Bonjour à tous !
Voici une nouvelle histoire qui m'est venu comme ça. Je re-précise, c'est un AU.
Mais je n'abandonne pas Un Nouveau Monde pour autant. Ce sera une mini-fic, elle devrait faire tout au plus environ cinq chapitres.
J'espère que ça vous plaira, j'attends vos retours !
La jeune femme se demanda encore une fois ce qui lui était bien passé par la tête quand elle avait décidé de venir à cet endroit. Elle promena son regard autour d'elle, espérant trouver ce pour quoi elle se trouvait là. Qu'est-ce qui lui avait pris d'assurer à tout le monde qu'elle se chargeait de trouver un cadeau pour Anya ? Elle ne connaissait absolument rien en art !
Soupirant avec lassitude, elle continua de se balader dans cette galerie de New-York que l'une de ses collègues lui avait conseillé. A bien y penser, elle aurait même dû lui demander de venir avec elle. Lexa ne pouvait honnêtement pas dire que les toiles qu'elle avait sous les yeux n'étaient pas belles, mais elle n'avait pas d'attrait particulier avec l'art. Comment pouvait-elle donc trouver quelque chose qui puisse plaire à sa cousine Anya.
La brune garda en tête que la prochaine fois, elle ne se proposerait certainement pas pour une telle tâche. Parce qu'après presque une heure de son temps perdu dans cette galerie, elle devait avouer qu'elle ne repartirait pas de cet endroit avec ce qu'elle était venu y chercher. Elle prit donc son téléphone en main, commençant à rédiger un message pour prévenir Lincoln de son échec. Il n'aurait qu'à s'en occuper lui, après tout. Sa petite-amie semblait aimer l'art de ce qu'il lui avait dit, elle pourrait même l'aider.
— Bonjour, est-ce que je peux vous aider ? Entendit-elle une voix, assez proche d'elle.
Lexa releva la tête étonnée de son écran, laissant le message en cours. Face à elle, se trouvait une jeune femme aux cheveux blond ondulés, légèrement plus petite qu'elle et qui lui présentait un sourire avenant avec une pointe d'amusement. Son âge ne devait pas être bien différent du sien, tout au plus cinq ans de moins qu'elle-même.
— Euh… Je… Oui, peut-être merci.
La brune se fustigea face à son comportement. Elle qui était si assurée en temps normal, n'avait su trouver les mots quand son regard avait finalement croisé celui de la jeune femme. Elle avait rarement vu des yeux d'un bleu aussi vif et prenant.
— Je vous vois tourner en rond comme un lion dans une cage depuis tout à l'heure, comme si vous étiez perdue. Comment est-ce que je peux vous être utile ?
— C'est un peu le cas en effet, répondit la brune en ne pouvant empêcher un léger sourire d'apparaître sur son visage face à l'air amusé de la blonde. Je cherche un cadeau, mais je ne sais sincèrement pas vers quoi me tourner.
— Je vois, pas forcément férue d'art n'est-ce pas ? Est-ce que vous accepteriez de me décrire un peu la personne à qui est destiné le cadeau ? Ça me permettra de mieux la cerner et pouvoir vous proposer des œuvres qui pourraient lui plaire. Suivez-moi dans mon bureau, si vous le voulez bien. Nous y serons plus au calme qu'u milieux de la galerie.
Lexa suivi donc la jeune femme sur quelques mètres, jusqu'à entrer dans son bureau. Dans ce dernier régnait le plus grand ordre, la lumière filtrant par les fenêtres illuminant la pièce.
— Installez-vous, je vous en prie, proposa la jeune femme tout en faisant signe vers le canapé en cuir présent dans la pièce. J'arrive tout de suite, juste le temps de récupérer de quoi prendre des notes.
La brune hocha la tête et vint prendre place en s'enfonçant dans le canapé étonnamment confortable, qu'elle reconnut comme étant celui d'une grande marque de luxe. La jeune femme qui lui avait proposé son aide vint la rejoindre quelques instants plus tard en contournant le bureau en verre. Elle s'installa dans un fauteuil en face d'elle et qui était assorti au canapé sur lequel elle se trouvait déjà.
— Je viens de m'apercevoir que je ne me suis toujours pas présenté, lui dit la blonde avec un sourire quelque peu gêné. C'est un peu impoli de ma part, je dois l'admettre. Clarke Griffin, propriétaire de la galerie.
— Ne vous inquiétez pas, il n'y a aucun mal. Je suis Lexa Wood, enchanté.
Quand cette dernière avait accepté la main qui lui était tendue, le contact doux semblable à une caresse lui provoqua un frisson qu'elle ne se souvenait pas avoir ressenti depuis longtemps. Reprenant son sang-froid, Lexa se lança à la demande de la blonde dans une description de sa cousine, la jeune femme demandant quelques précisions quand cela lui paraissait nécessaire.
Elles échangèrent pendant un moment autour d'un café que lui avait proposé la propriétaire des lieux, avant que celle dont Lexa connaissait maintenant le nom lui fit signe de se lever pour la suivre.
— Je pense avoir une œuvre à vous proposer qui pourrait convenir, déclara la blonde avec un sourire en la faisant passer par une porte que la jeune femme n'avait remarqué jusqu'à présent.
La pièce attenante au bureau s'avérait sans aucun doute être un atelier, tout aussi lumineux que précédemment, mais cette fois bien moins ordonné.
— Aucun client n'est en général autorisé à pénétrer ici, sourit Clarke, mais le tableau que je veux vous proposer est encore ici. Je l'ai seulement fini hier soir, il n'est pas encore exposé.
— Merci pour cette double exclusivité, alors, répondit la brune de la même manière en s'arrêtant quand sa guide en fit de même.
Le tableau qu'elle avait sous les yeux était encore sur chevalet et devait faire environ un mètre sur quatre-vingt centimètres. Les couleurs étaient chatoyantes et à en juger par les toiles que Lexa avait déjà vu dans l'appartement de sa cousine, il était claire que ce pourrait lui plaire.
— Je vous le prends, je pense que ça lui plaira. C'est assez similaire aux œuvres qu'elle affiche chez elle.
— Heureuse de ne pas vous avoir fait perdre votre temps, déclara la blonde ravie. Je vous l'emballe et nous pouvons régler les derniers points.
La jeune Wood lui fit un léger sourire avant de faire un peu plus le tour de la pièce de son regard vert pour lui laisser le temps. Et elle n'aurait jamais pensé ça possible, mais quand elle posa son regard sur une toile accrochée non loin, elle fut subjuguée. Surtout en sachant qu'elle n'avait jamais eu aucune inclinaison et réceptivité. Le tableau était pourtant assez simple, composé de blanc, de noir et de rouge, mais fit naître un sentiment inconnu chez elle.
— Nous pouvons y aller, Madame Wood, la prévint la blonde.
S'arrachant à sa contemplation, la brune la suivit et elles retournèrent dans le bureau, s'installant cette fois devant celui-ci. L'artiste lui annonça le prix, qui aurait pu sembler exorbitant pour le commun du mortel, mais Lexa se contenta de sortir son chéquier et de lui tendre le bout de papier.
— Alors votre nom n'est pas vraiment Lexa, Alexandria, s'amusa-t-elle en lisant le prénom.
— Non, mais c'est celui qui je préfère.
Les deux jeunes femmes échangèrent un sourire et quelques mots, avant que la brune ne se décide à se lever pour partir en voyant l'heure tardive, décidant d'emporter la toile malgré la proposition de Clarke de la lui faire livrer.
— Merci encore pour votre aide et votre patience, Mademoiselle Griffin. Je ne sais pas comment j'aurais pu y arriver sans vous.
— C'était un plaisir, répondit-elle en lui tendant sa carte. N'hésitez pas à me faire un retour quand vous aurez offert le tableau à votre cousine. Pour savoir ce qu'elle en aura pensé.
— Ce sera fait, assura Lexa avec un sourire. Je vous souhaite une excellente soirée.
Arrivant à sa voiture, elle fit attention de bien positionner la toile pour ne pas risquer de l'abîmer. Elle était bien assez heureuse d'avoir trouvé un cadeau qui plairait à Anya, en tout cas elle le pensait, mais en plus il leur avait coûté assez cher. Elle prit quelques instants pour prévenir Lincoln de sa réussite, recevant immédiatement la réponse du jeune homme qui fut surpris. Ce dernier lui demanda une preuve, elle lui envoya donc la photo de la toile emballée avec un soupir teinté d'agacement.
N'attendant pas de réponse, elle démarra le moteur de sa voiture soupirant cette fois de contentement au doux ronronnement de son véhicule. Sa Ford Mustang GT Fastback de 1968 vert bouteille était probablement son bien les plus précieux. Elle l'avait depuis des années et jamais elle n'avait voulu s'en séparer. Même si cela avait failli arriver, mais à ce moment-là elle était tombé sur un très bon garage, garage qui était maintenant le seule à pouvoir toucher son bijoux.
L'air étant encore assez chaud malgré le début de soirée, Lexa décida de retirer sa veste en cuir et de la déposer sur le siège passager, avant de prendre la route. Elle savait qu'elle devrait retourner à sa bureau où du travail l'attendait encore, mais vu la longue semaine qu'elle venait de passer elle retourna directement chez elle. De toute manière, elle avait aussi des dossiers qu'elle avait ramenés et pourrait étudier. Elle irait à son lieu de travail le lendemain, le repas d'anniversaire n'ayant lieu que le soir.
Comme prévu en arrivant dans son grand appartement, la brune se fit rapidement à manger après avoir mis le tableau en lieu sûr. Quand le repas fut terminée, elle décidé d'aller se mettre avec un dossier derrière son bureau pour une bonne partie du reste de la soirée. Quand elle alla se coucher, Lexa fut surprise de repenser aux yeux bleus vifs de la propriétaire de la galerie. Secouant la tête en se disant avec un pincement au cœur qu'elle était seule depuis bien trop longtemps, la jeune femme trouva enfin le sommeil.
Comme à son habitude, le lendemain elle fut la première à arriver sur son lieu de travail. Saluant les quelques personnes qu'elle croisa, Lexa se rendit dans son bureau dont elle ferma la porte. S'installant dans son fauteuil, elle soupira face à la petite pile de dossier présente que son assistante avait déposé pour qu'elle les signes. Elle s'y attela donc pendant que tout était calme autour d'elle, sachant que bientôt le brouhaha prendrait place autour d'elle.
— Entrez ! Dit-elle en entendant taper à sa porte.
— Salut Lexa !
— Bonjour Lincoln, il me semblait t'avoir dit de prendre ta journée hier.
Il vint s'installer face à elle, déposant sur son bureau un sachet en papier ainsi qu'un café fumant.
— Je sais, mais je suis venu t'apporter une récompense pour avoir trouvé le cadeau d'Anya !
Levant les yeux en voyant qu'il avait vraiment douté d'elle, puis ouvrit le petit sachet dont provenait une odeur alléchante avant d'en sortir un croissant encore chaud. Elle ne perdit pas une seconde pour croquer dedans avec ravissement, puis une gorgé du café noir.
— Merci Linc', tu peux y aller maintenant.
— Je sais, mais je voulais aussi venir pour revérifier le dossier de mardi. Il est assez important et je ne veux pas oublier un seul détail.
— Ne t'inquiètes pas, je viendrais avec toi au tribunal. Et tu connais déjà ce dossier sur le bout des doigts. C'est toujours le cas, c'est pour ça que j'aime travailler avec toi.
L'homme basané se leva et sorti de son bureau avec un grand sourire, qu'elle lui rendit même si un peu moins éclatant. En le regardant aller s'installer à son propre bureau, en remarqua que presque tous ceux qui devaient travailler aujourd'hui semblaient là.
— Bonjour, Ava, la salua la brune en voyant son assistante entre dans son bureau en venant lui déposer un nouveau dossier. Encore un ?
— Bonjour Capitaine ! Et oui, le crime ne dort jamais ! Comme vous en génral, sauf hier.
Lexa ne put s'empêcher de laisser échapper un léger rire face aux mots de la jeune femme rousse. Ava était son assistante depuis son arrivée en poste au district et elle lui était d'une aide énorme. Même si elle semblait se préoccuper un peu trop de sa vie personnelle, la Wood savait que ce n'était pas en mal.
— Oui, je devais repasser après avoir acheté le cadeau d'Anya, mais ça a pris bien plus de temps que je ne l'avait prévu pour lui trouver quelque chose.
— Au moins vous avez trouvé ! Ricana la jeune femme avant de retourner à son bureau.
La Capitaine prit quelques instants pour finir de rassembler les documents qu'elle avait étudiés, avant de sortir pour saluer ses hommes qui lui rendirent son salut avec joie. Quand elle était arrivée dans ce district il y a maintenant quelques années, qui était en plus son premier poste dans la Police de New- York, elle avait eu peur des réactions. Elle était la plus jeune Capitaine qu'ils n'aient eu et une grande partie des hommes qu'elle avait sous ses ordres étaient plus vieux qu'elle. Sa hantise de ne pas être accepté avait paru bizarre à Lincoln, puisqu'elle avait déjà l'habitude d'avoir des hommes sous ses ordres, mais il l'avait laissé faire. Il l'avait laissé trouver, retrouver, sa place toute seule.
— Alors Capitaine, Lincoln m'a dit que vous avez trouvé ce que vous cherchiez hier ? Demanda Niylah, l'une des Lieutenant.
— Oui, merci Kofgeda. Vous avez bien fait de me conseiller cette galerie.
— C'est une des meilleures de Manhattan, sourit la jeune femme avant de reposer le regard sur un dossier devant elle. J'étais sûr que vous trouveriez quelque chose là-bas.
Lexa se rendit auprès de tous ses hommes pour discuter avec eux, puis retourna dans son bureau. Elle releva la tête, dérangée par le bourdonnement venant soudain du poste. L'un des hommes qui venait d'être interpellé par un des officier insultait ce dernier et se débattait pour ne pas se faire mettre derrière les barreaux. Quand elle reconnut l'homme, Lexa se leva soudainement et ouvrit sa porte avant de demander à son officier de l'amener en salle d'interrogatoire.
- Bien Capitaine, fit ce dernier étonné, ne contredisant pas son ordre.
Elle soupira longuement, avant de diriger elle-même vers l'endroit qu'elle avait annoncé. L'un brun que la jeune femme venait de voir lui rappela des souvenirs qu'elle aurait préféré laisser complètement enfouis dans sa mémoire. Saluant son homme qui était resté à l'extérieur en lui faisant un signe de tête de retourner à ses activités, elle observa le prisonnier à travers la vitre sans teint pendant quelques secondes avant d'y pénétrer.
Elle ne l'avait pas vu depuis quelque année maintenant et il lui sembla plus blême qu'il ne l'était déjà par le passé. Cependant, il avait toujours cet air mesquin qui la caractérisait autre fois et qui lui avait valu en partie valu le surnom de Cafard.
— Avec tous les postes de police, il faut vraiment que tu te retrouves dans le mien, Murphy ?
— Commandante Wood ?! S'exclama-t-il avec étonnement en la voyant face à lui, avant de faire apparaître un sourire narquois. Content de vous voir !
La jeune femme soupira avant de venir s'asseoir en face de lui, contourna la table à laquelle il était menotté.
— Je ne peux pas vraiment en dire autant de toi. Qu'est-ce que tu fais là et pourquoi mes hommes t'ont arrêté ? Tu ne devrais pas être en mission ?
— J'ai quitté l'armée l'année dernière, vous n'êtes pas la seule à pouvoir en partir. Quoi que, moi j'ai prévenu avant de partir, je n'ai pas abandonné mon escadron.
— Tu sais très bien pourquoi j'ai fait ça, Murphy, le darda-t-elle de son regard noir qui eut pour effet de le calmer tout de suite. Tais-toi.
Même si en apparence elle semblait être complètement calme, stoïque même, son poing serré sous la table à s'en faire pâlir les phalanges montrait le contraire. Le voir faisait ressortir bien trop de choses. Des choses qu'elle avait enfouis en elle depuis des années sans en parler à personne mis à part sa famille. Et en tant que Capitaine, elle ne pouvait pas se permettre de perdre son calme et de faire quelque chose qu'elle pourrait regretter. Elle prit donc quelques instants pour laisser redescendre la tension, avant de reprendre la parole.
— Pourquoi es-tu là, John ?
— Je me suis fait chopper à vendre de la came…
Elle le regarda avec colère, son ancien homme baissant la tête avec honte face à son ancienne Commandante. Il lui raconta ses problèmes, depuis qu'il était revenu au pays, ses problèmes pour retrouver du travail en dehors de la Navy. Quand il parla de son Stress Post-Traumatique, Lexa ne put s'empêcher de se sentir extrêmement mal à l'aise.
Elle-même avait connu ça, n'ayant pas était capable de le surmonter la première année, sursautant au moindre bruit semblable à une déflagration. Se réveillant de ses cauchemars en sursautant et complètement en nage. Elle n'était parvenue à passer au travers de ça seulement avec l'aide de Lincoln et Anya, qui avaient été là pour elle à tout moment.
Elle comprenait et voulait l'aider à traverser ça. C'est pourquoi elle demanda à Kofgeda de gérer le dossier au mieux, le libérant à peine avec une amende et un suivi obligatoire. Elle retourna finaliser les dossiers urgents avant de prévenir son assistante qu'elle partait au centre d'entrainement et de tir. Elle avait besoin de se détendre.
— A ce soir, Grin, dit-elle à son cousin qui lui répondit avec un signe de tête.
Elle avait passé de longues heures au centre, passant sur toutes les machines, tapant dans les sacs de frappes et utilisant toutes les armes possibles sur le stand de tir. Elle fila vers sa voiture, ne passant pas par les vestiaires. De toute façon, elle devait se changer avant d'aller au repas d'Anya. Quand elle arriva chez cette dernière, elle était en retard de quinze minutes et grogna en s'en rendant compte.
— Salut crevette, contente de voir que tu ne m'as pas oublié !
— Tu crois vraiment que je pourrais t'oublier vu à qu'elle point t'es chiante ? Joyeux anniversaire !
Les deux femmes échangèrent un sourire avant qu'Anya ne tende son avant-bras à la Wood, qui accepta de le serrer. C'était leur façon de se saluer, toutes les deux n'étant pas forcément portées sur les câlins. Mais ce n'était pas pour autant qu'elles ne fussent pas proches, bien au contraire. Elles avaient seulement leur façon de se montrer.
Quand sa cousine retourna en cuisine Lexa la suivie. Cette dernière profita de jeter un regard à Lincoln pour qu'il aille chercher le tableau qui était toujours dans sa voiture. Elle resta avec elle dans la cuisine plus pour l'occuper que réellement l'aider.
— Tu vas bien ? Linc' m'a dit que tu étais parti précipitamment du boulot aujourd'hui.
— Ça peut aller, c'est simplement qu'un de mes anciens homme a été coffré aujourd'hui. De la Navy. Ça a fait remonter certaines choses que je n'aurais pas voulues…
La plus vieille la regarda avec compréhension sans rien dire de plus. Elle savait que c'était un sujet épineux pour sa cousine. Et que Lexa savait qu'elle pourrait lui en parler si elle en ressentait le besoin. Changeant de sujet de conversation, elles terminèrent de préparer le repas, le seul homme de la famille le rejoignant avant de mettre la table.
— Comment ça va à la société, An' ? Demanda la brune.
— Tout ce passe plus que bien, Grounder Corp marche comme sur des roulettes. Tu n'as pas à t'en faire.
La discussion tourna encore pendant un moment autour de la société. Grounder Corp, la multinationale pluridisciplinaire qui avait été créé par Gustus Wood, le père de la Capitaine de Police. A la mort de celui-ci, Lexa qui était pourtant dans des études de droit n'avait pas voulu en reprendre la gestion. Elle profita en quelque sorte de la mort du patriarche pour faire ce qu'elle avait toujours voulu, s'engager dans la Navy. Laissant ainsi sa place de PDG et donnant la délégation presque totale à Anya, qui travaillait déjà en son sein et en qui elle avait une confiance totale et aveugle. Cependant, la brune en restait l'actionnaire principale et récoltait donc une partie du bénéfice de la société. Elle adorait son poste de Capitaine, mais elle devait admettre qu'elle ne pourrait pas effectuer les dépenses qu'elle voulait si elle n'était pas l'héritière de Grounder Corp.
— Alors, quand est-ce que tu nous présente enfin ta copine, Linc' ? Anya décidant de mettre mal à l'aise sa deuxième personne préférée, après sa cousine.
— Pas ce soir ?
— On a bien vu, puisqu'elle n'est pas là, ricana Lexa.
— Promis, je vous la présente dans pas longtemps. J'y réfléchis depuis un moment déjà. Mais changeons de sujet ! Il est temps de t'offrir ton cadeau !
— J'ai cru que vous ne me le donneriez jamais à ce stade là…
— Et moi je précise que c'est Lex' qui s'en est occupé, donc si tu as quelque chose à y redire…
La dite Lex' lui lança le regard le plus noir qu'il lui fut possible, avant que tout trois aillent dans le salon ou le Lieutenant-Chef s'était occupé de déposer le tableau, qu'il avait recouvert d'un drap pour la surprise. Anya fut extatique en voyant que ça semblait être un tableau, ce qui lui fut hausser un sourcil quand elle se rappela que c'était sa cousine qui n'y connaissait rien en peinture qui l'avait probablement choisi. Mais quand Lincoln retira délicatement ce qui couvrait la toile, la PDG resta sans voix ce qui eut le don d'inquiéter la brune.
— C'est vraiment toi qui as trouvé ça ? Demanda celle dont c'était l'anniversaire en se rapprochant de l'œuvre.
Les deux autres échangèrent un regard dans son dos, plus qu'inquiets que ça ne lui plaise pas du tout.
—Lex'… Je l'adore !
Sa cousine venait de se retourner vers elle et le regard brillant qu'elle lui offrit lui fit esquisser un sourire, la calmant instantanément. La Wood adressa un bref regard narquois au seul de la pièce homme, comme pour lui dire qu'elle avait eu entièrement raison.
— Attends, mais c'est un Griffin ? Je l'adore ! Ça fait je ne sais combien de temps que je veux aller dans sa galerie !
La brune ne pouvait qu'être heureuse en voyant l'air extatique de la fausse blonde.
— On ira, je te le promets. Et en plus elle est très sympa, je te la présenterai.
Leur confirmant que le cadeau lui plaisait vraiment, leur cousine le mit à la place de son tableau préféré. A la meilleure place dans l'appartement. L'observant, elle hocha la tête de contentement.
Revenant à table, ils finirent donc leur repas dans diverses discutions et en buvant bien top pour pouvoir rentrer en conduisant. Ils prirent donc chacun la chambre d'amis qui leur était attitré ici avant d'aller se coucher. Le lendemain ils repartirent après le déjeuner, même si Anya les avait imploré de rester avec elle.
Quand elle rentra se fit couler un bain dans lequel elle passa un moment, avant de décider pour une fois de ne pas travailler et de se mettre simplement devant la télé. Elle repensa à la joie de sa cousine quand ils lui avaient montré son cadeau. Et elle ne put s'empêcher de repenser au regard bleu qui le lui avait conseillé et à la promesse qu'elle avait faite.
Se relevant du canapé en mérinos, la brune alla chercher la carte de visite qu'elle avait précieusement rangée dans un tiroir. Elle vint se rasseoir le petit carton de papier dans les mains, l'observant attentivement en le tournant entre ses doigt. Puis elle récupéra son téléphone portable et commença à pianoter rapidement. Dans un premier temps elle enregistra le numéro de la belle blonde, avant de commencer à taper un message avec une once d'appréhension. Elle s'y reprit à plusieurs fois, avant de l'envoyer en relâchant son souffle, puis de le relire en se traitant de tous les noms en voyant ce qu'elle avait écrit.
A Clarke Griffin : Bonjour Clarke, c'est Lexa Wood. On s'est vu vendredi à la galerie, j'ai acheté une des toiles que vous veniez tout juste de finir pour l'offrir. Le cadeau a fait très plaisir, je vous remercie encore de votre temps. A très bientôt.
Quand la notification de son téléphone retenti quelques instants après avoir reposé l'objet sur la table basse en bois, Lexa se jeta presque dessus. L'artiste venait de lui répondre.
De Clarke Griffin : Bonjour Lexa ! Je suis vraiment plus que ravie que votre cousine ait apprécié l'œuvre. Ça montre que votre description d'elle était parfaite. Si vous vouliez passer, je me ferais un plaisir de lui faire visiter et de lui présenter les tableaux, Alexandria.
La brune ne put empêcher un grand sourire de s'afficher sur son visage. La blonde s'était rappelée pour qui elle était venue acheter le tableau, mais également de l'intégralité de son prénom. Elle répondit tout de suite.
A Clarke Griffin : Elle en serait également ravie ! Je serai également ravie de l'accompagner, certainement à la fin de la semaine prochaine, si cela vous convient ? Je vous remercie encore une fois pour votre aide. Bien à vous.
Elle avait envoyé le message. Sincèrement, qu'est-ce qui pouvait bien lui prendre ? « Je serai ravie de l'accompagner », « Bien à vous » ? Il fallait vraiment qu'elle se calme !
De Clarke Griffin : C'est parfait, j'ai hâte de vous voir. Je dois y aller, je vous dis donc à la semaine prochaine. A très bientôt, Lexa.
La blonde venait certainement de lui dire qu'elle avait hâte en pensant qu'Anya serait à même de lui acheter une autre toile. Mais malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher d'en être un peu impatiente. Elle repensa également à la toile qui avait été un coup de cœur surprise, en se disant qu'elle la voulait.
— Il faut vraiment que tu te calmes, ma veille… Dit-elle à personne d'autre qu'elle-même.
La semaine commença tranquillement, jusqu'à ce que le lundi en début d'après-midi, Lincoln ne déboule dans son bureau en ouvrant la porte avec force.
— Ils ont annulé le jugement !
Il se laissa tomber sur le siège face à sa cousine/Capitaine en croisant les bras.
— Le jugement de demain ? Comment ça, ils ne l'ont pas repoussé ?
— Si… Soupira-t-il. A lundi prochain. Je ne comprends pas qu'ils repoussent le jugement de ce psychopathe ! Ça fait cinq ans que je lui cours après !
— Ne t'en fais pas Linc', s'il est repoussé tout va bien. Il ne me semble rien avoir de prévu lundi, je pourrai tout de même venir avec toi.
Le reste de la semaine se passa sans élément majeur qui ne vaille la peine de s'inquiéter, même si le Grin, lui, le fut et passa du tout à relire le dossier du tueur en série, qu'il connaissait pourtant déjà sur le bout des doigts.
Mais le jour J arriva enfin et le jugé écopa d'une réclusion à perpétuité pour la dizaine de meurtres commis.
— Non, lâchez-moi ! Ce n'est pas moi, je vous le jure ! Entendit Lexa en tournant brièvement la tête en direction de la sortie du tribunal.
Elle reporta son regard sur son cousin qui semblait fier de lui.
— Tu vois, on a gagné Lincoln, ton boulot a finalement…
La Capitaine s'était subitement arrêtée de parler quand son regard avait croisé celui de la personne qui venait de sortir de la salle et qui criait toujours, espérant qu'on la lâche. Tombant sur un regard d'une couleur bleu vif qu'elle n'avait vu qu'une fois, avant qu'elle ne remarqua les menottes aux poignets de la blonde. Quand cette dernière croisa le regard vert surprise de la brune, Lexa ne put s'empêcher d'y voir un regard perdu et honteux.
— Clarke… Souffla-t-elle dans un murmure.
Elle regarda des officiers la pousser vers la sortie avec une violence qui lui fit froncer les sourcils, avant de se reprendre, se retournant vers Lincoln.
— Je veux que tu découvres pourquoi cette femme a été jugée, lui ordonna-t-elle sans appel avant de quitter le tribunal. Tu le fais passer en priorité sur le reste. Et tu me préviens dès que tu sais.
Elle se rendit dans sa voiture, profitant du fait d'avoir rejoint son cousin sur place pour ne pas le ramener chez lui. La journée était finie, elle se dépêcha de rentrer chez elle et se laissa tomber sur son lit. Comment est-ce que ça avait pu arriver ?
Aussitôt se rendait-elle compte qu'elle était, peut-être, un peu attirée par la blonde, aussitôt apprenait-elle que ce n'était seulement qu'une criminelle.
