereuse, mais Alec avait ressentit le besoin de dire ça.

Jace lui adressa son plus beau sourire charmeur. Celui-là même qu'au cours des dernières années, il avait successivement adoré et détesté.

-C'est drôle Lightwood, parce que c'est moi qui suis convalescent, et pourtant, c'est toi qui te montres totalement incohérent dans ce que tu dis. On devrait peut-être rappeler Enoch pour qu'il t'examine, toi. Mais je te préviens, il cache bien son jeu et Magnus risque de ne pas aimer si…

Parce qu'il ne pouvait pas se retenir plus longtemps et aussi parce qu'une partie de lui espérait que Jace arrête de dire des idioties pour détourner l'attention du fait qu'il était encore souffrant, Alec fit un rapide signe à Clary, lui indiquant de se pousser. Heureusement, elle fut réactive et un instant après, Alec serrait son parabatai dans ses bras alors que Clary se retrouvait debout à côté d'Isabelle.

-Tu es vraiment un idiot, marmonna Alec sans conviction.

-C'est pour ça que tu m'aimes, non ?

Alec marmonna quelque chose d'heureusement peu intelligible, car cela manquait de politesse, mais garda tout de même sa tête nichée au creux du cou de son parabatai. Sentir les battements de son cœur contre lui le rassurait.

-Ça y est, c'est le moment ou tout le monde s'embrasse ? grommela Isabelle. Je vous préviens tout de suite, je suis armée et pas du tout d'humeur pour les bisous et autres effusions de sentiments.

Ils auraient pu choisir de l'ignorer, mais Alec s'éloigna de Jace et se leva les mains enfoncées dans ses poches. Il vit au passage une lueur provocatrice briller dans les yeux de son frère.

-Tu as pensé à prévenir Simon. Ça pourrait lui éviter des soucis à l'avenir.

-Il sera ravi d'apprendre que tu t'inquiètes pour lui, rétorqua Isabelle, il va sans doute venir te prendre dans ses bras à son tour pour te prouver sa gratitude.

Jace leva un regard faussement horrifié en direction d'Alec. Il se redressa vivement et s'agrippa à son bras.

-On a juré de se protéger mutuellement, tu ne peux pas laisser ça m'arriver ! Prépare ton arc et tire à vue !

Son mouvement brusque fit se crisper son visage de douleur ; il eu à peine le temps d'étouffer un gémissement qu'il fut secoué par une quinte de toux à lui couper le souffle.

-Jace !

Clary et Isabelle furent auprès de lui en un seul bond ; Alec le soutenait, une main posée dans son dos, un autre sur l'épaule, en attendant que sa respiration redevienne normal.

-Est-ce qu'il fait rappeler frère Enoch ? demanda Clary. Il n'est peut-être pas encore parti.

-Non, protesta Jace en faisant un mouvement vague de la main pour signifier que tout allait bien. Je me suis juste redresser trop vite.

-Voilà ce qui arrive quand tu t'obstines à faire l'idiot, soupira Alec en l'aidant à retrouver une position plus confortable. Tu en auras tout le temps une fois que tu serras remis. Maintenant, il faut que tu te reposes, alors ne m'oblige pas à te priver de visite. Je le ferai si c'est le seul moyen pour que tu te tiennes tranquille.

Son ton était devenu autoritaire, mais il passa tout de même une main affectueuse dans ses mèches blondes en positionnant au mieux les oreillers derrière sa tête, comme on l'aurait fait avec un petit enfant.

-Tu crois que Maryse va m'en vouloir si c'est toi que je commence à appeler Maman ? marmonna Jace avec un léger sourire sur les lèvres.

-La question qu'il faut se poser, c'est ce que Magnus va en penser, s'amusa Isabelle.

Alec lui jeta un regard de travers.

-Je crois qu'il faut que tu te reposes…Avant que je ne fasse venir tout un bataillon de frère silencieux en leur disant que tu as des hallucinations.

-Je me serais attendu à mieux de ta part, maman.

Si Alec n'avait pas su que son frère souffrait, il l'aurait probablement frappé.

-Les frères silencieux savent quand tu serras à nouveau sur pieds ? demanda-t-il à la place.

Au changement de son expression, Alec devina sans mal qu'il aurait préféré être frappé que de répondre à cette question.

-Ils veulent surveiller l'évolution de mon état pendant au moins une ou deux semaines ; c'est complètement ridicule ! Je me sens parfaitement bien !

-C'est vrai que tu avais l'air d'aller très bien ces derniers jours ! s'agaça Isabelle.

-Je suis déjà rentré d'une chasse au démon presque en charpie, ça ne m'a jamais empêché de m'y remettre tout de suite après !

Il commençait à perdre patience, chose qui arrivait irrémédiablement dès qu'il pensait qu'on le traitait comme quelqu'un de faible.

-Jace…, soupira Alec en essayant de maîtriser sa voix, tu n'étais pas blessé, tu étais malade, avec très peu de chance de rémission. Les frères silencieux nous ont bien fait comprendre qu'il ne fallait pas espérer ton réveil avec trop d'ardeur et que si cela venait à arriver, alors cela tiendrait presque du…

-Du Miracle ? Eh bien, je n'en suis pas à mon premier et je suis certain d'être en mesure d'en accomplir encore quelques uns !

Mais Clary ne goûta pas à la plaisanterie.

-Jace ! Il faut que tu gardes lit jusqu'à ce qu'on soit sûr qu'il n'y ait pas de rechute, même si ça ne te plaît pas ! s'emporta-t-elle. Ce qu'il y avait dans le venin de ce démon…Nous n'étions même pas sûr que tu te réveilles…Après tout ce qu'on a traversé, je n'ai pas envie de te perdre parce que tu auras été trop borné pour faire attention à toi !

Sa voix était sur le point de se briser, cela fit passer toute envie à Jace de se montrer sarcastique et Alec, parce qu'il le connaissait par cœur, remarqua la lueur de honte qui passa dans ses yeux. Il réprima un sourire, sachant que Clary avait gagné. Il fut un temps où, peut-être que le fait qu'elle parvienne à convaincre Jace de se tenir tranquille alors que lui en était incapable l'aurait blessé. Mais là, ça n'avait plus d'importance ; tout ce qu'il voulait, c'était le savoir tiré d'affaire et en sécurité.

-Bien. De toute façon, si j'essaye de me lever contre l'avis des frères silencieux, je risque de me retrouver attaché au lit et je n'ai aucune envie de satisfaire les fantasmes de frère Enoch !

Puis, sa voix changea du tout au tout, il sembla oublier la présence de son frère et de sa sœur et toute son attention se focalisa sur Clary, comme s'ils étaient seuls au monde.

- Tu restes ?

La jeune fille se dérida instantanément.

-Il faudra sortir les armes pour me faire quitter cette chambre, dit-elle avait un sourire qui laissait tout de même entrevoir une férocité sincère dans ses propos.

Maintenant qu'elle était à nouveau assise au bord du lit de Jace, elle semblait bien décidé à ne plus s'en aller. Rien ni personne ne pourrait lui faire quitter le chevet de son petit-ami et d'ailleurs, personne ne serrait assez fou pour essayer.

Clary s'allongea à ses côtés, la tête précautionneusement appuyée contre son omoplate.

-Bien ! fit Isabelle en tapant dans les mains, je vais vous laisser avant d'assister à quelque chose que je n'aurais pas envie de voir ! De toute façon, j'avais promis à Simon d'aller lui donner de tes nouvelles.

Jace fit émit un bruit particulièrement agacé, mais Alec remarqua qu'il cherchait à retenir son sourire.

-Appel, si tu as besoin de quelque chose, dit-il en suivant sa sœur.

-Un verre de lait chaud ne serrait pas de refus, maman.

Alors que le rire de Clary –qui eu quand même la décence de lui lancer un regard contrit- se joignit à celui de Jace, Alec sortit en claquant la porte derrière lui, avant de céder à la tentation de leur envoyer quelque chose à la figure.

-Ne t'en fais pas, il est entre de bonnes mains, remarqua Isabelle en s'éloignant dans le couloir.

Maintenant qu'il n'était plus que tous les deux, Alec pu remarquer la tension qui avait quitté ses épaules. Elle aussi avait été terrassée par l'angoisse que Jace ne se réveille pas, mais bien sûr, elle avait tout fait pour ne rien en montrer face à lui et Clary.

Mais tout irait bien maintenant. Ça ne pouvait qu'aller bien.

Dans le doute, il envoya un rapide texto à Magnus ; non seulement pour lui donner des nouvelles et le prévenir qu'il préférait ne pas quitter l'institut, mais également parce que maintenant que Jace était aux bons soins de Clary et que sa sœur était partit retrouver Simon, il aurait bien apprécié un peu de compagnie lui aussi.


J'espère que ça vous a plu! Le dernier chapitre ne devrait pas se faire attendre autant ;)

A bientôt!

Feather in Book