Quand elle se réveilla ce jour-là, la brune était un peu plus calme. Bien plus concentrée que la veille. Comme la plupart du temps, elle se prépara et alla courir. Elle pouvait s'entraîner quand elle le voulait au centre de la Police, mais pour elle rien ne valait l'extérieur. Peut-être une habitude qu'elle avait conservé de son passé dans la Navy.

A l'époque, quand elle avait intégré l'Académie Militaire d'Annapolis, elle avait eu une légère période de doute. Pourquoi voudrait-elle intégrer l'armée, alors qu'elle aurait pu diriger un immense empire commercial ? La seule chose qu'elle avait trouvé à faire pour vaincre ce doute, c'était d'être parmi les meilleurs.

Mais elle ne s'en était pas simplement contenté d'être parmi les meilleurs, elle avait fait mieux. Major de sa promo devant tous les hommes, et détentrice de plusieurs nouveaux records. Contre l'attente de tous ses formateurs. Pratiquement tous ces derniers ne voyaient en elle que la petite fille pourrie gâtée de Gustus Wood, grand patron de Grounder Corp. Pour eux, elle n'avait strictement rien à faire là. Mais elle avait eu la chance de rencontrer Indra Wormana, en poste dans les officiers depuis un moment. N'ayant jamais connu sa mère, elle était devenu pour Lexa l'image même de la femme qu'elle tendait à vouloir devenir. Son modèle à suivre. Une femme forte, respecté, sûre d'elle et intransigeante quand elle le devait.

Et finalement, tous vinrent à respecter la brune au fil du temps pour ce qu'elle était ainsi que pour ses faits d'armes. Elle passa les échelons de la Navy les uns après les autres avec tous les honneurs, atteignant finalement en tant que plus jeune femme le grade de Commandant. Indra ne manqua pas une seule fois de venir voir la cérémonie, renforçant le lien des deux femmes. Encore aujourd'hui, à défaut de se voir souvent, elles avaient de nombreuses conversations téléphoniques.

Mais son passage dans la Navy lui apporta autant d'honneur et de bonheur, que de déshonneur et de peine. Elle était plus que fière d'avoir servi son pays, mais elle ne pouvait nier que parfois elle avait été obligée de suivre sa tête avant son cœur. De faire des choses qu'elle ne voulait pas. Et elle avait fait des rencontres qui l'avaient changé à tout jamais. La guerre lui prenant finalement le plus important qu'elle n'avait pu avoir. Et c'est pourquoi elle avait décidé de quitter les forces armées, alors qu'on prévoyait de bien grandes choses pour elle. Certain la voyant déjà à des postes bien plus hauts.

Pourtant, elle ne regrettait absolument rien. Pas à ce moment où elle courait au milieu des arbres verdoyants à peine illuminés de Central Park, aux son des gazouillements des premiers Merle d'Amérique. C'était loin d'être le cas quand elle était revenue à la vie civile, mais Lincoln et Anya avaient su l'aider. Ils avaient su l'aider quand elle avait été dévastée suite à la perte de sa fiancée Costia, décédée sur place. Puis plus tard, avec le soutien de son cousin elle avait intégré la Police de New-York.

Secouant la tête pour chasser ces pensées loin d'être vraiment joyeuses, elle profita encore un peu du calme environnent et observa le soleil se lever dans des nuances infinies de rouges. Rebroussant chemin, elle reprit la direction de son appartement toujours en courant. Elle prit une douche, puis se changea et descendit au garage avec une hésitation. Finalement, aujourd'hui elle laisserait la Mustang se reposer. S'équipant, elle fit vrombir le moteur de sa Ducati rouge avant de prendre la direction du poste.

Lexa avait encore le temps, elle ne pourrait aller à la prison pour voir Clarke Griffin qu'à partir de 9 heures 30. Et l'île de Rikers où se trouvait la prison n'était qu'à quelques minutes de route du commissariat. Elle fit un détour pour profiter de sa moto qu'elle avait délaissé dernièrement, mais même avec ça elle arriva la première au poste.

— Bonjour Ava, vous êtes bien matinale aujourd'hui ! Qu'est-ce qu'il vous arrive ?

Elle écarquilla les yeux, il était en effet assez rare que son assistante soit là aussi tôt, encore plus avant elle.

— Bonjour, Capitaine. Oui, mon petit-ami a dû partir plus tôt ce matin et je ne voulais pas rester seule à l'appartement.

— Vous ne cessez de me surprendre, Ava ! Déclara-elle avec un léger sourire. Allez donc vous chercher un café en bas, vous me semblez fatiguée.

— Merci Capitaine ! Je vous en rapporte un aussi !

Aussitôt dit, Lexa la regarda quitter son poste en secouant la tête avant de venir s'installer sur son fauteuil de cuir. N'ayant pas pris le temps de le faire hier, Lexa commença à rédiger le rapport de son entretien avec Raven Reyes et Octavia Blake au sujet de l'affaire Griffin. Sa jeune assistante lui apporta son café avec un sourire, puis elle continua. Quand ce fut fini, elle alla le déposer sur le bureau de Lincoln qui n'était pas encore arrivé.

Quand ses Lieutenants commencèrent à arriver, elle leva brièvement les yeux du rapport qu'elle lisait. Celui-ci était au sujet de la brigade spéciale anti-drogue dont elle avait donné le commandement à Niylah Kofgeda et Echo Asheda en qui elle avait toute confiance. Et le dossier entre ses mains lui prouva encore plus le bien-fondé qu'elle avait eu à les mettre ensemble.

Les deux femmes pourtant très différentes travaillaient bien ensemble, ayant des visions différentes. Niylah était plus ouverte et avenante, plus encline à voir le bon fond des gens quand il le fallait. Au contraire, Echo était plus renfermée, presque froide et elle avait beaucoup de mal quand elle était obligée de laisser repartir celui qu'elle pensait être un malfrat.

Déposant les dernières annotations sur le dossier et relisant la partie qui parlait de Finn Collins comme étant un probable dealer, elle le referma. Dans la manœuvre elle posa son regard sur sa montre, remarquant qu'il était bientôt 9 heures 30. Récupérant sa veste et son casque, elle sorti de son bureau avec le dossier à la main.

— Je m'absente, Ava. Évitez de me joindre, si c'est possible. Je devrais être de retour dans l'après-midi si tout va bien.

— Compris Capitaine. Mais vous allez bien ? Vous semblez un peu… ailleurs en ce moment.

— Tout va bien, la rassura-t-elle d'un léger sourire.

La jeune brune se rendit devant Echo lui tendant le dossier, Niylah n'étant pas à son poste. Elle la félicita avant de reprendre son chemin vers l'ascenseur qu'elle appela. Quand il s'ouvrit, elle vit Lincoln qui la regarda étrangement.

— Je vais à Rikers. On fait le point quand je reviens.

Les lourdes grilles se refermèrent derrière elle avec un bourdonnement de l'alarme et un affreux bruit métallique. Elle ne supportait plus les prisons depuis son retour de mission, même si elle avait conscience qu'ici elles étaient bien différentes de celles au front.

Prenant le chemin indiqué de la salle de parloir, elle fut étonnée de voir le directeur de la prison être venu l'accueillir lui-même. Elle ne le connaissait pas plus que ça, mais les rares fois où elle l'avait vu ils s'étaient assez bien entendu. Du moins une entente cordiale.

— Ah, bonjour Capitaine Wood !

— Bonjour à vous aussi, M. le Directeur. Que me vaut un tel accueil ?

— Rien de particulier, je voulais juste vous voir, Capitaine ! Après tout, la plus jeune à la tête d'un district ! Mais nous auront tout le temps de discuter par la suite !

Lexa ne dit mot et ne laissa rien paraître, mais son air un peu trop joyeux avait sonné assez faux dans ses oreilles et lui paraissait même suspect. Ça, plus le léger blêmissement qui apparu quand elle lui avait posé la question et son frémissement de narine.

— Je vous laisse entrer, nous avons fait en sorte que la prisonnière numéro G-5B-319 et vous soyez seule jusqu'à ce que vous ayez fini. Fio ici présent va entrer pour assurer votre sécurité.

— Clarke Griffin. Inutile, je vais discuter avec une fraudeuse à l'assurance, pas une tueuse en série, lâcha-elle sèchement avec une once d'ironie. J'espère vous voir tout à l'heure, M. Douglas.

Elle lui lança un regard n'appelant pas de réponse, avant d'ouvrir la porte et d'entrer dans la pièce. Si elle pouvait n'avoir personne entre ses pattes pour discuter avec Clarke Griffin c'était pour le mieux. Cette dernière était de dos dans un ensemble de prisonnier orange. L'ancienne Navy se dépêcha de la rejoindre en contournant quelques tables de métal.

— Bonjour, Mademoiselle Griffin.

La blonde se retourna vers elle avec les yeux écarquillés, ne semblant pas comprendre ce qu'elle faisait là.

— Mademoiselle Wood ? Mais qu'est-ce que vous faite là ?

Mais ce que remarqua surtout Lexa en serrant la mâchoire fut l'état de la jeune femme. Son arcade semblait ouverte ainsi que sa lèvre et un œdème assez important et d'un violet vif avait pris place sur sa mâchoire. Décidant de laisser ça de côté pour le moment, la brune en fit abstraction et prit place en face d'elle.

— Et bien, j'ai été cliente de votre galerie, mais avant tout je suis Capitaine dans la Police de New-York, répondit-elle avec un sourire fin en montrant sa plaque. Je pensais que vous l'aviez deviné quand vous m'avez vu au tribunal. Bien que je comprendrais si ce n'était pas le cas. Vous étiez sous le choc.

— Je… Et bien… C'est vrai que ce n'est pas la première chose qui m'est venu à l'esprit. Avec votre prestance, je vous aurais plutôt pensé avocate. Mais qu'est-vous faite là ?

Lexa sourit légèrement face à ses mots, puis la regarda fixement en fronçant les sourcils, incertaine de l'approche à appliquer.

— Pour être honnête, quand je vous ai vu menotté au tribunal je n'y ai pas cru. Pas plus que quand j'ai appris le motif de votre condamnation, alors j'ai récupéré le dossier. Je pense que mes collègues ont fait une erreur de jugement vous concernant. Je ne vous pense pas coupable.

La pointe d'espoir que la Wood pu voir passer dans les yeux bleus était peut-être la chose la plus précieuse qu'elle n'ait été amenée à voir récemment. La blonde était jusqu'à ce moment perdue, mais elle se redressa avec une force nouvelle en la regardant droit dans les yeux, résolue cette fois à se faire entendre.

— C'est ce que je n'ai cessé de dire à vos collègues ! Mais aucun n'a dénié m'écouter, encore moins me croire…

Un fin sourire prit place sur le visage de la brune, avant qu'elle ne tende la main pour toucher brièvement celle de l'autre personne présente à la table.

— Je vous crois, Clarke.

En comparaison avec le métal rugueux et froid de la table, la main de la jeune femme était douce et chaude. Quand leurs peaux s'étaient rencontrées, Lexa avait senti un frisson remonter jusqu'à sa nuque. Pour la deuxième fois en peu de temps, alors que ça n'avait pas été le cas ces dernières années.

— Vous… Vous êtes là pour m'aider, alors ?

— C'est le cas. Après tout, je ne peux pas laisser quelqu'un d'aussi talentueux que vous ici. Et qui pourra m'aider pour choisir une toile si ce n'est pas vous ?

Arrachant un léger sourire à la Griffin et s'en félicitant mentalement, la Capitaine lui expliqua qu'elle avait vu Octavia et Raven le jour d'avant. Sans lui donner plus de précision, elle demanda à Clarke de tout lui ré-expliquer depuis le début.

C'est donc ce qu'elle fit. Lui expliquant qu'elle n'y avait pas cru quand elle avait vu la galerie vide en l'ouvrant le lundi matin tôt. L'appel au poste de police pour que l'enquête se mette en place. Son choc et son effroi quand ils n'avaient pas voulu la relâcher après son interrogatoire. Les « preuves » à charges qu'ils lui avaient mises sous les yeux sans jamais vouloir la croire innocente. Comme ils l'avaient jeté en cellule en lui disant qu'elle ne s'en sortirait pas. Puis toutes les autres insultes à son égard.

Quand elle entendit tout ça, Lexa ne put s'empêcher de serrer fortement la mâchoire. Elle allait faire tout son possible pour faire libérer la jeune maman. Cette fois elle allait avoir la peau de Pike pour de bon. Il était Capitaine et le seul responsable de l'incompétence de ses hommes.

— Vous savez qui pourrait vous en vouloir ?

— Pas à ce point-là, non...

— Vos deux meilleures amies m'ont parlé de votre ex-compagnon, Finn. Elles avaient l'air de le penser coupable.

La prisonnière baissa tristement les yeux sur le gris métallique, la brune lui laissant du temps, avant qu'elle ne les relèves.

— J'espérais que ce ne soit pas le cas… Qu'il ne fasse pas ça à la mère de sa fille… Mais c'est bien possible…

— Vous connaîtriez le motif pour lequel il a fait ça ?

Elle détourna une nouvelle fois le regard, cette fois-ci assez gêné, avant de reprendre la parole.

— Quand je l'ai quitté, il l'a difficilement supporté. Mais il a été obligé de l'accepter quand il a compris que je ne reviendrais pas. Je lui donnais même de l'argent tous les mois ! Mais, il a appris quelque chose récemment qu'il n'a pas supporté…

Voyant que la jeune blonde semblait avoir du mal à continuer, elle remit sa main sur la sienne. Avec toujours cette sensation qui faillit lui faire perdre pied. Mais elle devait l'aider et pour ça elle devait comprendre ce qui se passait.

— Qu'était-ce, Clarke ?

— Je… Il a appris que j'avais une relation avec une femme. Rien de sérieux, mais quand il l'a su je ne sais comment il est venu en furie dans mon appartement. Me hurlant qu'il ne pouvait pas laisser sa fille être élevée par une « sale lesbienne ». Et d'autres choses bien pires. Je l'ai mis à la porte et ne l'ai plus vu depuis ce moment-là.

Lexa avait déjà eu envie de briser les dents de cet homme, mais maintenant encore plus. Elle pouvait comprendre le choc ressenti par la blonde. Elle n'avait elle-même jamais caché sa sexualité et en avait fait les frais, surtout à l'armée, même si elle ne s'était jamais laissé mettre à terre. Elle reprit son calme, ne voulant pas risquer de brusquer Clarke.

— Vous pourriez me donner le nom de cette femme ? Et me dire où vous l'avez rencontrée ? Je préférerais faire une recherche pour être certaine qu'elle ne soit pas impliquée d'une quelconque manière.

— On s'est rencontré à la galerie, c'est une amatrice d'art. Mais je suis convaincu qu'elle n'est pas impliquée. Cependant, je ne connais que son prénom. Comme je vous l'ai dit, ça n'était pas sérieux, même si l'on s'est vu plusieurs fois. Elle s'appelle Niylah.

— Vous pourriez me la décrire ? Demanda la Wood avec appréhension.

— Oui, bien sûr. Grande, un peu plus vieille que moi, les cheveux blonds… Si vous acceptez de me prêter votre bloc et un crayon je peux la dessiner.

Les outils changèrent de mains et le portrait fut rapidement esquissé. Si la brune avait eu un doute, il s'était évaporé entièrement. Combien de chance y avait-il que la jeune femme en face d'elle ait eu une relation avec l'un de ses Lieutenant. Mais elle était rassurée par le fait que la relation ne semblait pas avoir été sérieuse. Récupérant le bloc et le crayon, elle le rangea.

— Maintenant que les détails semblent réglés, que vous est-il arrivé ?

L'artiste ne comprenant pas, Lexa fit signe vers son visage.

— Oh, ça… Ma voisine de cellule. Elle voulait me faire comprendre que c'est elle qui dirige. Je ne me suis pas vraiment laissée faire et je ne peux pas dire qu'elle ait vraiment apprécié.

L'ancienne Navy hocha la tête en comprenant pourquoi le Directeur de la prison l'avait accueilli avec autant de louanges. Regardant sa montre et voyant qu'il était déjà presque 12 heures, la brune se dit qu'il était temps de partir. Elle devait encore avoir une conversation avec le dirigeant de cet endroit.

— Très bien. Clarke, je vais faire tout ce que je peux pour vous faire sortir d'ici le plus rapidement possible. Il faut que vous restiez forte, vous comprenez ? Pour votre fille.

— Lexa ! L'apostropha la blonde, tandis qu'elle se levait. Je peux vous appeler comme ça ?

— Nous sommes seule, donc je n'y vois pas d'inconvénient, sourit-elle.

— J'ai peur que Finn s'en prenne à Madi pendant que je suis ici… Vous pourriez…

— Ce n'est pas la peine de demander, c'était déjà prévu, la coupa-t-elle avec un sourire qui se voulu rassurant. J'appelle un de mes hommes dès que je sors pour surveiller le domicile de vos parents. Et j'y passe en personne cet après-midi.

— Merci, Lexa. Du fond du cœur.

— Faite attention à vous, Clarke. Je vous promets que vous serez avec votre fille très bientôt.

Lui accordant un dernier sourire qui lui fut rendu, la brune tapa à porte d'acier avant qu'on ne lui ouvre et qu'elle sorte. Elle demanda à Fio de l'accompagner dans le bureau du directeur. Une fois devant, il la laissa pour retourner à ses occupations. Elle sorti son téléphone pour appeler rapidement le poste avant d'entrer.

— Lincoln ? … Oui, je suis à la prison. Tu peux t'occuper de faire envoyer un véhicule de patrouille en surveillance au domicile d'Abby et Jake Griffin ? … Merci. Appelle-les pour les prévenir. Et envoi moi leur adresse par texto. J'y vais dès que j'ai fini ici … Oui, on fait le point tout à l'heure.

Elle coupa la communication et toqua trois fois contre la porte en bois de hêtre du bureau, entrant quand on le lui indiqua.

— Directeur Douglas, vous n'aviez pas oublié de me dire quelque chose au sujet de Clarke Griffin ? Attaqua-t-elle froidement.

— Je… Heu… Oui ! Je voulais vous dire qu'elle avait été agressée, mais son assaillante a bien compris qu'elle ne devait pas le refaire !

Le voir se justifier de cette manière, ainsi que la lâcheté qu'elle vit dans ses yeux ne fit qu'augmenter son énervement qui était déjà bien palpable. Alors elle reprit d'une voix tout aussi froide, la même qu'elle avait quand elle devait faire obéir ses hommes sans qu'ils ne répliquent.

— C'est sa voisine de cellule, Douglas ! Elle est en danger tant qu'elle est avec elle.

Elle laissa un silence s'installer, le dardant d'un regard qui rendit ses yeux verts un peu plus foncés.

— Je veux que vous l'installiez dans une cellule seule. Et si toute fois autre chose lui arrive, je vous en tiendrais pour responsable. Est-ce que c'est bien clair pour vous ?

— Ça l'est, Capitaine Wood, Déglutit-il en ne sachant plus où se mettre, alors qu'il était dans son bureau.

La brune quitta le bureau sans un dernier regard, puis repartie de la prison. Elle n'aurait peut-être pas dû lui parler de cette manière, mais elle n'avait pas pu s'en empêcher. Elle passa très rapidement chez elle pour laisser la moto et récupérer sa voiture, avant de s'arrêter pour prendre deux pizzas et manger rapidement. Elle vérifia l'adresse du couple Griffin que Lincoln lui avait envoyé, avant de se mettre en route.

Les parents de Clarke habitaient dans un quartier résidentiel non loin du New-York Presbyterian Hospital, ce qui n'aurait pas dû l'étonner en sachant qu'Abby Griffin était chirurgien au sein de l'établissement. Elle repéra rapidement le véhicule de patrouille face à l'entrée et alla se stationner juste derrière eux, avant de sortir de son véhicule en prenant la pizza restante et de s'approcher de celui de ses hommes.

— McIntyre, Wick, tout ce passe bien ? Je ne savais pas si vous aviez eu le temps de manger, je vous ai amené de quoi au cas où.

— Merci Capitaine ! La remercia Harper McIntyre avec un sourire éclatant.

— Pour l'instant RAS, Capitaine, mais Harper et moi restons vigilants. Le Lieutenant Chef nous a donné les directives et une photo de l'homme à surveiller. Nous sommes allés nous présenter à Mme et M. Griffin.

— Continuez de faire du bon boulot, leur dit-elle avec un hochement de tête avant d'avancer vers la maison.

Celle-ci semblait d'apparence assez moderne, majoritairement d'un blanc immaculé avec quelques touches de noir. Et son impression s'accrue quand elle se rapprocha un peu plus et activa le carillon. Une vraie maison d'architecte. Elle n'attendit pas plus d'une minute avant que la porte ne s'ouvre sur un homme blond à qui elle fit un sourire, le reconnaissant tout de suite l'ayant vu en photo. Mais même si n'était pas le cas, ça l'aurait été en croisant son regard.

— Oui ?

— Bonjour M. Griffin, je suis le Capitaine Lexa Wood du district 24. Mes hommes ont dû vous prévenir que je devais passer.

—Oui, bien sûr ! Répondit-il avec étonnement mais néanmoins en souriant. Entrez Capitaine, je vous en prie. Nous allons nous installer au salon.

Elle le suivit et s'installa quand il lui intima avec un sourire gêné.

— Je suis vraiment confus. Je vous attendais bien entendu, mais je ne pensais pas que vous seriez aussi… jeune.

— Ne vous en faite pas, M. Griffin. C'est une réaction typique que j'ai déjà pu avoir par le passé. Même si je ne sais pas si je peux encore dire être jeune à 33 ans !

— Vous l'êtes indéniablement. Et je ne vous en respecte que plus. Capitaine de Police à cet âge-là !

Lexa partagea son sourire avec une certaine once de fierté, avant d'entendre des pas provenant de l'étage et qui semblaient maintenant descendre un escalier.

— Ça, c'est certainement ma femme qui arrive.

Quelques instants plus tard effectivement Abby Griffin arriva à son tour, la petite Madi se cachant derrière elle.

— Chérie, voici le Capitaine Wood, la présenta l'homme.

— Enchantée de vous rencontrer Capitaine. Et je vous remercie pour toute l'aide que vous apportez à ma fille.

— Moi de même, Mme Griffin.

— Je suis vraiment désolée mais je dois me sauver tout de suite, reprit cette dernière. L'hôpital vient de m'appeler pour une intervention urgente qui n'était pas prévue.

— Je comprends, répondit la brune avec un sourire compréhensif. Vous sauvez des vies, je ne peux pas vous en tenir rigueur.

Abby quitta la maison après un baiser pour son mari, un câlin pour Madi et une dernière excuse à l'attention de Wood, que celle-ci balaya d'un signe de la main.

— Madi, vient voir Papy Jake petite crapule.

La petite fille de n'avait pas osé bouger d'un centimètre depuis qu'elle était descendu et avait vu l'étrangère sur le canapé. Mais elle vint s'asseoir auprès de son grand-père en la regardant avec méfiance d'un œil vif.

— Et dit bonjour au Capitaine Wood, c'est elle qui aide Maman à revenir du voyage duquel elle est bloquée.

— Bonjour, Capitaine Wood, dit-elle avec une petite voix.

Lexa fut amusée par la façon de lui dire les choses de M. Griffin et fit un sourire doux à Madi. D'où elle était, la brune voyait mieux la frimousse de la petite fille et pu reconnaître certains traits de son visage comme étant les mêmes que ceux de sa mère. Ses yeux étaient du même bleu, avec une légère teinte de vert qui lui fit penser aux siens.

— Bonjour, Madi. Tu peux m'appeler Lexa si tu veux. Ta Maman m'a demandé de venir voir si tu allais bien.

— Ça va, mais Maman me manques…

Lexa se pencha un peu plus vers elle, toujours avec un sourire avant de reprendre.

— Je sais, mais je te promets que je vais la ramener et que tu pourras la revoir très vite, ma puce. Pendant ce temps, profite de jouer avec Papy et Mamy.

A ses mots, la petite fille lui fit un sourire éclatant avant de sauter du fauteuil pour venir la prendre dans ses bras. Ne sachant pas quoi faire dans un premier temps prise de court et les bras ballants, elle rendit son étreinte à la petite fille. Quand elle la relâcha, l'ancienne Navy croisa le regard plus que surprit du père de Clarke, avant de redescendre ses yeux sur l'enfant qui lui fit un petit sourire, que lui rendit la plus vieille.

— Merci, Lexa.

— Je dois y aller, déclara cette dernière en voyant l'heure. A bientôt, Madi.

La petite lui dit au revoir avec un sourire et Jake la raccompagna jusqu'à l'entrée.

— Je n'en reviens pas qu'elle vous ait prit dans ses bras. En général il lui faut voir la personne plusieurs fois ! Et encore. Pardonnez ma question un peu indiscrète, mais vous avez des enfants ?

— Ne vous inquiétez pas, M. Griffin, votre question ne me dérange pas. Mais non, je n'en ai pas, répondit-elle en sortant une carte de sa poche. Voilà mes coordonnées directes. N'hésitez surtout pas à m'appeler si besoin, même si mais hommes sont ici.

— C'est noté, Capitaine Wood. Merci encore.

La brune quitta la maison après un signe de tête, se dirigeant vers la Mustang. Elle n'aurait pas du promettre ça à la petite fille. C'était une des première règles dans la police. Mais elle était profondément convaincu de ce qu'elle avait dit, alors elle ne s'en voulait pas. Après un salut à ses hommes, elle reprit la route en direction du poste.

— Lexa ! L'apostropha Lincoln avec un sourire quand elle sorti de l'ascenseur, se jetant sur elle avec un sourire. C'est bon, on a des preuves solides contre Collins !

— Calme-toi Linc' et rejoins moi dans mon bureau.

Le temps que la brune s'y rende et ouvre la porte, le gras gaillard était en train de refermer la porte derrière lui avant de s'asseoir, extatique.

— Tu te souviens quand je t'ai dit que plus rien mis à part deux ou trois œuvres de la galerie n'était dans le box de stockage ? Et que rien n'était entré sur le compte de Clarke Griffin ?

Il se tu pour créer un effet, avant de reprendre quand la brune lui fit signe de continuer, impatiente de savoir la suite.

— Et bien, devine qui a aussi un box de stockage, mais dans le New Jersey ? La mère de Collins ! Donc je l'ai appelé. La mère, pas lui, je précise.

— Lincoln !

— Ça va, ok. Pas d'humour, j'ai compris. Donc, reprit-il en faisant traîner le mot, elle a accepté de l'ouvrir avec moi. Et devine ce qui était à l'intérieur.

— Ce que je crois ?

— Oui ! Pleins d'œuvres originales signées Clarke Griffin. Pas l'intégralité, parce qu'il a dû réussir à en vendre un peu, mais aucun doute sur la provenance. Et la surprise de la mère était loin d'être feinte. Elle s'est effondrée en le traitant de tous les noms, qu'elle ne l'avait pas élevé comme ça. Bref, elle n'avait déjà plus beaucoup de relations avec lui, alors elle m'a promis de ne pas le contacter. Plus d'autres choses que j'ai trouvées sur lui, en plus de l'histoire de drogue.

— T'as eu le temps de faire tout ça entre ce matin et maintenant ? S'étonna Lexa avec les yeux grands ouverts.

— Pratiquement oui, même si je savais pour l'existence du box depuis hier soir. Avant que tu commences, je ne te l'ai pas dit avant pour ne pas te faire de faux espoirs si ce n'était pas fructueux. Tu peux dire ce que tu veux, mais je vois bien l'état dans lequel tu es, Lex'. Par contre, pas possible de trouver où il habite.

— Ça veut dire que je peux faire libérer Clarke ?

— Oui, on a assez pour ça, tu peux appeler le juge. Je file finir le dossier, dit-il en se levant.

Elle lui fit un grand sourire, avant qu'il ne mette sa main sur la poignée.

— Attends. Tu penses avoir finalisé le dossier à quel moment ? Avec les autres preuves.

— J'ai déjà bien avancé le rapport concernant le vol. Vu ce qu'on a, on aurait déjà pu aller le coffrer que ce serait bon. Il reste juste à récupérer ses aveux, et encore, vu tout ce qu'on a on n'en aurait même pas besoin. Pas non plus de le garder 48 heures en garde à vue.

— Alors dépêche-toi ! Je vais l'arrêter ce soir, dit-elle avec un léger sourire, pleine d'assurance avant de décrocher son téléphone et de composer le numéro du juge.

Son cousin quitta enfin le bureau avec un sourire aux lèvres, qu'elle lui rendit.