Bonjour à tous !

Ravie que l'histoire semble vous plaire. Voici la deuxième partie.


Lexa Wood venait de finir sa séance d'entraînement qui cette fois avait plus servi de défouloir que d'un réel entraînement, quand la sonnerie de son téléphone se mit à retentir. S'en approchant en soupirant, elle vit le nom de Lincoln s'afficher sur l'écran. Elle enleva ses gants dans un geste vif, les jetant sur le côté avec une certaine violence, avant de lui répondre d'un aire neutre et calme.

— Je t'écoute.

— Ok. Donc j'imagine que tu dois le savoir, mais son nom est Clarke Griffin. Je ne sais pas pourquoi d'ailleurs mais ça me dit quelque chose. Elle vient d'écoper de dix ans de prison ferme pour fraude à l'assurance. D'ailleurs, le jugement a été très rapide par ce que le dossier est plein de preuve. Elle a déclarer le cambriolage de sa galerie lundi matin. Attends! C'est pas chez elle que tu as acheté le tableau pour Anya ?

— Oui c'est dans sa galerie, mais c'est pas le plus important pour l'instant. Tu veux dire qu'elle a été jugée parce qu'on pense que c'est elle qui a organisé le cambriolage ? Pour avoir une rentrée d'argent rapide ?

— C'est ça, elle aurait pu empocher une sacrée somme si personne ne s'en était rendu compte.

La brune réfléchis rapidement, ça lui paraissait être complètement fou et improbable. En repensant au prix que lui avait effectivement coûté le tableau pour Anya, il n'était pas possible que la blonde ait besoin plus que ça d'argent. Et de ce qu'elle avait vu, la boutique semblait bien tourner. Elle lui avait même proposé de revenir à la fin de la semaine. Il n'y avait absolument aucune logique à ce qu'elle ait fait avant. C'est ce que son instinct lui criait.

— Mais toujours moins que si elle avait vendu toute ses œuvres, j'imagine ? Reprit-elle.

— Sincèrement, j'en sais rien Lexa, soupira-t-il. Ce n'est pas nous qui avons le dossier, c'est un autre poste. J'ai pas plus d'informations. Mais de ce qu'on m'a dit, même si elle a farouchement nié, toutes les preuves sont contre elle.

Elle ne pouvait pas y croire, à cet instant quelque chose ne lui paraissait absolument pas clair. Clarke Griffin semblait tellement aimer sa galerie, son art. Ce n'était pas une réaction qu'elle pensait que la blonde pourrait avoir. Ou était-ce parce qu'elle ne pouvait pas enlever de sa mémoire les yeux bleus et la chevelure de blé de la jeune femme ? Elle n'en savait rien, mais elle avait tout de même le besoin de le vérifier.

— Je veux que tu me récupères ce dossier, Lincoln. Et je le veux demain sur mon bureau. Je suis convaincu que ce n'est pas elle. Mais essaye d'éviter de l'ébruiter dans le poste.

— Je… D'accord Lex', ce sera fait.

La communication se coupa et elle soupira fortement en rangeant son téléphone. Dans quoi venait-elle de s'embarquer, au juste ? N'étant plus bonne pour rien faire à ce moment-là, elle décida d'aller manger puis de simplement se coucher. Demain elle ferait en sorte d'avoir les réponses à ses questions.

Quand elle arriva au commissariat le lendemain matin elle était déconcentrée, elle se contenta donc de faire un peu moins que d'habitude, sans pourtant prendre de retard. Buvant une gorgée de son café, on toqua à sa porte. Elle donna son accord pour que la personne entre en posant le gobelet, avant de s'apercevoir que c'était son cousin. Ce dernier ferma la porte en venant s'installer face à elle. Il semblait gêné et ne le voyant pas commencer à parler, elle le poussa à le faire d'un regard appuyé.

— Je n'ai pas le dossier, lâcha-t-il d'une voix blanche, continuant rapidement quand il vit son regard noir. Mais il est au district 19.

— Ce n'est pas étonnant qu'ils aient sûrement bâclé l'enquête alors… Fermes les stores, lui ordonna-t-elle en composant un numéro sur son téléphone fixe. Bonjour, ici le Capitaine Lexa Wood. J'aimerai parler à votre Capitaine ... J'attends, merci.

Lexa tapota doucement la table, attendant d'avoir le responsable du district qui détenait le dossier au téléphone. Lincoln sentait à la voir qu'elle allait être assez sèche avec son correspondant.

—Bonjour à vous aussi, Charles. J'ai envoyé un de mes hommes récupérer un dossier que vous avez clôturé, mais on le lui a refusé … C'est mon cousin mais c'est avant tout l'un de mes hommes au district … Ecoutez-moi, Pike, je vous aie sauvé bien assez de fois la mise dans certaines situations dans laquelle vous vous étiez mis tout seul, vous pouvez bien me donner un dossier que vous avez de toute façon clôturé … Ce n'est en rien une menace, Pike. Si j'avais voulu vous menacer, j'aurais plutôt proposé d'appeler la Générale Indra Wormana de la Navy, pour qu'elle face barrage au changement de grade de votre neveu … Très bien. Je suis contente que l'on soit d'accord. J'attends donc votre homme au plus tôt avec le dossier complet … A vous aussi, bonne journée, Charles.

Elle raccrocha et déposa le combiné avec un peu de violence.

— Tout est réglé, Miller va arriver et te l'apporter. Ça s'est passé un peu mieux que prévu.

— Je l'étudie rapidement et je viens te voir dès que c'est fait, Cap'tain ! Lui dit son cousin avec un sourire en sortant.

Comme il l'en avait informé dès que Nathan Miller, qui était le seul homme de Charles Pike et du district 19 avec lequel ils s'entendaient, arriva le grand brun avait ouvert le dossier. Le nouveau venu était passé saluer la Capitaine, avant de quitter le district dont il ne faisait pas parti.

Dès lors, Lexa avait passé quelques coups de fils tout en gardant un œil attentif sur Lincoln Grin qui étudiait le dossier lui paraissant si précieux. Levant un sourcil interrogateur quand elle le vit avec son portable à l'oreille et un sourire. Un peu plus tard et comme convenu, il vient la voir dans son bureau et s'installa après avoir fermé la porte.

— J'aurais dû me dire que "Clarke" n'était pas un nom commun pour une femme. Et il me semblait l'avoir aussi déjà vu quelque part, lui dit l'homme en ouvrant le dossier avant d'en sortir une photo qu'il passa à sa responsable. C'est parce que c'est le cas, c'est l'une des meilleures amis de ma petite amie. Et c'est aussi pour ça que je suis d'accord avec toi pour dire que quelque chose ne va pas. Il y a des preuves bien sûr, mais pourquoi l'entourage n'a absolument pas été interrogé ?

La brune leva un sourcil à la mention de la petite amie de Lincoln, avant de reporter son attention sur la photo de la blonde. Sur le cliché, elle pouvait voir Clarke avec un sourire rayonnant entre deux jeunes femmes brunes. L'une semblait assez athlétique et avoir des traits très fins et l'autre…

— Dis-moi que tu ne sors pas avec Raven, lui demanda-t-elle avec appréhension en voyant la jeune hispanique.

— Raven Reyes ? S'étouffa le bodybuildeur. Bien sûr que non, je serais devenu fou depuis bien longtemps. Mais comment tu la connais toi ?

— C'est ma mécanicienne, déclara la brune d'un ton calme avant qu'un sourire en coin n'apparaisse. Donc, j'imagine que c'est celle-ci ? Remarque, c'est plutôt ton style. Je dois avouer qu'elle est très jolie.

— C'est ça, Octavia.

Il leva les yeux au sourire narquois de sa cousine, qui lui fit remarquer qu'il aurait dû lui présenter avant. Le commissariat n'était pas le meilleur endroit du monde pour ça.

— Pour en revenir au dossier, comment se fait-il qu'il n'y a pas eu d'entretien avec ses proches ? Reprit la brune.

— Parce qu'ils ont décrétés que toutes les preuves à charges étaient suffisantes pour l'inculper sans plus de recherche. Et c'est vrai qu'en regardant tout, c'est effarant. Je trouve qu'il y a même trop de preuves contre elle, si tu veux tout savoir. Si c'est elle, elle n'aurait pas pu faire pire.

Lexa observa avec attention les preuves que lui montra le Lieutenant Chef et elle dû reconnaître qu'il avait entièrement raison.

— Mais du coup, j'en ai discuté avec Octavia et elle est absolument certaine que Clarke Griffin n'y est pour rien. Elle n'a appris toute l'histoire qu'hier soir tard parce que Raven l'a su un peu par hasard. Clarke n'a pas voulu leur dire pour ne pas les inquiéter inutilement, pensant que tout allait se régler rapidement.

— Et ce n'est pas le cas… Je veux que tu me trouve où elle est détenue et je demanderai une autorisation d'accès pour aller lui parler. Je vais tout de suite aller voir Reyes au garage, tu peux venir si tu veux. Et quand je serai revenu, fais venir Octavia, je veux lui parler aussi.

— Va voir Raven seule, je vais en profiter pour complètement me plonger dans le dossier et voir si je trouve quelque chose d'autre que nous n'aurions pas vu, lui répondit le jeune homme en retournant à son bureau.

Lexa passa quelques coups de fils urgent avant de regrouper ses affaires, vérifiant que son insigne et son arme étaient toujours où il devait l'être, avant de mettre sa veste en cuir. En toute logique, elle devrait être en uniforme puisqu'elle était Capitaine du district, mais elle avait obtenu de ses supérieurs que ce ne soit pas le cas. Etant une ancienne de la Navy qui avait œuvré pour le pays à l'étranger, ils avaient accepté sa requête sans problème. Et de toute façon, elle avait presque constamment son insigne.

— Ava, je sors mais je serais joignable si besoin, prévint-elle son assistante, qui hocha la tête, avant de se rendre à l'ascenseur.

Comme elle l'avait convenu, elle se mit au volant de la Ford et prit tout de suite la direction de son garage habituel. A peine eut-elle le temps de garer la Mustang verte et d'ouvrir la portière que la propriétaire de l'endroit était déjà là pour la saluer.

— Salut Wood ! J'allais justement t'appeler. Une de mes amies a un…

— Problème, je sais, la coupa la brune aux yeux aussi vert que la carrosserie en sortant et refermant la portière. Salut Reyes. J'étais justement venue pour te parler de Clarke Griffin.

— Comment tu l'as su et comment tu connais Clarke ? Tu ne travailles pas avec les incompétents qui l'ont mis en prison, au moins ?

La jeune femme n'aurait pas dû, mais elle ne put s'empêcher de se permettre un fin sourire. Elle savait que la jeune hispanique avait une manière bien à elle de dire les choses. Et ne pouvait pas dire qu'elle n'était pas d'accord avec ses mots. Son sourire s'agrandit un peu plus en voyant l'air ahuri de la mécano, elle ressemblait à un poisson tout juste sorti de l'eau.

— Non, je l'ai croisé au tribunal. Et j'ai appris que tu étais une de ses amies par Lincoln Grin. Je ne savais pas que tu connaissais mon cousin d'ailleurs.

— Lincoln est ton cousin ? Demandant-elle avec toujours le même air.

Lexa lui demanda s'il était possible d'aller dans un endroit un peu plus tranquille et elles prirent donc place dans le bureau de la propriétaire qui prévint ses employés de ne pas la déranger pour l'instant. Mais à peine eurent-elle le temps de se servir un verre d'eau et de s'installer, que la porte s'ouvrit avec force, claquant sur le mur.

—Il faut faire quelque chose, Rae ! S'exclama une furie brune en entrant. On ne peut pas laisser Clarke là-bas avec ces…

Mais les mots qu'elle voulait dire ne sortirent pas de sa bouche quand elle remarqua que son amie n'était pas seule présente. Après un rapide coup d'œil, Lexa pu aisément reconnaître la jeune femme qu'elle avait vu sur la photo le matin même. Octavia Blake, la petite-amie de son cousin.

— Bonjour Octavia, la salua la Capitaine avec un sourire, laissant temporairement la nouvelle venue perdue.

— On se co… Oh ! Lexa Wood ? Je crois que vous êtes encore plus belle que sur les photos que Lincoln m'a montré.

—Merci ? Répondit la brune incertaine. Ravie de faire ta connaissance, même si j'aurais préféré que ce soit dans d'autres circonstances. Et je crois qu'on peut se tutoyer, si ça te conviens en tout cas.

La Blake s'installa calmement aux côtés de Raven, encore un peu choqué des événements.

— Donc, j'étais venu vous parler du dossier de Clarke Griffin. J'ai appris qu'aucun des Lieutenants en charge de l'affaire ne vous avaient entendu et j'aimerais le faire. J'ai décidé de reprendre le dossier hier en fin de journée.

— Je n'en ai parlé avec Lincoln qu'hier soir assez tard, comment ça se fait que tu l'aies su avant ? S'interrogea Octavia en fronçant les sourcils.

— Euh… On l'a croisé hier à la sortie du tribunal et je m'étais rendu dans sa galerie en fin de semaine dernière.

— Pour le cadeau d'Anya ! Réalisa la petite brune. C'était l'un de Clarke, d'accord.

— Qui est Anya ? Demanda Raven, ne comprennant plus vraiment tout.

— Ma cousine, mais peu importe. Je ne pense pas que Mademoiselle Griffin soit coupable et j'aimerais que vous puissiez me donner des informations. Tout ce qui sera utile selon vous. Ce à quoi vous pourriez penser.

Elles discutèrent un assez long moment de Clarke et de la galerie. A quel point elle aimait ce qu'elle faisait, sa vocation. Les soirées qu'elle avait pu passer à peindre en les laissant sortir seules alors qu'elles lui avaient proposé de venir.

Mais ce qui lui parut être le plus intéressant, pour l'enquête bien sûr, fut d'apprendre l'existence de sa fille Madi.

— Et le père de Madi ? Demanda Lexa avec une appréhension qu'elle cacha néanmoins parfaitement.

— Finn Collins. Ils ne sont plus ensemble depuis plus de deux ans, lui apprit Octavia.

— Plus depuis qu'elle a appris que ce Bastardo la trompait, exactement, ajouta sa garagiste séchement.

— La petite Madi est avec lui en ce moment ? Demanda la Capitaine.

— Non, heureusement ! S'exclama la petite-amie de son cousin. Elle est chez les parents de Clarke, Abby et Jake Griffin. Il ne mérite pas vraiment la médaille du meilleur père, si l'on peut le dire comme ça.

D'un coup d'œil, Lexa pu remarquer que Raven n'en pensait pas moins. Cette dernière avait la mâchoire serrée et les poings contractés sur le canapé.

— En toute honnêteté, reprit l'ancienne Navy, vous pensez qu'il pourrait y être pour quelque chose ?

Les deux femmes échangèrent un regard appuyé, avant que l'hispanique ne réponde.

— Sincèrement, c'est la seule raison que je vois pour ce qui est arrivé, Lexa. Leur relation est tendue depuis la séparation, même si Clarke accepte de laisser Finn voir Madi de temps en temps, avec quelqu'un qui surveille. Mais je ne vois pas comment ça a bien pu en arriver là. Elle lui donne même de l'argent tous les mois, alors qu'ils n'étaient même pas mariés !

— Parce que quand ils étaient ensemble c'est elle qui l'entretenait complètement, ajouta Octavia en voyant le regard surpris de la brune. Et pour je ne sais quelle raison, elle se sent coupable et lui donne donc de quoi vivre « le temps qu'il se remette à flot ». Mais ça fait deux ans…

— Vous savez où il pourrait être à l'heure actuelle ?

— Ça, c'est une très bonne question ! La plupart du temps, il dort chez les filles avec qui il passe la nuit. Et comme c'est en général une au maximum toutes les semaines… Lui dit Octavia.

— Mais je pense que tu pourrais le trouver au bar Arkadia, c'est à Brooklyn. Selon un ami, c'est là qu'il travaille en ce moment.

Lexa se leva doucement tout en regardant son téléphone qui venait l'informer de l'arrivée d'une notification d'un de ses Lieutenant qui avait besoin d'elle.

— Merci à toutes les deux, en tout cas. Vos informations sont très utiles et vont me faire avancer.

— Merci à toi Wood de vouloir aider Clarke. C'est quelqu'un de bien et elle ne mérite pas ce qui lui arrive…

— C'est ce que je pense aussi, Reyes. Je vous tiens informé dès que possible. Octavia, j'ai tout de même été très heureuse de te rencontrer.

Avec un sourire, Lexa reprit sa voiture et la route de son district. Il était peu dire que sa visite à Raven avait été utile. De plus, elle y avait aussi vu Octavia, ce qui allait lui faire gagner pas mal de temps. Elle était maintenant encore plus que persuadée que Clarke Griffin n'y était strictement pour rien et avait juste été piégée. Certainement par son ex, Finn. Elle avait déjà vu bien pire, mais elle ne comprenait pas comment quelqu'un pouvait faire ce genre de chose.

— J'arrive tout de suite, Echo, informa-t-elle le Lieutenant qui avait besoin d'elle quand elle sorti de l'ascenseur, se rendant dans un premier temps à son bureau.

Regardant rapidement ses mails, elle fut heureuse de voir qu'elle pouvait se rendre à la prison demain matin. Elle finit deux petites choses avant de ressortir et de s'approcher du bureau de son Lieutenant Chef.

— J'ai vu Raven et Octavia. Fait en priorité des recherches sur Finn Collins, c'est l'ex de Clarke Griffin et le père de sa fille. Je veux que tu en sache le plus possible sur lui, que tu connaisses les moindre détails de sa vie. Je te donne le rapport de la conversation dès que possible.

Lincoln ouvrit de grands yeux avant de faire ce qu'elle lui avait demandé, la brune se dirigeant vers Echo qui avait besoin de son aide sur une autre affaire.

— Qu'est-ce qui se passe, Echo ?

— J'aurais besoin de votre avis sur quelque chose, Capitaine, déclara cette dernière en sortant un dossier qui était dans son tiroir, avant de le lui montrer. Vous vous souvenez du poseur de bombe qu'on recherchait ? Que les bombes avaient l'air militaire ? Et bien j'ai du nouveau, c'est un membre actif de la Navy qui est en permission. Du coup je ne sais pas trop si je dois continuer l'enquête…

— McCreary… Ce salopard… Tu as bien fait de m'en informer, Echo. Prends contact avec le NCIS, mais essaie de rester sur l'affaire. Tu es dessus depuis plus de deux mois et tu leur seras utile. Je fais un mail à l'un de mes contacts.

Lexa continua de feuilleter rapidement le dossier, parmi lequel se trouvait les photos de bombes qui avaient explosés ici, mais aussi en mission à l'étranger. Elle ne put retenir un flash dans son esprit qui la força à se retenir un peu plus au bureau pour ne pas finir par terre. Une douleur qu'elle savait pourtant irréelle prit également place dans son dos, fantôme de ses souvenirs passés. Ça faisait pourtant un moment que ça ne lui était pas arrivé.

— Beau boulot, la félicita-t-elle sous son regard inquiet et surpris avant de la quitter.

Comme elle en avait l'habitude, Lexa fit le tour de ses hommes et femmes pour s'assurer que tout se passait bien.

— Jordan, arrête de faire le pitre et concentre toi ! La rabroua-t-elle en levant les yeux au ciel en le voyant. Sérieusement, la prochaine fois que tu as besoin que Monty t'aide sur une affaire, je change l'affaire de mains. Green, ne te laisse pas embarquer et retourne à tes ordis aussi.

Elle avait beau énormément apprécier son équipe, ils étaient tous tellement différents que ça pouvait parfois devenir assez fatiguant de les gérer. C'est dans ces moments-là qu'elle se rendait compte de la différence entre la police et l'armée. La rigueur et le contrôle n'y étaient pas les mêmes.

— Capitaine ! L'apostropha Niylah Kofgeda.

Elle avait la main sur la poignée de son bureau et était sur le point d'y pénétrer, elle se retourna donc vers sa subordonnée qui venait d'arriver à ses côtés.

— Je viens d'avoir un rapport de la part de John Murphy, j'ai pensé que vous voudriez peut-être le voir directement.

La brune récupéra le dossier tendu avant d'ouvrir la porte et de la laisser ouverte.

— Tu as bien pensé, Kofgeda, merci. Demanda à Lincoln de venir me voir dans cinq minutes.

Elle s'installa à son bureau et lu rapidement le document. Être tombé sur Murphy était une vraie aubaine. Il voulait s'en sortir et leur avait donné tous les noms des dealers qu'il avait pu rencontrer, les aidants à faire tomber les têtes pensantes. Il était mesquin et vicelard, mais elle savait en l'ayant eu sous ses ordres directs qu'elle pouvait lui accorder toute sa confiance.

Lincoln ferma la porte en arrivant, laissant tomber un lourd dossier sur le bureau de la brune qui ne perdit pas une seconde avant de l'ouvrir. Le feuilletant, elle se rendit compte que son Lieutenant Chef n'avait pas fait les choses à moitié et avait poussé les recherches au maximum en pourtant assez peu de temps. Diplômes, photos de classes, photos de famille, relevés de banques complètement vides mis à part les virements de son ex-compagne, liens familiaux, lieux de travail…

— J'attends encore des retours importants, donc tu devrais attendre un peu avant d'aller le chercher pour l'interroger.

Lexa hocha la tête en regardant une photo représentant Clarke, Finn et une enfant qui devait avoir tout au plus cinq ou six ans. La petit brune devait être Madi et la photo devait dater d'avant leur séparation, probablement avant qu'elle ne sache que ce salop la trompait.

— Autre chose aussi, Lex'. Le box de stockage, soit disant au nom de Clarke Griffin, était pratiquement vide quand les hommes de Pike l'ont trouvé. Il n'y reste que quelques pièces. Comment a-t-elle pu tout vendre alors qu'elle était déjà en cause et surveillée ? Et si c'est le cas, pourquoi aucune transaction apparentes n'a eu lieu ?

— Bien vu. On dirait que l'étau se resserre autour de l'ex. J'ai pu obtenir une visite à la prison demain matin, si tu veux venir. Mais si ça ne te dérange pas, j'aimerais autant que tu creuse autour de lui. Plus tôt on pourra l'interpeller, plus tôt on pourra libérer Mademoiselle Griffin.

Son cousin se leva après un hochement de tête mais ne quitta pas la pièce, Lexa levant les yeux vers lui pour savoir ce qui n'allait pas et pourquoi il était toujours là.

— J'ai l'impression que ça devient un peu trop personnel pour toi Lexa, même si je ne sais pas vraiment pourquoi.

— Je ne vois pas de quoi tu parles, rétorqua-t-elle un peu plus sèchement qu'elle ne l'aurait voulu, avant de baisser les yeux sur son écran.

— Lex'… Tu n'as pas en parler si tu ne le veux pas. Mais ne me ment pas, s'il te plait. Ça l'est devenu dès le moment où tu l'as vu au tribunal. Mais tu sais aussi que si tu as besoin de quelqu'un… je suis là.

Entendant le bruit de ses pas et le léger claquement de la porte, la brune releva la tête en se mordant la lèvre. Elle n'avait pas voulu inquiéter son cousin, mais elle savait qu'elle l'avait fait et qu'il était aussi légèrement blessé. Et pour être tout à fait honnête, elle ne savait pas vraiment non plus ce qui était en train de lui arriver.

Elle passa le reste de journée à travailler sur différents dossiers et sur les derniers chiffres de son district. Elle ne pouvait pas dire le contraire, elle était fière de ses hommes. Ils étaient en bonne voie pour être les premier en nombres de cas résolus cette année, pour la deuxième fois d'affilée.

Son téléphone se mit à sonner et elle répondit rapidement, tout en rangeant le dossier qu'elle venait d'ouvrir.

— Oui Ava, merci vous pouvez me le passer. Bonjour Chef Gordon. J'espère que vous allez bien … Moi aussi, merci beaucoup … Oui, Murphy est un de mes anciens hommes, on a eu de la chance malgré tout de tomber sur lui … Je comprends. C'est ce que je pense aussi … C'est une excellente nouvelle, Chef … Nous ne vous décevront pas, je vous l'assure. Merci encore, à bientôt.

Raccrochant avec un sourire, elle se leva et ouvrit la porte de son bureau, souriant à son assistante qui la regarda.

— Kofheda et Asheda, dans mon bureau. Les autres, salle de briefing dans quinze minutes ! Annonça-t-elle avec toujours le même sourire.

Une fois qu'elle se fut réinstallée avec les deux femmes, elle leur fit un résumé de ce qu'elle venait d'apprendre par le Chef de la Police de New-York, Jonathan Gordon. Ce dernier leur accordait une mise en place d'une brigade spéciale des stups sous ses ordres, pour pouvoir mieux utiliser les infos provenant de leur indic qui n'était autre que Murphy.

— Je veux que vous la dirigiez toutes les deux conjointement. Je peux vous faire confiance ?

— Absolument Capitaine ! Répondirent-elles toutes les deux d'une seule et même voix.

Les quinze minutes étant finalement passées, elles se rendirent donc toutes les trois en salle de briefing. Lexa fit également un résumé succin aux autres, avant de les laisser parler. Elle resta tout de même pour écouter les dernières nouvelles.

— Murphy nous a donné le nom d'un barman qui semble voir passer pas mal de chose en fermant les yeux contre de petits pots de vins. Peut-être qu'il est même un peu plus impliqué. On pensait aller le chercher dès ce soir dans son bar pour l'interroger demain matin, déclara Echo.

— C'est quel bar ? Demanda la Capitaine avec curiosité.

— Un bar dans Brooklyn, répondit Niylah. Je dois vérifier l'adresse, mais il me semble que ce soit l'Arkadia. Et le barman un certain Finn, selon ce qu'il nous a dit.

— Laissez cette piste de côté pour le moment, leur dit rapidement mais fermement la brune en se levant. Il est au milieu d'une autre affaire importante et je ne veux pas risquer de le voir prendre la fuite pour le moment.

— C'est compris, Capitaine...

En refermant la porte, elle croisa le regard de Lincoln qui lui parut légèrement étonné qu'elle n'en ait pas dit plus à ses hommes à qui elle faisait pourtant entièrement confiance.

Restant moins tard que d'habitude au bureau, elle partit dans l'après-midi et se rendit à la salle d'entrainement pendant quelques heures avant de rentrer chez elle. Se sentant complètement inutile et ne sachant que faire, elle tourna en rond dans son appartement toute la soirée. Puis à 22 heures, elle décida un peu sur un coup de tête de se rendre au bar Arkadia. Elle ne voulait pas arrêter Collins pour l'instant, mais l'observer un peu pourrait lui être bien utile. Elle laissa donc sa plaque et son arme pour ne pas se faire repérer et s'y rendit.

Le trajet lui parut un peu plus rapide qu'en temps normal. Le temps de trouver le bar, il était 22 heures 45 quand elle y pénétra. Elle posa son regard sur tous les détails qu'elle pouvait apercevoir avant de se rendre directement au bar d'une démarche assurée. Elle y avait aperçu son suspect, tel que sur les photos. Le jeune homme ne perdait pas une occasion pour draguer chaque fille qui venait commander. Et ça ne manqua pas quand ce fut à son tour.

— Bonsoir, c'est la première fois que tu viens ? Lui demanda-t-il avec un sourire enjôleur. Parce que peux jurer que je n'aurais pas pu oublier une femme comme toi. Et je suis le seul Barman ici.

— C'est la première fois, répondit-elle avec le sourire le plus avenant possible, alors que sa seule envie était de lui mettre son poing dans le visage. Un whisky, sec, s'il te plaît.

— Oh, une femme sûre d'elle. J'adore ça.

Toujours le même sourire enjôleur sur son visage. Maintenant, elle avait juste envie de lui péter les dents. Mais elle lui répondit avec son plus beau et faux sourire, comme si de rien n'était.

— A tout à l'heure, dit-il avec un clin d'œil quand elle but une gorgée de son verre avant de s'éloigner, toujours un sourire de circonstance aux lèvres.

Lexa en avait bien assez vu pour ce soir, elle ne pourrait pas en supporter plus. Finissant son verre d'un seul trait, la brune retourna dans sa voiture avant de reprendre la direction de Manhattan. Une fois dans son appartement, elle alla s'installer dans son lit.

Lincoln avait raison sur une chose. D'une manière qu'elle n'avait absolument pas pu ou su anticiper, c'était devenu bien trop personnel. A tel point qu'elle était impatiente de se rendre à la prison le lendemain matin alors qu'en temps normal et quand elle le pouvait elle fuyait cet endroit comme la peste. Peut-être surtout impatiente de voir la belle blonde et ses yeux qu'elle n'avait pas pu oublier depuis leur premier regard.